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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 16:27
Au bout de 25 minutes de journal télévisé, ras le bol, je zappe !
 
Rien contre cette religieuse belge qui vient de mourir à presque 100 ans ! Qu'une télé catholique y consacre une heure de journal télévisé, grand bien lui fasse. Mais que le journal de la principale chaîne publique, toutes affaires cessantes, nous inflige cette hagiographie m'afflige.
Croyant ou pas, on peut certes admirer une femme qui, avec ses convictions, a fait oeuvre humanitaire en Egypte ; apprécier aussi sa peu orthodoxe position sur la contraception ; goûter son bagout et ses réparties... Que l'entame du journal se fasse sur son décès, passe encore ; qu'une dizaine de minutes (très peu de sujets sont traités aussi longuement dans un JT) lui soit consacrée, d'accord. Mais là, un fatras d'extraits d'émissions sans ligne directrice, le témoignage de PPDA aussi creux que le personnage, l'inévitable télé-trottoir avec appel à canonisation, etc. alors quand le tour fut venu du spécialiste religieux de FR2, avant une table ronde d'emmanuellologues, trop, c'était trop !
 
FR2 est coutumière de ces saints excès de zèle (voir ci-dessous).

Les grands événements religieux font bien sûr partie de l'actualité : ils doivent être traités comme tels, ni moins, ni plus.

PS1 Si j'en crois "Le Canard" de ce jour la révérente mère Elise (Lucet) a fait durer la plaisanterie 35 mn et le Révérand Père David (Pujadas) aurait remis cela 25 mn, lundi, et, ce midi encore, 22/X/08, on a droit à un reportage autour des obsèques ("dans la plus stricte intimité"), à un retour en Egypte et je ne sais quoi pour, en fin de journal, nous annoncer un office à ND de Paris... Service public cathodique ou catholique ?

PS2 Courrier envoyé au "médiateur de l'info" de FR2 quand il existait encore le 31/08/07 :

FR2-Borniol

Enterrements et cérémonies commémoratives sont devenus la spécialité de France 2 concurrençant les chaînes d’informations continues.

Rappelons-nous la messe d’enterrement du saint abbé Pierre donnée intégralement et en direct, ce qui n‘a pas empêché ensuite la dame Laborde, en pleine épectase, de nous en repasser la quasi-totalité au journal qui enchaînait. Images délirantes de ce cameraman, caméra à hauteur du cercueil qui sortait, marchant à reculons !

Bien sûr, le saint Cardinal Lustiger a eu droit à un direct intégral (il a eu droit aussi à un discours de Maurice Druon à la rhétorique pompeuse).

Tout cela sur une chaîne publique d’une république supposée laïque !

Mais, aujourd’hui, le ponpon : cérémonie religieuse à la « chapelle des gardes » pour le dixième anniversaire de Diana, martyre (obligée de se réfugier chez un milliardaire, pour fuir une famille où personne ne l’avait forcée d’entrer, comme le rappelait F. Reynaert, dans un récent papier du Nel Obs). Trop, c’est trop : FR2 coupée, passage à France Inter, le sujet, traité avec distance, vers 13 h 15 a dû prendre 3 minutes (plus qu’il ne méritait d’ailleurs).

Y aurait-il, comme pour les matches de foot, un marché de l’enterrement dont FR2 aurait obtenu les droits ? Et à quand un parrainage par la Maison Borniol ou les PFG ? Sans oublier quelques consultants,croquemorts retraités

 

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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 21:36

  Le sénateur Charasse,après quelques magouilles auvergnates, s'est fait exclure du PS. Les radicaux de gauche se sont empressés de l'accueillir dans leurs rangs. Un grand LAÏQUE REPUBLICAIN comme lui ne méritait-il pas cet accueil, d'un parti qui ne doit sa survie qu'au PS ?

Et oui, un grand rrrépublicain, un grand laïc à qui l'on doit (mais chut, ne le répétez pas) l'article 89, contre lequel on appelle à se mobiliser (Pétition pour l'abrogation de l'article 89 ), en oubliant (charitablement) d'évoquer son auteur qui aurait à l'époque amplement mérité une exclusion du PS à grands coups de pompes dans le c.. .

