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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 11:01

DSK 09

 

Le dénouement, au pénal, de l’affaire DSK a relancé le déchaînement de soi-disant féministes et des puritano-moralistes pour qui DSK est coupable, forcément coupable ! Les mêmes, aidés du Guardian, de dénoncer les discours indécents du PS. Car il est indécent de se réjouir de voir un ami bénéficier de l’abandon de charges, qui pouvaient lui valoir plus de 70 ans de prison. Et d’aucuns de souligner que cet abandon ne signifie pas innocence. Ce qui rend donc nulle la présomption d’innocence qui veut dire que tant qu’on n’a pas prouvé sa culpabilité, tout accusé est innocent. Et peu ont lu le rapport de Cyrus Vance, en restant aux résumés de la presse.

 

DSK 02 D’entrée, le Procureur donne la clé de cette demande faite au juge d’abandonner l’inculpation n° 02526 2011.

« Les preuves physiques, scientifiques et d'autres natures, indiquent que l'accusé a engagé un acte sexuel précipité avec la plaignante, mais elles ne permettent pas de dire si l'acte a eu lieu sous contrainte et sans consentement. » « la preuve de ces deux éléments essentiels (…)  ne peut reposer que sur le témoignage de la plaignante lors d'un procès. ». « Que des individus aient menti dans le passé ou commis des actes criminels ne fait pas nécessairement d'eux des gens indignes de notre confiance et cela ne nous empêche pas de les appeler à la barre des témoins durant le procès. Mais, quelle que soit la réalité des faits dans cette affaire, le nombre et la nature des mensonges de la plaignante nous empêchent de faire confiance à sa version des faits au-delà de tout doute raisonnable. Si nous ne pouvons la croire sans douter, nous ne pouvons pas demander à un jury de le faire» « Au cours de chaque entretien avec des procureurs, alors qu'il lui était simplement demandé d'être sincère, elle ne l'a pas été, que cela soit sur des détails ou sur des faits importants ». « Cette tendance à dire des contre-vérités ne date pas des contacts de la plaignante avec le bureau du procureur. (…) Tous ces mensonges devraient, évidemment, être révélés au jury durant un procès, et leur accumulation aurait un effet dévastateur. »

Les élucubrations de Marc Weitzman (Libé 26/08/11) tentant d’expliquer ces contre-vérités par « un réflexe de soumission » ne tiennent pas quand elle donne trois versions d’un même fait, par exemple.

 

DSK arrete  En effet, après un long plaidoyer pour justifier l’inculpation de DSK, son emprisonnement puis sa mise en liberté très surveillée, Cyrus Vance insiste sur « Les incessants récits contradictoires de la plaignante sur l'incident », en fait sur ce qu’elle a fait juste après. Trois versions, donc, dont la première, fausse, avait été faite sous serment devant le « Grand jury ».  Dans la première, sortie de la suite, elle était restée prostrée dans un couloir, mais plus d’un mois après, nouvelle version : du coup elle avait été faire le ménage dans la chambre voisine (aspirateur, nettoyage de miroirs et meubles). Dernière version : les clés électroniques apprennent qu’elle n’a fait qu’un passage éclair dans une autre chambre, avant de revenir dans la suite.

 

Le procureur, à l’occasion d’une note, relève que la plaignante –présentée par certains médias comme quasiment inculte -  possède bien l’anglais (« la plaignante a fait la démonstration de sa capacité à parler et à comprendre l'anglais au cours de plusieurs entretiens avec les enquêteurs et les procureurs »).

 

Mais bien plus que ces variations sur la suite du viol présumé, ce qui a visiblement fait battre en retraite toute l’équipe du procureur, ce sont les récits du viol subi en Guinée :

« le 16 mai 2011, la plaignante a indiqué qu'elle avait déjà été violée par des soldats qui avaient envahi sa maison en Guinée. Elle a donné des détails précis sur le nombre et la nature de ses assaillants et la présence de sa petite fille de 2 ans durant la scène qui, a-t-elle dit, a été enlevée de ses bras et jetée à terre. Elle a identifié certaines cicatrices visibles sur elle, qui selon elle proviennent de l'attaque. La plaignante a raconté le viol avec beaucoup d'émotion et de conviction : elle a pleuré, parlé avec hésitation, est apparue – chose qu'on peut comprendre – bouleversée, et pendant la première audition, elle a plongé son visage entre ses bras posés sur la table devant elle. Lors d'entretiens ultérieurs menés les 8 et 9 juin 2011, la plaignante a avoué aux procureurs qu'elle avait entièrement inventé cette attaque. Lorsqu'on lui a demandé pourquoi, elle a d'abord dit qu'elle avait menti sur ce viol collectif parce qu'elle avait inclus ce fait dans sa demande. Lorsqu'elle a été confrontée au fait que sa demande d'asile écrite ne mentionnait pas de viol collectif, elle a assuré avoir inventé le viol collectif, comme d'autres détails de sa vie en Guinée… » (extraits du rapport).

DSK 08

Plus donc que les versions multiples de la suite de l’agression, plus que tous les mensonges de la plaignante ici ou là (et qu’à chaque fois ses groupies d’un jour peuvent chercher à justifier, mais un ça va, beaucoup ça ne tient plus la route), c’est bien le prétendu viol en Guinée qui n’est pas passé : « Dans deux entretiens, par exemple, la plaignante a évoqué de façon saisissante, et avec de nombreux détails, un viol dont elle aurait été victime dans son pays d'origine, viol dont elle admet aujourd'hui qu'il a été entièrement inventé. ». Car Cyrus Vance a été pris au jeu.

 

DSK libre   N’en déplaise aux pseudos féministes et aux Torquemada de tout poil, que DSK soit un richissime blanc et que la plaignante soit une pôv noir’, ce n’est pas la fortune du premier qui a rendu le témoignage de la seconde inaudible mais « le fait qu'elle ait précédemment convaincu des procureurs et des enquêteurs aguerris qu'elle avait été la victime d'une autre agression sexuelle, sérieuse et violente – mais fausse –, avec la même attitude qu'elle aurait sûrement eu au procès ». Et le cirque médiatique organisé par l’avocat de la plaignante – sketch, visiblement répété, à la télé où la plaignante simulait, se prenant les seins, la brutale agression du « chimpanzé en rut » - a dû achever de convaincre le procureur qu’elle n’était absolument pas fiable.

 

Comme quoi, Mmes et MM les lyncheurs de la 25e heure, il n’est pas interdit de se documenter avant d’émettre vos imprécations.

 

DSK a certes commis une gigantesque connerie. Il l’a payée cash. Arrestation honteuse des flics nouillorquais, prison : une mise à mort médiatique. Démission forcée du FMI. Ruine de ses éventuels espoirs d’emporter la primaire de gauche… Mais la justice pénale de l’état de nouillorque en abandonnant  ses poursuites a établi son innocence.

 

 

P.S. Chaque article sur le cas DSK provoque, outre l'indignation des moralistes, des commentaires disant le ras-le-bol de cette histoire. Or j'ai commis quelques articles sur un nouveau truc, baptisé "le +" sur le site du Nel Obs : l'un sur le budget de l'Elysée a atteint 715 lecteurs, un autre sur le drame norvégien 870, celui sur la Laïcité 1115, mais celui sur L'affaire DSK/Banon 19 990 !

 

Pour compléter :

«Toutes les femmes journalistes n’ont pas été harcelées par DSK»

Par Nathalie Raulin, (Libération) , Virginie Malingre, (le Monde) et Nathalie Segaunes, (le Parisien)

 

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 15:49

Ô joie, bonheur et allégresse, dans un grand élan altruiste, seize grands patrons implorent l’état de leur infliger une « contribution exceptionnelle » !

Comme une nuit du 4 août à 19 jours près ? ou une belle opération d’enfumage ?

 

16 Jean-Paul-Agon pics 390Hasard de l’ordre alphabétique, c’est le PDG de l’Oréal et surtout son actionnaire (Mamy gaga, comme ils disent aux guignols) qui sont en tête des signataires de cet appel qui doit paraître le 25 août dans Le Figaro, pardon dans le Nel Obs. Et, parmi les autres signataires, on note Christophe de la Margerie, dit « Moustache », sémillant PDG d’un Total qui avait déjà généreusement renoncé à une disposition fiscale qui permettait d’imputer sur les résultats du siège, les pertes des filiales ; sauf que Total fait l’inverse s’arrangeant pour que les colossaux bénéfices apparaissent dans les filiales étrangères non ou peu taxées et que la maison-mère frôle la mendicité ! On y note aussi Maurice Lévy, PDG de Publicis qui avait anticipé l’appel dans une tribune parue, elle, dans Le Monde.

