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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 21:22
ECOLE, GARDERIE, COVID

Le CONAROVIRUS fait des ravages, même du côté de l’école. A nuancer sans doute, car les résosocios font loupe déformante autant que grossissante. Sauf que quand des supposés bac+5 émettent des jugements dignes de FlyRiderGj, on peut être en droit de s’inquiéter

Olivier Véran, Ministre de la Santé, ayant décidé d’alléger les mesures dans les écoles (fermetures, mises en ‘septaine’, etc.), l’écho de cette décision dans la page fessebouc de Philippe Watrelot a provoqué des réactions indignées.

Ayant eu l’audace de faire état d’une étude de l’Institut Pasteur - Covid-19 dans les écoles primaires : pas de transmission importante du virus entre enfants ou vers les enseignantsavec cependant des précautions oratoire (cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de cas mais qu’ils sont rares), cela m’a valu des commentaires acerbes.

Ainsi une Valérie G. m’interpelle : « pourquoi le sport a la TV, émis par le gvnmt , insiste t il autant pour qu Akim qui peut revoir sa grand-mère, reste a distance masqué... puisqu il n est pas transmetteur ? Moi j ai vraiment l impression d'etre prise pour une conne. Les arrêts coûtent trop chers, on renvoie les personnes vulnérables au boulot ,on remplace quatorzaine par septaine, etc. » (je suppose qu’il s’agit de « spot » à la télé).

Inutile là d’essayer de répondre, puisque elle-même commente un message qu’elle n’a visiblement pas lu, où j’écrivais « Dire, comme le fait l'étude de l'Institut Pasteur, que la transmission entre enfants ou d'enfants vers enseignants est faible ne veut pas dire que ça n'existe pas » et que l’Akim de la télé semble avoir dépassé l’âge de l’école primaire.

Et un Stéphane B. me demande « Que pensez-vous alors du fait qu’il n’y ait que des labos français qui aient relevé cette prétendue faible contagiosité alors que toutes les autres études mondiales prouvent le contraire ? Comment comprenez-vous alors les inquiétudes de l’OMS devant les choix de réduction de mise à l’écart de 14 jours à 7 jours notamment en France ? Ma question est simple : avons-nous les meilleurs médecins au monde en matière de recherche ou une médecine muselée et aux ordres ? »

Outre qu’il est un peu hardi d’affirmer que « toutes les autres études mondiales* prouvent le contraire » (surtout quand on est incapable d’en citer une seule), on retrouve la thèse habituelle sur une médecine « aux ordres » ! En l’occurrence l’Institut Pasteur, avec des médecins mais aussi des chercheurs ayant peut-être fréquenté les mêmes amphis que des profs de disciplines scientifiques. Mais qu’importe, s’ils ne sont pas à la solde des labos, ils sont les laquais du pouvoir. Il n’est pas sûr que ce Monsieur ait tout-à-fait conscience de l’injure qu’il fait à des travailleurs d’assez haut niveau de formation dont il met en doute la conscience professionnelle.

Derrière cette dispute entre toutologues amateurs –mes contradicteurs et moi-même (encore que tout toutologue que je puisse être, je tente, au moins, de référencer mon propos) - se cache un autre débat que résume caricaturalement un anonyme Mu Zephyr : «les personnes à risques deviennent en une nuit plus à risques, les écoles doivent rester ouverte coûté que coûte, en temps de guerre on aurait dit qu'il faut du monde pour servir de chair à canon, la c'est juste pour que tout le monde aille bien bosser pour satisfaire le patronat, qui en échange des 100 Mds n'oublie pas de mettre en place des PSE ou des plans sociaux tout court. »

Cet-te imbécile reprend le discours déjà entendu dès mai, quand il a été question de rouvrir progressivement, là où c’était possible, écoles puis collèges. L’école « garderie » pour permettre aux masses laborieuses intellectuelles et surtout manuelles de reprendre le chemin des entreprises au service du grand capitâl ! Sauf que, comme c’était à effectifs réduits, parfois à temps partiels, ça aidait assez peu les salariés à reprendre leurs chaînes pour engraisser le patronat.

L’annonce de la rentrée a provoqué une conjonction assez singulière, de l’anar de « questions de classe » jusqu’au réac de la confédération générale des cadres (CGC), en passant par le café pédagogique, pour critiquer cette idée, il est vrai saugrenue, de faire la rentrée des classes en septembre. Et on vit refleurir le discours sur une rentrée juste faite pour permettre « aux gens » de repartir au boulot. En oubliant que pour beaucoup de « gens » – ceux qui ont bénéficié du chômage partiel – retrouver un plein salaire avec parfois des HS, quand ils ont quelques emprunts sur le dos, est un soulagement. Et ne parlons pas à ces révolutionnaires en charentaises, de tous les autres, les saisonniers sans saison, les CDD non renouvelés, les ubérisés, les chômeurs, etc. qui, eux, seraient bien contents de (re)trouver un job.

Les syndicats ne sont pas tombés dans cette caricature de l’école-garderie au service du patronat ! Impossible de clamer : Non à la rentrée. Quoique… Il fallait mieux la préparer (une semaine pour l’un, deux jours pour l’autre). Il fallait mieux préciser le protocole sanitaire. Les conditions matérielles n’étaient pas réunies, pas partout au moins…

Et quand elle fut faite, la rentrée, les messages sur les résosocios de s’entrecroiser : explosion de cas dans les collèges clamait un vice-président de conseil départemental (ex-prof), pauvre élève isolé dans la classe privé de récré témoignait un autre, on ferme tout pour rien, on ne ferme rien malgré tout… Les exemples étrangers viennent à la rescousse : voyez l’Italie… raté ça patauge à leur rentrée ; voyez l’Allemagne, sauf que là il faut aller voir Land par Land…

ECOLE, GARDERIE, COVID

On ne me fera pas dire du bien de Blanquer, tenant des propos lénifiants, style « il ne manque pas un bouton de guêtres », au lieu de parler vrai. Mais que proposent d’autre ses contempteurs ? Le confinement, quels que soient les efforts de continuité pédagogique, a creusé les inégalités déjà ancrées dans notre système éducatif. Pour certains élèves il s’est traduit par des conditions de vie très dégradées. Qui oserait clamer qu’une telle situation aurait dû perdurer ?   

Comme souvent, et en particulier dans cette pandémie, on n’a le choix qu’entre deux solutions plus ou moins mauvaises : il vaut mieux choisir la moins mauvaise.

Nul n’ignore que faible contagiosité ou pas, il y aura, il y a, des contaminations, au sein de l’école peut-être, à ses abords plus sûrement (il n’est que de voir les collégiens rejoignant une gare routière pour constater que les consignes qu’ils suivent au collège et les masques sont vite oubliés). Des enseignants seront, sont atteints. Des classes, voire des établissements ferment. Donc des disparités se créent, rompant l’égalité républicaine. Mais sans doute beaucoup moins qu’elle ne le fut, pendant le confinement. Et ceux qui mettent en exergue ces décisions apparemment contradictoires – fermetures ou pas, septaines ou pas, etc. -  sont-ils capables de dire ce qu’il aurait fallu faire et ce qu’il faudrait faire ?

Quant au système éducatif réduit à l’état de garderie au service du système capitaliste, les idiotlogues qui profèrent de telles énormités se rendent-ils compte qu’ils insultent les personnels des crèches – qui ne se contentent pas d’une « garderie » des bambins – et qu’en croyant attaquer le capital et le pouvoir à son service, ils crachent en fait sur l’école : car en quoi serait-elle plus au service du patronat pendant la pandémie qu’avant ? L’école, pour eux, ne serait donc là que pour permettre aux masses aliénées d’aller vendre à bas prix leur force de travail aux ploutocrates voraces ?

MARX réveille-toi, ils sont devenus débiles !

* Une étude étatsunienne démontrerait que les gniards de 5 ans et moins, testés positifs, auraient une charge virale supérieure à celle des plus âgés. Mais, comme les plus jeunes sont beaucoup plus rarement touchés par la maladie, d’autres études tentent d’expliquer ce phénomène. Une étude belge va dans le même sens que celle de l’Institut Pasteur. L’avis du Haut conseil de la santé publique reprend les conclusions de l’étude de l’Institut Pasteur.