Alors, avec un grand merci de l'école privée, rappelons les mérites du sénateur :

"L’article 89 de la loi n° 2004‑809, qui a pour origine un amendement du sénateur Michel Charasse, a remédié à cette inégalité de traitement entre les écoles en étendant au financement des écoles privées sous contrat les procédures qui régissent la répartition entre les communes des dépenses de fonctionnement des écoles publiques. Il précise qu’à défaut d’accord entre les communes sur les modalités de répartition des dépenses de fonctionnement des classes sous contrat, le préfet fixe leurs contributions respectives exactement comme il le fait déjà pour la répartition de la contribution des communes au financement des écoles publiques.


L'application de l’article 89 de la loi du 13 août 2004 ne doit donc pas a priori conduire à mettre à la charge de la commune de résidence une contribution supérieure par élève à celle qui lui incomberait si l’élève concerné était scolarisé dans une école publique. En revanche, et conformément au principe de parité qui préside à l’application de la loi, la commune de résidence doit participer au financement de l’établissement privé sous contrat dans tous les cas où elle devrait participer au financement d’une école publique qui accueillerait le même élève.


En d’autres termes, la commune de résidence, lorsqu’elle se prononce sur le montant de sa participation aux dépenses de fonctionnement liées à une scolarisation en dehors de la commune, ne peut traiter différemment le cas des élèves scolarisés dans un établissement privé et celui des élèves scolarisés dans une école publique d’une autre commune."

Faut-il préciser que cette citation est extraite d'un site favorable à l'enseignement privé ?

Notre sénateur s'est distingué dans d'autres débats (notamment sur  les successions), il mérite donc bien de rejoindre les rangs des très laïcs radicaux de gauche.

 

PS Cet "article 89" a connu un avatar : la loi Carle du nom du sénateur de droite qui l'a présentée ; loi qui a l'avantage relatif par rapport à l'extraordinaire initiative du grand laïc de limiter la manne au privé. N'ajoutons pas, avec la Ligue de l'enseignement, que cette loi est contraire à la Loi Debré, pour ne pas être soupçonné par les vestales de la laïcité de soutenir cette loi ... qui s'applique depuis un demi-siècle !

 

 

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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 08:11

  

On a sifflé la Marseillaise !

 

Eût-on voulu donner encore plus de relief à l'imbécillité puérile des siffleurs de Marseillaise, qu'on ne s'y serait pas pris autrement.


Fillon, qui profite de l'occasion pour essayer de rappeler son existence, d'affirmer d'un ton martial qu'il eût fallu arrêter le match après ce terrible affront à l'honneur national. Plus habitué des compétitions automobiles que des sports en stade, il semble ignorer que les hymnes nationaux sont joués avant le coup d'envoi. Il n'est donc pas besoin d'arrêter un match qui n'a pas commencé.


Fadela Amara se produit sur une chaîne télé, occasion aussi pour elle de rappeler qu'elle existe. Après quelques banalités, mais dites d'un ton ferme, elle trouve moyen de contredire son collègue Laporte qui, pour une fois, n'avait pas dit que des conneries, en suggérant de faire jouer ces matchs ailleurs qu'à Paris.


Toute affaire cessante, entre deux avions, notre vibrionnaire Ouf 1er, jouant les Nicolas Martel stoppant les infidèles (à la Patrie), convoque sa ministre de la santé et des sports, accompagnée de son secrétaire d'état, et le président de la fédération de foot, pour leur signifier sa décision d'arrêter les matchs en cas d'atteinte à l'hymne national !
Le seul qui eut des propos un peu censés fut le président du foot : il n'allait pas, la veille, faire évacuer 74 000 spectateurs frustrés donc ulcérés, après une Marseillaise sifflée.


Les propos de Fillon étaient totalement - et volontairement - irresponsables. On n'imagine pas, qu'aussi peu 1er ministre qu'il soit, il ait envisagé cette évacuation qui aurait, à coup sûr, provoqué de "graves troubles à l'ordre public" !
Il s'agit bien d'une assez minable opération de diversion. La piqûre de morphine des milliards annoncés n'a provoqué qu'une brève (historique ont clamé les médias) euphorie des bourses, la récession est là, le chômage monte, faisons mousser au maximum cette histoire de sifflets. Nos journaux télévisés, dociles, ont fait passer la rechute des bourses au second plan.


« Honneur et Patrie » ? Non, Cynisme et Patrie !


Sans lien direct (quoique) "Les Colporteurs" :

 

 

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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 22:00

Garder le cap, garder son calme, garder son sang froid !

  C'est ce qu'aurait dit notre Ouf 1er, à propos de la crise actuelle. Outre le côté pléonastique des deux dernières prescriptions - et venant d'un personnage adulescent caractériel, ça ne manque pas de sel - le fameux cap européen (car c'est celui qui « fait président » de l'Europe qui parlait) est un peu perdu dans le brouillard.

