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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 18:05

guanzeju classic

Contrairement à Hu-Ming, une peintre qui a détourné la propagande pour nous donner de robustes guerrières aux forts derrières (et dont malheureusement la présentation de ses œuvres a dû être retirée après un message menaçant), Guan Zeju, lui est passé de la peinture de propagande à des nus sur fond d’estampes traditionnelles.


guanzejupropagandeAinsi, en 1958, à 17 ans, alors qu’il est en classe préparatoire à l’école des Beaux-Arts de Canton, sa toile « Va où ton pays a besoin de toi » est sélectionnée pour une exposition d’œuvres de la jeunesse. Plus tard sa toile « Maîtresse d’école » sera aussi sélectionnée pour une exposition. Mais je n’ai trouvé pratiquement aucune trace de ces œuvres révolutionnaires, comme celles qu’il a consacrées aux gens du peuple.

 

 

 

 

 

 

 

guanzeju11

Son épouse, chorégraphe de danse chinoise traditionnelle, mais aussi classique, l’a introduit dans cet univers. Ses danseuses semblent demi-nues sous leurs robes de tulles translucides.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Mais la forme la plus original de son talent, pour le néophyte que je suis, semble être cette sorte de superposition de nus avec des oeuvres anciennes comme celle de Han Gan au VIIIe siècle.

 

guanzejuinspir2

 

 

guanzeju02 Petit montage vidéo cliquer ici


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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 11:57

Voir aussi un beau texte biblique :

Au temps des juges

Pierre LouysPierre Louÿs, en hommage (?) au Seigneur de Pibrac et à ses quatrains moraux (XVIe siècle), dont voici un spécimen 

"Je t'apprendrai, si tu veux, en peu d'heure

Le beau secret du breuvage amoureux.

Aime les tiens, tu seras aimé d'eux,

Il n'y a point de recette meilleure."  

Guy du Faur de Pibrac
Extrait de Quatrains du seigneur de Pibrac

a commis un recueil de quatrains intitulé… Pybrac (1927) et tout aussi « moraux », puisque chacun commence par « Je n’aime pas à voir» :

Je n’aime pas à voir deux fille concubines
Se gousser sur leur lit pour la septième fois
Et dire : « Pourquoi donc sucerais-je des pines ? »
Ton foutre seul me plaît. C’est lui seul que je bois. »

 

   On retrouve l’esprit du Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation (1926) :

« Si l'addition qu'on vous donne à faire produit le nombre 69, ne vous tordez pas de rire comme une petite imbécile.

Évitez les comparaisons risquées. Ne dites pas: "Dur comme une pine, rond comme une couille, mouillé comme ma fente, salé comme du foutre, pas plus gros que mon petit bouton", et autres expressions qui ne sont pas admises par le dictionnaire de l'Académie.

Ne dites pas: "Je viens de jouir comme une folle." Dites: "Je me sens un peu fatiguée."

Ne dites pas: "J'aime mieux la langue que la queue." Dites: "Je n'aime que les plaisirs délicats." »

Ne dites pas : « Il a joui dans ma gueule et moi sur la sienne. » Dites : « Nous avons échangé quelques impressions. »

Si vous découvrez que vous êtes la fille de l’amant et non du mari, n’appelez pas ce monsieur « papa » devant vingt-cinq personnes.

C’est le mari de votre mère que vous devez appeler papa. Et même, si vous êtes certaine de ne pas lui être unie par les liens du sang, ne lui dites pas à l’oreille : « Je peux bien te sucer, tu n’es pas mon père ! » La fin de la phrase détruirait tout ce que les premiers mots auraient de vraiment aimable.

 

Pierre Louys amours8  C’est certes un peu plus cru que les délicieuses « Chansons de Bilitis » de 1896, que P. Louÿs présenta comme une traduction de l’œuvre d’une poétesse antique adepte des amours saphiques. L’ouvrage, précédé d’une Vie de Bilitis, assortie de notes savantes, mystifia des hellénistes sorbonnards qui ne lui pardonnèrent jamais leur propre jobardise. Cependant, Louÿs doubla ces chansons, à l’érotisme élégant, de chansons secrètes plus torrides.

De la même veine – et de la même année que le Manuel – « Trois filles de leur mère », inspiré par les trois filles du poète José-Maria de Heredia, que Pierre Louÿs connaissait bien, pour avoir été l’amant de l’une et le mari d’une autre.

 

Marie de Heredia avait épousé un autre poète, Henri de Régnier – en fait sa mère l’avait en quelque sorte vendue à de Régnier qui épongea les dettes de jeux du père – non seulement elle prit Pierre Loüys pour amant, mais lui donna un fils, Pierre de Régnier, dont il fut officiellement le parrain. Leurs relations furent cependant houleuses et Louÿs revint d’un voyage en Algérie avec une mauresque, Pierre Louys amours5Zohra ben Brahim, qu’il prêtait généreusement à ses amis, avant de la renvoyer, sans élégance, quand il reprit des relations avec une Marie qui le poussa à épouser sa sœur Louise.  Ce grand adepte des bordels était aussi un amateur de photos : Marie fut bien sûr un de ses modèles.

