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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 18:26

DSK audience2juilletDans ce feuilleton à rebondissements, où préjugés et sensationnel dominent, le seul gros reproche qu’encourt, à mon sens, DSK est d’être tombé soit dans un piège, soit dans un complot, alors qu’il avait annoncé lui-même qu’il craignait une entourloupe sur une histoire sexuelle. Plus qu’une faute, une stupide erreur. Mais cela n’autorise pas les discours puritano-moralistes dont on nous accable.

 

Je l’ai dit, avec des amis, du côté du cèdre Gouraud, à Azrou, vers midi et demi, nous avons appris, par la bouche d’un ex-collègue, maintenant député Marocain, que Dominique Strauss-Kahn avait été arrêté par la police nouillorquaise pour viol. Sidérés, nous le fûmes. A un point tel que – bien que nous sachions, qu’aussi farceur fût-il, notre ami Hassan n’avait pu inventer un tel canular – nous essayions de repousser l’impossible nouvelle en l’accusant de confondre 15 mai et 1er avril.

 

DSK sarkoNYPD Ces tentatives vaines de bannir l’impensable se heurtèrent à la vue, sur Euronews, d’un DSK salement humilié par la NYPD dont celui qui fait président affichait un T-shirt à sa gloire lors d’un séjour états-unien : visage défait, apparemment menotté dans le dos. Ensuite juste des nouvelles par coups de téléphone. DSK s’enfuyant en catastrophe d’un Sofitel, en laissant des effets et un portable, pour prendre au plus vite un avion vers la France. Capturé au dernier moment, grâce à une ruse de la fameuse police : elle avait demandé à l’hôtel d’appeler DSK pour lui signaler la découverte d’un portable, ce qui avait permis de le localiser.

 

Puis-je avouer, qu’au-delà de l’abattement du vieux (n’ayant pas peur du mot) social-démocrate que je reste, j’étais colère : comment ce camarade ô combien brillant, qui savait qu’on essaierait de le piéger sur le terrain de la provocation sexuelle, avait-il pu se faire bêtement avoir ?

 

Complot ou pas, la fameuse NYPD, chère au little big man, pataugeait un peu dans la semoule. L’horaire premier devait être largement recadré ; la fuite se traduisait par un passage normal à la réception pour régler la note ; l’avion salvateur était prévu, puisque le directeur du FMI allait en Europe pour rencontrer la chancelière allemande ; DSK avait déjeuné avec sa fille ; ce n’est pas l’hôtel, à l’instigation de la police, qui l’avait appelé pour le portable oublié, mais l’inverse ; rien ne justifiait qu’il soit menotté et encore moins qu’il soit incarcéré (le pauvre Jack Lang, pour avoir dit qu’il n’y avait pas « mort d’homme » fut voué aux gémonies, alors, qu’outre une évidence, il voulait dire qu’en général chez les états-uniens, sauf  crime de sang, la détention préventive était inusitée) ;  les conditions draconiennes mises à sa sortie de prison – on ne peut parler de libération- caution énorme, sorties très limitées, semi-geôliers à sa charge… étaient surprenantes. Surprenant aussi le fait qu’une femme de ménage puisse se retrouver seule dans une suite encore occupée. Cela devrait poser quelques problèmes d’organisation à ce Sofitel, incapable de garantir la tranquillité de clients qui payent des sommes coquettes pour des suites.

 

DSK Roudy Bien, mais il fallait faire, si j’ose dire, queue basse. Des traces de sperme avaient été trouvées. Quiconque prenait la défense de DSK était immédiatement taxé au mieux de phallocrate archaïque, au pire de violeur potentiel. Une grande prêtresse du féminisme états-unien accusait ses consoeurs françaises de complicité. Tribunes, libres opinions, etc. pullulaient, signées d’éminentes chercheuses et universitaires. Le schéma était assez uniforme et c’est finalement la « camarade » Yvette Roudy qui le caricature à merveille : « Sans préjuger de la culpabilité ou de l'innocence de celui par qui le séisme est arrivé, il devient - inconsciemment - du fait d'un système judiciaire exceptionnel - le révélateur de pratiques sexuelles masculines ancestrales, banalisées - mais destructrices - couvertes jusqu'ici par des silences, des sourires entendus, de la majeure partie de la gent masculine de la société française, et aussi d'une part non négligeable de la gent féminine. » La formulation est d’un jésuitisme absolu, mais si l’on supprime tout ce qui est entre tirets, elle résume toutes les tribunes prétendument féministes. Avec l’inconvénient majeur pour la camarade Roudy que son point de vue sort la veille des révélations du New York Times. Mauvaise pioche !

 

DSK Banon chezArdissonA côté de ces prétendues féministes à la française ou pas, qui eussent été bien inspirées de ne pas surfer sur l’émotionnel, comme un Sarko sur un fait-divers, un autre procés fut intenté à la presse, pour ne pas avoir révélé ce que tout le monde du journalisme était censé savoir, que DSK était quasi un sérial-violeur. Ainsi « arrêt sur images » s’en prend à Aphatie à propos de l'affaire Tristane Banon*. En effet, dans une émission d’Ardisson, à laquelle participait Aphatie, T. Banon avait accusé DSK d’agression sexuelle. La réaction d’Aphatie avait été assez saine puisqu’il avait dit à Ardisson de couper la séquence, car soit ce que disait T. Banon était vrai et c’était à la police qu’elle devait raconter cette agression, soit elle mentait et les participants se retrouvaient otages de ses mensonges. Après il enquête, mais aboutit à une impasse. Voilà qui n'honore pas sa pugnacité, commente @si. Mais, à part cette affaire (qui, bizarrement, rebondit), ce que beaucoup savaient était que DSK était un queutard impénitent.

 

DSK schneidermann-300 Daniel Schneidermann (DS sans K), patron d’Arrêt sur images, s’est d’entrée institué procureur suprême de DSK. Ainsi, le 24 mai écrit-il : « Qu'on se le dise : la défense américaine de DSK va désormais avoir pour première tâche de décrédibiliser le témoignage de Nafissatou Diallo, pour accréditer l'idée d'un rapport consenti, voire, dans la suite 2806 du Sofitel, d'une tentative d'extorsion ou de chantage, de la part de la femme de chambre. » Apparemment, il n’a rien lu sur le système judiciaire états-unien – c’est le rôle des avocats dans tous les cas de tenter de décrébiliser les témoignages défavorables à leur client – mais il fait preuve de préscience, sauf que c’est le procureur, qui a en principe le rôle inverse, qui a commencé à décrébiliser la plaignante. Il en profite pour se payer une journaliste du Monde qui a l’audace de citer deux guinéens sceptiques (mais peut-être lucides, eux aussi). Il parle en termes quasi bibliques de « l'incrustation profonde du mal(sic) dans les têtes de certains journalistes français ».

Il continue avec plus de hargne quand, justement, le procureur révèle qu’il a des doutes, en tant qu’accusateur, sur la fiabilité de son témoin. Avec « DSK, le film à l’envers », quasi rien sur Cyrus Vance jr., mais il est question d’interviews fiévreuses de strauss-kahniens (qui ? où ? disant quoi exactement ?), suivi d’un immense amalgame avec J. F. Kahn, Lang, BHL, Tron, et il ose affirmer en conclusion avoir fait preuve de « la plus extrême prudence ».

 

DSK01  Mais, comme le procureur (et non les avocats) a confirmé les mensonges dévoilés par le New-York-Times, il importe de tenter, pour tous les anti-DSK, de dégoupiller les grenades. Grande affirmation générale : on peut être menteuse et violée (un commentateur cite même un procès Lyonnais où un accusé de viols de prostituées a été condamné). Puis on passe au cas par cas. La plaignante aurait menti quant à sa demande d’asile aux E-U (sans qu’on sache clairement si elle a inventé des faits – viol par exemple – qui ne figure pas dans sa demande, où, si la vérification de sa demande a fait apparaître des mensonges). C’est normal, tous les demandeurs d’asile le font (ah bon !). Les sommes qui transitent sur son compte : c’est comme cela chez les Peuls et elle n’est sans doute même pas au courant. Contrairement à ce qu’elle a affirmé, non seulement à la police, mais à la 1ère audience, sortie de l’antre luxueux du violeur, elle ne s’est pas claustrée dans le local de service de l’étage (ou un couloir, les versions diffèrent), en attendant le départ du « gorille en rut », mais elle a été dans une autre suite, avant de revenir sur les lieux du crime où on trouvera des traces de sperme sur la moquette et les rideaux, un vrai tuyau d’arrosage, il a, le DSK ! C’est courant, après un traumatisme viol-ent, on passerait en pilotage automatique. Rien en revanche sur les nombreux abonnements téléphoniques, alors qu’elle prétendait n’en avoir qu’un. Rien non plus sur le coup de fil à un ami, un de ceux qui usait de son compte en banque, en prison pour avoir transporté 180 kg de marijuana. Rien surtout, sur le fait, que, dans un pays où un président a failli être destitué pour avoir menti par omission sur une gentille gâterie faite, de son plein gré, par une stagiaire à la Maison Blanche, le mensonge, après avoir prêté serment, est une faute gravissime.

