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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 07:37
Ruffin la Haine et sophismes ninistes

Quand on lit ça – « Vous êtes haï, monsieur Macron » - on hésite sur le qualificatif entre grotesque et ignoble. Ruffin n’est plus. Il hait !* Macron n’est même pas élu qu’il vomit cette haine délirante. Mais il n’est que la caricature extrême d’un discours de ninistes qui expliquent que la politique ultralibérale que mènera Macron ne peut qu’aboutir dans cinq ans à la victoire du FHaine.

Monsieur Ruffin, je lis dans Le Monde votre « Lettre ouverte à un futur président » (édition du 5 mai), et, à mesure que j’avance dans sa lecture, la haine qui en transpire, rythmée par un refrain on ne peut plus explicite (« Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï »), antienne que, pour ne pas vous-même l’incarner, vous prêtez à ce « peuple » qui parlerait à travers vous, oui, à mesure que j’en mesure la noirceur, cette haine qui vous habite me donne la nausée.

Serait-ce qu’entre vous, monsieur Ruffin, et Marine Le Pen, la différence morale ­serait infime ? Que vous seriez, comme elle, un vecteur de vulgarité, de haine et de violence ? "

Jean-Pierre Le Dantec

A lire ces délires, on se prendrait à croire que nous sortons de cinq années de plomb, comme on disait au Maroc, du temps d’Hassan II.

Le pauvre Valls est devenu l’objet d’abjection. Le 49.3 est la marque d’un régime dictatorial. La loi dite El Khomri  nous ramène au XIXe siècle pour le droit du travail.

Inutile d’arguer que le 49/3 n’est pas cette arme diabolique qu’on prétend qu’elle est, ni que, dans la loi Travail, il y a des avancées notables. Et que la seule organisation syndicale qui ne l’a pas vouée aux gémonies ne s’en tire pas si mal au point de vue représentativité. Nos BOGÔs, détenteurs autoproclamés de la vraie gôche, savent mieux que ces salariés aliénés qui ont amenés la CFDT à la 1ère place du privé, qu’elle est leur bien !

Ruffin la Haine et sophismes ninistes

Et si le FN monte, c’est de la faute à qui et à quoi ? à Valls et Hollande et à leur politique ultralibérale bien sûr qui jette les classes populaires dans les bras de Marine.  Outre qu’on se demande pourquoi ça ne les jette pas plus vers les insoumis de Mélenchon et leur dégagisme poujadiste, on notera que cette mécanique fatale – libéralisme donne extrème-droite xénophobe – joue beaucoup moins dans des pays à la politique libérale plus affichée.

Certes l’UKIP a fait une percée, mais timide et fragile, au Royaume-Uni, et sur une base anti-européenne ; certes Pegida et l’AfD en Allemagne ont un peu prospéré mais sur une base xénophobe et surtout musulmanophobe ; l’Espagne à l’austérité économique bien plus marquée a vu naître un mouvement d’extrême-gauche puissant, Podemos, mais pas d’extrême-droite…  Et ni l’UKIP, ni l’AfD, ni aucun de leurs cousins européens ne remettent en cause une économie libérale bien plus ancrée que chez nous. Le moteur de leur croissance relative est l’anti-Europe et la xénophobie. Et, pour le FN aussi, l’attraction qu’il exerce repose d’abord et avant tout sur ce prurit nationaliste et sur la haine de l’autre, de l’étranger (voire du gauchiasse, des merdiacrates, etc.).

Le lien de causalité mécaniste avec une prétendue politique hyper libérale relève du fantasme idéologique.

Ruffin la Haine et sophismes ninistes

Anne-Sophie Jacques - chroniqueuse d'Arrêt sur images - semble ici atteinte d'une variante du syndrome de La Tourette. Il est vrai qu'elle ne fait que reprendre servilement le propos de Ruffin !

Et quant à prétendre que Macron va se lancer dans cette politique hyper libérale, c’est un mensonge.

Certes, sous prétexte de déverrouiller une économie bloquée, il propose un catalogue de mesures touchant au code du travail, à la défiscalisation des heures sup, etc. ; il semble vouloir réduire le rôle des syndicats ; au pire, une politique à la Schröder. Mais on est loin du libéralisme débridé et agressif des années Thatcher et Reagan.

C’est aussi faire comme si le possible futur président n’aurait pas à composer avec un parlement pas obligatoirement tout-à-fait acquis à sa cause et un mouvement syndical qui ne va pas se laisser dépouiller d’un rôle de partenaire social au niveau national.

Autrement dit, les péremptoires prophètes à cinq ans, qui préfèreraient le FHaine aujourd’hui, fabriquent une fausse causalité – quand ce n’est pas, comme les imposteurs Todd et Onfray notamment, une équivalence extrême-droite=centrisme libéral – feignent d’oublier que les motivations des citoyens ne sont pas déclenchées mécaniquement, qu’on ne peut faire de prophéties alors que personne, pour le moment, ne peut prévoir à un peu plus d’un mois le résultat de législatives et que ce qui peut se passer dans un quinquennat est très largement aléatoire.  

 

 

* Formule empruntée à Nicolas Domenach (qui, lui, visait Onfray).

PS1 Nos ninistes ‘insoumis’ – qui feraient quand même bien de se méfier pour les législatives car, à piétiner la discipline républicaine, ils risquent d’être aussi victimes du ninisme – ne maudissent guère les idées mortifères de la dame Le Pen ! Non ils se disent harcelés par les donneurs de leçons qui jouent les directeurs de conscience. C’est-à-dire ceux qui osent essayer de convaincre les électeurs – eux comme les autres - que Le Pen et Macron, ce n’est pas vraiment la même chose. Essayer, comme Ruffin (suivi d’ailleurs par un Eric Brunet, journaliste de droite extrême) de nous faire croire que Macron, ce Bayrou rajeuni, ce centriste, est une menace quasi totalitaire qui ne mérite que haine est une infamie qui, en revanche, ne les fait pas frémir, les gazelles effarouchées par notre harcèlement.  

