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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 16:05

caussimon1979

 

 

Ayant commis un article pour le + du Nel Obs* sur cinq arrêts du Conseil d’état dans l’esprit de la Loi de 1905, j’étais tombé sur un commentateur style borné qui venait me jeter à la figure des « fadaises » religieuses, comme il disait, dont l’immaculée conception ! Son imbécillité acharnée eut cependant pour mérite de me faire souvenir d’un vers d’une chanson de Jean-Roger Caussimon « Sacré bordel de vierge enceinte ! »


 

caussimonBordel à cul (1975)


Entourloupé par les malfrats
Et succombant sous les contraintes
Je change de style, les gars!
J’abandonne les demi-teintes
Je tire à vue et dans le tas
Bordel à cul ! Charrette à bras !
Verlaine avait au moins l’absinthe
(Qu’en 14 on interdira)
Il en tirait de douces plaintes
Et des rimes de cent carats…
Sacré bordel de vierge enceinte !
On me vend du faux Mascara…

Est-ce le tocsin ou le glas ?
Une cloche invisible tinte
Et cette horrible rumeur-là
C’est l’an 2.000 qui se pointe
Du côté de Mururoa
Bordel à cul ! Charrette à bras !
La cote d’alerte est atteinte
Dans le Sahel et le Biafra.
Devant leurs vaches sacro-saintes
Les Hindous sautent les repas…
Sacré bordel de vierge enceinte !
Quelle idée de naître là bas…

Caussimon2Dans la patrie de Neruda
Les aurores se sont éteintes
Partout l’on se heurte aux soldats
Chaque minute est une crainte
Un gadget «made in U.S.A. »
Bordel à cul ! Charrette à bras !
Le pape, à Rome, les mains jointes
Prie, Ora, pro nobis, ora…
Puis, à la fin de sa complainte
Lance une bulle « ex cathedra »
Sacré bordel de vierge enceinte !
Au grand jamais n’avorteras !

Dans un hôtel à cancrelats
Une fille horriblement peinte
Sur un lit bancal et sans draps
Attend qu'aboutisse l'étreinte
D'un mich’ton qui n'en finit pas
Bordel à cul ! Charrette à bras !
Nous, comme putes, l'on s'éreinte
Pour le gîte et le bout de gras !
La liberté déjà restreinte
Au fil des jours met les adjas
Sacré bordel de vierge enceinte !
89 c'est vieux déjà …


Sacré bordel de vierge enceinte !
Réinventons le "Ça ira" !

 

* Le + du Nel Obs est assez proche du Post du Monde, avec des règles d’inscription un peu plus strictes (il faut avoir un compte fessebouc ou touiteur, en principe pour limiter l’anonymat cette burka des lâches, le résultat n’est pas évident) et une sélection obligatoire des articles par la rédaction. Autrement dit, un article d’un inscrit non sélectionné, contrairement au Post, n’a aucune chance d’être lu, puisqu’il ne sera indexé ni sur le site ni par gogol. Autre caractéristique, le journaliste qui sélectionne un article écrit lui-même l’accroche de l’article qui paraîtra sur le site. Ainsi, pour l’article sur le conseil d’état me fait-il dire : Laïcité : les "bouffeurs de curés" c'est fini, et tant mieux ! Le Conseil d’État a montré la voie de la tolérance, et ce n'est pas pour me déplaire, ce qui est un peu abusif, pour rester dans l’euphémisme.

Sur les cinq articles envoyés, quatre ont été retenus. Il est intéressant de noter que celui sur la politique sécuritaire vu par la Cour des comptes, article essentiel de mon point de vue, ne l'a pas été. Intéressant surtout de voir les scores : L’affaire DSK/Banon fait un score splendide (18786 vues), en revanche la gabegie d’Air Sarko One, la laïcité et le conseil d’état, le terroriste norvégien n’atteignent même pas les mille vues. Cela permet de relativiser les commentaires habituels sur les sujets qui saturent les médias au détriment d’autres plus importants. Il se trouve que le lecteur saturé… en redemande.

Bordel à cul, charrette à bras !

 

 


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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 08:16

Dinet Autoportrait2Alphonse-Etienne Dinet a 22 ans quand il fait un premier voyage en Algérie, dans la région de Bou-Saâda. Cet élève de W. Bouguereau, à l’école des Beaux-arts de Paris, obtient, l’année suivante, en 1884, la médaille d’un Salon des Arts Plastiques qui lui vaut une bourse pour un nouveau voyage en Algérie.

Il est conquis par ce pays où il séjourne d’abord cinq ans, avant de s’installer en  1905 à Bou-Saâda. Il avait, entre temps, appris l’arabe.

Dinet Martyr d'amourIl participe néanmoins à la vie artistique de la métropole. Il sera des fondateurs de la Société des peintres orientalistes. Il expose avec les impressionnistes du « groupe des trente-trois », participe à des expositions universelles (Paris, Anvers, Munich…). Il fait évidemment partie de la première exposition des peintres orientalistes en 1893. Il a aussi une activité littéraire écrivant et illustrant Les poèmes d’Antar puis le Printemps des cœurs (Rabi'e el qouloub, recueil de trois légendes sahariennes), Tableaux de la vie arabe, Khadra, danseuse Ouled Naïl, etc.