16 LBettencourt


Rassurons-nous, nos seize gentils patrons ne font pas dans l’exhibitionnisme fiscal à la Warren Buffett qui, menant sa petite enquête, s’aperçoit que "l'an dernier, son taux d'imposition représentait 17,4% de ses revenus imposables, alors que celui des 20 personnes travaillant dans son bureau était compris entre 33% et 41%". On n’est pas aux États-Unis : le respect de la vie privée fiscale existe toujours en France.

Foin aussi de ces extravagances à la Bill Gates qui incite ses collègues milliardaires à larguer la moitié de leur fortune à des fondations ou ONG. Ce n’est quand même pas pour rien que leur cher président a aboli tous les droits de successions des très gros héritages (les autres étant déjà pratiquement détaxés). Un cadeau fiscal bien plus coûteux que le fameux bouclier.


16 CdemargerieTOTAL

Non, pas de ces excentricités chez nous. Mais un appel pondéré.


16 oudea-frederic-societe-generale"Nous, présidents ou dirigeants d’entreprises, hommes ou femmes d’affaires, financiers, professionnels ou citoyens fortunés, souhaitons l’instauration d’une «contribution exceptionnelle» qui toucherait les contribuables français les plus favorisés", n’est-ce pas beau comme de l’antique ? Un élan motivé par le plus pur civisme, bien sûr : "Au moment où le déficit des finances publiques et les perspectives d’aggravation de la dette de l’État menacent l’avenir de la France et de l’Europe, au moment où le gouvernement demande à tous un effort de solidarité, il nous semble nécessaire d’y contribuer." Mais soyons prudents quand même : "Cette contribution serait calculée dans des proportions raisonnables, dans le souci d’éviter les effets économiques indésirables tels que la fuite des capitaux ou l’accroissement de l’évasion fiscale" (tiens, tiens, soupçonneraient-ils les contribuables les plus fortunés capables de tels forfaits ?).


16 maurice-levy-president-de-publicis

Le « modèle français » est même évoqué. Mais, avec Maurice Lévy, le précurseur de cet appel, ledit modèle, fruit du programme du Conseil national de la Résistance, comme le rappelait Stéphane Hessel, en prendrait un sacré coup. Car à côté de cette contribution exceptionnelle et raisonnable (entendez le temps d’une élection et à un taux symbolique), il préconise "une vraie, une sérieuse, une profonde réforme de nos structures administratives et de nos systèmes sociaux, pour pouvoir à l'avenir réduire drastiquement nos coûts afin de pouvoir servir la dette, la réduire (au besoin et en complément, par un programme de privatisation dédié exclusivement au désendettement), et investir dans l'avenir. Osons nous attaquer aux vaches sacrées".  

Traduit en clair : coupes claires dans les services publics et la sécu ! Et là, foin du raisonnable, il faut du drastique ! Et comme il parle de Réduire sensiblement les coûts des charges qui pèsent sur les salaires donc de diminuer les recettes de la sécu, pas besoin de faire un dessin : le « modèle français » à la Maurice Lévy ressemble fort à celui des Tea parties à l’états-unienne. Charité et assurances privées !


Ce que proposent nos seize nantis relève de la recette du pâté d’alouette : une alouette de contribution exceptionnelle et un cheval de coupes drastiques dans les services publics et la protection sociale. Autrement dit, ça s’inscrit dans une grande opération d’enfumage de l’opinion amorcée par la grossière manœuvre de la règle d’or.

 

 

Pour des propositions sérieuses, on peut lire Pour une révolution fiscale de C. Landais, T. Piketty et E. Saez (téléchargeable gratuitement) et consulter leur site.

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 17:59

omar-et-fred-sav-saison-3-en-dvd

 

Omar Sy, le duettiste d’Omar et Fred (« Service après ventes…des émissions » Canal +), remontait le 15 août, en TGV, de Marseille. Arrivé gare de Lyon (« terminus du train, vérifiez que vous n’avez rien oublié dans le compartiment »), comme les autres passagers sans doute, il a voulu descendre.

Que n’a-t-il pas osé faire ? En effet des agents de la sécurité de la SNCF avaient établi un périmètre de sécurité. "Ils étaient présents pour un clandestin en situation irrégulière qui n'avait pas de billet et qui s'était montré menaçant", explique Akim Mimoun, contrôleur. Et l’Omar de vouloir franchir ledit périmètre. Altercation avec un agent. Intervention musclée des policiers de la Brigade des réseaux ferrés et conduite à l’Unité de traitement judiciaire. Après plus d’une heure d’audition , il est libéré mais convoqué pour le 19.


Omar-et-FredLe contrôleur, Akim Mimoum, témoigne "rien ne matérialisait [le périmètre de sécurité]. Omar Sy est passé dans le périmètre et c'est là que le ton est monté". Selon lui, Omar s'est rapidement retrouvé menacé par une matraque que les agents de sécurité ont pointé sur son ventre puis sous sa gorge. Akim Mimoun se serait même pris une décharge de bombe lacrymogène avant d'être emmené à la brigade des réseaux ferrés avec Omar. "On nous a d'ailleurs très mal parlé", affirme Akim Mimoun.


"Selon moi, Omar Sy s'est fait prendre à partie gratuitement et a été victime d'un grave dérapage de la police". Les agents de la sécurité de la SNCF, “sans aucune raison ou justification et en violation de toutes les règles déontologiques applicables” , ont “tenté de faire usage de gaz lacrymogène, d’un tonfa (bâton de défense) et de menottes”, selon l’avocat d’Omar Sy.


Bavure ordinaire, qui n’a eu d’échos que parce que, cette fois-ci, la victime a une certaine célébrité.


Sources : http://teleobs.nouvelobs.com/articles/omar-sy-remonte-contre-les-agents-de-la-sncf

http://www.laprovence.com/article/a-la-une/le-controleur-avignonnais-a-sa-version-de-laffaire-omar

 

Pour compléter :                                             

La mort de Tonton ALI

Les mésaventures du footballeur Mensah à Lyon

Les rapports du CNDS et d'Amnesty International

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 17:57

bertrandX

La chasse aux fraudeurs aux prestations sociales est lancée par Xavier Bertrand. Mais la chasse aux fraudeurs aux cotisations patronales et salariées n’est pas à l’ordre du jour.


Après Wauquiez et le cancer de l’assistanat, appuyé par Le Figaro décrivant les « canapés », ces sybarites du RSA vautrés sur leurs canapés devant un écran de télé taille XXL, voici que, marchant dans les pas de Mariani - le préposé aux basses œuvres du sarkozysme en campagne - Xavier Bertrand nous promet une chasse aux fraudeurs aux prestations sociales.

 

Et ce ministre du travail et de la santé ne se repose pas puisque, non content de lancer cette offensive au mois d’août, il le fait un dimanche (07/08/11).  Avec des effets d’annonce assez bidons : ainsi de la mise en place d'"un fichier unique des allocataires sociaux avant la fin de l'année", qui est selon lui "la meilleure façon de renforcer la lutte contre des fraudes sociales". Or, un article du Figaro du 21 juin 2001l’annonçait déjà : « Les organismes sociaux qui peuvent désormais échanger des informations avec le fisc ou les banques vont bénéficier d'ici la fin 2011 d'un Répertoire national commun de la protection sociale (RNCPS) qui permettra de repérer des prestations incompatibles dans différentes branches. » Annoncer comme une nouveauté un répertoire qui est déjà dans les tuyaux, c’est du Bertrand tout craché.


Ils manquent donc de célérité, le fondateur de la droite populiste et le courtisan, puisque  le rapport d’information sur la fraude sociale, signe de D. Tian, député UMP, date lui du 29 juin 2011 !

On peut y lire : « le Conseil des prélèvements obligatoires et l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale font état d’une fraude comprise entre 8 milliards d’euros et 15,8 milliards d’euros pour les prélèvements, et la Cour des comptes estime que la fraude aux prestations est comprise entre 2 milliards d’euros et 3 milliards d’euros. Le Rapporteur considère donc que la fraude sociale représente près de 20 milliards d’euros. »


Outre la bizarre arithmétique du rapporteur (l’addition des estimations les plus élevées ne donne que 18,8), on notera que la fraude aux prélèvements fait 4 à 5 fois plus que celle aux prestations !

 

Mais des contrôles renforcés de l’URSAAF toucheraient le fonds d’électorat poujadiste que vise justement Sarkozy. En revanche, cibler ces fainéants qui abusent des congés maladie, ces polygames allochtones qui jouent de l’allocation de parent unique avec leur harem prolifique, ces handicapés qui ne le sont peut-être pas autant que cela, là c’est électoralement payant.

En tout cas, ce qu’estiment Buisson et Peltier, les anciens du FN, qui forment le noyau dur de l’équipe électorale de Sarkozy.


Le cynisme électoraliste s’affiche sans vergogne.

