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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 14:47

racisme-foot-strasbourg

Image reçue par courriel, avec en commentaire : 

 

"HISTOIRE ALSACIENNE

Le Racing Club de Strasbourg est réputé être un "club marqué par une forte identité régionale".

Celui-ci dispose en effet d'un centre de formation" (depuis 1972) dont le budget pour la saison 2010-2011 s’élève à 2,5 millions d'Euros (financé pour 1,5 million d'Euros par les Collectivités Territoriales et pour 1 million par l'entreprise RC Strasbourg).

Qui ose maintenant encore croire que le climat de l'Alsace est plutôt rude et manque cruellement d'ensoleillement ?

A envoyer à tous vos amis alsaciens et ceux qui aiment l'Alsace pour son authenticité, afin qu'ils puissent s'identifier à l'équipe qu'ils se feront un plaisir de soutenir durant cette nouvelle saison 2011-2012.

Un plaisir à consommer sans modération, cela va de soi. Sérieux : la photo n'est pas truquée Vive l'Alsace ! Et vive ses authentiques représentants !"

 

« La photo n'est pas truquée » est-il affirmé. Elle est en tout cas signée de Karim Chergui qui est, de fait, un photographe quasi attitré du RC Strasbourg. On peut donc admettre qu’elle est authentique. Que montre-t-elle ? Dix sportifs noirs qui, vu leurs gabarits et le fait que l’un d’entre eux porte une tenue différente des autres, sont sans doute des fouteux. Ils sont dix donc ce n’est pas une équipe complète. Ils sont implicitement censés être issus du centre de formation du RC Strasbourg (les informations sur le budget de ce centre sont tirées de wikipedia). Or ce centre ne compte pas que dix membres, puisqu’il recrute de 15 à 21 ans. Donc cette photo, (non datée, non légendée) toute non truquée qu’elle puisse être, illustre un pur et délibéré mensonge : elle n’est aucunement représentative du centre de formation. En revanche, elle est parfaitement représentative du racisme de ceux qui ont fabriqué ce message et de ceux qui le relaient.

 

racisme-foot-strasbourg2 

Sans faire de grande recherche, on tombe sur cette photo de membres de ce centre – les 15 ans – en visite à Barcelone.

Comme les maillots sont mélangés, peut-être échangés, difficile de distinguer nos jeunes strasbourgeois des jeunes barcelonais qui les accueillent. Mais, n’en déplaise à nos racistes, ils ne sont pas, comme aurait dit Finkielkraut, black, black, black ! La composition de l’équipe du RC Strasbourg – équipe qui a sombré en CFA2, en principe formée d’amateurs – en 2012, semble assez blancs-blacks-beurs.

racisme-foot-strasbourg-joueurs2012

 

Les remarques climatiques sont niaises : l’anonyme auteur ignore que Strasbourg est, en moyenne, un peu plus ensoleillé que Paris (et bien sûr Brest). Certes l’hiver y est rigoureux, mais cela traduit une vision à la Guaino d’un homme africain, non seulement pas entré dans l’histoire, mais ne pouvant survivre aux rudes hivers alsaciens. Nos braves généraux de la Grande Guerre ne se posaient pas de telles questions quand il s’agissait d’envoyer les braves tirailleurs sénégalais (« y ‘a bon Banania ») dans les tranchées boueuses. Et nos lointains ancêtres venaient d’Afrique ! Quant à cette forte « identité régionale », elle inciterait à franchir sinistrement le fameux point Godwin : s’agirait-il de ne recruter que des grands brachycéphales, blonds, aux yeux clairs, parlant alsacien ? Est-ce que Adel Benchemane, qui vient de Bartenheim, ou Vauvenargues Kéhi, formé au club, participent à l’identité régionale du club de CFA 2 ? Et, ce qui est étonnant de la part de pseudo-républicains qui dénoncent de prétendus communautarismes, est cette exaltation d’une identité régionale.

 

Que Robert X, à l’esprit aussi lourd que sa démarche est pataude, s’esclaffe à grand bruit sur la peu bas-poitevine composition de l’équipe de foute de Luçon (en CFA et non CFA2, elle) n’étonne pas de ce beauf à l’ancienne. Mais là, il ne s’agit pas de propos de zinc, mais d’un racisme aussi gratuit que prosélyte. Et pas l’œuvre d’un personnage qui illustre le fameux adage « le cerveau ne s’use que si l’on ne s’en sert pas ». Les attardés du bulbe, qui ont fabriqué cela, ne sont pas des piliers de bistrot – ou, tout au moins pas à plein temps – puisqu’ils sont à l’affût sur la toile d’images à détourner et d’articles à charcuter pour en extraire des citations aux rapprochements percutants. Et ces petits artisans d’un racisme souterrain sont complaisamment relayés par des bacs+3 ou 4, qui ont mis leurs capacités intellectuelles en berne !

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 15:39

foot nasri-benarfa-menez

Après les blacks, les beurs sont dans le collimateur des grands moralistes que sont les journalistes sportifs appuyés par les de souche, bien beaufs, de tous les zincs ! Pernaut en tête.


« Ils ont encore  souillé le maillot bleu » ne craint pas de titrer Minute. Minute qui justifie, s’il en était besoin, cette recommandation de Desproges « Au lieu de vous emmerder à lire Sartre, achetez Minute : vous aurez Les mains sales et la Nausée ! » Et même Pernaut, le chantre des concours de boudins  en province profonde, y va de son couplet : "Nos joueurs sont partis en vacances, ils doivent être fatigués, c'est vrai. Toute la semaine, on va parler des métiers de l'été, ça leur donnera peut être des idées s'ils veulent changer de métier : marchand de glaces ou loueur de matelas par exemple."


foot Samir-Nasri-Euro-2012 pics 390Qu’a donc fomenté ce Samir Nasri ? Une nouvelle grève ? A-t-il insulté le coche ? ou l’arbitre ? Que nenni ! Après avoir marqué un beau but, il a mis son doigt devant sa bouche, pour inviter au silence un journaliste de L’Equipe. Non content de cela, il aurait invité un autre journaliste, de l’AFP, à pratiquer l’hellénépiphanisation ou, si vous préférez, à se faire socratiser. Certes, par son geste puéril, il a fait oublier que l’équipe de France lui doit l’égalisation face aux britiches. Certes, ce n’est pas bien d’insulter les journalistes… quoique, quand c’est Mélenchon, on l’applaudit. Mais on voit mal en quoi, cela mériterait, excusez du peu, deux ans de suspension de l’équipe de France ?


foot Ben-ArfaBen Arfa, lui, dans le vestiaire, après la défaite peu honorable devant la Suède aurait, tel un Sarkozy en audience papale, tapoté un message sur son téléphone portable au lieu d’écouter son coche. Blanc lui ayant fait une remarque irritée, Ben Arfa lui aurait fait une réponse insolente, du style « Si t’es pas content, t’as qu’à me virer » ! Mais, une fois encore, c’est du témoignage de seconde main, car ni Blanc, ni le blanc-bec n’ont donné leur version des faits.


foot menezMénez, qui, pour avoir joué en Italie, connaît la langue de Dante, à peine entré sur le terrain, invita l’arbitre italien à pratiquer la sodomie passive. Arbitre indulgent, puisqu’il ne lui infligea qu’un carton jaune. Puis il s’alpaga avec son capitaine Lloris qui lui reprochait de ne pas prendre sa part du travail défensif (alors qu’il entrait, tout frais, en cours de partie). Mais Lloris, en bon camarde, le disculpe dans un entretien dans L’Equipe.