 

Pas découragé pour un rond, DS en remet une couche ! Un tabloïd, après avoir accablé DSK, fait un total revirement et affirme que la plaignante serait une prostituée occasionnelle. D’après Schneidermann, le tabloïd tiendrait cela de détectives à la solde des avocats de DSK. Pourquoi le camp DSK en rajoute-t-il ? s’interroge DS. En effet, rendez-vous compte du scandale, le camp DSK fonce dans la brèche, ouverte par le procureur. Quel culot cesdéfenseurs de vouloir enfoncer l’accusation. Mais en fait, c’est une opération de politique intérieure française. « Diallo simple menteuse maintient encore l'image de DSK sous la ligne de flottaison. Diallo putain, c'est le moindre mal ». Suit une phrase dans la ligne de l’incrustation profonde du mal : « Restera à expliquer la passe, une heure avant d'aller déjeuner avec la fille, et avant de reprendre l'avion pour retrouver l'épouse. » Notre puritano-moraliste, après avoir supputé  une opération de politique française de la part d’avocats new-yorkais, dont ça doit être le cadet de leurs soucis, joue les directeurs de conscience, en oubliant de dire que si DSK allait en Europe, c’était avant tout pour rencontrer Mme Merkel. Le  mot ‘supputer’ apparaît au moins deux fois dans l’article : après le journalisme d’investigation, voilà le journalisme de supputations.

 

Puisqu’il nous y invite, surtout que moi je ne suis pas journaliste, supputons un peu. La plaignante, toute illettrée qu’elle soit, ne peut ignorer tout simplement que les clients de suites qui coûtent si l’on ose dire, la peau des fesses, sont en général assez pèzu. Elle n’est pas la femme de chambre habituelle de ce secteur. Sans vérifier que le client a quitté l’hôtel et encore moins sa chambre, elle y entre, pour tomber sur un quasi priapique, à poil, sortant de la salle de bains. Elle lui accorde ce que Monica accordait à Bill. Mais, elle n’avale pas la fumée, comme disait Damia dans une vieille chanson, et le gorille en rut, tel Larousse, sème à tout vent. Elle réclame la juste rétribution de cet extra. Le mâle, qui croyait que c’était une prestation gratuite ou vexé qu’elle ne lui soit pas reconnaissante qu’il lui ait laissé turluter son membre prestigieux, refuse (au début de l’affaire avait filtré des mots prêtés à DSK disant en substance à la dame qu’il était patron du FMI et qu’il pouvait la faire sauter du Sofitel). La soubrette, comme dirait J.F. Kahn, sort dépitée et amère ; elle rumine sa déconvenue dans la suite voisine, elle revient dans la suite – sait-on jamais, le client, pris de remords, a peut-être laissé un pourboire conséquent. Nada. Et bien, elle va lui faire payer cher, la gâterie…

Pure(?) supputation, bien sûr. Mais qui vaut bien celles de Schneidermann.

 

Reste, après, d’autres supputations et d’autres amalgames.

DSK Loncle François Loncle – surnommé mini-tonton du temps de Mitterrand – s’interroge sur une possible connexion entre la direction d’Accor dont les Sofitel sont une de leurs chaînes d’hôtel et une officine de coups tordus française. Cris d’orfraie de Guéant (sauf erreur sur FR2, on avait droit d’abord à l’indignation du pourfendeur d’enfants d’immigrés, avant d’avoir la cause de ses protestations véhémentes, avec un bref extrait de F. Loncle et sur I-télé, on avait mieux encore puisque la spikerine annonçait que « les socialistes » laissait entendre qu’une officine française aurait pu tremper dans l’affaire DSK, alors que seulement deux d’entre eux le faisaient). Mais on apprenait quand même, qu’alors que Sarko prétendait n’avoir été averti qu’à 7 h, l’Elysée était au courant avant minuit. Détails que Guéant et les autres s’étaient bien gardés de communiquer.

 

DSK Cope Avec Copé, on n’est plus dans la supputation, mais dans un amalgame hardi. Oubliant que celui qui fait président avait dit juste après le début de l’affaire que le PS ne pouvait plus prétendre au monopole de la morale, oubliant que son entourage insinuait qu’il avait un gros stocks de boules puantes contre DSK, il soulignait la prudente réserve observée par l’UMP (B. Debré ne doit pas en faire partie). Pour immédiatement reprocher au PS de ne pas avoir eu la même attitude à l’égard de … Woerth. Alors que Eric Woerth s’est coulé lui-même en surfant de mensonge en mensonge, démontrés l’un après l’autre par Mediapart et/ou Le Canard.

DSKFigaro

Le feuilleton nouillorquais n’est pas fini. Le Figaro, s’appuyant sur un site « Daily Beast », fait parler les cartes magnétiques. Il n’aurait fallu qu’un mois et demi pour que des experts déchiffrent ces cartes ? Et le procureur, sans attendre donc cette expertise, aurait dit de la plaignante qu’elle avait menti devant le « grand jury ». Supputons : Le Figaro, qui après s’être ridiculisé avec une Une sur la fiabilité de l’accusatrice le jour où Vance disait le contraire, essaie de se réhabiliter. Il argue aussi du témoignage de la responsable d’étage du Sofitel : Cyrus Vance et son équipe ne pouvaient quand même pas aussi négliger un tel témoignage qui leur aurait permis de ne parler que de quelques inexactitudes dans celui de l’accusatrice.

 

On le voit, on a encore de quoi supputer et supputer encore.
 

 

 

* Saisi, au hasard d’un zappage, sur BFM télé, un entretien avec l’avocat de Mme Banon : on lui fait entendre un autre entretien avec un biographe – pardon il faut dire hagiographe – de DSK, qui rappelle que depuis des années la dame se répand sur ce viol et que ses interlocuteurs lui disent de porter plainte, si c’est vrai et qu’elle n’en avait rien fait ; l’avocat se contente de salir Michel Taubmann, sans répondre sur le fond, pas plus qu’il ne répond d’ailleurs sur la volonté affichée par sa cliente de ne pas interférer dans le dossier états-unien et même il prétend que la décision était prise avant les derniers rebondissements, alors qu’on laisse entendre que Mme Banon n’aurait pas supporté de voir DSK, à peine libéré de son assignation à résidence, aller dîner avec des amis… Mais, la lenteur de la justice française, aidant, l’affaire Banon risque de traîner un temps certain.

 

N.B. Une mise au point d'Elisabeth BADINTER sur France Inter 6 juillet 2011 ("5 mn avec...") : http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=86823

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 15:37

ChatelBourdinPassons sur le cas le plus bénin, Luc Chatel : "10 objets identiques coûtent 22 euros. Combien coûtent 15 de ces objets", lui demande Bourdin. Le ministre réfléchit... et livre sa réponse d’un ton sûr : "Eh bien ça fait 16,50". Certes, il faudra d’excellents profs pour analyser cette erreur et proposer une remèdiation. Mais, Darcos, son prédécesseur, l’avait précédé dans l’échec !


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Le cas de son collègue Guéant est beaucoup plus grave, car non content de se fourrer le doigt dans l’œil jusqu’au coude, il refuse de reconnaître son ânerie.


Or donc, ce Ministre de l’Intérieur qui veut dépasser son prédécesseur – célèbre pour ses plaisanteries sur les « auvergnats » qui lui ont valu condamnation par des juges sans humour – dans l'ignominie, assène, un beau dimanche : « les deux tiers des échecs scolaires, c'est l'échec d'enfants d'immigrés ». D’où sort-il cela ? Quelques mensonges après, on apprend que ça viendrait de l’INSEE. «L’étude de l’Insee […] précise que les enfants de familles immigrées sortent presque deux fois plus souvent du système éducatif sans qualifications que les autres. […] Par conséquent, j’ai correctement cité l’étude en déclarant que les 2/3 des enfants qui sortent de l’école sans qualification sont des enfants de familles immigrées.»

gueant-enfant


Sur le coup, on n’en croit pas ses yeux, devant un tel étalage de bêtise satisfaite. Ce n’est pas, simplifions, parce que 10% d’enfants de familles immigrées sortent de l’école sans qualification et que 5% des enfants des autres familles sont dans le même cas que les premiers représentent les 2/3 des sortants sans viatique. Pour celles et ceux qui partagent avec MM Chatel ou Darcos une certaine horreur des chiffres, prenons un exemple simplifié. Imaginons un panel* de 11000 enfants dont 1000 sont issus de familles immigrées ; ces derniers sont 10 % à sortir sans qualification, les 10000 autres ne sont que 5%. Je peux conclure que «les enfants d’immigrés sortent [proportionnellement] deux fois plus souvent du système éducatif sans qualification». Mais un rapide calcul mental me permettra de voir que les uns ne sont que 100 et les autres 500 (d’où il serait tout aussi idiot de dire que les enfants d’immigrés sont cinq fois moins nombreux à sortir de l’école sans qualification).


