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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 14:30
Une micro chronique pour ton site
 
Faut-il qu'Americanah soit un grand livre pour qu'un mâle blanc européen de 66 ans, moi, s'intéresse à des histoires de petites mèches et de coiffure d'une jeune femme noire vivant en Amérique ! Si vous ne mémorisez pas le nom de l'auteure, Chimamanda Ngozi Adichie, ne vous inquiétez pas, votre libraire connaît. Son roman, en fait un récit plus ou moins autobiographique, est un succès mondial. Il est vrai qu'il a tout pour plaire, avec une belle histoire d'amour et quelques parties de jambes en l'air.

  Cette jeune femme, l'auteure et l'héroïne, est nigérianne. Elle part faire ses études aux USA, et alors que tout lui sourit, elle revient au pays. C'est l'occasion de voir l'Amérique avec les yeux d'une Africaine, à ne surtout pas confondre avec une afro-américaine, et surtout de découvrir le Nigéria, avec sa classe moyenne, ses intellectuels et ses nouveaux riches. Oubliez les images misérabilistes d'une Afrique post-coloniale, assistez à la constitution d'une Nation, d'une culture, d'une classe sociale dirigeante, d'une modernité qu'on n' imagine pas, ou difficilement, quand cet immense pays reste à nos yeux celui de l'ancienne guerre du Biafra et de l'actuelle lutte contre Boko Haram. On pense Sahel, misère, bidonvilles, escroquerie à l'Internet, il faut penser mégalopoles, richesses, intelligence..

  Et pour ceux qui ne veulent pas bronzer idiot, c'est près de 700 pages et c'est en folio, donc ce n'est pas cher, et ça vous fera plus d'une sieste... 
 
Amitiés à tous
 
 
 
 
 

4e de couverture :

 

Chimamanda Ngozi Adichie

Americanah

[Americanah]

 

Trad. de l'anglais (Nigeria) par Anne Damour

Collection Du monde entier, Gallimard

Parution : 01-01-2015

«En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire

 

Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique qui compte bien la rejoindre.

Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés?

Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux États-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria.

À la fois drôle et grave, doux mélange de lumière et d’ombre, Americanah est une magnifique histoire d’amour, de soi d’abord mais également des autres, ou d’un autre. De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et les clichés sur la race ou le statut d’immigrant, et parcourt trois continents d’un pas vif et puissant.

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 20:26

A Madame de Grignan-Paris (date illisible)

 

Je veux, ma très chère, vous conter ce fâcheux événement qui advint, il y a quelques jours, et dont le récit ne manquera pas de vous étonner. Vous savez combien, à la cour et à la ville, on s’est entichés d’un certain jeu de balle dont le spectacle rassemble, en de communes enceintes, les Grands, les bourgeois et le petit peuple. Chacun se passionne pour ces joutes où s’affrontent les plus galants gentilshommes, venus de toutes nos provinces et de plus lointaines contrées. Et on honore leurs exploits dans La Gazette en des odes dignes de Pindare. Or, figurez-vous, vous aurez peine à me croire, que l’un de ces tournois opposa certains barbaresques du Sultan d’Alger aux plus habiles et aux plus ardents de nos joueurs. Ces maudits mauresques, hélas, devant le Roi lui-même et les courtisans, sortirent vainqueurs  de ce formidable tournoi. Vous imaginez quelle désolation se répandit sur le Royaume. Mais, entendez, ma toute bonne, la suite extraordinaire qui fut donnée à cette affaire. Car ces insolents, qui eurent raison de nos plus vives espérances, osèrent se pavaner en un cortège épouvantable, poussant d’horribles clameurs et arborant des oriflammes de sauvages sur notre belle avenue du Palais des tuileries qui jamais ne connut pareil tumulte. Relevant l’offense ainsi faite au pays, le Duc de Zemmour, dont chacun admire les péroraisons, le Comte de Finkel qui commande nos régiments de Croates et Monsieur d’Estrosi, l’Intendant de votre vénérée Provence, ne manquèrent de s’élever avec leur coutumière véhémence contre une telle injure qui ne pouvait demeurer impunie. Pourtant, indifférent à leurs diatribes enflammées et à leurs libelles rageurs, le Roi dans sa grande sagesse choisit de pardonner à ces sujets de terres étrangères où l’on célèbre aussi sa gloire. Et, en cela, je reconnais la grande mansuétude d’un souverain habitué à voler de victoires en victoires et à pardonner à ses ennemis. Et, pour ma part, vous le savez, il n’est aucun de ces divertissements qui puissent me consoler de votre si longue et si cruelle absence et me libérer de ce chagrin dont aucune balle, si enjouée qu’elle fût, ne pourra me distraire.

Lettre inédite de Mme de Sévigné sur le jeu de balle

Note.

Tout en étant très fier d’avoir découvert ce texte encore inédit, je dois confesser ma perplexité. En effet, je n’ai, au cours de mes recherches, trouvé la moindre trace d’une confrontation entre ce qu’on appelle aujourd’hui l’Algérie et le Royaume de France qui se soit achevée par les troubles évoqués dans cette lettre. Il se peut que La Marquise ait confondu avec une rencontre entre la France et un petit terroir d’Ibérie qui serait le Portugal d’aujourd’hui. Et si celle-ci tourna à l’avantage de ces Lusitaniens, leur défilé, pour célébrer leur victoire avec leurs très chrétiennes bannières, ne fut dénoncé ni par le Duc de Zemmour, ni par le Comte de Finkel, ni par Monsieur d’Estrosi.

