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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 22:48

 

Cope OuestFrance

 

 

cope el-pais

 

 

 

cope ilmessagiero

 

 

cope DailyMail

 

 

 

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Cope Spigel

 

 

 

cope libreBelgique

 

Grotesque, pitoyable, surréaliste, tragicomique : les qualificatifs ne manquent pas pour évoquer un non-événement que les éditorialistes français ont appelé « la nuit du poker menteur » ou encore « la nuit des longs couteaux ». Sauf qu’il s’agissait alors d’assassinats commis par les nazis principalement dans la nuit du 29 au 30 juin 1934 alors que, dans la nuit du 18 au 19 novembre 2012, on a vu s’organiser une sorte de suicide collectif autour de Jean-François Copé et de François Fillon, l’un chantre d’une « droite décomplexée » pour contenir, croit-il, l’extrême droite, l’autre apôtre d’un rassemblement incluant aussi bien les modérés que les orphelins d’un ex-président que d’aucuns sont las d’attendre.

L’Orient-Le Jour Liban

 

Victoire «à l’arraché» pour L’Express , «sur le fil» pour Libération, «au forceps» pour Le Figaro… Toute la presse souligne la minuscule avance de Jean-François Copé, proclamé lundi soir président du premier parti d’opposition de France, avec 98 voix d’avance seulement sur son rival François Fillon. Ce, vingt-cinq heures après la fin du vote des militants, dans un «petchi» justement moqué par la Tribune de Genève : «Dépasser en ridicule le congrès socialiste de Reims paraissait mission impossible. Mais en politique française, le pire est toujours probable»…

Et pour finir, ce titre dans El País, qui montre que non seulement la droite française, la scène politique française mais peut-être aussi la France tout court ont pris une grosse claque ces dernières heures: «Le xénophobe Copé prend la présidence de la droite française

Le Soir Belgique

 

  * Petit clind'oeil à Gaël Legras et à sa chronique "Vu de l'exérieur" dans La nouvelle édition (Canal+)

 

Voir aussi :Copé, maître étalon du cynisme

 

BONUS

Là ça serait, grâce à Géhém, plutôt vu à l'interieur :

gehem-rond-de-ch.jpg

 

Super BONUS

Un extrait de La nouvelle édition  de Vendredi 23/XI, avec d'abord Nicolas Domenach puis "Vu de l'extérieur"

 

 

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 18:53

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La mise en cause du ministre de l’Intérieur dans la remise à la Justice espagnole d’A. Martin est totalement injustifiée. Le Mandat d’arrêt européen a été mis en place pour mettre fin à des procédures d’extradition diverses et dont l’exécution était soumise au bon vouloir de l’exécutif. Ce MAE ne relève que du judiciaire. Et Batasuna ne fut que la vitrine légale d’une ETA criminelle.


Déchaînement, anti Valls : « Ce que Guéant n'avait pas osé faire, le ministre Valls vient de le commettre», assène Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF et conseiller municipal de Pau. Le Parti de gauche pour ne pas être en reste avec son partenaire entonne le même couplet menteur, en y ajoutant Hollande pour faire bon poids  : « là où en 2011, Guéant et Sarkozy avaient reculé (...), Valls et Hollande n'ont pas hésité une seconde à livrer, sous couvert d'un mandat d'arrêt européen, une citoyenne française poursuivie pour des faits légaux dans notre pays ». Noël Mamère, qui n’est jamais à une outrance près, affirmait que Valls jouait « un jeu extrêmement dangereux dans le but de soigner son image de ministre de l'Intérieur intransigeant ».


Nuire au gouvernement

 

La volonté farouche de nuire au gouvernement fait oublier au PCF et au Parti de fauche leur fibre Républicaine. Eh quoi, les admirateurs de Robespierre, les pourfendeurs de tout soupçon de communautarisme, défenseurs acharnés d’une indépendantiste basque, ennemie de notre République une et indivisible ?


Seul un sénateur Modem, Jean-Jacques Lasserre pose une question susceptible de mettre en cause Valls : « On nous dit que cette arrestation est fortuite. Je demande au gouvernement de procéder à une enquête ». Mais qui ne porte que sur l’opportunité ou pas d’une arrestation, fruit d’une éventuelle décision de l'exécutif.