Faut-il parler de M’Vila qui n’est pas le premier et qui ne sera pas le dernier à sortir fâché du terrain sans saluer son remplaçant ni l’entraîneur ? Mouvement d’humeur dont il s’est excusé.


Ne pourrait-on avec Stéphane Beaud s’interroger aussi sur le comportement des journalistes sportifs ? et le rôle plus qu’ambigu que joue L’Equipe ? Que penser d’un Riolo, journaliste à RMC qui touitte, sur le geste de Nasri après son but : « La mentalité racaille domine dans ce pays… C comme ça et nulle part ailleurs ». Si le geste était débile, le commentaire l’est encore plus, puisque le journaliste confond la pelouse d’un terrain de foute avec le « pays » entier et veut ignorer, outre les frasques des hooligans anglais et maintenant russes (qui feraient passer les membres de l’ex « kop de Boulogne » pour de gentils supporters), que bien d’autres joueurs d’autres pays ont un comportement d’ados attardés. Ainsi, en Italie Cassano est pire que Nasri, si l’on en croit V. Dhorasoo. Mais surtout, pour pourrir un climat, on peut compter sur L’Equipe, qui répercute tous les bruits de ch….., pardon de vestiaires, en les grossissant, jusqu’à en faire cinq colonnes à la une ! Et, malgré donc ces informations croustillantes, qui laissent penser qu’il dispose de sources au sein de l’équipe et/ou du staff, ce journal est incapable de se livrer à une vraie enquête sur la fameuse grève d’il y a deux ans ou sur la dégradation possible du climat entre joueurs et/ou le manque d’autorité supposé de Blanc.


Et en arrière-plan, Minute le démontre, le racisme. Samir Nasri est un minot de Marseille, né donc en France, de parents Français : il est de la 3e génération. Ben Arfa est né à Clamart. Les deux sont des purs produits de nos centres de formation. Ben Arfa a même été à l’INF de Clairefontaine. Il a refusé une tentative de débauchage de Lemerre – l'ex successeur d’Aimé Jacquet ! - d’intégrer l’équipe de Tunisie. Avec Menez, justement, et Benzéma, Nasri et Ben Arfa ont fait les beaux jours des sélections jeunes. Quant à Jérémy Ménez, les « gaulois » doivent bien reconnaître qu’il est des leurs, ce natif de Longjumeau, formé à Sochaux. Aucun d’eux, sauf erreur, n’a participé au naufrage d’Afrique du Sud.  Et si leur comportement a laissé à désirer – là et là seulement on entre dans ce qui devrait être le seul objet d’éventuels ressentimenst, car c’est leur boulot de fouteux sélectionnés qu’ils auraient saboté – lors de l’échauffement, le petit Martin aurait fait pire encore en visant une caméra espagnole d’un ballon rippé !


Il ne manque plus que le commentaire du grand philosophe Alain Finkielkraut pour évoquer la division ethnique comme en 2010 où il avait oublié que le nègre du communiqué des joueurs était l’avocat de Jérémy Toulalan, souchiais, né à Nantes et formé au FC Nantes.  

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 18:22

Un mystérieux collectif de citoyens (associations familiales, enseignants, historiens, ingénieurs, étudiants…) lance une pétition contre la « théorie du gender » (sic) en assurant aux signataires Votre nom n’apparaitra pas sur la pétition.

Anti-genre-petition 

 

Cette pétition, que dis-je cet ultimatum, adressé à Nicolas Sarkozy et visant le « ministre irresponsable » (Luc Chatel qui, avec X. Bertrand, rivalise de courtisanerie), sera donc déposée par un collectif sans nom avec des milliers de signatures … sans noms !

Une personne – une seule – affiche un  nom dans la diffusion de cet « appel », une certaine Isabelle Marcaurd, sauf qu’une recherche ne fait apparaître cette dame (?) qu’à propos de cette pétition.

 

Ce nouvel avatar de la lutte obscurantiste s’inscrit dans celle des évêques et de la droite populiste UMP.

Le texte même est d’une grande niaiserie.  Cette théorie, dite du « genre » est sans aucun fondement scientifique : vous pensez, l’anonyme collectif, avec ses associations familiales et ses historiens inconnus, est compétente pour décerner un brevet de scientificité* ! Et plutôt que de mettre de telles horreurs au programme « ne serait-il d’ailleurs pas plus utile, pour les élèves, de savoir lire, écrire et compter ? » Rappelons que cette petite partie du programme de SVT n’est pas pour les élèves de CP et CE1, mais pour ceux de 1ère L et ES qui, comme chacun sait, ne savent ni lire ni écrire. Il n’est pas sûr que Finkielkraut ou J. Julliard oseraient aller jusque là… quoique…

 

Cependant, avec un sens du compromis qui les honore, nos anonymes admettraient que cette fraction de programme ne soit pas censurée sous réserve que le Ministre ne refuse plus « de s’engager à ce que ce sujet ne puisse pas tomber au baccalauréat ». C’est aussi ce qu’exigent les représentants de l’enseignement confessionnel. Une des revendications du Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique est la sortie du cadre national des programmes "Ce qui compte ce n'est pas le respect des programmes mais la progression des élèves et la réussite aux examens" (E. de Labarre). Mais comment assurer la réussite aux examens sans respecter les programmes : simple, on exige que les parties squeezées ne sortent pas au Brevet ou au bac. 

 

Les signataires feraient quand même bien de se méfier de la phrase qui suit celle où on leur promet l’anonymat. « Vos coordonnées ne seront pas transmises à des tiers. » Elles seront cependant en possession d’un « collectif » sans autres coordonnées que un-ministre-irresponsable et aux composantes inconnues. Il y a comme un risque que, sous l’excellent prétexte de prévenir les signataires anonymes de la suite de cette campagne, un courriel ne les invite à cracher au bassinet pour permettre au collectif d’amplifier son action. Dans ce style-là, ils ont de qui s’inspirer. 

 

* Pour appuyer leur thèse les anonymes font état d’un sondage IFOP dans lequel une majorité des sondés dénierait une valeur scientifique aux études de « genre ». Ce type de sondage est à l’évidence une pure foutaise. Il donne une opinion majoritaire peut-être, mais pas un jugement rationnel.

