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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 19:09

Qu’elle était belle à voir la froide indignation de la dame Chabot, quand elle apprit que le vilain Vincent Peillon lui faisait faux bond !

 

L’impartiale directrice de l’information a-t-elle fait la bise à Besson, ou l’inverse (le baiser de Judas). Les caméras n’étaient pas là, pour nous montrer la probable scène.

 

Car, la chère Arlette a la bise facile. C’était en 2006, à l’issue de l’émission, en toute complicité, la dame s’était levée pendant le générique de fin pour claquer une bise sur la joue droite et même une autre sur la joue gauche de Jean-François Copé.

chabotcope1

Chabotcope2

 

Avec toute l’impartialité qu’on lui connaît, elle avait choisi, pour inaugurer la nouvelle formule de son émission politique, la veille du jour où le CSA allait décompter les temps de passage à la télé et à la radio des candidats à la présidentielle, le sémillant Ministre de l’intérieur de l’époque. Un pur hasard ! Et, à l’issue du débat du 2e tour des présidentielles, après que S. Royal s'était déplacée pour lui serrer la main, elle alla faire la bise à N. Sarkozy.

 

Mais l’ado capricieux ne lui fut guère reconnaissant. D’abord éliminée des entretiens avec UBUprésident, elle dut subir ses foudres, à l’issue de l’entretien qu’il avait décidé de donner à Ferrari et à Pujadas, à Nouillorque (rompant une fois de plus avec la tradition qui veut qu’un président ne s’exprime pas sur la politique intérieure à l’étranger). Elle avait eu le malheur de mettre son grain de sel dans un échange musclé entre le colérique et Kouchner. « Manifestement « à cran », Nicolas Sarkozy part aussitôt en flèche. Il se plaint de l'absence... de « vraies émissions politiques » sur le service public, regrettant feue L'Heure de vérité de François-Henri de Virieu. Curieuse critique qui ne résiste pas à l'examen des faits… ». Le Point

 

Humiliée publiquement, mais elle doit aimer cela, Arlette. Car le 26 novembre 2009, dans son émission, elle n’eut de cesse d’interrompre Martine Aubry, laissant M. Copé développer ses propos sans interruptions, lui. Il n’eut cependant pas droit à une bise… publique. Une autre fois, montrant qu’elle a bien assimilé l’idéologie sarkozyenne, elle essaiera de remettre de l’ordre dans un débat qu’elle était censée diriger en s’exclamant : « je n’ai jamais vu ça… c’est la culture banlieue qui entre dans le débat politique. Tous les coups sont permis ! ». (Mais peut-être faisait-elle allusion à une banlieue chicos où, de fait, un fiston de celui qui fait président poignardait dans le dos la tête de liste aux élections municipales ?).

 

Alors, la pôvrette a été victime d’un « coup d’éclat » du « voyou » Peillon (la « culture banlieue », on vous dit). Mais comme l’analyse fort bien Daniel Schneidermann, c’est son émission qui était piégée. « Quel qu'ait été l'ordre des prises de paroles et des préséances, cette émission était de toutes manières conçue comme valorisante pour Besson, portraituré seul en préambule (ma biographie, ma famille, mon antiracisme viscéral, mon enfance au Maroc, mes blessures intimes, mes plaies ouvertes, etc.), avant d'affronter successivement les deux serre-livres de gauche et d'extrême-droite (n'ayant pas droit, eux, à leur quart d'heure de moi-moi-moi, et réduits au statut de contradicteurs, donc de faire-valoir). De ce dispositif, Besson devait sortir dans la position du réaliste mais humain. Même détaillé aimablement aux participants au téléphone, ce dispositif en lui-même était un piège (sans parler du principe de consacrer une émission entière au fumigène de Besson). »

 

Peillon a donc bien eu raison de refuser de jouer le jeu de l’impartiale Mme Chabot. Et s’il a dû attendre le dernier moment, c’est certes pour donner plus d’éclat à son coup, mais aussi pour éviter qu’un Valls, qu’un Lang, voire un Dray, toujours prêts à tirer contre leur camp, ne vienne servir de caution pluraliste à Chabot.

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 18:20

Aristide-Briand3

Charles Chabert* Député de la Drôme, dans cette riche séance du 26/06/1905 présenta un amendement : « Les ministres des différents cultes ne pourront porter un costume ecclésiastique que pendant l’exercice de leurs fonctions. »

 

« Il est étrange, il est véritablement incompréhensible, qu’un projet de loi si longuement et si mûrement étudié […] ne dise pas un mot d’une question qui a une importance extrême, capitale, le port du costume ecclésiastique.

Cette omission est-elle voulue ? […] En tout cas elle a surpris bien des gens dans tous les camps.

Pour tous les républicains, pour nombre de catholiques et pour nombre de prêtres, il est clair dans leur pensée, qu’aussitôt le nouvel ordre des choses établi, aussitôt voté la loi de séparation, le costume ecclésiastique, s’il n’était pas radicalement aboli, serait rangé parmi les vieux accessoires démodés et hors d’usage, disparaîtrait des places publiques et ne sortirait plus de l’ombre des sacristies et des sanctuaires.

antisoutane Est-ce que par hasard la Chambre estime indigne d’elle de s’occuper de tels détails ?  Veut-elle laisser libre le port de la soutane ? […]

 

Dans les premiers siècles de la chrétienté, les ecclésiastiques s’habillaient comme tout le monde et ce n’est que plusieurs siècles après la naissance de la religion nouvelle qu’ils jugèrent à propos de se différencier des autres citoyens.

 

[…] Pourquoi maintiendrait-on aux ecclésiastiques le privilège de conserver et de porter un costume qui jure si étrangement avec les mœurs et les goûts modernes ? […] sous le régime que nous allons installer, alors que l’État se sera installé dans la neutralité la plus absolue serait-il possible que nous aurions quand même le port d’un costume spécial. […]

Il importe d’autant plus de statuer sur ce sujet que le costume ecclésiastique [soulève des controverses nombreuses et donne lieu à des polémiques].

 

Ce costume favorise [l’autorité sur une partie de la population] et c’est précisément une des raisons principales pour lesquelles l’Église attache au costume de ses ministres une telle importance.

Par l’effet du costume qui les sépare et les distingue du vulgaire, les prêtres apparaissent aux yeux des fidèles – et c’est là ce que veut l’église – comme autre chose et plus que les hommes.

soutane-cure-nonne Le prêtre se considère comme l’intermédiaire entre Dieu et la créature […] d’un mot, il peut absoudre, d’un mot il peut réaliser les plus inouï des miracles : faire descendre son Dieu dans un morceau de pain.

[Il cite un passage d’un ouvrage d’un sulpicien pour les futurs prêtres : « L’avons-nous prise (la soutane) avec joie, comme un habit d’honneur qui nous dégage de l’ignominie de l’habit séculier… »]

Le costume religieux n’est-il pas essentiellement un emblème ? Son port n’est-il pas au premier chef une manifestation confessionnelle ? […] Les choses de la conscience, dans la conscience : tel est bien l’esprit de la loi que nous élaborons.  Mais la soutane en public, ce sont les choses de la conscience dans la rue.

 

D’autre part, vous avez pu être témoins des manifestations diverses que provoque assez souvent dans nos villes le passage d’une soutane […] ils exposent les prêtres à de désagréables surprises. Eh bien ! ne devons-nous pas empêcher que cet état de choses se perpétue ?