En toute illogique, dans un mini-sommet, au lieu d'inviter tous les représentants de la zone euro, celui qui « fait président » réunit un groupe de quatre, excluant notamment l'Espagne et le Bénélux. Pour n'aboutir à rien, de surcroît.

 

L'Irlande, qui s'est gavée de subventions européennes, fait cavalier seul d'entrée au mépris de toute solidarité européenne. La chancelière allemande, à l'orée d'élections, ne veut pas entendre parler d'un fonds de solidarité européen.  Chacun tire à hue et à dia !

 

Dernier écho du « parler creux » un relèvement des garanties bancaires à 50 000 € au niveau européen, alors que dans un discours notre Sarko (avant, sauf erreur, le cavalier seul de l'Irlande)  avait promis une garantie totale. Promesse qui vaut celle qu'ont reçue les métallurgistes de Gandrange et que les salariés de Sandouville ont refusé d'entendre, faisant capoter l'opération poudre aux yeux du vibrion-président. Il n'en a pas moins clamé que le site de Sandouville serait maintenu, comme si c'était lui qui en décidait. Ghosn, comme Mittal, se contrefout de ces promesses pasquaiennes.

 

Un grand moment de parler creux fut le discours de Toulon où notre nabotléon eut des propos que n'aurait pas désavoués Olivier Besancenot pour dénoncer un capitalisme fou et immoral ! Et que dire de ce grotesque gag où, se retournant vers une Carla Bruni dont on va finir par douter de son intelligence, il déclame que, contrairement à elle, il n'a jamais été de gauche, mais qu'il a le sens de la justice. Les 15 milliards d'euros de cadeau fiscal aux plus favorisés sont là pour en témoigner.

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 14:08

Petite plongée à Luçon, l'évêché crotté du Bas-Poitou, comme le qualifiait son plus célèbre évêque.

Ce Bas-Poitou avait pour capitale Fontenay-le-Comte, qui deviendra à la Révolution Fontenay-le-Peuple. Seule circonscription de la Vendée à envoyer un député de gauche en 1981 et en 1986. Le canton de Luçon a longtemps eu un conseiller général de gauche et la ville même fut longtemps dirigée par un radical socialiste, modèle Crépeau (La Rochelle est très proche).

Mais en 1995, un parachuté villièriste, idéologue cachant à peine son sectarisme et sa haine de la gauche, l'emporta sur une gauche un peu à bout de souffle. Le MPF, pour cause de cumul de mandat, a laissé la place à un UMP qui ne lui cède en rien en sectarisme. En 13 ans cette majorité UMPF a eu droit à deux rapports gratinés de la chambre régionale des comptes. Le 2e vient d'être présenté au conseil municipal.   

 

Monsieur le Maire,

Assistant pour la première fois à un conseil municipal à Luçon, je ne parlerai pas  du sort fait au public, et, tenant compte de l'état dans lequel vous avez mis les finances de la ville, je me garderai bien de suggérer quoique ce soit pour assurer un accueil décent des citoyen(ne)s de la commune. Je n'ironiserai pas non plus sur la lecture enregistrée de la réponse, d'une voix susurrante, sur un ton mielleux, accompagnée de diapositives sans intérêt et qui prouve une fois de plus que le ridicule ne tue pas. Je ne dirai rien, non plus, sur le rappel préventif à un règlement intérieur dit, lui, sur un ton d'adjudant de quartier.

 

Je ne mentionnerai que pour mémoire les interventions de vos colistiers : la bêtise des uns le disputait à la hargne des autres. Une mention cependant au 1er adjoint qui affirmait que Luçon avait fait un bond en avant, outre que l'on ne s'attendait guère dans la bouche de votre compagnon UMP à cette affirmation quasi maoïste (« le grand bond en avant »), cela faisait irrésistiblement penser à la fameuse phrase, prêtée à Aït Ahmed : « Nous étions au bord du gouffre, mais nous avons fait un grand bond en avant ».

 

Je m'étendrai, en revanche, sur votre réponse, parfaite synthèse des prises de parole de vos amis, puisqu'elle unissait la hargne à la bêtise.

« Plus c'est gros, mieux ça passe » telle doit être votre devise.