 

 

N.B. Sur les études de genre la MGEN a fait un bon article avec une bibliographie.

Voir aussi le Programme PRESAGE (Programme de Recherche et d’Enseignement de Savoirs sur le Genre), MAGE (Marché du travail et genre) CNRS et Paris Descartes, Centre Louise Labé (Université Lumière de Lyon), Fédération des recherches sur le genre, RING (Université Paris 8), Portail Genre (Université de Toulouse 2), Genre, sciences et sociétés-CEDREF (Université Paris Diderot - Paris 7), Association de Jeunes Chercheuses et Chercheurs en Études Féministes, Genre et Sexualités EFiGiES (url tirés de la revue papier de la MGEN qui, bizarrement, ne les reproduit pas sur son site). Voir encore un article sur le livre de Lise Eliot Cerveau rose, cerveau bleu.

La revue Sciences humaines consacre son n° 23 de mars 2012 aux Identités sexuelles.

 

 

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 14:21

« C'est ensuite que paraît la triste cohorte des pédagogos et des éducateurs marrons, qui ont anathématisé la dictée, le plus beau et le plus intelligent des exercices, dégoûté les jeunes de la lecture en substituant à Victor Hugo des notices pharmaceutiques, et ravalé l'orthographe au rang de bimbeloterie inutile. Alors, étonnez-vous qu'en bout de chaîne on trouve le pré-ado du 9-3 qui envoie pour toute déclaration d'amour à sa nouvelle petite amie un «Je T'M» en texto ! » (Nel Obs 7/X/10)

 

Eh oui ! c’est maladif chez le chroniqueur perpétuel (à quand l’Académie ?) du Nel Obs, comme un réflexe pavlovien, il ne peut s’empêcher de finkielkrautter. Là, le réverbère prétexte à cette déjection est la défense de la langue française humiliée, ridiculisée, violée à chaque carrefour.

 

Quand je pense que j’ai côtoyé – et admiré – ce type, tous les lundis, à la commission exécutive du sgen-CFDT ; ce type qui, à l’époque, (fin des années 70) était membre du bureau de la CFDT !

 

elogedespedagogues  Il y a quelque temps, il fut censé piloter un colloque sur l’éducation, organisé par le Nel Obs, colloque dont d’ailleurs, à part une chronique sans substance du pilote, l’hebdomadaire, sauf erreur, n’a donné aucun écho. Parmi les intervenants, il y avait un certain Antoine Prost. Que ne relit-il son « Eloge des pédagogues », avant de commettre son infâme « pédagogos » digne d’un Brighelli ?

 

S’il n’y avait, justement, des Antoine Prost, l’ex-camarade Julliard finirait par nous convaincre que « la vieillesse est un naufrage » !

 

 

 

 

 

 

 

 

Un des contributeurs du déblog notes m'envoie un complément  :

 

Parmi tous ces criminels qui ont assassiné notre belle langue, je tiens à ajouter un certain Raymond Queneau dont le DOUKIPUDONKTAN ouvre l'infâme torchon Zazie dans le métro. Mais n'oublions pas le grand Victor (Hugo pour les intimes) qui n'hésita pas à écrire KEKSEKSA dans les Misérables, il est vrai que l'expression fut mise dans la bouche de ce sauvageon de Gavroche, un ancêtre de la racaille du 9.3.


Soyons sans pitié, virons Queneau et Hugo de nos manuels. N'a-t-on pas pour les remplacer avantageusement Sully Prudhomme (prix Nobel s'il vous plaît) René Bazin (l'oncle pas le neveu ce dégénéré qui insulta la famille avec une vipère au poing) Daniel Rops qui écrivit pour les petits nenfants une vie du petit Jésus (non pas celui qu'il fallait bien nettoyer quand on passait sous le tub).


Enfin n'oublions pas Henry Bordeaux, Alphonse de Chateaubriant, Paul Bourget dont il faudra bien relire les plus belles pages pour en faire de splendides dictées.


Y. S.

 

 

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 18:02

 

chagrindecole

Un peu comme le cancre, en état d’hébétude devant sa fraction, je traîne depuis des mois  le projet de rendre compte de deux livres essentiels – Chagrin d’école et Composition française – projet très velléitaire. Toujours remettre au surlendemain, ce que je projetais de faire l’avant-veille. Mme Ozouf ne m’en voudra certainement pas si j’essaie de surmonter mon aboulie en m’attaquant d’abord au Prix Renaudot 2007.

 

Et c’est justement le choix de l’angle d’attaque qui me bloquait.

 

Ma pente polémiste me pousserait à clamer : voilà un livre qui nous change des diatribes de Finkielkraut* ou de Julliard sur les pédagogues, l’un ne connaissant de l’école que la Polytechnique, où il enseigne d’ailleurs une matière récréative, et l’autre de collège que le Collège de France ! Tandis que Daniel Pennac, lui, il a enseigné en collège ou lycée pendant plus d’un quart de siècle et il continue de se confronter avec des élèves d’établissements de banlieue dans des rencontres sur son œuvre.

 

chagrin-ecfole-poche  Autre angle, rebondir sur un fait divers, pour démarrer par une belle citation, toujours d’actualité, quand le ministre, malgré des assises sur la violence à l’école aux conclusions riches et nuancées, se cantonne dans des proclamations de « tolérance zéro ».

« Il n’est pas surprenant que la violence physique augmente avec la paupérisation, le confinement, le chômage, les tentations de la société de satiété, mais qu’un garçon de quinze ans prémédite de poignarder son professeur – et le fasse ! – reste un acte pathologiquement singulier. En faire, à grand renfort de unes et de reportages télévisés, le symbole d’une jeunesse donnée, dans un lieu précis (la classe de banlieue), c’est faire passer cette jeunesse pour un nid d’assassins et l’école pour un foyer criminogène ». Et encore « je refuse d’assimiler [aux] images de violence extrême tous les adolescents de tous les quartiers en péril, et surtout, surtout, je hais cette peur du pauvre que ce genre de propagande attise à chaque nouvelle période électorale. Honte à ceux qui font de la jeunesse la plus délaissée un objet fantasmatique de terreur nationale ! Ils sont la lie d’une société sans honneur qui a perdu jusqu’au sentiment même de paternité. »

 

La tentation de faire du détournement de compte rendu pour se raconter est grande aussi. Ainsi quand il évoque ce professeur de sciences naturelles. « Se plaignant de ce que la moyenne générale de “cette classe” n’excédât pas les 3,5/20, il avait commis l’imprudence de nous en demander la raison. […] J’ai levé un index poli et suggéré deux explications possibles : ou notre classe constituait une monstruosité statistique (32 élèves qui ne pouvait dépasser une moyenne de 3,5/20…) ou ce résultat famélique sanctionnait la qualité de l’enseignement dispensé. » Comment ne pas conter ce conseil de classe de 5e, où le chef d’établissement, tablo-graphomaniaque que j’étais, projetait les résultats des devoirs communs. La classe concernée avait une moyenne en math significativement plus basse que les trois autres. Le prof de maths – un agrégé – de prendre à partie les délégués des élèves en reprochant à la classe sa faiblesse. Je lui fis remarquer que dans les autres matières de ce contrôle commun, les résultats étaient très, très proches des autres 5e et même un poil supérieurs. S’il se tut, je ne suis toujours pas persuadé qu’il ait compris que ce n’était pas la classe à mettre en cause, mais son propre enseignement.