 

[En Suisse, en Angleterre, en Amérique] les ecclésiastiques s’habillent comme tout le monde…

 

Libre à chacun de s’habiller comme il lui plaît, voilà qui paraît simple et facile. Oui, quand vous aurez ôté à telle ou telle façon de se vêtir sa signification ou son prestige.

 

[…] Le prêtre obligé de sortir en soutane est aussitôt remarqué, ses moindres soutanedémarches sont connues et commentées. […] Supprimez le costume et aussitôt le prêtre devenu une unité ordinaire dans la foule immense, échappe à son supérieur, s’évade de cette tyrannie de tous les instants […] le costume le rend prisonnier de sa propre ignorance, je dirai presque de sa propre bêtise. […] c’est à cause du costume qu’il y a une telle distance entre les séculiers et les ecclésiastiques.

[…] Voyez ce jeune prêtre qui passe dans la rue : son regard est timide, presque fuyant, son pas est lent et compassé, sa tête est penchée sur l’épaule, ses mains qui se perdent dans de larges manches sont croisées sur sa poitrine : est-ce un homme ?

 

[…] Il y a des prêtres, je le reconnais, qui pour rien au monde ne consentirait à quitter leur habit, mais un plus grand nombre d’entre eux – et ce sont les plus intelligents, les plus instruits – attendent avec anxiété cette loi qui les rendra libres.

[…] De ce serf, de cet esclave faisons un homme. C’est ce que je vous demande au nom de la logique, au nom de l’humanité. »

 

Aristide-Briand2  Aristide Briand, rapporteur, lui répond : « Au risque d’étonner l’honorable M. Chabert, je lui dirai que le silence du projet de loi au sujet du costume ecclésiastique qui paraît le préoccuper si fort, n’a pas été le résultat d’une omission mais bien [celui] d’une délibération mûrement réfléchie. Il a paru à la commission que ce serait encourir, pour un résultat plus que problématique, le reproche d’intolérance et même s’exposer à un danger plus grave encore, le ridicule que de vouloir, par une loi qui se donne pour but d’instaurer dans ce pays un régime de liberté au point de vue confessionnel, imposer aux ministres des cultes de modifier la coupe de leurs vêtements.

 

[…] Ce que notre collègue voudrait atteindre dans la soutane, c’est le moyen qu’elle procure de se distinguer facilement des autres citoyens.

Mais la soutane une fois supprimée […] si l’église y trouvait son intérêt, l’ingéniosité combinée des prêtres et des tailleurs aurait tôt fait de créer un vêtement nouveau […] pour permettre au passant de distinguer au premier coup d’œil un prêtre de tout autre citoyen.

 

[…] Quant au prestige dont jouit la religion dans nos campagnes, je crois qu’il serait téméraire de l’attribuer uniquement [à la soutane].

 

[La commission] a pensé qu’en régime de séparation la question du costume ecclésiastique ne pouvait plus se poser. […] La soutane devient dès le lendemain de la séparation un costume comme un autre […] C’est la seule position qui nous ait paru conforme au principe même de la séparation. »

 

Extraits du débat du 26 Juin 1905 http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/eglise-etat/sommaire.asp#compte_rendu.

On peut déplorer que les photos des pages de comptes rendus des débats soient d’une telle médiocrité technique rendant certaines colonnes illisibles et les autres difficiles à déchiffer.

 

Assietteaubeurresoutane

 

Tout est déjà dit. La soutane n’est pas une obligation religieuse, puisque dans certains pays les prêtres n’en portent pas. C’est donc l’expression d’un catholicisme obscurantiste, fanatique…fondamentaliste, pour tout dire. En portant cette soutane, les prêtres veulent établir une « barrière infranchissable entre eux et la société laïque ». Et en même temps, cette longue robe noire est une atteinte évidente à leur dignité masculine ! (cf Jean Baubérot) On croirait lire du Valls sur la burka !

 

chabert charles* Né le 16 décembre 1852 à Saint-Donat-sur-l'Herbasse (Drôme), mort le 30 septembre 1923 à Saint-Donat-sur-l'Herbasse.
Député de la Drôme de 1899 à 1908.
Sénateur de la Drôme de 1908 à 1923.
Sous-chef de bureau à la direction de la Caisse d'épargne postale, Charles Chabert militait dans les rangs du parti radical-socialiste et devint ainsi maire de sa commune natale et conseiller général de la Drôme.
Un siège de député s'étant trouvé vacant dans la deuxième circonscription de Valence pour le remplacement de M. Bizarelli élu sénateur le 9 avril 1899 et démissionnaire de son mandat le 15 mai suivant, une élection partielle eut lieu le 25 juin de la même année. Charles Chabert fut élu au premier tour de scrutin, par 10.012 voix contre 5.852 à M. Servan, son principal adversaire, sur 16.170 votants.
Dans son programme électoral il réclamait l'abrogation de la loi Falloux, se déclarait partisan de l'impôt progressif sur le revenu, de la réduction à deux ans du service militaire, des lois d'assistance et de solidarité sociales, de la réduction des dépenses, de la protection de l'agriculture, du petit commerce et de la petite industrie, de l'amélioration des chemins de fer, de la suprématie absolue du pouvoir civil sur tous les autres pouvoirs, du respect absolu de la liberté de conscience et de la laïcité complète de l'État.

Inscrit au groupe radical-socialiste et membre de diverses commissions, il participa à la discussion : du budget du Ministère de la Justice de l'exercice 1901, pour demander la suppression des « messes rouges » lors de la rentrée des tribunaux[…]
Lorsque vinrent en discussion le projet et les propositions de loi sur la séparation des Églises et de l'État, il déposa un amendement demandant l'interdiction du port du costume ecclésiastique en dehors des Églises (1905).
Il soutint constamment la politique des Ministères Waldeck-Rousseau, Combes, Rouvier, Clemenceau, et vota notamment la loi sur les associations (1901), la loi interdisant tout enseignement aux congrégations (1904), la loi de séparation des Églises et de l'État (1905), la loi militaire sur le service de deux ans (1905), la loi d'assistance aux vieillards et aux incurables.
Il fut encore réélu au premier tour de scrutin, aux élections générales du 6 mai 1906, par 10.609 voix, contre 6.114 à M. Vinay, sur 18.575 votants. Dans sa profession de foi, il réclamait le monopole de l'enseignement pour l'État, au moins pour les deux premiers degrés, un impôt unique et progressif sur le revenu et l'achèvement de la loi sur les retraites ouvrières et paysannes. …

http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche.asp?num_dept=1589

 

PS Sans doute était-il Franc-Maçon, car plusieurs interruptions font clairement allusion à cette affiliation.