 

NB Les citations de mes contradicteurs sont copiées/collées.

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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 14:51
Jean-Michel Blanquer, l'Attila des écoles

Pascal Bouchard, observateur chevronné du monde de l’éducation depuis, au moins, 1988, ce qui lui a permis de voir défiler des ministres de l’éducation nationale de Lionel Jospin à l’actuel locataire du 110 Rue de Grenelle, en passant par Fillon, Bayrou, Allègre, Darcos et quelques autres, fait donc paraître dans une collection au nom révélateur, detox, ce réquisitoire sur J. M. Blanquer, l’homme et l’œuvre.

Le titre – l’Attila des écoles – veut dire que, contrairement à ces nombreux prédécesseurs dont les réformes étaient digérées par le « mammouth », lui est « celui derrière qui l’herbe ne repoussera que par touffes éparses ».

"Jean-Michel Blanquer, […] pense toujours être détenteur de la Vérité, savoir ce qui est bon et ce qui est mauvais, et devoir imposer sa vision du monde, donc l’école de demain.[…] Il est le représentant d’une forme nouvelle, surprenante, insaisissable de mysticisme sans dieu, de sectarisme sans gourou, de guerre déclarée sans autres ennemis que ses fantasmes."

Ses premières décisions seront marquées par la volonté de détruire les réformes lancées par sa prédécesseure, Mme Valaud-Belkacem : réhabilitation du redoublement, remise en place des 6e bilangues, du latin, et sérieux coup porté aux enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI).

Surtout, il va complètement saboter la difficile remise en place d’une semaine de 4 jours et demi en primaire laborieusement tentée par Peillon et poursuivie avec ténacité par N. Valaud-Belkacem. La semaine de 4 jours, arbitrairement décidée par Darcos, préfigure en quelque sorte les mesures « Attila », celles qu’il est très difficile de remettre en cause. Bien que les syndicats et le mouvement associatif l’aient condamnée dans l’appel de Bobigny, le secrétaire général du SNUipp dut avaler son chapeau, face à ses troupes protestant contre le retour à 9 demi-journées. Blanquer, en effaçant l’obligation faite aux communes, a remis en selle cette calamiteuse mesure.

"L’homme est un paradoxe permanent. Il a un immense respect, pour la science, notamment la psychologie du développement, qui va jusqu’à l’aveuglement, mais toutes les décisions qu’il a prises pour les écoles maternelles et élémentaires, sur les rythmes scolaires, sur les dédoublements des classes pour n’évoquer ici que les toutes premières de ses réformes, vont à l’encontre de ce que dit la science, tandis qu’il a montre sa méconnaissance et son mépris pour les recherches qui portent sur les collèges et lycées."

Mais ce que démontre précisément P. Bouchard, c’est que, tout en se référant sans cesse à la science, le ministre fait fi de toutes les évaluations rigoureusement menées que ce soit, justement, sur les rythmes scolaires ou les dédoublements en CP puis CE1. Ainsi, une étude de la DEPP, qu’il ne pouvait ignorer, concluait qu’une réduction de la taille des classes des CP est, à elle seule, d’un intérêt pratiquement nul. Ces dédoublements, dans des secteurs dits prioritaires, vont pomper des moyens, notamment ceux d’une expérience prometteuse de maîtres en surnombre, pour un bénéfice au mieux minime (et sans doute temporaire). Mais c’est un autre exemple de mesure Attila : ça va plaire aux parents et quel syndicat ira protester contre ces dédoublements ?

Autre mesure Attila, l’obligation d'instruction à partir de 3 ans. Chiffres à l’appui, l’auteur montre que c’est pratiquement inutile : à la rentrée 2018, 96,5 % des 3 ans, 99,4 % des 4 ans et 100% des 5 ans étaient scolarisés. Cette obligation va nuire à la souplesse qui régnait dans la maternelle pour l’accueil des 3 ans. Et c’est surtout un cadeau à l’enseignement privé puisque toutes les communes devront verser le forfait d’externat – l’équivalent de ce que coûte un élève du public - non plus à partir du CP mais dès 3 ans.

Il montre aussi comment, avec l’instauration d’une évaluation nationale au CP, sans trop toucher aux instructions, il va pousser les enseignantes à transformer la grande section en propédeutique du CP.

"Il est l’auteur ou il a téléguidé la production de quatre lois qui ne servent a rien, ou presque, sinon à affirmer l’importance de l’école maternelle, l’importance de la guerre faite aux écrans, l’importance de la guerre au « communautarisme » (véhiculé par certaines écoles hors-contrat), ou à changer les noms sans changer les choses, juste pour marquer le début d’une nouvelle ère, ce dont les ESPE devenues INSPE sont l’exemple le plus éclatant."

Jean-Michel Blanquer, l'Attila des écoles

Comme en politique, plus d’un demi-siècle après, certains politiciens font remonter tous les maux à mai 68, dans l’école certains théoriciens font reposer toutes les difficultés sur la maudite méthode globale. Le débat sur la lecture - faut-il partir des lettres et en réaliser la synthèse dans des syllabes puis dans un mot, ou partir du mot et en analyser les composantes, le décomposer en syllabes puis en lettres – revient régulièrement sur le devant de la scène avec les ministres de droite. Mais avec Blanquer il prend une dimension quasi mystique. S’appuyant sur les supposés acquis des neurosciences dont le héraut, Stanislas Dehaene, a été nommé à la tête d’un conseil scientifique à sa main, le ministre pourfend donc les tenants d’une approche qui privilégie le sens au profit d’une méthode strictement syllabique, rebaptisée phonique. Il faut lire les pages (p. 55 à 62) où est décrite la méthode implicitement préconisée, issue d’une association née en 2010, Agir pour l’école, qui a élaboré une super méthode Boscher livrée clés en mains aux maîtres et maîtresses de CP. L’enfant pourra ainsi s’initier au joie du RA, RI, RO, RU, puis découvrir plus tard DARI, DAMU,DALO, TADO, MADI, MODU.  et même pas un DAHU, dans ces mots inventés pour les besoins de la méthode. Inutile de parler de compréhension, reportée à une phase ultérieure. Alors que même la variante Suisse de la méthode Boscher essayait de mettre un peu de sens avec la pipe à papa, par exemple.

Si la bique lisait

  

1-Un brav’ berger s’ennuie                                        

 Dans sa bergerie

      D’apprendre il se pique

      A lire à sa bique

 

 Refrain

       « B-é bé » fit la bique

       « B-a ba » fit le gars

       « B-o bo » fit l’écho

  

2_ Si la bique lisait

     Et l’âne nonait

     Jusqu’à tue-tête

Pauvr’ âne-alpha-bête

 

3_ Il offre en pâture

     De la littérature

      Qu’il écrit c’est logique

Avec sa pointe Bic 

 

4_ La pipe de papa fume

     De papa la pipe fume

     Papi fume aussi

La lettre n’a pas d’esprit 

  

5_ Mauvais le pronostic

     On fait sa tête de bique

     Lors on va au casse-pipe

On avale l’écart type

 

 6_ Changea de méthode

     Pleins phares sur le code

     Ratus rat « z » en soutien

Travail biqu-otidien

 

7_ Bientôt bredi-breda

     La bique décoda

     N’accéda pas au sens

 Pourtant les neurosciences…

 

8_ Le berger dev’nait chèvre

     Un fol espoir s’achèvre

     Mais quel faible Q.I. c

Sacrée crotte de bique

 

9_ « Qu’on me fiche la paix

     Voyez sa C.S.P. ! »

     Le berger la maudit

     La noie dans l’bain d’écrits

 

                 Francis Dupuit, IEN

                  Mars 2006

La fameuse prédiction catastrophiste – Le bac n’aura pas lieu – s’est finalement réalisée, pas parce que l’usine à gaz a explosé, mais à cause d’une épidémie qui a évité au ministre d’être confronté aux loupés de sa réforme. P. Bouchard montre comment un ministre peut rater la réforme du lycée d’enseignement général, du bac et de l’orientation. Faut-il ajouter que l’enseignement professionnel n’est pas mieux traité, malgré les bonnes intentions affichées ?