L’INSEE citée donc, in fine, s’est refusé à tout commentaire ; il est vrai que dire que le ministre a proféré, sans doute volontairement, une imbécilité est un peu délicat pour un organisme public.


Mais avant l’INSEE, Guéant (et son cabinet) avait cité des sources variées : l’OCDE et le rapport PISA, un rapport du HCI où l’on ne trouvait aucun chiffre confirmant les affirmations du Ministre. Puis fut citée la très fiable Malika Sorel (la membre du HCI préférée des identitaires, souchiais et faux laïques) qui avait déclaré : «Les chiffres de l’Insee de 2005 sont accablants ; sur les 150 000 élèves qui sortent du système scolaire chaque année sans diplôme, les deux tiers sont issus de l’immigration». Donc, en fait, Guéant s’appuyait sur des affirmations de seconde main (et savoir qu’une telle personne qui profère de telles contre-vérités est membre du Haut conseil à l’intégration laisse planer un doute sur le sérieux du HCI).


Que le Ministre de l’Intérieur confonde pourcentages et valeurs absolues dans une colle à la Bourdin, cela pourrait se comprendre, mais qu’il persiste, dans ce qui n’est plus une erreur mais un mensonge, traduit bien la volonté de stigmatiser les immigrés à n’importe quel prix. Même de la malhonnêteté intellectuelle !


* Les vrais chiffres de ce panel sont de 13000 enfants, avec 1324 enfants d’immigrés, ceux-ci sont 10,7 % en sorties sans qualification contre 6,1 pour les autres ; dans le total de ces sorties les enfants d’immigrés représentent 16,6 %.


Sources : Libération 25 mai, 27 mai et 2 juin (résumés sur Arrêt sur images)

 

Suite aux protestations des syndicats de l'INSEE, l'institut s'est enfin décidé à pondre un communiqué le 27 juin 2011 :


Suite aux différents échanges qui ont eu lieu par voie de presse à ce sujet, l’Insee souhaite
rappeler les statistiques publiées en 2005 sur le parcours scolaire des enfants d’immigrés.
Ces statistiques figurent dans l’ouvrage Les immigrés en France (collection Insee-
Références, édition 2005, pages 98 et 99) et portent sur la scolarité dans l’enseignement
secondaire des élèves entrés en sixième en 1995.
Dans cette étude, les proportions d’élèves sortis sans qualification de l’enseignement
secondaire sont ainsi de :
- 10,7 % parmi les enfants de familles immigrées1 ;
- 6,6 % parmi les enfants de familles « mixtes »2 ;
- 6,1 % parmi les enfants de familles non immigrées.
Il est, de plus, indiqué dans la présentation qui accompagne ces statistiques, qu’à la rentrée
1995, près d’un entrant en sixième sur 10 appartient à une famille immigrée et que 6 % des
élèves vivent dans une famille « mixte ».
Compte tenu de ces éléments, la proportion d’enfants d’immigrés parmi les élèves sortis
sans qualification de l’enseignement secondaire peut être estimée à environ 16 % pour les
enfants de familles immigrées. Si on y ajoute les enfants de familles « mixtes », cette
proportion passe à environ 22 %.
Les statistiques sur lesquelles s’appuie cette estimation sont disponibles depuis leur parution
en 2005 sur le site internet de l’Insee à l’adresse :
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/immfra05f.PDF

 

Nouvelle démonstration au passage de la malhonnêteté intellectuelle de Malika Sorel, membre d'un prétendu Haut conseil à l'intégration, qui avait inspiré les mensonges de Guéant !

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 16:58

Ferrysaloperie3J’avais commis, sur Le Post (mais aussi sur mon deblog notes) un article fustigeant quelque peu Ferry, le pseudo philosophe permanenté et rappelant, après Arrêt sur images, un article de L’Express narrant des boules puantes envoyées contre un ex-ministre et les dénonçant explicitement.


Le 4 juin je reçois un message  « Après lecture et analyse attentive de votre article du 01.06.11 21h11 par notre équipe de modération, celui-ci a dû être retiré de la publication en raison de sa non-conformité vis-à-vis de la charte d'utilisation du Post.fr
Le motif de retrait de votre article est : Propos agressif
 »

Je demande donc des explications, pour, éventuellement, atténuer des propos jugés agressifs. Mais l’explication (06/06) déplace la cause du retrait : « Le motif exact de retrait de votre article est : propos potentiellement diffamatoires (une erreur au niveau du serveur lors de l'envoi automatique du message de notification).
En effet, et vu le caractère très délicat de cette affaire, jusqu'à ce que toutes ces informations aient été relayées par les grands médias ou soient considérées de notoriété publique, elles demeurent potentiellement diffamatoires : aucun nom n'ayant été cité (ni par Mr Luc Ferry, ni par une enquête officielle), toute dénonciation relève, pour l'instant, de la diffamation.
 ».


Or Madame le médiateur des réseaux sociaux du Monde a écrit sur son blog et repris par Le Monde papier du 04 juin (daté du 5 et 6) un article intitulé « Luc Ferry : dilemme du modérateur ». Il commence par l’affirmation que la diffamation est sujet sérieux :  « aucun journaliste du Monde n’a cité de nom », après les misérables propos de Ferry au « Grand Journal ». Et elle nous assène la Loi du 29 Juillet 1881 : « Toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou de la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation »

Moyennant quoi, le quotidien s’autocensure, les commentaires sont censurés, et l’annexe « Le Post » procède de même.


Or, et Le Monde l’a évoqué, il existe un article de L’express, de 2005 (article en ligne donc consultable par tous et chacun), qui se fait l’écho de la dénonciation par l’intéressé lui-même des bruits de ch….. dont il a été victime, dont l’un ressemble étrangement à la rumeur que Ferry a répandu : Maroc, ex-ministre arrêté, affaire de mœurs, exfiltration par l’Elysée (on notera au passage  que ceux qui lançaient cette boule puante était dans l’entourage du locataire de l’Elysée de l’époque : ils avouaient donc que la présidence aurait couvert une affaire de mœurs).


Ainsi donc, selon l’interprétation faite par Le Monde de la Loi du 29 juillet 1881, il serait interdit de citer le nom d’une personne qui se défend des saloperies dont elle a été victime. La victime de calomnies infâmes ne doit pas être évoquée, avec les saloperies qu’elle dénonce, au nom de la diffamation.


Donner un nom, non pas sous forme « dubitative », mais négative – c’est un mensonge – alimenterait le fameux « pas de fumée sans feu », cher aux piliers de comptoir. Sauf que, et Le Post a pu le constater, un article d’un de leurs invités* qui consistait à donner la vidéo de l’extrait dénonciateur de Ferry (donc sans citer de nom) n’a pas empêché tous les beaufs calomniateurs de se déchaîner dans les commentaires infâmes contre celui qu’il ne faut pas nommer.

 

* A noter, qu’un ex invité du Post – Guy Birenbaum – a lui aussi fourni un nom, avec des extraits de livres, sur son blog…  

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 15:08

Le prétendu philosophe Luc Ferry, ex-Ministre de l’éducation nationale (assez minable au demeurant, mais ses successeurs ont fait pire) qui a son rond de serviette au "Grand Journal", y a fait très fort le 30 Mai, dans le genre faux-derche !

Ferrysaloperie.JPG

"Les journalistes ne peuvent pas dire les choses qu'ils savent. Et je pourrais vous donner beaucoup d'exemples que vous connaissez comme moi parce que vous tombez sous le coup de la diffamation ! Le problème c'est : est-ce qu'on veut une presse qui fait fi du principe de la diffamation et du respect de la vie privée, ou pas ? Est-ce qu'on veut une presse à l'américaine ou pas ? Nous n'en voulons à aucun prix, pour l'essentiel des journalistes que je connais." Vertueuse défense du respect de la frontière entre vie publique et vie privée !

Mais, il feint d’appuyer son sage propos, par un exemple, celui d’un "ancien ministre qui s'est fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons (…) Probablement nous savons tous ici de qui il s'agit. (…) Je sais, je pense que je ne suis pas le seul. » Et de qui tient-il ces sulfureuses informations ? des plus hautes autorités de l’état, prétend-il. Le premier ministre lui-même, ajoutera-t-il.


A moins que ce ne soit de la lecture du Figaro Magazine qui venait de faire un dossier sur ce grave sujet du silence de la presse sur les affaires privées des politiques. Comme par hasard, on y lit, en effet que la police marocaine aurait fait, il y a quelques années, une descente dans une villa de la palmeraie de Marrakech et aurait surpris un groupe de Français en pleine partouze avec … de jeunes garçons. Et parmi eux, bien sûr, un ex-ministre. Le Consul de France à Marrakech alerté saisit l’ambassade et notre ex-ministre est évidemment libéré.