PS2 "Un président de la République qui a démontré, lorsqu'il participait au gouvernement « socialiste », sa capacité à s'attaquer à tous les conquis sociaux pour lesquels nos parents et grand-parents s'étaient battus" : à peine élu, le nouveau président est voué aux gémonies par un blogueur insoumis ! Eh oui ! rendez-vous compte, les 'conquis' sociaux de nos parents et grands parents ont été attaqués par l'ex-ministre de l'économie. Autrement dit et en résumant : les conquêtes de 36, celles de la Libération, puis de 1981 enfin de 2000 ont été attaquées ! Exemple caricatural mais qui illustre bien la spirale délirante et haineuse à la Ruffin qui aspirent nos BOGÔs dans leur constante surenchère verbale.

 

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 13:55

Quelques images de 1975 et 1976 : du temps de l’UNITÉ D’ACTION CGT-CFDT !

Entre Kaspar et Thibault Jeannette LAOT que l'on retrouve sur tous les clichés qui suivent

Entre Kaspar et Thibault Jeannette LAOT que l'on retrouve sur tous les clichés qui suivent

Georges Séguy
13 Mai 1976
13 Mai 1976
13 Mai 1976
13 Mai 1976
13 Mai 1976
13 Mai 1976
13 Mai 1976
13 Mai 1976
13 Mai 1976

13 Mai 1976

Hiver 1976 Manif Fonction Publique
Hiver 1976 Manif Fonction Publique

Hiver 1976 Manif Fonction Publique

Photo 2013

14 août 2016

 

Hospitalisé depuis quelques jours, l’ancien responsable syndical, Georges Séguy, s’est éteint à l’âge de 89 ans, hier à Montargis.

Pendant la guerre, apprenti typographe, c’est l’exécution par les nazis du syndicaliste et ami de son père, Pierre Semard, qui détermine son entrée dans la Résistance en 1942, à 15 ans. Responsable d’un groupe des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF), il est arrêté sur dénonciation en 1944 et déporté au camp de Mauthausen en Autriche où il survivra plus d’un an. Cette expérience fondera son engagement d’après guerre.

Entré à la SNCF en 1946, il deviendra Secrétaire de la Fédération CGT des cheminots et intègrera le Comité central puis le Bureau politique du Parti communiste français en 1956, auquel il siègera jusqu’en 1982. Elu Secrétaire général de la CGT à 40 ans, il jouera un rôle important dans la mobilisation syndicale de Mai 1968 et participera aux accords de Grenelle. Prenant sa retraite, il quittera la direction nationale de ce qui était encore alors le premier syndicat de salariés de France en 1982, après 15 ans à sa tête.

 

Extrait du communiqué du PS

 

 

Georges Séguy, ancien secrétaire général de la CGT, est mort Le Monde

 

Georges Séguy : une vie de combat pour le progrès social L'Humanité

 

Leader historique de la CGT, Georges Séguy est mort L'OBS

Georges Séguy
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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 17:53
Autocritique

L’aveu est difficile, mais, je le confesse, non content d’être un affreux cédétiste de longue date, je suis un social-traître itou. Et je sens qu’il va bientôt être temps soit de faire mon auto-critique soit de rentrer dans la clandestinité.

Membre d’une CFDT dont j’ai connu la déconfessionnalisation en 1964, j’ai cependant entendu un Thibaut Nolte (Bang-Bang ARTE), à propos de Laurent Berger, la qualifier de syndicat catho ! Un Toddiste sans doute : Todd, le géomancien, à partir d’études anthropo-démographiques attribue à des populations entières des tares ou des vertus ataviques et immuables, cathos zombies d’un côté, laïco-républicains de l’autre. « Grâce à dieu, je suis athée », comme disait malicieusement Luis Buñuel. Malgré cela, natif de l’Ouest – même si mes deux grand-pères venaient de Brie, terre laïco-républicaine (les deux grand-mères des Vosges : où Todd situe-t-il la fameuse ligne bleue ?) – catho zombie donc, j’appartiendrais à un syndicat catho !

Edmond Maire (CFDT) et Georges Séguy (CGT) à la tête d'une manuf en 1975

Edmond Maire (CFDT) et Georges Séguy (CGT) à la tête d'une manuf en 1975

13 Mai 1976 :Georges Séguy a coiffé une casquette tandis qu'Edmond Maire prend la saucée

13 Mai 1976 :Georges Séguy a coiffé une casquette tandis qu'Edmond Maire prend la saucée

1976 Manif Fonction Publique

1976 Manif Fonction Publique

Et bien que cette confédération ait connu des heures glorieuses, j’en montre les preuves photographiques, d’unité d’action avec la CGT, il est taxé de « courroie de transmission »* par un brave garçon – mélenchonniste fanatisé – qui doit ignorer que cette aimable appellation visait la CGTU 1921-1936 (voire la CGT d’après 1948) aux ordres du PCF.

Or donc ce syndicat jaune, traître à la classe ouvrière, bien sûr, a subi l’assaut d’une jeune garde nourrie au doux lait de la prose des Ruffin, Lordon et consorts, chers à Aude Lancelin, victime emblématique du régime hollandiste totalitaire (car virée de L’Obs), a attaqué les locaux de la CFDT et a fait subir à sa façade le même sort que celle de l’Hôpital Necker... en pire (ou en mieux, de leur point de vue), agrémenté d’une infâmante inscription.

Autocritique

La CGT, après réflexion, s’est fendue d’un communiqué compatissant.

Mais revenons aux aveux !

Non content donc d’être Cédétiste, j’ai adhéré au PS en 1973 ! Pour comble d’ignominie je me suis rallié à Rocard, quand il m’y a suivi (!), en 1974. Membre de son courant, j’en fus un des représentants dans une commission nationale éducation du PS. Puis, j’ai collaboré avec un député de la vague rose de 1981.

Depuis 1981, j’en ai connu des déçus du socialisme. Se sont-ils le temps d’une cohabitation réjouis du chiraquisme, puis du balladurisme ?  Et ces éternels déçus, ces champions de la division, ces ex-CERES suivant Chevènement, ont-ils été satisfaits de l’échec de Jospin ?

Connu aussi les outrances verbales – et parfois physiques – de l’extrême-gauche, à commencer par le PCF du temps où l’union était un combat ! Mais, même au plus fort des divergences, subsistait ce qui était nommé la discipline républicaine : au 2e tour, voter pour le candidat de gauche le mieux placé, sauf vote dit révolutionnaire, qui a heureusement échoué, mais qui est repris et systématisé par Mélenchon.