 

Yoland SIMON

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 11:35
Un pont de la rivière Kwaï à l'envers

La Route étroite vers le nord lointain (The narrow road to the deep north) est un de ces rares livres qui sont essentiels. Ce romain de Flanagan est en quelque sorte l'inverse, ou le prolongement du Pont de la rivière Kwai. Le fond de l'histoire est le même. Un officier, dans le cas présent un Australien, se trouve à la tête d'un millier de prisonniers de guerre contraints par les Japonais, au mépris de toutes les conventions internationales, de construire, dans des conditions invraisemblables, une voie de chemin de fer. Le personnage central sera plus tard considéré comme un héros. Il sera aussi un très grand chirurgien. Et c'est un très grand séducteur. Mais lui, dans son coeur, au plus profond de lui-même, n'est qu'un raté, un visiteur de sa propre vie. L'un de ses hommes est une des victimes de la barbarie, il souffre mille morts au sens réel de ces mots, et il considère qu'il a de la chance. L'un de leurs tortionnaires est une des pires ordures qui soient, et il se voit comme un homme bon.

L'amour, l'érotisme, la souffrance, tout est extrême, porté à l'incandescence même lorsque nous ne sommes pas avec les POW (prisoners of war), et tout est ambigu, complexe, en un mot, humain.

Je recommande la lecture de ce livre en anglais, la langue est splendide, mais attention, le vocabulaire est très riche, qu'il s'agisse du corps des femmes, des maladies des hommes, des arbres de la forêt... J'ai dû acheter un dictionnaire, le consulter souvent, ce qui gâche un peu le plaisir, et tous les mots n'y étaient pas. Il semble que la traduction française soit bonne...

Pascal Bouchard

 

Richard Flanagan

La Route étroite vers le nord lointain

Traduit de l’anglais (Australie) par France Camus-Pichon

Actes Sud

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 16:24

 

Ce soir, comme souvent, les hommes de télévision ont déposé Finkielkraut sur l’un de leurs plateaux. Fascinant spectacle. Il s’installe avec ses certitudes et ses tics dans une surprenante agitation qui finit par nous méduser. Ses mains papillonnent au-dessus de fiches stabilotées, de livres dont il a corné quelques pages, de feuilles qu’il remplit rageusement de signes cabalistiques. Quand il n’a pas la parole et qu’il doit, le pauvre, subir les attaques de son adversaire, il roule des yeux hagards, prend des airs effarouchés, multiplie des mines incrédules, des grimaces indignées et, submergé par d’aussi intenses émotions, tout son corps est secoué par d’incoercibles trémulations. Mais qu’on se rassure, il ne tarde pas à reprendre l’initiative et, d’une voix qui tremble jusqu’aux fondements de son être profondément blessé par les monstrueuses allégations qu’il vient d’entendre, il assène ses implacables vérités. Alors, il entraîne son auditoire dans le tourbillon époustouflant d’une pensée vibrionnaire et confortée par une avalanche de citations savantes, de références incontestables, d’anecdotes signifiantes, de preuves irréfragables. Normal, pensera-t-on, notre Finkie est un universitaire, il aborde en conscience les divers aspects de son sujet et convoque, c’est de bonne guerre, les grands esprits – les plus petits aussi – qui étayent son propos et avec lesquels il entretient une confraternelle familiarité. Mais, là où l’universitaire construit patiemment son argumentaire, précise les limites de son étude et balise le champ de ses investigations, Finkielkraut virevolte comme une sorte d’abeille atrabilaire qui butine son vinaigre sur les fleurs vénéneuses de sa rhétorique endiablée.

 

Yoland SIMON

Occasion de (re)voir Maurice et Patapon (et Finkielkraut)

et M. Finkielkraut : et s’il y avait une boucherie halal à Villers-Cotterets ?

 

 

 

Finkie dans ses essais de futur habit d'académicien !

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 16:07
 Ballade des soutiens du temps jadis

Dites-moi où sont-ils partis

Ces vaillants soldats qui naguère

Estourbirent le Sarkozy

Pour mettre François aux affaires ?

Où est Méluche et ses colères

Qui guerroyait si roidement ?

Et Laurent le bel indolent

Qui avait plus douces manières ?

Mais où sont les soutiens d’antan ?

 

 

Où est Cécile qui pépiait

A Matignon si joliment ?

Hamon et tous ses escholiers

L’ami d’Arnaud le flamboyant

Qui rallia à sa marinière

Aurélie qui incontinent

Le suivit en terre étrangère

Mais où sont les soutiens d’antan ?

 

Semblablement où sont les Verts

Et tous les frondeurs de son clan

Qui de Manuel se lassèrent

Et Filoche qui en son temps

De ces malheureux prolétaires

Voulut épouser le tourment ?

Où sont les Batho, les Mamère ?

Mais où sont les soutiens d’antan ?

 

François, n’enquerrez de semaine

Où elles sont, ni de cet an,

Que ce refrain ne vous remaine

Mais où sont mes soutiens d’antan ?