Bien qu’ami d’André Gide, de Paul Valéry, il ne connut pas la même gloire posthume. Il est vrai que le genre littéraire où il a excellé, la littérature érotique, fut longtemps plus ou moins vouée à la clandestinité. Et si, de nos jours, un Pichard nous redonne Trois filles de leur mère dans toute leur crudité, un David Hamilton commit un film sur les Chansons de Bilitis qui donna une image chichiteuse du poète. La femme et le pantin, son plus célèbre roman, fut mis en film par Duvivier en 1958 qui eût l’idée un peu incongrue de faire incarner la femme par BB.

 

Un excellent (et élégant) site pour en savoir plus sur Pierre Louÿs, sa vie, son œuvre, ses voyages, ses amours… http://www.pierrelouys.fr/.

 

 

pybrac12.JPGQuelques quatrains illustrés de PYBRAC : cliquer ici 

 

 

 

 

 

 

pybrac.jpgMontage d'illustrations de PYBRAC (anonymes) : cliquer ici

 

 

 

Pibrac par Marcel Stobbaerts

Voir aussi les illustrations de Marcel Vertès et celles de Louis Berthomme Saint-André

 

 

Pierre Louÿs fut non seulement un collectionneur passionné de photos érotiques, mais un photographe lui-même. Malheureusement ses oeuvres et sa collection furent dispersées.

 

mariederegnie 01   

    

mariederegnie 02

 

 

 

Pierre_Louys_Zohrabenbrahim.jpg

 

 

 

PLouys-bibliotheque2

 

PLouys montage 02

 

 

PLouys culs

 

 

 

 

 

Quatrains illustrés par

Erika Plehn

1904–
Pierre Louÿs PYBRAC
Pierre Louÿs PYBRAC
Pierre Louÿs PYBRAC
Pierre Louÿs PYBRAC
Pierre Louÿs PYBRAC
Pierre Louÿs PYBRAC
Pierre Louÿs PYBRAC

En complément, un texte quasi biblique

 

Au temps des Juges

"Au temps des Juges, il arriva qu'un jeune marchand nommé Joël, de la tribu de Nephtali, partit pour Jérusalem. Il n'emportait rien qu'un manteau, et un bâton à la main et une lourde bourse pendue à sa ceinture ; et à tous les carrefours il priait le Seigneur afin de suivre la bonne voie.

Et comme il marchait, une nuit, le long du lac de Génésareth, il rencontra deux filles qui venaient au-devant de lui ; deux sœurs de même visage et de même vêtement. Lorsqu'elles furent en face de lui et sous la clarté de la lune, elles retroussèrent leurs robes ensemble depuis leurs chevilles, jusqu'à leurs nombrils et montrèrent leurs parties honteuses et murmurèrent : "Couche avec nous."

Joël cracha par terre à gauche, et il leva son bâton et cria : "Allez-vous-en ! Allez-vous-en de ma route, putains !" Oui, nous sommes putains", dit Michol, la plus jeune des deux sœurs, en lissant les poils de son ventre. "Oui, nous sommes putains pour le plaisir des hommes. Voici nos vulves noires que nous te présentons. Choisis." Disant cela elle prenait le membre de Joël, et le sentant déjà dressé elle lui dit en élargissant les cuisses : "Viens ! mon ventre a soif de ta semence chaude. Donne-moi une pièce d'argent et couche avec moi." Et tandis que Michol, nue jusqu'à la taille tenait le membre par le bout, Salomith, l'aînée, le prit par la racine et dit : "Couche avec la petite. Elle est en chaleur." Et Joël se laissa conduire par le membre et donna une pièce d'argent.

 

Entre les buissons et la rive du lac, Michol se mit à genoux dans l'herbe pour ne pas souiller sa robe, et des deux mains elle s'appuya sur la terre. Et Joël, semblablement, se mit à genoux derrière elle. Comme un taureau qui va monter sur une génisse. Et Salomith empoigna de la main droite le membre de Joël, comme la vachère empoigne le membre du taureau et elle le planta droit dans le trou, disant ... Béni soit de l'éternel, celui qui sème sa semence dans le ventre de ma sœur.

Le membre pénétra jusqu'au fond et refoula du bout la petite matrice qui n'avait point encore conçu. Et Joël fit avec vigueur les mouvements de la copulation. Tant qu'enfin le plaisir de ses reins le fit trembler sur les genoux, et sept longs jets de sperme jaillirent de son membre dans la chair chaude de Michol qui remuait ses hanches fermes. Et souriait par-dessus l'épaule.

Quand il eut fait, elle s'accroupit dans l'eau du lac, et de ses doigts, elle tira le sperme de son ventre. Puis, se tournant vers la lune, elle pissa sur les eaux pour conjurer la conception. Et Joël lui aussi s'ablua sur la rive : mais quand il revint, Salomith, la sœur, lui essuya le membre avec ses cheveux noirs, si délicatement que les testicules vides se regonflèrent. Alors Salomith plaça le membre entre ses deux mamelles qu'elle serra sur lui comme des cuisses amoureuses et elle dit : "Tu aimes mes seins ?" Il répondit : "J'aime tes seins. Ils sont plus beaux que ceux de ta sœur." Alors Salomith fit glisser le membre le long de son corps jusqu'aux poils de son ventre qui poussaient comme les herbes hautes sur le bord du lac de Génésareth, et de ses deux mains, elle ouvrit les lèvres rouges de sa vulve. "Tu aimes ma vulve ?" lui dit-elle. Et comme il essayait d'y entrer d'un coup, tel qu'un cheval en rut qui couvre une femelle, Salomith lui dit : "Non, non, non. Ne sais-tu pas quelle fille je suis ? Je suis une putain : tu me l'as dit. Une putain fille de putain ; ma mère est putain. Si Dieu me donne des filles, j'en ferai des putains qui feront fouiller leur chair par la chair des passants. Ne me baise pas la bouche : c'est une bouche de putain." Mais il lui baisait la bouche et la heurtait entre les jambes. "Tu aimes ma vulve de putain ?" répéta-t-elle. Et il dit tout bas : "J'aime ta vulve."