 

soutanes pretres 1932

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 22:06

fete-dieu

La loi de 1905 a donné lieu à des débats de haute volée, ainsi celui sur l’Article 25 qui, dans sa rédaction initiale, édictait que les églises, séparées de l’état, « n’ont pas le droit d’emprunter la voie publique pour les manifestations de leur culte » car elles imposeraient ainsi « aux indifférents, aux adeptes des autres confessions religieuses le spectacle inévitable de leurs rites particuliers. »

 

Le débat a d’abord lieu à fronts renversés. C’est un député catholique, M. Groussau*,  qui combat cet article, mais avec des arguments inattendus dans sa bouche. Dans une argumentation rigoureuse, il cite un avis juridique de 1833, qui estime que cette conception « ferait tomber les croix et les cloches qui couronnent les églises, car qui sait si cette vue n’inquiète pas, n’afflige pas le non croyant et l’église de notre temps serait reléguée aux catacombes par le principe de la liberté comme l’église naissante par la persécution. »

Pour lui, citant à nouveau « Il n’y a point à tenir compte ses susceptibilités des libres penseurs ou des religionnaires de confessions différentes sous le prétexte que leurs regards peuvent se trouver offensés et leurs sentiments froissés. La liberté de conscience ne doit pas être conçue d’une façon négative, comme imposant aux différentes confessions religieuses l’obligation de se dissimuler, elle doit être conçue d’une façon positive, comme leur imposant de se tolérer réciproquement, ce qui implique pour chacune d’elle la faculté de se développer, de se manifester. »

 

Ce qu’approuve Ferdinand Buisson, Président de la commission, fondateur de la Ligue des Droits de l’Homme.

 

Groussau poursuit : « Les manifestations religieuses sur la voie publique seraient susceptibles de troubler l’ordre public » fait-il dire au rapporteur. Ce à quoi il rétorque : «  L’ordre public ne m’est pas indifférent, mais je crois qu’il ne faut pas lui donner plus qu’il n’exige légitimement, et, quand l’ordre public n’est pas en danger, il y a un autre intérêt qui s’impose, c’est celui de la liberté. »

« La manifestation publique des sentiments apparaît de plus en plus comme une nécessité dans un pays démocratique. » « Il faut se montrer libéral partout et ne mettre l’interdit nulle part. »

Il cite aussi un publiciste belge : « Depuis que la République est proclamée en France, le système des mesures arbitraires n’a pas été abandonné, il s’en faut, et elles ont été généralement approuvées parce qu’elles atteignaient des minorités détestées : on oublie qu’elles sont la négation de la liberté. »

 

A. Briand, avec esprit, rétorque  « Je n’ai pas vu, sans étonnement, mais aussi sans quelque plaisir, l’honorable M. Groussau faire brûler sur l’autel de la liberté tant d’encens que la Chambre en est encore toute parfumée », mais ne dit rien sur le fond.

 

Et il va se faire prendre à contre-pied par M. Noulens (député du Gers, Radical) qui indique que la Libre pensée était contre la prohibition des processions. « Nous pensons qu’il est nécessaire d’assimiler les processions et autres cérémonies religieuses à toutes les manifestations qui peuvent se produire sur la voie publique. »

 

 « Nous sommes dans un pays où il y a des Français qui jouissent de la liberté générale et qui, à condition qu’ils ne violent pas la loi et ne constituent pas un danger imminent et pressant pour l’ordre public, doivent être autorisés à manifester pacifiquement, même sur la voie publique, leurs opinions et leurs croyances. » affirme un républicain conservateur (Ribot)

 

L’amendement supprimant la prohibition des manifestations religieuses sur la voie publique fut adopté.

 

L’article, devenu 27, sera : « Les cérémonies, processions et autres manifestations extérieures d'un culte continueront à être réglées en conformité des articles 95 et  97 de la loi municipale du 5 avril 1884.
Les sonneries de cloches seront réglées par arrêté municipal, et, en cas de désaccord entre le maire et le président ou directeur de l'association cultuelle, par arrêté préfectoral.
Le règlement d'administration publique prévu par l'article 43 de la présente loi déterminera les conditions et les cas dans lesquels les sonneries civiles pourront avoir lieu.
 »

 

Ce débat fait donc litière de la fausse affirmation sur « privé/public » - les convictions religieuses ou philosophiques dans la sphère privée, la sphère publique étant « neutralisée » - que continuent de clamer certains.

Il n’est pas, non plus, dépourvu de résonance dans les débats actuels : la réflexion du publiciste belge s’inscrit ainsi quasi parfaitement dans le faux débat sur le voile intégral.

 

Extraits du débat du 26 Juin 1905 (qui comporte aussi un autre débat en résonance avec l’actualité sur la soutane) http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/eglise-etat/sommaire.asp#compte_rendu. On peut déplorer que les photos des pages de comptes rendus des débats soient d’une telle médiocrité technique rendant certaines colonnes illisibles et les autres difficiles à déchiffer.

 

* Député du Nord de 1902 à 1936.

groussau Fils d'un boulanger, Henri Groussau obtint son doctorat en droit et exerça la profession d'avocat. Professeur de droit administratif à la Faculté libre de Lille, il fonda en 1893 et dirigea la Revue administrative du culte catholique. Il publia de nombreux travaux de droit administratif et d'économie sociale, notamment en 1880 La guerre à la religion. L'un des premiers, il s'était conformé aux directives de Léon XIII sur le ralliement. II fut l'un des plus précieux collaborateurs de Jacques Piou et d'Albert de Mun.
Il fut élu pour la première fois député dans l'arrondissement de Lille le 27 avril 1902, par 5.778 voix contre 2.633 à M. Paul Saint-Léger, industriel, républicain radical. Il avait fait campagne sous l'étiquette de républicain libéral.
Il fit rapidement preuve d'une grande activité qu'il employa à défendre la liberté de l'enseignement et les congrégations.

http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche.asp?num_dept=3605

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 18:11
finky2
Un clou chasse l’autre ! Le scandale des scandales, la suppression prétendue de l’enseignement de l’histoire-géographie, souvenez-vous, avait provoqué une mobilisation tout azimut d’historiens et de granzintellectuels ! Et bien, cette pétition avait été fabriquée par le journal qui en a fait sa une pour faire du buzz comme on dit. Ce n’était pas une pétition dans le JDD, mais une pétition du JDD
(@si) ! Une conception originale du journalisme au JDD :  créer soi-même l’événement !  « Initiée par le journal, sans qu’il le mentionne nulle part, signée après avoir été lue au téléphone, rédigée avec un évident tropisme “Sciences Po” (par Serge Berstein découvre-t-on) etc. » écrit E. Davidenkoff, qui ajoute : « Et tant d’intellectuels, d’universitaires, qui expliquent sans doute à leurs étudiants les vertus du doute et de l’esprit critique, pour signer dans ces conditions. […] Je l’écrivais hier : les signataires ne sont ni sots, ni analphabètes. Juste… juste quoi, au juste ? »

 


Le témoignage du grand consultant footballistique, A. Finkielkraut, celui qui critique les émissions qu’il n’a pas vues, est édifiant : "le journaliste du JDD Alexandre Duyck m'a téléphoné vendredi pour me demander de signer la pétition pour le maintien de l'histoire-géographie en terminale S" (@si). Aucun autre signataire n’a souhaité s’exprimer. Il est cependant probable qu’ils n’aient eu droit qu’à une lecture téléphonique, alors que, la plupart, pour ne pas dire tous, ne sont pas aussi bornés que Finky et savent ce qu’est un courriel qui leur aurait permis d’examiner le texte. Auraient-ils eu besoin du JDD, pour protester sur cette abomination (en gros, sur l’ensemble de leur scolarité les S vont perdre 36 h d’histoire-géo, estime E. Davidenkoff, dans son blog), s’ils s’étaient penchés sur le projet d’horaire de terminales (et peut-être aussi sur la réforme du lycée dans son ensemble) ?