Vieille ficelle d'abord, jouer les victimes outragées. Rebondir sur une question de forme, pour ne pas répondre sur le fond. Accuser le représentant de l'opposition de mensonge, en commençant d'abord par un mensonge.  En effet, agitant le rapport, vous avez prétendu ne l'avoir reçu que le 24 juillet, alors qu'il avait été envoyé le 18 juin 2008. Mais il aura fallu plus d'un mois à votre "nègre" pour rédiger une réponse et la Chambre régionale des comptes, l'ayant enregistrée le 22 juillet, vous a presque immédiatement retourné rapport et réponse à mettre à l'ordre du jour du prochain Conseil Municipal. Le hasard faisant bien les choses, il y en avait un programmé le 08/08/08 avec un menu pratiquement vide : des créations de postes qui auraient pu se faire dès juillet, puisque l'échéance des CDD était connue, de même d'ailleurs que des augmentations de tarifs. A qui, voudrez-vous faire croire que cette date totalement incongrue s'imposait pour de telles décisions ?

 

Je ne parlerai pas de l'attaque ad hominem à laquelle vous vous êtes livré, appuyée par quelques excités de votre camp, si ce n'est qu'elle dénote le mépris, pour ne pas dire la haine, à l'encontre de l'opposition municipale.

 

Après avoir agité le rapport, vous avez agité une feuille de papier censée être l'avant-avant-dernier rapport de la cour des comptes, celui de 1995 ! Aviez-vous oublié que vous aviez été partie prenante d'une précédente municipalité de 1995 à 2001, puis que vous avez fait Maire de 2001 à 2007 et qu'entre temps, il y avait eu un autre rapport de la cour des comptes pointant une insincérité des comptes (entre autres plaisanteries une inscription de subvention que le Maire de l'époque et son équipe - en l'occurrence on serait tenté d'écrire ses complices - savaient avoir été refusée). Si le sous-préfet avait fait son boulot, la ville eût du être mise en tutelle (mais, est-ce par distraction qu'il a fermé les yeux ?).

 

Mais revenons, puisque vous y tenez, à ce rapport d'il ya treize (13) ans. Vous avez lancé quelques chiffres, mais à l'époque en francs. Bien sûr, comme cela 9641 F de dette par habitant, ça fait lourd. Sauf que, les 1470 € que ça aurait représentés, même accrus de l'inflation des 13 dernières années, paraissent bien modestes par rapport aux 1907 € que vous atteignez ! Sur l'encours de la dette qui culminait à presque 78 MF, on est loin des 18,386 M€ de 2007, soit plus de 120 MF !

 

Sans vergogne, vous avez affirmé, ne craignant pas d'insulter la mémoire de M. de Mouzon, que ces lointains prédécesseurs n'avaient pas investi. Affirmation mensongère, puisque si vous ne vous étiez pas contenté de jeter quelques chiffres sur une feuille, vous auriez pu lire, dès la sixième ligne « la ville de Luçon a beaucoup investi* ».

 

Le candidat de la liste APLE, quand il évoquait M. de Mouzon, ce grand maire de Luçon, se référait à son sens du dialogue, à son respect des adversaires, en bref à son comportement de parfait démocrate,  De ce point de vue, vous en êtes le parfait négatif.

 

Vous vous êtes dit « fier d'être Luçonnais ». Il n'est pas sûr que les Luçonnais soient fiers d'un Maire qui les a cyniquement dupés en prétendant début 2008 : « les finances sont saines ».

 

* Investissements productifs, puisque les ateliers-relais (bradés ensuite par M. Souchet qui devait y voir, dans son idéologie sectaire, l'ombre du collectivisme) permettaient de rembourser les emprunts.

 

Carte postale ancienne non datée

Image tirée du site d'Agir pour Luçon ensemble (APLE)

 

 

 

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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 16:15

Eh oui ! je vois sur vos visages s'afficher comme l'ombre d'une interrogation : d'où il nous sort ce Lemétayer ? Certes, peu connaissent le modeste éleveur de Vignoc (Ille et Vilaine), mais certains ont peut-être entendu parler du président de la FNSEA qui a succédé au chiraco-villièriste Guyau.

 

Dans le premier quotidien de France, Ouest-France, du 2 août, à la question « Et maintenant que faut-il faire [après l'échec des négociations de l'O.M.C.] ? » il répond :

« L'agriculture et l'alimentation mondiale appellent une autre approche, une autre voie, plus ambitieuses et moins libérales. Nous parlons, à la FNSEA, de terroirs, de traditions, de nutrition et de paysans. L'Homme est au centre de nos préoccupations. Personne ne réussira à enlever à ceux qui travaillent la terre et nourrissent le monde, leur avenir c'est-à-dire l'espoir. Le chemin de la raison a gagné, c'est-à-dire le chemin de l'Homme sur les seules ambitions des hommes. »

Concrètement, il sera difficile, même à l'exégète le plus complaisant, de dire ce que le personnage propose. Mais comment ne pas être sensible à cette élégie bucolique et ô combien humaniste du président d'un des lobbys européens les plus efficaces.