Réactions immédiates de tous les tartuffes de droite. Jusqu’à une association de défense des enfants qui se laisse abuser : «Un responsable politique qui abuse de nos enfants, c'est inacceptable. Nous allons porter plainte contre X. Une enquête doit être ouverte pour faire la lumière sur cette affaire», déclare Najat Anwar, présidente de l'association marocaine Touche pas à mon enfant.


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Tout le monde le savait… D’autant plus facilement que Jack Lang, lui-même avait dénoncé ce bruit de chiottes, en 2005, dans L’Express. Bruit lancé en 2002 par les amis de Chirac (on essaie de nous présenter l’ex Président en gentil pépé un peu gâteux, alors qu’en matière de lancement de boules puantes, il fut le maître de Sarko). Il est vrai que les Chiraquiens avaient été précédés par les Jospinistes en 1995 où ils firent courir le bruit que c’était un pédophile.


« En 1996, un «blanc» - document non signé - des Renseignements généraux fait allusion à une vraie affaire de pédophilie survenue en 1988 dans le sud-est de la France et évoque, avec force détails scabreux, le couple Lang, citant des écoutes téléphoniques que personne n'a jamais entendues et qui ont été, selon la note… détruites depuis. »* « Enfin, à l'approche de la présidentielle de 2002, quelques chiraquiens racontent une arrestation de Jack Lang au Maroc, dans une affaire de mœurs, suivie d'une exfiltration discrète organisée par l'Elysée. »


Notre pseudo-philosophe permanenté se fait donc l’écho de ragots peu ragoûtants. Avec Ferry, c’est saloperie ! 

 

*Avec Sarko, on a eu le même genre de fuites sur DSK, avant qu’il ne soit liquidé politiquement, prétendument surpris en train de faire des cabrioles dans une voiture au Bois de Boulogne, puis fréquentant une boîte échangiste. La police nationale se transforme en police privée de caniveaux, au service de Sarkozy.

 

Sources : Arrêt sur images et L'Express

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 10:29

Fidèle lecteur de l’excellent « Café pédagogique », je tombe le 2 mai sur cet article : L'intégration ça marche.


"Si l’on considère des indicateurs tangibles, comme le niveau de diplôme obtenu par les générations suivantes, la mobilité sociale, les mariages exogames, la majorité s’intègre, se fond dans la foule et disparaît des écrans. C’est en France que les immigrés et leurs enfants se sentent aussi le plus intégrés". Dans son rapport annuel, le Haut Conseil à l'Intégration rappelle que le modèle français d'intégration n'est pas mort. "Le HCI relève un chiffre selon lui très marquant de la réalité de l'intégration des immigrés dans notre pays, au regard des exemples étrangers : 65% des descendants d'immigrés vivent en couple avec des personnes de la "population majoritaire". De façon générale, ce sont les hommes descendants d'immigrés qui épousent des femmes de la population majoritaire. On y observe que seuls 16% d'immigrés ayant la nationalité française ont peu ou pas le sentiment d'être Français, ce qui est bien inférieur, semble-t-il à d'autres enquêtes effectuées à l'étranger, mais ils sont encore 10% à être dans ce cas pour les descendants de deux parents immigrés qui sont pour le plus grand nombre Français par le droit du sol". Mais le HCi demande une surveillance de près des flux et particulièrement des mariages. " Certaines familles résistent à l’assimilation en faisant venir une bru ou un gendre du pays d’origine. Si l’Etat ne doit pas s’immiscer dans l’intimité des couples, il peut vérifier qu’il ne s’agit pas de mariages forcés. Et renforcer les conditions pour accueillir un conjoint, comme pour le regroupement familial. Il faudra disposer d’un logement et d’un revenu, avant de faire venir l’époux ou l’épouse ; car on constate régulièrement de graves problèmes sociaux dans ces ménages".

 

immigration HCI

 

Un lien vers ce rapport étant donné je tombe sur un titre beaucoup moins optimiste : "LA FRANCE SAIT-ELLE ENCORE INTEGRER LES IMMIGRES ?"

Et le rapport, si on le résume dit en substance « l’intégration ça a eu marché, mais ça ne marche plus » ou plus brutalement, les ritals, les polaks, les espingouins, les portos ça va, les beurs et les blacks, sans oublier les turcos, bonjour les dégâts !

 

Comme toute bonne dissertation le rapport est en trois parties. Le café a retenu la première « l’intégration ça marche » et a dû la lire déjà un peu en diagonale, car sous ce titre optimiste, derrière des chiffres globaux, le rappel de descendants d’immigrés fameux (à commencer par celui qui fait président), les réserves s’affichent déjà.

 

immigrationLe rapport cerne d’abord le champ d’action du HCI. Selon les dernières données de l'INSEE, la France compte ainsi 5 millions d’immigrés (personnes étrangères nées à l’étranger) auquel il convient d'ajouter 6,5 millions d'enfants d’immigrés dont 3,4 millions sont eux-mêmes nés à l’étranger et 3,1 millions sont nés en France. Au total, ce sont donc 11,5 millions de personnes immigrées ou d'enfants ayant au moins un parent immigré qui résident en France, soit 19% de la population française.


immigre charpakIl donne une liste de célébrités où Georges Charpak côtoie Isabelle Adjani, ainsi que Jean-Marie Cavada, François Cheng, Rachida Dati, Edgar Morin, Yannick Noah, Michel Platini, Sylvie Vartan, Manuel Valls, Koffi Yamgnane, Rama Yade, Zinedine Zidane, sans oublier Charles Aznavour ou Wilfried Tsonga (au demeurant plus Suisses que Français).

 

Mariages

 

immigration_1970_Elise_ou_la_vraie_vie_01.jpgCertes 65% des descendants d'immigrés vivent en couple avec des personnes de la "population majoritaire".


Mais Les mariages avec un conjoint du pays d’origine sont nombreux et posent la question de l’intégration. Il faudrait disposer d’un logement et d’un revenu, avant de faire venir l’époux ou l’épouse ; car on constate régulièrement de graves problèmes sociaux dans ces ménages. 

Or l'union entre conjoints de même origine domine pour certaines origines (82% pour les originaires de Turquie, par exemple) mais devient minoritaire pour les immigrations plus anciennes (venues d'Espagne ou d'Italie). Il ne s'agit donc plus d'un regroupement familial mais d'une constitution de famille. phénomène que Michèle Tribalat, démographe, qualifie d'"auto-engendrement". ce sont surtout ces familles qui ont recours aux services sociaux.


L'obtention du titre de séjour grâce au mariage avec un Français a généré des dérives comme les mariages blancs ou les mariages gris, s'agissant principalement de la venue d'un homme/conjoint étranger d'une Française. Les mariages forcés sont la résultante de pratiques coutumières rétrogrades qui pénalisent, majoritairement, des jeunes femmes étrangères (brus) qui sont alors souvent victimes de violences physiques ou morales, ou des jeunes filles descendantes d'immigrés dont on refuse l'acculturation.

Sans bien entendu remettre en question le droit d'épouser la personne de son choix, on peut s'interroger sur la pratique consistant, de façon quasi systématique, à aller chercher un conjoint dans le pays d'origine, perpétuant ainsi une endogamie matrimoniale qui ne peut être considérée comme un facteur d'intégration. A terme, la généralisation de ces pratiques matrimoniales pourrait conduire à la constitution de communautés ethniques, plus favorables au communautarisme qu'à l'intégration. On est bien loin de l’optimiste intégration qui marche.

 

ZUS ou pas ZUS : logements et ghettos

 

immigre musulmans de france 464

 

Immigrés algériens des années trente

 

En moyenne il n'y a plus d'écarts qualitatifs entre les logements des immigrés et ceux des autochtones. En revanche, les différences concernent surtout le taux d'occupation, les immigrés connaissant des taux de sur occupation en raison de la taille des familles.

 

Le pourcentage de Français propriétaires est de 59 % et celui des immigrés de 39% ; il était de 33,6% en 1992. Le différentiel se réduit également pour les descendants d'immigrés (51%).

L’accès à la propriété est moins fréquent pour les ménages issus des pays tiers, qui ne sont propriétaires que dans 25% des cas (350 000) et 33% chez

leurs descendants. Les Algériens, comme les Africains subsahariens sont majoritairement logés dans le parc HLM: 70% des ménages locataires Algériens sont logés dans le parc social HLM, 64 % pour les Marocains, 60,5% pour les Africains du sud Sahara. En revanche, les ressortissants d'Asie du sud-est ou les Portugais y sont beaucoup moins nombreux et sont majoritairement propriétaires (43% pour les premiers sont propriétaires, et 53% pour les seconds). On retrouve les mêmes différences, atténuées, concernant les descendants d'immigrés.


il semble que l'effort consenti pour se loger soit, pour certaines familles, limité en restant dans le logement social, même dégradé, afin de construire des résidences dans leur région d’origine. Il est certain que les fonds utilisés pour ces habitations "au pays" le sont au détriment d'une amélioration des conditions d'habitat en France.