 

PS Cet article, publié sur Le Post (filiale du Monde) a été rejeté pour "Propos potentiellement racistes". Stupeur, protestation, explication : Les propos suivants peuvent être interprétés comme pouvant stigmatiser
une communauté : « En revanche, cibler ces fainéants qui abusent des congés maladie, ces polygames allochtones qui jouent de l'allocation de parent unique avec leur harem prolifique, ces handicapés qui ne le sont peut-être pas autant que cela, là c'est électoralement payant. » Apparemment ces "modérateurs" sont imperméables à l'ironie (et au contexte).



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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 17:57

Surprise, c’est le Nel Obs qui, en marge d’un papier sur la pédophilie à Marrakech, relance la rumeur lancée par Luc Ferry. Sans lui donner beaucoup plus de crédit…

Ferrysaloperiebis

Flash back :quand Ferry fait son intéressant ou « j’ai rien vu, j’ai rien lu, mais j’en ai entendu causer »


Au départ, une « boule puante », particulièrement putride : « A l'approche de la présidentielle de 2002, quelques chiraquiens racontent une arrestation de Jack Lang au Maroc, dans une affaire de mœurs, suivie d'une exfiltration discrète organisée par l'Elysée. Pas la moindre preuve…» L’Express 22/09/05.


Dans leur livre consacré à Jack Lang en 2004, Guy Charbonneau et Laurent Guimier ont longuement enquêté sur cette rumeur marocaine. Et ont démontré qu'elle ne reposait sur rien et qu'"il n'y avait pas le début du commencement d'une preuve qui soit solide." L’Express 01/06/11


Ferry-marrakech-Figaro

Dans un dossier sur le grave sujet du silence de la presse sur les affaires privées des politiques, le  Figaro Magazine illustre ce silence par un encadré. On y lit que la police marocaine aurait fait, il y a quelques années, une descente dans une villa de la palmeraie de Marrakech et aurait surpris un groupe de Français en pleine partouze avec … de jeunes garçons. Et parmi eux, bien sûr, un ex-ministre. Le Consul de France à Marrakech alerté saisit l’ambassade et notre ex-ministre est évidemment libéré. Non signé.


Et c’est sur cet article que s’appuie Luc Ferry, le 30 mai 2011, dans le Grand Journal : « Dans les pages du Figaro Magazine de cette semaine, vous avez un épisode qui est raconté d’un ancien ministre, qui s’est fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons. »

 

 

Enquêtes sur une rumeur

 

ferrycaric2Bien que les propos de Ferry soient visiblement bidons (il l’avoue lui-même : « Je n’ai aucune preuve, ni aucun fait précis sur cette affaire, mais à l’époque où j’étais ministre, j’en ai entendu parler. On m’a rapporté mille choses sur mille ministres… » L’Express 01/06/11), une double enquête se déclenche au Maroc et en France.


Au Maroc, la Présidente de l’association « Touche pas à mon enfant » dit, elle-aussi, avoir entendu parler de cette affaire, mais se saisit de la déclaration de Ferry pour du coup saisir la justice. « Bien sûr que tout est vrai » dirait-on, de sources bien informées, à Marrakech.

En France, si l’on en croit Le Parisien « A la suite de ces déclarations et de l’audition de l’ancien ministre de l’Education nationale par les policiers, le 3 juin, différentes personnes ont décidé de témoigner spontanément, confie une source proche de l’affaire (sic). Plusieurs ont notamment relaté s’être retrouvé bloquées, pendant plusieurs heures, dans leur hôtel par la police marocaine au cours de leur séjour à Marrakech. Elles ont ensuite été informées qu’elles avaient été retenues après la découverte de faits criminels commis sur des mineurs dans leur hôtel » Mais ces témoins « spontanés » situent leur blocage entre 2001 et 2004. Parmi les hôtels La Mamounia ! Qui peut imaginer que la police marocaine puisse bloquer plusieurs heures la clientèle plus qu’huppée de ce palace ?

 

L’article du Nel Obs (« L’affaire Ferry va-t-elle rebondir ? » 04/08/11)) reprend la « boule puante » de 2002 : « A Marrakech, dans le petit milieu des « gens qui savent », personne ne s'étonne des fameuses déclarations de Luc Ferry. Et de raconter une énième fois l'arrestation du « ministre » pris en flagrant délit, l'intervention du consul de France en pleine nuit ou d'un gros bonnet au Maroc, selon les versions, le départ pour Paris par le premier avion du matin... La « rumeur »,relayée en 2001 dans les carnets d'Yves Bertrand, évoquant la Mamounia comme lieu de ces « fêtes », laisse en revanche sceptique» Ce « en revanche » montre que le journaliste prend bien au sérieux le reste du ragot.


Enquête marocaine : oualou ! « il n'y a rien », aurait répondu le Procureur à l’association « Touche pas à mon enfant ».

Côté français, on retrouve les allégations du Parisien, sauf que c’est un quartier qui est bouclé. « Michel de Bonnecorse, ambassadeur de France de 1995 à janvier 2002, a été entendu : "Si un scandale de ce genre avait eu lieu, cela serait remonté jusqu'à moi. Mais les événements sont peut-être postérieurs." » De fait la boule puante chiraquienne est lancée peu avant les présidentielles de 2002, mais le recueil de bruits de chiottes du sieur Bertrand note la rumeur en 2001.


Pour couronner le tout, l’article se conclut par « Selon plusieurs sources marocaines, cependant, des témoins existeraient : les jeunes victimes et rabatteurs eux-mêmes. « Eux, ils ont été arrêtés », dit un membre de l'establishment marocain. » Quel délice que ces sources marocaines et ce membre de l’establishement ! Mais la phrase finale est encore plus délicieuse « Leur avocat a toujours refusé de se faire connaître et encore moins de parler. »


Un hypothétique avocat inconnu muet de surcroît.

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 15:10

La Cour des comptes que vomissaient Guéant, Copé, Pécresse et les autres – un repaire de gauchos – a retrouvé grâce, après la remise d’un rapport sur les comptes et la gestion des services de la Présidence de la République.

elysee 

La presse a tressé les louanges de l’Elysée : Un audit rassurant  pour Sarkozy (Le parisien), La Cour des comptes a adressé aujourd'hui un satisfecit à l'Élysée (Le Figaro et Le Point) La Cour des comptes salue l'amélioration des comptes de la présidence (Reuters) Du mieux dans la gestion de l’Elysée (Les Echos) Cour des comptes: une gestion de l'Elysée "plus rigoureuse" (L’Express) La Cour des comptessalue l'amélioration des comptes de l'Elysée (20 minutes)  et, en plus nuancé, Gestion de l'Elysée : des améliorations mais peut mieux faire (Le Monde) L'Elysée dépense moins, mais peut mieux faire (Ouest-France).

 

Rendez-vous compte des formidables progrès : « L’ensemble de ces réformes [de gestion moins fantaisiste] aboutit à alléger les coûts de gestion des services et explique la légère décroissance des dépenses de l’Élysée, réduites de 113,6 M€ à 112,2 M€ entre 2008 et 2010.» Soit, en trois exercices, une fabuleuse baisse de 1,23 % !

 

Et pourtant, de fait, la Cour des comptes relève des baisses quasi drastiques. Ainsi les achats de fleurs  sont passées de 297 000 € à 251 000 € et de 391 000 € à 383 000 € pour les achats de journaux. La masse salariale a été maintenue en réduisant de presque moitié les membres du cabinet (de 82 à 46) et en réduisant le personnel de 1021 à 904. La cantine aussi a fait des efforts avec un coût du repas passant de 21 € à 16 €.

Plus sérieusement, le budget sondages a été ramené de 3 281 584,80 € en 2008 à 1 448 601,66 € en 2010. Il est vrai qu’une partie des commandes de l’Élysée a été exécutée par l’intermédiaire du service d’information du gouvernement (SIG), ajoute perfidement le rapport, car le SIG dépend du Premier ministre. Si l’on ajoute que les prestations de conseil en communication, passées avec les mêmes sociétés, ont un coût global annuel de 308 568 €, plus élevé que ce que prévoyaient les dispositions antérieures, avec un flou sur la nature exacte de ces prestations, on s’aperçoit que les bonnes habitudes ne sont pas perdues.

 

Le raout géant du 14 juillet ayant été supprimé – atteinte grave à nos traditions, espérons que les populistes de l’UMP, modèle Lucca, Vanneste, etc., proposeront de le rétablir sous forme d’apéro sauciflard-pinard – reste l’arbre de Noël qui a coûté pas moins de 350 € par mioche (333 000 € en tout).

 

Voyages, voyages…

 

Sur les voyages à l’étranger, de remarquables économies semblaient avoir été faites. Un voyage à Nouillorque, pour l’Assemblée générale de l’ONU passe de 1 284 672,62 € en 2009 à 780 213,87 € en 2010, soit une diminution de 39,1 % (il est vrai que la délégation baisse de 132 à 76). Mais globalement, le coût de ces voyages est passé de 19,7 M€ à 18,8 M€.