Sinon, les politiques (et les médias qui ont orchestré les attaques) auraient pu s’informer sur ce Mandat d’Arrêt Européen. Ainsi auraient-ils pu découvrir que si la procédure de l’extradition, à laquelle elle se substitue, « implique, en droit français, une décision du pouvoir exécutif », celle-ci est exclusivement judiciaire.

C’est donc à juste titre que M. Valls rappelle que "L'exécution du MAE est une décision de la justice. (…) Ce n'est pas du ressort du ministre de l'Intérieur que je suis. Je n'ai pris ici aucune décision". La garde des Sceaux a, elle,  rappelé que la jeune femme avait épuisé toutes les voies de recours juridiques, (y compris, la cour de cassation et la Cour européenne des Droits de l’Homme). (Nel Obs 03/XI/12). Autrement dit, la Justice française a estimé que ce mandat lancé par la Justice espagnole pouvait être exécuté.

 

Ne pas oublier ce qu’est l’ETA

 eta22032006.jpg

Faut-il rappeler au passage que l’ETA dont on pouvait soutenir la lutte sous le franquisme a fait plus de morts dans l’Espagne démocratique que sous le régime du Caudillo ?

 

A commencer par l’assassinat de celles et ceux qui, après en avoir été des héros sous la dictature, ont voulu renoncer à la lutte armée. Ainsi de María Dolores González Katarain, dite « Yoyes ». En 1978, après avoir dirigé les commandos armés de l’ETA, elle émigre au Mexique où après des études de sociologie elle travaille pour les Nations Unies. En 1985, elle revient au Pays Basque. Avec lucidité elle écrivait : « je trouve inacceptable qu'une organisation qui se dit révolutionnaire utilise des méthodes fascistes ou staliniennes contre des personnes qui, à une époque donnée (lointaine en ce qui me concerne), en ont fait partie ». Le 10 septembre 1986, elle est abattue à Ordizia, en pleine rue, sous les yeux de son fils de 3 ans. Son frère, conseiller municipal de la localité et membre d’Herri Batasuna ne condamnera pas l’assassinat de sa sœur.

En 1984, le cerveau de l’évasion de membres de l’ETA de la prison de Basauri, en 1968, Miguel Solaunn avait déjà été abattu : il avait refusé de participer à un attentat contre des logements de Gardes civils.

 

Depuis la fin du franquisme, l’ETA n’est qu’une organisation criminelle dont Batasuna fut la vitrine légale.

 

On peut comprendre que l’Espagne démocratique n’a pas tout-à-fait la même vision que la France sur Batasuna. On peut donc comprendre aussi qu’Aurore Martin ne soit pas poursuivie, en France, pour participer à la vie de la branche française de ce mouvement, mais qu’elle puisse l’être pour avoir participé à celle de la maison mère, en Espagne. Franco est mort depuis 37 ans : peut-on encore s’interroger sur l’état de Droit en Espagne ?

Rien ne l’interdit, bien sûr. Comme on peut se poser des questions sur le rejet des recours d’A. Martin par notre propre Justice. Il serait d’ailleurs intéressant d’en connaître les attendus. On peut s’interroger sur les conditions de son arrestation. En n’oubliant pas, toutefois, que laisser à l’appréciation de l’exécutif le soin de juger de l’opportunité ou pas d’appliquer une décision de justice est une porte ouverte à l’arbitraire.

 

Mais, le déchaînement gratuit contre le Ministre de l’Intérieur est une manœuvre politicienne, ce que confirme l’appel au Président de la République. Dans quelle République serions-nous où le chef de l’état interviendrait dans une décision qui relève de la seule Justice ?

 

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 17:45

passe-temps

 

Du dieu Vulcain, quand l'épouse friponne
Va boxonner loin de son vieux sournois,
Le noir époux, que l'amour aiguillonne,
Tranquillement se polit le chinois.


Va-t-en, dit-il à sa fichue femelle,
Je me fous bien de ton con chassieux ;
De mes cinq doigts, je fais une pucelle,
Masturbons-nous, c'est le plaisir des dieux.

 

La chanson paillarde ne jetait pas tout-à-fait l’opprobre sur cette pratique solitaire. Que condamnaient religion, morale et médecine*. La masturbation rend aveugle, en Espagne. Elle rend sourd, en France. Et idiot un peu partout, comme si dans le jaillissement du liquide séminal, c’était de la matière grise qui s’envolait.