Ah ! ces amoureux de nos traditions que sont les cochonnericulteurs bretons qui parfument leurs terroirs des épandages de leurs lisiers. Lisiers qui vont donner un peu de fumet et de nitrates associés à la nappe phréatique et aux cours d'eaux et transformer les flots marins du rivage en une soupe épaisse d'algues noirâtres. A propos de cochonnericulture, un lointain souvenir : la peste porcine ayant frappé les éleveurs catalans et néerlandais, entraînant des abattages massifs, nos propres éleveurs avaient connu, si l'on peut dire, une période de vaches grasses, en dépassant allégrement le nombre de bestioles autorisées par élevage hors sol. Mais tout à une fin : catalans et néerlandais ayant reconstitué leur cheptel, le cours de la viande de cochonnerie s'est écroulé. Bien sûr, on vit nos cochonnericulteurs, qui s'étaient remplis les poches avec des cours très élevés pendant la peste, crier violemment misère et réclamer les aides de l'état !

 

Mais n'oublions pas non plus ces grands humanistes que sont les maïsculteurs de notre plaine du sud-Vendée. En pleine cagna, canons et rampes immenses déversent leur m3 d'eaux. On a appris de longue date au jardinier amateur qu'il vaut mieux sortir l'arrosoir en soirée, cette leçon de bon sens n'a aucune prise sur ces arrogants subventiculteurs qui bénéficient du soutien indéfectible du Vicomte (Le Jolis de Villiers de Saintignon) et de ses affidés.

 

Que dire encore de ces agrariens du Vexin normand, que j'ai un peu côtoyés autrefois. Tous prêts à dire pis que pendre de Bruxelles, qui leur déverse à certains, en subvention, de quoi payer annuellement deux ou trois instits (voire plus : on parle de 800 000 €) ! Mais leurs robustes Mercédès derniers modèles attendent plutôt la progéniture devant Sainte-Agnès ou Saint-Adjutor que devant Cervantes ou Dumézil ! Le prix du blé peut tripler, les subventions continuent de les gaver.

 

Et l'humaniste FNSEA, s'est toujours caractérisée par la modération de ses actions. La racaille banlieusarde a droit aux paternelles matraques de nos CRS. Nos subventiculteurs en colère peuvent, en toute impunité, saboter le matériel SNCF (coûtant quelques millions de francs de l'époque à la société nationale), bloquer les routes, envahir des villes en détruisant le mobilier urbain, etc. aucun Ministre de l'Intérieur n'enverra gendarmes mobiles ou CRS et les enquêtes (?) s'ensableront. Le voyou des champs est mieux traité que le voyou des villes.

 

  Avec l'arrogance qui le caractérise, notre éleveur de Vignoc, avant son couplet final cynique, a distribué les mauvais points. « On a vu Pascal Lamy, directeur de l'OMC, décider d'en convoquer les membres avec la volonté d'aboutir à un accord (quel culot : n'eût-il pas dû ne convoquer personne pour être sûr de l'échec ? à ce point de sonnerie les bras en tombent)... il voulait le succès de son initiative et la preuve de faire un coup politique pour lui-même (la phraséologie agrarienne est complexe : que vient faire ce la preuve de ?) Mal lui en a pris.» « Mandelson, de son côté, s'est trouvé dans la position de l'idéologue, ne voyant dans un accord que l'aboutissement des bienfaits du libéralisme. Mal lui en a pris. » Suit évidemment un grand coup de lèche à notre Ouf 1er, à Idrac (sous-ministre inconnue) et à Barnier (ex-honni commissaire européen) qui ont tout fait pour savonner la planche à Pascal Lamy. « Bien leur en a pris. (Sic)».

 

Faut-il rappeler qu'un des enjeux de cette négociation était d'éviter une concurrence tout-à-fait déloyale de l'Europe et des États-Unis avec les producteurs agricoles d'Afrique : leurs produits subventionnés mettent à mal les productions vivrières locales aux coûts pourtant moindre ? De même pour les cultures d'exportation : l'exemple le plus flagrant étant le coton.