Dinet Imam presidant la priereSi sa conversion à l’Islam est devenue publique quand il fait savoir, en 1913,qu’il porte désormais le nom de Nars-Eddine, elle remonte à beaucoup plus loin, puisque dans une lettre à un ami en 1908 il disait déjà être converti depuis plusieurs années. Contrairement à ce que disent certains biographes, cette conversion ne l’a pas placé sur « une liste noire », puisque la même année (1913) Nasr-Eddine participe à l'exposition universelle de Gand. Après l’armistice de 1918, avec son ami Slimane ben Brahim, il écrit La Vie de Mohammed, prophète d'Allah, publié sans encombre. Il exposera plus tard à Alger.

Dinet Portrait de Ahmed es SeghirQuand il décède en 1929, un 24 décembre, peu après un pèlerinage à La Mecque avec Slimane Ben Brahim,  sa dépouille déposée à la Grande Mosquée de Paris est saluée par Georges Leygues, ancien Président du Conseil et Maurice Violette, ancien Gouverneur Général de l’Algérie. Et quand il sera inhumé le 12 janvier 1930 à Bou Saâda, c’est le Gouverneur Général de l’époque, Pierre Bordes, qui prononcera son éloge funèbre en Français, avant l’éloge funèbre en arabe.

 

 

Ceux donc qui fantasment sur un rejet du converti (ou de l’apostat, selon le point de vue) commettent une erreur. Il n’est d’ailleurs pas sûr, que Nasr-Eddine ait fustigé la colonisation. Si, pendant la guerre de 1914-18, ayant transformé en 1915 le château familial d’Héricy en hôpital, il se préoccupe du sort des soldats musulmans engagés dans ce conflit, il ne remet pas en cause leur présence. Et s’il souffre aujourd’hui, comme beaucoup de peintres et littérateurs orientalistes d’un certain discrédit, ce n’est certainement pas à cause de sa conversion, puisque ces orientalistes sont soupçonnés d’un folklorisme colonialiste.

Dinet Tete d'arabe

 

Dinet Femmes traversant le lit asseche de l'oued Bou-Saada

Dinet charmeur-de-serpents

 

Dinet Fete de nuit

 

Dinet Danseuses

Pour découvrir ses œuvres (au-delà de ma sélection arbitraire et limitée):

http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Paintings_by_%C3%89tienne_Dinet?uselang=fr

http://marenostrum.over-blog.net/article-etienne-dinet-51418975.html

 Dinet_Sous_les_lauriers_roses.jpg

Pour voir le montage, cliquer sur l'image

Ce petit montage regroupe une partie des œuvres d’un érotisme très soft d’E. Dinet : pas d’odalisques chères à Matisse, pas de scènes de harem ni de hammam, mais une nudité comme innocente dans l’oasis, auprès de l’oued où on se baigne…

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 17:35

03/03/17

Sous le titre “Piss Christ, Jésus Christ crie au blasphème”, Télérama.fr propose un reportage sur L'art du scandale

Le volet consacré au photographe Andres Serrano est à voir sur leur site jusqu'au vendredi 10 mars minuit.

Enquêtant auprès des détracteurs et des partisans de Serrano, le facétieux animateur jabote avec des galeristes, des fabricants de bondieuseries, un catholique intégriste et avec sa propre maman, Jacqueline — catho non pratiquante, qui tombe en pâmoison devant l'œuvre ! Accueilli dans l'antre du New-Yorkais, un loft surchargé de madones et de mobilier religieux, Cédric Le Gallo finit par découvrir qu'Andres Serrano prie tous les jours et se définit comme un artiste... religieux.

Le catho intégriste exhibe le calicot qu'il avait déployé contre une exposition de l'oeuvre de Serrano en Corse.

 

andreserrano.jpgNon, nous ne sommes pas dans une lointaine contrée où l’on brûle des caricatures d’un prophète. Non, ce ne sont pas des hordes vengeresses d’horribles islamistes fanatisés.

Nous sommes en Avignon. Et les fanatiques ce sont des intégristes d’extrême droite, des plus obscurantistes et des plus bornés. Samedi, ces associations catholiques (?) Civitas, Riposte catholique, Catholiques en campagne, E-deo, Salon beige, observatoire de la christianophobie, etc. ont battu le rappel : 1500 cagots, d’après eux, pour demander le retrait de cette œuvre d’Andres Serrano.

Mais ce dimanche un commando de pseudo-manifestants et vrais fachos (avec, pourquoi pas ? les amis FN de l'archevêque du cru) s’est introduit dans le musée, a dégradé des œuvres, a entièrement détruit à coups de marteau et de tournevis, la photo d’Andres Serrano. Si l'on en croit Libé des propos islamophobes ont été tenus par les manifestants et les agresseurs s'en sont pris aux gardiens de la collection Lambert.

