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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 12:15

Vous avez aimé la suppression de la pub à France-Télévision, vous allez adorer la suppression du juge d'instruction !

 

Rappelez-vous cette lointaine (et quasi unique) conférence de presse de celui qui fait président : avec l'air du sale gosse tout content de l'insanité qu'il allait prononcer, il annonçait la fin de la pub sur les télés du service public ; Albanel et Carolis, présents, entendaient l'annonce en même temps que tous ! Grâce à Télérama, on apprendrait un peu plus tard que notre Ouf 1er, ne faisait que reprendre une note de la maison Bouygues préconisant cet abandon de la pub sur le service public et, en revanche, la possibilité d'une 2e coupure publicitaire dans les films (la 1ère est déjà scandaleuse), pour les chaînes privées.

 

Rien de vraiment prévu pour compenser les pertes de recettes. Une commission est nommée, sous la présidence du chef du groupe UMP à l'Assemblée. A la remise de son rapport, sans même faire semblant d'en prendre connaissance, Sarkozy prend le contre-pied de ses conclusions. Il en rajoute une couche, des plus épaisses, en décidant que le Président de France Télévisions serait nommé par... lui-même !

 

Il faut, néanmoins qu'une loi soit votée. L'opposition, Noël Mamère en tête, fait son boulot. La loi, encore plus favorable aux chaînes privées, est difficilement (et sans enthousiasme apparent) adoptée en 1ère lecture à l'Assemblée Nationale, elle n'entrera en discussion au Sénat que ces jours-ci. Cependant, l'omni président qui prétend avoir élargi les pouvoirs du parlement, impose à France Télévision d'appliquer une loi qui n'est pas votée ! Dans quel état de droit, une telle forfaiture serait-elle possible ?

 

Même scénario aujourd'hui.

Nicolae Sarkocescu nous annonce la suppression du juge d'instruction. Prouvant pour la ixième fois qu'il ne lui est pas besoin de réfléchir pour décider.

Là, Bouygues ne lui a pas tracé sa feuille de route. Plutôt la séduction pour le modèle anglo-saxon et surtout le fait que le Parquet est à la botte du pouvoir (ce qui n'est pas le cas dans le fameux modèle qui semble l'inspirer). Les délits économiques qu'il voulait, avant la crise, dépénaliser (depuis, on a entendu de mâles propos sur les responsables qui doivent répondre de leurs actes... sans plus de suite) ne seront ainsi plus poursuivis. Les affaires politiques seront - sont déjà - sélectives : un Dray certes, mais pas un Balkany !

 

Quant au Parlement, dont le pouvoir est censé être renforcé (à condition qu'il soit d'accord avec l'omniprésident, sinon on fait fi de ses décisions), il a, après une commission d'enquête sur l'affaire d'Outreau remarquable et remarquée, et à partir des conclusions de cette commission, décidé de ne pas supprimer le juge d'instruction mais de le sortir d'un exercice solitaire de la fonction par la collégialité. Les mésaventures récentes d'un journaliste montrent que les mentalités des juges d'instruction sont lentes à évoluer. Mais on peut être sûr qu'avec procureur et substitut ça ne risque guère de s'améliorer avec une ministre qui s'arroge le droit de leur donner des ordres.

 

Peu à peu, nous glissons d'un état de droit à un état de caprice, de l'ado attardé qui fait président !

 

NB Le dessin est emprunté à l'UNEF

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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 22:00

Garder le cap, garder son calme, garder son sang froid !

  C'est ce qu'aurait dit notre Ouf 1er, à propos de la crise actuelle. Outre le côté pléonastique des deux dernières prescriptions - et venant d'un personnage adulescent caractériel, ça ne manque pas de sel - le fameux cap européen (car c'est celui qui « fait président » de l'Europe qui parlait) est un peu perdu dans le brouillard.

En toute illogique, dans un mini-sommet, au lieu d'inviter tous les représentants de la zone euro, celui qui « fait président » réunit un groupe de quatre, excluant notamment l'Espagne et le Bénélux. Pour n'aboutir à rien, de surcroît.

 

L'Irlande, qui s'est gavée de subventions européennes, fait cavalier seul d'entrée au mépris de toute solidarité européenne. La chancelière allemande, à l'orée d'élections, ne veut pas entendre parler d'un fonds de solidarité européen.  Chacun tire à hue et à dia !

 

Dernier écho du « parler creux » un relèvement des garanties bancaires à 50 000 € au niveau européen, alors que dans un discours notre Sarko (avant, sauf erreur, le cavalier seul de l'Irlande)  avait promis une garantie totale. Promesse qui vaut celle qu'ont reçue les métallurgistes de Gandrange et que les salariés de Sandouville ont refusé d'entendre, faisant capoter l'opération poudre aux yeux du vibrion-président. Il n'en a pas moins clamé que le site de Sandouville serait maintenu, comme si c'était lui qui en décidait. Ghosn, comme Mittal, se contrefout de ces promesses pasquaiennes.

 

Un grand moment de parler creux fut le discours de Toulon où notre nabotléon eut des propos que n'aurait pas désavoués Olivier Besancenot pour dénoncer un capitalisme fou et immoral ! Et que dire de ce grotesque gag où, se retournant vers une Carla Bruni dont on va finir par douter de son intelligence, il déclame que, contrairement à elle, il n'a jamais été de gauche, mais qu'il a le sens de la justice. Les 15 milliards d'euros de cadeau fiscal aux plus favorisés sont là pour en témoigner.

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 18:12

Un ami de 40 ans m'a transmis une pétition intitulée « La laïcité ne doit pas plier devant Benoît XVI ». Outre que la formulation est un peu incongrue  (Les laïcs ne doivent pas plier devant Benoît XVI  ou La laïcité ne doit pas plier devant le cléricalisme de Benoît XVI m'auraient paru plus logiques), le problème n'est pas B. XVI mais Sarko.

