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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 11:57

Pierre LouysPierre Louÿs, en hommage (?) au Seigneur de Pibrac et à ses quatrains moraux (XVIe siècle), dont voici un spécimen 

"Je t'apprendrai, si tu veux, en peu d'heure

Le beau secret du breuvage amoureux.

Aime les tiens, tu seras aimé d'eux,

Il n'y a point de recette meilleure."  

Guy du Faur de Pibrac
Extrait de Quatrains du seigneur de Pibrac

a commis un recueil de quatrains intitulé… Pybrac (1927) et tout aussi « moraux », puisque chacun commence par « Je n’aime pas à voir» :

Je n’aime pas à voir deux fille concubines
Se gousser sur leur lit pour la septième fois
Et dire : « Pourquoi donc sucerais-je des pines ? »
Ton foutre seul me plaît. C’est lui seul que je bois. »

 

   On retrouve l’esprit du Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation (1926) :

« Si l'addition qu'on vous donne à faire produit le nombre 69, ne vous tordez pas de rire comme une petite imbécile.

Évitez les comparaisons risquées. Ne dites pas: "Dur comme une pine, rond comme une couille, mouillé comme ma fente, salé comme du foutre, pas plus gros que mon petit bouton", et autres expressions qui ne sont pas admises par le dictionnaire de l'Académie.

Ne dites pas: "Je viens de jouir comme une folle." Dites: "Je me sens un peu fatiguée."

Ne dites pas: "J'aime mieux la langue que la queue." Dites: "Je n'aime que les plaisirs délicats." »

 

Pierre Louys amours8  C’est certes un peu plus cru que les délicieuses « Chansons de Bilitis » de 1896, que P. Louÿs présenta comme une traduction de l’œuvre d’une poétesse antique adepte des amours saphiques. L’ouvrage, précédé d’une Vie de Bilitis, assortie de notes savantes, mystifia des hellénistes sorbonnards qui ne lui pardonnèrent jamais leur propre jobardise. Cependant, Louÿs doubla ces chansons, à l’érotisme élégant, de chansons secrètes plus torrides.

De la même veine – et de la même année que le Manuel – « Trois filles de leur mère », inspiré par les trois filles du poète José-Maria de Heredia, que Pierre Louÿs connaissait bien, pour avoir été l’amant de l’une et le mari d’une autre.

 

Marie de Heredia avait épousé un autre poète, Henri de Régnier – en fait sa mère l’avait en quelque sorte vendue à de Régnier qui épongea les dettes de jeux du père – non seulement elle le prit pour amant, mais lui donna un fils, Pierre de Régnier, dont il fut officiellement le parrain. Leurs relations furent cependant houleuses et Louÿs revint d’un voyage en Algérie avec une mauresque, Pierre Louys amours5Zohra ben Brahim, qu’il prêtait généreusement à ses amis, avant de la renvoyer, sans élégance, quand il reprit des relations avec une Marie qui le poussa à épouser sa sœur Louise.  Ce grand adepte des bordels était aussi un amateur de photos : Marie fut bien sûr un de ses modèles.

Bien qu’ami d’André Gide, de Paul Valéry, il ne connut pas la même gloire posthume. Il est vrai que le genre littéraire où il a excellé, la littérature érotique, fut longtemps plus ou moins vouée à la clandestinité. Et si, de nos jours, un Pichard nous redonne Trois filles de leur mère dans toute leur crudité, un David Hamilton commit un film sur les Chansons de Bilitis qui donna une image chichiteuse du poète. La femme et le pantin, son plus célèbre roman, fut mis en film par Duvivier en 1958 qui eût l’idée un peu incongrue de faire incarner la femme par BB.

 

Un excellent (et élégant) site pour en savoir plus sur Pierre Louÿs, sa vie, son œuvre, ses voyages, ses amours… http://www.pierrelouys.fr/.

 

 

pybrac12.JPGQuelques quatrains illustrés de PYBRAC : cliquer ici 

 

 

 

 

 

 

pybrac.jpgMontage d'illustrations de PYBRAC (anonymes, mais attribuées à Marcel Stobbaerts) : cliquer ici

 

 

 

 

Pierre Louÿs fut non seulement un collectionneur passionné de photos érotiques, mais un photographe lui-même. Malheureusement ses oeuvres et sa collection furent dispersées.

 

mariederegnie 01   

    

mariederegnie 02

 

 

 

Pierre_Louys_Zohrabenbrahim.jpg

 

 

 

PLouys-bibliotheque2

 

PLouys montage 02

 

 

PLouys culs

 

 

 

 

 

En complément, un texte quasi biblique

 

Au temps des Juges

"Au temps des Juges, il arriva qu'un jeune marchand nommé Joël, de la tribu de Nephtali, partit pour Jérusalem. Il n'emportait rien qu'un manteau, et un bâton à la main et une lourde bourse pendue à sa ceinture ; et à tous les carrefours il priait le Seigneur afin de suivre la bonne voie. Et comme il marchait, une nuit, le long du lac de Génésareth, il rencontra deux filles qui venaient au-devant de lui ; deux sœurs de même visage et de même vêtement. Lorsqu'elles furent en face de lui et sous la clarté de la lune, elles retroussèrent leurs robes ensemble depuis leurs chevilles, jusqu'à leurs nombrils et montrèrent leurs parties honteuses et murmurèrent : "Couche avec nous." Joël cracha par terre à gauche, et il leva son bâton et cria : "Allez-vous-en ! Allez-vous-en de ma route, putains !" Oui, nous sommes putains", dit Michol, la plus jeune des deux sœurs, en lissant les poils de son ventre. "Oui, nous sommes putains pour le plaisir des hommes. Voici nos vulves noires que nous te présentons. Choisis." Disant cela elle prenait le membre de Joël, et le sentant déjà dressé elle lui dit en élargissant les cuisses : "Viens ! mon ventre a soif de ta semence chaude. Donne-moi une pièce d'argent et couche avec moi." Et tandis que Michol, nue jusqu'à la taille tenait le membre par le bout, Salomith, l'aînée, le prit par la racine et dit : "Couche avec la petite. Elle est en chaleur." Et Joël se laissa conduire par le membre et donna une pièce d'argent.