 

Un immigré sur cinq (19%) vit dans une ZUS (zone urbaine sensible), soit près d'un million de personnes. La proportion d'immigrés y est 2,5 fois supérieure à la moyenne nationale (18,3% contre 7,3%). 83% des immigrés résidants en ZUS sont originaires de pays tiers à l'Union européenne. Les pays les plus représentés sont l'Algérie (21,5%) et le Maroc (20,1%) ainsi que la Turquie. 

Outre la mixité sociale, se pose de façon récurrente la question de la mixité ethnique comme indicateur de non intégration des populations des quartiers, à Marseille par exemple.

 

Dans ces zones urbaines sensibles en 2007, le taux de pauvreté (à 60% du revenu médian) était de 33,1% en ZUS contre 12% hors ZUS. Le taux de chômage est plus du double de celui constaté par ailleurs : 16,9% contre 7,7% hors ZUS.

Au sein de ces zones, les personnes immigrées sont particulièrement vulnérables : environ 24% des actifs immigrés étaient au chômage au milieu des années 2000. Les ménages pauvres et les allocataires des minima sociaux sont surreprésentés, en lien avec la concentration de catégories sociales désavantagées : employés, ouvriers et inactifs. Le revenu par habitant en ZUS représente à peine plus de la moitié (56%) de celui des autres quartiers. 

Si l'on considère le taux de couverture de la CMUC (couverture maladie universelle complémentaire), on compte 22,4% de bénéficiaires en ZUS contre 9,5% hors ZUS.

   

immigration_tribalat.jpgSelon une étude menée par Michèle Tribalat et Bernard Aubry, en 2005, la proportion des jeunes issus de familles dont au moins un des parents est étranger ou immigré s'élevait à moins de 20% sur l'ensemble du territoire mais dépassait les 60% dans vingt communes, pour l'essentiel en Ile de France… (le thème de la concentration des immigrés dans l’Ile de France, la région lyonnaise et le midi méditerranéen sera repris plusieurs fois dans le rapport)

 

Emplois-chômage

 

immigration_elise01.jpgLes taux d'emploi les plus forts s'observent chez les immigrés d'Espagne, d'Italie et du Portugal. Cela s'explique en partie par un effet de structure : les immigrés en provenance de ces pays sont en moyenne plus âgés que les autres. Pour les hommes, les taux d'emploi les plus faibles s'observent chez les descendants d'immigrés, en particulier les descendants d'immigrés d'Afrique subsaharienne (53%), d'Asie du Sud-Est (60%), du Maroc et Tunisie (61%), de Turquie (67%) et d'Algérie (69%), alors que le niveau d'emploi est nettement plus élevé chez les descendants d'immigrés des pays de l'Europe du Sud (Portugal (82%), Espagne et Italie (86%) ou l'Union européenne (81%) et proche du taux d'emploi de la population majoritaire (81%).

 

Scolarité-diplômes

 

immigre adjaniLa réussite ou l'échec de l'intégration dépend bien-entendu des conditions sociales objectives, mais aussi de données culturelles.


Si l'on compare le niveau de diplômes des descendants d'immigrés par rapport à la population majoritaire, on observe un niveau plus faible en particulier concernant les garçons. Ainsi, parmi les descendants dont les parents sont venus d'Algérie, du Maroc de Tunisie ou de Turquie, la part des hommes sans diplôme ou de diplôme de faible niveau est presque deux fois plus importante que dans la population majoritaire. Toutefois, le pourcentage de pères ouvriers (70%) des descendants d'immigrés du Maghreb, de Turquie et du Portugal contribue à expliquer les niveaux atteints. Si l'on ajoute comme facteur la taille de la fratrie, on comprend cette difficulté dans la réussite scolaire.


Les taux de réussite au diplôme national du brevet, en progression en 2007-2008 sur tout le territoire, continuent d'être inférieurs en ZUS (-12,1 points). Les jeunes immigrés sont particulièrement en risque de sortir sans diplôme du système scolaire : en ZUS,36,9% des jeunes immigrés n'ont aucun diplôme contre 19,8% pour les jeunes non immigrés.


Alors, par exemple, que les parents d'origine maghrébine restent encore majoritairement ouvriers et employés, en 2007, 41,8% de leurs enfants sont en retard scolaire en sixième pour 26,8% d'enfants d'ouvriers et d'employés, Français de naissance. On note donc au passage, que sans le dire, le HCI remet en cause l’explication pseudo républicaine par le seul facteur socio-économique.

 

imigration_pierre-mauroy.jpgC’est la faute à Mauroy, c’est la faute à Rocard

 

Jusqu'en 1984, existait un double système de cartes de séjour et de travail. Ces cartes étaient limitées à l'exercice d'une activité professionnelle et dans un espace géographique déterminé. Ce système permettait l'adéquation entre travailleurs immigrés et zones d'emploi, il a été supprimé en 1984. Système qui semble donc ne poser aucun problème aux rapporteurs ni au HCI. Or, un système de titre unique valant pour le séjour et le travail a été mis en place, en juillet 1984. Toutes les restrictions professionnelles ou géographiques ont été supprimées.


Aucune étude, à notre connaissance, n'a analysé l'impact de cette loi de 1984 sur la concentration urbaine ou la mobilité, mais les témoignages sont nombreux pour dater de ces années, le déclin de la mixité sociale ou ethnique dans les zones urbaines défavorisées. On lit bien : pas d’étude mais une accusation gravissime à partir de « témoignages » non quantifiés, non référencés.


Le gouvernement de Michel Rocard a décidé, le 11 juillet 1991, de soumettre à l'examen de la situation de l'emploi, l'accès des demandeurs d'asile au marché du travail, ce qui revenait de fait, compte tenu du niveau de chômage, à une interdiction d'accéder à l'emploi. En contrepartie, les pouvoirs publics ont mis en place un dispositif d'accueil coûteux.

 

immigration choisie

La « désintégration »

 

immigration_haine-03-g.jpgLes ratés de l’intégration, même minoritaires, sont particulièrement graves et douloureux. Lorsqu’une partie de la jeunesse des banlieues développe une contre-culture hostile à la France, se montre violente, les dégâts sont impressionnants. Lorsque certains revendiquent des droits particuliers qui heurtent la laïcité et la conception que nous avons de l’égalité homme-femme : les frictions sont fortes. La méfiance s’installe. Et ce terreau nourrit les craintes et les extrémismes. il laisse se durcir, sur son territoire, des zones, le plus souvent urbaines et parfois rurales, où se développent au mieux l'ignorance, au pire la détestation de la France, de la part de jeunes Français issus de l'immigration. Le Haut Conseil n'hésite plus désormais, à parler dans certains cas, de «désintégration». Cette situation créé un risque supplémentaire, non d'une simple exaspération des autochtones, mais d'une crispation identitaire d'une large partie de la société française et d'un rejet   de l'ensemble des immigrés, à l'image des dérives populistes de plusieurs pays européens dont certains passaient, encore récemment, pour des modèles de tolérance.

 

On constate l’euphémisation par les pouvoirs publics des faits ayant trait à l'immigration (on parle ainsi de "jeunes" pour désigner des personnes, d'ailleurs plus ou moins jeunes, issues de l'immigration, "d'incivilités" pour des actes de délinquance, de "quartiers" ou de "banlieues" pour désigner des cités HLM, etc.), voire le déni pur et simple des réalités migratoires.

Une part importante des habitants des cités, particulièrement les hommes jeunes, rejettent de plus en plus souvent avec violence tout ce qui est identifié comme Français, opérant une véritable sécession avec le reste de la ville, mais aussi avec l'ensemble de notre société. Enfin, ces multiples ruptures avec notre société et ses valeurs s'appuient sur une racialisation omniprésente des rapports sociaux, des exigences religieuses croissantes liées à l'Islam ou prétendues telles, et un antisémitisme revendiqué comme un élément "culturel" fédérateur des diverses communautés immigrées des quartiers.


Le réquisitoire est sévère, mais l’importance relative du phénomène (tout au plus est-il noté qu’il est minoritaire) n’est pas mesurée. Et les immigrés concernés ou leurs descendants sont clairement désignés qui se réclament de l’Islam.

 

Un rapport très ambigu


immigre transfertLe ton de ce rapport est donc pour le moins ambigu.

 

D’autant que l’on y trouve des assertions étonnantes. Il est souvent porté un jugement très favorable sur le fait que les immigrés envoient des sommes importantes au pays d'origine. Les pays d'origine apprécient à coup sûr cette arrivée de devises bien que ces sommes d'argent permettent rarement de participer au développement local ou à des investissements productifs. Une telle affirmation frise l’indigence intellectuelle, comme si les bénéficiaires ne contribuaient pas à faire vivre commerces, artisanat et marchés locaux ?