 

Le cancre étalon

Mais finalement, puisque ce beau métier, professeur, va être le seul où aucune formation professionnelle ne sera dispensée, comment ne pas recommander sa lecture** à tous ces futurs enseignants lancés dans le bain sans aucun rudiment de nage. Tant pis pour ceux qui se noient.

Les éléments autobiographiques, qui forment la trame du livre, leur feront découvrir le « cancre » qu’ils n’ont pas été. Car ce livre raconte « la douleur partagée du cancre, des parents et des professeurs, l’interaction de ces chagrins d’école ».

chagrin-d-ecole-1

Aucune fatalité sociologique :

« Non seulement mes antécédents m’interdisaient toute cancrerie mais, dernier représentant d’une lignée de plus en plus diplômée, j’étais socialement programmé pour devenir le fleuron de la famille. » Père polytechnicien, mère au foyer, trois frères ayant tous connus la réussite scolaire « j’étais un cas d’espèce. [ ] J’étais un objet de stupeur, et de stupeur constante car les années passaient sans apporter la moindre amélioration à mon état d’hébétude scolaire. [ ] j’étais un mauvais élève. [ ] mes carnets disaient la réprobation de mes maîtres, [ ] dernier de la classe [ ] je rapportais à la maison des résultats pitoyables que ne rachetaient ni la musique, ni le sport, ni d’ailleurs aucune activité parascolaire. »

« Un cancre sans fondement historique, sans raison sociologique, sans désamour : un cancre en soi. Un cancre étalon. »

 

Daniel-Pennac.jpg  Ce cancre étalon, malgré la gaieté qu’il affichait, souffrait. « L’avenir, c’est moi en pire, voilà en gros ce que je traduisais quand  mes professeurs m’affirmaient que je ne deviendrais rien. » « L’image de la poubelle, tout compte fait, convient assez à ce sentiment de déchet que ressent l’élève perdu pour l’école. »

 

Pennac décrit bien ceux qui l’ont sorti de la poubelle.

« Ils accompagnaient nos efforts pas à pas, se réjouissaient de nos progrès, ne s’impatientaient pas de nos lenteurs, ne considéraient jamais nos échecs comme une injure personnelle et se montraient d’une exigence d’autant plus rigoureuse qu’elle était fondée sur la qualité, la constance et la générosité de leur propre travail. [ ] L’image du geste qui sauve de la noyade [ ] est la première qui me vient quand je pense à eux. En leur présence – en leur matière – je naissais à moi-même ».

« Ce n’était pas seulement leur savoir que ces professeurs partageaient avec nous, c’était le désir même du savoir ! Et c’est le goût de sa transmission qu’ils me communiquèrent. Du coup, nous allions à leurs cours la faim au ventre. Je ne dirais pas que nous nous sentions aimés par eux, mais considérés, à coup sûr « respectés », dirait la jeunesse d’aujourd’hui. »

En ces lignes – toujours la tentation de se conter – je retrouve un François Lebrun, professeur d’Histoire avec les M’ – classe poubelle – que nous étions, les équipes de Gasny bien sûr, Coincoin et Mme Foldingue, les cousins matheux, et combien d’autres, tous pétris de leur matière et de leurs élèves !

 

Nos néophytes, qui, pour la plupart, deviennent prof du secondaire par passion de leur « matière » ne pourront qu’être rassurés.

« Ma conviction m’est restée qu’il fallait parler aux élèves le seul langage de la matière que je leur enseignais. Malheureux à l’école ? Peut-être. Chahuté par la vie ? Certains, oui. Mais à mes yeux, faits de mots, tous autant que vous êtes, tissés de grammaire, remplis de discours, mêmes les plus silencieux ou les moins armés en vocabulaire, hantés par vos représentations du monde, pleins de littérature en somme, chacun d’entre vous, je vous prie de me croire. »

 

Mais, arrivera-t-il à convaincre que « La sagesse pédagogique devrait nous représenter le cancre comme l’élève le plus normal qui soit : celui qui justifie pleinement la fonction de professeur puisque nous avons tout à lui apprendre, à commencer par la nécessité même d’apprendre ! »

 

Vous le constatez, je n’ai pas l’art du compte rendu auquel vous a habitué celle qui tient la rubrique MLF où je joue le coucou. Car, malgré l’abondance des citations, j’ai négligé la plus grande part de la richesse de cet essai autobiographique. Une plume qui fait que ce livre se lit « Comme un roman ».

 

Daniel Pennac Chagrin d’école 2007 Gallimard Collection Blanche et en poche « folio »

 

Pour compléter, une lecture de l'auteur :

http://www.telerama.fr/livre/20939-daniel_pennac_lit_un_extrait_de_cancre_ecole.php

  et une excellente présentation du livre avec un entretien avec l'auteur :

 

 

 

* Pennac consacre les pages 205 à 214 (collection Blanche) à une réaction typique de Finkielkraut. 

  

elogedespedagogues

** Et puisque je joue, sans légitimité aucune, le donneur de conseils, la deuxième lecture que je leur recommande est Éloge des pédagogues, d’Antoine Prost (Le Seuil, Points Actuels)

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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 21:10

Jacques-Julliard-

Dans sa dernière chronique du Nel Obs, le camarade Julliard, sous un titre d’une finesse d’esprit remarquable (« La curée contre les curés ») s’adonne à un de ses sports favoris : l’imprécation.

 

« Je fus éveillé l'autre matin, sur une chaîne du service public

Laquelle ?

par l'un de ces humoristes qui ? que l'on rencontre désormais à tous les carrefours de l'information

Ah bon à combien de carrefours, combien de temps ? sur France-Inter un seul chaque jour, 4 mn -

comme si celle-ci était réputée à ce point indigeste qu'il faudrait toujours quelque condiment pour la faire passer. Le sujet était le pape. Après quelques plaisanteries d'un goût exquis (si Jésus, aux noces de Cana, a transformé l'eau en vin, c'est qu'il avait oublié de passer chez Nicolas... - oui, oui !

mais qui a donc dit cela ?

la voix se fit plus grave : les religions sont facteurs de violence ; c'est à elles que l'on doit ces attentats aveugles qui endeuillent notre monde. Comme le seul sujet traité était le christianisme, il était clair que c'était lui et lui seul qui était responsable de toutes ces bombes que la malveillance attribue aux islamistes

on remarquera l’honnêteté intellectuelle : l’anonyme humoriste aurait démarré sur le christianisme pour conclure, de l’aveu même de notre chroniqueur, sur les religions, ce qui n'implique donc pas qu'il attribue au christianisme les attentats islamistes.