 

Et voir les champions d'une agriculture qui méprise tous les équilibres naturels (élevage en batteries, utilisation intensive d'engrais chimiques, travail des sols inconsidéré, inféodation à l'industrie agro-alimentaire...) feindre d'être les champions des terroirs, des traditions, de la paysannerie incline à penser que ces Messieurs de la FNSEA nous prennent vraiment pour des cons !

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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 13:52
Est-ce que j’ai une tête à être copine avec Bernard Tapie ?

 

Est-ce que vous croyez que j'ai une tête à être copine avec Bernard Tapie ?

Dite, avec ce délicat accent très seizième, par Christine Lagarde, cette question, pour se défendre de favoritisme, est d'une arrogance distinguée, d'un subtil mépris, expression d'une grande bourgeoise à l'encontre d'un manant issu du commun.

Mais cette question en soulève quelques autres : est-ce que j'ai une tête à être copine avec Jean-Louis Borloo ? qui dans la vulgarité qui se veut populaire le dispute à son ami Tapie. Est-ce que j'ai une tête à être copine avec un président bling-bling ? qui, après sa Rolex, étale sa Patek offerte par une épouse, certes de bonne famille, mais qui a fait mannequin et posé nue !  Est-ce que j'ai une tête à être copine avec Christine Boutin qui s'habille comme une épicière endimanchée du milieu du siècle précédent ? Ne parlons même pas de l'Angevine dont le mauvais goût vestimentaire n'a d'égal que son parler façon Madame Sans-Gêne.

Soyons sûr, cependant, que le Nanard, ne va pas se vexer pour autant.  Car, ça y est, grâce à la pimbêche, il a décroché le pactole inespéré.

D'un ton pincé, elle a essayé de nous faire accroire que c'était, évidemment, de son plein gré, qu'elle avait abandonné une procédure judiciaire, certes longue, mais où la cour de cassation avait laissé augurer une issue positive pour le CDR (c'est à dire pour le contribuable), au profit d'une procédure arbitrale, écrite d'avance, en faveur de l'illusionniste. Non, jamais, N. S. n'avait influencé sa décision. Mais anticiper les désirs du maître, n'est-ce pas le comble de la courtisanerie ?

 

Le mépris, que je n'ose qualifier de « classe »,  pour masquer la souplesse d'échine : bravo Mme Lagarde !

 

Dessin prémonitoire emprunté à Agora Vox

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21 juillet 2008 1 21 /07 /juillet /2008 20:33

Souvenez-vous, 2007. D'accord, c'est loin.

Un incertain Besson, qui avait commis un argumentaire au fiel contre Sarko, passe, en pleine campagne électorale, du côté de celui qu'il vilipendait la veille. Il tenait la corde assurément pour l'obtention du JUDAS d'OR de l'année qui récompense le plus beau retournement de veste.

C'est sans crainte qu'il aurait pu voir arriver un Jouyet et même un Bockel, mais  Bernard Kouchner a raflé la mise haut-la-main.

 

En 2008 (ne parlons pas de Bernard Tapie qui lui a depuis longtemps retourné son pantalon), Claude Allègre, qui avait déjà fait un tour de chauffe l'année précédente  ne semblait risquer que la concurrence de Baylet, le leader de ce qui reste de radicaux dit de gauche (auxquels appartiendrait justement Tapie) pour voir s'échapper un prix apparemment moins disputé.

C'était sans compter sur l'ineffable Jack Lang. L'ex-professeur de droit international se pique d'être un spécialiste de droit constitutionnel. Sans autre mandat que sa propre décision, il a donc siégé dans une commission Balladur, chargée de faire des propositions de révisions constitutionnelles. Bien que les propositions, déjà insuffisantes, de cette commission ont été encore rognées par la majorité sarkozyenne, se considérant (avec cette touchante modestie qui le caractérise) comme co-auteur du projet, il a donc voté OUI à une révision de la constitution qui ne passe que d'une voix. (La comparaison avec l'amendement Wallon qui instaure la 3e République à une voix également est totalement indécent, vu le contenu de ce texte).

 

Certes, on pourra arguer des méthodes quasi mafieuses employées pour convaincre les députés de droite de voter droit (les cris de pucelle effarouchée du Vicomte Le Jolis de Villiers de Saintignon à l'encontre de méthodes que lui et ses séides emploient constamment dans notre belle Vendée furent un pur moment de bonheur) : quelques uns ont baissé leur pantalon. Mais c'est la droite et ses problèmes.