 

Pour les voyages en France, on ne recule devant aucun sacrifice. Rien n’est trop beau, rien n’est trop cher. Ainsi, à titre d’exemple, un

voyage en Haute-Marne qui [a duré] du début de la matinée au début de l’après-midi, aura, en coût complet, représenté une dépense de 284 614,65 €, dont 121 289,60 € pour l’aménagement d’une voie d’accès et la location d’un chapiteau ; [un] déplacement en Dordogne a représenté une charge de 129 544,29 €. Et le ministère de l’intérieur refuse de communiquer le coût du déplacement des CRS et/ou des gendarmes mobiles mobilisés à chaque occasion.

 

Cerise sur le gâteau : Air Sarko One

 air-sarko-one

Un léger surcoût de 33,5 millions pour une occase de 1998, avec 50 000 h de vol au compteur et une gentille arnaque dès l’achat.

Acheté 45 M€ à une société de location, il a été revendu, le jour même par Sabena Technics, qui avait emporté le marché, 50 M€. Pour le même prix, le généreux Ministère de la défense – car ce n’est pas l’Elysée qui casque – aurait pu se payer le même avion mais de 2003 avec 15 000 h de vol.

Pas question pour celui qui fait président de tomber en panne de moteur, il fut donc décidé de vendre les moteurs anciens et les remplacer par des neufs, pour un coût net de 23,4 M€.

Ce n’est pas fini et le coup (le coût surtout) de deux indispensables fours fera passer la polémique sur la baignoire pour de la gnognotte : leur prix ressort à 75 243 € HT. Il a fallu aussi motoriser les rideaux des hublots – pensez s’il fallait les tirer à la main – pour 310 000 € et les frais d’études pour ces fours et des rideaux motorisés ont coûté la bagatelle de 694 000 €. Il fallait enfin désactiver une porte de l’appareil située dans le bureau avec installation d’une isolation phonique et thermique et d’un espace de rangement. Coût (y compris études) : 1 161 500 € HT. Soit un surcoût total pour ces menus aménagements.de 2 241 300 €.

 

D’un côté une baisse de 1,23 %, de l’autre un surcoût de 14,83 %, 1,4 M€ d’économie, 33,5 M€ de gabegie. Et on titre dithyrambiquement sur la baisse.

 

N. B. Tout est tiré du rapport du 22 juillet 2011 de la Cour des comptes, sur les comptes et la gestion des services de la Présidence de la République. En complément on peut lire un article du blog de René Dosière (il explique qu’en fait le budget de l’Elysée n’a pas diminué, mais augmenté) et un vite-dit d’@si. Et, mais il reste attaché au papier, Le Canard Enchaîné

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 08:07

 

Assiette-au-Beurre-036.gif

Je ne ferais pas une comparaison trop triviale entre WC à l’anglaise et WC à la turque, laïcité à la Briand (Aristide) et laïcité à l’Ataturk (Kemal).

D’un côté une laïcité d’apaisement et de « sang-froid », de l’autre une laïcité autoritaire et de combat.

Le Conseil d’état, le 19 juillet 2011, dans cinq arrêts, s’est clairement réclamé de l’approche libérale de la Loi de 1905, voulue par Briand.

                                 

Ce clivage entre libéral et autoritaire traverse la laïcité française. A bas la calotte, Les Corbeaux, L’Assiette au beurre témoignent de la pugnacité – et du talent – de leurs dessinateurs anti religieux, avant et après l’adoption de la Loi de 1905. « Hors des églises point de salauds » affirme l’Assiette et Lavratte dans Les Corbeaux dessine des moines poivrots, des curés ripailleurs et paillards et une église avide d’argent.


Edouard Vaillant résume bien cette position anti religion, issue de la Libre Pensée : « Tant que l’église n’aura pas entièrement disparu, tant que la laïcisation de la société ne sera pas faite, notre tâche ne sera pas assurée… ». Et Maurice Allard explicite la phrase de Vaillant : "ce que nous poursuivons, c'est la lutte contre l'Eglise, qui est un danger politique et un danger social". "Le christianisme est un outrage à la raison, un outrage à la nature". (Remplacez le christianisme par l’islam et vous êtes en plein dans des débats très actuels, mais qui eux prennent une consonance xénophobe.)

 

Arditti laseprationAristide Briand, bien que Libre penseur, s’oppose à Vaillant : « J’ai horreur de la guerre religieuse. Le succès de mes idées, leur réalisation, dépend trop de la pacification des esprits  pour ne pas voir l’église s’accommoder du régime nouveau. ».

Il faut voir et surtout entendre le débat qui l’oppose à Charles Chabert sur un amendement interdisant le port de la soutane, avec Arditti reprenant les mots mêmes de Briand dans le documentaire-fiction La séparation. Cette séquence  a des échos plus d’un siècle après. « …le silence du projet de loi au sujet du costume ecclésiastique […] n’a pas été le résultat d’une omission mais bien [celui] d’une délibération mûrement réfléchie. [Car] ce serait encourir, pour un résultat plus que problématique, le reproche d’intolérance et même s’exposer à un danger plus grave encore, le ridicule que de vouloir, par une loi qui se donne pour but d’instaurer dans ce pays un régime de liberté au point de vue confessionnel, imposer aux ministres des cultes de modifier la coupe de leurs vêtements. […] la soutane une fois supprimée […] si l’église y trouvait son intérêt, l’ingéniosité combinée des prêtres et des tailleurs aurait tôt fait de créer un vêtement nouveau […] pour permettre au passant de distinguer au premier coup d’œil un prêtre de tout autre citoyen. » (Voir, dans notre actualité, ces jeunes lycéennes accusées de porter des robes ou jupes longues jugées islamiques).

 

ABriandAristide Briand résume bien l’esprit de la loi de 1905 en écrivant dès son rapport* sur le projet de loi : « Toutes les fois que l’intérêt de l’ordre public ne pourra être légitimement invoqué, dans le silence des textes ou le doute sur leur exacte interprétation c’est la solution libérale qui sera la plus conforme à la pensée du législateur. » Et le 26 juin 1905, lors des débats parlementaires, Aristide Briand ajoutait : « le principe de la liberté de conscience et du libre exercice du culte domine toute la loi ».

 

 

Le Conseil d’état a bien adopté la « solution libérale »  dans cinq arrêts prononcés le 19 juillet 2011.

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Il a donné raison à Trélazé, Lyon, la communauté urbaine du Mans, Montpellier et Montreuil sur leurs actions en matière de financement d’équipements ou d’édifice cultuels, suivant ainsi l’avis d’Edouard Geffray, rapporteur public ayant prôné une approche « subtile et libérale » de la loi de 1905.


 -         Trélazé (Maine-et-Loire). Le conseil municipal avait acquis et restauré un orgue pour l’Eglise communale.

-         La ville de Montreuil avait octroyé un bail emphytéotique à la fédération cultuelle des associations musulmanes.

-          Au Mans, la ville participa au financement d’un abattoir provisoire pour ovins à l’occasion de l’Aïd el-Kebir.

-         La ville de Montpellier avait décidé de faire construire une salle polyvalente qui serait utilisée entre autres comme lieu de prières pour les musulmans.

-         La ville de Lyon subventionna l’installation d’un ascenseur facilitant l’accès au clocher de la basilique de Fourvière. (Le Forum des communes)

 

Témoignage éclatant de la laïcité de combat, la mise en cause de la participation de la ville de Lyon à un ascenseur facilitant l’accès des handicapès, certes dans un lieu de cultes, à un site qui donne une vue splendide sur Lyon. Pour l’orgue, l’instrument n’est pas réservé aux cultes, mais servira à l’enseignement musical et à des concerts. Les baux emphytéotiques sont aussi les cibles des laïques purs et durs : le C. E. a rappelé que depuis la loi de 1905, 450 églises ont été construites grâce à ce dispositif, dans la seule Ile-de-France. Au Mans, le C. E. met en avant des impératifs de salubrité et de santé publiques. Pour Montpellier, le C. E. estime que le tribunal administratif d’appel n’avait pas à rejeter l’appel de la ville sur un jugement en 1ère instance et qu’elle doit statuer sur le fond. Dans quatre de ces cas, le C. E. met en avant la notion « d’intérêt public local ».

Le Vice-Président du C. E., après avoir clairement affirmé que « la Loi de 1905 n’est ni obsolète ni inadaptée aux problématiques contemporaines », estime que le C. E. a « donné des réponses nouvelles en conciliant la loi de 1905 et d’autres dispositions existantes » (Le Monde 21/07/11).

 

Gageons qu’après Baylet, président des radicaux de gauche (« Je condamne fermement ces décisions »), l’observatoire autoproclamé de la laïcité dans le bas-Berry oriental ainsi que tous les gardiens attitrés de la laïcité, jamais à court d’un anathème ni d’un argument… d’autorité, plus laïques que Briand et Jaurès, ont déclenché l’artillerie lourde.