 

François Villon

pcc Yoland Simon

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 20:27
L’ENTREPRENEUR

Le personnage clé de nos débats politiques est le chef d’entreprise. Quand il paraît, chacun retient son souffle car celui-ci n’est pas un citoyen ordinaire. Il ne donne pas une opinion personnelle, il parle au nom d’intérêts supérieurs. Il est en effet tout à la fois créateur d’emplois et pourvoyeur de richesses, et la bonne santé de notre économie dépend largement de ses initiatives. De surcroît, comme son nom l’indique, c’est un chef, investi de lourdes responsabilités et qui a prouvé son savoir-faire sur le terrain. Comment, dès lors, ne pas écouter ses doléances et suivre ses recommandations sur toutes ces grandes questions qui agitent la nation : la politique salariale, fiscale, sociale qui conditionne la survie de son entreprise et donc de la nôtre ? Cependant, au hasard de la joute oratoire en cours, on apprend que ce capitaine d’industrie, cet aventurier saint-simonien, ce gestionnaire hors pair et cet incomparable meneur d’hommes tient un salon de coiffure, une librairie-papeterie, une boulangerie- pâtisserie ou un bar-tabac et que l’on aurait pu le rencontrer dans le quartier où l’on fait habituellement ses courses. En vérité, plutôt que fréquentant les dîners en ville chez les patrons du CAC 40, on imagine davantage ces aimables figures d’une France familière tapant la manille ou la coinchée avec le facteur, l’électricien, le gazier dans un roman de Marcel Aymé. Qu’on ne s’y méprenne pas, nous ne nourrissons aucun mépris à l’encontre de ces honorables professions, exercées par "d’excellents français", eût dit Maurice Chevalier. On espère donc que les électeurs réfléchiront bien avant de voter, afin que des choix irresponsables n’accablent pas ces braves gens d’impôts, de charges et de tracasseries administratives qui les contraindraient à fermer boutique, voire à plier bagages.

 

Yoland Simon

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 16:05
En guise d’hommage à Cavanna

Cette lettre de Cavanna aux culs bénits date de 1994 : pourvu qu’en plus il ne soit pas visionnaire !

 

Envoi de B. A. que je mets en ligne avec retard

Siné

Siné

Lecteur, avant tout, je te dois un aveu. Le titre de ce livre est un attrape-couillon. Cette "lettre ouverte" ne s'adresse pas aux culs-bénits. [...]

 

 

Les culs-bénits sont imperméables, inoxydables, inexpugnables, murés une fois pour toutes dans ce qu'il est convenu d'appeler leur "foi". Arguments ou sarcasmes, rien ne les atteint, ils ont rencontré Dieu, il l'ont touché du doigt. Amen. Jetons-les aux lions, ils aiment ça.

 

Ce n'est donc pas à eux, brebis bêlantes ou sombres fanatiques, que je m'adresse ici, mais bien à vous, mes chers mécréants, si dénigrés, si méprisés en cette merdeuse fin de siècle où le groin de l'imbécillité triomphante envahit tout, où la curaille universelle, quelle que soit sa couleur, quels que soient les salamalecs de son rituel, revient en force partout dans le monde. [...]

 

Ô vous, les mécréants, les athées, les impies, les libres penseurs, vous les sceptiques sereins qu'écœure l'épaisse ragougnasse de toutes les prêtrailles, vous qui n'avez besoin ni de petit Jésus, ni de père Noël, ni d'Allah au blanc turban, ni de Yahvé au noir sourcil, ni de dalaï-lama si touchant dans son torchon jaune, ni de grotte de Lourdes, ni de messe en rock, vous qui ricanez de l'astrologie crapuleuse comme des sectes "fraternellement" esclavagistes, vous qui savez que le progrès peut exister, qu'il est dans l'usage de notre raison et nulle part ailleurs, vous, mes frères en incroyance fertile, ne soyez pas aussi discrets, aussi timides, aussi résignés!

 

Ne soyez pas là, bras ballants, navrés mais sans ressort, à contempler la hideuse résurrection des monstres du vieux marécage qu'on avait bien cru en train de crever de leur belle mort.

 

Vous qui savez que la question de l'existence d'un dieu et celle de notre raison d'être ici-bas ne sont que les reflets de notre peur de mourir, du refus de notre insignifiance, et ne peuvent susciter que des réponses illusoires, tour à tour consolatrices et terrifiantes,

 

Vous qui n'admettez pas que des gourous tiarés ou enturbannés imposent leurs conceptions délirantes et, dès qu'ils le peuvent, leur intransigeance tyrannique à des foules fanatisées ou résignées,

 

Vous qui voyez la laïcité et donc la démocratie reculer d'année en année, victimes tout autant de l'indifférence des foules que du dynamisme conquérant des culs-bénits, [...]

 

À l'heure où fleurit l'obscurantisme né de l'insuffisance ou de la timidité de l'école publique, empêtrée dans une conception trop timorée de la laïcité,

 

Sachons au moins nous reconnaître entre nous, ne nous laissons pas submerger, écrivons, "causons dans le poste", éduquons nos gosses, saisissons toutes les occasions de sauver de la bêtise et du conformisme ceux qui peuvent être sauvés! [...]

 

Simplement, en cette veille d'un siècle que les ressasseurs de mots d'auteur pour salons et vernissages se plaisent à prédire "mystique", je m'adresse à vous, incroyants, et surtout à vous, enfants d'incroyants élevés à l'écart de ces mômeries et qui ne soupçonnez pas ce que peuvent être le frisson religieux, la tentation de la réponse automatique à tout, le délicieux abandon du doute inconfortable pour la certitude assénée, et, par-dessus tout, le rassurant conformisme.

Dieu est à la mode. Raison de plus pour le laisser aux abrutis qui la suivent. [...]

 

  Un climat d'intolérance, de fanatisme, de dictature théocratique s'installe et fait tache d'huile. L'intégrisme musulman a donné le "la", mais d'autres extrémismes religieux piaffent et brûlent de suivre son exemple. Demain, catholiques, orthodoxes et autres variétés chrétiennes instaureront la terreur pieuse partout où ils dominent. Les Juifs en feront autant en Israël.