 

Que B. XVI réinstaure la messe en latin, remette des habits sacerdotaux à la somptuosité indécente et veuille que ses fidèles s'agenouillent devant lui langues tendues pour recevoir une petite rondelle de pain azyme... en bref veuille tirer un trait sur Vatican II (comme d'autres veulent le faire sur Mai 68), me semble navrant. Mais les cathos pourront me rétorquer que c'est leur problème et pas le mien. Qu'il veuille interdire le divorce, la contraception, les relations homosexuelles, etc. à ses ouailles, là aussi, c'est leur problème.

 

En revanche, si, affirmant que ces prescriptions obéissent à une "loi naturelle", son église tente, comme en Italie, comme en Espagne, de remettre en cause des lois votées par les pouvoirs législatifs de ces pays (ou de bloquer la discussion de ces lois), on est en droit  d'attendre, d'exiger même, de nos gouvernants que, comme Zapatero en Espagne, ils sachent dire non à ce cléricalisme* agressif.

Notre Chanoine de Latran avait servi sur un plateau une "laïcité positive" dont B. XVI s'est empressé de se saisir. Accoler un adjectif à laïcité ne serait pas un crime, si, en parlant d'avènement, on ne laissait entendre que la laïcité serait négative. Démontrant soit leur ignorance, soit leur cynisme, le pape et le chanoine inversent les rôles. Ne leur en déplaise, entre Aristide Briand et Pie X, le libéral (au sens politique du terme) et l'homme de compromis fut le premier, l'esprit obtus et sectaire, le second.

 

Cette inversion se retrouve s'agissant de la science où B. XVI voudrait nous faire croire que la raison est du côté de la recherche de Dieu** et non de celui de la science. Comme le rappelle Y. Quiniou (« Le pape contre la science », Le Monde 20/IX/08), la science n'a pu « se développer qu'en s'appuyant sur une raison qui a fait abstraction des croyances religieuses ». Galilée (qui ne fut jamais réhabilité au prétexte que le tribunal qui l'avait condamné n'existait plus) ou Darwin furent la preuve de l'obscurantisme de l'Église catholique. Il eût été bien inspiré, ce pape, de lire Jean Baubérot, un parpaillot il est vrai, qui distingue l'agnosticisme en quelque sorte méthodologique auquel il s'astreint dans son travail scientifique et le plan du symbolique où il se situe comme croyant.

 

Et c'est Alfred Grosser, dans un éditorial d'Ouest-France (23/IX/08) qui interpelle le pape sur la morale : « Pénétré de ses certitudes, Benoît XVI savait-il vraiment que, dans le public qui l'écoutait [...] au collège des Bernardins, nombreux étaient ceux qui ne croyaient en aucun dieu et surtout pas en un fils de dieu ressuscité ? [...] Sa raison n'était pas leur raison. [...] Benoît XVI a paru considérer que le Dieu de l'Écriture était la seule source de la morale ». Évoquant une dimension fondamentale, à ses yeux, de la morale - la tolérance, le respect de l'autre - Alfred Grosser ajoute : « Le pape se veut "semeur de charité". Mais l'Église catholique n'a accepté la liberté religieuse et n'a condamné la coercition que le 7 décembre 1965 » au concile Vatican II.

 

Peu me chaut que M. Ratzinger, dit Benoît XVI, affirme que la raison est du côté de la foi ou qu'il n'y a de morale que fondée sur sa croyance, serait-on tenté de dire. Sauf que, s'agissant de la morale, dans sa comparaison entre le curé et l'instituteur, le chanoine de Latran disait à peu près la même chose.

 

Le problème n'est pas Benoît XVI, le problème c'est Sarkozy !

 

* Cléricalisme, volonté obstinée des papes et du clergé à subordonner la société civile à la société religieuse, à vouloir étendre à la société politique les règles et méthodes de cette Église, à utiliser des armes spirituelles à des fins temporelles, à se servir du pouvoir politique pour imposer sa vision morale, individuelle ou collective (d'après Marc Ferro).

** Une  « culture purement positiviste » qui relèguerait dans le subjectif la question de Dieu constituerait un abandon de la raison, autant qu’un abandon de Dieu et que la recherche de Dieu constitue « le fondement de la culture véritable » (Discours des Bernardins)

Le premier montage est l'oeuvre de Maître Eolas (www.maitre-eolas.fr)

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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 16:12

 

 

Jusqu'à quand, Sarko, abusera-t-il de notre patience ?

 

 

Embarras du choix pour les dernières sarkozynades.

 

L'ex petit courtisan, accueilli comme un membre de la famille chez les Chirac, pour mieux le trahir avec Balladur, s'en prend à son prédécesseur, bouc émissaire un peu incongru de sa dégringolade dans les sondages.

 

Encore plus cocasse est le procès des médias, la semaine même où Paris Match étale avec complaisance le couple présidentiel. Eh quoi ! TF1 de son ami Bouygues, Le Figaro de Dassault, Europe 1, M6, etc. auraient-ils viré anti-sarko. Mais j'oubliais, l'AFP a envoyé sur les roses un fana-sarko qui voulait faire passer le xième communiqué de l'UMP sur les ennuis de la dame Royal avec ses ex-attachées parlementaires, alors qu'elle (l'AFP) avait déjà fait passer une grossière raffarinade (S. Royal délinquante sociale, pas moins).

Quant on pense à l'ingratitude sarkozyenne qui écarte M'me Chabot de ses entretiens, alors que ladite avait complaisamment offert la première d'une nouvelle émission politique au Ministre de l'Intérieur, la veille du jour où on allait décompter les interventions à la télé des candidats aux présidentielles.

Donc s'il est tombé par terre, c'est la faute à Lagardère, le nez dans son caca, c'est la faute à PPDA.

 

Non, ce qui provoque mon ire et mon courroux, c'est sa dernière saillie sur l'esclavage à mettre au programme du primaire pour la prochaine rentrée. Nous avions déjà eu droit - impromptu - à la lecture obligatoire de la lettre de Guy Môquet, puis, en pire, au parrainage d'un enfant victime de la Shoah. Mais voilà que ses "nègres" (Guaino ? Gallo ?) en panne de gadget, lui soufflent cette crétinerie : comme le rappelle le Recteur Philippe Joutard, l'esclavage et son abolition sont déjà au programme du primaire !* Pas la peine d'attendre la prochaine rentrée, M'sieu qui fait Président.