 

De fait, quand, aux beaux jours, les piétons que nous sommes sont tympanisés par des voitures aux puissants hauts-parleurs dont les basses font trembler les vitrines, nous sommes tentés de penser que les jeunes branleurs qui les conduisent ont dû abuser du jeu du cinq contre un, ce qui a profondément nui à leurs capacités auditives et intellectuelles.

 

On conviendra cependant que ces constations empiriques n’ont aucune valeur scientifique. La semi-surdité peut venir d’oreillons mal soignés. Le crétinisme du bisphénol A dans les biberons, de la surnitratisation de l’eau en basse Bretagne, du manque d’iode dans les eaux montagnardes…

 

Mais, miracle, tous les adeptes de la veuve poignet, pouvaient se réjouir, un travail scientifique australien nous apprenait que la masturbation protégeait du cancer de la prostate. « On pouvait donc prendre sa santé en main » comme le remarquait finement un journaliste scientifique. Masturbation 'cuts cancer risk' Men could reduce their risk of developing prostate cancer through regular masturbation, researchers suggest” L’enquête australienne portait sur 1000 personnes atteintes du cancer de la prostate et 1250 non touchées. Il en ressortait que ceux qui avaient le plus éjaculé entre 20 et 50 ans avaient moins de risques de développer un cancer. Avec un bémol cependant pour ceux qui multipliaient les partenaires à cause du risque de maladies vénériennes propices à l’apparition du cancer de la prostate ultérieurement. La conclusion logique était donc : "If these findings hold up, then it's perfectly reasonable that men should be encouraged to masturbate", ce qui traduit à la truelle doit vouloir dire que si ces découvertes sont avérées, il est tout-à-fait raisonnable d’encourager les hommes à se polir le chinois !

 

Patatras, voilà que des chercheurs de la perfide Albion, nous ressortent, à leur façon, l’antienne sur les dangers du paluchage intense. Le Dr Polyxeni Dimitropoulou et ses collègues de l'université de Nottingham (Royaume-Uni) aurait en effet montré qu'une activité sexuelle intense entre 20 et 40 ans entraînerait des risques plus importants de développer par la suite un cancer de la prostate. Leur enquête a porté sur des hommes dont le cancer de la prostate a été diagnostiqué avant 60 ans (un peu plus de 400 et un groupe témoin équivalent). Il en ressort que la pratique de l’onanisme, deux à sept fois par semaine entre 20 et 30 ans augmentait le risque de 80 % par rapport à une branlette mensuelle. Et ce risque reste de 70 % plus élevé, si l’on se crosse, comme disent les québécois, une fois par semaine ou plus, entre 30 et 40 ans !

 

En revanche, après 50 ans, l’autoérotisme redeviendrait bénéfique. Il permettrait d’éviter l’accumulation du liquide séminal dont certains composants auraient des effets cancérigènes s’ils stagnaient dans les canaux prostatiques.

 

La conclusion serait donc qu’il vaut mieux être un vieux qu’un jeune branleur !

 

« Chez l’adolescent, la masturbation est un vice moral qui a les plus déplorables effets sur la santé, car il ébranle les systèmes musculaire et nerveux, il affaiblit l’intelligence et les sens, il altère les fonctions organiques et morales, et il conduit lentement à l’hébétude, à la tristesse, à la paralysie, à la phtisie tuberculeuse pulmonaire et à une consomption mortelle. Chez l’homme, la masturbation est très souvent l’origine d’une dyspepsie hypocondriaque ou d’une folie dont la cause reste toujours inconnue au médecin. »  E. Bouchut, Armand Després, Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicale, Librairie Germer Baillière, Paris, 1877
 

Aucune étude pour les femmes ?

Aucune étude pour les femmes ?

 

Se masturber 21 fois par mois évite les maladies

Les doutes sont-ils levés ?

Une nouvelle étude, dont le Huffington Post s’est fait l’écho à la mi-juillet 2017, assure que se masturber fréquemment peut diminuer systématiquement le risque de souffrir d’un cancer de la prostate.

Mais qu’entendent-ils par fréquemment ? “Oh, par là, j’entends pas grand chose” aurait répondu Pierre Dac ; mais selon une étude récente de l’Université de Harvard, les hommes qui éjaculent 21 une fois ou plus par mois diminuent d’un tiers le risque d’être frappé par cette affection.

Pour arriver à la conclusion que plus on se masturbe moins on risque le cancer de la prostate, les chercheurs ont enquêté sur 31 925 hommes, sur 18 ans !