Preuve est faite qu'en matière de fanatisme, nos nervis aux "racines chrétiennes" et au crétinisme affiché ne craignent personne. Bientôt vont renaître les autodafés bénis par les Cattenoz de Benoît 16 !

 

Les voyous cathos sont lâchés ! Gageons que Guéant va se précipiter en Avignon, que sa police va diligenter une enquête (au fait, elle était où la police de Guéant quand les abrutis ont sévi ?), que Sarkopé va (vont) déposer une nouvelle loi contre le fanatisme intégriste catho... 

 

 
Source : Nel Obs

 

ASeranochurch.jpg

 

Dans leur folie destructrice, les vandales soi-disant cathos ont aussi attaqué une autre oeuvre d'Andres Serrano, de la série Church, intitulée Soeur Jeanne Myriam, photo d'une religieuse priant dans une église parisienne.

 

 

ASerrano Church

 

Dans cette série Church, on trouve aussi des photos de ce style (églises Ste Clotilde à Paris et St Etienne à Venise, Cathédrale St Sernin à Toulouse). M. Cattenoz, l'archevêque intégriste, en demandera-t-il la destruction par ses sicaires ?

 

PS Conté par Claire Chazal :
« Une manifestation de catholiques intégristes, aujourd'hui à Avignon, s'est soldée par la destruction de deux oeuvres - voici des images de la manifestation, c'était hier - la destruction de deux oeuvres d'un artiste new-yorkais, Andres Serrano, dont une photographie mettant en scène un crucifix trempé dans l'urine du Christ ».
Le caractère sacré de cette urine christique, véritable relique, est indéniable ; elle transmet sa sacralité à sa reproduction : la détruire est sacrilège !

 

Voir aussi un entretien avec Andres Serrano dans Libé du 19/04/11

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 17:00

 

SERRANO012

C’est Libé (07/04/11) qui nous informe, sous le titre Les pisse-vinaigre contre «Piss Christ», la photo par Andres Serrano d’un crucifix plongé dans l’urine refait scandale, cette fois en Avignon.

madonna-child-II-andres-serrano

Cette photo représente donc un petit crucifix en plastique plongé dans un verre rempli d’urine  de l'artiste. Dans la même veine, si l’on peut dire, on a une « Madonne à l’enfant », statuette de plastique aussi, plongé dans le même liquide.

 

Aserrano.jpgAndres Serrano, d’origine afro-hispanique, a été élevé dans un catholicisme strict. Il en a gardé quelques séquelles, puisque l’artiste a transformé son appartement de Brooklyn  en mausolée d’inspiration ecclésiastique : le salon, son studio, ressemble au chœur d’une église avec ses hautes boiseries, ses sculptures religieuses et ses icônes ; la salle à manger devient un réfectoire d’évêque avec son lutrin de lecture et ses bras reliquaires.

artwork images 276 103603 andres-serrano

Une partie de son œuvre est aussi très inspirée de ses racines chrétiennes, car outre ce Piss Christ, il présente aussi un crucifix vers lequel des pattes de poulets se tendent en prière.

andres-serrano

Il a aussi mis en scène un cardinal devant un buste nu de femme martyrisée,

 

SERRANO08

un évêque qui montre qu’il pourrait prétendre à l’évêché de Rome, car il les a bien pendantes,

serrano016

 

 

 

 

 

 

 

 

une religieuse en épectase,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 SERRANO011 un prêtre ligoté et baîllonné,

 

 

serrano015une prophétesse dégoulinante de sperme dans une scène qu’on n’ose qualifier de biblique…

 

aserrano2.jpgMais aussi un christ noir à la couronne d'épines.

 

serrano1-copie-1.jpgSon « Piss Christ » avait déjà subi quelques attaques en Australie ou en Norvège. Mais une précédente exposition, par la même galerie Yves Lambert, en Avignon, pendant quatre mois en 2006-2007, n’avait pas fait de vagues.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« A croire que cela ne s’arrêtera jamais, que le caca et le pipi se préfèrent définitivement à la gouache, au sinopia, au verdaccio ou à la pierre de taille. Et comme toujours, des grands noms au postérieur : Dior, Guerlain, Moët, Hennessy […] Encore une fois, le Ministère de la culture du gouvernement Sarkozy, une mairie UMP et un Conseil  régional PS financent une exposition articulée autour des déjections. Cette fois-ci, le spectateur pourra s’émerveiller  devant une photo  du Christ plongé dans l’urine, un « Piss Christ » pour une vitrine intitulée « Je crois aux miracles ». L’artiste ? Un ancien manœuvre de chantiers arrivé au faîte de sa gloire avec des photographies de son sang, de sa pisse et de son sperme, Andres Serrano. Un nom qui s’incarnerait plus dans le porc blanc que dans le génie du daguerréotype et de son évolution. » écrit un cagot déchaîné. D’où sort ce « manœuvre de chantiers », mystère, car Andres Serrano, né en 1950, a été formé à la Brooklyn Museum Art School de New York de 1967 à 1969 ? Que veut dire ce « porc blanc » ?