Discours d’ancien combattant de l’union de la gauche, de la gauche plurielle. Car ce temps est bien fini : pour Mélenchon l’ennemi, ce n’est ni Sarkozy, ni Juppé, et encore moins la Le Pen, c’est Hollande et Valls. Aucune outrance n’est épargnée : il faut mettre fin au coup d’état permanent et demander la restauration de la démocratie parlementaire. Et pas un socialo n’échappe à leur vindicte, même pas les frondeurs : vous savez ceux qui balancent des marshmallows avec leur fronde, histoire de ne pas blesser leurs camarades à qui ils reprochent de ne pas voter avec la droite pour faire tomber le gouvernement macrono-vallsiste !

Et comme il se doit, les permanences des élus PS, les locaux PS sont vandalisés. Et du coup pas que par des hordes encagoulées. La permanence du député Christophe Borgel à Toulouse a été muré par la CGT, puis celle de sa collègue Catherine Lemorton envahie, son personnel enfermé et ses documents pillés ! Même méthode, entrée murée, contre Sylvia Pinel à Castelsarrasin, Alain Ballay à Tulle, Jean-marc Fournel à Longwy…

 

Les locaux PS sont vandalisés : ainsi au Havre où plusieurs manifestants ont cassé la porte pour envahir l’intérieur des locaux du parti socialiste.

pas d’ambiguïté possible : c’est la CGT ! La CGT qui s’en prend donc à un parti politique, à des élus de la nation. CGT qui écrit, dans son communiqué faussement compatissant sur la CFDT : Il faut convaincre par ses idées et non contraindre par la violence !”* Ben voyons !

CGT d’ailleurs fort indulgente avec les casseurs, en témoigne cette anecdote bordelaise racontée fièrement par mon mélenchonniste préféré : deux jeunes venaient d’être exfiltrés du cortège par des flics en civil parce qu’ils venaient de faire quelques taches de peinture (sic) sur la devanture de la Société générale [les manifestants sont revenus sur leurs pas et ne sont] repartis que lorsque les deux ont été relâchés. Ce qui veut dire que venir à une manif avec des bombes de peinture et dégrader des agences bancaires c’est normal et bénin pour ces manifestants.

Il fut un temps où c’eût été le SO de la CGT qui aurait exfiltré les deux jeunes imbéciles !

Et CGT qui n’hésite pas à agresser allègrement les forces de l’ordre (dans la séquence où l’on voit une poignée de CRS acculés entre deux cars par des CGTistes déchaînés, Martinez aura peine à plaider qu’il s’agissait de légitime défense, c’était plutôt de l’illégitime défonce).

Mais je sens bien que je m’égare, que je retombe, malgré mon désir affiché d’aller à résipiscence, dans mes travers de social-traître. Que ne comprends-je que la CGT d’une part, Mélenchon de l’autre, détiennent les clés de la Vérité et indiquent aux égarés « C’est ici le chemin ». Long chemin qui passe justement par l’éradication du PS et de la CFDT, dut-on s’offrir un demi-siècle de droite** Sarkozo-Wauquieziste voire Ménardo-Le Peniste.

Le salut de la GAUCHE, la VRAIE, est à ce prix !

 

 

* "ce que nous percevons comme un double langage n’est, en réalité, qu’une forme de cohérence : la CGT, en tant que syndicat de type léniniste (ce qui est légitime) est, depuis longtemps la courroie de transmission d’un parti. Le problème est que, sans plus aucun moteur au bout, la courroie devient folle... Notre étonnement est étonnant : ne serait-il que la marque de notre difficulté à nous mettre à la place des autres ? De notre coeur, abandonnons la naïveté et ne gardons que la poésie". Reçu d'un correspondant

 

** Mais là, c'est sûr, je serai entré dans l'éternelle clandestinité...

Autocritique
Autocritique

En complément du commentaire du "retraité quidam parmi les qui dam" (voir ci-dessous) ces  photos du saccage (paraît-il plusieurs fois) de la permanence de Laurent Grandguillaume, député PS dijonnais.

 

"Il faut convaincre par ses idées et non contraindre par la violence !" écrivait la CGT dans le communiqué de 'soutien' à la CFDT...

CGT dont le siège aurait subi l'assaut de deux encagoulés dans la nuit du 24 au 25 juin 2016

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 19:07
Vote FHaine : Mailly FO disjoncte

Jean-Claude Mailly ose accuser Laurent Berger d'être "complice" de la montée du FN. En effet, le secrétaire général de la CFDT ne dénoncerait pas assez l’austérité. Ce qui le rendrait, "de facto, complice" de la montée du Front national.

 

  Dans une interview aux Echos (15/03/15), le secrétaire général de la CFDT avait mis en garde contre le "misérabilisme" qui "nourrit" le FN. Il avait estimé qu'"il y a de la rigueur, des gens en bavent, mais il n'y a pas d'austérité en France (…) La France n’est pas l’Espagne, le Portugal ou la Grèce."

"A ne pas qualifier d'austère la politique économique menée, à se couler dans le moule du conformisme économique libéral, à jouer les appoints des dirigeants, on est de facto complice de la montée des mouvements de rejet de l'autre", ose écrire Mailly (L’Express).

 

Or d’après un sondage IFOP*, du 25 mai 2014, pour L’Humanité, portant sur le vote aux européennes, ce sont les sympathisants de FO qui ont le plus voté FN et ceux de la CFDT qui ont été les moins sensibles aux sirènes marinistes !

 

L'extrême droite a recueilli 33 % chez les salariés proches de FO, 29% chez les sympathisants d'un autre syndicat (CFTC, CFE-CGC ou UNSA), 22 % chez ceux de la CGT, et —plus surprenant encore — 27 % chez les sympathisants de Solidaires, syndicat plutôt proche de l'extrême gauche et du Front de gauche.

C'est la CFDT qui résiste le mieux à la vague FN — ses sympathisants ayant voté à 17 % pour les listes de Marine Le Pen — et c'est aussi celle où on s'est le moins abstenu (45 %). Les proches de FO ont boudé les urnes à 61%.