 

Il suffit pour cela que des groupes ultra-nationalistes, et donc s'appuyant sur les ultra-croyants, accèdent au pouvoir. Ce qui n'est nullement improbable, étant donné l'état de déliquescence accélérée des démocraties. Le vingt et unième siècle sera un siècle de persécutions et de bûchers. [...]

 

Bernard, avec mes excuses pour les non-mécréants...

En guise d’hommage à Cavanna
En guise d’hommage à Cavanna

Extraits de François Cavanna, Lettre ouverte aux culs-bénits, Albin Michel, 1994.

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 21:59
Faut-il détruire le Sénat et les bureaucrates d’Internet ?

Le sujet récent de Jean-François Launay « Delenda est Sénat ? » et ses avanies consécutives sur le « Plus » du Nouvel Observateur sont en apparence différents, en fait liés. Ils indiquent que le droit constitutionnel à l’emporte-pièce et la « modération » sournoise camouflée en censure sont des maladies curables, à condition bien sûr d’être décelées à temps.

 

Un petit exercice de cuistrerie latiniste pour commencer. Si la formule «  Carthago delenda est » (« Il faut détruire Carthage »), du vieux réac Caton l’Ancien, l’un des premiers tenants de l’invasion du Maghreb, est restée, elle le doit en partie au sinistre propagandiste pro-nazi Jean-Hérold Paquis qui a braillé dans la poubelle sonore de l’Occupation, Radio Paris : « L’Angleterre, comme Carthage, sera détruite… ». On trouve mieux comme référence démocratique, mais la syntaxe de Tacite est elle aussi malmenée.

Le Sénat, comme le latin Senatus, est du genre masculin. Le gérondif du verve deleo (biffer, supprimer), qu’on retrouve d’ailleurs dans l’anglais « to delete », doit s’accorder au sujet. Or, delenda convient à Carthago, ville féminine, mais pas au viril Senatus. On pourrait donc dire à la rigueur « Senatus delendus est », à seule destination des admirateurs du regretté Félix Gaffiot.

 

Bicamérisme égalitaire ?

 

En termes constitutionnels, les propositions de Jean-François Launay partent d’une évidence : toutes les circonscriptions électorales ne sont pas égales. L’évolution démographique et socio-économique, les charcutages politiques à répétition, la volontaire « prime à la France rurale », donc à la droite jusqu’en 2011, en sont les causes principales. Et de crier à l’injustice entre la Creuse et la Loire-Atlantique. Fort bien. Sur qui faut-il s’aligner ? Sur le 23, avec plus de 1000 sénateurs, ou le 44, avec les Creusois dans le trou ?

Le fond de la question est plus simple : faut-il ou non un Parlement bicamériste ? Si oui, y a-t-il prépondérance d’une Chambre sur l’autre ? La mise à égalité amènerait immédiatement une crise législative chronique. Le mode de scrutin actuel est supposé l’empêcher. On laissera de côté la question du cumul législatif-exécutif par les sénateurs.

 

Concurrence en direct

 

Le suffrage universel direct donne la primauté à l’Assemblée Nationale, après navette. Cela prend du temps et apporte peu de progrès dans l’élaboration des textes, mais c’est un gage de démocratie. D’autre part, le Sénat est supposé être le représentant des collectivités territoriales, alors que les députés ont un mandat avant tout national (on est toujours dans la théorie).

Imaginons maintenant deux assemblées élues au suffrage universel direct. Avec les mêmes circonscriptions  et la même durée de mandat ? L’une des deux est de trop. Avec un scrutin majoritaire uninominal pour le Palais-Bourbon, un scrutin proportionnel de liste pour le Luxembourg ? Le Conseil Constitutionnel s’en occupera et ce sera rapide.

Plus importante encore est la question de la légitimité. Pourquoi l’une des deux assemblées, élue dans les mêmes conditions que l’autre, aurait raison sur son épigone ? Pour éviter le blocage immédiat, deux solutions : un régime présidentiel à l’américaine ou un passage au monocamérisme. On n’évoquera pas la dictature, qui fait gagner du temps mais a d’autres conséquences.

 

VIe République et proportionnelle

 

Le monocamérisme économise les navettes, mais présente des risques qui peuvent se transformer en dérives. On a retenu l’envolée du PS André Laignel, petit jacobin de l’Indre lançant à la droite au Palais-Bourbon en 1981 : « Il a juridiquement tort parce qu’il est politiquement minoritaire ».  Les excitations et les surenchères des députés ne peuvent être tempérées que par un contre-pouvoir législatif. C’est le rôle théorique des « Sages » du Sénat, en fait de vieux cumulards, mais les supprimer réglerait-il les indignations de JFL ?

Je plaide pour l’instauration d’une VIe République supprimant un exécutif bicéphale, l’Assemblée Nationale élisant un Premier Ministre responsable devant elle, le Sénat étant élu au second degré (on peut modifier la désignation des « grands électeurs ») et représentant les échelons territoriaux. À condition qu’ils ne changent pas perpétuellement selon la vision régionale et « métropolitaine » de Nicolas Sarkozy, de François Hollande ou de Mme Bruxelles, avec la référence récurrente aux Länder allemands. Le mode de scrutin intègre une dose de proportionnelle à l’Assemblée Nationale et au Sénat, dans l’esprit des Conseils municipaux actuels, de manière à ce que toutes les organisations politiques représentatives (par exemple plus de 5 %) soient là. Par parenthèse, cela permettrait de mettre certains partis, comme le Front National, au pied du mur de l’action politique.