 

Dans un échange, sur le +du Nel Obs, avec un contributeur, celui-ci m’a affirmé, sans rire, que le C. E., avant le vote de la loi sur le foulard, dite Stasi, en 2004, n’avait rien compris aux lois en vigueur.  Le même affirmait que la loi de 1905, circonscrit la religion dans la « sphère privée ».

Archi faux bien sûr. Mais c’est une lubie d’H. Pena-Ruiz, le pape des laïques de bonne obédience.

Et vous aurez beau sortir tous les textes possibles, ils n’en démordront pas. Ainsi l’article 9 de la convention européenne des droits de l’homme du 4 novembre 1950, entrée en vigueur en France le 3 mai 1974 : « Toute personne a droit à la liberté de pensée et de religion. Ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, la pratique et l’accomplissement des rites. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions, ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles prévues par la loi constituant des mesures nécessaires dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale politique, ou à la protection des droits de liberté d’autrui » sera récusé.

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Car pour nos laïques – comme d’ailleurs les intégristes religieux – l’état de droit et ses instances (Conseil d’état, par exemple), ses lois, sont soumis au crible de leur dogme, faussement baptisé « laïcité ». La loi de 2004 sur le foulard à l’école est imprescriptible. Celle sur le voile intégral tout autant. Mais déjà ils en réclament d’autres (robes, barbes, voire tout foulard). Et, en attendant de les obtenir, ils les instaurent. Ainsi, des directrices d’écoles maternelles interdisent, en toute illégalité et en toute impunité – elle sont même soutenues par le ministre qui veut faire croire qu’une lettre ou circulaire a valeur réglementaire – à des mamans, qui portent un fichu Tati au lieu d’un carré d’Hermès, d’accompagner des sorties scolaires.

 

Le populisme montant dans toute l’Europe fait craindre que la laïcité à la Briand cède la place aux arracheurs de tarbouches.



* Le texte de la loi, les débats parlementaires du 21 mars 1905 au 3 juillet 1905, la chronologie http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/eglise-etat/sommaire.asp

 

** « Libérale » au sens politique du terme bien sûr.

 

Voir aussi : http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/archive/2011/07/20/une-victoire-de-la-laicite.html  et pour ceux qui s’intéressent à la laïcité dans l’Education nationale, une thèse : http://fabien.collet.pagesperso-orange.fr/laicite.htm#W

 

Une version un peu modifiée de cet article a été mis en ligne sur le + du Nel Obs : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/175039;laicite-le-conseil-d-etat-s-inscrit-dans-l-esprit-de-la-loi-de-1905.html

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 16:27

Guéant-qui-ment à leur tête, 70 députés de la droite populiste, pardon populaire et Copé crient à la politisation de la Cour des Comptes. Pourquoi ces criailleries impudentes, mettent en cause une institution de l’état de droit ? La publication d’un rapport, lancé par Philippe Séguin, sur l’organisation et la gestion des forces de la sécurité publique. Politisation ? Didier Migaud, qui a succédé à P. Seguin, a été nommé par Sarkozy. La Cour des Comptes n’a pas connu un entrisme socialiste sauf dans l’imagination du Figaro et de son clone Atlantico. Ce rapport n’est pas plus sévère que ceux qui l’ont précédé du temps de Seguin.

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Guéant-qui-ment dénonce des erreurs d’analyse, des inexactitudes, des oublis, alors que, comme à son habitude la Cour des Comptes, qui avait d’ailleurs, conformément à ses règles, envoyé un relevé d’observations provisoires à Hortefeux, procède avec minutie et prudence. De quoi, d’ailleurs, décevoir ceux qui voudraient y voir un pamphlet gauchisant. Pourquoi donc cette agression violente ? Si l’on en croit le Canard, c’est Sarko lui-même qui aurait éructé : « Il ne faut pas laisser s’instiller l’idée que mon bilan est nul. Parce que entre moi et la gauche (sic) il n’y a pas photo sur la sécurité ». Le larbin Guéant s’est empressé de lancer sa bruyante contre-attaque suivi bien sûr par la droite-extrême de l’UMP, Copé et Ciotti en tête.


Sarko et ses sbires, qui font concurrence au FN, se sont placés dans une contradiction totale. Depuis 2002 si on les croit, victoire ! le karcher a nettoyé les racailles, la délinquance recule. Mais que quelques gens du voyage (Français) vandalisent un village et celui qui fait président de commettre l’infâme discours de Grenoble où il stigmatise les Roms (Roumains). Pardon, M. Sarkocescu ? Les voyous, non seulement se livrent à des règlements de comptes dignes de Chicago du temps d’Al Capone, mais tirent sur nos policiers à la kalachnikov. Ignorantes de la géographie, des scènes de western se déroulent à Marseille où on y attaque les trains comme des diligences.

Eh oui ! ce que n’a pas digéré le superflic à talonnettes, c’est que la cour des comptes confirme – chiffres tous tirés du Ministère de l’intérieur et, à la marge, des chambres régionales des comptes – que la baisse de la délinquance, c’est du bidon.

 

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Des statistiques peu fiables

 

C’est du bidon d’abord parce que les données chiffrées de la police ne sont pas fiables. Les statistiques départementales présentent parfois une grande instabilité […]. Ainsi, en 2009, celles de la délinquance de proximité ont connu des inversions de tendance de grande ampleur, comme dans le Haut-Rhin où une baisse de 12,2 % en 2008 a laissé place à une hausse de 14,6 % l’année suivante. Inversement, d’autres départements qui avaient subi une forte hausse en 2008 ont connu en 2009, contrairement au mouvement national, une baisse d’amplitude équivalente. L’ampleur de l’inversion a parfois été remarquable avec, par exemple, des taux de signe opposé de 6,1 % et 9,2 % dans les Bouches-du-Rhône ; 16,7 % et 11,1 % en Ariège ; 13,4 % et 16,6 % en Haute-Vienne. Les violences sexuelles ont régressé de 6,8 % en 2009 après avoir augmenté de 10,7 % l’année précédente.

 

CourdesComptes securite publique]La culture du résultat ou la politique du chiffre


Les forces de police et de gendarmerie se voient assigner par l’échelon central des objectifs de plus en plus nombreux et précis. La mise en œuvre de la "culture de résultat", instituée par l’instruction ministérielle du 24 octobre 2002 comme mode de fonctionnement quotidien des services de sécurité publique, a conduit à faire prévaloir une gestion des services par objectifs chiffrés. Les objectifs quantitatifs sont devenus plus nombreux, précis et directifs. Des valeurs-cibles ont été fixées pour la baisse de la délinquance générale et de la délinquance de voie publique ainsi que pour l’amélioration du taux moyen d’élucidation des faits constatés. Au total, les Direction départementale de sécurité publique ont reçu instruction de leur directeur central de mener pas moins de 48 actions « prioritaires ». A partir de là tout s’enchaîne.

 

Chiffre magique

 

Au départ, il y a ce que dans leur jargon nos policiers nomment l’état4001. Il présente des lacunes et des imperfections ; il soulève des difficultés d’interprétation souvent relevées et analysées par de nombreux experts dont ceux de l’ONDRP*. Il comptabilise seulement les faits portés à la connaissance des services de police ou de gendarmerie sur dépôt d’une plainte ou sur constatation à leur initiative, ce qui exclut ceux mentionnés sur le registre de la main courante ou révélés par une plainte auprès des services judiciaires.

L’agrégat de délinquance générale, correspondant à la totalisation des 107 index de l’état 4001, c’est-à-dire à l’ensemble des faits de délinquance non routière, enregistrés en France métropolitaine par les services de police et de gendarmerie, est passé de 3 825 442 en 2004 à 3 521 256 en 2009, soit une baisse de 7,9 %. Hosanna, l’UMPereur a jugulé la délinquance.

Sauf que si les atteintes aux biens (vols, destructions, dégradations) ont baissé de 2002 à 2010 de 28,6 %, les atteintes volontaires à l’intégrité physique des personnes ont augmenté de 21,2 %. Et même l’ONDRP critique cet agrégat : « Ce n’est pas un chiffre utile dans l’analyse des phénomènes de délinquance. Son utilisation comme chiffre unique, surtout lorsqu’il est assimilé à "la délinquance", est une simplification grossière qui induit en erreur. Le projet même de mesurer en un seul chiffre "magique" la délinquance est illusoire, surtout si on s’en tient à la seule délinquance enregistrée sans tenir compte de données de victimation.»

 

Comment faire du chiffre ?