 

Alors cherchez qui est complice de la montée du FHaine ? Une CFDT à la recherche du meilleur compromis possible car c’est le rôle d’un syndicat ? Ou une FO aux déclarations d’autant plus fracassantes que son action est impuissante ?

 

* Sondage réalisé en ligne le 25 mai 2014 auprès d'un échantillon de 3.373 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d'un échantillon de 3.546 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

 

Pour compléter : un argumentaire anti-FN téléchargeable  http://www.cfdt.fr/portail/nos-argumentaires/vrai-faux-les-mensonges-du-front-national-prod_197112

Vote FHaine : Mailly FO disjoncte

Sondage IFOP : abstentions

Vote FHaine : Mailly FO disjoncte

Sondage IFOP : répartition des votes

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 18:02
 Au mois de mai, une affiche de la « Manif pour tous », représentait déjà Christiane Taubira en gorille menaçant.

Au mois de mai, une affiche de la « Manif pour tous », représentait déjà Christiane Taubira en gorille menaçant.

Paris, le 19 novembre 2013

 

 

« MARCHONS CONTRE LE RACISME »

Le 30 novembre 2013 à Paris, en France et dans les Dom Com

 

 

Un climat nauséabond s'installe dans notre pays. Le garde des Sceaux, Ministre de la Justice, Christiane Taubira, a subi ces dernières semaines des attaques racistes venues de temps obscurs que l’on croyait révolus. Les déclarations racistes d’une candidate du Front national, les invectives d’enfants, téléguidés par leurs parents, traitant la ministre de la Justice de «guenon », sont une souillure pour la République.

 

Ces propos attaquent frontalement des millions d’êtres humains originaires d’Afrique, des Caraïbes, des Amériques, de l’Océan indien, citoyens français ou non et dont les aïeux ont été jadis martyrisés du fait de leur couleur de peau. Ils constituent une atteinte violente contre toutes et tous car ils visent au cœur le pacte républicain.

 

Nous condamnons solennellement cette dérive raciste, de même que les actes et propos qui en ont permis la maturation. Nous n’admettons pas que des millions de personnes soient déniées dans leur humanité et leur citoyenneté, que ce soit en raison de leurs origines, de leur situation sociale, de leur culture, de leur religion... Nous ne supportons pas que des boucs émissaires soient désignés comme les responsables de nos maux et comme des menaces sur notre avenir.

 

Alors que la France doit affronter les énormes défis liés à la dégradation économique, au chômage et aux inégalités, face à ceux et à celles qui veulent aviver les souffrances sociales, les peurs et les colères, nous nous dressons pour affirmer avec force : la République n’a d’avenir qu'égale, solidaire et fraternelle.

 

C’est pourquoi nous appelons toutes celles et ceux qui ont à cœur les valeurs de l’humanité, toutes celles et ceux qui veulent opposer l’égalité et la fraternité aux visages hideux du racisme à participer à une marche le 30 novembre 2013, à Paris, dont le rendez-vous est donné à 14 h 30, place de la République, ainsi que partout en France métropolitaine et dans les Dom Com.

 

Signataires :

Collectifdom - CM 98

Ligue des droits de l’Homme - Licra  - Mrap - SOS Racisme

CFDT - CFTC - CGT - FSU  - UNSA - Union syndicale Solidaires
UEJF (Union des étudiants Juifs de France) - FIDL - UNEF - UNL - UFAT (Union Française des associations Tziganes) - R=(Respect) - EGAM - FNASAT - Banlieues du Monde - France Terre d'asile - Ni Pute Ni soumise - Collectif des écrivains nègres - Association ultramarine de France - Les amis du PPM en France - Haut Conseil des Maliens de France  - Association pour la Promotion de la Langue et de la culture Soninké (APS) - Association culturelle de musulmans de Drancy - Conseil de Coordination des organisations arméniennes - La Maison des potes - Mémorial 98 - Le Syndicat des Avocats de France (SAF) - Le Syndicat de la Magistrature - Les Marianne de la diversité - RESF - Fédération des Mutuelles de France - Mouvement pour la paix  - Fondation Copernic - SNES - FCPE - CIMADE - SNEP - SNUEP - DAL (Droit au logement) - Ligue de l'enseignement

Angers

Angers

INDICATIONS PRATIQUES (source CFDT)

 

  1. Il s’agit d’une manifestation avec visibilité pour chaque organisation (banderoles, sono, drapeaux, autocollants, etc…). Une banderole unitaire de tête sera évidemment prévue.
  2. La manifestation est à l’initiative de la société civile (associations et syndicats). Les partis et groupes politiques sont invités à se mobiliser mais ne sont en aucun cas organisateurs, ni initiateurs.
  3. Ordre prévu dans la manifestation parisienne : Organisations Dom Com initiatrices (Collectifdom et CM98), associations, syndicats… Les partis et groupes politiques suivent et ne sont pas invités dans le "carré de tête".
  4. Prises de parole à l’issue de la manifestation : seules les organisations initiatrices et les associations nationales de défense des droits de l’homme ou antiracistes prendront la parole sur la base de l’appel commun.

 

 

 

 

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 16:19

"J'attend ton prochain blog sur la manif de Quimper!" Mis au défi par Mireille D. j'ai lâchement profité d'une contribution littéraire de mon camarade sguénard et néanmoins bourguignon GG pour le solliciter sur ce thème.

 

05/11/2013 : En complément de cet article de GG, à lire absolument, un excellent article de "Bakchich" : BONNETS ROUGES OU CHAPEAUX RONDS ?

Bretagne : populisme, confusion et manipulations

Je t’avoue que la Bretagne est loin de la Bourgogne : Rennes est à six-cent kilomètres et six heures de route, Brest ou Quimper à huit-cent soixante et huit heures de route. Nos Capétiens et nos Valois s’y sont pris de manière bien différente pour dévorer le duché pauvre et le duché riche.