J.M. Blanquer ayant échoué, lors du remaniement, à décrocher le ministère de l’intérieur – il est au passage intéressant de noter que pour lui le ministère des flics était une promotion par rapport au ministère des profs – il risque donc de faire le quinquennat, exploit remarquable dans ce ministère.

Raison de plus pour lire cette analyse argumentée, nourrie, non pas des lubies idéologiques de certains bateleurs à la mode qui de l’école ont connu au mieux l’école polytechnique, mais de la chronique au quotidien de l’action ministérielle et des réactions des organisations syndicales, les associations de spécialistes, les experts, les parents ainsi que des travaux des chercheurs ou de l’inspection générale, sans oublier les documents statistiques de la DEPP. Cette chronique ne suffisait cependant pas à prendre la mesure d’ensemble de la politique menée, de ses présupposés, de ses interactions, de ses dégâts.  

Il ne s’agit pas d’un pamphlet mais d’un réquisitoire, écrit, construit et instruit.

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ou, bien sûr, à votre libraire

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22 avril 2019 1 22 /04 /avril /2019 15:29

Petite pièce en un acte mais avec beaucoup d’acteurs, dans les rôles principaux, les parents et les élèves, le Ministre et les réacs et en guests stars Decaux, Ciotti, Attal, Pivot, Zemmour, Bern… Un « thread » - un « fil » c’est-à-dire une suite de touittes – d’un certain « Blue sky », alias @tolosamedia2, qui se présente comme « Ex formateur numérique - Histoire - Géographie - Ecriture - Docteur en dialoguevirtuélogie ».

Alain Decaux (en 1979) : On n’apprend plus l’Histoire de France à vos enfants.

Les parents (de 1979) : Quoi ? Comment ? Mais enfin ? C’est quoi ce bordel ?!

Le ministre (en 2017) : On n’apprend plus la chronologie à vos enfants.

Les parents (de 2017) : Quoi ? Comment ? Mais enfin ? C’est quoi ce bordel ?!

Les médias (de 2017, de 2018, de 2019 et même d'avant) : Il y a vraiment un problème avec l’Ecole.

Les profs : Un problème ? Mais il y a toujours un problème avec l’Ecole ! Vous ne vous fatiguez jamais. C’est quoi cette fois-ci ?

Les médias : C’était mieux avant. #GuignolDeFrancisCabrelTribute

Les historiens de l’éducation : Alors, en fait, non !

Les réacs : Taisez-vous, vous ! Vous racontez n’importe quoi.

Les historiens de l’éducation : Mais on n’a même pas commencé à parler.

Les réacs : Eh bien, c’est pas plus mal. Vous alliez encore dire des trucs de gauchiasses mondialisés.

Les historiens : Ah, alors, on ne dit rien.

On n’apprend plus rien à l’école (air connu)

Les élèves : Dis, papy, c’était comment l’Ecole à ton époque ?

Les grands-pères : C’était beaucoup mieux que maintenant. D’abord, on avait des professeurs qui avaient de l’autorité, personne ne serait allé leur mettre un flingue sous le nez, tiens. On se serait pris une baffe et quatre heures de piquet.

Les profs : Ah, ok, alors, vous voulez qu’on cogne les élèves ?

Les parents : Non, mais ça va pas… Tu t’approches à moins de cinq mètres de mon petit chéri et je te colle un procès pour harcèlement !... Détraqué !

Le ministre : Je compte d’ailleurs présenter prochainement mon plan violence. Un plan que nous préparons depuis un bon moment maintenant et que nous présenterons à chaque fois qu’un événement nous donnera l’occasion de la présenter.

Les élèves : Ils vous frappaient, les profs ? C’était pas cool…

Les grands-pères : Tu peux pas comprendre… On avait du respect pour nos professeurs parce qu’ils nous apprenaient des choses importantes, des choses vraies.

Herta : Ils avaient raison ! Ne passons pas à côté des choses vraies.

Les profs : Et faites-nous confiance, on ne laisse pas passer les choses fausses.

Les élèves : Mais ils vous apprenaient quoi ? Nous c’est chiant ! On fait les problèmes des espaces productifs dans la mondialisation, Fahrenheit 231 et la reproduction conforme de la cellule et la réplication de l’ADN.

Les parents : N’importe quoi ! On comprend rien et ça ne sert à rien ! Dites-leur, vous, que ce que vous avez appris c’était mieux.

On n’apprend plus rien à l’école (air connu)

Les grands-pères : Nous on apprenait le sacre de Clovis et le vase de Soissons, les noms des fleuves et des lacs de France et le futur antérieur.

Le ministre : Des savoirs qui font partie de ces fondamentaux que mon passage au ministère aura permis de faire renaître afin que les élèves retrouvent confiance dans leurs savoirs.

Les élèves : Et toi, mamie, tu apprenais quoi ?

Les grands-mères : Moi, je faisais de la couture, de la cuisine et j’apprenais à tenir un budget.

Les élèves : Je ne te demande pas tes loisirs, mais ce que tu faisais à l’Ecole.

Les grands-mères : Mais c’est ce que je faisais à l’Ecole… Et ne crie pas, je ne suis pas sourde !!!

On n’apprend plus rien à l’école (air connu)

Les historiens de l’éducation : On voit bien que…

Les réacs : On ne voit rien du tout. Tout ça c’était des savoirs utiles. Et, le fait que tout le monde porte un uniforme évitait que les jeunes fassent n’importe quoi !

Les élèves : Tu avais un uniforme, toi, papy ?

Les grands-pères : Mais oui, une belle blouse bleue…

Les grands-mères : Elle n’était pas bleue, elle était verte…

Les grands-pères : Elle était bleue, je m’en souviens quand même.

Les grands-mères : Non, quand tu venais me retrouver à la sortie, je voyais bien qu’elle était verte.

On n’apprend plus rien à l’école (air connu)
On n’apprend plus rien à l’école (air connu)

Les élèves : Vous ne vous souvenez plus ?

Les grands-pères : Bien sûr que si on se souvient… De tout, on se souvient, tiens, vas-y… Donne-moi un département et je te donne la préfecture et les sous-préfectures…

Les élèves : L’Essonne ?

Les grands-pères : Quoi ? C’est quoi ce truc, ça existe pas…

Les grands-mères : De toutes façons, elle était verte sa blouse… Et c’était même pas un uniforme d’ailleurs parce que la sienne, elle était vert sombre et en coton alors que celle de Marius Santony elle était vert pomme et en tergal.

On n’apprend plus rien à l’école (air connu)

Eric Ciotti : Voilà ! L’uniforme, c’était essentiel pour l’unité de la nation.

Gabriel Attal : Vous avez vu celui que j’ai dessiné pour le SNU ?

Les médias : Enfin, le retour de l’uniforme !

Stéphane Bern : C’est beau !...

Le ministre : Dans ma loi de la confiance, il n’y a pas malheureusement l’uniforme mais il y a les drapeaux et les paroles de la Marseillaise.

Les élèves : Il y avait des drapeaux dans tes salles de classe, papy ?

Les grands-pères : Des drapeaux ?... Et pour quoi faire ?... Il y en avait déjà un accroché à la mairie à côté.

Les élèves : Et les paroles de la Marseillaise, tu les connaissais ?

Les grands-pères : Ah oui. Pour le certificat d’études, il fallait les apprendre. Il y avait aussi le Chant du départ, le Chant des partisans, Sambre et Meuse. Mais bon, moi, j’ai chanté la Madelon…

Le ministre : Chanter, c’est aussi un moyen d’être ensemble. C’est pour cela que nous renouvelons cette année encore la rentrée en musique.

Les profs : Ouais. Du pipeau, comme d’hab…

Le ministre : Grâce à nos réformes, nous allons nous rapprocher de cet enseignement d’avant qui n’avait pas été pollué par les pédagogistes de tous poils et de tous crins. En ce temps-là, on faisait des dictées.