 

civitasAvignon.jpg

Mais le fer de lance de la protestation, comme dit Libé, est une obscure officine royalo-intégriste nommée Civitas*, dont le manifeste pour que cette exposition blasphématoire disparaisse avant la « semaine sainte », est de la même encre.

 

Christian Terras, rédacteur en chef d’une revue catholique un peu dissidente, Golias, pense que Cattenoz, l’Archevêque, ne voit pas d’un mauvais œil l’agitation de Civitas. Ce prélat ne cache pas son penchant pour l’extrême droite. Malgré les protestations d’une partie de ses ouailles sur ses méthodes musclées, il bénéficie du soutien de Benoît Seize.

 

Cattegnoz-FN.jpgEt ça n’a pas raté, l’archevêque d’Avignon a embrayé derrière les intégristes "Devant le côté odieux de ce cliché qui bafoue l'image du Christ sur la croix, coeur de notre foi chrétienne, je me dois de réagir. Toute atteinte à notre foi nous blesse, devant le côté odieux de ce cliché tout croyant est atteint au plus profond de sa foi", a déclaré dans un communiqué Mgr Jean-Pierre Cattenoz. (L’exposition « Je crois aux miracles » a démarré le 12 décembre 2010, il a vraiment l’indignation tardive le Prélat). L’Express 07/04/11 (ajout du 09/04/11)

 

Est-il utile de rappeler aux défenseurs autoproclamés du « christ-roi » que nul n’est obligé d’entrer dans la remarquable galerie Lambert d’Avignon ?

 

Mais cet incident aura au moins eu le mérite de nous rappeler que le fanatisme n’est pas l’apanage d’une religion.

 

 

* L’Institut CIVITAS est un mouvement politique inspiré par le droit naturel et la doctrine sociale de l'Église et regroupant des laïcs catholiques engagés dans l’instauration de la Royauté sociale du Christ sur les nations et les peuples en général, sur la France et les Français en particulier. Civitas ne cache pas un anti-islam et avait empêché la participation d’un rabbin à une conférence de carême à ND de Paris.

 

 

PS En consultant le site de la Galerie Lambert, on s'aperçoit que l'exposition en cours "Je crois aux miracles 10 ans à la collection Lambert" a démarré le 12 décembre 2010 et se terminera le 8 mai 2011, et qu'Andres SERRANO n'est qu'un des nombreux artistes exposés. Donc LVMH, la municipalité, la Région appuient une exposition où l'on trouve des oeuvres d'Artistes anonymes du XXe siècle av.J.-C. au XIXe siècle, Pierre-Marie Agin, Antoine + Manuel, Azzedine Alaïa, Francis Alÿs, Carlos Amorales, Alice Anderson, David Askevold, Miquel BarcelÓ, Robert Barry, Jean-Michel Basquiat, Jean-Charles Blais, Bill Beckler, Gilles Bensimon, Joseph Beuys, Christian Boltanski, Katia Bourdarel, Louise Bourgeois, Slater Bradley, Candice Breitz, Marcel Broodthaers, Daniel Buren, Andre Cadere, Julia Margaret Cameron, Mircea Cantor, Etienne Carjat, Henri Cartier-Bresson, Paul Cézanne, Christo, Robert Combas, François-Xavier Courrèges, Salvador Dali, Daniel Dezeuze, Delvaux, Jan Dibbets, Jason Dodge, Marcel Dzama, Bernard Faucon, Dan Flavin, Spencer Finch, Gisele Freund, Hamish Fulton, Ryan Gander, Vincent Ganivet, Anna Gaskell, Gilbert & George, Nan Goldin, Douglas Gordon, Loris Gréaud, Shilpa Gupta, Raoul Hausmann, Isabell Heimerdinger, Garry Hill, Jenny Holzer, Roni Horn, Douglas Huebler, Koo Jeong-a, Burn Jones, Donald Judd, Idris Kahn, On Kawara, Zilvinas Kampinas, Anselm Kiefer, Jannis Kounellis, Joseph Kosuth, Joey Kotting, Barbara Kruger, David Lamelas, Bertrand Lavier, Louise Lawler, Zoe Leonard, Claude Lévêque, Sol LeWitt, Ogle Winston Link, Richard Long, Robert Mangold, Édouard Manet, Christian Marclay, Brice Marden, Agnes Martin, Henri Matisse, Adam McEwen, Jonas Mekas, Jonathan Monk, Vik Muniz, Rei Naito, Rika Nogushi, Dennis Oppenheim, Giulio Paolini, Giuseppe Penone, Jean Prouvé, Man Ray, Odilon Redon, Kay Rosen, Robert Ryman, Julian Schnabel, Richard Serra, David Shrigley, Andres Serrano, Edward J. Steichen, Kimsooja, Daniel Spoerri, Haim Steinbach, Catherine Sullivan, Niele Toroni, Stefan Toth, Richard Tuttle, Cy Twombly, Salla Tykka, Nick van Woert, Francesco Vezzoli, Mark Wallinger, Lawrence Weiner 

 

 

Les cagots se déchaînent

Avignon-integriste.jpgSupérieur du District de France de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (fondée en 1970 par Mgr Lefebvre), l'abbé de Cacqueray, est descendu de Paris, le 9 avril, pour prononcer « une prière de réparation » contre « une œuvre blasphématoire » au « jaune pisseux ». Il avait mobilisé une trentaine de bigots traditionalistes venus d’Aix-en-Provence, du Gard et du Vaucluse. Dans sa prière, l’ensoutané parlera des "égarés qui s'obstinent dans l'infidélité". Un grand moment comique, assurément.