 

Ce que je sais

  • - depuis un demi-siècle, la Bretagne a largement bénéficié de la solidarité nationale (et européenne)
  • - l’image de la Bretagne, dans l’esprit des français n’est pas que celle d’un pays de vacances, mais aussi d’une industrie agroalimentaire on ne peut plus polluante (algues vertes, élevages industriels de porcs et de volailles) et d’agriculteurs violents (destruction du parlement de Rennes – joyau historique - en 1994 au cours d’une précédente manif…)*
  • - d’autres régions ont beaucoup souffert de la désindustrialisation et de la rapacité de la finance depuis trente ans : la Lorraine (Longwy), le sud de la Bourgogne (Schneider, Le Creusot), le Nord-Pas-de-Calais (Charbonnages de France, Boussac…), les Cévennes (Charbonnages…), la Franche-Comté (Alsthom, Peugeot…) ; en gros, mises à part l’Ile-de-France, Rhône-Alpes, l’Alsace et quelque peu Midi-Pyrénées, la France entière souffre.
  • - Mais la Bretagne, c’est aussi la victime du Torrey-Canyon en 1967, de l’Amoco-Cadiz en 1978, l’Erika en 1999…, c’est aussi une région qui, contrairement à la Corse, a su ne pas sombrer d’un nationalisme quelque peu romantique à une situation maffieuse.

 

On a donc le sentiment que cette région, très soutenue par l’Etat (c'est-à-dire la solidarité nationale) et l’Europe, supporte mal de se découvrir dans la situation commune.

 

* En l'occurrence, il s'agissait de marins-pêcheurs.

Bretagne : populisme, confusion et manipulations
Bretagne : populisme, confusion et manipulations

« L’Eco-taxe »

On a du mal à comprendre pourquoi cette taxe, qui, je suppose, devrait s’appliquer partout, et qui est déjà payée par les particuliers lors de l’achat d’un véhicule, provoque de telles réactions pour son application aux poids lourds (l'écotaxe poids-lourds (0,125 €/km, sans doute 0,12 à 0,15 €/km selon les modulations) exclusivement en Bretagne. Il y a peut-être des raisons spécifiques à cette région, mais je ne les connais pas et n’ai, pour le moment, rien trouvé. En tout cas, l’image de région pollueuse ne va pas s’améliorer dans l’esprit des français. En fait, ce que nous appelons « l’écotaxe » n’est pas essentiellement une taxe écologique ? Voici ce qu’en dit Wikipédia :

« La taxe poids lourds, officiellement « taxe nationale sur les véhicules de transport de marchandise », parfois appelée écotaxe ou écoredevance poids lourds, est la version française de la Redevance poids-lourds liées aux prestations applicable en France.

Cette taxe critiquée fin 2013 avant sa mise en œuvre, s'applique aux véhicules de transport de marchandises de plus de 3,5 tonnes circulant en France sur certaines routes nationales et départementales. Elle vise à faire payer l'usage de ces routes par leurs utilisateurs en leur faisant supporter les coûts réels du  transport routier de marchandises (dégradation de la voirie, financement des infrastructures routières) alors que ce coût est aujourd'hui intégralement supporté par l'impôt commun. Son principe a été voté en 2009, dans le cadre de la Loi Grenelle 1. Son entrée en vigueur est prévue le 1er janvier 2014.

La taxe s’applique aux véhicules de transport de marchandises qui empruntent le réseau taxable indépendamment du contenu transporté par ces véhicules. […] Ce dispositif, issu de la directive « Eurovignette », est déjà présent en Allemagne, en Slovénie, en Autriche et en République Tchèque au niveau européen et a pour effet d'inciter les transporteurs à rationaliser leurs déplacements et à limiter les transports à vide. En France, les sommes collectées seront affectées aux collectivités territoriales gestionnaires ainsi qu'à l'agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) qui a pour but d’améliorer les infrastructures de transport et de soutenir des projets de développement du transport ferroviaire et fluvial. Le montant de la taxe va de 8,8 à 15,4 centimes d'euros par kilomètre parcouru (taxe variable selon la taille, le poids et le niveau de pollution du camion) pour 2014 et devrait rapporter 1,2 milliard d'euros par an à l'AFITF. »

 

Cette taxe relève donc d’une logique de coût de l’infrastructure, d’aménagement du territoire même si ses effets peuvent générer accessoirement une optimisation des déplacements de poids lourds donc quelque peu écologique. Les journalistes ne me semblent pas très clairs là-dessus. Volonté de mettre les écolos en porte à faux ? Il est vrai que ces derniers savent parfaitement se mettre eux-mêmes en difficulté…

Bretagne : populisme, confusion et manipulations

La mayonnaise

  • - un vieux fond très français de refus de l’impôt, mythifié, en Bretagne par l’épisode des « bonnets rouges » en 1675 contre la politique fiscale de Colbert.
  • - un vieux fond très français de l’Etat protecteur et tout puissant.
  • - un amalgame, réussi pour le moment, entre petits patrons et salariés malmenés ou licenciés, qui n’est pas sans rappeler la logique des corporations ressuscitée par Philippe Pétain en des temps plus cruels et plus noirs.

 

La manif de Quimper pose ainsi la question de « l’alliance objective » (très trotskyste – est-ce par hasard que seul FO s’y soit investie ?).

 

Quand à la tentative de démarquage de certains syndicats, elle me semble un peu pathétique, même si je n’ai pas le cœur de la critiquer : ce sont les mêmes qui s’élèvent aussi contre toute augmentation d’impôts (sauf pour « les très riches ») tout en exigeant la prise en charge « par l’Etat » de toutes les prestations sociales (notamment celles qui concernent la pauvreté), de tous les investissements, etc. Comme si la France avait encore des frontières, une monnaie, une Banque centrale d’Etat et pouvait se passer de toutes importations.

 

La CFDT [voir plus bas], quant à elle, n’apparaît que fort peu dans les médias nationaux. Elle est pourtant si puissante en Bretagne… Sa position me semble pourtant sensée, digne et responsable. J’ai trouvé quelques échos la concernant dans la presse locale[i] Les journalistes, dont je ne suis pas un dévoreur patenté et que je défends souvent dans l’univers syndicalo-syndical, ont plus brillé par leur capacités de mise en scène que d’analyse. Dommage : ils ont raté une occasion de se grandir au dessus du café du commerce.

 

Ce graphique montre le taux global d'imposition, en incluant tous les prélèvements, selon le niveau de revenus.