Alors, cessant de le railler, elle releva sa robe plus haut que ses épaules et Michol la prit pour la pendre à un arbre et Salomith complètement nue se jeta sur le corps de Joël.

Et elle sera les flancs de l'homme entre ses genoux et en faisant remuer sa croupe jusqu'à terre comme une danseuse de Sido, elle s'assit doucement sur la pointe du membre qui entra jusqu'au fond et la fit frémir. Quand cela fut, elle frotta ses poils sur ceux de Joël, puis en soulevant les reins et en les abaissant, elle fit elle-même soixante fois, les mouvements de la copulation. Et Michol, accroupie derrière, caressait les testicules et quand elle sentit le sperme jaillir, elle murmura elle aussi : "Béni soit de l’Éternel celui qui sème sa semence dans la matrice de ma sœur." Bientôt Salomith se releva et le membre sortit de son ventre et retomba dans l'herbe fraîche, et elle recueillit sur ses doigts le sperme qui coulait de sa vulve et elle le mit dans son anus pour conjurer la conception.

Puis elle se mit à genoux en frappant le sol du front et en tournant ses fesses vers la pleine lune et elle pissa par derrière de façon que le jet de son urine retomba dans les eaux du lac. Puis elle arracha une poignée d'herbe et s'en bourra la vulve, et elle entra dans le lac jusqu'à la ceinture et laissa tomber l'herbe avec le sperme. Et elle faisait des sortilèges parce qu'elle ne voulait point d'enfant. Et Joël lui aussi s'ablua sur la rive.

Et Salomith lui dit alors : "Tu es las. Remettons nos vêtements et suis-nous. Notre maison est ta maison. Notre servante est ta servante. Tu dormiras entre ma sœur et moi." Mais Joël répondit : "Je ne suis pas si las. Je paillarderai jusqu'au jour sur toi, sur ta sœur et sur ta servante." Et Salomith dit : "Gloire à Dieu qui t'as mis sur notre route. Je te prostituerai ma servante comme ma sœur, sur mon propre lit."

 

Pierre Louÿs

 

Illustrations attribuées à André Collot

 

Texte et images empruntés à Librairie Curiosa

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 22:00

Peter Fendi, Selbstporträt

Peter Fendi, 1796-1842, est un peintre viennois que l’on a rangé dans l’école Biedermeier.

Peter Fendi, enfantsLe malheureux, né d’une famille modeste, avec un père professeur, avait chuté de la table à langer, ce qui lui laissera des séquelles à la colonne vertébrale. Bien qu’ayant suivi les cours de l'Académie impériale de dessin (1810-1813), il dut, à la mort de son père, prenant en charge sa mère, travailler dans un cabinet d’avocats. Mais grâce à un amateur d’art, il s’est vu confier au sein de l’Académie, une charge au cabinet des œuvres d’art antiques. Il a laissé plus de 2000 reproductions de ces œuvres. Il fut aussi un pionnier en chromolithographie.

Il fut un portraitiste très demandé par l’aristocratie viennoise. Il fut même introduit à la cour en 1833.


Peter Fendi, Die LauscherinCe membre de l’Académie des Beaux-Arts, n’était évidemment pas un peintre révolutionnaire. Le style Biedermeier est né entre 1815 et 1848, quand, après les guerres napoléoniennes, ayant surmonté les peines de la "grande histoire", les gens ont commencé à apprécier avant tout le confort de la vie bourgeoise.

Foin des grandes toiles épiques ou au romantisme échevelé place à des des tableaux idylliques montrant la nature et des scènes de genre peu compliquées. Il dessina même des billets de banque.

FendiCependant, l’académique Monsieur Fendi eut aussi une production d’aquarelles, sans doute jugées licencieuses, par les adeptes de ses toiles officielles.  Visiblement, les fessiers imposants avaient sa préférence. Mais peut-être était-ce les canons de beauté de Vienne à l’époque. Leçon de piano, retour de chasse, tout était prétexte à copulation. Les parties carrées ne lui faisaient pas peur. Même l’uro. Cette œuvre érotique a plus fait pour sa renommée posthume que les toiles plus académique de l’école Biedermeier.

 

PeterFendi Erotic Scene

Pour voir la vidéo, cliquer sur l'image (chargement plus ou moins long selon votre connexion)

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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 21:58

AutomneBizarre autant qu'étrange, voilà un illustrateur assez prolifique, Fredillo, sur lequel j'ai été incapable de trouver grand chose, si ce n'est qu'il fut un contemporain de Paul Verlaine.
Il illustra l'un de ses poêmes "Ouverture", mais également d'autres poêmes dont la paternité n'est pas avérée, mais qui semble de la même encre :




 

 

 

 

Feuilles à l’envers, recueillies par un bourguignon sale

fredillo26

Comme vos sœurs des bois ombreux

Hantés de désirs amoureux :

Voltigez, feuilles indiscrètes,

Retournant vos faces secrètes

Sous les doigts des amants heureux.