Courageux, ces « humoristes » ! Pour un Plantu, combien de chacals ! Comme dit Alain Finkielkraut : « Ils ne réclament pas la liberté mais l'impunité..., ils ne narguent pas la police de la pensée, ils la font..., ce Finkyblague.jpgsont les inquisiteurs du nouvel ordre moral» (« Causeur », avril 2010).

Remarquable citation de cet humoriste, prétendument philosophe (il est prof de philo à Polytechnique où la matière doit être récréative) immortel auteur de la saillie sur l’équipe de France de foot victorieuse de la coupe du monde « Black, black, black ». Qui de mieux qualifié pour fustiger les « inquisiteurs du nouvel ordre moral » ?

Ces gens-là sont la fiente de l'esprit. Dire qu'ils se réclament de Pierre Desproges ! Ils ne moralisent pas, ils lynchent. Ils ne commentent pas, ils travestissent. Ils n'imitent pas, ils dénaturent. Ils n'amusent pas, ils avilissent. Et pas seulement leurs victimes. Après les avoir entendus**, c'est chacun qui se sent avili. »

 

 

Après avoir écrit cela, on comprend que J. Julliard se sente avili par sa propre prose.

 

Elle mérite cependant qu’on y revienne. Procédé habituel : mettre en procès un anonyme adversaire ; dans le genre finkielkrautte ce seront les pédagogogues. Ici, ce sont ces gens-là ! Est-ce Guillon, cible de Besson ? Porte ? Morin ? Morel ? ou Bigard ? Nul ne le saura, mais tous seront amalgamés dans l’opprobre !

 

Mais ce n’est pas fini. Ne reculant devant rien, l’imprécateur élargi son champ d’action :

« De l'anticlérical de toujours jusqu'au bouffe-curés de sacristie, genre « Golias », en passant par ce pauvre Hans Küng qui croit que l'on se débarrasse de la pédophilie par le mariage, c'est l'hallali. Le pape est comme une bête à terre, saoulée de coups, qui n'a plus guère la force de réagir quand on lui tape dessus, et sur laquelle les passants, comme dans un lynchage de banlieue, viennent en rajouter quelques-uns. »

Golias revue catho pas assez orthodoxe, Hans Kung, théologien rebelle, sont descendus plus vite qu’un Besson, par Guillon. Et dans l’hyperbole, le chroniqueur ne craint personne : hallali, bête (!) à terre, lynchage de banlieue… ça frise les propos de comptoirs !

 

Ce qui est comique, c’est que le vitupérant Julliard, après s’être livré à ces inutiles imprécations, les deux tiers de sa chronique, aboutit à une conclusion que ne désavouerait pas Golias.

 

Ce qui est encore plus drôle, pour un agnostique ou un athée, c’est que Julliard, Kung et les membres de Golias sont censés tous appartenir à une douce religion qui proclame « Aimez-vous les uns les autres » !

C’est de l’amour vache !

 

* Du pur Finkielkraut d'abord un "ils" anonyme, ensuite un procédé rhétorique assez usé qui sert à écrire des niaiseries : liberté vs impunité ; ensuite ça devient franchement cocasse, avec la police de la pensée et les inquisiteurs de l'ordre moral : comme d'habitude des affirmations aussi grandiloquentes que grotesques qui ne reposent sur rien et proférées par un Monsieur qui condamne à tout va, tel site - qu'il n'a pas regardé (Arrêt sur images) - tel film qu'il n'a pas vu (Entre les murs), par exemple...

 

** Notons au passage le masochisme du chroniqueur que personne n'obligeait à écouter jusqu'au bout le spécimen de "ces gens-là" qui...

 

PS Un petit coup d'oeil sur gogol m'a fait découvrir des infamies sur Jacques Julliard - par exemple, un article d'Agoravox avec des commentaires débiles, style Julliard un "fanatique du TCE" : et oui, ne vous en déplaise MM les nonistes, on peut être viscéralement attaché à une union européenne que, déjà, Aristide Briand appelait de ses voeux et essayait de construire - et m'amène donc à préciser que le cédétiste que je suis, le social-démocrate (qui sous la plume des "coucous" sera qualifié au mieux de social-libéral ou plutôt de social-traître) que je suis aussi, est beaucoup, beaucoup plus proche de Jacques Julliard sur ce plan, que des éternels donneurs de leçons de l'extrème-gauche (?).

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 17:11

Denis Tillinac, grand écrivain corrézien, ami de Chirac, après avoir défendu les époux Tiberi, victimes comme chacun sait d’un « lynchage médiatique », se fait l’avocat de Zemmour, bien sûr contre « les matons cinglés d’un Meilleur des mondes néo bobo ».

 

Mais qui sait que ce membre éminent de l’école de Brive – une école littéraire à classe unique car elle ne compte que trois membres – fut une véritable racaille ! Cancre il est renvoyé de sept établissements, catholiques et laïcs. Il crève les pneus du scooter d’un professeur de dessin… Plus tard, à Sciences-Po Bordeaux, un couteau à cran d’arrêt dans la poche de son blouson en cuir, il finit une nuit sur trois au commissariat, écrit, sans rire, VSD dans un portrait bidonné de ce voyou !

 

Dtillinacrossignol

C’est du coup Le Figaro qui nous révèle, qu’à propos des déclarations du pape sur le préservatif, il a clamé : «ll a raison. Jamais je n'enfilerai ce truc-là. Je préfère encore me taper un rossignol.» Plutôt que de branler les mouches avec un gant de boxe, occupation favorite des intellectuels de gôche, c’est bien connu, lui préfère sodomiser les rossignols. Et la flicaille bobo de le traiter de fieffé réac quand, toujours d’après Le Figaro, il affirme, à propos de chercheurs en grève «Je ne peux plus supporter ces petits connards du CNRS qui font des études sur la sexualité des papillons dans le Bas Congo avec notre pognon et qui ont l'arrogance de venir nous donner des leçons.» Il est vrai qu’il confesse : «Je ne comprends rien à la politique. Je ne regarde jamais la télévision, je n'écoute jamais la radio et je lis le journal à peine une fois par semaine

 

zemmour2Or donc, le gaillard de Brive part en guerre : « Il faut défendre Eric Zemmour pour que les mots renouent avec un sens, contre les faux bergers du puritanisme qui crient au loup pour néantiser l’autre. » Défendant au passage Frèche et Longuet – et Hortefeux, quoi, il sent pas bon, l’auvergnat ? – il va s’en prendre à la police langagière qui, tenons-nous bien, ne lésine pas avec les rafles ; à un Big Brother invisible qui lâche ses fatwas médiatiques ; à une curée digne de l’Inquisition.  Tous les poncifs les plus éculés (pléonasme) ont rendez-vous dans la prose de l’imprécateur. Et l’immortel auteur de Chirac le gaulois ne craint pas le gigantesque amalgame, en glissant même une vacherie à l’encontre de son ex-idole : « le « Gaulois », comme disent les jeunes des cités […], est sommé de se tenir à carreau. Préfère-t-il Mozart au rap, Giotto aux tags et le baroque aux arts premiers, on suspecte la morgue de l’Occidental ; on croit apercevoir l’ombre portée de l’esclavagiste, du colonialiste, et caetera. » On comprend que cette diatribe enchante les identitaires souchiais. (tiré de Marianne 2, ce texte a été repris par de faux-laïques que la xénophobie transforme en souteneurs du papophile corrézien aux moeurs zoophiles).