On frise aussi le zemmourien : Les communautés nord-africaine et africaine sont, parmi les étrangers interpelés pour trafic local de drogues, les plus nombreuses, à savoir 3 865 individus entre 2005 et 2009, correspondant à 70,2% des trafiquants locaux de nationalité étrangère interpelés. Lu trop vite, on retient le 70 %, alors qu’il ne s’agit que des « étrangers » et que ce n’est rapporté à aucune statistique globale.


barbu-islamiste.jpgOn frise aussi le ridicule : De plus en plus nombreux sont les hommes portant des tenues identifiables : barbe salafiste, calotte sur la tête, tunique blanche. Cette barbe, qualifiée plus loin d’islamique, faudra-t-il l’interdire ? et la calotte ? (On voit au passage à quel délire risque d’aboutir les interdits vestimentaires : jupes longues ici, barbe là, voire foulard partout, etc. la course qui s’amorce sera sans fin).

 

Surtout le HCI s’inscrit avec vigueur dans le débat Sarkopéïste (en cours, au moment de la discussion sur ce rapport).

La laïcité questionnée par les pratiques de l'intégrisme islamique titre un chapitre. En posant à nouveau la question de la relation entre islam et laïcité républicaine, le HCI n'entend certainement pas stigmatiser les musulmans. Il fait le constat que c'est l'islam, pratiqué par un nombre significatif de Français ou d'immigrés qui interpelle aujourd'hui notre société sécularisée par certaines de ses pratiques. Cette religion s'accommode moins facilement que d'autres aujourd'hui d'une séparation du public et du privé, dans la mesure où elle entend régir l'ensemble des actes de la vie quotidienne des pratiquants.

 

On ne peut accepter, sous prétexte de respect des minorités, que des communautés soient soumises aux préceptes inspirés par l'usage politique d'une religion, ni que des mouvements intégristes cherchent à imposer à l'ensemble de la société une autocensure, synonyme de régression du droit d'expression et donc, de critique.

 

Toujours, sans vouloir stigmatiser bien sûr, le HCI ressort le Quick Hallal, les refus d’activités scolaires spécifiques, les demandes de repas hallal dans les cantines, la polygamie, en amalgamant des choses qui ressortent de logiques différentes et en ne quantifiant pas l’ampleur du phénomène (et en oubliant les réponses données).

 

immigreplatini-copie-1.jpgIl va jusqu’à anticiper un débat qui fait fureur à la FFF : la bi-nationalité.

La plupart des immigrés acquérant la nationalité française ne perdent pas leur nationalité d'origine. Cette question de la pluri-nationalité est encore rarement formulée en France, mais ne manquera pas selon nous d'émerger. Les rapporteurs ne croyaient pas si bien dire.

 

Ces larges extraits du rapport du HCI montrent que le constat sur la réussite ou non de l’intégration est très, très ambigu. L’optimisme – tout relatif d’ailleurs - de la première partie s’estompe vite. Le bilan positif ne concerne , en fait, que les immigrés d’origine européenne, notamment d’Europe du Sud. Pour les immigrés du Maghreb, ce sont les difficultés qui sont mises en relief. Difficultés indéniables souvent quand il s’agit de ghettoïsation, de chômage, de pauvreté, de difficultés scolaires… Mais, quand il s’agit d’Islam, ça dérape dans l’idéologie. Les dangers, qu’il pourrait représenter, sont affirmés sans aucun recul, sans aucune mise en perspective. Enfin, ce rapport flirte dangereusement avec un engagement partisan.

 

 

N.B. Cet article est, pour l’essentiel, un montage d’extraits du rapport du HCI, à partir d’une version qui ne semble pas tout à fait finalisée (ainsi, dès la 1ère page on note une correction, on trouve dans le texte des anomalies – ainsi un « imposent à imposer » que j’ai corrigé par « cherchent à imposer »), mais, fût-ce une version non définitive, elle donne au moins le point de vue des rapporteurs Benoît Normand, Secrétaire général, et Suzel Anstett, Chargée des études et a été examiné à deux reprises par le HCI).

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 18:16

Dollars ou gratuité ? L'introuvable ligne j@une de l'info en ligne … tel était le titre d’une émission d’@arrêt sur images que Guy Birenbaum, son animateur, présente comme sienne dans son blog (en revanche, dans une réponse à des commentaires, il ne revendique plus du tout sa paternité…).


huffington-post

Au point de départ, les 315 millions de dollars payés par AOL pour racheter le Huffington Post, deuxième site d’information états-unien. Ce que voyant, un certain nombre de contributeurs bénévoles entameraient une class action pour avoir une part du gâteau.


Rue89

La transposition en France – dans l’émission – a souffert d’abord de partir d’un cas pour le moins douteux, mettant en cause un site d’informations, Rue 89, dont on ne connaissait pas l’état de santé financière (Huffington Post ne dégage des bénéfices que depuis l’an passé). En résumé, un certain Hugues Serraf envoyait gratuitement des papiers à Rue 89. De son propre aveu, il le faisait bénévolement car sa situation professionnelle était confortable. Cette situation ayant changé, il demande à Rue 89 de le rémunérer. La proposition faite lui semblant insuffisante, il migre vers un nouveau site d’informations. Un des co-fondateurs de Rue 89, présent, est assez confus quant aux piges ASI-lignejaune3versées aux journalistes et experts. Mais, Gilles Klein, collaborateur d’@si, résumera bien le cas présenté : Seraf n’est pas satisfait de ce qu’on lui propose, il va voir ailleurs. Cependant, l’émission, grâce à l’animateur, va tourner encore en rond un long moment et se transformer insidieusement en procès de Rue 89.



ASI-lignejauneProcès bien orchestré dans certains commentaires. Rue 89 serait un site proche du PS. Pierre Haski, un des co-fondateurs est un ancien de Libé : il fut notamment correspondant à Pékin. Pascal Riché et Laurent Mauriac, deux autres co-fondateurs,  sont aussi des anciens de Libé. G. Klein devenait donc un « ultralibéral » et le comportement de Rue 89 était typique du « système capitaliste » exploitant la main d’œuvre gratuite des contributeurs. Tout cela dans le style d’une « vulgate » pseudo-marxiste à la Thorez, ce qui était rafraîchissant.


ASI-lignejaune2Le confusionnisme de Birenbaum, qui parle déjà de blogueurs pour désigner les contributeurs à un site d’infos, seulement acharné à obtenir du représentant de Rue 89 l’aveu, assez évident, qu’il ne rémunérait pas ces contributeurs volontaires, n’a permis aucune clarification.

 

 


Entre les sites d’informations d’abord. Certains sont des fenêtres officielles d’organes de presse (Le Figaro, Le Monde, Libé, le Nel Obs, L’Express…) ; Le Post, un des plus importants par le flux de visiteurs, est une annexe du Monde (dont les nouveaux propriétaires semblent vouloir se débarrasser). Certains sites, dont @si, Mediapart, etc. sont payants. D’autres, dont Rue 89, parient sur la pub. D’autres encore essaient de s’inscrire dans une logique non marchande comme Agoravox, qui s’adosse à une fondation, ou, sur un créneau plus spécialisé, mais avec une audience remarquable, Le Café Pédagogique, à une base associative.


Dans les derniers cas – Agoravox se situe dans la même logique que celle du mouvement qui a abouti aux logiciels libres – pratiquement tout repose sur le bénévolat des contributeurs. Faut-il rappeler au passage aux marxistes du dimanche que la base du mouvement associatif est l’engagement bénévole ? Faut-il rappeler aussi que d’excellents blogs sont offerts gratuitement au public par des experts, des chercheurs, des humoristes, des journalistes même, comme Maître Eolas, Jean Baubérot, Laurent Mucchielli, Jean-Pierre Rosenczveig, Luc Cédelle, Géhèm et bien d’autres.


La question de la rémunération des blogueurs est doublement absurde. Le « blogueur » proprement dit – celui qui tient son blog personnel – peut essayer de capter de la pub. Le contributeur d’un site d’information – ce qui n’est pas, n’en déplaise à Birenbaum, la même chose – sait parfaitement que c’est impossible.

Peut-on imaginer qu’@si, dans sa grande générosité, paye la petite trentaine de commentateurs, dont je suis, qui phagocytent les « forums » ? « Le Post » mettrait la clé sous la porte avant que le trio Berger-Pigasse-Niel ne le supprime. Les sites des organes de presse supprimeraient tout commentaire s’il fallait les payer. Ils font plutôt l’inverse, puisque le droit de commenter est parfois réservé, comme un privilège, aux abonnés. Les sites d’information qui mettent en relief une contribution bénévole, abandonneraient cette pratique si elle entraînait rémunération.


Triplement absurde même, car le contributeur bénévole d’un site n’a aucun lien contractuel avec ledit site. Certes il s’engage, sans l’avoir lu, à respecter un pseudo contrat général d’utilisation (en gros un rappel du respect de la loi). Mais rien qui implique une quelconque subordination (obligation de fournir sa copie selon tel format, à tel rythme et encore moins sur tel sujet).