 

OUVERTURE
fredillo27          

Rameneuses du gland transi qui se dérobe,
Branleuses aux sollicitudes infinies!

Et les mains au bout de ces bras, que je les gobe!
La caresse et la paresse les ont bénies,  

 

Mais quoi? Tout ça n'est rien, putains, aux prix de vos
CuIs et cons dont la vue et le gôut et l'odeur
Et le toucher font des élus de vos dévots,
Tabernacles et Saints des Saints de l'impudeur.

 

C'est pourquoi, mes soeurs, vers vos cuisses et vos fesses
Je veux m'abstraire tout, seules prêtresses vraies,
Beautés mûres ou non, novices ou professes,
Et ne vivre plus qu'en vos fentes et vos raies.

 

    Paul Verlaine
    Oeuvres Libres

(Fredillo, n'a repris qu'un extrait du poême de Verlaine, en inversant d'ailleurs les vers dans le 1er quatrain qu'il a retenu)

 

L’apothicaire

 fredillo28

Maître Jean Visautrou, chevalier du Clystère

Auprès de la baronne Alde de Trousserré

Avec un lavement doctement préparé

Venait ce matin-là remplir son ministère.

La dame lui présente un fessier plantureux

Où doit se consommer l’humide sacrifice

Et du large croupion, ajustant l’orifice,

Visautrou, dont le bras est prompt et vigoureux,

Pousse au monstre, et d’un jet lancé d’une main sûre,

De son bouillon pointu, lui remplit la fressure.

La victime en frémit jusqu’en son fondement,

Et de son gros boyau sort un sourd grondement.

Visautrou, digne et fier, contemplait son ouvrage ,

Et d’un doigt complaisant pressait le trou mignon ;

« Noble Dame serrait la fesse avec courage »

Criait-il - « Attendes un instant ! tenez bon ! » -

Mais, coupant son discours par une pétarade,

La belle, au même instant, vous lâche une foirade

Qui lui remplit le bec d’un mélange juteux ;

Rien ne s’était perdu de toute la bordée ;

Et notre matassin, dans un état douteux,

Se disait, en lavant sa figure embrenée,

Je sens bien que l’excès en tout est un défaut :

Il faut du zèle soit ! Pourtant point trop n’en faut !

 

La Plume

 fredillo29

Les titillations de ta langue savante

Autour du gland qui gonfle et devient rubescent

Font mon désir plus vaste et plus concupiscent

Sous la salivation de ta bouche bavante.

 

Va redouble d’ardeur que rien ne t’épouvante

La sève va jaillir dans un effort puissant

Qu’en le méat, ouvert par son bout caressant,

Ta langue vibratile entre, très énervante.

 

Hume, suce, remonte et jusqu’au périnée

Que ton baiser léchant ma chair abandonnée

Dans un spasme final brise mon corps tendu.

 

Prends tout ! Et ton travail qui s’achèvera farouche

M’ayant conduit au but longuement attendu

Pour prix t’apportera … mon foutre dans ta bouche.

 

Entre deux feux

fredillo30

Eglogue

 

Blonde comme les blés, pure comme les lis,

Au bord d’un ruisselet dont le courant gazouille,

Se croyant seule, hélas ! la jeune Amaryllis

De sa robe de lin, lentement se dépouille.

 

Soudain, un cri perçant fait tressaillir les bois :

Deux pâtres ont bondi sur la belle ingénue

L’un bave des baisers sur sa poitrine nue

L’autre palpe excité ses formes de ses doigts.

 

En vain elle supplie et cherche à se débattre

Ses trésors sont pillés en maints endroits secrets.

Leurs lèvres et leurs doigts folâtrent indiscrets,

De son cul de satin à ses tétons d’albâtre.

 

Dans ce pressant péril, elle invoque les Dieux.

« Tais-toi, dit Mélibé, il faut que je t’adore. »

« Donne moi ta toison, plus fraîche que l’aurore ! »

Insiste Polémon qui bande, radieux.

 

D’un double trait alors, par devant, par derrière,

L’amour frappe, en vainqueur, au seuil des voluptés.

Le sang coule vermeil quand crève la barrière

Qui gênait Polémon dans ses félicités.

 

L’enfant se sent mourir : « Dieux, dit-elle, il me semble

Que j’étouffe… Ah ! c’est trop d’ivresse et trop d’ardeurs ! »

Trépignant à ces mots qui les couvraient d’honneur

Les deux braves fouteurs déchargèrent ensemble.

 

Rêve de nonne

fredillo31 

Jésus, mon bien aimé, dans un nimbe d’opale

Et d’azur, m’apparaît dans le ciel radieux ;

Il s’avance vers moi, sa face auguste et pâle

Souris à mon sourire, et ses yeux à mes yeux.

 

Oh bonheur ! il approche et sa bouche divine

Distille entre mes dents le miel de son baiser ;

Il écrase mes seins nus contre sa poitrine

Je sens des bras serrer mes reins à les briser.

 

Dieu ! son corps à mon corps qui s’enflamme se mêle

Et se fond dans ma chair où passe un flot brûlant,

Et sa lèvre amoureuse aspire à la mamelle

L’ardente volupté qu’il verse dans mon flanc.

 

Oh  délire ! je sens ta brûlante rosée

Dans mon sein frémissant se répandre, ô seigneur !

Ô doux Jésus ! divin seigneur, je suis brisée

Et j’expire en tes bras d’amour et de bonheur.

