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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 12:00
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache

« la roube li a souslevée

le vit li a el con bouté

Et li vilains abeuwetoit

a l’huis et vit tout en appert :

le cul sa femme descouvert

et le prestre si par desseure. »

 

Cet extrait d’un fabliau du XIIIe siècle qui donc, en termes des plus crus, nous conte la copulation d’un prêtre, démontre que la moquerie sur les curés et moines paillards ou les nonnes friponnes plonge loin ses racines ! Alan Pedroso s’inscrit dans cette longue tradition et qui n’est pas que française. Mais qui, aux Etats-Unis, se double d’une concurrence entre églises sur le supermarché de la foi.

Alan Pedroso : l’anti-calotte potache

Il serait anachronique de parler d’anticléricalisme à propos des fabliaux, de Villon, de Rabelais, de Boccace, etc. Des chansons paillardes qui moquent le curé de Camaret, le prêtre au boxon, les moines de St-Bernardin ou d’ailleurs. Des nombreuses illustrations de nonnes lubriques, sadiques aussi, de moines saoulards et paillards, de prélats dévergondés. Bref le vieux fond gaulois – au sens de gauloiseries bien sûr, pas au sens que lui donnent les débiles « de souche » - de railleries qui se gaussent de l’hypocrisie de tous ces religieux qui ne pratiquent pas les vertus qu’ils prêchent.

Cependant la littérature libertine, comme Le Rideau levé, HIC-et-HEC, Thérèse philosophe ou encore Dom Bougre, va au-delà de la simple satire des mœurs quelque peu dissolus du jésuite Jean-Baptiste Girard ou de l’abbé Duval des Fontaines, pédophile notoire.

Comme le notait Sade, à propos de Thérèse philosophe, ces ouvrages mêlent la luxure à l’impiété.

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Ces illustrations et libelles plus ou moins sous le manteau ne sont pas une exclusivité française.

Ainsi peut-on voir un peintre de la cour autrichienne comme Martin Van Meytens ne pas hésiter à nous peindre le délicieux verso d’une nonne sur son agenouilloir !

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La très catholique Espagne a eu ses moments de glorieuses satires, avec Los Borbones en pelota où le confesseur et une  bonne sœur participent joyeusement aux partouzes de la reine. Mais des petits livrets illustrés plus populaires connurent aussi une diffusion plus ou moins légale.

 

Le même genre de littérature populaire eut cours aux Etats-Unis, ciblant l’église catholique avec ses nonnes et ses prélats. Mais là, plutôt que de satires religieuses, il s’agit de concurrence religieuse : cette dénonciation des infamies des papistes vise à attirer les croyants vers d’autres chapelles, non à leur faire fuir toute religion.

Cartes postales espagnoles (début du XXe siècle)

Cartes postales espagnoles (début du XXe siècle)

La photo a évidemment exploité cette veine moqueuse. Les figurants de ces clichés ne sont pas toujours très convaincus de leur rôle ni très convaincant.

Des planches de cartes postales – qui ne devaient sans doute pas trop servir à cet usage – sont éditées sous le manteau en France, bien sûr, mais aussi en Espagne et ailleurs.

 

 

 

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« Je hais le bon goût. Tout créateur doit le proscrire comme la pire chose »

Helmut Newton.

C’est sous ce patronage que se place Alan Pedroso, photographe dont on sait peu de choses sinon qu’il opère à Miami.

 

Comme il n’est pas avare de formules, il nous assène que « Le but de l’art n’est pas de représenter l’aspect extérieur des choses, mais leur signification profonde ».  Il ajoute « Nous ne voyons pas les choses comme elles sont, nous voyons les choses comme nous sommes ».

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Dans sa production qu’on pourrait appeler profane, on trouve des nus féminins plus ou moins classiques, avec parfois une touche newtonienne. Mais il donne aussi dans les jeux sado-masos – fesses rougies, ficelage – voire dans le franchement gore, comme on dit.

Alan Pedroso : l’anti-calotte potacheAlan Pedroso : l’anti-calotte potache
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Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache

Il prétend être inspiré par les films des années 80 ou 90, mais ses œuvres font plus penser à des romans-photos hards qu’à des chefs d’œuvre du 7e art. Et dans l'art de suggérer un scénario, il est cent coudées en dessous de Marc Lagrange.

Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
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Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
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Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache

Il met en scène des pièces, que l’on n'ose dire de patronage, mais jouées avec un amateurisme naïf et souriant. Les fausses écolières, sévèrement châtiées par des nonnes perverses, ont largement passé l’âge d’aller en jupette à l’école des sœurs. Ces victimes ne montrent pas un effroi très convainquant quand, sadiquement, elles sont fessées ou suspendues menottées.

Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
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Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
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Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
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Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache

L’aumônier de ce pensionnat n’est pas en reste, quand il s’agit de faire rougir les fessiers, mais il conclut le châtiment par une sainte gâterie.

Roman-Photo fabriqué à partir des clichés de Pedroso qui s'y met en scène !
Roman-Photo fabriqué à partir des clichés de Pedroso qui s'y met en scène !

Roman-Photo fabriqué à partir des clichés de Pedroso qui s'y met en scène !

Comme il se doit les curés en goguette, portés sur la bouteille, s’adonnent à des activités peu catholiques, comme le strip-poker avec des nonnes. Et ils n’hésitent pas à se livrer à des turpitudes que la morale réprouve avec nos pensionnaires montées en graine ou pire encore avec les bonnes sœurs elles-mêmes.