Et comme le rappelle Sandrine Blanchard, dans Le Monde du 17/XII, la filière littéraire se meurt, c’est cela qui devrait mobiliser les intellectuels et les élites !


A voir : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2566


 

P. S. Un extrait du courrier envoyé au Nel Obs (qui n’a pas eu, bien sûr, l’honneur du « courrier des lecteurs »)


Une "opinion raisonnée" à la mode Julliard !

 

"Au moment où le président de la République et son gouvernement jugent urgent de lancer un grand débat sur l'identité nationale qui doit mobiliser le pays, cette mesure va priver une partie de la jeunesse française des moyens de se faire de la question une opinion raisonnée grâce à une approche scientifique et critique, ouvrant ainsi la voie aux réactions épidermiques et aux jugements sommaires". Ainsi écrit l'union sacrée des défenseurs de la patrie en péril devant la décision de rendre l'histoire optionnelle pour que la Terminale S devienne vraiment Scientifique et non plus Sélective.

La chronique de Jacques Julliard (Nel Obs 10/12/09) est à cet égard un bel exemple de "réactions épidermiques" et de "jugements sommaires". Un fait-divers*, assez suspect, dans un lycée parisien, un témoignage dans Le Monde, et notre imprécateur de dénoncer "la veulerie d'une société [...], la lâcheté de l'administration, la honteuse complicité des parents, la jobardise des psychologues, l'hypocrisie de l'opinion, la carence du pouvoir", il n'y manque que "la tartufferie des pédagogogues". Comme on le voit une "opinion raisonnée grâce à une approche scientifique et critique" ! Finkielkraut est enfoncé !

 

* Une professeur d'Anglais, d'un lycée parisien, avait fait l'objet d'une pétition d'une classe de terminales demandant son remplacement, puis d'un courrier anonyme lui intimant l'ordre de changer de comportement ! La télé avait fait écho à cette atteinte à l'autorité professorale. Bien sûr, les journalistes (?) se sont contentés de mettre l'accent sur la lettre anonyme mettant en cause une prof victime de son souci de discipline, alors que la pétition des élèves qui précédait ne portait sans doute pas sur le droit au téléphone portable en cours ; sans se préoccuper non plus de qui orchestrait cette affaire : SOS éducation, association qui invitait naguère les parents à dénoncer les enseignants de CP qui n'utilisait pas la méthode b a BA, b a BA, BABA pour apprendre à lire. Il est sûr que le courrier anonyme était une provocation imbécile. Il n'est pas sûr que le fond de l'affaire soit aussi limpide. Et une affaire isolée ne peut permettre de se faire une opinion raisonnée !

 

PS2 Luc Ferry fait rien qu'à copier :

"Le but ultime de tout ce tapage est bel et bien de vendre du papier ou de l’image, le monde dût-il en crever. En veut-on un indice ? Voyez la pétition lancée contre la prétendue suppression de l’histoire en terminale S. Étrangement – et sauf erreur, c’est une première ou peu s’en faut – elle émane, non d’une poignée d’universitaires, mais d’un journal qui a compris tout le profit qu’il pouvait en tirer. Ajoutons pour finir le fait que la fabrication d’un maelström serait impossible sans l’Internet, ce formidable accélérateur de particules. "

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 15:22


De Max Gallo à Mona Ozouf, d’Alain Finkielkraut à Philippe Meirieu, c’est la mobilisation générale !

La patrie est en danger. L'union sacrée s'impose. Le moulin de Valmy, les taxis de la Marne et l’appel du 18 juin ne seront pas de trop pour inciter à lever l’étendard sacré de la Résistance avec un grand R ! Ceux-là mêmes qui rejetaient le grandéba bessonien, invoquent l’identité nationale en péril. « L’histoire en phase terminale » titre sans rire Libération. 

Mais que se passe-t-il ? Rien que d’habituel ! Un « classique pour tous » !  Souvenez-vous, naguère, la bataille homérique pour la défense tout aussi sacrée de l’Orthographe en péril. Finkielkraut était déjà aux avant-postes, l’aimable Bernard Pivot se transformait en Super-Dupont pour sauver les accents circonflexes en péril et tous ces chausse-trapes qui font le charme de ses dictées ! N’oublions pas non plus la croisade des rétropenseurs pour le b a BA, b a BA en lecture. Là, la levée en masse a pour cause la suppression de l’enseignement de l’histoire-géo en terminale scientifique !

En fait, elle n’est pas supprimée, mais y devient optionnelle. Mais ce mot même – optionnelle – est une insulte à notre passé sacré. Les mânes de Michelet, de Lavisse et même de Mallet et Isaac, les Jacob et Delafon du manuel scolaire, naguère, sont invoqués. L’horaire augmente en première, qu’importe !

"Au moment où le président de la République et son gouvernement jugent urgent de lancer un grand débat sur l'identité nationale qui doit mobiliser le pays, cette mesure va priver une partie de la jeunesse française des moyens de se faire de la question une opinion raisonnée grâce à une approche scientifique et critique, ouvrant ainsi la voie aux réactions épidermiques et aux jugements sommaires". L’appel, on le voit, donne, comme il se doit, dans le style emphatique. Sauf que, parmi les signataires, un Finkielkraut, par exemple, illustre bien ce refus, que l’on n’ose qualifier de viscéral, de réactions épidermiques et de jugements sommaires, lui qui affiche une opinion ô combien raisonnée sur Internet, alors qu’il n’a même pas un ordinateur.

Les polémiques sur les vaccinations pourraient aussi inciter à développer une culture scientifique. Or, en terminale Littéraire il n’y a pas une seule heure de Maths, de Physique ou de SVT ! Vous avez bien lu, au moment où près de 200 pays se réunissent à Copenhague pour faire face aux enjeux de la Planète, ces élèves ne bénéficieront d’aucune approche scientifique pour se faire une opinion raisonnée sur ces enjeux ! Mais, il est vrai, une formation scientifique pas plus qu’historique, ne met à l’abri de toutes les dérives obscurantistes : les centaines de médecins emportés dans les courants sectaires en témoignent.

Parions, que si le nègre d’UBUprésident, Guaino, adepte d’une histoire « bling bling »*, où l’approche scientifique laisse place à l’image d’Epinal, poussé par Gallo, se rallie à la croisade, son maître ne va pas tarder à prendre le dossier en main et foutre en l’air le peu qui restait de la réforme du lycée. A la grande satisfaction, du SNES et du SNALC, des Lambertistes et du FN !

 

* L’histoire bling-bling N. Offenstadt Stock (autre petit pari, au passage, sans grand risque, gageons que Jacques Julliard, qui, en matière d’éducation n’est jamais en manque d’une finkielkrauterie, va nous consacrer sa chronique à cet horrible attentat, oubliant, comme la plupart des signataires d’âge chenu, que, jusqu’en 1976, époque où il était encore un affreux sguénard, cédétiste, l’hist-géo n’existait en C, équivalent des S d’aujourd’hui) que pour l'oral de rattrapage.

 

NB Une pétition autrement intéressante

http://www.liberation.fr/societe/0101606559-nous-exigeons-la-suppression-du-ministere-de-l-identite-nationale-et-de-l-immigration?xtor=EPR-450206

 

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 19:07

“Ras le bol des salades, les poulets veulent du blé”.

Bravo, camarades syndiqués ! Un beau slogan des deux syndicats de police dans l’action en novembre et décembre !