 

C’est ainsi qu’au couvent rêve mainte nonnette

En se branlant d’un doigt léger dans sa couchette.

 

 

Les deux paradis

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J’aime ce qui semblable à quelques fleurs mystiques

S’épanouit ainsi qu’un lotus rose et noir

Près du val de ton sexe, ô femme ! et chaque soir

Je veux en effeuiller un pli problèmatique.

 

Avec sa porte à deux battants, son promenoir

J’aime ton con, plus vaste et plus énigmatique,

Calice humide où pleut l’averse spermatique,

Et qui sert à mon nœud de cuve et d’entonnoir.

 

Evoluant de l’un à l’autre en mes caresses,

Du dôme de ton ventre aux rondeurs de tes fesses,

J’explore le versant, le gouffre et le sommet :

 

Et je crois, énervé de volupté subtile,

Entrevoir dans ton cul le ciel de Mahomet,

Et dans ton con le paradis de l’évangile.

 

Une autre version des deux paradis

 

 

 

D'autres poêmes sont à découvrir sur l'album Fredillo

malheureusement défiguré comme tous les albums dans la nouvelle version d'over-blog, donc à voir plus bas.

 

Il illustra aussi "Le roman de Violette".

 

Il aimait croquer des scènes de la vie quotidienne

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Pour compléter, vous pouvez télécharger une petite vidéo : Fantaisies parisiennes

Elle peut être vue directement sur le site, mais son chargement est assez long et le visionnage est saccadé ; il est donc préférable, quand elle démarre, de faire un clic droit sur l'image et de choisir dans le menu déroulant "enregistrer sous"

 

NB Voir aussi la série de dessins

 

 

 

 

Cliquer sur le haut-parleur pour le son et mettre plein écran

Les vacances de Suzon : Petit récit de Fredillo, incomplet hélas, mêlant texte et dessins.
Les vacances de Suzon : Petit récit de Fredillo, incomplet hélas, mêlant texte et dessins.
Les vacances de Suzon : Petit récit de Fredillo, incomplet hélas, mêlant texte et dessins.
Les vacances de Suzon : Petit récit de Fredillo, incomplet hélas, mêlant texte et dessins.
Les vacances de Suzon : Petit récit de Fredillo, incomplet hélas, mêlant texte et dessins.
Les vacances de Suzon : Petit récit de Fredillo, incomplet hélas, mêlant texte et dessins.
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Les vacances de Suzon : Petit récit de Fredillo, incomplet hélas, mêlant texte et dessins.
Les vacances de Suzon : Petit récit de Fredillo, incomplet hélas, mêlant texte et dessins.
Les vacances de Suzon : Petit récit de Fredillo, incomplet hélas, mêlant texte et dessins.
Les vacances de Suzon : Petit récit de Fredillo, incomplet hélas, mêlant texte et dessins.
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Les vacances de Suzon : Petit récit de Fredillo, incomplet hélas, mêlant texte et dessins.

Fantaisie parisiennes (mettre en ^plein écran)

Modèle chez l'artiste

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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 21:24

  Le seul souvenir que j’avais de Madonna, ou plutôt de sa culotte, remontait à 1987.

En effet, Jacques Chirac, à l’époque 1er ministre, avait reçu cette chanteuse à l’hôtel de ville de Paris (ce qui avait déclenché les imprécations de Finkielkraut – et oui, il sévissait déjà – qui dénonçait dans El Pais la pipolisation de la vie politique).

La légende veut que dans le concert qui suivit, Madonna, devant les 130 000 spectateurs, ait, comme à l'accoutumée, jeté sa culotte (en fait un boxer en résille passé par-dessus une sorte de corset, sur lequel était écrit Kiss) et que ce serait Chirac qui l’aurait attrapée !

 

Mais, coup sur coup, je lis des échos de cette Madonna dont, je dois l’avouer, je ne connais pratiquement rien de ses œuvres. Le Monde 2 d’abord, qui clôt une série d’articles sur les années 80, par une évocation de la dame.

Le Monde tout court, qui, le 29 août titre Madonna et les Roms hués à Bucarest.

« Ce devait être le concert de l'année en Roumanie. Mercredi 26 août, plus de 60 000 Roumains se sont bousculés pour voir Madonna, venue donner un concert à Bucarest, vingt ans après la chute du régime communiste. Mais le rêve a tourné au vinaigre lorsque la star a fait monter sur scène le Kolpakov Trio, un groupe de musiciens roms. "Hello Romania !, a-t-elle lancé au public au milieu du concert. Il y a beaucoup de cas de discrimination en Europe de l'Est, et cela m'attriste profondément. Notre foi est la tolérance envers les Roms, les homosexuels et les gens qui affichent leurs différences. Ils doivent tous être traités de la même manière, ne l'oubliez pas." Une partie du public a aussitôt hué la star. "Nom de Dieu" aurait réagi la chanteuse en entendant cette bronca.

L'association de défense des Roms a salué l'intervention de la star. "Son message est un pas en avant dans la lutte pour la promotion de l'égalité des personnes, sans égard pour leur race, leur ethnie, ou leur appartenance religieuse et sexuelle", a indiqué l'association dans un communiqué.