Ce qui est affligeant - et c'est là qu'on mesure à quel point notre presse est intransigeante avec le malheureux sarko - c'est qu'à part à FR3, aucun de nos brillants journalistes d'investigation n'a eu la curiosité de jeter un coup d'œil sur les programmes encore en cours, ceux de 2002. On a même pu voir, sur nos étranges lucarnes, une dame députée PS, proche de S. Royal, approuver cette imposture (que font ses attachées parlementaires ?).

Ajoutons qu'à la prochaine rentrée le survol sera obligatoire, puisque, avec des horaires globaux allégés, des horaires de Français et calcul alourdis, les matières autrefois dites d'éveil seront à la portion congrue. Et encore pire en histoire où l'histoire de l'art doit avoir une place spécifique (c'est aussi une foucade de notre Ouf 1er).

 

Les rétropenseurs triomphants d'un côté, les lubies guainoesques ou gallotiques de l'autre : notre pauvre école est bien mal barrée !

 

* Alors que dans l'édition papier du lundi 12 mai, Libé se contente de citer la phrase de notre Ouf 1er (sans commentaire), une article sur son site (Enseignement de l'esclavage : encore une mauvaise note pour Sarkozy) redécouvre ce que P. Joutard, qui a participé à l'élaboration des programmes 2002, disait dès Samedi. Il n'est jamais trop tard pour bien faire...

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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 15:39

 

 Pour ceux qui n’auraient pas encore compris où je me situe, cette citation issue d’un torche-cul virtuel intitulé « Riposte laïque » : « Faudrait-il aller jusqu’à applaudir l’ineffable pape de la laïcité ouverte, Baubérot*, qui, dans « Le Monde » gémit que Sarkozy va trop loin, et remet en cause la laïcité ? Pourtant, Baubérot fut le seul membre de la commission Stasi à avoir voté contre une loi contre les signes religieux à l’école. Il a condamné les dessinateurs danois, et ceux qui, en France, soutenaient les caricatures du prophète, au nom de la liberté d’expression.

Ce sont pourtant les Baubérot et consorts qui ont préparé la « laïcité positive » de Nicolas Sarkozy. Elle n’est que le prolongement de la laïcité « ouverte », « dynamique », « moderne » « apaisée », « rénovée », que plein d’associations dites de gauche, comme le Mrap, la LDH, la Ligue de l’Enseignement, la FCPE, les Verts, la LCR, le PCF, de nombreux élus socialistes et bien d’autres ont mise en avant, depuis plus de vingt ans ».

 

Tout y est ou presque : attaque ad hominem, d’abord. Il faut défendre farouchement la liberté d’expression, sauf pour Baubérot qui n’a d’ailleurs pas voté contre (non pas la loi, c’est le parlement qui la vote, mais la proposition de faire une loi de la commission Stasi) mais s’est abstenu (lâchement commenteront les amis de ces forcenés). Il n’a pas, sauf preuves contraires, condamné quoi que ce soit, mais il lui fut reproché, à propos de Redecker (au fait qui a encore entendu parler de ce faux martyr) d’avoir appliqué le précepte attribué à Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » Ce qu’il a écrit dans Le Monde est-il juste ou pas, nul ne le saura : il gémit

 

La suite est encore plus croustillante : « ce sont les Baubérot et consorts » qui sont finalement complices de notre chanoine du Latran. Suivent quelques adjectifs dont on ignore qui les a émis. Et la liste des consorts est finalement flatteuse pour l’horrible Baubérot puisque on y trouve la Ligue des Droits de l’Homme** (née en 1898 avec l’affaire Dreyfus) et la Ligue de l’enseignement créée en 1866 et qui se battait pour une école gratuite, obligatoire et laïque !

 

S’il fallait choisir, on aura compris que je me trouve infiniment mieux du côté de ces consorts que de celui de ces soi-disant laïcs qui, par leurs outrances délibérées, font le jeu de ceux qu’ils feignent de combattre (les grands Républicains plumes du nabot : Guaino et Gallo).

Non, cette prétendue laïcité n’a rien à voir avec celle d’un Aristide Briand, le maître d’œuvre de la loi de 1905.

 

* Dans une discussion un peu tendue avec un ami de presque 40 ans, celui-ci n’hésita pas à qualifier Baubérot d’intégriste : provocation peut-être, mais quand même indice d’une certaine incapacité à passer de l’anathème à l’argumentation : je fréquente le blog de « l’intégriste » et n’hésite pas à y mettre quelques commentaires, que je crois, à tort ou à raison, argumentés.  J’ai reçu (et fait suivre) les commentaires de la LDH sur le discours du chanoine de Latran : j’attends que l’on m’explique en quoi ils sont complaisants. Sur ce blog, j’ai exprimé tout le mal que je pensais des propos de notre Ouf 1er, pour autant je n’adhère pas à la nouvelle « croisade » anti-voile que certain(e)s faux(sses) laïques sont en train de fomenter (voir Sus à la Halde).

**
En ce début d’année 2008, c’est d’abord aux instituteurs de la République que la Ligue des droits de l’Homme tient à adresser ses vœux les plus solidaires. A ces instituteurs que le Président de la République, inconscient des devoirs de sa charge, a insultés dans l’homélie qu’il a prononcée le 20 décembre dernier comme « chanoine du Latran ».

Selon Nicolas Sarkozy, « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance ».

Le monde est plein de « fous de Dieu » qui, portés par une « espérance » délirante, poussent leur « engagement » jusqu’à « la radicalité du sacrifice de leur vie »… et de centaines d’autres vies innocentes. Le tout au nom de « la différence entre le bien et le mal » et de la purification des âmes.