"Nous sommes à bout", a déclaré un responsable syndical du mouvement de policiers. "A bout de la suppression des postes dans la logique de la RGPP (révision générale des politiques publiques), à bout des conditions de travail dégradées, à bout de la politique du chiffre, à bout des coups de collier à répétition, à bout du management agressif de la hiérarchie, à bout des retraites menacées, à bout des salaires qui n'évoluent pas!". Comme qui dirait la réédition d’un vieux slogan  - et partiellement injuste à l’époque – « A bas Haby, y’a de l’abus, on est à bout !».

Sauf que, camarades syndiqués, vous seriez plus crédibles si vous dénonciez, au-delà de la politique du chiffre, les bavures d’une minorité de vos collègues. Autrement dit, si vous faisiez la police au sein de la police.

Certes le nombre de gardes à vue a explosé grâce à (ou par la faute de) un ministre de l’intérieur, innommable, qui en a fait un des critères chiffrés de l’activité policière !

Mais, cependant, rien n’obligeait – et même serait-on tenter de dire dans une optique taylorienne quelle mobilisation pour une telle bavure ! – vos estimables collègues à faire passer au paradis d’Allah « tonton Ali » ! Faut-il parler aussi de Mohammed Boukrourou, victime d’une « altération cardiaque » ?

J’entends déjà les faux laïques et les vrais xénophobes de Riposte laïque, clamer que ces horribles étrangers (parfaitement français au demeurant), par leur attitude, ont bien eu ce qu’ils méritaient !

Sauf que, camarades syndiqués, maintenant dans ce pays, que l’on s’appelle Boukrourou ou Vaillant, Zidi ou de Lauzun, pour un feu rouge ignoré, un permis oublié, une remarque lors de l'interpellation d'un quidam – c'est la garde à vue.

L’exemple de Jean-François de Lauzun est presque caricatural. Imaginez – je n’ai pas de peine – ce juste sexagénaire (ingénieur polytechnicien : vous voyez les racaillous, il n’y a pas que vous), traverse l’avenue, sans circulation, au feu rouge pour les piétons. Il se voit sévèrement réprimandé par une patrouille de police qui se trouvait en faction au coin de la rue. Le ton monte, la police vérifie l’identité du piéton. Son domicile se trouve à une centaine de mètres du passage piéton. Intrigué par cette scène, un témoin, un entrepreneur dans le bâtiment de 59 ans, apporte son soutien à l’ingénieur. Les policiers lui reprochent alors d’être "un perturbateur" et il est à son tour contrôlé. Finalement les choses en restent là, les deux hommes regagnent leurs domiciles.

Mais, camarades syndiqués, vos collègues, sans doute en manque de chiffres, vers 22h30, se présentent à l’appartement de Jean-François de Lauzun pour lui remettre une convocation au commissariat. Excédé par ce qu’il considère comme de "l’acharnement policier", l’ingénieur s’indigne : "Nous sommes dans un état totalitaire !". Il est aussitôt menotté, emmené au commissariat, et placé en garde à vue pendant 18 heures pour "outrage".

Et le lendemain, l’entrepreneur qui avait pris sa défense, lui, est interpellé par les policiers. Il se trouve alors dans la pharmacie où travaille sa compagne. Alors que les forces de police veulent l’emmener au poste, il se débat, est jeté à terre où il demeure inconscient. Les pompiers arrivent, l’évacuent vers un hôpital, puis il se retrouve à son tour en garde à vue, tout comme sa compagne, la pharmacienne, pourtant simple témoin.

Camarades syndiqués, j’ose à peine vous conter les mésaventures d’un syndicaliste (il est vrai CGT). Rocambolesque ! Un jeune homme complètement paniqué vient demander refuge dans l’immeuble de ce militant, marié à une conseillère municipale de la commune. A l’entrée de l’immeuble un homme, plutôt costaud, coiffé d’un bonnet en laine noire roulé sur les oreilles, d’un gros blouson noir, tape violemment sur la vitre pour qu’on lui ouvre. Son attitude est agressive et indique clairement qu’il veut s’en prendre au jeune. Comme il exhibe une carte avec une bande rouge et crie « Police, Police » on lui ouvre la porte. Il rentre dans le hall comme un fou, saute sur le jeune, le plaque violemment et se met à lui taper dessus à coups de matraque. Le jeune homme hurle en demandant toujours de l’aide. Tous les témoins de la scène demandent, en vain, en criant d’arrêter ces violences. Personne n’a pensé qu’un policier pouvait agir ainsi. Le jeune homme sera traîné au commissariat ainsi que l’affreux cégétiste qui avait réussi à bloquer le bras matraqueur. Lui et son épouse  seront remis en liberté le lendemain soir vers 20H30 et inculpés pour Avoir volontairement exercé des violences sur deux agents de la force publique, suivies d’une incapacité totale de travail de 8 jours et 10 jours.

Le jeune homme, un péruvien qui attendait tranquillement sa petite amie sur le trottoir devant l’agressivité de votre collègue de la BAC (dont il ignorait qu’il fût policier), avait pris peur (et permettez-moi de vous dire, camarades syndiqués, à juste titre). Et l’on voit bien, ici, comme avant, l’art de faire du chiffre : les bourges du 1er exemple, 3 gardes à vue, 3 résolutions d’enquêtes (rebellions). Même chose avec l’affreux cégétiste !

Les fans de « Riposte laïque » ne sont peut-être pas encore convaincus que ça n’arrive pas qu’aux basanés adeptes du minaret !

Alors, camarades syndiqués, abordons un autre volet de la politique du chiffre : le fichage ADN ! rassurez-vous, je ne vais pas chercher mes exemples chez les anarchos-autonomes de Tarnac, mais dans Ouest-France du 27/11/09.

Deux frangins de 9 et 11 ans se sont vu demander leur ADN pour avoir volé deux Tamagotchis (?) dans un hypermarché : vos collègues, camarades, semblaient ignorer que les mineurs de moins de 13 ans ne peuvent faire l’objet d’un tel prélèvement. Maud, une étudiante en psycho, qui a viré SDF, a été poursuivie pour port d’arme, car elle avait un opinel, elle refuse le prélèvement d’ADN, elle est condamnée à 300 € d’amende qu’elle paie ! Mais le délit étant continu – elle refuse à chaque nouvelle convocation – elle risque la prison ferme. Un sarthois qui accompagnait une personne au tribunal a, spontanément, remis son laguiole à l’entrée : grand mal lui prit, il a été également poursuivi pour port d’arme, avec prélèvement d’ADN.

Certes me direz-vous, camarades, dans un des derniers exemples, il y a surtout un acharnement de l’appareil judiciaire. Il faudrait certainement aussi consacrer des articles aux flagrants délires des tribunaux des flagrants délits ! Mais, camarades syndiqués, ces tribunaux ne sont-ils pas alimentés par vos collègues qui leur renvoient pour port d’armes des personnes qui, comme beaucoup, ont un opinel ou un laguiole dans la poche.

Croyez-bien, chers camarades, que je serai de tout cœur avec vous quand vous aurez vraiment fait la police… dans la police !

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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 17:45

Le 20 novembre, la Chambre suprême de justice maçonnique (CSJM) a annulé tous les votes du Convent du Grand Orient (GODF), réuni à Lyon du 3 au 5 septembre, concernant la mixité de la première obédience française forte de 50 000 membres.