Ce graphique montre le taux global d'imposition, en incluant tous les prélèvements, selon le niveau de revenus.

A qui profite le crime ?

Allez, je te fais confiance pour développer cet aspect du sujet : c’est ton créneau d’excellence ! La manip est tellement visible…

Cela étant dit, je persiste à rabâcher que la vraie réforme fiscale de fond, la seule réforme historique, qui ne pouvait être faite que dans les six premiers mois du quinquennat et qui ne l’a pas été coûtera très cher à Hollande et à « la gauche réformiste ». Il avait pourtant un Piketty dans ses cartons.

GG

 

 

 

 

 

 

 

Bretagne : populisme, confusion et manipulations

Position de la CFDT

Face à la crise que traverse l'agroalimentaire en Bretagne, la CFDT condamne les violences et les amalgames et insiste pour que tous les acteurs se mobilisent en faveur de l'emploi.

 

Condamnant la violence de la manifestation du 26 octobre, la CFDT Bretagne et le syndicat CFDT de l'agroalimentaire Bretagne refusent l’instrumentalisation de la légitime inquiétude des salariés et des entrepreneurs de la région. C’est pourquoi elles ne participeront pas à la manifestation du 2 novembre à Quimper, préférant agir en faveur de « l’avenir de la Bretagne, l’intérêt des salariés aujourd’hui et demain ».

 

Ne pas se cacher derrière l'écotaxe

 

La CFDT appelle dans le même temps à « sortir des amalgames et confusions en tous genres » et insiste sur le fait que « si l’écotaxe est devenue le symbole des difficultés de l’agroalimentaire, elle n’en est pas la cause mais devient un paravent évitant de traiter les problèmes de fond. Les principales faillites d’entreprises en Bretagne lui sont antérieures ».

 

Prenant acte de l’annonce de la suspension de l’écotaxe par le gouvernement, la CFDT Bretagne demande désormais à chacun – employeurs, politiques, salariés – de « revenir maintenant à l’objectif qui doit [tous les] rassembler : l’emploi en Bretagne, des emplois de qualité, des emplois durables. »

Illustration empruntée à Backchich

Illustration empruntée à Backchich

La Une de Charlie

La Une de Charlie

"Le phare Ouest"

"Le phare Ouest"

Dans "Le Phare Ouest" une tribune de trois historiens qui dénoncent la "manipulation de l'histoire" des bonnets rouges.

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 18:43

manif_05-03-13_01.jpg

« Voici la liste de députés qui se prétendent « socialistes » et qui jouent le Medef contre les travailleurs. Nous nous en souviendrons ! » peut-on lire dans un blog. Tout bénéf pour le medef, tout malheur pour l’travailleur, tel est, à peine résumé, le jugement des contempteurs de la flexisécurité.

Un peu de désintox n’est peut-être pas inutile.

 

La messe CGT-FO était dite, même si elle n’a réuni que peu de fidèles : Loi scélérate était-il écrit sur une banderole. C’était le 5 mars et la loi en question ne sera présentée que le lendemain, mais pas besoin d’en avoir le texte puisqu’elle entérine un accord scélérat signé par une CFDT scélérate. Ça aura au moins permis de voir Thibault et Mailly côte à côte !

 

Un accord – donc une loi – qui va donner les mains libres au patronat pour licencier, accroître les contrats précaires, démanteler le code du travail… pour tout dire tout à jeter.

 

Sauf que, des accords non encadrés, eux, par une loi ont lieu. Et pas d’aujourd’hui. Ne voit-on pas dans le film de Robert Guédiguian, « Les neiges du Kilimandjaro »*, la CGT organiser un tirage au sort des victimes d’un plan social qui doit sauver la boîte. Des exemples nombreux sont donnés à la télé ou dans les journaux d’accords d’entreprises, antérieurs à la loi, se traduisant par des sacrifices pour les salariés. Et, ironie de l’histoire, c’est au lendemain de la manif que l’on apprend que FO-Renault s’apprête à signer l’accord de compétitivité proposé par Carlos Ghosn « Il vaut mieux prendre le risque d'un avenir que de ne pas avoir d'avenir du tout", a expliqué Laurent Smolnik, responsable FO.

 

Combien de manifestants d’hier qui brandissaient des pancartes anti Ayrault-Sapin avaient lu le projet de loi ? Aucun ! L’accord signé ? Très peu. Mailly et Thibaut, si. Mais ça ne les empêchait pas de caricaturer à l’extrême.

 

 

 

 

 

Inutile de rappeler que cet accord doit permettre, avant 2016, aux 4 millions de salariés qui en sont dépourvus de bénéficier d’une complémentaire santé collective, prise en charge à 50 % par l’employeur. Broutille.

 

Cet accord, mais c’est la mort du CDI affirment, sans vergogne, ses détracteurs. L’accord prévoit de surtaxer les CDD courts (1 mois + 75 %, 3 mois +40%) et l’embauche en CDI d’un jeune de moins de 26 ans donnera droit à un allègement des charges !

 

Surtout cet accord donne carte blanche au Medef pour le chantage à l’emploi, la mobilité imposée, les licenciements clament ses contempteurs. Si on regarde d’un tout petit peu plus près, on constate d’abord que tant en ce qui concerne les accords compétitivité-emploi que mobilité, les syndicats signataires devront représenter plus de 50 % des salariés. Les accords de « maintien dans l’emploi » seront certainement mieux cadrés que ceux qui sont signés actuellement : graves difficultés conjoncturelles attestées, deux ans maximum, tous les emplois maintenus.

 

Loin de faciliter les licenciements économiques l’accord prévoit des conditions plus strictes d’élaboration des plans sociaux. L’employeur devra soit l’élaborer en négociant avec les syndicats (et entériné majoritairement), soit le faire seul, mais il devra être validé par l’administration. Autrement dit, celle-ci devra vérifier que les droits des salariés sont respectés, donc éviter les licenciements abusifs. Aujourd’hui, c’est a posteriori, après de longs délais, que ce contrôle est fait par le juge et la perte d’emploi effective n’est compensée que par des dommages et intérêts.

 

manif_05-03-13_04.jpg

Truisme : tout accord syndicats-patronat est un compromis.