 

Blacklisté par Perdriel ?

La « censure » dont JFL dit avoir fait l’objet de la part de « Le Plus », annexe du Nouvel Obs’, n’est au fond pas éloignée de cette réflexion constitutionnelle. Hormis l’éviction indispensable des insultes, des injures racistes et des atteintes à la vie privée, de quel droit des « quiches stagiaires » se permettent-elles de sélectionner les opinions en se cachant derrière la discutable validité des sources de Wikipedia ?

Jean-François Launay se dit « blacklisté » par « Le Plus ». C’est probablement vrai, pour des raisons que j’ignore. Mais alors, pourquoi s’acharner à être publié par des medias qui ne l’aiment pas ? C’est d’autant plus injuste que je n’ai jamais noté dans le blog de JFL la moindre dissidence politique envers la ligne socio-libéralo-humaniste de Claude Perdriel. Au moment où il fourgue sa boîte au trio Niel-Pigasse-Bergé, il faudrait  envoyer un dernier SOS : « Reviens, Jean Daniel, ils sont devenus fous… ».

 

L’arroseur arrosé

 

Cette dictature « soft power » des stagiaires d’Internet s’appuie, comme toutes les censures, sur l’absence de droit constitutionnel appliqué. Les « modérateurs » sont d’abord des amputeurs, les défenseurs du politiquement correct et de la pensée pseudo-moderniste. Ce sont les mêmes que leurs collègues de « gôche » qui accusent ceux qui refusent l’Europe socio-libérale d’être des souverainistes préhistoriques, tendance bleu marine. Le Nouvel Obs’ a été particulièrement brillant dans ce genre d’exercice lors de la campagne du referendum sur la constitution européenne en 2005. On observera avec intérêt sa position sur les élections de 2014.

Jean-François continuera de lire « le pire des hebdos à l’exception de tous les autres ». Il n’est pas rancunier, même s’il semble regretter France-Observateur des grands anciens Martinet et Bourdet. Il donnera maintenant son argent au trio des nouveaux potes de Perdriel, acceptant de facto les pratiques de « Le Plus ». Après les penseurs, les banquiers et leurs bodyguards modérateurs du Web au QI rétréci. Les auteurs passent, les lecteurs restent. Il n’y a pas que le Sénat qui a besoin de cohérence et de légitimité.

Novus Observator delendus est ?

 

Gilbert Dubant

Claude Perdriel

Claude Perdriel

Commentaires du déblogueur

 

1°) Le M’ que je fus – je parle d’un temps que les moins de 65 ans ne peuvent pas connaître – ne sait du latin que les pages roses du Larousse d’autrefois et il subodorait que son « Delenda est Senat »* relevait du latin de cuisine ; mais il ne se soupçonnait pas disciple d’un certain Paquis dont, à sa grande honte, et malgré l’enseignement de F. Lebrun, il ignorait l’existence.

 

2°) Les objections sur la concurrence entre deux assemblées élues au suffrage universel direct sont, elles, parfaitement légitimes. De celles que j’escomptais si ma contribution avait dépassé l’audience de mon déblog. En revanche, instiller une once de proportionnelle dans l’Assemblée nationale me semble relever du bricolage (et qui ne satisfera même pas les éventuels bénéficiaires). Pour le Sénat, dans l’état actuel, on peut prétendre que ça existe (à partir de 3 élus dans un département). Mais n'a rien à voir avec une vraie proportionnelle.

 

3°) Le fait que Hollande ou d’autres, envisagent de remodeler la carte des régions ou métropoles n’a aucune conséquence sur le système d’élection sénatorial actuel, puisqu’il est sur une base départementale. Mais, en imaginant que l’on garde le système actuel de « grands électeurs », il est sûr qu’une répartition régionale des postes serait moins inéquitable qu’actuellement quel que soit le nombre de régions.

La référence, que je n’ai d’ailleurs pas faite, aux Länder est ambiguë : pour certains, c’est leur taille, mais ils se réfèrent à l’immense Bavière, oubliant la ville-Land de Hambourg, la Sarre ou même le Schleswig-Holstein ; pour d’autres, c’est une décentralisation plus poussée (quand on compare France et Allemagne, on oublie souvent que ces Länder ont des compétences bien plus larges que nos régions, avec de vrais parlements et gouvernements).

 

4°) Le pauvre Perdriel – mais qu’a-t-il donc fait pour mériter cet acharnement, ce co-fondateur du Nel Obs modèle Jean Daniel, qui a sans doute perdu plus d’argent qu’il n’en a gagné dans la presse et qui n’a, sauf preuve du contraire, jamais pesé sur la ligne de l’hebdo ? – n’est évidemment pour rien dans mon inscription sur la liste noire du Plus.

Mon rappel de France Observateur que j’ai découvert en 1961 – soit sans doute une vingtaine d’années avant qu’elle ne pousse le 1er vagissement – n’avait pour but que de signifier à la rédactrice en chef du Plus que, malgré les avanies subies, je restais fidèle à la maison-mère, le Nouvel Obs.

Quant au procédé qui consiste à jouer les victimes (leurs collègues de « gôche » qui accusent...), les mélenchonnistes qui  anathémisent et insultent tous azimuths en ont tellement usé qu’il ne relève plus que de la rhétorique d’estrade, dans laquelle excelle leur maître.