 

  Mes fouilles curieuses m’ont fait découvrir une Louise Ciccione, d’origine italienne, vraie brune, pas encore body-buildée, à la touffe sauvage. En effet, pour arrondir ses revenus d’apprentie danseuse, elle pose nue, en particulier pour Martin H. M. Schreiber, dans le cadre d’un cours de photographie sur le nu. La série avec un chat est assez étonnante, avec l’espèce de bas de survêt assez informe et très inélégant. Son visage de face est presque poupin. La mode n’est pas encore de réduire la toison à un ticket de métro. La dernière photo du petit montage (voir en fichier plus bas) – qui est de Lee Friandlander – évoque nettement L’origine du monde de Courbet.

Voir aussi des photos d'Herman Kulkens en 1977.

Devenue archi blonde, elle n’hésitera pas à poser pour des photos sulfureuses, telle celle, où, sur les genoux d’un vieux que l’on ne peut que supposer libidineux, elle porte une sorte de slip d’homme lui aussi informe.

Elle se prêtera à l’objectif de Bettina Rheims, qui la fera poser dans ces décors de chambre d’hôtel défraîchie qu’elle affectionne.

 

Cette adepte du Kabbalisme donne également dans le style « cuir », proche de l’arsenal sado-maso.

Enfin, les papparazzi se délectent de la saisir, avec une compagne noire, mais sous la protection de gardes du corps, s’adonnant au plaisir du nudisme sur une plage de Miami. 

En fait une séquence d'images de Steven Meisel
En fait une séquence d'images de Steven Meisel
En fait une séquence d'images de Steven Meisel

En fait une séquence d'images de Steven Meisel

La culotte de Madonna
La culotte de Madonna
La culotte de Madonna

Madonna : montage vidéo

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Pub pour Vuitton
Pub pour VuittonPub pour Vuitton
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A la manière de Marilyn
A la manière de Marilyn
A la manière de Marilyn

A la manière de Marilyn

La culotte de Madonna
La culotte de Madonna
La culotte de Madonna
La culotte de Madonna
La culotte de Madonna
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La culotte de Madonna
La culotte de Madonna
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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 17:26

Pierre Gandon, né le 20 janvier 1899 est avant tout connu comme dessinateur et graveur de timbres postes. Parmi ses premières œuvres, on note une fresque de 500 m2 pour une exposition internationale en 1937. Bien loin donc de l'art de la miniature du timbre, que pratiquait déjà son père. Il commença sa carrière dans ce domaine en 1941, avec une série de timbres pour le Dahomey. Mais dans les années collaborationnistes, il réalise des vignettes à la gloire de la LVF puis de la Légion tricolore. Malgré cela - et une suspension très théorique - c'est sa Marianne qui fut choisie comme timbre courant à la Libération. Sa Liberté, d'après le tableau de David, fut aussi un timbre de base. Même si ce collectionneur de prix de l'art philatélique dessina une Iris messagère des dieux ou une Egine enlevée par Zeus aux chastes nudités, rien ne laisserait deviner qu'il fut aussi l'illustrateur d'une « Vénus dans le cloître ou la religieuse en chemise » de l'Abbé du Prat aux dessins beaucoup plus lestes et de quelques ouvrages de même nature.

 

 


 

Pierre Gandon : art philatélique et lestes dessins

Cliquer sur le symbole haut-parleur pour avoir le son

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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 18:16

"Body art", "bodypainting" disent les anglophones, peinture des corps, art ô combien éphémère où l'œuvre et le modèle se confondent.

Mais art plus authentique que le pop art d'un Andy Wharhol avec ces mauvais polaroïds, agrandis, colorisés à l'acrylique, sérigraphiés... une vaste fumisterie qui fait encore s'extasier les gogos. Sans même l'excuse de la provocation chère aux dadaïstes (quand on pense que des critiques d'art peuvent expliquer que l'urinoir renversé, signé R. Mutt - que Marcel Duchamp avait présenté à une exposition que pour provoquer son rejet - est une œuvre d'art, on peut dire que sa provocation a marché au-delà de ses espoirs).

De l'art populaire, du vrai, on le trouvera plus sûrement dans les grandes fresques de Diego Rivera que chez Warhol.

Bon, voilà des considérations bien péremptoires, comme disait BLB.

Revenons à nos peintures. Dans cet art corporel qui, comme la rose de Ronsard ne dure qu'un moment, l'inspiration est diverse. La supportrice de l'équipe de foot va « revêtir » les couleurs de son équipe fétiche, la schtroumphette va bleuir, comme il se doit. La bande dessinée est une grande source d'inspiration. On n'invite plus la belle à voir des estampes japonaises, mais à en être l'élégant support. L'art du trompe-l'œil n'est pas oublié : ainsi de ce modèle qui se sculpte elle-même. La peinture « habile » souvent la nudité, mais parfois elle ne fait que l'exalter. Et toutes ses œuvres n'ont de sens que si elles sont vues : le modèle doit donc s'exposer aux regards (la traduction anglaise d'exposition n'est-elle pas exhibition ?). Puis, la promenade dans la ville ou la fête finies, il ne restera que les images impuissantes à rendre compte de cet art vivant.

Trois petits montages pour illustrer cette peinture sur soi : le premier est un « making of » (c'est très à la mode), les deux autres donnent quelques échantillons les plus éclectiques des réalisations.

 

Un ami, m'ayant envoyé une séries de photos d'une autre artiste en plein travail, j'en ai fait un petit montage
artducorps04.jpg
Pour voir la vidéo, cliquer sur la photo.
 