Le CSJM, tout en suspendant la décision unanime de l’exécutif de poursuivre individuellement les membres des loges qui avaient initié des femmes, avait à son tour suspendu collectivement 3 des 5 loges fautives (les 2 autres l’étaient déjà). Là, il ne prend pas parti sur le vote des 1.200 délégués dont  56 % avaient voté contre l'initiation des femmes et 58,7 % contre l'affiliation de sœurs qui auraient déjà été initiées dans d'autres loges. Mais il retoque ce vote pour non respect des procédures sur la formulation de la question qui avait été posée aux frères. Cela veut cependant dire que les votes sont annulés et qu’il faudra donc revoter.


Le double désaveu de l’exécutif et donc de son Grand Maître amène certains à demander qu’il rende son tablier. Plus sérieusement, l’image assez piteuse  qu’avait amenée « cette fixation névrotique sur la mixité », a poussé à s’orienter, semble-t-il vers une solution de compromis. Le GODF pourrait donc « prendre une initiative ambitieuse destinée à régler définitivement la question de la liberté des loges d'initier des femmes et/ou d'affilier des soeurs dans le cadre d'un processus de fédération de la Franc Maçonnerie libérale et adogmatique française ». « C'est ce que l'on peut lire dans le courrier du Grand maître Pierre Lambicchi aux vénérables maîtres, en date du 6 novembre 2009… »  L'idée du Grand Maître serait de créer une «union du Grand Orient» avec trois branches distinctes : masculine, féminine et mixte. Ainsi chaque loge pourrait se décider sur la question de l'admission ou non des femmes.

Mais si le chemin est (virtuellement) tracé, il sera long. Car c’est moins l’initiation des femmes qui est en jeu que la crainte de les voir accéder à de hautes fonctions, imaginer une « Grande maîtresse » à la place du « Grand maître » donne des boutons à une majorité de frères !

Sources : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/coup-de-theatre-sur-la-mixite-au-grand-orient_830071.html

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 22:29

Un mystérieux « Mouvement laïque indépendant » spamme une « pétition pour une loi contre le port d’un masque dans la rue, hors carnaval ». Après une phrase introductive sur le respect de l’autre « dans son altérité », le ton devient nettement plus prosaïque, il faut une loi « pour que les personnes masquées mal intentionnées ne déjouent pas les caméras de surveillance ». De la laïcité sécuritaire à la Hortefeux. Et de prétendre qu’en Belgique, comme au Luxembourg, cette loi existe depuis 2005. Certes une proposition de loi dans ce sens fut déposée le 21 février 2005 à la Chambre des représentants belge par le chevalier François-Xavier de Donnéa (député du Mouvement réformateur, droite) mais elle a été repoussée ! Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose.


Or donc, le texte cité ("Hors le temps du carnaval, nul ne peut se montrer masqué ou travesti dans les rues. Sans autorisation de l'autorité compétente [en fait : sauf autorisation du bourgmestre], il est interdit sur le domaine public de se dissimuler le visage par des grimages, le port d'un masque ou tout autre moyen, à l'exception du "temps du carnaval".) est un vieux règlement de police, remis au goût du jour, par des communes belges ou luxembourgeoises (Règlement général de police d'Esch-sur-Alzette par exemple).


Le député UMP Vanneste, qui s’est rendu célèbre par ses propos homophobes, reprend la balle au bond par une proposition de loi. Pour que les systèmes de vidéosurveillance soient efficaces, tout vêtement qui empêche l’identification en cachant le visage doit être proscrit sur la voie publique, sauf lorsqu’il correspond à une exigence médicale. Dans l’exposé des motifs il reprend donc l’argument sécuritaire de la vidéosurveillance. Le texte de loi proposé est bref : Toute personne allant et venant dans l’espace public doit avoir le visage découvert et porter des vêtements ou accessoires permettant aisément sa reconnaissance ou son identification. Mais il est bizarre, pour ne pas dire inquiétant : avoir le visage découvert ne suffirait pas à être reconnaissable ? quels seront ces vêtements et accessoires qui nuiraient à la reconnaissance ? A noter que, contrairement au règlement de police luxembourgo-belge, il ne prévoit même pas l’exception carnavalesque.

Fin des casques intégraux donc qui permettent à de jeunes scootéristes de s’enfuir, sans être identifiables (n’est-ce pas Prince Jean ?). Le « passe-montagne » qui, tel un niqab, ne laisse voir que les yeux, parfois protégés par des lunettes de soleil, interdit, même quand ça caille sévère, même en moyenne ou haute montagne. Ne parlons pas des travestis, surtout à Christian Vanneste qui, comme Loulou de Montpellier, déteste les tarlouzes : plus maquillé(e)s qu’un camion d’occasion, portant perruques, faux seins (ça ne serait pas ça les accessoires que proscrit le député ?) tenues affriolantes… Bien sûr interdiction de beaucoup de spectacles de rues et fini de déguiser les enfants pour la fête des écoles ! Et les nonnettes : leurs coiffettes sont aussi des accessoires qui gênent l’identification. En revanche, pour le GIGN en expédition à Tarnac, pas de problème, mieux masqués que des targuis dans le désert (et oui, il y a aussi des hommes à niqab).

Le biais sécuritaire est utilisé, sans doute par conviction dans les vertus d’une société vidéosurveillée, mais aussi pour contourner l’accusation de ne viser que des tenues adoptées par des femmes musulmanes. Mais en noyant, si l’on peut dire, le poisson, on accroît l’impact liberticide de loi de ce type.

Dans ce que les juristes appelle la hiérarchie des normes la Liberté est première, première aussi sur le fronton de nos monuments publics. Comme le rappelle la loi de 1905, s’agissant de liberté religieuse ou de conviction, elle ne peut être limitée que si elle cause des troubles à l’ordre public. L’ordre public recouvre deux aspects :  l'intérêt général et la protection des autres citoyens, de leur propres libertés mais aussi de leur quiétude (ivresse publique manifeste et agressive, tapages nocturnes, exhibitionnisme, etc.).

 

Certes la vision de ces corbeaux peut horripiler* et inciter à retrouver le vieux « croâ, croâ » de nos grands-pères. Mais, sauf à découvrir des cas pathologiques de niqabophobie qui obligeraient leurs victimes, à leur tour, de s’affubler de tenues protectrices pour éloigner les ondes malfaisantes émanant de ces belphégors, le trouble manifeste de l’ordre public n’est pas patent.


Gardons-nous donc de ces lois de circonstances qui, peu à peu, grignotent nos libertés. Déjà les ultra-laïcs réclament l’interdiction de tout voile dit islamique. Comme il n’y a pas de raison diront certain(e)s de ne s’en prendre qu’aux femmes, une loi sur la barbe islamique s’imposera…

Revenons au bon sens d’Aristide Briand : "On disait que la soutane du prêtre était un signe clérical plus que religieux, que c'était un instrument de soumission du prêtre à son évêque et à sa hiérarchie. On disait aussi que ça portait atteinte à la "dignité masculine" parce qu'il s'agissait d'une robe. Et on disait enfin que la grande majorité des prêtres attendaient de la République une loi qui interdise le port de la soutane, et donc qui les libère de ce vêtement. Aristide Briand, le principal auteur de la loi de 1905, a refusé ces arguments en disant qu'à partir du moment où les Eglises et l'Etat étaient séparés, la soutane devenait un vêtement comme un autre et, pour la République, n'était plus un vêtement considéré comme un vêtement religieux, et que, selon lui, c'était cela la laïcité. L'amendement qui demandait l'interdiction du costume ecclésiastique en dehors des bâtiments ecclésiastiques a été refusé par l'Assemblée nationale" (Baubérot).