Restent les professionnels ou semi-professionnels. Si je prends l’exemple du Post, où je commets quelques articles, les journalistes sont passés, si j’ai bien lu, de 10 à 6 et le site sous-traite sa « modération ». Autrement dit, articles proposés par les bénévoles et commentaires sont soumis à un contrôle extérieur au site lui-même. La rédaction se contente de labeliser quelques articles, comme « vérifiés » et, honneur suprême, « mis à la une ». Il fait appel aussi à des chroniqueurs associés, dont Birenbaum avant qu’il ne (re)prenne son indépendance avec son blog. Ces associés ont-ils droit à une pige ? sur quelle base (aux clics, à la ligne, etc.) ? Les salariés et pigistes sont-ils exploités ?  Birenbaum dit que quand il avait ce statut, il touchait 600€ mois. Avec quelles obligations ? Nul ne sait.


Le contributeur bénévole que je suis peut parfois être irrité de voir une information mise en ligne le 7 avril sur Le Post, reprise par « La rédaction » le 10, sans même que son travail soit « labelisé ». Il se rend compte – si besoin était – que le travail journalistique consiste à reprendre un article (lui-même reprise souvent d’une dépêche de l’AFP). Ma source était lisible par tous, y compris la rédaction, puisqu’il s’agissait de Libé, mais je l’avais complété par un lourd travail d’investigation en allant sur le site… de la collection Lambert, ce qui m’avait permis de constater que Piss Christ avait déjà été exposé en 2006-2007 au même endroit, que l’exposition visée par les intégristes (puis l’archevêque) avait démarré le 12 décembre, enfin que l’exposition comportait de nombreux autres artistes.


Se pose donc une vraie question celle-là, que soulevait Bertrand Le Gendre dans le supplément « télévisions » du Monde daté du 24 avril, de la « valeur ajoutée » par les multiples « sites d’information ». S’agissant des infos « chaudes », comme il dit, c’est le plus souvent la même dépêche d’agence reprise et mise en forme par les journaux, hebdos (et leurs sites en ligne), les radios, quelques sites (d’autres se contentant de reprendre un article qui lui-même reprenait la dépêche). On en a même une caricature, quand une rumeur non vérifiée, comme celle de l’encloquage de Carlita, est reprise ad nauseam avec de feintes pincettes, parce que ça fait du bouzze...


« Comment sortir de ce carcan de l’information formatée, décalquée à l’infini ? » C’est une bonne question… de mon point de vue meilleure que celle que posait la « ligne jaune ».

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 16:23

Le 26 mars, je m’étais étonné, dans une lettre à Martine Aubry, Première secrétaire du PS (cf Aubry, Ramadan, Morano et la pétition "Non au débat-procès sur l’Islam"), du retrait de sa signature de l’appel lancé dans les colonnes du Nel Obs. Martine Aubry a répondu dans un courrier daté du 12 avril, reçu ce jour par courriel. Comme l’image de cette lettre est un peu floue, j’en ai reproduit les paragraphes essentiels.

Aubry-reponse

 

Si on ne signe pas un appel uniquement en fonction des autres signataires, a fortiori quand on ne les connaît pas à l’avance, il n’en reste pas moins qu’en ces temps où l’UMP s’engage dans un débat dangereux qui divise les Français et qui légitime la xénophobie, je veille aussi, en tant que Première secrétaire du PS à éviter les instrumentalisations.


M. Ramadan a ses convictions. J’ai les miennes. Elles ne sont pas toujours compatibles, loin s’en faut. Ne souhaitant pas donner à la droite la possibilité de prolonger médiatiquement leur stratégie  nauséabonde – car les médias en auraient fait, plus longtemps encore, un élément de polémique – j’ai décidé comme Laurent Fabius de retirer ma signature et de le faire savoir.


Je maintiens bien sûr mon accord avec le contenu de la pétition « Non au débat-procès sur l’Islam ».


J’ai pu constater par la suite que l’UMP n’ayant plus cet « os à ronger », la polémique s’est rapidement éteinte. C’est exactement ce que je souhaite : dénoncer une dérive dangereuse et, surtout, ne pas tomber dans la provocation de l’actuelle majorité.

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 21:34

Marie-Agnes-Labarre.JPGMme Marie-Agnès LABARRE, qui a remplacé Mélenchon au Sénat et M. François AUTAIN, autain_francois83012k.jpgex-Chevénementiste devenu Mélenchonniste lancent une proposition de loi-cadre visant tout à la fois à instaurer la loi de 1905 en Alsace-Moselle et en Guyane et à supprimer la loi Debré sur l’enseignement privé. Dans le genre, plus laïque que moi je meurs, les deux font fort. Ce petit jeu auquel excellent les laïcistes qui consiste à feindre d’appliquer les grands principes (A école publique, fonds publics, à école privée, fonds privés), tout en sachant leur totale impuissance à établir un rapport de forces capable de faire passer cette proposition. L’enseignement privé sous contrat accueille, en gros 20 % des élèves, mais près de la moitié des parents ont joué à passer leurs rejetons d’un système à l’autre (dont certains membres de l’Education nationale).


Nos mélenchonniens savent bien que mettre en avant cette suppression de la loi Debré, serait faire un cadeau en or massif à Sarko en 2012. Mais il s’agit en fait d’une petite manœuvre politicienne pour tenter de ratiboiser les voix de quelques vieux laïques, nostalgiques du "serment de Vincennes" qui fut l’alfa et l’omega de leur engagement citoyen.


L’exposé des motifs, derrière des rappels peut-être pas inutiles sur « les lois communes (…) conçues en toute indépendance par rapport aux convictions particulières, qu'elles soient religieuses ou athées », mélange un peu tout. Ainsi affirmer que les services publics « font (…) correspondre aux lois communes une action sociale d'envergure, qui promeut la justice sociale en même temps que la laïcité » n’a pas grand sens, si ce n’est se payer de mots. Les grands services publics auraient pour but de compenser les inégalités de fortune de la société civile ; qu’ils puissent les atténuer soit, mais seule la fiscalité, des politiques de logements et d’emplois, etc. peuvent réduire ces inégalités. Il est souhaitable que la justice sociale et la laïcité aillent de pair, mais l’une n’implique pas l’autre. Et, sauf à considérer que la laïcité est une exception française tout régime démocratique peut être laïque. Cette République laïque et sociale est hautement souhaitable. Elle est virtuelle en France. Elle ne définit pas la laïcité.


Les auteurs emploient un langage assez contourné pour sembler redire ce qui se trouve fort bien écrit dans les deux 1ers articles de la Loi de 1905. Ce qui permet, sans avoir l’air d’y toucher, d’en tordre subrepticement les principes. Ainsi la laïcité dans une phrase devient émancipation laïque – une laïcité positive ? – la phrase suivante, termes qui seront repris ensuite, remplaçant le mot laïcité. S’introduit aussi la distinction entre sphère privée et sphère publique. Alors que la liberté de conscience relève du libre arbitre de chaque personne mais n’empêche pas la manifestation publique de choix religieux et philosophique, dans le respect de l’ordre public, ce qu’exprime bien aussi la loi de 1905, surtout quand on l’éclaire des riches débats en commission. La neutralité de l’état s’impose à ses agents, pas aux usagers de ses services.


Leur définition de la laïcité place dans les éléments qui la composent l'égalité des droits de tous les citoyens alors que la laïcité est une des conséquences de cet article fondamental de la Déclaration des Droits, égalité qui comme la liberté va se conjuguer sous de nombreux aspects (les droits politiques – de vote, de se présenter aux élections, d’adhérer à un parti… – et le droit conjugal ont ainsi mis longtemps à s’inscrire dans ce principe).


Quant à l'universalité de l'action publique visant à mettre en accord la réalité concrète et les exigences contenues dans les droits proclamés qui serait le gage de la concorde dans le vivre ensemble, c’est certes ronflant  comme la phrase suivante (L'honneur d'une politique laïque et sociale décomplexée est ainsi de veiller aux applications pratiques des principes abstraits, à l'encontre de tout opportunisme électoraliste.) mais c’est surtout creux. Si ça veut dire qu’il vaut mieux mette ses actes en accord avec les principes qu’on affiche, soit. Mais ça ne concerne pas que la laîcité…


Une fois passé ce lourd exposé, les propositions sont claires : suppression du concordat en Alsace-Moselle (de quoi réjouir Mouloud Baubérot), abrogation d’une ordonnance de Charles X du 27 août 1828, qui fait bénéficier le culte catholique d'un financement public en Guyane, en bref application de la Loi de 1905.


Cela aurait dû suffire pour une loi d’extension du domaine de la laïcité. Loi impossible à faire adopter, mais qui n’est pas suicidaire électoralement.


Mais à l'encontre de tout opportunisme électoraliste (voilà où voulait mener le charabia sur l’universalité de l’action publique), ils veulent rallumer, à leur façon, un débat, hélas, tranché à l’été 1984, quant une loi sur le grand service public de l’éducation nationale, négociée avec intelligence par Alain Savary, a été sabotée par celui qu’on surnommait le Joxe-terrier, André Laignel. Le laïciste de service (de sévice) et ses complices allaient provoquer une manifestation géante des tenants de l’école privée confessionnelle. Mitterrand, le 14 juillet, en tirait les leçons et retirait le projet de loi. Retour à la Loi Debré ! Prônons donc, la suppression de cette infâme loi. Ce qui permettra de jeter l’anathème sur ceux qui ne soutiendraient pas cette proposition de loi.


