Une nouvelle contribution de Gilbert Dubant
Inlassablement, Sarkozy et Hortefeux passent des couches de bêtises anticonstitutionnelles sur le moindre fait divers où l’on trouve du Samir ou du Mamadou : déchéance de nationalité, condamnation des parents, quoi de plus ? On leur fait confiance.
Évidemment, les medias qui emploient des réacs professionnels ou des perroquets stagiaires reproduisent, y compris les pires inepties. Au tableau d’horreur, les « gens du voyage » font bonne figure, dans la série « On mélange tout et on recommence… ».
DES ROUMAINS SANS CARAVANES
Premier épisode récent : des Français vivant en caravane saccagent une gendarmerie à Saint-Aignan-sur-Cher parce qu’un de leurs cousins a pris une balle dans la tête en forçant un barrage de gendarmerie. L’affaire est vite réduite après l’enterrement et on passe à un sujet plus large : les camps pour « gens du voyage ». Comme ces Manouches, Sintis et autres Gitans sont Français depuis des générations et ont des associations de défense qui risquent de faire voter, il faut trouver un autre gibier. On va donc laisser des questions gênantes comme « Comment fait-on pour acheter une berline Mercedes qui tracte une caravane Fendt pour huit personnes quand on change de domicile toutes les trois semaines ? ». On imagine un sympathique agent du fisc posant la question à l’heure de l’apéro et repartant gratuitement à bord d’un Samu.
Heureusement, nous avons les Roms, qui ne sont même pas Français et qui squattent les friches des banlieues pourries. Et les medias en rajoutent dans l’ignorance du vocabulaire et de la réalité. Petit essai de clarification.
Ils sont Roumains, ne s’appellent pas Roms, mais Tziganes* (« Tsigani », en roumain) et seraient environ 15000 (chiffre impossible à vérifier) dans l’Hexagone, avec réassortiment régulier. En Roumanie, les chiffres varient entre 450 000 (dernier recensement, mais l’INSEE n’est pas là) et deux millions. On en trouve également en Bulgarie, Hongrie, Balkans.
LE RACISME ET LA BOUE
Quand on regarde leurs campements en région parisienne, on est pris entre deux sentiments : la honte de laisser vivre des êtres humains dans de telles conditions et l’incompréhension devant leur mode de vie et les raisons de leur présence. Pourquoi diable sont-ils venus ? Pourquoi ne pas chercher des ressources dans le pays d’origine ?
En Roumanie, le racisme est généralisé et un parti comme « Romania
Mare » (Grande Roumanie), expansionniste et fascisant, ferait passer Le Pen pour un modéré. Réflexion entendue chez un « intellectuel » francophone et francophile:
« Je ne comprends pas pourquoi vous acceptez tant de Nègres en France… » À propos des Tziganes, une professeure de biologie : « Il faut les gazer comme des
poux… ». Hitler pas mort ?
Côté Tzigane, la cause n’est pas facile à défendre. Emir Kusturica et Tony Gatlif sont des cinéastes de talent, mais « Gadjo Dilo » est aussi vraisemblable que Spiderman. Les Tziganes roumains, tous sédentaires, vivent dans des villages dont la caractéristique est la crasse. C’est en cela qu’ils se différencient des villages non-tziganes, qui ne connaissent pourtant l’assainissement que par la télévision. Un exemple : en Transylvanie, sur les quelque 35 km qui séparent Alba Iulia de Zlatna, il y a sept villages, dont un tzigane. C’est le seul où l’on peut voir des enfants en bas âge se rouler nus dans un fossé rempli d’une boue sombre qui sert de fosse non septique et de décharge publique en attendant le prochain orage. S’ils ne sont pas villageois, ils s’agglutinent dans les faubourgs-bidonvilles de Bucarest ou Brasov, où ils se livrent à leurs activités traditionnelles : le vol et la mendicité.
LA MAUVAISE RÉPUTATION
On trouve quelques exceptions à la piatsa
rousa (marché russe, marché aux voleurs). Les caïds tziganes sont reconnaissables à la Mercedes ou la BMW, aux énormes bijoux en or, gourmettes, chaînes, bagues, et aux activités :
trafic de devises (euro, dollar, rouble, etc), de filles, d’armes, principalement.
Circonstances aggravantes pour le Roumain moyen : ils sont réputés (à mon avis de façon exagérée) d’avoir été les nervis de la police politique de Ceausescu, la Securitate, d’estropier volontairement les jeunes enfants mendiants pour mieux apitoyer, et de pratiquer le viol et l’inceste. Ajoutons un taux d’alphabétisation pitoyable, dû à la fois au rejet de l’école par les familles tziganes et au rejet des enfants tziganes quand ils s’y aventurent, et l’on comprendra un peu mieux pourquoi leur pays ne leur semble pas paradisiaque. Pour être juste, leurs concitoyens « normaux » leur reconnaissent un seul talent : la maîtrise du violon.
