79 ans après, les Reines Mages – Liberté, Égalité et Fraternité –étaient de retour à Valence.
Dimanche 3 janvier 2016, le Maire de Valence, , Joan Ribó, a l’issue d’un défilé dans les rues de la ville, a reçu à l’Hôtel de ville, les trois Reines Mages. Cette “Setmana de la infantesa” – semaine de l’enfance – faisait revivre une célébration laïque qui avait eu lieu pour la deuxième et dernière fois en 1937. Cette initiative a profondément déplu au PP (Parti Popular) qui l’a considérée comme une provocation.
« Digne touche finale de la semaine de l’enfance organisée par le ministère de l’instruction publique » titrait le journal El Mercantil Valenciano du mardi 12 janvier 1937 pour saluer la parade qui la concluait. Cette semaine avaient pour but de distraire les nombreux enfants qui, fuyant la guerre civile, étaient réfugiés à Valence, avec des activités distractives mais aussi artistiques.
La Societat Coral el Micalet, qui a ressuscité cette semaine de l’enfance a expliqué qu’elle voulait récupérer la fête du solstice d’hiver qui se célébrait à Valence en janvier 1937 et que ces trois Mages, Liberté, Égalité, Fraternité, représentaient les trois principes de bases de sa vision du monde : liberté d’expression et possibilité de critiquer toutes les idées, égalité de tous devant la loi et dans la société quelles que soient la race les croyances ou le sexe, et fraternité pour partager avec tous toutes les merveilles du monde !
Des centaines d’enfants étaient réunis dans les rues du centre de Valence pour assister à ce joyeux défilé qui a donc abouti à la Place de l’Hôtel de Ville où les trois dames, Mages de Janvier, comme on les nomme pour gommer toute référence religieuse, sont apparues au balcon au côté du Maire. Mais la cavalcade de dimanche concluait une semaine riche d’activités incluant des concerts – avec notamment des chants des années 1936 et 37 - les lectures de poèmes, des expositions et des ateliers de bricolage ou d’origami pour les enfants.
Le PP local, sans vergogne, a crié au scandale ! Alors que Valence du temps des « bigotes » a été l’épicentre de l’affaire Gürtel avec un Camps plongé dans la corruption jusqu’aux cheveux, le PP local, loin de faire profil bas clame par la voix de sa secrétaire générale, Beatriz Simón, que ces manifestations offrent un spectacle ridicule et provocateur qui offense nos traditions ! Pour la dirigeante du PP, ce que Ribó a mis en scène n’est autre que son refus personnel de la nativité et des Rois mages ! Et selon un procédé politicien des plus déplacés, elle a lancé qu’il ferait mieux de s’occuper des problèmes des Valenciens, toujours là depuis 1937, quand les espagnols et en particulier les jeunes n’ont rien à faire d’une époque historique dont personne ne peut être fier. Faut-il rappeler qu’entre 1937 et 2015, outre le franquisme bien sûr, le PP a été à la tête de Valence depuis la transition démocratique (1979) et, en particulier, avec la calamiteuse
Rita Barberá de 1991 à 2015 ?
Ribó a réaffirmé, dans son discours du haut du balcon, les valeurs de la seconde République. Il a rappelé que 2016 marque le 80e anniversaire du soulèvement franquiste. Le Maire a souligné que dans toutes les cultures proches une fête dédiée aux enfants était traditionnelle. La crèche comme les rois Mages sont liés à la religion chrétienne. Le multiculturalisme, la diversité des religions, mais aussi l’existence de nombreuses familles sans aucune croyance religieuse, donnent une signification particulière à cette caravane des Mages de janvier et à leur arrivée à Valence.
« Nous voulons être une ville où tout le monde s'insère, où tout le monde se sente à l'aise, où les enfants pourront obtenir leur bien-être sans aucune forme de discrimination ».
Sources :
En complément
Les ROIS MAGES traditionnels ont défilé dans les rues le 5 janvier 2016.
En Espagne, ce sont eux qui apportent les cadeaux aux petits enfants.