 

Ce qui est passionnant dans ce texte, qui vire après dans un délire que l’auteur lui-même serait bien en peine de déchiffrer (où de grands mots démonologie, nihilisme, doxa masquent le vide de la pensée), c’est d’abord qu’il ne cite pas les propos précis de Zemmour. Ensuite que ces affreux bobos restent totalement anonymes et qu’à vrai dire l’aigle du Mont Bessou serait bien en peine de citer des écrits précis pour étayer ses accusations. C’est la méthode Finkielkraut : on se fabrique un ennemi caricatural (les pédagogogues, chers aussi à Julliard) qu’on aura aucune peine à vaincre en lui prêtant des positions caricaturales. Enfin, si l’insulte fleurit, l’argument manque.

 

Rappelons que M. Zemmour est censé écrire au Figaro (même si les mauvaises langues prétendent qu’il y serait payé à ne rien faire), au Figaro Magazine et au Spectacle du Monde, sans compter quelques piges diverses, il cause dans le poste (RTL), il chronique dans les étranges lucarnes (I-télé), joue les roquets agressifs chez Ruquier (FR2), il est invité sur d’autres plateaux (chez Ardisson, par exemple) et publie des libelles. Comme martyr de la liberté d’expression, on ne peut mieux choisir.

 

Il a justifié donc les contrôles d’identité au faciès par le fait qu’une grande majorité de trafiquants seraient noirs ou arabes. Tillinac autorise-t-il à dire que, si les contrôles d’identité permettent de coincer des sans-papiers (donc de faire du chiffre), ils ne peuvent déceler un trafiquant, il y faut au moins une fouille. Peut-on ajouter que si on recherche les dealers, dans de grandes opérations de ratissage, que dans les quartiers-ghettos, on a toutes les chances de les trouver dans la population de ces ghettos ? Beigbeder et ses semblables ne vont pas s’approvisionner en cocaïne au pied des tours de Tremblay-en-France, pourtant la drogue circule dans les beaux quartiers et pas seulement de la Rive gauche.

 

Et si les affaires de pédophilie familiale, à quelques exceptions près, concernent très majoritairement une population « de souche », comme disent nos identitaires, plutôt victime du chômage et de l’alcoolisme, c’est peut-être parce que, dans les milieux plus huppés, comme dans les familles immigrées, la loi du silence est encore très pesante. Loi du silence qui a longtemps profité au clergé.

 

B16TillinacMais là on tombe sur un autre cheval de bataille de notre spadassin de Tulle, la défense du pape. « Je crois que l’on s’en prend à ce pape parce qu’il est un intellectuel et parce qu’il avance une analyse critique et radicale de la modernité. De BHL à Onfray en passant par Finkielkraut, aucun n’y résiste. Benoît XVI est le seul vrai rebelle de la modernité(sic). C’est cela que l’on tente de lui faire payer. Et en particulier un certain système médiatique qui a trouvé toutes les indulgences à Roman Polanski, qui a été condamné pour pédophilie, ou à Frédéric Mitterrand, qui en a fait l’apologie dans un livre. Il y a enfin, et particulièrement en France, un vieil anticléricalisme qui ne demande qu’à prospérer sur de telles polémiques. » La sainte cause autorise même le mensonge : Roman Polanski n’a pas été condamné – il a quitté les Etats-Unis avant la conclusion des audiences menées par un juge, estimé déloyal y compris par la partie adverse – et n’était pas inculpé de pédophilie.

 

Il a donc co-signé un texte*, avec, entre autres un certain Vanneste, député homophobe déclaré – mais ce n’est pas cela qui va le choquer – où dans un jeu plus qu’usé on tente de faire passer pour victimes ceux qui ont longtemps jeté un voile complice sur les coupables.

 

Tibéri, Zemmour, Benoît XVI… je serais pape que ça m’inquièterait d’avoir un tel avocat.

 

* Luc Chatel, pas le ministre, le patron de Témoignage chrétien s'insurge également contre les termes employés par l'Appel à la Vérité, qui minimise, selon lui, le rôle de l'église. "En devenant bourreaux, des prêtres n'ont pas été seulement sources « d'offenses portées au Christ ». Et en les couvrant, des membres de la hiérarchie catholique ne se sont pas limités à de simples « dysfonctionnements » ou « manquements », selon les mots employés par l'appel à la Vérité. L'église aurait dû se placer, selon lui, du côté des "victimes." "Plutôt que de se lamenter sur les assauts extérieurs qui maltraitent l'Eglise et son pape, (...) certains catholiques feraient mieux de se recueillir et de méditer sur les raisons d'un tel renversement de son message et de sa mission, qui l'a amenée à protéger des bourreaux, condamnant des victimes innocentes à une double peine: le crime et le silence."

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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 21:24

  Le seul souvenir que j’avais de Madonna, ou plutôt de sa culotte, remontait à 1987.

En effet, Jacques Chirac, à l’époque 1er ministre, avait reçu cette chanteuse à l’hôtel de ville de Paris (ce qui avait déclenché les imprécations de Finkielkraut – et oui, il sévissait déjà – qui dénonçait dans El Pais la pipolisation de la vie politique).

La légende veut que dans le concert qui suivit, Madonna, devant les 130 000 spectateurs, ait, comme à l'accoutumée, jeté sa culotte (en fait un boxer en résille passé par-dessus une sorte de corset, sur lequel était écrit Kiss) et que ce serait Chirac qui l’aurait attrapée !

 

Mais, coup sur coup, je lis des échos de cette Madonna dont, je dois l’avouer, je ne connais pratiquement rien de ses œuvres. Le Monde 2 d’abord, qui clôt une série d’articles sur les années 80, par une évocation de la dame.

Le Monde tout court, qui, le 29 août titre Madonna et les Roms hués à Bucarest.