 

D’abord compter sur Citroën, Fiat, Mercédès et les autres ! Le recul de 42 % des vols liés à l’automobile et aux deux-roues, soit 245 000 faits, a représenté les trois-quarts de la baisse globale. Les vols d’automobiles proprement dits ont été divisés par plus de deux. il a été dû principalement à l’amélioration par les constructeurs automobiles des dispositifs techniques de protection contre les vols et les effractions.

  

Ensuite n’enregistrer qu’une partie des plaintes. Une partie croissante des actes de vandalisme se serait traduite non par le dépôt d’une plainte par les victimes, mais par l’enregistrement d’une simple contravention.

La propension des services de police (et de gendarmerie), en application des directives écrites de leurs parquets respectifs, à s’abstenir en 2009 d’enregistrer les plaintes des victimes d’escroqueries commises par l'utilisation frauduleuse de cartes bancaires à distance, au motif que les banques, qui prennent en charge le préjudice financier, étaient les seules victimes de ces infractions, en est l’exemple le plus flagrant.

 

Contradictions de la politique du chiffre

 

Outre que cette politique imbécile du chiffre, instituée, faut-il le rappeler par un certain Nicolas Sarkozy, Ministre de l’Intérieur, a contribué à l’explosion des gardes à vue (+ 82 % pour la gendarmerie, + 45 % pour la police), elle met policiers et gendarmes dans un dilemme. Comment augmenter le taux d’élucidation sans augmenter les statistiques du fameux état 4001 ?

Car la meilleure méthode pour augmenter le fameux taux d’élucidation est de constater le délit, en ayant sous la main le coupable que l’on fait inculper. Le meilleur cas est l’outrage (voire agression) à agent. Ainsi, le manifestant tabassé qui essaie de se protéger, tout en disant à ceux qui le matraquent… pardon, je m’égare.  

Pour améliorer leurs résultats quantitatifs notamment en matière d’élucidation, les services ont accordé une priorité croissante à la constatation de l’infraction la moins lourde, l’usage simple de produits stupéfiants sans revente, au détriment de la recherche et de l’interpellation des auteurs d’usage-revente et indirectement du démantèlement des réseaux de trafiquants. Ainsi, entre 2002 et 2009, la constatation des infractions par les services de la [police] a connu une progression de 76 % pour l’usage simple. Inconvénient de ces « élucidations », les chiffres sur la drogue ont augmenté, mais les ministres ont su en tirer pour conclusion que la lutte contre les trafics de stupéfiants progresse, alors qu’il n’en est rien.

Autre moyen d’améliorer le taux d’élucidation est la chasse aux sans-papiers, qui tourne parfois à l’ubuesque, tels ces marocains, rentrant dans leur pays, arrêtés à la frontière espagnole, pour être renvoyés… chez eux, aux frais du contribuable ! Ainsi le taux moyen d’élucidation a progressé de 23% à 35% en zone de police et de 32% à 41% en zone de gendarmerie.

 

Moins de policiers et peu présents

 

L’effectif total de policiers (fonctionnaires et Adjoints de Sécurité) a reculé de 5,3 % au cours de la période 2003-2010. Les moyens nécessaires à l’activité opérationnelle et aux enquêtes judiciaires, au renouvellement des équipements informatiques et à l’entretien des locaux sont en baisse nette. Comme dans l’éducation nationale, ce sont les débutants que l’on envoie dans les zones les plus sensibles, en Seine-Saint-Denispar exemple, 70 % des effectifs ont moins de cinq ans d’ancienneté dans leur service.

courdescompte-voiepubliqEn 2009, près de 30 % du potentiel théoriqueétait indisponible. Et c’est le Directeur général de la police (choisi par Sarko) qui expliquait pourquoi aux sénateurs : « Les policiers bénéficient d’un compte-épargne temps […] qui leur permet d’être absents pendant six mois. A cela s’ajoutent les congés maladie, les policiers blessés et les décharges syndicales. » (Canard Enchaîné 13/07/11) Décharges, d’ailleurs, fort mal contrôlées. Si bien que la présence physique sur la voie publique se réduit à 5-6% du potentiel.

Et la répartition de ces policiers est très inégale. Malgré une délinquance deux fois plus importante, Dreux n’est pas mieux dotée que Vannes. Et, parmi les villes avec fort taux de délinquance qui comptent moins d’un policier pour 400 habitants on note Aulnay-sous-Bois, Les Lilas, Sarcelles, Les Mureaux, Villepinte, Clichy, Stains, Aubervilliers… Certaines d’entre elles connaissent même une baisse de l’effectif policier. Pour la gendarmerie, en 2009, en moyenne départementale, le nombre d’habitants par gendarme variait d’un minimum de 390 en Corse-du-Sud à un maximum de 1 227 en Vendée.

 

 

Vidéosurveillance coûteuse, efficacité douteuse

 

Un beau jour, l’UMPereur a décidé que le nombre de caméras de vidéosurveillance (baptisée hypocritement vidéoprotection) devait tripler ! Hortefeux, ministre de l’intérieur de l’époque, partit d’un chiffre de 20 000 caméras en 2008 et décida qu’il devrait passer à 30 000 en 2009, 40 000 en 2010… Sauf que le recensement par la Cour des données provenant des services de la police et de la gendarmerie aboutit à environ 10 000 caméras à la fin de 2010. Paris, par exemple, n’en comptait que 293 en 2010, dépassées technologiquement.

Ce sont, en fait, les préfets qui autorisent les implantations. Parfois sans grand sérieux, comme à Baudinard, village du Haut-Var de 146 habitants dont 51 intra-muros, autorisé en 2009 à s’équiper de douze caméras disposées dans la rue municipale, mais aussi devant l’église, le cimetière, au belvédère ou sur les courts de tennis. Sans vérifier non plus quelles sont les personnes habilitées à visionner les écrans.

courdescomptes-cameracoutLa Cour des comptes montre le coût réel et non celui affiché des installations et de leur fonctionnement. Ainsi, à partir des travaux des chambres régionales de comptes, estime-t-elle que le triplement de vingt à soixante mille du nombre de caméras de vidéosurveillance, visé par l’Etat, représenterait une dépense supplémentaire de fonctionnement de l’ordre de 300 M€ par an pour les communes et les établissements intercommunaux, soit l’équivalent de la rémunération d’un tiers (6 500 policiers municipaux) des effectifs actuels des polices municipales. Elle estime aussi le coût de l’installation (caméras, fibres, liaisons vers commissariat ou gendarmerie, salles de visionnage…) également à 300 M€.

La Cour des comptes ne nie pas que dans certaines circonstances la vidéosurveillance accroît la rapidité d’intervention des policiers et sécurise leurs conditions d’intervention. Mais elle pointe les risques de dérives dans l’utilisation des systèmes de vidéosurveillance […] notamment en matière de respect de la vie privée.

 Surtout elle note que la mesure de l’efficacité de la vidéosurveillance dans les espaces publics est totalement absente. Ainsi Nice, sans doute championne des villes françaises pour une vidéosurveillance démarrée en 2001, n’a fait aucune évaluation de son efficacité. Bien que cette vidéosurveillance soit censée, sinon prévenir, du moins repérer les délits violents, il semble que le taux d’élucidation des faits de délinquance de proximité n’a pas davantage progressé dans [les zones] équipées de caméras de vidéosurveillance de la voie publique que dans celles qui ne le sont pas.

 

Voilà qui jette un doute sur la dernière lubie d’UBUprésident.

 

Si l’on résume

 

sarkozeroGuéant-qui-ment, en service commandé, jette son fiel pour ne pas laisser s’instiller l’idée que, de 2002 à aujourd’hui, lois inapplicables et rodomontades n’ont aucunement fait baisser la délinquance. S’il y a moins de vols : merci Renault, Citroën, Peugeot et les autres (et les petits arrangements sur l’enregistrement des plaintes : cartes bleues, portables, vélos… et ne parlons pas des délits financiers qu’on ignore). En revanche, les agressions sur les personnes augmentent. Les caméras ça coûte cher et ça ne rapporte pas grand-chose. Et le jeu sur l’émotionnel, en surfant sur les faits divers, commence à se retourner contre ses cyniques auteurs : si, depuis 2002, depuis que Sarkozy se la joue champion de la sécurité, les fameuses racailles peuvent se procurer des armes de guerre et jouer l’attaque de la diligence sur des TER, il va devenir de plus en plus dur de faire croire que c’est de la faute à la gôche.

 

 

 

* Cet Office national de la délinquance et des réponses pénales, rattaché au premier ministre est présidé par Alain Bauer (ex-jeune rocardien, ex- grand maître du Grand orient)

 

Pour compléter :

Sécurité : bataille médiatique autour du rapport de la cour des comptes

Rapport de la Cour des Comptes sur la politique de sécurité : où est le problème ?

Et, bien sûr, le rapport de la Cour des comptes

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 20:56

Aubry mari Quand Martine Aubry fait état de rumeurs, qui enflent, la visant directement ou via son mari, on pourrait s’attendre à ce que Copé et les siens fassent preuve au moins de retenue. Que nenni, le méprisant Copé, avec Pécresse et Morano font dans le sarcasme. Se sentiraient-ils visés les UMPistes ?