Selon des experts, ce résultat serait dû à ce que l’éjaculation permettrait de se purger de toxines et bactéries nocives qui sinon s’accumuleraient dans la prostate. Mais cette explication condamnerait donc une pratique, dont les vertus sont cependant louées, la pipe en avalant la fumée, car comment inciter la/le partenaire à avaler un liquide qui serait aussi toxique ?

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 14:47

racisme-foot-strasbourg

Image reçue par courriel, avec en commentaire : 

 

"HISTOIRE ALSACIENNE

Le Racing Club de Strasbourg est réputé être un "club marqué par une forte identité régionale".

Celui-ci dispose en effet d'un centre de formation" (depuis 1972) dont le budget pour la saison 2010-2011 s’élève à 2,5 millions d'Euros (financé pour 1,5 million d'Euros par les Collectivités Territoriales et pour 1 million par l'entreprise RC Strasbourg).

Qui ose maintenant encore croire que le climat de l'Alsace est plutôt rude et manque cruellement d'ensoleillement ?

A envoyer à tous vos amis alsaciens et ceux qui aiment l'Alsace pour son authenticité, afin qu'ils puissent s'identifier à l'équipe qu'ils se feront un plaisir de soutenir durant cette nouvelle saison 2011-2012.

Un plaisir à consommer sans modération, cela va de soi. Sérieux : la photo n'est pas truquée Vive l'Alsace ! Et vive ses authentiques représentants !"

 

« La photo n'est pas truquée » est-il affirmé. Elle est en tout cas signée de Karim Chergui qui est, de fait, un photographe quasi attitré du RC Strasbourg. On peut donc admettre qu’elle est authentique. Que montre-t-elle ? Dix sportifs noirs qui, vu leurs gabarits et le fait que l’un d’entre eux porte une tenue différente des autres, sont sans doute des fouteux. Ils sont dix donc ce n’est pas une équipe complète. Ils sont implicitement censés être issus du centre de formation du RC Strasbourg (les informations sur le budget de ce centre sont tirées de wikipedia). Or ce centre ne compte pas que dix membres, puisqu’il recrute de 15 à 21 ans. Donc cette photo, (non datée, non légendée) toute non truquée qu’elle puisse être, illustre un pur et délibéré mensonge : elle n’est aucunement représentative du centre de formation. En revanche, elle est parfaitement représentative du racisme de ceux qui ont fabriqué ce message et de ceux qui le relaient.

 

racisme-foot-strasbourg2 

Sans faire de grande recherche, on tombe sur cette photo de membres de ce centre – les 15 ans – en visite à Barcelone.

Comme les maillots sont mélangés, peut-être échangés, difficile de distinguer nos jeunes strasbourgeois des jeunes barcelonais qui les accueillent. Mais, n’en déplaise à nos racistes, ils ne sont pas, comme aurait dit Finkielkraut, black, black, black ! La composition de l’équipe du RC Strasbourg – équipe qui a sombré en CFA2, en principe formée d’amateurs – en 2012, semble assez blancs-blacks-beurs.

racisme-foot-strasbourg-joueurs2012

 

Les remarques climatiques sont niaises : l’anonyme auteur ignore que Strasbourg est, en moyenne, un peu plus ensoleillé que Paris (et bien sûr Brest). Certes l’hiver y est rigoureux, mais cela traduit une vision à la Guaino d’un homme africain, non seulement pas entré dans l’histoire, mais ne pouvant survivre aux rudes hivers alsaciens. Nos braves généraux de la Grande Guerre ne se posaient pas de telles questions quand il s’agissait d’envoyer les braves tirailleurs sénégalais (« y ‘a bon Banania ») dans les tranchées boueuses. Et nos lointains ancêtres venaient d’Afrique ! Quant à cette forte « identité régionale », elle inciterait à franchir sinistrement le fameux point Godwin : s’agirait-il de ne recruter que des grands brachycéphales, blonds, aux yeux clairs, parlant alsacien ? Est-ce que Adel Benchemane, qui vient de Bartenheim, ou Vauvenargues Kéhi, formé au club, participent à l’identité régionale du club de CFA 2 ? Et, ce qui est étonnant de la part de pseudo-républicains qui dénoncent de prétendus communautarismes, est cette exaltation d’une identité régionale.