Qu’en tant qu’individu Monsieur Sarkozy mette ces valeurs au pinacle n’est qu’un signe de plus de son ancrage, derrière l’agitation d’une communication « décomplexée », dans les valeurs les plus traditionalistes de la société française.

Mais qu’en tant que Président de la République française il mette le curé au-dessus de l’instituteur comme responsable de « la transmission des valeurs », qu’il ignore à ce point ce que sont précisément les valeurs de la République qu’il est censé représenter, témoigne de l’ampleur de la crise politique et morale qu’aggrave son exercice de la fonction présidentielle.

L’article 1er de la Constitution définit la République française comme « laïque, démocratique et sociale ».

« Laïque », elle refuse le mélange entre convictions religieuses et exercice des responsabilités politiques.

« Démocratique », elle refuse la concentration des pouvoirs entre les mains d’un « Président-Soleil » entouré de « collaborateurs » et de courtisans.

« Sociale », elle refuse la juxtaposition d’un « bouclier fiscal » pour les plus riches et de la régression du « bouclier social » pour les plus pauvres.

Ce n’est pas seulement dans les jets privés, les yachts et au « Fouquet’s » que s’étale le mépris des privilégiés pour cette fameuse « France qui se lève tôt ». C’est aussi dans le cynisme avec lequel sont foulées aux pieds, jour après jour, les valeurs républicaines.

La LDH salue donc d’abord, aujourd’hui, ces instituteurs qui, à ses yeux, restent les mieux à même de transmettre le respect des valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité et de solidarité. Et elle souhaite que 2008 donne à tous les Français plus d’occasions qu’en 2007 de retrouver, face au spectacle que donne la représentation politique, confiance en l’avenir de la République.

Paris, le 3 janvier

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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 19:04

La presse étrangère n’est pas tendre pour notre Ouf 1er : comment résister à la tentation de reprendre quelques passages que le Canard enchaîné a tiré de Courrier international et qui vont dans le sens d’un article précédent (Le pays dont le Président est un gosse capricieux?

 « Depuis sa conférence de presse du 8 janvier Nicolas Sarkozy est devenu le lauréat incontesté du prix Silvio Berlusconi de l’hommebidochon.jpg politique européen le plus embarrassant du moment. Le problème de son histoire d’amour c’est qu’on le juge en France assez minable, plus Bidochon que Flaubertienne. De ce côté-ci de la Manche, les maladresses du chef de l’état français, son côté nouveau riche et ses faux pas nous paraissent tout bonnement comiques. » écrit le Times.

Le Daily Telegraph n’est pas en reste : « La France a réussi à élire un ado attardé à la présidence » ajoutant même, à propos de son entrevue avec Benoît XVI qu’« au fond de lui Nicolas ressemble à une gamine de treize ans » car il « a passé l’essentiel de son temps à loucher sur son portable, pour voir s’il avait reçu des SMS de la Bruni sans doute. C’est tout-à-fait le genre de chose que Paris Hilton ou Britney Spears, par exemple, pourraient faire, sauf que, pour leur rendre justice, aucune d’entre elles ne dirige la sixième économie du globe. » Mais abandonnons cette perfide Albion toujours prête à se gausser de notre little big man !

Passons non plus outre Manche, mais outre Atlantique où « Terra Magazine » n’est pas plus tendre : « Comme Sarkozy est à la fois un ploutocrate et un démocrate, pour lui, qui dit plus de pouvoir dit plus de femmes » Et lors de son voyage égyptien, ajoute ce web magasine, « nous venons de découvrir qu’il n’a aucun sens du ridicule » (on s’en était déjà aperçu bien avant). Et de nous décrire « un homme qui s’agite comme une marionnette, avance comme un char d’assaut et aime certainement comme une machine à sous. » L’homme de la pampa est sans pitié !

 

 

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12 janvier 2008 6 12 /01 /janvier /2008 21:11

Après le "maître d'école" je laisse la place à Jean-Claude Guérin, sguénard (ex-secrétaire national du sgen-CFDT : respect), conseiller technique des  Secrétaires d'état à l'enseignement professionnel  Robert Chapuis et Jacques Guyard, IGEN, et plus que jamais  sur les pistes de l'innovation, véritable cheville ouvrière de l'expérimentation** dont Gaby Cohn-Bendit - l'aîné, à l'origine notamment du lycée expérimental de Saint-Nazaie - est l'animateur. Je lui laisse la place d'autant plus volontiers qu'il a l'art - que je lui envie - d'allier une plume incisive avec une pensée ouverte !


**http://www.cafepedagogique.net/searchcenter/Pages/Results.aspx?k=Cohn%20Bendit

Trois évènements récents viennent donner raison à Alain Finkielkraut… ou plus précisément au titre de son ouvrage paru en 1989. Oui une
défaite de la pensée !

 

Que de messages de confiance et d'espoir avons nous ainsi reçu pour l'avenir proche.

  • Résurrection de la gauche ?
  • Renaissance de la France ?
  • Régénération de la droite ?
  • Retour aux valeurs… républicaines ? Universelles ? Chrétiennes ?
  • Regain du toujours plus…  de travail, de gain, de pollution, d'ennui, de jeux de hasard.

Contre la pensée unique de mai 68 revenons au réel du métro, boulot, dodo… que l'on va baptiser politique de la vie.

Il devient insupportable d'entendre les grands mots servir de cache sexe ou de masque au vide de la pensée au mieux, d'alibi ou de paravent des politiques d'inégalité et d'exclusion au pire.

République, Démocratie, Etat de droit, Valeurs, Civilisation… n'en jetez plus, la corbeille (de la bourse) est pleine.

 

Pendant que certains se gargarisent de rénovation, d'alternative et d'autres de résistance… la vie réelle continue avec son cortège de précarité, de bas salaires, de stress, d'angoisses, de peurs.

Avant de parler alternative ou résistance ne serai-il pas temps de faire ce qui n'a pas été fait au temps de la gauche gouvernante (et plurielle) comme au temps de la droite restauratrice (et démagogique), c'est à dire anticiper et construire ?