 

* Une petite recherche dans Bing – un clone de Gogol – m’a fait découvrir une page de grammaire latine sur l’adjectif verbal qui atteste bien de ce « Delenda est Cathago » ; outre Paquis, il semble bien, si j'en crois du coup le peu fiable wikipedia, qu'on le retrouve dans un Asterix et, pour m'être, Hannibal et ses éléphants aidant, intéressé aux guerres puniques dans ma prime jeunesse, j'avais découvert cet affreux Caton, sans l'aide de Radio Paris ("Radio Paris ment, Radio Paris est allemand", P. Dac)

ANNEXE

Sénat revu et corrigé

Faut-il détruire le Sénat et les bureaucrates d’Internet ?

Jouant au constitutionnaliste du dimanche – ce 19 janvier, jour anniversaire de la fondation de the most noble Order of the Garter (l’Ordre de la Jarretière) en 1349 – j’ai fait un petit tableau répartissant les 328 sénateurs*, issus de nos départements, entre les régions. Par paresse, j’ai récupéré un tableau de l’INSEE un peu vieillot (population en 2007) mais l’exercice peut être refait avec des chiffres actualisés. On divise la population totale par 328 et on obtient la représentativité moyenne (ici 194 en milliers) ; puis on divise la population de chaque région et on arrondit ; les écarts de représentativité subsistent mais sont très atténués. En vert les régions où le nombre de sénateurs progresserait, en rouge celles où il régresserait.

Même dans le système actuel, n’en déplaise aux départementalistes, une base régionale étendrait la proportionnelle à toutes les régions métropolitaines, sauf la Corse.

 

L’objection de l’égale légitimité des deux assemblées, puisque, dans ma proposition, toutes deux élues au suffrage universel, est déjà en partie résolue par la durée du mandat et la forme du renouvellement. D’un côté une assemblée nationale renouvelée entièrement dans une élection couplée avec la présidentielle et pour 5 ans. De l’autre un sénat, renouvelé par moitié, tous les 3 ans et des sénateurs élus pour 6 ans.

Certes, une dissolution peut découpler présidentielles et législatives, mais le fait que seule l’Assemblée Nationale, grâce au scrutin majoritaire à deux tours, peut dégager une majorité de gouvernement devrait suffire à assurer sa prééminence.

Donc, ce bicamérisme permettrait de répondre à la demande légitime de l’ensemble des familles politiques d’avoir une représentation nationale à la hauteur de leur poids électoral, tout en sauvegardant la nécessaire stabilité et l’efficacité législative en donnant toujours le dernier mot à l’Assemblée nationale.

 

 

* Les vingt autres viennent des territoires d’outre-mer et des français de l’étranger.

 

NB Il est intéressant de noter le conservatisme d'un représentant de la gauche, la vraie, à label auto-délivré, s'agissant du mode d'élection du Sénat ou le découpage régional actuel.

A noter aussi que le système électoral pour les communes de plus de 3500 habitants, si il assure une majorité plus que confortable, amène des maires à l'éthique étique - comme le mien - à confondre leur majorité municipale avec la réalité de leur représentativité. Ainsi le maire UMPiste local avec 8 sièges sur 10 oublie qu'ils ne représentent que 55 % des suffrages exprimés et méprise, à travers leurs quelques représentants, les 45 % opposants.

 

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 21:52

Cette contribution repose sur un malentendu.

Histoire de titiller les mélenchonnistes, j’avais, malicieusement je le confesse, fait suivre l’adresse d’un article d’un chevènementiste – eh oui ! ça existe, ils ne sont pas tous passés chez la Le Pen – intitulé J'avais voté Mélenchon en 2012, sans espoir : j'en ai de moins en moins, publié sur Le Plus, filiale du Nel Obs, signé d’un certain Elie Arié, que je ne connais ni des lèvres ni des dents, pour reprendre une vieille plaisanterie.

 

Bien sûr, le voir écrire « Chevènement n’ayant pas été candidat, j’avais voté pour Mélenchon au premier tour de 2012. Non pas dans l’espoir qu’il soit élu (son programme comportait trop d’incohérences, j’y reviendrai) […] Bien sûr, je me méfiais beaucoup de lui et de la sincérité de son "anti-libéralisme" soudain ; voilà un homme politique qui est tout sauf un naïf, qui avait derrière lui une longue carrière au PS, qui avait appelé à voter "oui" à Maastricht (contrairement à moi) en toute connaissance de cause, qui avait été ministre délégué à l'Enseignement professionnel, dans le gouvernement Jospin, le gouvernement qui... [je vous épargne toutes les horreurs de ce gouvernement] C’est à partir de la victoire électorale de Hollande que Mélenchon est progressivement tombé dans une dérive qui m’apparaît de plus en plus incompréhensible ; loin de tenter d’agir sur la politique de Hollande (…) Mélenchon s’est lancé dans une démagogie...

- populiste dans la forme : quelle différence entre son "Qu’ils s’en aillent tous (sauf moi, ancien sénateur, ancien ministre, député européen, etc. ) !" et le "Tous pourris (sauf moi, mais je n'ai jamais été au pouvoir) !" de Le Pen ?

- irréaliste dans le fond, tout son programme étant basé sur la capacité illusoire qu’aurait la France à imposer ses idées et sa ligne politiques à l’ Allemagne, à l’ Union Européenne, voire au monde entier - digne de la "démondialisation" d’Arnaud Montebourg qui ne lui aura servi qu’à faire un score suffisant aux primaires socialistes pour s’assurer un poste de Ministre, et oubliée aussitôt après. » …

le voir écrire cela, disais-je ne déplaisait à l'anti-mélenchon primaire et secondaire que je suis.