* Pour éviter (ou au moins essayer d’éviter) tout faux procès du style vous attaquez la décision du GODF de ne pas autoriser les dames a être initiées donc vous êtes antimaçonnique, précisons : la vision de ces personnes me débecte, surtout, comme à Azrou, quand elles sont précédées d’un barbu arrogant quelques mètres devant ; pour autant, si ce voile intégral est imposé par un de ces abrutis, les lois contre les violences conjugales existent (aussi difficiles à appliquer en l’occurrence que dans la plupart des cas) ; pour celles qui revendiquent le port de ces horreurs, la libre circulation dans l’espace public civil est de droit, en revanche, on doit leur faire  dévoiler leur visage en de multiples circonstances (enfants à chercher à l’école, paiement par chèque, contrôle d’identité, etc.).

 

ANNEXE :

Les obstacles juridiques à l'interdiction du port de la burqa dans l'espace public

 

Si le fonctionnement des services publics - en l'espèce les établissements d'enseignement - a pu justifier les règles particulières édictées par la loi de 2004 interdisant le voile à l'école, il en va tout autrement dans ce que l'on appelle l'espace public où, a souligné M. Schwartz, "se pose à l'inverse la question du respect des libertés fondamentales". "La prohibition de la burqa réaliserait une ingérence forte dans l'existence d'au moins trois droits fondamentaux", a précisé M. de Béchillon, qui a cité "la liberté de religion", "la liberté d'opinion", ainsi que "la liberté d'aller et venir".

"L'exigence de laïcité pèse sur l'Etat et non sur les personnes privées", a rappelé M. de Béchillon, en soulignant que chacun - hors service de l'Etat - est au contraire libre d'exercer et de manifester sa religion. "La laïcité ne s'applique pas dans la rue", confirme Bertrand Mathieu, professeur à l'université de Paris-I, qui juge ce principe "inutilisable" en l'espèce.

La notion de "pratique radicale de la religion" a bien été avancée par le Conseil d'Etat pour s'opposer à l'octroi de la nationalité française à une mère de famille marocaine portant la burqa. Mais, a prévenu M. Schwartz, "on ne peut rien en extrapoler parce qu'il s'agit d'une législation particulière (sur l'acquisition de la nationalité) et que la liberté religieuse n'était pas en cause".

"Est-ce que le fait d'empêcher autrui de voir une femme, ce qui n'est pas imposé aux hommes, est attentatoire à la dignité de la personne humaine et à la dignité des femmes ?", s'est-il [M. Schwartz] interrogé, tout en se gardant de répondre.

L'hypothèse fait bondir le constitutionnaliste Guy Carcassonne, qui se dit "épouvanté à l'idée qu'on puisse se servir de ce fondement-là". "Ce principe du droit objectif ne qualifie pas la puissance publique pour se substituer aux personnes afin de se faire juge de leur dignité. Où va-t-on si la loi commence à s'occuper de cela !", s'exclame-t-il, en estimant que cela reviendrait à "supprimer la notion de liberté". "On se trouverait dans une querelle théorique entre les principes de liberté et de dignité. On ne s'en sortirait pas", juge également M. Mathieu.

Selon M. Carcassonne, le législateur pourrait poser le principe selon lequel "on n'a pas à se dissimuler quand on est en public", en prévoyant des exceptions concernant, par exemple, le groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), ou les périodes de carnaval.

D'autres doutent fortement de la viabilité de cette piste. "Si l'ordre public nécessite de pouvoir reconnaître les identités, on ne peut pas imposer aux citoyens d'être en état de contrôle permanent", a souligné M. Schwartz devant la mission parlementaire. "Cela voudrait dire que l'espace public est un espace où chacun doit être identifiable à tout moment, comme s'il s'agissait d'une vaste zone de vidéosurveillance. On entrerait dans une autre société", affirme Danièle Lochak, professeur de droit public à l'université de Paris-X-Nanterre, qui évoque un "fantasme assez fou".

Estimant qu'invoquer la seule notion d'ordre public est "juridiquement risqué", M. Mathieu propose d'y ajouter la "liberté contractuelle" et la "liberté personnelle" pour affirmer - un cran en dessous d'une interdiction complète de la burqa - "le droit des tiers à identifier la personne avec laquelle ils sont en relation" .

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/11/12/les-obstacles-juridiques-a-l-interdiction-du-port-de-la-burqa-dans-l-espace-public_1266226_3224.html#ens_id=1245449

 

Les néo-croisés du laïcisme-xénophobe lancent leur croisade : RL défend une République laïque aujourd’hui menacée par un péril mortel : l’islam - par Cyrano (08/01/10).

Vous avez bien lu : il ne s'agit pas d'islamisme, mais d'Islam !


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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 21:43


L’omniprésident nous refait le coup de la repentance !

 

Dans un entretien accordé, début juillet, sur convocation, à Olivennes et Labro du Nel Obs, il avait regretté la période « bling-bling » (Fouquet’s, Rolex, Paloma, vacances états-uniennes, etc.), le casse-toi pauvr’con et l’humiliation de Joffrin dans son unique conférence de presse ; plus tard, il conviendra que « coupable » n’était pas le bon mot pour désigner le « prévenu » Villepin. Et maintenant, dans un objet journalistique non identifié, un entretien accordé à quelques journalistes, ni « off », ni  officiel, il concèderait que la candidature du Prince Jean à la tête de l’EPAD n’était pas opportune. Il faut rappeler qu’à chaque fois, les courtisans récitaient l’argumentaire concocté à l’Elysée pour tenter de justifier la dernière bourde d’UBU président. Ils ont l’ait fin Bertrand, Jego, Amara et les autres, avec leur délit de patronyme, discrimination, fascisme même...

 

Mais avec le simulacre d’entretien du Nel Obs, il voulait surtout, changer son image, faire croire qu’il était passé du libéralisme échevelé (modèle Thatcher-Reagan) à un colbertisme inspiré. Mais non, dans sa campagne électorale, il ne dénonçait pas le modèle social français, juste ses abus. Avec la modestie qui le caractérise, il proclamait : « La France a été le premier pays à réagir (à la crise). En Septembre 2008, j’appelle devant les Etats-Unis à un nouveau Bretton-Woods » ; mieux encore : « Le plan vert français est le plus ambitieux au monde…la France a montré le chemin en Europe

Mieux encore, sous l’influence présumée de Carla Bruni, le contempteur de La Princesse de Clèves, l’admirateur de Bigard, accomplit une véritable mue intellectuelle et culturelle : il découvre Visconti, il se met à lire des livres, des vrais, des littéraires (on ne nous dit pas s’il a enfin lu celui qu’il a signé sur Georges Mandel). L’Express ira jusqu’à parler de Révolution culturelle

Pour la droite traditionnelle, c’est la néfaste influence de Carla qui l’a poussé à choisir le neveu Mitterrand et à le laisser dire qu’il approuvait le soutien à Polanski. En représailles, à la suite de la fille Le Pen, tous les cagots des ligues de vertu, de la même engeance que ceux qui rasaient le crâne des femmes à la Libération, ont ressorti un livre de 2005, dont personne ne s’était préoccupé au moment de la nomination du Ministre de la Culture.