Tandis que Jack Lang se disait de gauche (bien qu'il ait de longue date donné quelques signes d'ouverture à l'ouverture).  Il n'est resté parlementaire que grâce à un parachutage dans une circonscription imperdable.

Il a donc acquis sans conteste la presque certitude d'emporter le JUDAS d'OR 2008 pour un magnifique retournement de sa veste en cachemire.

 

 

Petit montage de 2007

 

 

L'opportuniste

Je suis pour le communisme
Je suis pour le socialisme
Et pour le capitalisme
Parce que je suis opportuniste
Il y en a qui contestent
Qui revendiquent et qui protestent
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je n'ai pas peur des profiteurs
Ni même des agitateurs
J'fais confiance aux électeurs
Et j'en profite pour faire mon beurre
Il y en a qui contestent
Qui revendiquent et qui protestent
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je suis de tous les partis
Je suis de toutes les patries
Je suis de toutes les coteries
Je suis le roi des convertis
Il y en a qui contestent
Qui revendiquent et qui protestent
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je crie vive la révolution
Je crie vive les institutions
Je crie vive les manifestations
Je crie vive la collaboration
Non jamais je ne conteste
Ni revendique ni ne proteste
Je ne sais faire qu'un seul geste
Celui de retourner ma veste, de retourner ma veste
Toujours du bon côté

Je l'ai tellement retournée
Qu'ell' craque de tous côtés
A la prochaine révolution
Je retourn' mon pantalon

Paroles: Jacques Lanzmann & Anne Segalen. Musique: Jacques Dutronc   1968

 

Jacques Dutronc - L'opportuniste sélectionné dans N.C.
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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 16:10

Avec notre ado attardé, qui fait président, on n'est jamais déçu.  Déjà, il y a deux semaines, visitant un centre de soins palliatifs, il concluait des considérations oiseuses sur la douleur et la mort, où il clamait « C'est quand même pas depuis mon élection qu'on meurt ! C'est quand même pas depuis mon élection qu'on souffre ! », par « On ne doit pas laisser les gens mourir comme des bêtes !... D'ailleurs les bêtes sont des êtres humains » (Canard enchaîné 18/06/08). Cette semaine, après avoir visité les 17 blessés, victimes d'un sergent à Carcassonne, il affirmait « Tout sera mis en œuvre pour les soigner », ce qui lui vaut le mérité mur du çon du Canard de cette semaine.

Et, comme à l'accoutumée, il a été odieux.  Pointant le doigt vers le chef d'état-major,  très en colère,  il s'est exclamé : «Vous êtes des amateurs ! Vous n'êtes pas des professionnels !». Venant de quelqu'un qui, jusqu'à présent s'est montré indigne de la fonction qu'il occupe (Fouquet's, yatch de Bolloré, avec Carla c'est sérieux, Disneyland, casse-toi pauvre con... décidément l'habit présidentiel est taillé trop large et surtout trop grand pour lui), ça prend tout son sel.

Sa petitesse mesquine allait encore s'afficher sur FR3 quand il a fait un caca nerveux parce qu'un technicien refusait de le saluer. Il est vrai qu'à FR3, c'est une habitude : déjà, encore candidat, il avait fait sa petite rage d'enfant gâté parce qu'on l'avait fait attendre pour le maquillage.

Le tout frais Prèsident de l'union européenne n'a rien trouvé de mieux que d'allumer Pascal Lamy et l'OMC, ainsi que le représentant  de l'UE dans cette instance. Avec son culot cynique habituel, il a accusé l'OMC de vouloir diminuer de 20% les exportations agricoles européennes. Pur mensonge : il s'agit de baisser les subventions à l'exportation qui font que les agricultures africaines sont déloyalement concurrencées par nos produits agricoles, vendus moins chers qu'en Europe.

Bien que ça n'ait pas grand-chose à voir avec l'UE, il avait tenu à ce qu'on lui pose une question sur l'audio-visuel public. Avec ses moulinets des bras, ses doigts pointés, ses mouvements nerveux d'épaules et ses coups de mentons, il a dit haut et fort qu'il ne voyait pas de différence entre les télés de service public et  celles du privé. Du coup, de Carolis, à force d'avaler des couleuvres, en a eu un haut-le-cœur et a qualifié cette affirmation de notre Ouf 1er de stupidité ("Lorsqu'on dit qu'il n'y a pas de différences entre la télévision de service public et les télévisions privées, je trouve cela faux, je trouve cela stupide, et je trouve cela profondément injuste").  Aussitôt les pitbulls Lefebvre et Guaino ont été lâchés. Et Guaino n'a pas craint de dévoiler le pot aux roses : faire main basse sur l'audio visuel public avant la fin de l'année.