Les Rois Mages débarquent sur la plage de La Zurziola à San Sebastian

Le Roi Balthazar recueille les lettres des enfants au Moll de la Fusta - promenade le long de la mer - à Barcelone.

Quelques bédouins participant au défilé des Rois Mages d'Orient à Séville.

Les Rois Mages à Pampelune sur le pont romain La Magdalena avant d'emprunter une large avenue vers le centre-ville.

Les Rois Mages saluent les centaines d'enfants qui les attendent au port de Valence.

Le Roi Gaspar salue du haut de son char sur l'Avenue de la Castellana à Madrid.


Des danseuses de l'Inde accompagnent le Dragon Patacas durant le défilé sur la Castellana à Madrid..

Le Roi Melchior salue l'assistance à Barcelone.

Le Roi Gaspar et son page saluent l'assistance à Madrid.

Manuela Carmena, Maire de Madrid, est attaquée par le PP - comme son collègue de Valence - pour avoir fait défiler des Rois Mages peu orthodoxes ! La bêtise au front de taureau semble être l'apanage des ce parti frère de nos Ripoublicains !
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Petite anecdote pour commencer : ça se passe à Saint-Jo, l’école privée de mon bled, nous sommes en 9e (car les « chers frères » ne parlent pas de CP, CE ou CM), J.-C., fils d’un entrepreneur local (qui crache généreusement au bassinet de l’église), arrive avec ses cheveux blonds luisant de brillantine ; le Frère Hubert, fou de rage, fonce vers la cuisine, revient avec une bassine d’eau froide et un bloc de savon et, vitupérant, shampouine sauvagement le malheureux, avant de le traîner de classe en classe, vociférant, pour achever son humiliation ! Ce psychopathe pouvait, en toute impunité, terroriser toute sa classe.
L’historien Ricard Vinyes chiffre à 21 000, rien que pour 1942 et 1943, les enfants enlevés de force à des mères républicaines par le régime franquiste avec la complicité active de l’église catholique.
Félix Espejo, ancien mineur des Asturies: "Un jour, les mères [prisonnières] sortirent avec leurs enfants dans la cour [de la prison de Saturraran]. Les religieuses leur dirent que les enfants devaient rester à l'intérieur pour une révision médicale. Il y en avait une centaine. Lorsque les mères rentrèrent, ils n'étaient plus là. Concepcion [une prisonnière], qui n'avait pas d'enfant, fut impressionnée par les scènes de douleur et par les cris des mères qui réclamaient leurs petits. Ils les menacèrent en leur disant de se taire si elles voulaient rester en vie. Une femme d'Oviedo libérée peu après vit sa fille dans une maison de militaires, à Valence, mais on ne sait pas si elle a pu la récupérer ou non".
Cette politique d'enlèvements, pour rechristianiser les enfants de mères rouges, s’est ensuite, avec toujours la complicité des « bonnes sœurs » et de leur hiérarchie, transformée en véritable trafic d’enfants. «Ce qui commence comme une sorte de vengeance politique et de mise au pas de la société se transforme au fil des années en un vrai «commerce» qui aurait perduré y compris jusqu’au début des années 80», explique
Il arrive cependant, parfois, rarement, que, pour un comportement moins criminel que celui d’enlèvements systématiques d’enfants, un prélat fasse entendre la voix du repentir : "Dans le passé, en Vendée, l'Eglise était trop présente, occupait l'espace social et laissait peu de place à des manières de penser et de vivre la vie humaine et la foi d'une manière différente. Des hommes et des femmes ont souffert de cette emprise de l'Eglise sur leur vie personnelle et sociale. Je pense aussi aux personnes séparées, divorcées, divorcées remariées, à d'autres qui vivent une orientation sexuelle qu'ils n'ont pas choisie".