Pourquoi viennent-ils en France ? En Roumanie, notre pays a une réputation exagérément flatteuse : riche, hospitalier, magnifique, etc. Le français est la première langue étrangère enseignée et la plupart des élites sont francophones. Bref, Cocagne et sa banlieue.
C’est justement dans cette banlieue qu’ils arrivent, mais ce qui nous semble une poubelle à ciel ouvert est leur environnement en Roumanie, parfois en pire. La France est excellente. Il faut rester, d’autant plus que la police française, comparée à sa collègue roumaine, est une œuvre de bienfaisance.
Y A-T-IL DES SOLUTIONS ?
Ils ont vite compris que la Roumanie est
entrée dans l’Union Européenne et qu’ils en sont par conséquent citoyens. Et si le gentil président Sarkozy veut les virer, on leur donne de l’argent pour revenir « back home ».En
France, ce n’est pas le Pactole, là-bas, on vit plusieurs mois avec 1000 euros. Après, on refait le chemin en sens inverse, en attendant l’expulsion suivante indemnisée.
Ces conditions de vie humainement inadmissibles s’accompagnent d’un risque sanitaire : le suivi médical absent fait resurgir en France des maladies prétendument éradiquées, comme la tuberculose.
Que faire, au-delà des gesticulations de Sarkozy et d’Hortefeux ? Assurer un minimum d’hygiène dans les campements « sauvages » et aménager des aires d’accueil, avec des subsides minimum. Scolariser les enfants, ce qui sera très difficile au regard de ce que rapporte une journée de vol à la tire sur les Champs-Élysées. Mettre en place des travailleurs sociaux bilingues.
Évidemment, le mode de vie français majoritaire est si éloigné du leur, par exemple le rapport au travail et la nécessité de formation, que tout cela n’est que vœux pieux aujourd’hui. Mais peut-on se contenter de hurler « Dehors ! » en sachant que c’est inutile ? Les Tziganes reviennent toujours sur les lieux de leurs primes.
Gilbert Dubant
* Les tsiganes forment un peuple indo-européen. Il s’agit des Kshattriyas qui, venus du nord de l’Inde, sont arrivés en Grèce au IXème siècle. Puis, au XIIIème siècle, les Rajputs les ont rejoints. Ensemble, ils ont formé la Romani Cel – le peuple tsigane – d'où leur surnom de "Romanichels", mais ils se nomment eux-mêmes Romané Chavé, c'est-à-dire "fils de Ram" (héros de l'épopée indienne Ramanaya). Comme les tsiganes n’ont pas d’État propre, ils sont dispersés non seulement à travers l’Europe, mais aussi en Amérique (Argentine, Brésil, Colombie, États-Unis). Bien qu’il n’y ait aucun recensement sur leur population, on estime leur nombre à environ 80 millions, mais la quasi-totalité des tsiganes ont perdu l’usage de leur langue ancestrale et se sont assimilés à leur pays d’accueil.
Les tsiganophones habitent surtout la Bosnie-Herzégovine, la Roumanie, la Pologne, la Hongrie, l’Albanie, la Grèce, la Slovaquie, l’Ukraine, le Portugal, l’Espagne, la Norvège, la Suède, la France, les Pays-Bas, l’Italie et l’Allemagne. On distingue le tsigane des Balkans (Serbie), le tsigane des Carpates (République tchèque), le tsigane finnois (Finlande), le tsigane sinté (Serbie), le tsigane gallois (pays de Galles), le tsigane valaque (Roumanie), le tsigane gréco-turc, etc. La langue que parlent les Tsiganes serait à l’image de l’itinéraire de leurs ancêtres: le romani paraît donc différent d’un pays à l’autre, très teinté de particularismes linguistiques, tout en conservant une certaine intercompréhension. On dénombre au moins une quinzaine de variétés de langues tsiganes:
http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/tsiganes.htm
Voir aussi http://www.roumanie.com/Roumains-tsiganes_tziganes-A440.html
Je lis les deblog-notes de Jean-François Launay chaque fois que
l’électronique m’en apporte. Je partage un grand nombre de points de vue et leur traitement ironique. Si le lecteur que je suis se transforme en intervenant, c’est à cause d’Éric Zemmour et du
papier intitulé sobrement «
La chronique de Caroline Fourest est différente. D’abord, on n’y trouve pas une seule insulte ou grossièreté. Deuxièmement, au lieu de réfuter des évidences visuelles (le nombre
de footballeurs noirs en équipe de France), elle tente de montrer l’intention de nuire. Le refus du progrès social et scientifique s’est toujours caché derrière d’épaisses banalités (chacun peut
voir que la terre est plate, une femme ne peut travailler quand elle a des enfants, etc). Caroline Fourest ne se contente pas de montrer, elle démontre, en replaçant l’affaire dans sa
réalité : « Il ne s’agit pas « d’hitlériser » Éric Zemmour, mais de démentir un cliché de plus. On peut être journaliste, cultivé et flatter l’instinct
primaire ».