 

Que Robert X, à l’esprit aussi lourd que sa démarche est pataude, s’esclaffe à grand bruit sur la peu bas-poitevine composition de l’équipe de foute de Luçon (en CFA et non CFA2, elle) n’étonne pas de ce beauf à l’ancienne. Mais là, il ne s’agit pas de propos de zinc, mais d’un racisme aussi gratuit que prosélyte. Et pas l’œuvre d’un personnage qui illustre le fameux adage « le cerveau ne s’use que si l’on ne s’en sert pas ». Les attardés du bulbe, qui ont fabriqué cela, ne sont pas des piliers de bistrot – ou, tout au moins pas à plein temps – puisqu’ils sont à l’affût sur la toile d’images à détourner et d’articles à charcuter pour en extraire des citations aux rapprochements percutants. Et ces petits artisans d’un racisme souterrain sont complaisamment relayés par des bacs+3 ou 4, qui ont mis leurs capacités intellectuelles en berne !

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 17:08

Emile-Roemer1

Un mélenchonnien batave qui se banane, les partis europhiles qui l’emportent, l’extrême-droite populiste qui s’effondre dans une élection à la proportionnelle intégrale : circulez, y a rien à voir !

 

Le 8 septembre, le magazine du Monde, pleine page, annonçait qu’Emile Roemer, un néerlandais mélenchonniste, devançait le Parti Libéral dans les sondages. Le 9, le site de l’Express titrait sur le Mélenchon à la sauce hollandaise, dont le parti avait le vent en poupe. Résultat le 12 septembre, le « Parti socialiste » - eh oui, c’est son nom – de Roemer stagnait, tandis que les libéraux gagnaient 10 sièges et les travaillistes 8 ! Mais avec un système de proportionnelle intégrale, seule une coalition peut gouverner.

 

Le gouvernement sortant s’appuyait sur une alliance libéraux-démocrates chrétiens qui ne survivait que grâce à l’appui de l’extrême-droite populiste et xénophobe de Geert Wilders, pratiquant un soutien sans participation. Le parti europhobe – partisan comme le FN de la sortie de l’Euro – avait provoqué la démission du 1er ministre, donc les élections. Il n’en a tiré aucun bénéfice puisque il a perdu 5 points et 9 députés. Ce dont, ici, on aurait dû de réjouir.

 

emile-roemer mao Emile Roemer, le Mélenchon batave, est aussi perpétuellement souriant que son modèle français est constamment rogue. Le Parti socialiste dont il est le leader est un ancien parti maoïste qui ne s’est un peu démaoïsé qu’après la chute du mur de Berlin. "Voter SP, c'est prendre une assurance pour que les sociaux-démocrates cessent leur politique de droite" : remplacez SP par Front de gauche et vous avez du Mélenchon en V.O. ! Il se voyait beau, l’oncle Emile, surnom que lui valait son côté jovial : la 2e place, devant les travaillistes, lui était promise par les sondages. Vanitas vanitatum, et omnia vanitas. Le triomphe annoncé ne s’est quand même pas transformé en déroute comme pour l’extrême droite : le SP a maintenu ses positions, ni plus, ni moins. En revanche les sociaux-traîtres, les travaillistes, talonnent les libéraux et ont gagné 8 sièges.

 

Le vote europhobe attendu s’est traduit par la victoire claire des partis europhiles. A juste titre, sans doute, les eurosceptiques ont refusé de voir dans ce vote un plébiscite pour l’Europe. Pas plus que le non au référendum dans notre beau pays ne constituait un plébiscite contre l’Europe. Vote protestataire avant tout où les enjeux européens passaient au second plan, chez nous. Chez les bataves, crainte d’un saut dans l’inconnu avec l’abandon de l’euro, ce qui n’enlève pas la réticence à financer les cigales du Sud, que l’on retrouve dans l’opinion allemande.

 

emile-roemer scores Source du tableau : wikipedia

Beauté de la proportionnelle intégrale : un parti des animaux avec à peine 2 % des voix obtient 2 sièges. Sur 150 sièges le parti le mieux placé, libéral, obtient 41 sièges. Le parti travailliste 39.

 

Si l’on projetait ce système en France – en prenant pour base les scores au 1er tour des présidentielles seul résultat utilisable pour ce genre d’exercice – on aurait un PS+Radicaux de gauche à 165 députés, l’UMP à 157, le FN à 103, le Front de gauche à 64, le Modem à 53, les verts à 13, Debout la République à 10, le NPA à 7, L.O. à 3 et Cheminade avec 1 siège ! Aucune majorité ! Même une alliance UMP-FN n’aurait qu’une majorité relative. Une improbable alliance PS+verts+Front de gauche serait encore plus minoritaire même avec les trotskystes.