 

Ceci dit, comme on dit à Rabat, la diatribe de Gilbert est la bienvenue sur le DEBLOG NOTES !

MELENCHON, ARIE, LAUNAY : EGO ET POLITIQUE

Je lis le blog de Jean-François Launay, en particulier les articles sur la politique. Celui du 26 décembre 2013 sur Mélenchon a retenu mon attention pour au moins deux raisons. JFL confirme sa fixette sur JLM et donne un témoignage intéressant sous la plume d’Élie Arié. Les deux cas illustrent la difficulté de sortir des jugements ad hominem.

 

Élie Arié montre que chevènementiste échaudé craint l’eau tiède, celle du privatiseur Jospin, de l’antifinancier Hollande et du démagogue Mélenchon. Ce dernier n’a pas refusé le gouvernement du premier ni tiré un bilan accablant de son action.

 

Mélenchon a créé le Parti de Gauche et le Front du même nom en constatant la dérive socio-libérale du PS sous le secrétariat hollandais, la compromission du MDC chevènementiste avec des « souverainistes » fascisants, la descente en vrille du PCF et l’atomisation LCR/NPA (dont une partie a rejoint le FG). Il pensait que les socialistes néo-jospinistes ou rocardiens, même avec Henri Emmanuelli ou Marie-Noëlle Lienemann comme cautions « populaires », offraient un boulevard à une autre gauche de gouvernement. Son résultat au premier tour de 2012, quoique moindre qu’espéré, confirmait l’entrée au club des > 10 %.

 

Vive le roi d’Europe !

 

« Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre ». Avec ou sans Olympe, Jean-Luc Mélenchon a perdu ses codes de comportement. L’injure n’est pas argument, et le parler « cru et dru » confine à la beuglante de fin de meeting. Le partisan du Front de Gauche que je suis réprouve la grossièreté gratuite, tout simplement parce qu’elle est politiquement improductive.

 

Je suis moins d’accord avec Élie Arié quand il parle d’un programme « irréaliste dans le fond », parce que basé sur la « capacité illusoire de la France à imposer ses idées et sa ligne politiques à l’Allemagne, à l’Union européenne et au monde entier ». S’il veut dire que convaincre Angela Merkel, Mariano Rajoy ou José Manuel Barroso des bienfaits d’une Europe sociale est illusoire, il a raison. Mais si la France avait attendu que l’Europe soit d’accord pour abolir la monarchie, la capitale serait encore à Versailles. Le fait que les populations européennes « plus durement affectées par la crise » ne se soulèvent pas en masse confirme le mot prêté à Lénine : « La misère n’est pas révolutionnaire ».

 

Dessine-moi une révolution…

 

Encore faut-il s’entendre sur le mot « révolution ». Aucun citoyen politique ne devrait la voir comme un opéra chinois sous Mao-Ze-Dong. Le Parti Communiste a « fait son deuil depuis longtemps » des drapeaux rouges dans le palais du tsar. Cela n’interdit pas de proposer une politique fiscale davantage basée sur l’IRPP que la TVA, l’imposition au même niveau que les PME des profits du CAC 40 et des actionnaires stériles, le strict contrôle des 250 milliards annuels de fonds publics vers le patronat et la formation professionnelle, la lutte sans merci contre la bureaucratie et la dictature libérale des mandarins inoxydables de Bercy. Ce n’est peut-être pas « révolutionnaire » à Pyongyang, mais efficace à Paris. Le PCF ne propose pas une économie soviétique, mais contrôlée, munie d’outils de prévision, d’incitation et de correction sous le contrôle de pouvoirs publics décentralisés et responsables devant les populations.

 

La passion de l’irréalisme

 

Le prétendu « réalisme » du moment rend impossible tout changement réel de ce type. Cet « illusoire » pragmatisme se fonde sur une économie de casino mondial vampirisant les services publics, déconnectée de la réalité du plus grand nombre. Le tandem Hollande-Ayrault l’accompagne d’un discours à la fois « irréel » sur la courbe du chômage et « passionnel » sur les « génocides » en Afrique ou l’affaire Léonarda. En même temps, l’ex-maire de Nantes applique une stupide Écotaxe, capitule devant quelques poujadistes hérissés de bonnets rouges, puis relance son inutile aéroport de Notre-Dame des Landes. Matignon monte une énième version du Grand Paris en flinguant la petite couronne francilienne au profit d’un fouillis technocratique et électoraliste à masque de métropole. Hollande appelle au « choc de simplification » en compliquant les échelons territoriaux sans toucher aux coûteux Comités Théodule qui recasent les copains battus aux élections et leurs familles. «La France est sur-administrée et sous-gouvernée ». C’est le « think tank » socio-libéral Terra Nova qui le dit. Le Président n’écoute plus les amis ?

 

La sortie, svp !

 

C’est en sortant la France de ces vasières administratives que les autres Européens pourraient se dire que la politique française n’est pas si mauvaise. Qui pleure sur la disparition des fiches d’état-civil, de la vignette automobile ou de cette pitoyable Écotaxe publique-privée ? Qui sangloterait sur la retenue à la source de l’IRPP, libérant plus de 4000 fonctionnaires des finances pour renforcer l’inspection du travail, les contrôles sanitaires, les hôpitaux publics, les flics en civil à Marseille et Pôle Emploi ? Qui regretterait, sauf leurs auteurs déjà gavés, les milliers de sondages, de rapports et d’études commandés chaque année et enterrés sitôt que remis, au détriment de la recherche universitaire et de l’action culturelle ? Qui s’accrocherait à un porte-avions nucléaire aussi  souvent en panne qu’en mer ? Qui déplorerait le contrôle des sociétés d’autoroutes et des consortiums privés qui plombent financièrement l’aménagement du territoire ?