Les profs des écoles et de collège : On en fait toujours !

Bernard Pivot : Avec les gentilhommières et les cuissots de biches ?

Le ministre : Euh non, Bernard, faut pas exagérer non plus… Si on fait vos dictées, personne ne dépasse le CM2…

Bernard Pivot : Ah ?! Je vais faire un tweet pour le déplorer alors.

Les historiens de l’éducation : Il faut comparer ce qui est comparable…

Manuel Valls : Expliquer c’est déjà vouloir excuser.

Les élèves : En fait, votre école du passé, elle était violente, elle était sexiste, elle était militariste, elle faisait apprendre des trucs qu’on trouve tout de suite sur internet ?

Les historiens de l’éducation : C’est pas faux.

Eric Zemmour : Je ne peux pas vous laisser dire ça. Vous êtes les suppôts de l’anti-science ! Vous défendez le laxisme dans l’enseignement…

Les parents (de 2019) : Quoi ? Comment ? Mais enfin ? C’est quoi ce bordel ?!

 

(et ça continue encore et encore…c’est que le début ? d’accord, d’accord…)

 

Merci donc à ce Blue sky, pour moi inconnu, pour ce bon résumé des débats sur l'école.

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14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 11:07
Luçon : grand jeu de chaises musicales dans les établissements scolaires ?

Les non-luçonnais peuvent ne pas se sentir concernés par cet article sur des problèmes locaux. Il est pourtant révélateur des us et coutumes des mini-potentats locaux que peuvent être certains maires. On se gargarise de « démocratie participative » en voulant l’instaurer là où c’est le plus compliqué, l’échelon national. Alors que, au niveau communal ou intercommunal, elle n’existe guère dans beaucoup d’endroits. C’est flagrant à Luçon où même les commissions municipales (formées donc des seuls élus) sont le plus souvent purement formelles ; où même les adjoint-e-s concerné-e-s ignorent la décision que va prendre, tout seul, le 1er édile. Décision à géométrie variable, comme on le verra.

« C'est confirmé en off, fusion des collèges publiques de Luçon (Beaussire et Sourdy) par le @DepVendee. Quid du devenir de l'école du Centre au Beaussire ?! Une vente en partie du collège à Ste Ursule est envisagée » écrit un élu municipal (de l’opposition) sur Facebook.

Manifestation en 2010

Manifestation en 2010

Pour situer le contexte :

- d’une part, la ville de Luçon doit soit rénover sa plus ancienne école dite « école du centre », soit en construire une nouvelle, mais avec le problème du devenir des anciens bâtiments. Pas question de rénover, a tranché d’entrée le Maire, invoquant une étude qui chiffrerait les travaux à 7 millions d’euros (étude dont personne, à part lui, n’a eu connaissance). Mais jamais à court d’idées, le Maire avait d’abord décidé de la transplanter sur l’emplacement de l’ancienne piscine (ce qui décentrait fortement l’école du centre). Puis, des locaux étant devenus vacants, de déplacer l’école à l’ancien séminaire, ce qui la mettait très près de la deuxième école (Jean Moulin) et sans doute avec un coût de mise aux normes et de partage des locaux avec d’autres activités. Nouveau changement – toujours de son seul chef, c’est le cas de le dire – une construction neuve  sur le Champ de Foire (où il a déjà fait construire la Maison médicale).Et, dernier épisode, il était question de faire affaire avec l’armée pour récupérer un terrain militaire (Gendarmerie mobile, Quartier Hoche). A noter qu’une commission consultative n’a jamais été consultée réellement sur ces options, consultation de toute façon biaisée puisque aucune étude sérieuse ne semble exister.

Installation d'une grue géante pour évider le bâtiment d'origine.
Installation d'une grue géante pour évider le bâtiment d'origine.
Installation d'une grue géante pour évider le bâtiment d'origine.
Installation d'une grue géante pour évider le bâtiment d'origine.

Installation d'une grue géante pour évider le bâtiment d'origine.

- au niveau de l’enseignement secondaire, le privé compte une institution avec 1er et 2d cycle, cette institution vient de faire construire un nouveau bâtiment ; le public compte un lycée et deux collèges : Beaussire, en centre-ville et Le Sourdy, plus en périphérie (mais bénéficiant d’installations sportives à sa porte). Le collège Beaussire a connu, il y a une dizaine d’années une totale rénovation. Le conseil général à l’époque, conscient de la valeur patrimoniale du plus ancien bâtiment (celui de l’ex école primaire supérieure de jeunes filles), en a préservé les façades, mais a complètement évidé l’intérieur pour le reconstruire et remettre une toiture neuve. En gros, le collège Beaussire compte 400 élèves de 1er cycle et Le Sourdy 300, plus une Segpa.

Le grand jeu de chaises musicales, si l’on en croit ces infos distillées en off par des élus, du coup de la majorité (municipale et départementale), ce serait cette fois le département qui récupérerait du terrain militaire pour faire un collège tout neuf qui regrouperait donc Beaussire et Le Sourdy.

Mais que faire d’un Beaussire rénové à grands frais ? Eh bien, y mettre l’école du centre, par exemple, mais comme c’est quand même bien vaste pour cette école (un peu plus de 200 élèves, avec la maternelle), le reste pourrait être cédé à l’institution privée mitoyenne. Quant au Sourdy, il accueillerait la Maison familiale rurale (MFR) de Saint-Michel-en-L’Herm !

A priori, cela ressemble à une grosse opération d’intox.

Le département ne peut brader son patrimoine, donc le coût pour d’éventuels repreneurs public et privé serait élevé. Le seul bénéfice pour le département à ne gérer qu’un collège serait une économie possible de personnels ouvriers et de service : mais on voit bien que pour n’avoir plus qu’un-e seul-e concierge et un-e seul-e cuisinier-e et quelques personnels d’entretien en moins, l’amortissement de l’investissement risque d’être très long. Le seul soupçon de rationalité (?) qui pourrait être envisagé serait que le département soit obligé de rénover Le Sourdy qui, de fait, semble avoir besoin d’un sérieux coup de jeune et qu’il envisage de faire du neuf plutôt que de retaper.

Ce qui est évident c’est que ceux qui fabriquent ces bruits cherchent à nuire à court terme au service public de l’éducation nationale. Le Maire de Luçon s’y emploie avec zèle avec ses foucades sur l’avenir de l’école du centre. Laisser entendre que Beaussire peut fermer en tant que collège peut pousser marginalement des familles du centre-ville à faire le choix du privé.

Mais il serait peut-être bon que des journalistes d'investigations, mieux armés que le citoyen lambda pour, peut-être, obtenir des réponses des instances concernées – municipalité de Luçon pour l’école du centre, département pour le devenir des collèges luçonnais – se lancent sur ce dossier.

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26 octobre 2018 5 26 /10 /octobre /2018 15:26
Un élève du Lycée Branly pointe une arme factice sur une enseignante

Un élève du Lycée Branly pointe une arme factice sur une enseignante

ou un tsunami de rumeurs et de rancoeurs

Pas de Vague

L’hashtag – en Français le mot-clé - #PasdeVague aurait dû s’appeler #balancetonprotal car il s’est traduit par une mise en accusation d’une « hiérarchie », à commencer par la plus proche, le chef d’établissement.

Pas de Vague

La vraisemblance n’est pas toujours au rendez-vous, ainsi de ce prof qui affirme sans rire qu’un élève l’a traîné devant le CPE dans un Lycée d’Hayange (la localisation géographique étant sans doute censée donner une touche d’authenticité), élève qui l’aurait insulté devant un CPE prenant son parti…

Caractéristique aussi ce témoignage d’une professeure qui, ayant mis une jupe – telle Adjani dans La journée de la jupe – dit avoir été traitée de pute par un groupe d’élèves dans un couloir : la professeure principale de la classe desdits élèves aurait ri, quant au proviseur, il lui aurait répondu qu’à son âge, elle devrait être flattée. Passons sur la supposée goujaterie du chef d’établissement, pour en revenir au rire de sa collègue qui dénote soit un manque évident de solidarité, soit le peu de sérieux qu’elle prête à ses plaintes.