Cette vidéo, bizarrement censurée, est visible sur http://jeanfrancois.launay.free.fr/sursoi.htm
 Elle peut être vue directement sur le site, mais son chargement est assez long et le visionnage est saccadé ; il est donc préférable, quand elle démarre, de faire un clic droit sur l'image et de choisir dans le menu déroulant "enregistrer sous"
 
carnaval-hollandais16bis.jpg
 
Pour voir la vidéo cliquez sur l'image
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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 16:55

Cette photo de Brassaï, le peintre déjà âgé dans son atelier, m’a incité à un petit montage, avec un choix d’œuvres arbitraires (voir le lien plus bas).

 

 

Cette sélection comporte un certain nombre d’odalisques, témoignage de son passage à Tanger en 1912-1913. C’est de la chambre de son hôtel « Villa de France » qu’il a peint la baie de Tanger. Charmant hôtel, splendidement placé, qui fonctionnait encore dans les années 80,  mais qui semble avoir fermé (espérons que le bâtiment, plein de charme, n’ait pas été abattu pour laisser place à un immeuble quelconque).

 

Picasso estimait que Matisse était son plus grand rival.

 

 

 

Henri Matisse : montage

Petit montage vidéo téléchargeable.

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 11:23

Pompier, bon œil, titre Télérama du 28 mars 2009, dans son portrait, assez mitigé, de David LaChapelle. En revanche, pas de réserve pour Photo qui, à l'occasion d'une rétrospective du photographe à La Monnaie (Paris) lui a consacré tout son numéro de mars 2009, numéro collector est-il même mentionné.

Celui qui lui a mis le pied à l'étrier est Andy Warhol qui, hasard ?, fait lui aussi l'objet d'une exposition au « Grand Palais ». Warhol, adepte d'un art « mécanique » - pas si loin que ça des « ready made » chers aux dadaïstes à commencer par Marcel Duchamp et ses complices comme Man Ray - où à partir d'un polaroïd agrandi sur feuille d'acétone on colorise à l'acrylique pour faire de la sérigraphie, art mécanique, de l'aveu même de son auteur, totalement superficiel.

Contrairement à son mentor, LaChapelle n'utilise pas les outils bien plus perfectionnés offerts aujourd'hui par des logiciels style photoshop. Ses décors riches en détails, parfois dignes d'une superproduction hollywoodienne, sont construits de toutes pièces, les couleurs éclatantes  et souvent criardes ("Le tape-à-l'oeil et les couleurs flashy m'attirent.") ne sont pas (ou très peu) retravaillées numériquement.

Kitsch, clinquant, pompier, c'est aussi ainsi que Le Monde titre un article sur cette rétrospective. Photo nous montre un fêtard dont les égéries sont Pamela Anderson ou Paris Hilton mais surtout Amanda Lepore, un transexuel dont il tire un portrait, parodie de la Marilyn Monroë de Wharhol ! Naomi Campbell, magnifique mannequin noire, l'a aussi beaucoup inspiré : une des photos, « Maison de chats », où elle joue la tigresse, peut évoquer celles plus lointaines de Joséphine Baker. Photographe de vedettes, il les met en scène de façon inattendue, comme Elton Jones dans un décor de bananes volantes, Di Caprio dans une pose à la Marlon Brando jeune, mais très féminisé, ou Bjork nous découvrant des jarretelles (même si la culotte qui se reflète dans un miroir est très sage). Il définit ainsi son approche du portrait : « Quand quelqu'un vient se faire photographier, ça ne m'intéresse pas tellement de le regarder droit dans les yeux pour y trouver son âme. » « Il existe une tradition du portrait qui veut que l'on cherche à découvrir la vraie personne derrière les fioritures de sa célébrité. Moi, ce qui m'intéresse, ce sont justement les fioritures. »

Il n'hésite pas à donner dans le porno soft, mais un porno décalé comme en témoigne une série de photos avec un matelas innommable, posé à même le sol, avec des décors de zones commerciales.  

Il a d'abord travaillé pour des magazines où il met « tout en œuvre pour réussir une photo mémorable. Une photo que les gens arrachent de leur magazine pour la mettre sur leur frigo - voilà mon ambition. J'ai toujours considéré les magazines comme des galeries d'art et les frigos comme des musées. ». Il a aussi fait dans la pub : une des plus célèbres est sans doute celle d'une marque de jean, Diesel, intitulée « Victory day 1945 » où l'on voit en 1er plan sur le quai deux marins mâles s'embrasser sur la bouche sur fond de navire militaire et de quai en liesse.


Mais, ces derniers temps, il donne souvent dans la fresque, parfois inspirée de Michel Ange comme un déluge d'une dizaine de mètres. Courtney Love en pietà doit-elle être prise comme signe du mysticisme de l'auteur ? On peut en douter quand on voit un christ berger entouré de brebis, de fleurs et d'enfants, très dans le style naïf des œuvres édifiantes destinées aux enfants dans les années cinquante du XXe siècle.


Entre admiration et irritation, à vous de juger.



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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 17:06
Joséphine Baker

Pour quelle raison, Gérard et moi avions choisi « J'ai deux amours »,  comme signe de reconnaissance aux bains-douches municipaux  de notre bled angevin, je suis bien incapable de le dire.

  • A cette époque lointaine - je vous parle d'un temps que les moins de soixante ans ne peuvent pas connaître - l'eau n'était courante dans de nombreuses demeures que si on se hâtait pour porter le broc ou le seau de la pompe ou du puits à la maison... La toilette journalière se réduisait à peu. Mais chaque fin de semaine, dès que nous n'étions plus en âge d'être lavés en grand dans la lessiveuse, nous allions, avec serviette, savonnette et dose de Dop pour le shampoing, à ces bains-douches où chacun avait droit à 30' pour un bain, 20' pour une douche.