 

Une gauche qui ne sait plus qui elle est et, surtout, au nom de quoi et de qui elle agit (ou devrait agir). Parce qu'elle s'est laissée déposséder de ses valeurs, qu'elle est tombée dans l'économisme le plus plat et qu'elle a déserté le terrain culturel.

Il y a plusieurs demeures dans la maison du père disait-on…

Oui Qu'est-ce que la famille de gauche ? Au temps des familles à géométries variables et de plus en plus recomposées (sans parler de procréation assistée…).

 

LA gauche n'existe pas, ce sont DES gauches (1) qui devraient s'accepter, se réunir, en fonction de valeurs communes qui sont simples: liberté, égalité, fraternité, justice (formelles et réelles – c'est ce et qui caractérise la gauche). Evidemment qu'il y a débat mais alors trouver le moyen de le mener publiquement et par l'argumentation. Et de le soumettre à l'ensemble des citoyens (tiens si on donnait un contenu effectif à la démocratie dite participative).

 

Parler valeurs c'est oser être à contre-courant et ne pas laisser ce terrain  à une droite décomplexée qui ose, elle, afficher clairement ses choix d'ordre, d'autorité, de méritocratie et d'inégalités "naturelles".

Dénoncer ne suffit pas, débattre et proposer est indispensable, créer et innover est vital et capital.

Cela donne les trois domaines dans et sur lesquels la gauche (les gauches) doivent se manifester:

  • dévoiler, dénoncer, analyser, critiquer la politique suivie et les annonces, y compris en réunissant des cercles d'experts et intellectuels
  • élaborer projets et programmes, en débattre publiquement
  • soutenir, participer aux initiatives de type coopératif, mutuelles, économie sociale solidaire, associations, etc.

 

Ce que fait Sarkozy aujourd'hui c'est de saper les fondements mêmes de la République, c'est à dire tout ce pourquoi depuis les Lumières, la période révolutionnaire, les XIX et  XXèmes siècles a été conquis progressivement au travers d'épreuves, de luttes : ce n'est pas aller en avant mais retour en arrière toute.

A quand revenir au travail des enfants ? En cette année 2008, 70ème anniversaire de l'abolition des bagnes d'enfants (les prédélinquants de l'époque) ce sera le retour de nouvelles formes d'enfermement. Quand revenir sur le Front populaire (les 40 heures et les congés payés) ? Quand rompre avec la vieille conquête du "la liberté opprime, la loi libère" dans le domaine social ?

Face au "jouir sans entraves" de 68 nous avons "exploiter sans entraves"… beau progrès

Derrière le Dallas sarkozien règne une hypocrisie

 

Mais on ne peut s'opposer à cet ordre social nouveau, et à forts relents régressifs,  qui s'instaure du travailler plus (pour qui?) au nom du passé ou en rappelant seulement les principes.

Et surtout pas en s'abritant derrière une défense des acquis par essence conservatrice et garante de privilèges injustes. Mais plutôt à situation nouvelle acquis nouveaux ! Le progrès ce n'est ni renier les 35 heures, ni les abolir mais les étendre à tous et diminuer la pénibilité du travail tout en créant les emplois nécessaires aux activités offertes durant le temps libéré. Une vraie politique de vie.

Il s'agit de tout repenser dans une dimension planétaire, en tenant compte des risques comme des possibilités de la science et de la technique, en comprenant que la vie est faite de mobilité et d'adaptation permanentes, que le combat pour une économie sociale fondée sur l'humain devient prioritaire et que la sécurité du travail pour chacun est à l'ordre du jour.

 

Politique de civilisation, laïcité positive, renaissance…

En dépit de la paupérisation intellectuelle de la majorité des médias, pas seulement des journalistes (qui confondent communication et information, communication et investigation, faits et opinions, communication et propagande, opinions et information), en dépit de l'amnésie systématique vis à vie du passé proche (la chasse à l'exclusivité, la petite phrase…) pourquoi ne pas avoir entendu dans les vœux du président ce qui était pourtant évident tant les mots ont du sens et sont connotés, surtout s'ils ne sont pas explicitement développés.

Comment se fait-il que sur trois termes les liens n'aient pas sauté aux yeux ?

A t-il fallu à nos informateurs, étonnés, d'abord chercher fébrilement ce que cela voulait dire en pianotant sur Google (et Wikipédia ?) pour inventer une explication ? Qu'ont-ils trouvé ?

  • Edgar Morin (en oubliant d'ailleurs Sami Naïr ?) pour la politique de civilisation ?
  • La Renaissance artistique et culturelle en Europe du XVè, sans parler des fameuses grandes découvertes… et leurs conséquences ?
  • Laïcité positive faisant référence aux racines chrétiennes de la France ?…

 

Mais est-ce vraiment à Edgar Morin, à la complexité, à la culture et à une morale chrétienne que se réfèrent notre guide et son confesseur ?

Derrière des mots attrapeurs c'est à la fois un détournement et une récupération (2) qui sont à l'œuvre et masquent les objectifs réels. Puisque Sarkozy, et ses conseillers, "bougent" tout le temps, sautent de séquences en séquences ne faut-il pas déceler la cohérence dissimulée sous les paillettes ou les déclarations ponctuelles ?

 

Si c'était d'Edgar Morin, cela se saurait et nous n'aurions pas eu les accointances tant avec le lepénisme qu'avec le capitalisme financier et le show biz.

Il suffit pourtant d'un peu de mémoire et de se rappeler un certain Bush et un nommé Huntington, celui qui inspire les néocons aux USA et dans le monde. Que dit-il ce brillant stratège dans son livre, paru en France en 1997, sur le "choc des civilisations" ?

 

Que la culture - et non la politique ou l’économie - allait dominer le monde. Et de dénombrer huit cultures : occidentale, confucéenne, japonaise, islamique, hindoue, slave orthodoxe, latino-américaine et - peut-être - africaine (il n’était pas sûr que l’Afrique soit vraiment civilisée, tiens le discours de Dakar !).