Il est vrai que Martine Aubry a clairement dit qu’elle avait téléphoné à Christian Frémont, Directeur de cabinet de Sarkozy, et à Jacques Toubon, ancien ministre, pour leur demander d’arrêter de colporter des ragots à son encontre.

Aubry cope Ce qui est sûr aussi, c’est que Copé en tête : les UMPistes ressortent l’histoire de la piscine de Lille.

Une seule piscine de Lille avait un créneau réservé pour un Centre social (Lazarre-Garreau), dans le cadre d’un Contrat urbain de cohésion sociale, contrat financé par l’état. Le but de ce volet du contrat était de faciliter l’intégration des femmes, musulmanes ou pas mais isolées, en leur proposant de découvrir des activités hors foyer. L’aquagym  était une des activités proposées. Ce créneau réservé ne l’était donc pas à la demande d’islamistes fanatiques, mais conçu comme un des outils pour cette intégration sociale. Cela a d’ailleurs fonctionné pendant trois ans, sans faire de vagues. Le Centre social offrait bien sûr d’autres activités, ainsi un atelier couture a débouché sur un défilé de mode (Voir en annexe La lettre de Denise Cacheux à Copé). Ce créneau, après la violente attaque de pseudo-laïcs, soutenue par l’UMP, a disparu en 2010.

 

Ce qui est sûr aussi, c’est qu’un proche de Pécresse s’en est pris sur Fessebouque au mari de Martine Aubry. Pour se défendre il prétend s’être contenté de citer des faits.

Aubry jean louis brochen En effet, celui que les hyènes identitaires et pseudo-laïques ont surnommé l’avocat hallal a défendu, avant la loi dite Stasi, des lycéennes exclues de leur lycée pour port de voile, mais aussi un jeune porteur de kippa (un judéo-islamiste voilà qui est œcuménique), défendu aussi des rapeurs ainsi qu’un des membres du gang de Roubaix qui se réclamait de Ben Laden.

Que des abrutis de riposte raciste ignorent qu’un avocat a pour rôle de défendre ne peut étonner - c’est l’honneur d’un avocat que de faire en sorte qu’un individu ait toujours quelqu’un pour le défendre dit M. Brochen, le mari de Mme Aubry mais que le dénommé Masquart, "membre de l’UMP Paris", qui animait en 2009 le site juristespourpecresse au moment de la campagne régionale de Valérie Pécresse, feigne de l’ignorer, démontre une grande tartufferie (pour rester dans l’euphémisme). Fessebouque ne limitant pas la place, il aurait pu aussi citer les affaires Deffresne, SGTN, Peignage Amédée, VPC, etc., conflits du travail dans laquelle M. Brochen a joué son rôle d’avocat des salariés, mieux encore citer les condamnations d’Usinor ou de l’entreprise Leroy qu’il a obtenues pour des accidentés du travail ou des silicosés. Une rumeur, non identifiée, dit même qu’il aurait été l’avocat de policiers…

Aubry Toubon  Quant aux saloperies visant Martine Aubry, aucune ne se fonde sur quoi que ce soit de concret. Les moins viles, mais pas les moins vicieuses, concernent sa santé. Ainsi à Jacques Toubon, l’homme à l’hélicoptère dans l’Himalaya*, qu’elle connaît bien et qui avait évoqué ces rumeurs sur sa santé, elle balance "La prochaine fois, appelle-moi avant de raconter des conneries dans un dîner". Sinon des anonymes, sur des Forums, lui prêtent des cures de désintoxication alcoolique. D’autres la disent homosexuelle, ce qui amène une réaction d’une ultra-lesbienne -"il faut la forcer au outing puisqu'elle n'a pas les couilles(sic) de le faire!" - ce qui prouve que l’imbécillité n’a pas de genre.

 Cerise sur le gâteau – l’UMP a pour devise : plus c’est gros plus ça passe – mais notre UMPereur a lui aussi était victime de rumeurs ! Sauf que, si on a bien compris les protestations de Rachida Dati, c’est dans son propre camp que le cabinet noir de l’Elysée (qui n’existe pas bien sûr) cherchait la source.  

Vendredi, c’est saloperie, disait un chroniqueur de feu « Le fou du roi », avec Copé, c’est tous les jours et même le dimanche.

  • * En 1996, alors que le procureur Laurent Davenas est en vacances dans l'Himalaya, son adjoint en profite pour lancer une information judiciaire visant Xavière Tibéri et son rapport sur la francophonie. Jacques Toubon et Marc Moinard affrètent un hélicoptère pour tenter de rapatrier Davenas.

Sources :

JDD
Arrêt sur images

Voir aussi :Pourquoi Martine Aubry a raison de combattre la rumeur

Rumeurs sur Aubry : Copé, Pécresse et les autres

Lettre de Denise Cacheux à J.-F. Copé

page 1

Rumeurs sur Aubry : Copé, Pécresse et les autres

page 2

Rumeurs sur Aubry : Copé, Pécresse et les autres

page 3 et fin

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 15:38

terra-novaLe 10 mai 2011, date symbolique, Terra Nova, laboratoire d’idées qui se veut « progressiste », publie un essai Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? signé Bruno Jeanbart, Olivier Ferrand, Romain Prudent.

 

Terra Nova avait lancé, dès août 2008, l’idée d’une primaire à la française, idée reprise par A. Montebourg et, finalement, adoptée par le PS. Pour autant, les travaux de cette fondation indépendante n’engagent pas le PS. Ainsi, un rapport favorable, sous conditions strictes, aux « mères porteuses », bien que proche d’une proposition de loi déposée au Sénat par, entre autres, Robert Badinter, a été rejeté par le PS.

 

Proche du PS si l’on veut, mais ne parlant pas au nom du PS. Distinguo trop subtil, pour les marxo-UMPistes (branche aussi marxiste que Wauquiez est social), qui dénoncent une gauche « qui abandonne les classes populaires ». « Les socialistes ont définitivement perdu leur boussole. A moins d’un an de l’élection présidentielle, ils en sont toujours à s’interroger sur la pertinence même de se préoccuper des classes populaires... La gauche de DSK ou de Ségolène n’est décidément plus celle de Jaurès. Nicolas Sarkozy l’avait compris bien avant eux. »

Le Président des riches donnant des leçons de socialisme, ils ne reculent devant rien nos comiques UMPistes. On découvre d’ailleurs parmi les signataires des secrétaires nationaux aux attributions surprenantes : chargée des nouveaux engagements solidaires , en charge de l’égalité des chances, à la lutte contre les discriminations, à la lutte contre la précarité et la pauvreté, à la vie étudiante et l’entrée dans la vie active, et le très incongru en charge de la protection des riverains et de la lutte contre les nuisances aéroportuaires. Cette attaque du rapport est daté du 13 mai, date très symbolique aussi, mais dont la plupart des signataires doivent ignorer à quoi elle renvoie. Bien sûr, derrière ces illustres inconnus (Badat, Bedin, Fanfant et les autres), il y a Copé à la magouille manœuvre ? 

 

Elections - urne verte 0O. Ferrand (président fondateur de Terra Nova) rappelle que les Français précarisés sont « en butte à la vindicte populiste du FN et d’une UMP radicalisée. Sous les coups de boutoir du sarkozysme, le virus anti-assistanat a métastasé au sein de la société française. Les chômeurs sont devenus des « assistés », des «profiteurs », des « fraudeurs » […] Dans cette logique néoconservatrice, les Français déclassés ne doivent pas être aidés car ils sont responsables de leur sort. […] Laurent Wauquiez l’a à nouveau martelé cette semaine : 466 euros de RSA-socle pour survivre, c’est encore trop. […] Ces milieux populaires déclassés sont aussi attaqués dans leur identité. Ce sont les «jeunes » fainéants, la « racaille » de banlieue… Et naturellement les Français d’immigration récente. A ceux-là, on fait comprendre qu’ils ne font pas partie de la communauté nationale. Que leur religion allogène n’a pas sa place dans la République. »

 

Ferrand garde toi à droite, Ferrand garde toi à gauche.

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C’est à peu près le même discours que va subir Terra Nova à sa gauche. Ne parlons pas des excités qui, n’ayant pas lu une ligne du texte, jettent l’anathème par principe sur cette fondation liée disent-ils à DSK.