 

PS De soi-disant cathos au front bas ont réussi à détruire l'oeuvre d'A. Serrano.

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 18:34

lapecheressepassionee

Louis Malteste PortraitLouis Malteste, né en 1862 à Chartres, est un lithographe, illustrateur et dessinateur aux talents multiples. Ainsi, comme son frère Henri Théodore Malteste, dit Malatesta, travailla-t-il pour l’Illustration, revue pour laquelle il réalisa notamment des croquis d’audience du procès du scandale de Panama en 1893. Malteste le-classi-dirigenti--1

Pour l’Assiette au beurre, on lui doit une série sur les classes dirigeantes. Il a également créé des affiches et des cartes postales.

 

 

 

 

 

 

  Malteste reclame

 

 

 

 

lafesseediaboliquemaltesteMais c’est surtout son abondante production, quasi monomaniaque, sur la fessée qui retient l’attention.

 

Il est, en particulier l’illustrateur attitré de Pierre Dumarchey, plus connu sous son nom de plume de Mac Orlan, mais qui signe sous des pseudonymes divers une abondante production d’ouvrages qui se vendent sous le manteau : Pierre du Bourdel, Sadie Blackeyes, Doctor Fowler, Chevalier de X… Les titres et surtout sous-titres sont explicites : Les Aventures amoureuses de Mlle de Sommerange ou Les Aventures libertines d'une demoiselle de qualité sous la Terreur, Quinze ans, roman sur la discipline familiale, Dolly Morton. Seuls mémoires authentiques sur la flagellation des esclaves avant la Guerre de Sécession Lise fessée Roman sur la flagellation à l'école et dans le monde, Miss Souvenirs d'un pensionnat de correction, par une demoiselle de bonne famille, Monsieur Paulette et ses épouses, etc., le tout publié par Paul Fort dans la collection Orties blanches !

Malteste mac orlan

Mais comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, Louis Malteste écrivit aussi quelques textes coquins, dans la même collection, sous le pseudonyme de Jacques d’Icy, dont Châtie bien ou La Flagellation dans la vie moderne et ce qu'en pense la jeune fille d'aujourd'hui. Recueil de faits authentiques choisis dans les milieux les plus divers, précédé, bien sûr, de Qui aime bien…

La fessée va du jeu érotique à la redoutable correction, mais sans atteindre la cruauté d’un Aroldo Bonzagni.

 

 

 

 

 

L’œuvre plus académique de Malteste, celle qu’il exposa en 1897 au Salon des Cent ou en 1902 au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts a moins marqué la postérité. Non plus que ces bandes dessinées à vocation comique ou éducative ou ses réclames.

 

The-Theatre-Des-Varietes-Boulevard-Montmartre-1897

 

Malteste soldatsdelanIV

Il fut aussi un dessinateur de presse, s'intéressant notamment à l'affaire Dreyfus

Lise2b

Pour télécharger la vidéo cliquez sur l'image

 

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 18:44

wei dong studioEncore un artiste chinois découvert grâce à l’excellent site « cabinet de curiosités ».

mao-gardesrouges  Un enfant de 68, sauf qu’en Chine, c’était la grande révolution culturelle de Mao qui sévissait depuis 2 ans. Gardes rouges, agitant un petit livre rouge – qui devint l’évangile des maos français – s’en prenant arbitrairement à tous les intellectuels. Une catastrophe culturelle puisque des milliers de sculptures et de temples (Bouddhistes en majeure partie) ont été détruits.

 

Né aux confins de l’empire rouge, en Mongolie intérieure, qu’il ne connaîtra guère puisque sa famille migre à Wuhan quand il a deux ans, il suivra des études de beaux-arts à Pékin. Il en sort en 1991 avec le diplôme terminal, mais il a commencé à exposer dès 1989.

 

« Nous irons culs nus, mais nous aurons la bombe atomique », aurait dit Mao dans les années 60 ? Beaucoup d’œuvres de Wei Dong semblent illustrer ironiquement ce propos, où l’on voit des personnages androgynes, sanglés dans une vareuse, mais fesses ou sexes à l’air. Il moque aussi avec audace l’ancienne idole – en principe toujours adulée – en multipliant des personnages féminins au crâne largement dégarni au dessus du front à la Mao.

crucifiee.jpg 

 

wei dong expo Comme Guan Zeju, mais avec plus d’éclectisme, il mêle des éléments traditionnels chinois, comme des paysages du quinzième siècle, ainsi que d’autres empruntés à la Renaissance européenne,  mais aussi une inspiration surréaliste certaine, par moment on n’est pas loin de Dali. Des critiques voient aussi une filiation avec Balthus ou Lucian Freud.