« Ce devait être le concert de l'année en Roumanie. Mercredi 26 août, plus de 60 000 Roumains se sont bousculés pour voir Madonna, venue donner un concert à Bucarest, vingt ans après la chute du régime communiste. Mais le rêve a tourné au vinaigre lorsque la star a fait monter sur scène le Kolpakov Trio, un groupe de musiciens roms. "Hello Romania !, a-t-elle lancé au public au milieu du concert. Il y a beaucoup de cas de discrimination en Europe de l'Est, et cela m'attriste profondément. Notre foi est la tolérance envers les Roms, les homosexuels et les gens qui affichent leurs différences. Ils doivent tous être traités de la même manière, ne l'oubliez pas." Une partie du public a aussitôt hué la star. "Nom de Dieu" aurait réagi la chanteuse en entendant cette bronca.

L'association de défense des Roms a salué l'intervention de la star. "Son message est un pas en avant dans la lutte pour la promotion de l'égalité des personnes, sans égard pour leur race, leur ethnie, ou leur appartenance religieuse et sexuelle", a indiqué l'association dans un communiqué.

 

  Mes fouilles curieuses m’ont fait découvrir une Louise Ciccione, d’origine italienne, vraie brune, pas encore body-buildée, à la touffe sauvage. En effet, pour arrondir ses revenus d’apprentie danseuse, elle pose nue, en particulier pour Martin H. M. Schreiber, dans le cadre d’un cours de photographie sur le nu. La série avec un chat est assez étonnante, avec l’espèce de bas de survêt assez informe et très inélégant. Son visage de face est presque poupin. La mode n’est pas encore de réduire la toison à un ticket de métro. La dernière photo du petit montage (voir en fichier plus bas) – qui est de Lee Friandlander – évoque nettement L’origine du monde de Courbet.

Voir aussi des photos d'Herman Kulkens en 1977.

Devenue archi blonde, elle n’hésitera pas à poser pour des photos sulfureuses, telle celle, où, sur les genoux d’un vieux que l’on ne peut que supposer libidineux, elle porte une sorte de slip d’homme lui aussi informe.

Elle se prêtera à l’objectif de Bettina Rheims, qui la fera poser dans ces décors de chambre d’hôtel défraîchie qu’elle affectionne.

 

Cette adepte du Kabbalisme donne également dans le style « cuir », proche de l’arsenal sado-maso.

Enfin, les papparazzi se délectent de la saisir, avec une compagne noire, mais sous la protection de gardes du corps, s’adonnant au plaisir du nudisme sur une plage de Miami. 

En fait une séquence d'images de Steven Meisel
En fait une séquence d'images de Steven Meisel
En fait une séquence d'images de Steven Meisel

En fait une séquence d'images de Steven Meisel

La culotte de Madonna
La culotte de Madonna
La culotte de Madonna

Madonna : montage vidéo

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Pub pour Vuitton
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A la manière de Marilyn
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La culotte de Madonna
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24 septembre 2008 3 24 /09 /septembre /2008 17:01

Puis-je avouer que la critique de Philippe Meirieu sur le film « Entre les murs » m'a paru un peu dogmatique ?

Certes, j'entends bien qu'il veut éviter l'amalgame entre le professeur toujours sur le fil du rasoir et les pédagogues vilipendés par Finkielkraut et la clique des rétropenseurs. Mais faut-il oublier qu'il s'agit d'un film de fiction et non d'un documentaire ? Que les personnages sont des acteurs (même si, comme on dit, ils jouent leur propre rôle, mais les élèves réels sont devenus les acteurs d'une classe fictive et François Marin est joué par François Begaudeau, coscénariste de son livre) ?

 

« Jamais je n'ai pu imaginer qu'un spectateur puisse penser qu'une telle densité d'événements arrive dans les cinq minutes que dure une séquence » dit Laurent Cantet, réalisateur, qui ajoute « À propos de la fonction de l'école de transmettre des connaissances, en tant que réalisateur, ce n'est pas ce qui m'a intéressé. » Dans cette confrontation avec deux professeurs (Libé 22/IX/08), il répond ainsi à l'une des deux qui déplorait que, dans le film, « la transmission du savoir et toutes les problématiques qui y sont liées - pourtant la grande affaire de l'école - » soient évacuées.

 

Le malentendu est flagrant. Même si le 2e professeur note lui qu'on voit les élèves travailler, que l'exercice de conjugaison n'arrive pas comme un cheveu sur la soupe, Cantet recherchait « ces moments où la parole s'échappe,  où, d'un seul coup, on va apprendre quelque chose, mais questionner le fait même d'apprendre ».

 

On peut disputer sur le fait que ces moments soient ceux « où la classe se transforme en école de démocratie ». Mais pas de savoir, si le prof du film « a un cours structuré, avec une notion à transmettre, des activités bien précises ».

 

Il est symptomatique d'ailleurs que les critiques croisées se centrent sur le seul François Marin. Pourtant, les élèves-acteurs sont entrés dans la peau de leurs personnages avec un talent inouï !

 

On peut reprocher à Cantet d'avoir filmé la marge, mais c'est la marge qui tient la page.

 

P.S. Dans le même style de critique que celle de Philippe Meirieu, mais nettement plus dogmatique, on peut ranger une opinion parue dans Le Monde du 25/IX/08 qui décerne au film « La palme des malentendus », lui reprochant de masquer la réalité de la ségrégation scolaire et de dédouaner l’état de ses responsabilités, comme s’il s’agissait d’une enquête sociologique ou d’un essai sur la politique éducative, alors que c’est un film, et pas une thèse.

Sur le livre "Entre les murs", on peut lire un entretien de François Begaudeau accordé au sgen-CFDT

 

Voir aussi :

"Entre les murs" : réactions

Finkielkraut et "Entre les murs"

"Entre les murs", F. Bégaudeau et le Nel Obs

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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 17:05
"Entre les murs" : réactions

La palme d’or inattendue pour « Entre les murs », m’a amené à une petite revue de presse pour alimenter une page d’un site dont je suis ouèbemaître (enfin, jusqu’à présent).

Occasion aussi de jeter un coup d’œil aux réactions. Je suis toujours surpris par les pseudos débiles qu’utilisent la plupart des lecteurs : ont-ils peur que des proches découvrent l’inanité de leurs propos pour se réfugier dans la clandestinité ?

Ma quête s’est limitée au Monde (l’article sur le film qui commençait par une comparaison entre Classe et chambre à coucher), Libé et le Nel Obs.

 

Pour le contenu, on n’est pas déçu.