 

Certains peuvent voir le verre à demi-vide et d’autres le verre à demi-plein. Refuser l’accord parce que les avantages ne sont pas à la hauteur des concessions faites. Ou au contraire, y souscrire car jugé équilibré. Désaccord donc, mais qui ne se traduit pas par des anathèmes.

 

Là on est dans un discours manichéen. Les éléments de langage ne font pas dans l’argument mais dans le slogan. Et la confrontation des points de vue se mue en dénonciation de prétendues trahisons, sur un ton qu’on croyait d’un autre âge.

 

Le gouvernement, d’entrée, a indiqué qu’il ne se substituerait pas aux partenaires sociaux, que c’était à eux de dessiner les changements qu’ils voulaient voir pris en compte et que la loi ne jouerait qu’un rôle d’accompagnement. Ainsi, instituer un contrôle administratif a priori sur les licenciements économiques passe par la loi. Il faut donc, pour que cet encouragement au dialogue social se concrétise, que la loi reflète l’accord conclu. Cela ne mérite pas une parodique chasse aux sorcières, je veux dire chasse aux députés qui osent se dire socialistes.

 

L’accord, conforté par la loi, va encadrer des accords d’entreprises compétitivité-emploi, pour le moment sauvages, mieux encadrer aussi les temps partiels, accorder des droits nouveaux aux travailleurs… C’est une étape : le chantier de la Formation Professionnelle est déjà ouvert pour les partenaires sociaux, celui de la reprise des sites industriels doit être réglé par la loi, l’encadrement des revenus indécents sur le modèle suisse est encore à l’ordre du jour sans parler des retraites… Les avancées seront toujours insuffisantes pour les adeptes du yakafokontoutésimple.  

Mais la démocratie marche aux compromis.

 

* Certes c’est  de la fiction mais les films de Robert Guédiguian sont nourris de la réalité sociale de Marseille  et, sauf erreur, l’épisode fondateur du film n’a provoqué aucun cri d’orfraie de la CGT, à l’époque.

 


"Les Français en ayant entendu parler sont aussi une majorité relative (49%), à considérer que cet accord favorise autant salariés et entrepreneurs (contre 44% estimant qu’il profite davantage aux employeurs et seulement 6% estimant qu’il profite davantage aux salariés)."

Sondage BVA 08/03/2013

Le détail du sondage est téléchargeable : http://www.bva.fr/data/sondage/sondage_fiche/1251/fichier_bva_actu_-_les_francais_et_la_reforme_du_marche_du_travail6ca5a.pdf

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11 février 2008 1 11 /02 /février /2008 15:56

Le doigt dans l’œil… et ça fait mal !
 

Sortie du rapport Attali, je découvre, parmi les 43 membres de la commission censée trouver la pierre philosophale pour libérer la croissance de la France, le nom de Jean Kaspar. Cet ex-secrétaire Manif75Kaspar.JPGgénéral de la CFDT avait animé une table-ronde d’un colloque d’Education & Devenir, association dont je suis le ouèbemaître. Je croyais donc tenir le scoop en suscitant les commentaires d’un des co-auteurs du rapport.

Un questionnaire un peu musclé – un ex-syndicaliste n’aura pas peur du parler franc – et j’obtiendrais des explicitations sur des propositions apparemment libérales (au sens doctrinal du mot) qu’il avait cautionnées.

Las, las, las… rien de cela.

Comme j’avais comparé la composition de la commission à celle fameuse du pâté d’alouette (une alouette, un cheval), il feint de prendre cette alouette de social opposée à un cheval de capital, pour une attaque personnelle : Votre jugement sur la composition de la commission est vexant pour l'alouette que je suis à vos yeux.

Et la réponse à un questionnement à la troisième personne va prendre ce ton de contre-attaque personnelle : j'aurais aimé que vous mettiez en avant, pensez-vous sérieusement…

D’explicitation point, mais de la langue de bois si ! Je pense que sur l'ensemble des mesures, il y a une majorité d'entre-elles qui s'impose que l'on soit de gauche ou de droite. Une telle démarche s'impose d'autant plus qu'il me semble essentiel, sur une question aussi fondamentale que l'École, de dépasser quelques clivages pour les transcender dans une volonté commune pour mettre l'école et la formation des enfants et des jeunes au centre des préoccupations et de l'action de notre société. Voilà qui rappelle un peu le discours pouvant servir en toute circonstance de Pierre Dac.

 

Sur la composition de la commission, il était noté qu’elle ne comportait aucun expert de l’éducation qui aurait au moins permis d’éviter de parler d’établissements élémentaires qui n’existent pas au sens juridique du terme. Réponse des plus cocasses : Votre raisonnement fait penser que vous estimez que seuls les spécialistes peuvent avoir un raisonnement pertinent. Par comparaison, cela conduit à considérer que l'économie doit être laissée aux économistes, l’exemple des économistes étant le plus mal choisi, puisqu’outre l’omniscient Président, la commission comptait pas moins de cinq économistes affichés ! mais foin d’expertise en éducation, puisque j'ai enseigné comme professeur Associé à l'Université de Marne-la-Vallée pendant près de 10 ans. Je continue à animer quelques cours au CNAM, à Sciences-Po et à l'IAE de Paris. Et Attali lui-même d’en rajouter une couche dans un courriel : il y a plus de DOUZE prof dans la commission : Toi, moi, Eric Orsenna, Delpla, Weinberg, Villeroy, Lebras, Monti, Aghion, Boissieu, Bassanini, Zeldin Enseigner à Harvard, par exemple, donne bien sûr une parfaite connaissance du système éducatif et tout particulièrement de l’enseignement élémentaire et secondaire !


A la réception du document, je lui faisais part de ma déconvenue : « Votre réponse m'a laissé quelque peu abasourdi.

Comme disait le "camarade" Jacques Julliard, du temps où il était au BN de la CFDT (et aussi à la Commission exécutive du sgen), vous avez fait une lecture symptomale du questionnement. Le mot d'Attali que vous m'avez fait suivre est affligeant, avec cette énumération d'intervenants dans l'enseignement supérieur entre autres activités, ce qui apparemment ne leur a pas donné le temps de savoir qu'il n'y a pas à proprement parler d'établissements élémentaires à qui accorder une plus grande autonomie (qui ne voudrait pas dire grand chose d'ailleurs pour nos écoles à classe unique ou à deux ou trois classes).