Entre les buissons et la rive du lac, Michol se mit à genoux dans l'herbe pour ne pas souiller sa robe, et des deux mains elle s'appuya sur la terre. Et Joël, semblablement, se mit à genoux derrière elle. Comme un taureau qui va monter sur une génisse. Et Salomith empoigna de la main droite le membre de Joël, comme la vachère empoigne le membre du taureau et elle le planta droit dans le trou, disant ... Béni soit de l'éternel, celui qui sème sa semence dans le ventre de ma sœur. Le membre pénétra jusqu'au fond et refoula du bout la petite matrice qui n'avait point encore conçu. Et Joël fit avec vigueur les mouvements de la copulation. Tant qu'enfin le plaisir de ses reins le fit trembler sur les genoux, et sept longs jets de sperme jaillirent de son membre dans la chair chaude de Michol qui remuait ses hanches fermes. Et souriait par-dessus l'épaule. Quand il eut fait, elle s'accroupit dans l'eau du lac, et de ses doigts, elle tira le sperme de son ventre. Puis, se tournant vers la lune, elle pissa sur les eaux pour conjurer la conception. Et Joël lui aussi s'ablua sur la rive : mais quand il revint, Salomith, la sœur, lui essuya le membre avec ses cheveux noirs, si délicatement que les testicules vides se regonflèrent. Alors Salomith plaça le membre entre ses deux mamelles qu'elle serra sur lui comme des cuisses amoureuses et elle dit : "Tu aimes mes seins ?" Il répondit : "J'aime tes seins. Ils sont plus beaux que ceux de ta sœur." Alors Salomith fit glisser le membre le long de son corps jusqu'aux poils de son ventre qui poussaient comme les herbes hautes sur le bord du lac de Génésareth, et de ses deux mains, elle ouvrit les lèvres rouges de sa vulve. "Tu aimes ma vulve ?" lui dit-elle. Et comme il essayait d'y entrer d'un coup, tel qu'un cheval en rut qui couvre une femelle, Salomith lui dit : "Non, non, non. Ne sais-tu pas quelle fille je suis ? Je suis une putain : tu me l'as dit. Une putain fille de putain ; ma mère est putain. Si Dieu me donne des filles, j'en ferai des putains qui feront fouiller leur chair par la chair des passants. Ne me baise pas la bouche : c'est une bouche de putain." Mais il lui baisait la bouche et la heurtait entre les jambes. "Tu aimes ma vulve de putain ?" répéta-t-elle. Et il dit tout bas : "J'aime ta vulve." Alors, cessant de le railler, elle releva sa robe plus haut que ses épaules et Michol la prit pour la pendre à un arbre et Salomith complètement nue se jeta sur le corps de Joël. Et elle sera les flancs de l'homme entre ses genoux et en faisant remuer sa croupe jusqu'à terre comme une danseuse de Sido, elle s'assit doucement sur la pointe du membre qui entra jusqu'au fond et la fit frémir. Quand cela fut, elle frotta ses poils sur ceux de Joël, puis en soulevant les reins et en les abaissant, elle fit elle-même soixante fois, les mouvements de la copulation. Et Michol, accroupie derrière, caressait les testicules et quand elle sentit le sperme jaillir, elle murmura elle aussi : "Béni soit de l’Éternel celui qui sème sa semence dans la matrice de ma sœur." Bientôt Salomith se releva et le membre sortit de son ventre et retomba dans l'herbe fraîche, et elle recueillit sur ses doigts le sperme qui coulait de sa vulve et elle le mit dans son anus pour conjurer la conception. Puis elle se mit à genoux en frappant le sol du front et en tournant ses fesses vers la pleine lune et elle pissa par derrière de façon que le jet de son urine retomba dans les eaux du lac. Puis elle arracha une poignée d'herbe et s'en bourra la vulve, et elle entra dans le lac jusqu'à la ceinture et laissa tomber l'herbe avec le sperme. Et elle faisait des sortilèges parce qu'elle ne voulait point d'enfant. Et Joël lui aussi s'ablua sur la rive. Et Salomith lui dit alors : "Tu es las. Remettons nos vêtements et suis-nous. Notre maison est ta maison. Notre servante est ta servante. Tu dormiras entre ma sœur et moi." Mais Joël répondit : "Je ne suis pas si las. Je paillarderai jusqu'au jour sur toi, sur ta sœur et sur ta servante." Et Salomith dit : "Gloire à Dieu qui t'as mis sur notre route. Je te prostituerai ma servante comme ma sœur, sur mon propre lit."

 

Pierre Louÿs

 

Illustrations attribuées à André Collot

 

Texte et images empruntés à Librairie Curiosa

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