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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 20:26

A Madame de Grignan-Paris (date illisible)

 

Je veux, ma très chère, vous conter ce fâcheux événement qui advint, il y a quelques jours, et dont le récit ne manquera pas de vous étonner. Vous savez combien, à la cour et à la ville, on s’est entichés d’un certain jeu de balle dont le spectacle rassemble, en de communes enceintes, les Grands, les bourgeois et le petit peuple. Chacun se passionne pour ces joutes où s’affrontent les plus galants gentilshommes, venus de toutes nos provinces et de plus lointaines contrées. Et on honore leurs exploits dans La Gazette en des odes dignes de Pindare. Or, figurez-vous, vous aurez peine à me croire, que l’un de ces tournois opposa certains barbaresques du Sultan d’Alger aux plus habiles et aux plus ardents de nos joueurs. Ces maudits mauresques, hélas, devant le Roi lui-même et les courtisans, sortirent vainqueurs  de ce formidable tournoi. Vous imaginez quelle désolation se répandit sur le Royaume. Mais, entendez, ma toute bonne, la suite extraordinaire qui fut donnée à cette affaire. Car ces insolents, qui eurent raison de nos plus vives espérances, osèrent se pavaner en un cortège épouvantable, poussant d’horribles clameurs et arborant des oriflammes de sauvages sur notre belle avenue du Palais des tuileries qui jamais ne connut pareil tumulte. Relevant l’offense ainsi faite au pays, le Duc de Zemmour, dont chacun admire les péroraisons, le Comte de Finkel qui commande nos régiments de Croates et Monsieur d’Estrosi, l’Intendant de votre vénérée Provence, ne manquèrent de s’élever avec leur coutumière véhémence contre une telle injure qui ne pouvait demeurer impunie. Pourtant, indifférent à leurs diatribes enflammées et à leurs libelles rageurs, le Roi dans sa grande sagesse choisit de pardonner à ces sujets de terres étrangères où l’on célèbre aussi sa gloire. Et, en cela, je reconnais la grande mansuétude d’un souverain habitué à voler de victoires en victoires et à pardonner à ses ennemis. Et, pour ma part, vous le savez, il n’est aucun de ces divertissements qui puissent me consoler de votre si longue et si cruelle absence et me libérer de ce chagrin dont aucune balle, si enjouée qu’elle fût, ne pourra me distraire.

Lettre inédite de Mme de Sévigné sur le jeu de balle

Note.

Tout en étant très fier d’avoir découvert ce texte encore inédit, je dois confesser ma perplexité. En effet, je n’ai, au cours de mes recherches, trouvé la moindre trace d’une confrontation entre ce qu’on appelle aujourd’hui l’Algérie et le Royaume de France qui se soit achevée par les troubles évoqués dans cette lettre. Il se peut que La Marquise ait confondu avec une rencontre entre la France et un petit terroir d’Ibérie qui serait le Portugal d’aujourd’hui. Et si celle-ci tourna à l’avantage de ces Lusitaniens, leur défilé, pour célébrer leur victoire avec leurs très chrétiennes bannières, ne fut dénoncé ni par le Duc de Zemmour, ni par le Comte de Finkel, ni par Monsieur d’Estrosi.

 

Yoland SIMON

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 17:24
Paradoxes portugais

A qui perd gagne ! La coalition de droite sortante perd nettement la majorité absolue mais est considérée comme victorieuse. Le PS gagne des voix et des sièges, mais longtemps désigné comme vainqueur par les sondages, il est jugé perdant. Les listes de gauche ont la majorité absolue, mais le PC, en ayant passé plus de temps à vilipender le PS qu’à attaquer  la droite sortante, rend cette majorité très problématique. Un seul vainqueur reconnu de tous : le parti de l’abstention.

Forces en présence

 

  Portugal à Frente (En avant le Portugal) réunissait le Parti Social-Démocrate (PSD) et le Parti Populaire), qui avaient écrasé le PS sortant en 2011 avec un peu plus de 50% et 132 députés sur 230 !

  Partido Socialista (Parti Socialiste), le parti de Mário Soares qui fut le premier chef de gouvernement de l’après-salazarisme, avait connu sa plus lourde défaite aux élections de 2011, avec 28,1% et 74 députés.

  Et on trouve encore un Bloco de Esquerda (Bloc de Gauche) qui, bien que fondé en 1999, est comparé à Syriza ou Podemos, avait aussi échoué en 2011 avec 5,17 % et 8 députés.

Puis le PC et ses alliés verts - Coligação Democrática Unitária (CDU) – qui avait eu 7,90 % % des voix et 16 députés.

Paradoxes portugais
Paradoxes portugais

L’impossible alliance

 

Ce qui ressort du tableau de wikipedia, c’est d’abord l’ampleur de l’abstention à 43%. Seuls 6 portugais sur 10 se sont déplacés pour voter. Avec onze points et demi en moins et 33 députés de moins (perte peut-être moins élevée avec les 4 députés de l’étranger encore à élire) et surtout la perte de la majorité absolue, la victoire proclamée de la coalition de droite sortante ne se nourrit que de la division de la gauche.

 

Car le PS avec un tiers des voix gagne 11 sièges, le Bloc de gauche, en gagne autant et double pratiquement ses voix et si le PC passe derrière le bloc de gauche, il progresse légèrement avec un député de plus. Tout compté, les partis de gauche comptent 121 députés, donc la majorité absolue !

 

Sauf qu’entre le PS fidèle à l’Union Européenne et à la monnaie unique et le PC, marxiste-léniniste à l’ancienne, souverainiste, donc voulant une sortie de l’euro, c’est l’impossible alliance. D’autant que son leader Jerónimo de Sousa s’est plus employé à attaquer António Costa, tête de file PS, que le premier ministre sortant, Pedro Passos Coelho, qualifié pourtant de bras armé de la troika. Quant au bloc de gauche, bien que depuis sa création il ait rejeté toute idée d’alliance avec le PS, il a quelque peu abandonné son intransigeance au cours de la campagne électorale.

 

La situation est d’autant plus bloquée que l’espoir déçu d’une victoire au PS provoque de forts remous internes et que Costa est contesté.

Le Portugal rentre donc dans une forte zone d’incertitudes d’autant que les prochaines élections présidentielles vont le faire rentrer dans une nouvelle campagne électorale. Une majorité d’opposition peut rendre le pays ingouvernable pour la droite, mais sans proposer de solution alternative.

 

Voir : http://internacional.elpais.com/internacional/2015/10/05/actualidad/1444036182_434910.html

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