Sauf que, même le Parti de Gauche pourra difficilement prétendre être à l’écoute des préoccupations des français avec la loi Debré et guère plus avec le concordat en Alsace-Moselle ou l’ordonnance de Charly dix en Guyane. Car les faux débats sur la laïcité n’ont aucunement ces objectifs : la dame Le Pen, Sarkopé n’ont pour but que de stigmatiser, comme on dit, l’Islam. Et les sauciflards-pinards, modèles « de souche » ou « riposte raciste », eux, se battent les parties génitales de ces niaiseries : sus au fascisme vert (mais non ce n’est pas Nicolas Hulot qui est visé, mais le « vert » de l’islam) ! boutons le bougnoule hors de France ! tels sont leurs slogans. Et ce n’est pas chez Mélenchon qu’ils iront. Aucune chance donc de capter des voix sur ce registre. Quant aux autres, ces soi-disant républicains qui prétendent que la décentralisation c’est céder aux sirènes du clientélaire comme ils disent, à part quelques caïmans PS – style Laignel – ils ont déjà migré vers le souverainisme.


Je crains que ce ne soit pas avec cette proposition de loi que Mouloud Baubérot ait quelque chance de voir l’Alsace-Moselle ou la Guyane bénéficier de la Loi de 1905 !

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 17:05

 

 

NKM-FranceInterbisStupéfiante NKM !

 

Invitée de France Inter (04/04/11), après avoir dit, avec un élégant détachement qu’elle ferait peut-être un tour à la réunion de l’UMP prétendument sur la laïcité, pour se rattraper peut-être de sa désinvolture, a tout bonnement fabriqué une histoire de hachis parmentier.

 

NKM01   Figurez-vous que la dame Kociusko-Morizet est non seulement ministre, mais aussi Maire de Longjumeau. En tant que Maire, elle souhaitait donc que le fameux débat de l'UMP sur la laïcité permette de résoudre un épineux problème dans les cantines scolaires, "un sujet qui se pose quotidiennement et qui commence à casser la tête de tout le monde" : car à Longjumeau, elle est confrontée à une difficulté majeure : "des enfants de six ans refusent de manger du hachis Parmentier sous-prétexte que le bœuf n'a pas été égorgé comme il faut". Dès six ans, vous voyez comme ils dressent les enfants ces islamistes longjumellois (mais pas de souche, bien sûr).

 

Sauf qu’un membre de l’équipe d’«arrêt sur images» a eu l’impudence d’enquêter un tant soit peu. Le responsable des cantines scolaires de Longjumeau est-il au courant d'enfants de six ans qui refuseraient de manger du hachis Parmentier ? "Non". Le chef de cabinet de Kosciusko-Morizet à la mairie de Longjumeau, n'est pas au courant non plus : "aucune plainte en mairie. Aucune remontée".

 

Des directrices d’écoles maternelles et primaires démentent aussi l’histoire du hachis. Finalement le directeur de cabinet rappellera pour dire que NKM aurait reçu l’information d’une dame de service. "Mais cela concernerait très peu de personnes, peut-être deux ou trois, dans une ou deux écoles. Ce n'est pas un mouvement de fond". Donc sa patronne aurait brodé sur une prétendue confidence à la véracité douteuse.

 

88033 claude-gueant-le-31-mars-2011

C’est à cette aune qu’il faut juger la dernière déclaration scandaleuse de Claude Guéant. « L'accroissement du nombre de musulmans et un certain nombre de comportements posent problème ».

 

Et du coup, c’est Thomas Legrand, ce matin, 06/04/11, sur France Inter qui ramène ces comportements à problème au niveau du hachis des cantines de Longjumeau.

« Mais, au fait, quel est vraiment le niveau du problème qui a conduit à tout ce barouf ? Voici les chiffres de la violation insupportable de la laïcité. Ils datent de février 2011 (je les tiens de bonnes sources, proches du ministère de l’intérieur). Vous allez voir ça va vous rappeler le fameux drame du hachis Parmentier de Longjumeau, cher à Nathalie Kosciusko-Morizet :

Cinq piscines ont aménagé des horaires séparés hommes/femmes. Dix portions de rue dont quatre à Paris, une à Marseille et une à Nice sont utilisées dans toute la France pour des prières. Malgré quelques demandes, aucun repas hallal n’est servi dans les cantines publiques. Il y a des menus sans porc à la demande de certains musulmans ou juifs qui sont proposés un peu partout dans les cantines françaises. Il y a trente minarets dans tout le pays. Aucun appel à la prière. Il y a en France aucune burqa, environ un millier de niqabs. Cinq hôpitaux ont porté plainte pour des agressions après un refus de se faire soigner par un homme. Dans la plupart des cas de refus, la question est résolue par une médiation rapide. Donc le problème c’est qu’en réalité, il y en a très peu, de vrais problèmes. »

 

Mais, dans la course aux voix des identitaires xénophobes – course vaine au demeurant, puisque dans ce discours le FN sera toujours plus suivi que ses imitateurs – tous les moyens sont bons. Surtout les pires.

 

Sources : Arrêt sur images, France Inter

 

 

NB Le haschich est du cannabis, mais on ne le fume pas on l’ingère : comme son goût est très amer, on le mélange avec de la confiture (Verlaine et Rimbaud en étaient friands, avec un bon coup d’absinthe) ou l’on en met dans des patisseries (Ignace Dalle, dans une récente biographie d’Hassan II raconte qu’à une fête à Fès pour son intronisation le jeune roi avait fait servir un gâteau farci aux Haschich à un repas réservé aux épouses, ce qui avait rendu malades une partie d’entre elles).

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 20:38

Pornic-senegal

Un échange amorcé en 1993, entre le Lycée Charles-De-Gaulle de Saint-Louis du Sénégal et le Lycée du Pays-de-Retz de Pornic (44) a été victime de la bêtise de fonctionnaires français du consulat de Saint-Louis. Ils ont refusé le visa de 12 lycéens sénégalais qui devait passer deux semaines dans le lycée et des familles de lycéens de Pornic. Comme en 2010, 18 lycéens Pornicais avaient pu passer deux semaines à Saint-Louis sur le thème du développement durable.


Donc, dimanche 3 avril, les lycéens, parents et enseignants du Lycée de Pornic ont appris avec consternation et colère que les jeunes sénégalais qui devaient participer à ce 7e voyage avaient vu l’avion qui devaient les emmener à Paris décoller sans eux. L’enseignant, qui devait ensuite les guider jusqu’à la Gare Montparnasse, les a attendus en vain à l’aéroport.


En effet, une première demande de visas est refusée, une seconde également. Et, à chaque fois il a fallu verser 1000 € au consulat (caution remboursée en cas de refus ? ou sommes versées à fonds perdu ? même dans le 1er cas, il ne vaut mieux pas qualifier le procédé).


Pornic-Senegal 2010-04Toujours pour les mêmes motifs, que le proviseur du Lycée de Pornic récuse, « d'une part, absence de suffisamment de preuves de moyens de subsistance en France. C'est archifaux. Nous nous sommes engagés à honorer tous les frais et le certificat d'hébergement a été signé par le député-maire, Philippe Boënnec. D'autre part, absence de preuves de volonté de bien vouloir quitter le territoire à l'issue du séjour. C'est un procès d'intention ! Nous en sommes au septième échange, il n'y a jamais eu de problème ! » Il ajoute : « Je suis intervenu auprès de Philippe Boënnec, qui a pris contact avec les Affaires étrangères, l'Intérieur et l'Éducation nationale. » Le député-maire UMP s'avoue « surpris de cet excès de zèle du consulat. Avec la préfecture et les ministères, nous faisons tout pour que ça se règle. »


L’espoir de voir arriver les 12 lycéens n’est pas tout-à-fait nul. Sous réserve que le voyage annulé soit bien remboursé, puis qu’il y ait un vol disponible à brefs délais…


Mais cet « excès de zèle » n’est pas isolé. Ainsi, en 2010, la ville de Clamecy avait dû annuler une quinzaine culturelle Malienne, les visas ayant été refusés aux artistes invités. Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Si excès de zèle il y a il est le résultat de consignes restrictives – fruit d’une politique portée par Besson, Hortefeux et maintenant Guéant. Elle va avoir comme conséquence d’éloigner peu à peu de la francophonie de futures élites africaines qui trouveront un meilleur accueil dans des pays prêts à concurrencer ce qui reste d’influence française.


Ou comment une vision bornée et électoraliste aboutit à se tirer une balle dans le pied.


Source Ouest-France

 

Pornic-senegal-suite.jpg

Source : Lycée de Pornic

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