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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 21:01
"Entre les murs", F. Bégaudeau et le Nel Obs

Bizarre, bizarre : Cannes est déjà loin, la palme d'or d' « Entre les murs », rangée aux rayons des souvenirs glorieux, mais le Nel Obs du 12/06 nous offre, sous la plume de Mme Lancelin, un portrait du « Prof à la palme d'or ». Plutôt à charge. Et, pour compléter le critique cinématographique tacle vicieusement le film.

 

« S'il est une chose qui ne doit rien au hasard pourtant, et tant à l'énergie déployée tous azimuts depuis cinq ans par l'auteur, acteur principal et coscénariste d'«Entre les murs», le film de Laurent Cantet, c'est bien ce sacre cannois. » ne craint pas d'affirmer Mme Lancelin. Chronique d'une palme annoncée ? alors que le film a été ajouté in extremis à la sélection française et qu'avant la proclamation du palmarès, sauf erreur, aucun critique n'avait prévu ce film comme lauréat.

Mais ce qui compte c'est de brosser, de touche en touche, le portrait d'un ambitieux calculateur. Certes, c'est un « polémiste hors pair ». Mais il bénéficie d' « Une exposition maximale à tous les courants d'air d'une branchitude huppée qui n'est pas sans susciter nombre de commentaires rugueux chez ses confrères écrivains. »

Et si l'on n'avait pas vraiment compris, elle cite un ancien et anonyme membre d'une revue co-fondée par Begaudeau qui assène : «Au moins Rastignac était un personnage sombre... Le problème de François, c'est qu'il en a l'arrivisme, sans la négativité. Il est terriblement «en phase» avec l'époque. Au fond, c'est un animateur socioculturel plus qu'un artiste.» Il est évidemment défendu par ses éditeurs : le évidemment qui tue !.

On n'échappe pas à la bien-pensance (elle est là black-blanc-beur, mais elle peut être socialo bobo ou humaniste béatifiante) ? Pour enchaîner sur une mesquine attaque du logorrhéique héraut de la rétro-pensée spécialiste de la crétinerie et qu'elle présente comme l'auteur d'un rude pamphlet contre les fossoyeurs de l'école de la République, alors que son torche-cul fait partie de la sous-littérature catastrophiste. Brighelli, puisque c'est de lui qu'il s'agit, se livre à une de ses attaques ad hominem dont il est un champion.

Après avoir noté dans son œuvre une fascination pour les dispositifs totalitaires, noté aussi que tel Pialat, « François Bégaudeau a aussi dressé un poing rageur, mais plutôt à la manière d'un hooligan victorieux un soir de Ligue des Champions. » Mme Lancelin conclut : «  Et puis il s'est tenu en retrait, ostensiblement* dissimulé par plusieurs rangées de jeunes élèves métissés. Un double jeu* qui ressemble bien au nouveau premier de la classe. »

 

Avec M. Mérigeau, on frise le surréalisme. Il note bien pourtant que « sans attendre d'avoir vu le film, tout le monde se déclare d'accord », mais pour nous expliquer ensuite que le film est tellement bien fait - solidement dialogué, habilement scénarisé, aucune cheville ne fait défaut et quelques clichés bien compris ne manquent pas non plus (le compliment glisse dans la pure vacherie) - que chacun bat des mains.

Soit ce brillant critique n'a pas encore assimilé le principe de non contradiction, soit il veut dire que chacun a raison de l'applaudir (sauf quand même la fine fleur des rétropenseurs) car il est fabriqué pour plaire à tous et chacun l'a pressenti sans même le voir ! 

Pour conclure, le bougre n'y va pas par quatre chemins : « Trop superficiel pour encourir le reproche de démagogie, trop prudent pour prendre parti, voulant trop fédérer pour s'autoriser la nuance, «Entre les murs» en s'ouvrant à tous vents s'offre à toutes les récupérations. C'est dans l'art du commerce une vertu cardinale. »

 

Tout cela est un peu puant. Et qui ressort de la branchitude de ceux qui la jouent critique oblique, pas franche du collier, vicelarde même, pour faire miroiter leur distance hautaine du vulgum pecus !

 

* C'est moi qui souligne

 

Voir aussi :

"Entre les murs" : réactions

Finkielkraut et "Entre les murs"

Entre les murs et les "pédagogues"

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