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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 22:33

Ballivet_Topaze-9.JPGSuzanne Ballivet a quelque problème avec la postérité. Certains ont nié son existence, en faisant un avatar d’une autre dessinatrice et peintre, Mariette Lydis. Elle a pourtant existé la fille d’un photographe Montpelliérain, Jules Ballivet, née en 1904. Mais pour beaucoup, elle n’est connue que comme la deuxième épouse d’Albert Dubout.

 

Singulière promotion que celle de 1922 à l’école des Beaux-Arts de Montpellier. Dans son atelier, on trouve Renée Altier, Gabriel Couderc, Camille Decossy, Georges Dezeuze, Germaine Richier et Albert Dubout. En 1925, elle épouse Camille Decossy. Renée Altier sera la première épouse de Dubout.

 

Ballivet-roi-Pausole-3-copie-1.JPGElle fait du dessin de mode et expose à l’expo coloniale, à Paris. Puis redescend à Montpellier où elle fait des décors de théâtre et du dessin anatomique. En 1941, elle divorce. Déjà elle collabore avec Albert Dubout : dessins d’humour, puis création de dessins animés, à Paris, puis à Nice. Mais elle ne l’épousera qu’en 1968.

 

En 1943, elle illustre son premier ouvrage: Les chansons de Bilitis de Pierre Louÿs. En 1945, Les Aventures du Roi Pausole, du même. En 1946, retour à Paris où elle réalise de nombreuses illustrations.  « Daphnis et Chloé » de Longus (1946); « Thaïs » (1948) d'Anatole France ; « Faisons un rêve » (1952) de Sacha Guitry; « L'ingénue libertine » (1947), « Claudine à l'école » (1950) de Colette; « Monsieur Nicolas ou le coeur humain dévoilé » (1956 - 1957) de Restif de la Bretonne; des oeuvres de Marcel Pagnol... A partir de la fin des années 40, collaboration avec les plus grands humoristes français : Ben, Peynet, Bellus, Dubout bien sûr… à la revue "Le Rire" et à la revue Fourire... Outre les ouvrages de Pierre Louÿs, elle illustre aussi des ouvrages érotiques, certains anonymes, comme « Initiation amoureuse » titré aussi « Prélude charnel », d’autres comme Gamiani attribué à Musset.

 

Le-rire-Ballivet-1.JPG Avec Albert Dubout, elle va partager sa vie entre Mézy-sur-Seine et la maison familiale de Saint-Aunès proche de Palavas-les-flots dont le petit train inspirera son époux. Albert Dubout décède en 1976. Atteinte de rhumatisme articulaire, elle cesse de dessiner et de peindre. Elle meurt en 1985, à Saint-Aunès.

 

Mes fouilles curieuses – sans doute pas assez poussées – sont restées impuissantes à découvrir un autoportrait ou un portrait, ou une quelconque photo où elle pourrait apparaître. A-t-elle inspiré les dessins de son deuxième époux ?

 

Le-Rire-Dubout-1.JPG Parmi les nombreuses illustrations d’ouvrages, celles de Gamiani sont sans doute les plus osées, il est vrai que l’ouvrage attribué à Alfred de Musset s’y prête. Mais elle illustra aussi Sacher-Masoch, après les saphiques « Chansons de Bilitis » ou les gaillardes aventures du roi Pausole… et, plus sagement, comme Dubout d'ailleurs, les oeuvres de Pagnol. Bien avant Paula Meadows, avec plus de talent de mon point de vue, elle fut une pionnière de l’illustration érotique.

 

Ballivet03.jpg

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En fond sonore Debussy "Les chansons de Bilitis" puis Sydney Bechet "Petite fleur"

 

Gamiani01.jpg

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En fond sonore Enigma "Mea culpa"

 

En "bonus" un Billar español que le site semble attribuer - faussement à mon sens - à Suzanne Baillivet

Billar_12Capellan.jpg

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commentaires

Pierre-Marie Bourdaud 16/02/2012

Je possède les "Pagnol" illustrés par Ballivet et Dubout chez pastorelly. Certes ils sont sages, mais pas sans talent.

Pour Dubout, par exemple, il est émouvant de voir comment, lui qu'on croit abonné aux mégères gargantuesques et verruqueuses, peut dessiner le mère du petit Marcel avec une élégance rare...
(La Gloire de mon père et Le Château de ma mère, p 17)

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