 

Si Mélenchon s’est enfermé, satisfait ou non, dans une « impasse politique », c’est son affaire. Personne n’est obligé de le suivre, pas plus que d’en faire son punching-ball quotidien.  La présentation d’une politique de gauche, argumentée et chiffrée, est plus urgente. Elle se fait cependant attendre. J’ai lu en 2012 le programme du Front de Gauche et de son candidat avec attention. Aucun chiffre n’y figurait, aucune date d’application non plus. Les autres programmes, dont celui de François Hollande, étaient du même bois creux.

 

C’est là une similitude avec les bons auteurs du déblog-notes de JFL, où l’ego prend largement le pas sur l’analyse. Les crocodiles sont dénoncés, la sortie des marécages n’est pas indiquée. J’ai essayé de donner quelques fléchages plus haut. J’attends ceux des camarades Arié et Launay.

 

Gilbert Dubant

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 08:16

Depuis quelque temps déjà, les experts de tous bords se demandaient pourquoi notre pays déclinait à la vitesse d’un astre solaire s’abîmant avec délices dans les flots céruléens de Lacanau-Océan. L’explication nous vint de C’est dans l’air grâce à Marc Fiorentino, et elle est si simple que l’on peut se demander pourquoi on n’y avait pas songé plus tôt. Car le chômage, ce mal qui répand la terreur, que la finance en sa fureur envoya pour punir un pays qui avait inventé les trente-cinq heures, le chômage, donc, ne pouvait être efficacement combattu par un Président qui jamais ne dirigea une entreprise, ni ne créa, tragique corollaire, le moindre emploi. On voit bien là, l’inconséquence de ce peuple, accordant ses suffrages à un imposteur incapable de rédiger un bulletin de salaire, de remplir une déclaration d’Urssaf, de faire le Père Noël pour les enfants du Comité d’entreprise ou de déjouer les perfidies d’un contrôle fiscal inopiné. Cette inexplicable aberration est d’autant plus impardonnable que depuis toujours les Français avaient choisi des Présidents qui furent d’extraordinaires chefs d’entreprise, à l’égal de Ford l’inventeur du fordisme, des Rockefeller père, fils et petits fils ou de Robert Poujade, le fougueux papetier de Saint-Céré. Ainsi, Charles de Gaulle installa, non loin de Soho, une distillerie du meilleur Whisky s’assurant, par là, le soutien de Winston Churchill dans son combat contre un sinistre trafiquant de schnaps. Pompidou, qui lui succéda, monta de toutes pièces un atelier de tuyauterie dont on peut admirer sur le site de Beaubourg les plus belles réalisations. Faut-il rappeler que Giscard fit merveille dans la conception d’accordéons que l’on peut encore entendre dans les bals musette où guinchent des marlous à casquette et d’ensorcelantes gigolettes, du côté de Nogent. Quant à Mitterrand, il fut tour à tour libraire dans le VIème arrondissement, responsable d’une équipe de gemmeurs du côté de Latche, puis tenancier d’une boutique de souvenirs sur la Roche de Solutré. En digne héritier du gaullisme, Jacques Chirac, après la distillerie du Général, couvrit le territoire de moult brasseries, avant de se reconvertir dans  l’organisation de rencontres de sumos. Et Nicolas Sarkozy fit merveille dans la promotion de la talonnette française auprès des pays émergents qui aspiraient à s’élever au niveau des plus grands. Devant les magnifiques carrières de ces illustres prédécesseurs, on se demande ce que fait à son poste l’actuel hôte de l’Élysée. Et on ose suggérer que Marc Fiorentino, qui a usé ses escarpins dans les couloirs de Wall-Street ou de la City, daigne enfin diriger le pays. Si ce n’est pas trop lui demander.

 

Yoland SIMON

 

 

 

 

 

 

 

 

PS Dernier ouvrage de Y. Simon

 

Page à Page

 

Les éditions de l’Aiguille sont une nouvelle maison d’éditions créée à Etretat.

Elles se proposent de publier des ouvrages de type littéraire comprenant tous les genres : poésie, essais, récits et romans, théâtre…

 

Pour leur nouvelle publication, elles ont choisi le Recueil Page à Page, Chroniques littéraires tenues par Yoland Simon sur Radio Albatros.

 

L’auteur a rassemblé ici des chroniques littéraires données depuis une dizaine d’années, au Havre, sur Radio Albatros. Il nous offre ainsi un ouvrage à la fois éclectique et subjectif et qui nous entraîne avec grand plaisir sur les chemins de traverse de la littérature comme sur les routes les plus fréquentées.

 

Yoland Simon vit aujourd’hui au Havre. Il a écrit une vingtaine de pièces de théâtre publiées notamment Chez Actes Sud, l’Avant-Scène, L’œil du Prince. Il a encore publié le roman Un Désordre ordinaire au Mercure de France, reçu le prix Jean Follain pour le recueil Fichue météo, chez HB éditions, et a récemment publié aux éditions de l’Aiguille, les Récits de Normandie.

 

 

 

Page à page 200 pages

Éditions de l’aiguille

21 rue Notre Dame 76 790 Etretat

 

Souscription 15 € (port compris)

Groupe Jeu Thèmes 9 rue de l’aviation 76600 Le Havre.

(Chèque à libeller à Groupe Jeu Thèmes)

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