C’est un beau roman, c’est une belle histoire. Je veux parler de la France. Comme on l’a rêvée dans le Lavisse de l’école républicaine et dans les manuels de sa
consœur confessionnelle. Tant de bonnes fées se penchèrent dans le passé pour combler le pays de leurs bienfaits. Rome qui eut le bon goût de longuement lui mitonner sa langue incomparable ;
l’Église qui, dans sa grande bonté, lui offrit vingt siècles de chrétienté ; Vercingétorix qui forgea un inébranlable esprit de résistance chez de pittoresques ancêtres gaulois ;
Clovis, cet étranger bien de chez nous, qui tout à la fois battit notre monnaie et les Allemands. Continuons ce merveilleux périple, avec Capet et ses nombreux descendants qui, en mille ans,
arrondirent le magot de nos territoires et de leur royaume.
Saluons,
bien sûr, la bergère de Domrémy qui sauva de la faillite le si gentil Dauphin de nos comptines. Donnons, en passant, un petit coup de chapeau au panache blanc du Béarnais, et honorons, comme il
convient, les soldats de l’an II, le génie de Napoléon et les poilus de Verdun. Enfin, n’oublions pas que cette terre bénie des dieux fut aussi celle des Lumières, des droits de l’homme et de la
Fête de la musique. On comprend, dès lors, la méfiance inspirée par des gens qui ne connaissent rien de ce précieux héritage, qui n’ont jamais cueilli le gui dans nos forêts d’Armorique, ni
secondé Godefroy de Bouillon dans ses escapades moyen-orientales, ni répondu à l’appel de la Pucelle pour bouter l’Anglais de l’autre côté du Channel, ni mangé la poule au pot tous les dimanches
à la table du roi Henri, ni suivi le Petit Caporal sous le rutilant soleil d’Austerlitz, ni, comme tout le monde, accompagné Victor Hugo dans sa dernière demeure, pleuré la mort de Marcel Cerdan
ou cassé quelques fauteuils aux concerts de Johnny Hallyday. En vérité, encore une fois, je vous le demande : comment, sans un sérieux recyclage, donner à ces hordes ignares qui se pressent
à nos frontières une carte d’identité nationale… Pardon, une carte nationale d’identité ?
Quelques remarques et questions sur l'affaire Polanski qui agite si fort le deblog-notes de Jean-François Launay, promis au croc de boucher made in Web par l'AVC (Amicale
des Vertueux Compatissants).
c) Que s'est-il passé dans la maison de Jack Nicholson, parti au ski ? Nous
avons les déclarations détaillées de Samantha Geimer, 45 ans, trente ans après2, et la reconnaissance de "unlawful sex" de la part de Roman Polanski. Même si la loi américaine est
différente du droit français, selon lequel "aveu n'est pas preuve", il semble indiscutable que les deux aient eu des rapports sexuels. Consentis ou non par Samantha ? Nul ne le sait, sauf
elle.
Prudence aussi sur la laïcité du mouvement « Amazigh ». Des écrivains comme Abdelhak Serhane1 sont considérés en Europe, et à juste titre, comme des auteurs importants.
Son livre « Les Enfants des rues étroites », qui se passe à Azrou, est un réquisitoire glaçant contre une société où la pédophilie et la servilité sont les enfants d’une dévotion à
l’Amir-al-Mouminin et d’une bigoterie affichée. Le laïc et regretté Driss Chraïbi2 était un Arabe de la côte, la dernière race après le crapaud juif pour les Imazighen3 bon
teint. Le protectorat avait commis la même erreur en 1930 avec le « Dahir berbère4 », qui a d’ailleurs donné naissance au Collège du même nom4, alias Lycée Tarik
Ibn Zyad.
Sur le grand cahier des opinions comptabilisant les incompétences supposées des enseignants, le Président de la République vient d'ajouter d’un coup de plume peu angélique une nouvelle doléance valant le détour, même si comme tous les chemins celui-ci mène à Rome, et plus précisément... au Vatican !