Clovis – c’est le pseudo qu’il se donne – illustre au-delà de la caricature, ce type de prof qui peut insupporter dans la salle des profs, par ses incessantes jérémiades ! Lui, ce ne sont plus les élèves, mais les collègues syndiqués qui s’arrangent pour avoir les meilleures classes ne laissant aux nouveaux arrivants que les classes les plus dures et les plus chargées, avec la complicité du protal bien sûr ! Mais il se plaint aussi de la messagerie rectorale, de la formation continue, des professionnels venant dans le cadre de l’orientation incapables de tenir une classe de 37 élèves ( !), de la pré-rentrée et des neurosciences… S’il se comporte ainsi, en salle des profs – ce qui n’est pas sûr du tout : ce compte anonyme lui sert sans doute de purgatif – il ne peut qu’avoir une solide réputation de casse-pieds.  Et les personnels de direction et d’éducation du bahut ont peut-être tendance à envoyer paître le vindicatif personnage.

Pas de Vague

Donc, une agrégée en fin de carrière, avec des collègues dans la même situation, tous harcelés par un proviseur, ne l'envoient pas paître, proviseur missionné pour pousser à la retraite les hauts salaires ?

Et notre Clovis illustre bien la dérive de ce #PasdeVague qui, partant d’un fait-divers isolé au sein de ce lycée, voulait montrer que l’institution ne cherchait qu’à mettre la poussière sous le tapis, en fermant les yeux sur les violences des élèves envers les professeurs, se transforme en une dénonciation d’une hiérarchie harceleuse.

Pas de Vague
Pas de Vague

Ainsi, pour contrer Luc Cedelle, journaliste du Monde, un-e « Carpe Diem » sort un prétendu témoignage sourcé ! Or ce qu’il-elle cite fait penser à cet échange entre Francis Blanche et Pierre Dac dans le fameux sketch du Sar Rabindranah Duval :

- Pouvez-vous me dire quel est le numéro du compte en banque de monsieur ?

- Oui.

- Vous pouvez le dire?

- Oui!!

- Vous pouvez le dire ?

- Oui!!

- Il peut le dire!!! Bravo! Il est extraordinaire, il est vraiment sensationnel.

Car le témoignage consiste comme on peut le lire à ce que le prétendu témoin assure qu’il est prêt à…témoigner ! Et de retouitter un assez crapoteux appel à témoignage d’un parano de l’académie de Rennes.

Pas de Vague

Et certains témoignages, qui demanderaient pour le moins vérification, sont commentés comme des faits avérés, y compris par des personnes se disant journalistes. Donc une MurielA fait état d’une agression sexuelle de trois élèves envers un quatrième. Le Conseil de discipline ayant exclu les trois élèves, le rectorat aurait imposé la réintégration d’un des trois agresseurs. Or, comme il se doit dans un état de Droit, une famille (ou un élève majeur) peut faire appel auprès du Recteur d’une décision du C.D. (appel non suspensif) et le Recteur, après avis de la Commission académique, doit se prononcer dans un délai d’un mois. Si la décision du C.D. a été en partie amendée, le Recteur a dû motiver cette modification. Faute de cette motivation – sans parler de l’imprécision sur la nature exacte de l’agression – les commentaires sont nuls et non avenus.

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Pour avoir émis quelques doutes sur ce déferlement de touittes après le « braquage » de la prof du Lycée Branly, le journaliste du Monde, L. Cedelle, s’est fait allumer dans la touittosphère, par de courageux anonymes, mais aussi par Laurent Bouvet co-fondateur du Printemps(prétendument) républicain.

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Le proviseur aux bonbons

Dans l'émission putassière d'Ardisson, une menteuse pathologique affirme que des élèves qui prennent "à bras le corps" (sic) une table et la jette on suppose sur une prof se voient récompenser par des "bonbons" par le proviseur.

Faut-il rappeler à la fillonniste masquée qu'un proviseur ne dirige pas une maternelle et qu'on le voit mal distribuer ses bonbons à des gaillards de 15,16,17, 18 ans et plus ?

Car ce #PasdeVague a été accueilli par beaucoup de médias, comme parole d’évangile. Même à France culture par un éditorialiste politique, qui, tout en reconnaissant « que l'anonymat, comme pour tout témoignage, peut mêler le bon grain et l'ivraie », se réjouit que « ce cri d'alarme [qui]  vient de la base […] se joue des hiérarchies, des corps intermédiaires que sont les syndicats. Il se fait sans eux, et même parfois contre eux. » « … le hashtag dit que c'est grave, mais aussi que c'est courant. Il a la puissance évocatrice du fait divers, et la force statistique du nombre. Il devient dès lors impossible à ignorer pour le politique. Un ministre peut recevoir des représentants syndicaux, il peut réunir des parents d'élèves, faire descendre la température... Mais que peut-il contre un mot-clé sur twitter, dont le succès amène encore chaque minute de nouveaux témoignages ? ».

Inutile d’objecter que cette vague un peu nauséabonde qui coule dans les égoûts de touitteur, n’a que la force statistique que lui prête M. Says, ramenée au nombre total d’enseignants. Car, de fait, le Ministre Blanquer, après avoir prôné une école de la « bienveillance », au côté d’un Castaner, Ministre de l’Intérieur qui se la joue mode Valls, veut maintenant "rétablir l'ordre et l'autorité" qu’on ne savait pas si menacés dans l’éducation nationale, au lieu de tenir le discours de raison qu’on était en droit d’attendre de lui.

Il serait, bien sûr, angélique que de croire que tout n’est qu’ordre et bonté dans nos écoles, collèges et lycées. Même dans les établissements les plus calmes, on n’est jamais à l’abri d’un acte isolé de violence extrême.  Il arrive aussi qu’un Recteur abuse de son pouvoir, qu’un IA attrape le melon, que des chefs d’établissement se conduisent comme des petits chefs, que des Inspecteurs pédagogiques soient odieux… Sauf que, le statut – comme d’ailleurs les syndicats, si décriés pourtant – protège l’enseignant. Le pouvoir hiérarchique d’un chef d’établissement sur un prof est quasi nul ; et l’inspecteur ne vient, au mieux, que tous les deux ans. Professeur est un métier semi-libéral, en fait, semi par la garantie de l’emploi qu’il assure, libéral, car l’enseignant fait ce qu’il veut ou presque dans sa classe. Avec pour corolaire un individualisme corrigé par les réflexes corporatistes. Mais réflexes qui s’émoussent quand un collègue est incapable de tenir sa classe, comme on dit.

Pas de Vague

Et cet incident dramatique, sur lequel surfent donc les harcelés du net, n’est représentatif ni du Lycée où il a eu lieu, ni des violences scolaires globalement. Gageons que les enseignants du Lycée Branly de Créteil qui ont tenu à dire ce qui se passe vraiment dans leur lycée vont se faire traiter de complices du #PasdeVague de la hiérarchie. Quand à France Info, après les vitupérations de Mélenchon, elle va se faire incendier par les chevaliers masqués du hashtag. Il est quand même remarquable – et assez scandaleux – d’entendre le Ministre Blanquer affirmer « qu'il y avait des politiques du chiffre pour essayer d'avoir le moins de conseils de discipline possible », alors que "Dans chaque département d'Ile-de-France, on a un collège fantôme d'élèves exclus par jour (entre 400 et 800)" (B. Moinard).

Pas de Vague

Et la plus grande, la plus scandaleuse des violences est celle que subissent les élèves des milieux dits défavorisés. Hongrie exceptée, la France est, parmi les pays étudiés par l’OCDE, la plus inégalitaire.  Plutôt que d’entonner le grand air populiste de l’ordre et l’autorité, plutôt que de détruire systématiquement, les avancées de ses prédécesseurs, le Ministre Blanquer ferait bien de se pencher un peu sur les systèmes éducatifs canadiens ou finlandais pour tenter, non de trouver des recettes, mais au moins des pistes pour introduire un peu plus d’égalité des chances !