Il y a ceux qui sont revenus de tout. "Mais pour qui c'est important le festival de cannes, à part pour le bizness et les parasites, piques assiettes en tout genre".... Plus fort encore (et qui pourra servir tous les ans) : "Depuis des années le festival de Cannes n'a plus rien à voir avec le cinéma. C'est un rassemblement mondain ou la bienpensance mondiale se donne rendez-vous pour faire connaitre au monde entier son engagement mondial en faveur de la diversité. Conséquence : les films primés sont "prévisibles", ils enfoncent des portes ouvertes, ils ignorent l'imagination, en fait ils sont à l'opposé de ce qui fait la beauté du cinéma. Manque d'imagination, manque de vraie générosité, manque de respect du spectateur, manque de vraie diversité, en gros à force de vouloir faire différent, on colle à un conformisme désespérant." Ne nous plaignons pas, on a quand même échappé à la pensée unique, que dénoncent tous ceux qui n’en ont pas (de pensée), mais dans le genre alignement de phrases creuses, c’est pas mal du tout.

 

Et puis d’ailleurs : "Demandez aux collégiens de Dompierre-sur-Besbre(03) ou de Chamalières(63)s'ils se reconnaissent dans un collège du 19ème arrondissement de Paris. On peut dire ce qu'on veut, le 19ème, c'est la France, mais pas toute la France. Or, à l'heure actuelle, seule cette France-là semble être visible pour les 'intellos'." écrit l’un.

"Ce film tourné dans un collège parisien, n'est absolument pas représentatif des collèges de province et notamment des collèges ruraux." ajoute l’autre.

 

C’est vrai quoi ! pourquoi n’ont-ils pas tourné ce film à Chavagnes-en-Paillers ? Mais un autre, qui doit prendre le 19e pour une bourgade du Bas-Poitou assène : "Après les Ch'ti et la bêtise de proximité associée au mauvais goût de proximité, c'est désormais le provincialisme de proximité. Franco-français. La victoire du cinéma français, dites-vous ?"

 

Il y a aussi, la horde des donneurs de leçons.

 

Un des seuls non anonymes du lot essaie, à propos de l’article du Monde, de nous faire prendre des vessies pour des lanternes : "Il m'est arrivé d'inviter des collègues, des amis, des parents dans ma classe, mais ...jamais dans ma "chambre conjugale". De toute façon, tout le monde sait ce qui se passe dans mes classes, depuis l'administration jusqu'à ...mes futurs élèves. Et c'est pareil pour tous les professeurs, ou peu s'en faut. Mais on continue à amuser la galerie avec des clichés. Pour quel profit ? Pour promouvoir un film sous couvert d'un "mystère" à la mie de pain ?" On veut bien croire qu’il ait invité tout ce monde dans sa classe, mais de là à affirmer que c’est ainsi pour tous les professeurs !

 

Un homonyme, prof de philo, va un peu dans le même sens, mais en y ajoutant de profondes réflexions, d’une originalité sidérante : "Si je ne haïssais pas viscéralement cette tyrannie de l'image et cette prétention barbare de la caméra, je dirais : venez donc dans ma classe de philo. Vous y verrez comment on y concilie diversité et culture "unique" (?), intégration et discipline. Dans un lycée "sensible", ce n'est pas toujours facile. Mais on y arriverait vraiment si on n'était pas dans une société acharnée à promouvoir la marchandise, le gaspillage, l'esbroufe, l'indécence, et le bruit. En France ou ailleurs." J'aime bien cette "prétention barbare de la caméra" : objets inanimés avez-vous donc une âme ?

 

Mais là ça visait l’article et non le film et ses protagonistes.


D’abord, une leçon de politesse : "Surprenant, pas un mot de remerciement pour l'Éducation Nationale. Précisons-le tout de même : pour qu'une équipe de tournage puisse s'installer si longtemps dans un établissement scolaire, et "travailler" avec les élèves (acteurs professionnels ou participation à un projet pédagogique ?), il y faut l'accord, l'aide et le soutien du chef d'établissement, de la communauté enseignante, certainement de l'Inspection d'académie ou du rectorat" (et pourquoi pas du ministre ?).

 

Ensuite une bonne leçon de pédagogie : "Plutôt "Dans le mur". Le livre de Bégaudeau montre un enseignant en relation duelle avec ses élèves, passant de la séduction à la soumission. C'est en grande partie cela l'échec de l'Ecole, cette relation. Il n'y a pas d'apprentissage parce que la situation pédagogique est mal construite, et favorise la joute orale, narcissisme du prof. Ce sera l'intérêt du film de montrer ce qu'il ne faut pas faire en tant que prof. Bégaudeau montre son échec dans ce métier ayant choisi le plaisir immédiat celui de la relation au détriment de l'apprentissage." Mais on sait pourquoi cet agrégé est aussi mauvais : "Ah, si les profs du secondaire avaient la formation pédagogique de ceux du primaire, les choses seraient bien différentes... un prof de primaire devenu proviseur dans un quartier dit 'difficile'."

 

Ce Bégaudeau ayant eu l’outrecuidance d’affirmer qu’il fallait montrer ce film aux vieux qui font rien qu’à dire du mal des jeunes, il s’est attiré cette sévère riposte : "Tu n'as que 37 ans, un touche à tout quand on lit ta biographie et tu viens donner des leçons de morale aux vieux en voulant les inciter à voir ton film tout ça pour t'enrichir les poches ?
Mais mon pauvre, tu n'as rien inventé du tout ; le décalage entre les générations, le progrès, les problèmes rencontrés dans les lycées, collège etc... cela a toujours existé !
Faudrait peut-être te remettre en question !
" Scrogneugneu !

 

Mais s’il fallait donner une palme, je l’attribuerais à Line : "je pense qu'avec ce film et tout ce qu'on en raconte, on va nous faire avaler des couleuvres, noyer le poisson en nous prenant pour des pigeons, et occulter ainsi les vrais problèmes des enseignants qui, eux, ne prennent pas leurs compatriotes en otages mais ont vraiment besoin qu'on s'occupe d'eux au lieu d'être méprisés et par le pouvoir et par le peuple français... qui affiche une jalousie de fort mauvais aloi pour leur soit-disant statut de privilégiés."  

 

Gageons que la clique de la rétropensée appuyée par les pseudos rrrépublicains va aussi se déchaîner.

Rassurez-vous, dans ces réactions il y en a de positives : "Personnellement, j'enseigne dans un LP du Sud de la France et ce que je vis tous les jours dans mon établissement correspond assez bien à l'univers que brosse F. Bégaudau dans son ouvrage "Entre les murs". C'est à un américain que l'on doit ce choix, un choix qui va à l'encontre des langues de bois, ces mêmes langues de bois qui ne veulent surtout pas voir les choses en face : la panne du sacro-saint modèle républicain, la fracture sociale au cœur de notre système éducatif, des profs de plus en plus éducateurs, et j'en passe. Thank you Mr Penn". Ces "langues de bois qui ne veulent pas voir les choses en face" sont assez surréalistes.

 

Télérama a eu la bonne idée de republier un entretien avec François Begaudeau

 

Voir aussi :

Finkielkraut et "Entre les murs"

"Entre les murs", F. Bégaudeau et le Nel Obs

Entre les murs et les "pédagogues"

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