 

Son côté iconoclaste, par rapport à la grande épopée maoïste, est surprenant. Ainsi de cette toile qui semble décrire un rite païen où une tête de bélier est posée sur un billot, à côté une femme enceinte nue, avec en face un ensemble de personnes en casquette et vareuse militaires semblant lire des versets du petit livre rouge. Que penser aussi de ce tableau où l’on a au premier plan une femme au crâne maoïsé, avec en arrière plan une bande de joyeux drilles, mais sur le côté, deux personnages avec un drapeau rouge, comme rescapé de la Longue Marche, sauf que l’un est demi-nu.

 

Plus surprenante encore est cette jeune sirène dont la queue est encore prise dans un plot de ciment et qui semble venir de naître sur une table à l’heure du petit déjeuner (tasses, croissants et serviettes). Chiens, cochons, moutons s’invitent dans les tableaux avec des objets divers.

wei-dong-48.jpg

Émigré aux États-Unis en 1999, il racontera qu’il a été élevé, dans les années post-révolution culturelle, dans une académie militaire, où l’uniforme créait un monde asexué, où la sexualité était considérée come sale, diabolique. Il a découvert le nu en peinture grâce à des livres d’art occidental que son père possédait en secret (son grand-père lui aurait transmis les techniques de la peinture traditionnelle). Il a commencé à imaginer des histoires pour lui-même, avant d’éprouver le besoin de les révéler aux autres par ses œuvres. Comme le dit, à peu près, un critique artistique, l’expression de ses fantasmes est au diapason d’une culture populaire où le sexe et la violence l’emportent sur les mœurs traditionnels (sex, violence, and popular culture dominate traditional morals.”)

weidong47

Le montage ne peut que rendre très imparfaitement ses œuvres souvent foisonnantes, dont certaine sont presque des fresques qui conviennent mal au format de la vidéo. Outre le « cabinet de curiosité » (14 décembre 2010 et 28 avril 2016), on peut voir quelques œuvres sur artnet et sur Pinterest. Et une présentation du peintre, en anglais, dans « Village voice ». 

 

 

 

 

Montage Vidéo

 

weidong43

 

Pour charger la vidéo : cliquer sur l'image

Quand le montage s'ouvre, par exemple dans Windows Media Player, dès qu'il est chargé, il est préférable de l'enregistrer sur votre disque dur pour éviter une lecture saccadée due à son "poids" relativement lourd (14 MO)

 

 

 

 

 

Quelques autres oeuvres.

 

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 17:44

NickWalter le-corancan

 

 

voile islamique + tradition française = le ‘Corancan'

 

 

 

 

NickWalker00C’était en mars 2010. Nick Walter, un as du graffiti chez les rosbifs, ornait un mur du Canal Saint-Martin d’une magnifique fresque de 4 mètres intitulée Corancan. (A cette époque la fameuse loi sur l’interdiction du casque – pardon du voile – intégral n’était pas encore votée, et depuis cette œuvre qui eût méritée d’être sauvegardée – Jack Lang l’aurait même classée - a été bêtement détruite).

NickWalker

NickWalker04

 

 

 

 

 

 

Cet artiste de la rue, qui travaille à l’aide de pochoirs, non content de donner sa vision d’une intégration du niqab dans la culture française, avait bafoué notre Joconde en lui faisant trousser ses jupes ou en la métamorphosant en Marge Simpson.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

NickWalker02

 

NickWalker-A-New-Dawn

 

NickWalker05

 

NickWalker07

 

 

La réalisation de la fresque
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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 22:21

AbonzagniselfmAroldo Bonzagni aura été un météore dans la peinture italienne. Né en 1887 à Cento en Italie centrale, il est emporté par la grippe dite espagnole en 1918.


Abonzagni ninas

 

ABonzagnicaricature2Ce peintre et illustrateur a été formé à l’Académie Brera à Milan. Il se lie d’amitié avec des artistes d’avant-garde comme Carlo Carrà, Umberto Boccioni et Luigi Russolo. Mais, bien qu’il ait signé le premier manifeste futuriste en 1910, il restera très indépendant.

Il fait œuvre de caricaturiste pour le journal socialiste « L’avanti ». puis lors d’un séjour à Buenos Aires en 1914, pour le journal « El Zorro ».

 

<--- Ici, on peut voir François-Joseph soutenu par Guillaume II

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Abonzagni barboni

ABonzagnitram.1141748470

 

En marge de son travail de peintre et de dessinateur de presse, il réalise des dessins érotiques qui circulent « sous le manteau ».