Un de mes talentueux contributeurs, Pascal Bouchard, m'écrit :

"pour compléter ton papier, te souviens-tu de Nicolas Revol, qui avait eu son heure de gloire dans le Figaro magazine, où il racontait son calvaire de prof dans un LP, anonymement bien sûr, jusqu’au jour où un de ses élèves tente de l’étrangler. De son lit d’hôpital, il écrit un livre à succès

Ses collègues ont envoyé à Libé et à moi une lettre… « si tu arrivais quelquefois à l’heure, si tu préparais tes cours, si tu ne balançais pas de vannes racistes, si tu avais accepté notre aide… » , etc, etc. 
Tout était faux"
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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 21:36

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« Peillon relance la polémique » nous dit, tout de go, la spikerine du Journal du soir de France 2 de ce jour (05/01/13).

 

M’est immédiatement revenue en mémoire  cette histoire, celle du temps où un certain François Mitterrand, candidat malheureux devant Giscard d’Estaing, était 1er secrétaire du PS et où Pierre Mauroy, encore maire de Lille, était son second. Epoque aussi où l’union de la gauche « était un combat », c’est-à-dire où un PC, dirigé par l’inimitable* Georges Marchais, poursuivait le PS de sa vindicte.

Courait la petite histoire suivante :

Une brève paraît dans l’Humanité disant que le bruit se répandait à Lille que son Maire poursuivait les petites filles. Mauroy, rouge de colère, va trouver Mitterrand, le journal à la main. Celui-ci le calme en lui conseillant de ne pas tomber dans le piège d’une aussi évidente provocation.

Le lendemain, l’Humanité publie en une : « Un silence qui vaut un aveu ! ».
Du coup Mauroy, fou de rage, lance un communiqué de démenti.

Le soir, Le Monde titre : « Pierre Mauroy relance la polémique avec le Parti Communiste ».

eric-labarre.jpg 

 

Rappelons donc que le secrétaire général de l'enseignement catholique, Eric Labarre, a adressé avant les vacances une lettre aux chefs d'établissement des 8 300 écoles, collèges et lycées privés catholiques (Le Parisien, vendredi 28 décembre).

"Chaque école, collège ou lycée peut prendre les initiatives qui lui paraissent localement les plus adaptées pour permettre à chacun l'exercice d'une liberté éclairée à l'égard des choix aujourd'hui envisagés par les pouvoirs publics", écrit-il, s’agissant bien sûr du mariage pour tous. La Fédération de l’Enseignement Privé-CFDT (majoritaire) estimait que ce courrier ne créait pas les conditions du débat, mais "risque plus de servir de caution à certaines opérations partisanes et sectaires qu'à ouvrir des débats éclairés". Un autre syndicat fut plus explicite dénonçant dans un communiqué daté du 20 décembre « ce discours de pseudo-liberté qui vise de fait à utiliser parents, élèves et personnels des établissements privés comme chair à canon des combats de l’Église catholique ».

 

Or, imaginez-vous que Vincent Peillon, Ministre de l’Education Nationale, a osé écrire : «Le caractère propre de ces établissements ne saurait leur permettre de déroger au strict respect de tous les individus et de leurs convictions. Il convient donc d'appeler à la retenue et à la neutralité au sein de tous les établissements afin que l'école ne fasse l'objet d'aucune instrumentalisation.» 

Comble de son esprit polémique il a demandé aux Recteurs "de veiller à ce que les débats qui traversent la société française ne se traduisent pas, dans les écoles et les établissements, par des phénomènes de rejet et de stigmatisation homophobes", ce qui, on en conviendra facilement, est une véritable agression…

 

Il est donc bon – démontrant ainsi que la télévision publique n’est pas à la botte du pouvoir – que la spikerine de service dénonce cette agressivité des ministres socialistes (et des socialistes en général) envers l’église catholique et ses œuvres.

 

 

 

* Comme quoi la fameuse formule « l’histoire ne se répète pas, elle bégaie » semble se démontrer avec Mélenchon caricature de Marchais (ce qui est fort !).

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 11:20

ecole2Une enseignante d’un Lycée professionnel de Béthune est morte quelques jours après une tentative de suicide. Le « Café pédagogique », d’habitude mieux inspiré, comme une contributrice du Plus (Nel Obs), a rebondi sur ce fait divers. Oubliant, qu’à chaud, les réactions ne sont pas très propices à la réflexion.


Le décès qui a eu lieu le 19 octobre a été annoncé par un syndicat autonome des LP le 23. Si l’on en croit L’Humanité – mais sa version est identique à celles d’autres médias - "Sa dernière volonté était que personne de l'Education nationale ne soit présent à ses obsèques". La sœur de cette enseignante de 48 ans a retrouvé sur son ordinateur un brouillon de courrier électronique dans lequel elle évoque sa souffrance professionnelle. "Dans ce message, elle expliquait que ça n'allait pas cette année parce qu'elle avait des classes surchargées à 36, qu'elle avait un emploi du temps assez lourd et qu'elle se sentait oppressée par la hiérarchie de l'établissement", a indiqué Sylvie Vinsard (secrétaire académique du syndicat autonome). Elle craignait également que son poste soit supprimé à la prochaine rentrée scolaire, ce qui l'aurait contrainte à redevenir titulaire sur zone de remplacement (TZR), c'est-à-dire destinée "à parcourir les deux départements du Nord/Pas-de-Calais".


Une histoire individuelle sur laquelle Le Café pédagogique assène quand même : Personne ne sait grand chose sur les motivations de Marielle. Mais tout le monde reconnaît que cette enseignante de 48 ans, en mourant, a désigné l'institution scolaire. Dans ce qu’elle aurait écrit, elle désigne d’abord une politique (classes surchargées et emploi du temps lourd, c’est le résultat d’une politique affichée de suppressions de postes), puis la hiérarchie certes mais de l’établissement. Certainement qu’elle n’a pas bénéficié d’une écoute de l’équipe de direction, comme le dénonce la responsable syndicale, mais pas non plus de cette syndicaliste qui travaillait dans le même lycée.

A ce sinistre jeu de la culpabilisation le risque de dérives dangereuses est grand.

ecole en danger


Un mal être enseignant

 

Qu’il y ait un mal être enseignant n’est pas étonnant. Comment échapperaient-ils au pessimisme qui mine l’ensemble du corps social. Paradoxe français, alors que ce pays contrairement à ses voisins maintient un taux de natalité relativement élevé – indice d’une confiance dans l’avenir – il est l’un des plus inquiets sur le futur qui attend ses rejetons.


Que le mal être enseignant ait des causes plus spécifiques des rapports cités par Le Café pédagogique le démontrent. Tout en appelant à la nuance. Ainsi l'enquête menée par Eric Debarbieux et Georges Fotinos en 2011 et qui porte sur 11 820 enseignants du premier degré montre que 92% des enseignants trouvent le climat scolaire de leur école bon ou plutôt bon. La situation n’est évidemment pas toute rose. Ainsi un enseignant sur sept (15%) souffre d'ostracisme de la part de ses collègues ou de harcèlement là aussi fréquemment de la part de collègues. Un bon tiers dit se heurter à des élèves gravement perturbés. Et huit sur dix critiquent, si j’en crois la synthèse du Café, de façon virulente la hiérarchie. Et l’Inspecteur (IEN) est la première cible. Sauf que ses injonctions sont celles de la politique ministérielle. L’exemple des évaluations est pris, mais l’abandon calamiteux des évaluations 6e est dû à une décision arbitraire et absurde de Darcos (et c’est le moindre de ses exploits puisqu’il aura supprimé la formation professionnelle des enseignants et instauré la semaine de 4 jours en primaire).