Frédéric Sawicki (Le prolo, l’expert et le mépris de classe Libé 10/06/11) fait d’abord un rapprochement hardi avec les syndicalistes révolutionnaires et les anarchistes de la Belle Epoque qui, trouvant l’ouvrier embourgeoisé fondaient leurs espoirs sur le lumpenprolétariat : «Les sans-métier, les sans-travail, trimardeurs, filous, prostituées, déclassés sont les révolutionnaires de demain».  « L’analogie avec la philosophie qui inspire le rapport «Gauche : quelle stratégie pour 2012 ?» est frappante. » ajoute-t-il. Et qui forme ce lumpenprolétariat actuel ? «ceux qui cherchent à rentrer sur le marché du travail, mais n’y parviennent que difficilement : les jeunes, les femmes, les minorités, les chômeurs, les travailleurs précaires ». « Ce qui choque au premier chef est l’incompréhension et pour tout dire le mépris des classes populaires qu’il trahit. » Car pour lui tous ceux qu’il a assimilé de fait au lumpenprolétariat, ne font donc pas partie des classes populaires. Cependant,  Sawicki va ensuite nuancer son propos, concédant « que la classe ouvrière ne soit plus ce qu’elle n’a jamais été (une classe unifiée consciente d’elle-même porteuse de progrès) » Mais au-delà de la polémique propre à ce genre de tribune, il émet des doutes méthodologiques sur les « groupes sociaux » («les diplômés», «les femmes», «les jeunes»…), et note que « le sentiment d’insécurité sociale et le mal-être que génèrent leurs conditions de vie exacerbent d’autant plus les petites jalousies et haines sociales qu’ils sont habilement instrumentalisés par la droite et l’extrême droite et que la gauche ne sait y répondre. »

 

Diabolisé à droite et à gauche que dit donc ce sulfureux rapport ?

 

Il part d’un constat : la classe ouvrière diminue en poids et en conscience de classe. 37 % des actifs en 1981, 23 % aujourd’hui.

L’ouvrier mythique des années 50, cégétiste en bleu de travail – ceux de Renault par exemple qui arrachent la 3e semaine de congés payés (généralisée en 1956) – est un souvenir. Deux ouvriers sur cinq sont dans le secteur tertiaire (chauffeurs-livreurs, manutentionnaires, magasiniers…), isolés, non syndiqués. Et si, comme le rappelle justement Sawicki, les ouvriers ont majoritairement voté Royal au 2e tour, le pourcentage de votes à gauche s’effrite et le vote FN se consolide.

 

Les constats sur les votes dans les quartiers populaires, le vote des jeunes, des diplômés et la tendance du vote des femmes à se gauchiser sont avérés. A l’inverse celui des plus de 65 ans, de plus en plus lourd avec le vieillissement, est très majoritairement à droite : Sarko a été élu par les vieux.

 

Cette synthèse d’études électorales diverses est utile à toute la gauche.

 

Après on peut disputer des pistes que propose Terra Nova pour gagner l’élection de 2012. Le rapport ne dit pas qu’il faut abandonner la classe ouvrière. Il priorise l’action vers ceux qu’il nomme outsiders, les précaires en tout genre. Il préconise un travail de fourmi pour faire baisser l’abstention dans les quartiers défavorisés (ils votent à 80 % à gauche, mais combien votent ?).

 

Sur les constats –sauf contestation des chiffres – le consensus peut se faire. Sauf à noter qu’il fait l’impasse sur l’analyse des évolutions dans le secteur public qui, à part l’armée et la police, faisait partie du socle de gauche.

Sur les préconisations, le débat est ouvert. Terra Nova insiste beaucoup sur les valeurs culturelles - solidarité, ouverture, tolérance -  qui permettraient de fédérer  les outsiders, les diplômés et les classes intermédiaires. Il fait donc passer les valeurs socio-économiques au second plan.

 

Mais ce débat est difficile à mener pour les manichéens. Ainsi Sawicki feint-il de croire que Terra Nova fait des insiders le nouvel ennemi de classe, comme si mettre en relief l’exclusion, la précarisation, la stigmatisation des outsiders n’avait pas pour but d’offrir à tous la possibilité de s’inclure.

 

 

Parmi les travaux variés de Terra Nova (il y a même un essai sur l’avenir du foute), on peut noter :

L'accès au logement : une exigence citoyenne, un choix politique 

Les politiques de lutte contre la pauvreté : l'assistanat n'est pas le sujet 

La justice, un pouvoir de la démocratie 

Réformer les retraites : quelles solutions progressistes ? complété par La réforme des retraites  

Investir dans notre jeunesse

 

 

"Les ouvriers d'aujourd'hui ne sont plus ceux de 1981"

Quel peuple pour le PS ? Autain, Ferrand et Sawicki débattent.

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Tel était le titre de la dernière émission d’Arrêt sur images. Le chapeau d’introduction était des plus vicelards : « Le Parti socialiste, qui depuis bien longtemps ne compte plus d'ouvrier parmi ses dirigeants, doit-il se détourner de cet électorat, et partir à la conquête d'autres cibles électorales ? »* Or, il ne s’agit, en l’occurrence, que d’un essai de Terra Nova et ce qu’il préconise est beaucoup plus nuancé que la présentation faite par @si. Et faire un essai de synthèse d’analyses électorales pour montrer que le centre de gravité des classes populaires s’est déplacé et donc que le socle électoral de la gauche n’est plus celui de 1981 ne peut être que péjorativement qualifié de marketting.

asi-terranova4 Daniel Schneidermann, qui ne masquait guère son hostilité au fondateur de Terra Nova, fut déstabilisé quand, après un monologue de Ferrand rectifiant la présentation faite de l’essai, suivi d’un autre monologue de Sawicki (avec le classique « Je ne vous ai pas interrompu… » pour stopper net toute intervention de son adversaire), Clémentine Autain, en affirmant qu’elle avait trouvé des choses très intéressantes dans le texte, entama un véritable dialogue, sans langue de bois, avec son voisin. Si bien que, petit à petit, Frédéric Sawiski entra lui aussi dans un échange beaucoup moins stéréotypé et crispé. Il rappelait que l’analyse des votes exprimés ne suffisaient pas et que plus que le glissement du vote ouvrier vers le FN, il fallait noter la montée de l’abstention, il faisait aussi remarquer qu’un fort pourcentage de jeunes et de précaires n’est pas inscrit ou mal inscrit (ne signalant pas un changement de domicile, par exemple).

asi-terranova3 Un « arrêt sur images », montage de quelques séquences, tente d’opposer un Sarkozy visitant des usines avec des ouvriers bien rangés en uniforme (casque jaune et tenue de travail siglé au nom de l’entreprise) et Ségolène Royal dans une usine de sa région  à Jean-Luc Mélenchon lui dans une usine en grève… Sauf que S. Royal était chez Heuliez, usine menacée de liquidation, qu’en tant que présidente de région elle a défendu avec pugnacité et qui redémarrait.

Sur la fin Ferrand est soumis à la question, mais, alors que l’échange entre les trois invités, Clémentine Autain se montrant même intéressée par la sécurisation des parcours professionnel, est serein, le climat créé par les intervenants d’@si devient assez pesant : Ferrand, citant un terme anglo-saxon après avoir utilisé le mot français, subit un ricanement  de la chroniqueuse puis, pour avoir cité G. Collomb, le Maire de Lyon, il a droit, du coup, aux ricanements des trois, tout cela avec un Daniel Schneidermann qui évolue de l’agressivité à la dérision à son égard. 

 

 

* La présentation de l’émission dans le courriel aux abonnés était encore plus caricaturale (« Adieu, cher prolétariat ! Adieu les ouvriers, leurs usines, leurs luttes. Pour espérer gagner en 2012, le PS devrait se détourner du cambouis, et se tourner vers les "outsiders", ces catégories que sont les jeunes, les femmes, les précaires, les minorités des quartiers […] toute démarche politique se réduit-elle à une campagne de marketing ? ») et d’une très relative honnêteté intellectuelle.

 

 

 

 

PS Courrier à Télérama 09/01/14

 

Terra Nova caricaturé

« 2011, (…) un rapport du think tank Terra Nova fait débat : faut-il privilégier les classes populaires ou les minorités visibles, bref, les Blancs ou les immigrés » peut-on lire dans un article sur le “racisme anti-blancs” ("Le racisme anti-blancs, une notion piège ? Idées 08/01/14)

Même les pires détracteurs de Terra Nova  tel F. Sawicki, n’ont été aussi loin dans la caricature. Ce rapport n’opposait absolument pas Blancs (avec majuscule !) à immigrés, mais proposait, dans la construction d’une majorité électorale, de prioriser  l’action vers ceux qu’il nomme outsiders, les précaires en tout genre (jeunes en quête d’un premier emploi, femmes en temps partiels, contraints, etc.). Entre autre il préconisait un travail de fourmi pour faire baisser l’abstention dans les quartiers dits défavorisés. Travail de fourmi qu’Olivier Ferrand, son fondateur, a accompli dans la 8e circonscription des Bouches-du-Rhône, avant de disparaître prématurément. Il ne mérite certainement pas qu’on lui prête de telles niaiseries dans un essai intitulé : Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ?

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