Le médecin face à une patiente fort dénudée relève encore de la caricature. D’autres œuvres qui sont certes des « atteintes aux bonnes mœurs », restent d'un érotisme assez classique, même si des jeux se pratiquent à trois. Mais il montre une certaine prédilection pour le sadisme. Actes de torture. Soldatesque déchaînée. Moines fouetteurs et surtout prélat repus contemplant une nonne fouettée au sang.De quoi faire frémir dans la très catholique IItalie que cet anticléricalisme affirmé.

Même quand un tableau nous présente de belles personnes échappées d’une œuvre libertine du XVIIIe siècle, aux robes relevées par des angelots paillards pour que des diablotins armés de godes les agressent joyeusement, le tableau suivant du même style nous montre une jeune fille fustigée calmant la chaleur de son dos et de ses fesses striées dans une fontaine, sous un jet d’eau, tandis qu’à l’arrière-plan sa compagne se fait fouetter à son tour.


Les cagots de l’époque ont considéré comme une punition divine sa mort prématurée en 1918.

Aroldo Bonzagni, dans son art clandestin, fait preuve d’une violence qui le démarque des dessins « fesseurs » illustrant une littérature dans laquelle un Mac Orlan, sous divers pseudonymes, a excellé.

 

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Aroldo Bonzagni

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 21:07

"Une" de Libé 07/10/2010

 

 

 

 

 

« La Ville s'autocensure à l'avance en disant “peut-être que des gens vont protester”. Si on commence à faire cela, on ne fait plus rien. Je suis scandalisé, c'est vraiment intérioriser la répression et la censure».

Vive discussion au Conseil municipal de Paris, car la ville a décidé d’interdire une exposition du photographe et cinéaste Larry Clark, aux moins de dix-huit ans.

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Principe de précaution rétorque l’adjoint à la culture parisien. Le « NOM » - nouvel ordre moral – est, en effet, en marche. Ainsi, la diffusion du Baiser de la Lune, film d’animation ayant pour but de prévenir l’homophobie, chez les élèves de fin de primaire, a été attaquée par des associations bretonnes, au prétexte qu’évoquer l’homosexualité serait inciter les enfants à devenir homosexuels ! Exemple extrême ?

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En octobre 2000, une exposition à Bordeaux, intitulée Présumés innocents, montrant la représentation de l’enfance à travers des œuvres contemporaines, saluée par la presse locale, avait fait aussi l’objet d’une plainte ; suite à des visites de classe, donc avec encadrement professoral et contexte pédagogique, une association de protection de l’enfance La mouette attaquait pour « diffusion d’images pornographiques » et « corruption de mineurs ». Dix ans après, l’affaire n’est pas close, car l’association déboutée a fait appel en cassation !

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Même le pauvre David Hamilton, avec ses nus éthérés de jeunes filles en fleur, dans des paysages provençaux, se voit accusé, chez les anglo-saxons pudibonds, de pornographie enfantine.

« Je me suis moi-même retrouvée à devoir interdire aux mineurs l'accès aux photos de David Hamilton (dans la Biennale de Lyon en 2007). Ces mêmes images, diffusées jusque-là en grand nombre dans les carteries et grandes surfaces, étant devenues proprement immontrables. Cette décision "curatoriale" relevait à la fois d'un acte d'autocensure mais aussi d'un geste critique qui consistait à montrer l'évolution dans cette dernière décennie d'une société amnésique et liberticide. » témoigne Stéphanie Moisdon, une des organisatrices de l’exposition bordelaise « Présumés innocents ».

Lewis Carroll – le pasteur Charles Dogson – serait poursuivi aujourd’hui pour création et détention d’images pédophiles.

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On peut donc comprendre que, n’en déplaise à Sylvain Garel, le Vert,  qui, en toute  solidarité, se paye Christophe Gérard, l’adjoint à la culture, de la majorité municipale parisienne dont il est censé faire partie, la prudence puisse paraître s’imposer à des élus qui n’ont pas envie de traîner dix ans de contentieux avec des cagots acharnés. D’autant que l’argument employé est que, comme se sont des ados représentés dans l’expo, ils devraient être le « public privilégié » des œuvres de L. Clark. A ce compte, les fillettes de dix ans devraient être le public privilégié de la photo de Brooke Shields, maquillée comme un camion d'occasion, posant nue pour Gary Goss.

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Car Larry Clark n’a absolument rien à voir avec David Hamilton et ses évanescentes beautés. Pour lui les photos de ces jeunes adolescents de Tulsa sont un peu l’évocation de sa jeunesse.

"Je suis né à Tulsa, Oklahoma en 1943. j'ai commencé à me shooter aux amphétamines à 16 ans. Je me suis shooté tous les jours, pendant trois ans, avec des copains, puis j'ai quitté la ville mais je suis revenu. Une fois que l'aiguille est rentrée, elle ne ressort plus."

Larry Clark, Tulsa, 1971.