L’apparente rébellion contre la paperasse peut aussi cacher un rejet d’évolutions que les pédagogos comme dit élégamment Jacques Julliard ont prônées. La notation-sanction est plus facile à manier que l’évaluation des compétences qui nécessite des grilles d’observation jugées fastidieuses. La recherche d’un consensus sur un projet d’école ou d’établissement est plus chronophage que la pratique individualiste du métier…


Dérive autoritaire et caporalisme

 

La dérive autoritaire que Darcos symbolisa, mais que Chatel, avec un peu plus d’onctuosité, a poursuivie (et qui s’inscrit dans une continuité) est indéniable. La transformation des Inspecteurs d’Académie - Directeurs Départementaux, en pleine responsabilité du primaire et, en partie, des collèges – en subordonnés directs de recteurs qui devaient s’inscrire dans une « culture du résultat », en l’espèce les suppressions de postes, est symptomatique d’une reconcentration. Le refus de fait de tout dialogue social a aussi marqué ces dernières années.


Pour autant, écrire qu’il faut changer la culture de l'encadrement que 10 ans de gestion autoritaire ont fait glisser vers le discrédit et le caporalisme relève peut-être d’une globalisation excessive. Entre les impulsions brutales d’un Darcos et la gestion du Principal du collège de Montcuq* (Lot), il n’y a pas, obligatoirement une transcription caporaliste. Et même des Recteurs peuvent, comme celui d’Aix-Marseille, J.P. de Gaudemar,  devenu conseiller de François Hollande, infléchir dans leur académie, les injonctions de leur ministre.


Un pouvoir de nuisance réduit

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Globalement, le pouvoir de nuisance que certains prêtent aux Inspecteurs ou personnels de direction est - faut-il le rappeler ? - très faible. Les Inspecteurs n’inspectent les enseignants – prévenus une semaine à l’avance – qu’une fois tous les 6 ou 7 ans, au mieux.

Les personnels de direction n’ont aucune autorité pédagogique officielle : le recrutement direct des personnels par le chef d’établissement envisagé pour les établissements difficiles est, pour le moment, et sans doute pour longtemps, dans les cartons. Ne parlons pas de la notation dite administrative qui est une pure mascarade. Mais s’ils ne peuvent agir directement dans la classe, ils ont une intervention pédagogique plus globale avec la constitution des équipes enseignantes de chaque classe – la répartition de services dans notre jargon – l’équilibre des emplois du temps, l’animation des conseils de classe, du conseil pédagogique, etc. Un prof peut donc se dire qu’il n’a que des classes pourries, un emploi du temps à trous et que son avis est méprisé en conseil de classe…


Ne tirez pas sur le pianiste

 

bonnetdaneQue certains chefs d’établissement ne soient pas à l’écoute des personnels, emportés qu’ils sont, non par le caporalisme – les personnels se plaindraient plutôt de ne pas assez les voir que trop – mais par le désir de développer leur établissement, de faire prospérer leur GRETA, de se faire valoir au Rectorat par leur présence dans les équipes de formation des futurs personnels de direction, etc. est indéniable. Mais s’ils bénéficient d’un (ou d’)adjoint(s) présents sur le terrain le climat du lycée peut être parfaitement vivable.

Quelques-uns peuvent être de redoutables petits tyranneaux. Sont-ils plus nombreux que les enseignants qui abusent de leur autorité ou sabotent leur travail ?

Certains, dans les établissements difficiles où le collège est souvent le seul service public qui reste, sont d’anonymes héros ; vivant sur place, présent avec leur adjoint et/ou CPE à l’entrée du collège, vigilant dans la journée à juguler tout incident, s’efforçant de créer ou maintenir un esprit d’équipe chez tous les personnels, ils s’usent souvent à la tâche.

Mais le plus grand nombre des chefs et adjoints sont des professionnels, tout simplement, pour la plupart d’ailleurs issus des corps enseignants, professionnels qui se servent d’outils un peu plus perfectionnés que le pifomètre, tels que les indicateurs de pilotage, qui ne sont pas tous non plus adeptes du doigt mouillé pour se mettre dans le sens du vent rectoral. Ils s’efforcent, avec plus ou moins de succès, d’impulser un projet d’établissement. Ils ont souvent l’impression que le rocher qu’ils ont poussé en haut, leur retombe sur les pieds.


Mais comme disait Albert Camus « Il faut imaginer Sisyphe heureux ». J’ajouterai quand même « Ne tirez pas sur le pianiste » même s’il commet quelques fausses notes. Et n’en faites pas un trop facile bouc émissaire.

 


*Choix tout-à-fait arbitraire ou plutôt dû à un souvenir encore vif d’un reportage de Daniel Prévost, pour « Le Petit Rapporteur », dans cette charmante commune.

 

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Pour ceux qui voudraient aller plus loin deux ouvrages toujours d’actualité :


 

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 08:18

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Rentrée en 6e en 1982

 

L’éducation offre à nos médias au moins deux marronniers annuels. Au début de l’été, le bac et en fin d’été, la rentrée. Laissons le bac (bradé bien sûr) et focalisons-nous sur la rentrée. Passons sur les vrais-faux chiffres du style « un enseignant pour 14 élèves » lancés par les réactionnaires (pardon, je veux dire les auteurs de réactions qui colonisent les commentaires). Passons aussi sur les habituels néo-poujadistes et leurs profs toujours absents, les élèves aussi d’ailleurs et l’école à feu et à sang.  On y reviendra. Mais commençons par une affirmation sous la plume d’une journaliste spécialisée qui, contrairement à un de ses collègues du Monde qui a réussi à s’extraire de l’éducation pour accéder à la nécrologie, s’incruste à la rubrique éducation de son hebdo comme la bernique à son rocher.


« Il faut réduire l’échec scolaire au primaire, où près d’un quart des élèves n’acquièrent pas le minimum nécessaire pour réussir au collège » écrit-elle. Une de ses collègues d’un quotidien du soir est moins sévère, puisqu’elle dit que « 15 % sortent non lecteurs du primaire ». D’où ça sort ?  De la DEPP de l’Education nationale mais toutes les études, nationales ou internationales sont au moins d’accord sur ces données. Tout au moins approximativement puisque pour les non lecteurs on oscille entre 15 et 20% selon les critères choisis, m’a répondu fort obligeamment, la seconde. Or on lit dans L’état de l’école 2011 (dernière parution) : En fin de CM2, 87,9 % des élèves maîtrisent les compétences de base en français et 90,1 % des élèves maîtrisent les compétences de base en mathématiques. Le même « état de l’école » synthétise une autre évaluation (« Cedre ») qui estime à 13 % les élèves en difficultés en CM 2 dont 2 %, en très grandes difficultés.

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Peut-on convenir qu’un non lecteur est un illettré en puissance ? Si oui, il faudra aussi convenir que le collège n’est pas si minable que cela, puisqu’à la sortie, à 17 ans, aux JAPD devenue Journée défense et citoyenneté, seuls 4,9 % - surtout les garçons – sont estimés illettrés (chiffre cohérent avec une enquête INSEE sur 10 000 personnes qui chiffrait à 4,5 % les 18-25 ans illettrés).

 

Autre chiffre catastrophe mis en avant, 120 000 à 150 000 jeunes sortent du système sans diplôme. VRAI : une étude commandée par la Haut conseil à l’éducation estime ces sorties à 140 000. Mais seulement 40 000 d’entre eux sont considérés comme sortant « sans qualification ». Avec une diminution de 75 % pour ces derniers de 1975 à 2005.

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Les profs, c’est bien connu, c’est feignasses et compagnie.Toujours en vacances et, quand ils ne sont pas en grève, en congés maladies, jamais remplacés bien sûr. Et un prof pour 14 élèves, les rares fois où ils sont au boulot, ils se la coulent douce.

 

La France a le taux d'encadrement le plus faible des 34 pays de l'OCDE, selon une note de 2011 du Centre d'analyse Stratégique (CAS), organisme rattaché à Matignon, prenant pour référence l'année 2007. Vous avez bien lu, 2011 ! avant que les hordes barbares socialistes n’envahissent le pouvoir, illégitimement.

 

Quant aux absences des profs, une étude commandée par Darcos à un truc privé tendait à faire croire que près d’un enseignant du primaire sur deux posait un congé maladie. L’étude, à ma connaissance, n’a jamais été publiée in extenso. En revanche, l’éducation nationale en a diffusé une d’où il ressort que le taux d’absence, dans le 1er degré, est de 7,31 %, ce qui n’est pas divergent des chiffres de la Fonction Publique. Mais le gros problème des absences, c’est le remplacement : il est assuré à 81 % (hors congés de maternités ou de longue maladie assurés à 100 %).