Chaque culture incarne différents systèmes de valeurs symbolisés chacun par une religion, "sans doute la force centrale qui motive et mobilise les peuples". La principale ligne de fracture passe entre "l’Occident et le reste", car seul l’Ouest valorise "l’individualisme, le libéralisme, la Constitution, les droits humains, l’égalité, la liberté, le règne de la loi, la démocratie, les marchés libres". C’est pourquoi l’Ouest doit se préparer militairement à affronter les civilisations rivales, et notamment les deux plus dangereuses : l'islam et le confucianisme, qui, si elles devaient s’unir, menaceraient le devenir de la civilisation. Et de conclure "Le monde n’est pas un. Les civilisations unissent et divisent l’humanité...Le sang et la foi : voilà ce à quoi les gens s’identifient, ce pour quoi ils combattent et meurent".

 

 

Inutile de s'étendre sur le discours du chanoine le 20 décembre à saint Jean de Latran, la presse s'en est (un peu) fait l'écho (voir l'article de Christian Terras -Golias- Libé du 2 janvier). Mais comme pour la discrimination le terme "positif" accolé à laïcité est effectivement une rupture avec les principes de la République mais aussi avec l'humanisme issu des Lumières. A part l'étalage d'une culture prise dans les résumés hagiographiques de la vie des saints, cela ne prend-t-il pas tout son sens en relation avec la perspective d'union méditerranéenne et la politique de civilisation huntingtonienne. Allez donc lire ou écouter cette prose sur

www.elysee.fr/documents/index.php?mode=cview&press_id=819&cat_id=7&lang=fr]

 

 

Certes tout le monde pense à la culture, en oubliant que la Renaissance amorce l'expansion des pays européens (conquêtes et hégémonie économique, politique et culturelle) et la diffusion de sa "civilisation"… par tous les moyens (esclavage, colonisation…). Mais si cela fait penser au Rinascimento italien précurseur, pourquoi oublier le Risorgimento du XIXè  (c'est à dire le redressement ou la résurrection!). Et le redressement passe par des normes, des critères, des repères inspirés par quoi ?

Mais, surtout, ce terme de renaissance signifie une nouvelle naissance, signe d'une rupture qui se dit en langage universel "born again" ! Pour quelqu'un qui affiche ostensiblement sa foi, qui a un comportement bonapartiste et qui admire Bush… n'est-ce pas là que se trouve sa référence. Etre le chef d'une nouvelle naissance d'une France à la mémoire atrophiée, à l'histoire réécrite, sans repentance; pourquoi pas faire le don de sa personne pour sauver ces âmes qui ne savent pas où se trouve leur bonheur (3).

 

 

Comme le dit si bien notre télévangéliste "tout se tient" et je ne voudrais pas oublier la grande prêtresse de l'économie,  sœur Lagarde Christine (4), à qui il arrive de dire tout haut le fond de la pensée sarkozoguainiste

« C’est une vieille habitude nationale : la France est un pays qui pense. Il n’y a guère une idéologie dont nous n’avons fait la théorie. Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C’est pourquoi j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant, retroussons nos manches. »

Tout se tient…oui ! Travailler plus pour penser moins et laisser faire ceux qui savent ce qui est bon pour le pays, donc pour vous !

Certes ce n'est pas "demain on rasera gratis" mais bien demain vous serez abrutis mais vous aurez star académie et télé réalité… vieille valeur qui donne tout son sens à la fameuse revalorisation du travail. Le travail rédempteur en quelque sorte… pour gagner le paradis de la consommation !

Et notre brave porte voix de proférer une digne "pensée" balladuro-raffarinienne qui devrait entrer dans les annales des concours aux grandes écoles: "Le travail engendre le travail. À l’intérieur de ce cercle vertueux, le pays tournera à plein régime. [...] Travailler plus, et vous multiplierez l’emploi. Dépensez plus, et vous participerez à la croissance. Gagnez plus, et vous augmenterez le pouvoir d’achat !"

 

Quel bel avenir, quel beau projet: travailler, gagner, dépenser… et Tf1, Disney land, ou des amis vous prêtant leur Falcon, leur propriété ou leur yacht.

Sans oublier la petite dose de compassion qui rafraîchit le cœur.

Belle renaissance "enrichissez-vous" disait Guizot… "suez plus" dit Sarkozy. Croissez et multipliez… la bonne nouvelle !

Gagnez votre pain à la sueur de votre front et vous irez au paradis de la croissance.

 

Croissance ? Vous avez dit croissance… et vous osez parler de civilisation !

Sans doute celle du jetable (les hommes comme les objets… ou les idées).

 

7 janvier 2008

 

1 - Pas plus que la droite (des droites), voir Rémond, Sirinelli, Touchard,Winock entre autres.

2 -Selon une "technique" mise en œuvre au moment de la référence à la lettre de Guy Môquet: détournement (sortie du contexte et compassion) et récupération (du mythe de la résistance comme du nom) comme avec les allusions concernant  Blum ou Jaurès.

3 -La conférence de presse du mardi 8 me semble confirmer cette approche d'une part par la mauvaise foi, les mensonges, le mépris et la hargne (vis à vis des journalistes qui osent poser des questions gênantes) et… l'amour du Blum de 1920 mais pas de 1936

4 -Surnommée, dans les milieux bien informés la grande sœur des riches pour la différencier des petits frères des pauvres, comme le Medef est différent de ATD quart monde ou d'Emmaüs

 

* Villon en exergue de p.p.c (Pour Prendre Congé) de Jean Bruller (Vercors) écrit en 1957

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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 18:04

Une amie me dit qu’Henri Pena Ruiz, le philosophe attitré de la laïcité, allait sortir une Lettre ouverte à Sarko sur ses latraneries soit dans Le Monde, soit dans Le Figaro. Pas de Pena Ruiz ! Mais des lectures édifiantes.