Qui trop embrasse, mal étreint ! À vouloir flirter, très légèrement, à gauche, il déçoit et inquiète son électorat de base. Il n’a pas élu le pourfendeur de mai 68, pour qu’il choisisse un homosexuel à la culture, surtout si celui-ci défend un cinéaste sulfureux. Il n’a pas élu celui se posait en défenseur des valeurs du mérite et du travail, pour qu’il pistonne un fiston flemmard ni qu’il dilapide l’argent du contribuable dans des dépenses somptuaires.

Retour donc aux vraies valeurs, retour donc aux grands thèmes éternels de sa campagne électorale : lutte contre la récidive (on en est pourtant à la xième loi), contre l’immigration et bien sûr contre l’insécurité. MAM, sans doute parce qu’elle se sent la plus fragile en tant qu’ex-chiraquienne, saute sur un fait-divers pour jouer cyniquement sur l’émotion : nouvelle loi sur les délinquants sexuels avec castration chimique et pourquoi pas physique. Besson, le traître et fier de l’être, emboîte le pas en lançant – sur instructions des communicants de l’Elysée – un grandébat sur marseillaise, burqa et charters, pardon sur l’identité nationale. Hortefeux, le fidèle lance l’idée d’un « couvre-feu » qu’il sait inapplicable.

Mais il se peut que même les électeurs de droite les plus obtus commencent à voir les ficelles. Difficiles de faire croire que si la délinquance augmente encore, malgré de multiples lois, c’est de la faute à la gauche laxiste, qui n’est plus au pouvoir depuis 2002. Avec le prétendu grandébat bessonien, le calcul est grossier : c’est le traître lui-même qui va en tirer les conclusions (on peut les deviner : grand couplet sur la France généreuse qui, au fil des siècles, a su accueillir, intégrer, assimiler des populations étrangères, mais, vraie conclusion, qui doit bien sûr savoir se protéger de migrants nouveaux) à la veille des régionales. Difficile de ne pas voir la manœuvre.

Surtout, la droite parlementaire, se fissure. Une partie d’entre elle est lasse, non seulement des avanies que leur fait subir un petit chef bilieux et coléreux mais aussi et surtout de ces décisions hasardeuses, comme la suppression de la taxe professionnelle, ou difficilement défendables, comme le projet de réforme territoriale. Les plus lucides voient aussi que celui qui fait président mène le pays à la faillite.

Paradoxalement, c’est peut-être l’affaire Clearstream qui l’a le plus desservi, auprès des politiques. Son acharnement quasi maladif et le fait de se constituer partie civile (alors qu’il est censé être la magistrat suprême, au dessus donc des parties), aggravé par l’attitude d’un avocat arrogant et d’un procureur trop visiblement aux ordres, ont abouti à ce que ce soit son ennemi, de Villepin, qui sorte de cette affaire auréolé de la couronne du martyr, comme le remarque Marianne ! Il n’a plus la main, le petit homme, pensent les élus.

Rien n’est joué. Un bon fait divers bien saignant ou une émeute de banlieue bien brûlante et on peut faire confiance aux médias pour orchestrer et à la clique sécuritaire pour exploiter. La division de la gauche, dont les équipes à la tête des régions partent en ordre dispersé, avec une extrême gauche plus prompte à cogner sur la gauche en responsabilité que sur la droite, risque de mettre en route la machine à perdre.

Ça sent le pâté, pour Sarko… mais pas obligatoirement la pâtée.

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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 18:00

Puis-je avouer que je ne connaissais pas le seul Prix Nobel de Littérature (1998) Lusitanien, José Saramago ?

Mais une « lettre de Lisbonne » intitulée « Quand un prix Nobel s’en prend à Dieu » va m’inciter à réparer cet oubli. Ce Nobel vient de sortir, sous le titre Caïn, en portugais bien sûr, mais aussi en espagnol et catalan, un livre inspiré de la bible.

 

De l'avis de l'auteur lui-même, aucun de ses précédents livres n'avait été teinté d'autant d'humour. Ainsi, l’ange, envoyé par Dieu en dernière minute pour arrêter le bras d'Abraham, arrive trop tard pour sauver le fils... à cause d'une avarie à l'aile droite.

 

On imagine l’effroi des autorités religieuses devant cette version des épisodes d’une bible dominée par la violence et le sexe, bible qui selon lui est «un recueil de mauvaises mœurs» et «un catalogue de cruautés». Déjà, son « Evangile selon Jésus Christ », où il décrivait un Jésus perdant son pucelage dans les bras de Marie-Madeleine (une « aventure sentimentale » écrit pudiquement le journaliste du Monde), l’avait obligé à s’exiler à Lanzarotte aux Canaries espagnoles.

 

 

Il n’absout pas « Caïn, qui a effectivement tué son frère [Abel], mais qui pour moi ne peut être vu comme une sorte de personnification du mal », ajoutant « Au fond, c'est Dieu le vrai responsable. Dieu, qui devrait respecter l'un et l'autre, chacun dans son travail, a méprisé l'un et mis en valeur l'autre. L'attitude de Dieu est impardonnable » « Caïn a été humilié par Dieu, et il tue son frère parce qu'il est dans l'incapacité de tuer Dieu. »

 

Le porte-parole de la Confédération épiscopale portugaise, Manuel Morujao, le rabbin de Lisbonne, Eliezer di Martimo, le théologien catholique Joaquim Carreira das Neves l’ont accusé qui de vouloir se faire de la publicité par un scandale, qui de ne pas savoir lire la bible.

 

«L'Eglise aimerait placer un théologien derrière chaque lecteur de la Bible pour expliquer que ce qu'il est en train de lire doit être interprété de manière symbolique, a rétorqué l'écrivain lors d'une conférence de presse. Dans la Bible, on trouve de la cruauté, de l'inceste, de la violence en tous genres, des carnages. Cela est incontestable, mais il suffit que je le dise pour susciter cette polémique.» Loin de chercher à apaiser les esprits, il a ajouté que « Le Dieu de la Bible est vindicatif, rancunier, mauvais et indigne de confiance ». «Les hommes ont créé Dieu à leur image et ressemblance, c'est pourquoi il est si cruel, mauvais et vindicatif. » « Dieu n'existe pas. C'est l'humanité qui a inventé les dieux... Dieu quand il existe, il existe dans nos têtes. Nous avons inventé la divinité et à partir de là, s'est établie une relation maladive entre le créateur, dans ce cas l'homme et la créature, Dieu ».

 

Un eurodéputé portugais conservateur, Mario David, vice-président du Parti populaire européen (PPE), a été jusqu’à demander à l'écrivain, «devant tant de honte», de renoncer à sa nationalité portugaise !

 

À 87 ans, José Saramago est plus que jamais combattif. Il ferraille contre « le néomédiévalisme universel» de Benoît XVI, met en garde contre le risque d'une « résurgence du fascisme en Europe ». Depuis des mois, sa cible privilégiée est Silvio Berlusconi, le président du conseil italien, qualifié dans une tribune publiée en juin par le quotidien El Pais de «virus menaçant d'être la cause du décès moral du pays de Verdi ».

 

José Saramago, un homme indigné. Voilà l’épitaphe que le célèbre écrivain voudrait voir inscrite sur sa tombe. Il est mort le à Lanzarote.

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