 

D’accord, 140 000 élèves qui quittent l’école sans diplôme (autre que le Brevet du collège) : c’est beaucoup trop. La violence à l’école, qui n’est mesurée que très récemment, est insupportable, comme est totalement indécent – et absurde – une proposition d’une mutuelle (?) d’assurer sur le racket (elle le propose aux commerçants corses ?). Les absences injustifiées des élèves nourrissent l’échec scolaire.

 

Pour autant, faut-il caricaturer l’école et son fonctionnement, en lançant des chiffres infondés, en exagérant ses maux et en masquant ses progrès ?


 

Pour ceux qui veulent avoir une vue d’ensemble, outre « L’état de l’école », ils peuvent consulter  « Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche ».

La MGEN a parrainé deux études « Le climat scolaire dans les lycées et collèges. Etat des lieux. Analyse et proposition » et « La qualité de vie au travail dans les lycées et collèges », étude qui se penche sur le « burn out » des enseignants.

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 18:56

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05 12 tarifa manif-0122 mai, sur la belle promenade ombragée qui va vers le port et le château de Guzman – sa statue la conclut – une manif regroupe élèves, parents et enseignants. Echo local d’une grève nationale dans l’éducation, de l’école primaire à l’Université, ponctuée de manifs géantes dans les capitales provinciales et Madrid. Comme en France, les chiffres divergent : 25 000 manifestants selon la police, 150 000 selon les organisateurs, à Barcelone, par exemple ; 80 % de grévistes pour les syndicats, 22,7 pour le ministère de l’éducation !

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Le gouvernement de droite veut faire passer l’éducation de 4,9 % du PIB à 3,9 %. Les mesures préconisées ne nous sont pas inconnues : abandon de l’appui à la préscolarisation des moins de 3 ans et des mesures d’aides aux élèves rencontrant des difficultés dans le tronc commun, orientation précoce vers la voie professionnelle, alourdissement des effectifs par classe, délai de carence de 14 jours pour le remplacement des profs absents, etc.

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Rajoy fait rien qu’à copier notre sortant-sorti !

 

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En complément une vidéo AFP (avec malheureusement de la pub en entrée) :

 

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 21:12

francois-bayrou-le-4-fevrier-2012bis

Le candidat de la Société des agrégés ? En tout cas, un programme dont le corporatisme ne risque pas de froisser le SNALC, ni même le SNES qui, sur ce terrain, ne le cède pas au syndicat de droite assumée.


Nous avons l’intention d’installer le verbe "instruire" au coeur de la campagne électorale comme nous avons installé le verbe "produire"” a-t-il proclamé. Mais ce n’était pas que pour la rime.


Car les seules mesures concernant les élèves consistent implicitement à rétablir un concours d’entrée en 6ème et à instaurer un super-bac, un bac d’excellence. "Aucun élève ne doit entrer au collège s'il n'est garanti qu'il maîtrise la lecture et le calcul". Si l’on ajoute qu’il prône un collège différencié et la mise hors les murs des élèves trop remuants, on voit qu’on est très loin d’une école fondamentale, prenant en charge tous les élèves de 3 à 16 ans.


Sous une apparente neutralité pédagogique – il rend même un apparent hommage aux Cahiers pédagogiques – il intervient dans le faux procès sur l’enseignement de l’Histoire en terminale S, et « il pousse jusqu'à reprendre les critiques sur la méthode globale... » (Café pédagogique), repartant sur un autre faux débat lancé naguère par de Robien. En bon centriste, il corrige cependant en affirmant que “le apprendre à apprendre doit être le socle ”.


S’agissant des moyens – sérieusement amputés pendant le quinquennat – il pourfend  François Hollande et ses 60 000 postes, en clamant, drapé dans le drapeau de la rigueur, que  " tout le monde le sait, sauf ceux qui consciemment ont décidé de tromper les Français, la France doit sortir du surendettement qui l’asphyxie, si elle veut préserver son modèle social et de services publics."

 

Cependant, dans un en avant vers le passé, il propose de rétablir les répétiteurs. Pourquoi pas d’ailleurs, s’il s’agit, en diminuant l’horaire élève hebdomadaire, d’instaurer une école tout compris où l’élève rentre chez lui, sans contrainte de devoir ou leçon à la maison (ce qui est, le cas, du plus grand nombre de travailleurs, qui, rentrés chez eux, sont en principe libérés des tâches professionnelles).

Profs : opération séduction


Autocollant du PS manifestation du 24 janvier 1994Mais, comme le note Philippe Watrelot, il s’agit essentiellement d’une opération séduction en directions des profs. L’ancien ministre de l’éducation nationale (1993-1997), dont le passage au ministère a été surtout marqué par la gigantesque manifestation laïque du 16 janvier 1994, aurait séduit près d’un tiers des profs en 2007. Il cherche à rééditer le coup.
Il les prend donc dans le sens du poil.


Pour commencer, un peu de baume au cœur meurtri des enseignants, las des attaques : “Ceux qui mettent en accusation” les enseignants, il leur demande de leur lâcher les basques ; ceux qui disent “qu’ils ne travaillent pas assez, ne tiendraient pas deux heures en face d’une classe de collège.


Pas question donc de toucher au décret de… 1950 qui fixe le statut des profs uniquement à partir d’obligations d'horaires de cours hebdomadaires. Il rejette l’évaluation faite par le seul chef d’établissement.


Non à la réformite enfin. Il est vrai que de refonte de programmes, en modifications profondes des lycées, en particulier des filières technologiques et professionnelles, en passant par le socle de compétences, sans oublier des décisions aussi absurdes que la semaine de quatre jours, le système éducatif a, lui, manqué d’un socle stable. Si l’on ajoute la saignée des personnels qui alourdit les conditions de travail, on peut comprendre que beaucoup d’enseignants ne veulent plus entendre parler de réformes.


Le rôle des parents n’est évoqué qu’en référence implicite à leurs carences éducatives puisqu’il préconise une « école des parents ». La dimension socio-économique est complétement occultée : tous ceux qui ont vu Intouchables se souviennent de la (fausse) mère de Driss qui femme de ménage – pardon technicienne de surface - est absente le matin de bonne heure et le soir tard, à peine là quand les enfants partent à l’école ou au collège, et encore moins là à leur retour. Ce n’est pas une « école des parents » qui va résoudre ce type de situation.


Des vœux pieux


Rien, on l’a vu, sur la politique de non remplacement des départs en retraite, si ce n’est qu’il la stopperait, sans réparer les dégâts.


L’annonce d’un plan de progrès continu, inscrit dans le long terme pour vraiment changer les choses, dont le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il gagnerait à être formulé de façon plus concrète.


La volonté, que tout un chacun ne peut que partager, que l’école soit un lieu d'où la violence est exclue et où le respect est la règle entre élèves et enseignants, à l'égard des enseignants et dans la cour de récréation. Rappelons d’abord que c’est la situation de la grande majorité des écoles, collèges et lycées. Mais que là où les problèmes se posent, les pétitions de principes ne suffisent plus.


Seule une proposition – qui ne peut que faire consensus dans le milieu éducatif – est parfaitement concrète et précise : la reconstruction d'une année de formation en alternance [pour les nouveaux enseignants] avec exercice dans la classe et transmission de l'expérience d'autres enseignants est impérative… Même, si elle néglige, la dimension réflexive et non pas seulement imitative d’une formation professionnelle : un BTS en alternance, par exemple, ne se satisfait de la seule transmission de l’expérience de professionnels reconnus.


Un programme éducatif donc au conservatisme évident, aux inclinaisons élitistes affirmées et aux grandes intentions floues, dont le but est de séduire les électeurs enseignants et non de tracer un projet d’une école de la réussite pour tous. Pour parodier une formule sciemment déformée, Bayrou place le prof au centre du système éducatif.

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