Mon ami Gérard et moi avions convenu de siffler, cette fameuse chanson de Scotto, interprétée par celle qui fut baptisée la Vénus noire.  Il nous arrivait même, quand un sifflotement avait reçu un écho, de chanter pour de bon, à peu près juste pour Gérard, complètement faux pour moi, mais très fort pour les deux, ce qui ne manquait pas de provoquer l'ire du gérant ! Inutile de dire que les paroles - j'ai deux amours mon pays et Paris... - n'avait guère de signification pour nous. Je ne sais si Gérard, à l'époque, avait découvert Paris. Ayant une grand-mère parisienne, j'avais un vague souvenir d'un passage au Boulevard Davout, au 78 si je ne me trompe, mais rien qui puisse justifier d'entonner cette chanson.

Joséphine Baker

De son interprète, nous ignorions évidemment son arrivée dans les années vingt où, ceinte d'un régime de bananes, elle allait faire scandale dans la Revue nègre 

Et, pour autant - hypothèse peu probable - que nos pères aient eu entre les mains quelques images de la Vénus noire posant nue pour Paul Colin, les revues étaient bien cachées dans l'enfer de leur bibliothèque, hors de notre portée. Quant aux accusations postérieures de racisme, à cette époque où l'empire colonial faisait encore la gloire d'une France, pourtant affaiblie par les années de guerre, où la publicité Banania fleurissait sur les murs, elles nous auraient été incompréhensibles. Et Joséphine Baker, née à Saint-Louis, ayant subi l'apartheid états-unien de l'époque, arrivant à Paris en 1925, y ressentait une impression de liberté. Et n'hésitait pas à se produire aux expositions coloniales.

Joséphine Baker

Elle inspira de magnifiques affiches (Paul Colin encore, et d'autres) dans ces lointaines années où elle incarnait la sauvage spontanéité (elle eut sur scène pour partenaire un vrai jaguar). Mais passée de la « revue » à la chanson via l'opérette, elle se retrouva agent secret  en France occupée, puis engagée volontaire, terminant la guerre comme lieutenant.

Joséphine Baker

Quand nous sifflotions sa chanson fétiche, elle avait déjà dû épouser un chef d'orchestre au nom cocasse pour les gamins que nous étions, Jo Bouillon, et s'être lancée dans la construction d'une famille arc en ciel en adoptant une douzaine d'enfants de tout horizon, qu'elle ramenait de ses tournées.

Faut-il dire, mais là je ne parle que pour moi, que la fin de sa vie, où, victime d'escrocs et de sa totale incompétence financière, elle perdit le domaine où elle avait élevé ses enfants adoptés, où elle fut aidée par Grace de Monaco, où elle mourut enfin d'une attaque cérébrale au lendemain d'une ultime représentation, m'avait totalement échappé ?

Joséphine Baker

 

Joséphine BAKER au PANTHEON

A l'occasion de cette panthéonisation on est en train d'assister à une récupération par les pseudo laïques à la mode "Printemps républicain" sur le thème de l'universalisme. Macron même, recevant une délégation des partisans de cette entrée au Panthéon, aurait dit à son conseiller "mémoire"(sic) Bruno Roger-Petit, dans un propos adressé en aparté qu'aurait saisi Pascal Bruckner : « Les wokes français ne vont pas être contents ! ». La crainte donc que la célébration de cette grande artiste mais aussi militante au côté de Martin Luther King (elle sera la seule intervenante le 28 août 1963, lors du fameux discours « I have a dream ») ne soit instrumentalisée pour une opération contre... les anti-racistes qui, comme elle, luttent contre des discriminations - contrôles d'identité au faciès, discriminations au logement et à l'embauche, etc. - dont sont victimes des minorités.

 

Si Joséphine Baker incarne bien l'universalisme, c'est l'universalisme dans la diversité, que sa famille d'enfants adoptés a bien symbolisé. « Nous formons une famille de toutes sortes de races, de toutes sortes de couleurs, et c’est pourquoi j’ai appelé mes petits chéris “la Tribu Arc-en-ciel” 

 

Les deux premiers, Terruya – qu’elle appellera Jeannot – et Akio qu’elle fait passer pour coréen, sont ramenés du Japon. Akio sera shintoïste, son frère bouddhiste, diktat maternel destiné à garantir un échantillon représentatif de l’humanité et de ses religions. C’est ainsi qu’en 1955, un an après, le blondinet Jarry, finlandais et protestant, Julien, gamin français de l’Assistance publique, devient Moïse, le juif de la fratrie (décédé en 1997). Il est accueilli la même année que Luis (colombien, noir et catholique) et Jean-Claude, un autre Français, catholique lui aussi.

L’année suivante, en pleine guerre d’Algérie, l’artiste adopte Brahim et Marianne dans un orphelinat d’Alger. Viendront ensuite l’Ivoirien Koffi, Mara, l’Indien du Venezuela, et Noël, le nourrisson trouvé sur un trottoir parisien par une nuit glaciale de la fin de l’année 1959. (M le magazine du Monde)

Rien à voir donc avec cet universalisme abstrait agité par Bruckner et consorts.

 

Joséphine Baker
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Joséphine Baker
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