J'ai tenté de répondre à vos "commentaires" dont le ton crispé est malheureusement au diapason de celui de M. Attali qui semble considérer toute critique comme une insulte personnelle.

Le-chat.JPGHeureusement "Le chat" est venu me consoler de ma grande déconvenue (j'espère que Geluck me pardonnera un petit détournement de bulle), car naïvement j'attendais une réponse précise, argumentée, développant les raisons qui justifiaient telle ou telle proposition, réponse qui aurait pu provoquer un vrai débat parmi nos adhérents et au delà. Sorry, »

Ce « sorry » faisait écho à une réponse sur l’enseignement de l’anglais, ajouté au socle commun avec l’informatique, l'utilisation de l'informatique et la maîtrise de l'Anglais dès le plus jeune âge, fait partie, que cela plaise ou non, des fondamentaux Que voilà une réponse argumentée, même s’il s’agit d’argument d’autorité.

Des interrogations précises sur la façon de gérer un vivier national de profs où les établissements viendraient puiser, sur l’absence d’incitation à un travail plus collectif des enseignants sont restées sans réponse.

Ne parlons pas des « droits à l’école » façon pudique de désigner des chéques éducation modèle Madelin, là encore une réponse en LdB massif et imputrescible : Les propositions de la commission ne traduisent pas une vision marchande mais un ensemble de mesures qui devraient nous permettre d'améliorer réellement notre système éducatif, de le rendre plus efficace en démontrant qu'il représente réellement un service d'intérêt général ayant pour objectif de permettre à chaque enfant de progresser sur le chemin des connaissances, de se construire un parcours professionnel, de comprendre le monde dans lequel il vit pour devenir un acteur de son destin et de lui donner envie de participer à la construction de notre destin collectif.


Jean Kaspar ne comprit pas mon abasourdissement : Ce petit mot, et ce sera le dernier, sauf si nous trouvons le moyen de débattre vraiment.
Je suis étonné que vous ayez été "abasourdi" par ma réponse.
Ma réaction s'explique par le fait que votre texte du 24 janvier distillait à la fois des interrogations et … des jugements de valeur. 
Je vous cite :

"La composition même de cette commission pour la libération de la croissance est intéressante : sur les 45 membres, sauf erreur, 15 sont patrons auxquels on peut ajouter 1 DRH et 1 avocat d’affaires ; en face, outre l’ancien secrétaire général de la CFDT que vous êtes, une représentante de l’économie sociale et une autre de la défense des consommateurs (une alouette de social, un cheval de capital) ; mais, bien que l’éducation soit présentée comme l’ambition 1, aucune personnalité qui puisse apporter une expérience réelle sur ce sujet".

Une telle phrase montre bien qu'au-delà de la question sur la composition de la commission, vous induisez, sans attente une réponse, un jugement sur la nature même de nos travaux que vous renforcez quand vous écrivez (certes, sous forme d'interrogation) :

"(un seul exemple : un André Legrand, ancien recteur, directeur ministériel des lycées et des collèges, ex-président de l’université de Nanterre, éminent juriste n’eut-il pas pu apporter un regard plus sûr que celui d’un ex-patron de Volvo vantant une mesure prise par la majorité libérale en Suède ?)"
Plus loin, vous indiquez que notre proposition de "Permettre aux parents de choisir librement le lieu de scolarisation de leurs enfants" avec l’instauration d'un chèque éducation, traduirait une logique de marchandisation de l'éducation puisque vous écrivez, je vous cite :

"...comme le préconisait, il y a plus de 20 ans le libéral Alain Madelin. Cette vision d’un marché de l’éducation…"

Ce type d'argumentaire illustre bien des a priori idéologiques.
Je peux comprendre que l'on puisse discuter certaines de nos mesures mais ne croyez-vous pas que pour engager un débat positif et utile, il est toujours préférable de souligner :

- que le travail effectué répond à de vraies questions ;

- que certaines propositions vont dans le bon sens (à moins que les 43 membres de la commission ne soient tous "à côté de la plaque", des idéologues forcenés accros de libéralisme ou des incompétents notoires !). J'aurais aimé, pour engager un vrai dialogue, que vous me disiez les 5, 10, ou plus peut-être, propositions sur lesquelles vous êtes d'accord ;

- en mettant enfin l'accent sur les propositions qui méritent explications et celles sur lesquelles vous pouvez légitimement être en désaccord.

alouette.jpgJ'en reste là sauf si nous trouvons les modalités d'une vraie discussion, car "l'alouette" n'a jamais eu peur du débat. Elle demande simplement qu'il se déroule sans sous-entendu et sans jugements a priori."
 

Si je comprends bien, J. Kaspar était prêt à répondre à toutes les questions sous réserve qu’elles soient formulées comme il l’entendait En cela, il rejoint son chef de file qui, à Poujadas ou Demorand, leur tint à peu près le même langage.

Dois-je donc, retrouvant mes racines chrétiennes, faire mon mea culpa et me couvrir la tête de cendres ? On voit bien – ne serait-ce qu’avec cette « alouette » à contre sens complet, puisque l’image serait plutôt flatteuse : il faut quinze patrons pour faire contrepoids à trois représentants du social – que le débat était refusé a priori. Rappeler qu’Alain Madelin essayait de promouvoir le chèque éducation il y a plus de vingt ans est éminemment idéologique. Affirmer que ledit chèque éducation marche bien en Suède (à partir de quel travaux précis, si ce n’est pas le témoignage de l’ex-patron de Volvo qui fonde cette affirmation ?) n’est pas idéologique. Si je comprends bien, pour Monsieur Kaspar, l’idéologie, ce sont les idées des autres.
 

Et alors ? et oilà ! comme disait Roro de bab-el-oued, autrefois, dans le Canard Enchaîné..

La page Attali-Kaspar a fait un bide : même pas un petit paragraphe de l’Expresso du Café pédagogique (André Giordan a cependant réagi pour rappeler son jugement, sévère, sur le rapport Attali s’agissant d’éducation).
 

Le scoop ne fut qu’un pétard mouillé !

 
 
 
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