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Pedroso encore en scène

Pedroso encore en scène

Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
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Alan Pedroso : l’anti-calotte potacheAlan Pedroso : l’anti-calotte potache

On est loin* de la transgression d’un Montoya, certes. Alan Pedroso ne marquera sans doute pas la photographie par la puissance de son art. Ses scénettes sont cependant, dans le jeu approximatif mais joyeux de ses figurants,  des plus plaisantes.

 

De mon point de vue … et si vous ne le partagez pas …

 

 

 

Alan Pedroso : l’anti-calotte potache

* Mais plus près sans doute, comme le suggère PL (voir le commentaire) d'Harakiri mensuel

En ANNEXE

 La présentation du "Couvent de la bête sacrée" sur Arte et la bande-annonce du film

 

Genre : bijou blasphématoire.

D'abord la mise en garde de rigueur : ce film japonais est un fleuron d'un sous-genre, le « nuns sexploitation movie », ou film érotique qui s'attache à faire subir le pire et le « meilleur » à des nonnes. Et, dans ce couvent très spécial, on ne recule devant aucun outrage : objets de culte détournés, viols de couventines, tortures en tout genre (avec un goût prononcé pour la flagellation) et saphisme, évidemment. Si la divine Hayumi prend le voile et débarque dans cet enfer, c'est pour dévoiler les causes du décès de sa mère, nonne au même endroit, dix-huit ans auparavant.

Cet objet de cinéma est fascinant, avec son scénario pas permis et ses plans à l'esthétique stupéfiante. Le réalisateur décadre les visages pervers ou suppliciés et joue des trois couleurs dominantes, blanc et noir de l'habit des soeurs, et rouge sang. La scène où l'héroïne est fouettée avec des bouquets de roses est d'une beauté renversante. Ultime surprise : dans ce Couvent sommeille une vraie réflexion sur l'existence de Dieu (où était-il durant Nagasaki ?). Un film troublant à bien des égards. — Guillemette Odicino

Télérama

 

Présentation

Bande annonce

Le film

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 17:03
HARAKIRI

A quelque chose malheur est bon : au moment du désastreux changement de format d’overblog j'avais cru qu'une page entière (http://deblog-notes.over-blog.com/pages/HARAKIRI_journal_bete_et_mechant-179081.html ) avait disparu du deblog-notes... Donc j'avais refait un article consacré au mensuel.

Et bien NON, la page n'avait pas disparu mais overblog avait inventé des adresses de "pages" qui se sont substituées aux vraies rendant les liens inopérants : la page HARAKIRI, journal bête et méchant est toujours là.

Mais peu de doublons entre les deux versions.

 

Rien d’original – et on trouvera sur le net de nombreux sites beaucoup plus exhaustifs sur le mensuel – mais avec un gif animé qui faisait défiler quelques images de la grande veine anti-calottine.

Les images mettent quelques secondes à défiler.

Les images mettent quelques secondes à défiler.

En y regardant de plus près, on voit combien Harakiri était en avance sur son temps, en témoignent cette réconciliation entre étudiant et CRS en 1968, ce baiser de lesbiennes et surtout ce mariage homo.

HARAKIRI
HARAKIRI
HARAKIRI

Mais il défendait aussi des valeurs chères aux prélats, comme le mariage d’un monsieur avec une dame et la fécondation in vivo et non in vitro !

HARAKIRI
HARAKIRI
HARAKIRI
HARAKIRI

Les problèmes de société posés par « Laissez-les vivre » ne lui étaient pas non plus étrangers. Ainsi que le danger de la pédophilie qui sévit d’abord au sein de la famille.

HARAKIRI
HARAKIRI
HARAKIRI

Méfaits de la victoire des socialistes, climat social et problème du chômage étaient déjà abordés. Ainsi que la dure condition des balayeurs d’origine immigrée et la grave question du racisme !

HARAKIRI
HARAKIRI
HARAKIRI
HARAKIRI
HARAKIRI

Et en cette période de vacances pensez à ceux qui restent ou qui sont déjà rentrés.

HARAKIRI
HARAKIRI

Et qu'est-ce qu'on dit ?

M

ERCI HARAKIRI

 

 

 

En complément :

Rencontres Photographiques d'Arles 2016

 

HARA KIRI PHOTO

En 1983, l'équipe d'Harakiri a testé le concorde (photo Chenz)

 

Vingt-cinq ans d’une histoire orgiaque et chaotique : de 1960 à 1985, "Hara Kiri", journal « bête et méchant » a attaqué la société française à la grenade de l’humour, de la provocation et du détournement. Pourtant, si Hara Kiri a révélé trois générations de dessinateurs, on occulte trop souvent la place remarquable de la photographie dans son succès et sa postérité. De cette épopée bruyante et grandiose, nous avons retrouvé de nombreux intervenants : les photographes encore vivants, celles et ceux qui ont posé devant l’objectif, des photos originales retouchées (à la gouache puis à l’aérographe), des tirages pour la photogravure, des cartes postales et objets promotionnels... Au-delà du « bête et méchant » un peu réducteur, de la scatologie, de la brutalité graphique et de la dérision totale, ces images, sorties de leur environnement éditorial, évoquent un surréalisme quotidien, une poésie saugrenue proche de la performance, dans une société française en pleine mutation.

 

 

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