Sphères publique et privée : Sarkozy abolit la distinction, tel était le titre d’un article du Figaro. Son rédacteur allait-il dénoncer cette pipolisation dégradante de la fonction présidentielle où le nabot s’affiche avec sa favorite à Dysneyland, embarque le comique ( ?) le plus vulgaire à Rome avant, tout neuf chanoine, de prononcer le pitoyable discours de Latran ! Mais non, justement, c’était à la gloire du dit discours qui mettait fin à « Cette distinction française sphère publique/sphère privée » et pour se féliciter de «  La reconnaissance que la mise en œuvre de la laïcité avait provoqué des «souffrances» est un tournant majeur dans la relecture de l'histoire de la République ».

Le Figaro

Il ne s'agit pas de "relecture" mais de réécriture. Je l’ai dit, plus bas, la loi de 1905 a été voulu par son maître d'oeuvre, Aristide Briand, comme une loi d'apaisement. C'est Rome, contre l'avis de beaucoup de prélats français, qui va se lancer dans un conflit avec la République.

La distinction entre public et privé est uniquement juridique, avec la Loi de 1905, les églises relèvent du droit privé et non plus du droit public. La réserve, laïque celle-là, demandée aux représentants de l’état, ne s'applique pas aux citoyens de base qui peuvent exprimer leurs convictions à condition de ne pas nuire à l'ordre public. Cette réserve marque que l'état est garant de la liberté de conscience de ceux qui croient au ciel et de ceux qui n'y croient pas. C'est cela que M. Sarkozy vient de bafouer.

 

Puis je tombe sur une opinion de François Bayrou : « Sarkozy remet en cause la laïcité républicaine » dont voici quelques extraits.

Quand on a besoin d'un adjectif, c'est qu'on veut changer le sens du mot.

S'exprimant comme président de la République, il [Sarkozy] introduit la notion de «racines essentiellement chrétiennes» de la France, oubliant le grand mouvement d'émancipation des Lumières. Il affirme que la République a «intérêt» à compter beaucoup de croyants. Il demande aux religions, toujours dans «l'intérêt» de la République, de fonder la morale du pays. C'est le retour, qu'on croyait impossible en France, du mélange des genres entre l'État et la religion.

La République n'a pas à sous-traiter l'espérance aux religions. La République est en charge de réaliser un monde meilleur, et pas d'inviter à l'attendre. Cette conception sociologique de la religion, fournissant «l'espérance» qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies, on croyait qu'elle était loin derrière nous ! Ce n'est pas autre chose que «l'opium du peuple» que dénonçait Marx. C'est un leitmotiv chez Nicolas Sarkozy, notamment quand il a parlé des bienfaits de la présence de l'islam pour pacifier les banlieues.

Quand Nicolas Sarkozy dit que «jamais l'instituteur ne pourra remplacer le pasteur ou le curé» dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, parce qu'il lui «manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance», il exprime exactement le contraire du message de Jules Ferry. La morale de l'instituteur n'est pas inférieure à celle du prêtre.

C'est un paradoxe troublant que celui d'un pouvoir qui affiche chaque fois qu'il le peut sa complaisance avec le matérialisme financier et, en même temps, souhaite faire de la religion une autorité dans l'espace public.

Le Figaro 26/12/07

 

 

Et c’est l’ineffable Raffarin qui tente, dans son style si particulier (que celui qui comprend ce qu’il a voulu dire par cette laïcité partagée qui doit servir de grammaire entre les religions m’envoie vite l’explication) de lui répondre.

Aujourd'hui, nous avons besoin de la laïcité partagée pour régler les relations entre religions et politique, mais aussi pour servir de grammaire entre les différentes religions, pour leur permettre de se parler dans l'espace public. Défendre la spécificité française en reprochant à Nicolas Sarkozy ses références aux racines chrétiennes de la France, comme le fait François Bayrou, c'est nier la réalité. En cette période de Noël, que voit-on ? Des Français qui, partout, célèbrent une fête religieuse, familiale et sociale. Au débat passéiste entre «la morale laïque» et «la religion civile», telle que la définissait Rousseau, je préfère le concept d'«éthique antérieure» de Paul Ricœur, car les religions sont, en amont, des sources pour les normes de la morale publique.

Je pense que l'apostasie n'est pas une force de progrès dans nos sociétés.

Le Figaro

J’ai alors glissé ce petit commentaire : "Que M. Raffarin, citant Paul Ricœur, veuille placer les religions en amont d'une "morale publique" est une conception historico-philosophique qui demanderait à être étayée. Qu'il nous resserve les "racines chrétiennes" (plantées sans doute dans une "terre qui ne ment pas"), pourquoi pas, sauf qu'il n'a pas lu Bayrou qui rappelle que le siècle des lumières fait aussi parti de notre histoire. Quant au carcan historique où serait enfermée la laïcité, cela relève de l'affirmation pas de l'argumentation.
Mais qu'a-t-il bien voulu dire avec cette phrase : "Je pense que l'apostasie n'est pas une force de progrès dans nos sociétés." ? L'apostasie, au sens large, si j'en crois le Trésor de la Langue Française, voulant dire "Trahison, reniement, abandon d'une doctrine, d'un parti, etc." veut-il par cette phrase sibylline condamner Kouchner, Bockel, Jouyet et les autres ? peu probable... Considèrerait-il agnostiques ou athées affirmés comme des apostats ? c'est à craindre."

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22 décembre 2007 6 22 /12 /décembre /2007 22:53

Jour après jour, trait après trait – bien sûr l’épisode Mickey conforte ce point de vue – l’impression que le président qu’a élu une majorité de français n’est qu’un gosse capricieux (menteur, m’as-tu-vu, sans gêne, vulgaire etc.) se conforte.