Ses ados boivent, se piquent, baisent et flirtent avec le suicide. Dans un de ses films, Ken Park, il se concentre sur ses thèmes favoris, avec toujours les ados comme sujets  : suicide, masturbation, triangle, inceste…

 

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« Mais la liberté de déranger de l’artiste [doit être considérée] comme inaliénable. Il doit être la mauvaise conscience de son temps. Dans cette idée-là, le tabou de la représentation de la sexualité adolescente étant l’un des plus forts, certains artistes ont donc presque pour mission d’en parler. Passer à côté serait d’une certaine manière passer à côté de la représentation du temps. »

Quentin Girard.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’attitude de la mairie de Paris peut être jugée frileuse. Mais, c’est l’aggravation de lois qui ne visaient au départ que la pornographie, sinon pure, du moins dure, et non les œuvres d’art, qui, avec l’air sécuritaire et pudibond régnant, laisse place libre aux procédures des associations tartuffes.

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Larry Clark
Larry Clark
Larry Clark
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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 17:32
Tom Poulton : les dessins secrets d’un gentleman anglais

 

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Poulton, par certains côtés, pourrait faire penser à un Gandon. Thomas Leycester Poulton, 1897-1963, lui, ne donnait pas dans les timbres, mais a été un très respectable illustrateur de revues et livres médicaux, en particulier de chirurgie.

 

Mais contrairement au français qui, sous des pseudonymes divers, publiait ses licencieux dessins, en marge de ses « Marianes » timbresques, le britannique est mort sans avoir livré les secrets de sa double vie. Ses dessins érotiques ne furent découverts qu’après sa mort.

 

Cet artiste, qui vivait à Soho, le « Pigalle » londonien, avait comme amis Virginia Woolf, Dylan Thomas, Francis Bacon et D. H. Lawrence. Sa vocation pour les dessins érotiques lui serait venue de la découverte des temples de Khajuraho en Inde, dont des sculptures illustrent le Kama Soutra. Sa femme lui servit de modèle dans le secret de leur maison de campagne dans le Sussex, mais peut-être aussi des dames de Soho. Mais le très respectable illustrateur, qui travaillait aussi comme cartographe au Ministère de la Défense, a gardé tous ses dessins secrets, de peur du scandale s’ils avaient été saisis par la police.

Une partie d’entre eux a peut-être été détruite par les héritiers. Ce n’est qu’en 1990 qu’un collectionneur les fit enfin connaître au public.

"On ne sait pas si Tom Poulton était lui-même un libertin. Mais ce qui est certain c’est que cet Anglais né en 1897 avait une imagination assez fertile pour imaginer toutes les situations érotiques possibles. Dessinateur de talent, il vivait de son métier d’illustrateur. Un statut cependant peu stable qui l’a sans doute poussé à chercher d`autres sources de revenus. Dans l’Angleterre des années 50-60, la pornographie, qu’on distinguait peu de l’érotisme, était sévèrement réprimée. Dans certains milieux, cependant, circulaient sous le manteau, des romans pornos dactylographiés qu’on enveloppait dans des couvertures de livres tout à fait anodins. C’est ce style d’ouvrages que Poulton agrémentait de ses dessins. Lesquels, tout en étant d`une incontestable crudité, n’en sont pas moins d`une remarquable qualité esthétique (que rehausse parfois une teinte d`humour bien « British »). L`homme, ironie du sort, est mort en 1963, peu avant la « libération sexuelle ». Il a fini sa vie désargenté et, de fait, on ne connaît presque rien de lui. Son œuvre est réapparue en 1990, et l’ouvrage que lui consacrent […] les éditions TASCHEN exhume un petit trésor pour le grand public averti."

Le Matin, Lausanne

 

Les quelques images du montage vidéo donne une idée de cet œuvre qui va de la simple esquisse au dessin fini. Poulton semble avoir une certaine attirance pour la « cravate de notaire » (appelée aussi « branlette espagnole »). Dans le style « ciel, mon mari », le futur ou tout frais marié qui surprend la mariée se faisant besogner vaut le coup d’œil. Le couple bien pochtronné au fond du taxi est allègrement exhibitionniste. Bien que souvent d’une précision presque médicale, ces représentations d’une sexualité désinhibée restent fraîches et joyeuses.

 

Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image

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Le Monsieur qui entr'ouvre la porte et tombe sur une partouze, demande si quelqu'un peut lui passer son manteau gris clair accroché au fond de la salle...

Quant à l'autre, en pyjama, il interroge : "Qu'est ce qui se passe ici ?"

 

 

Tom Poulton : les dessins secrets d’un gentleman anglais

Message sur le mur :

Demande à ton petit ami de te lécher et de te sucer le con pendant que tu joues avec sa bite et ses couilles. Le mien me l'a fait la nuit dernière. Il m'a fourré son nez dedans pendant qu'il me léchait. Essaie ça,  j'ai joui cinq fois.

Tom Poulton : les dessins secrets d’un gentleman anglais
Tom Poulton : les dessins secrets d’un gentleman anglais
Tom Poulton : les dessins secrets d’un gentleman anglais
Tom Poulton : les dessins secrets d’un gentleman anglais
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Tom Poulton : les dessins secrets d’un gentleman anglais
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Pour compléter : un album de dessins de T. Poulton et l'incontournable honesterotica

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