Yasmina Reda (à ne pas confondre avec la girouette qui attaque la venue du pitre libyen un jour, pour la justifier le lendemain), l’écrivaine qui a suivi le nabot tout au long de sa campagne, nous rappelait :

 «N’avait-il pas dit, je partirai en retraite quelques jours, me reposer, méditer. Il faut du calme et de la sérénité pour prendre la distance nécessaire. Si proche des moines et des cathédrales, ne s’était-il pas enorgueilli de quelque subite transfiguration ? N’avait-il pas dit, j’irai dans une abbaye, ou dans la solitude d’une maison amie, réfléchir à l’ampleur de la tâche ? C’est dévorant des langoustes en famille sur un yacht de soixante mètres, au large de Malte, qu’on le trouvera » au lendemain de son élection.

Yasmina Reda

 

Le gamin capricieux  dans toute sa splendeur se révèle lors d’un conseil des ministres-gadget en Corse :

 

Langouste.jpg

Caprices, ce n'est pas fini

Sarkozy n’a jamais été un gastronome, mais il a des caprices. La veille du conseil des ministres qu’il a récemment délocalisé le 31 octobre dernier à Ajaccio, il est pris d’une envie de langouste digne d’une femme prégnante. Il lui faut des langoustes, beaucoup de langoustes pour lui, pour ses ministres et pour ses grands vassaux corses. Les services de la présidence sont chargés de mettre en œuvre ce grand dessin. Ils choisissent un restaurant, Chez Jeanjean, près du port. Mais Jeanjean a pris des vacances et se trouve à Paris. On lui enjoint de renter dare-dare. Très vite, une difficulté apparaît. Elle est de taille : la pêche à la langouste est interdite en Méditerranée en cette saison. Le président balaie cette objection d’un revers de main : il trépigne, il veut des langoustes, point barre. Les affaires maritimes accordent alors une dérogation à quelques pêcheurs pour leur permettre d’enfreindre la réglementation en toute sécurité. Mais le monde est plein de jaloux. On ne sait pas exactement qui a balancé, peut-être un notable furieux de n’avoir pas été invité à cette langouste-party, mais l’affaire s’ébruite. Elle menace de virer au scandale écolo. L’Elysée prend les devants. Sans se démonter, il publie une mise au point affirmant que les langoustes venaient de Brest!

François Caviglioli  (confidentielles Nel Obs)

 

On atteint les sommets du ridicule égocentré dans cette déclaration à Rome du tout neuf « chanoine du Latran » devant un parterre de cardinaux et séminaristes ; bientôt nous allons apprendre que sa vocation présidentielle répondait à un appel divin :


Moi-même

"On n'est pas prêtre à moitié. Croyez bien qu'on n'est pas non plus président à moitié. Je comprends les sacrifices que vous faites pour répondre à votre vocation parce que moi-même, je sais ceux que j'ai faits pour réaliser la mienne!"

 papesarko.jpg

Ce discours du Latran est, plus gravement, un exemple de contre-vérités soufflées par des faussaires de l’histoire, Guaino et Gallo. Ainsi apprend-on que les « racines » (ça sent déjà un « la terre ne ment pas ») de la France sont essentiellement chrétiennes – un christianisme d’ailleurs confondu avec le catholicisme – oubliant Voltaire, Diderot, et quelques autres, en bref tout ce qui a été baptisé « siècle des lumières » qui n’a pas beaucoup éclairé ni lui-même, ni ses nègres.

 

Plus fort encore, la loi de 1905, dont le maître d’œuvre, Aristide Briand, a voulu faire (et a fait) une loi de concorde a été violemment rejetée par le pape de l’époque, l’ineffable Pie X, sauf erreur, dont vous pouvez lire et relire des extraits de son catéchisme plus bas, appuyé par le brûlot qu’était La Croix de l’époque qui suintait l’antisémitisme. Gallo – ex Chevénementiste forcené et logorrhéïque écrivain, pseudo historien -  lui fait évoquer les « souffrances de l’église », alors que Clemenceau, surnommé pourtant le 1er flic de France, avait clairement indiqué que l’inventaire des biens des églises ne valait pas mort d’homme ! Rappelons aussi que la loi de 1905 fut complétée par la loi du 2 janvier 1907, dont le but était, selon Briand son rapporteur, « de faire une législation telle que, quoi que fasse Rome, il lui soit impossible de sortir de la légalité », de « mettre l’Eglise catholique dans l’impossibilité, même quand elle le désirerait d’une volonté tenace, de sortir de la légalité ». De quel côté est la volonté d’apaisement ?

Cela tourne au délire calotin – dans lequel d’ailleurs beaucoup de catholiques ne se retouveront pas – quand notre chanoine affirme, avec tout l’aplomb qui le caractérise : « La désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparition des patronages, la pénurie de prêtres, n’ont pas rendu les Français plus heureux.» (Qu’en a pensé Bigard, au fait l’anneau papal n’était pas trop gras après qu’il l’a eu baisé ?)

Quant à sa conception de la laïcité – soufflée par des plumes Républicaines -  une « laïcité positive » placée sur le même plan que le « baptême de Clovis », avec une « morale laïque » soupçonnée de dérive fanatique, elle est totalement étrangère à la laïcité qui n’a pas besoin d’adjectifs (voir les passages quasi délirants comparant le prête et le pasteur à l’instituteur, voir aussi plus haut Moi-même).

  Sur le même sujet voir : http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/archive/2007/12/22/le-chanoine-sarkozy-et-la-religion-civile-a-la-francaise.html

Pour compléter :

Nicolas Sarkozy a montré qu'il voulait sortir des protocoles. Il est en train de désacraliser la fonction présidentielle. Je ne suis pas sûr que les Français en aient vraiment envie et je ne suis pas sûr qu'il puisse revenir en arrière. Sa communication risque d'avoir des limites quand il va tomber sur des sujets qui ne relèvent plus d'un livre d'images François Jost

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-992628@51-984702,0.html

 

 

C’est un homme intelligent qui réfléchit peu. L’idée est de se montrer beaucoup : «Regardez-moi, je travaille pour vous et je fais énormement de choses pour vous.» On a été légèrement imprudent en l’élisant mais en France on a toujours le sentiment qu’on peut à un moment opposer un refus brutal. Pour l’instant, il distrait les soirées d’hiver. Claude Chabrol

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/298974.FR.php

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