Le fonctionnement du parlement européen avec des majorités à géométrie variable n’est pas transposable. Les néerlandais qui ont la pratique du compromis aboutiront sans doute à une alliance libéraux-travaillistes, non sans difficiles et longues négociations.

 

Inimaginable en France où même une alliance PS-MODEM provoquerait les hauts cris de bogôs mélenchonnistes, plus prompts à descendre du social-traître qu’à combattre la droite.

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 21:40

cumul-rebsamen_2.jpg

Le sénateur doit avoir un ancrage territorial clament des caciques du PS (discrètement approuvés par leurs collègues de droite à qui ils évitent de monter au créneau). Sont-ils des supermen, les Rebsamen, Collomb, Ries, mais aussi Gaudin, Retailleau, Copé, etc. qui cumulent des fonctions d’élus à plein temps. Et le Sénat est-il une assemblée vraiment démocratique dans son mode d’élection ?


Le Sénat assure la représentation des collectivités territoriales de la République, dit la Constitution. Les sénateurs sont élus, au suffrage indirect, par 150 000 grands électeurs, issus desdites collectivités. Partant de ce rôle et de ce mode d’élection assez baroque, les pro cumul - dont François Rebsamen, le président du groupe socialiste au Sénat - construisent un pur sophisme, clamant que, puisque les sénateurs représentent les collectivités locales, ils doivent pouvoir garder « leur mandat local". Un des  membres de la commission Jospin dit : "A titre personnel, je trouve que Rebsamen a de vrais arguments, l'ancrage local est important."


Notons d’abord que cette affirmation est assez insultante pour celles et ceux des sénateurs(trices) qui n’ont pas ou plus de mandat local. A commencer par les Sénateurs représentant les Français de l’étranger. Mais aussi, un Claude Dilain, qui a quitté son poste de Maire de Clichy-sous-Bois, un Edmond Hervé ex-maire de Rennes et bien d’autres.


Qu’est-ce qui assure le plus la représentation des « états » qui constituent l’union, que le Sénat Etats-Unien ? Elus au suffrage universel, mais avec deux par état quelle que soit la taille, ces sénateurs ne cumulent pas leur mandat avec une fonction exécutive locale, Maire par exemple.


Ne pas confondre ancrage local avec cumul !

 

Car c’est bien là, la grosse ficelle de Rebsamen et consorts : ils agitent le fameux « ancrage local » qui, en soi, ne pose pas de problème, pour faire passer le cumul avec de lourdes fonctions dans un exécutif local. Maire d’une commune de moins de 3500 habitants n’est pas la même chose que de la deuxième ou troisième ville de France (Marseille, Lyon), conseiller général ou régional n’est pas la même chose que Président ou vice-président d’un conseil général ou régional !


Monsieur Rebsamen, s’il s’était vu proposer le poste ministériel occupé par Manuel Valls, n’aurait-il pas su trouver un(e) adjoint(e) pour lui succéder à Dijon, comme Valls a su le faire à Evry ?


Et quel superman ! Sénateur, il préside le groupe le plus important, PS et affiliés ; il est en même temps Maire de Dijon, une bourgade de 150 000 habitants, Président de la communauté d’agglomération de Dijon et Président de l’association des maires de la Côte-d’or. Il est vrai que Jean-François Copé, lui, Maire de Meaux, du temps où il présidait le groupe UMP à l’Assemblée Nationale réussissait encore à faire avocat à 20000 € mensuel (non soumis à l’écrêtement).

 

A qui fera-t-on croire que Gaudin, Colllomb, Ries, Retailleau et les autres peuvent remplir leur mission d’élus de la nation à plein temps, en tant que sénateurs, et leurs rôle de maires de métropoles ou de Président de conseil général à plein temps également ? Ils dévalorisent les fonctions auxquelles ils ont été élus. Et ils restaurent un système féodal en se taillant des sortes de fiefs électoraux où ils sont inexpugnables. D’autant qu’ils contrôlent aussi les instances du parti majoritaire dans leur fief. B. Retailleau, Président de Conseil Général, en est un bon exemple qui, après avoir habilement expulsé le Vicomte de Villiers, a rallié l’UMP dont il est le patron de fait en Vendée. Et ne parlons pas de Gaudin, membre des instances nationales et patron de l'UMP local.

La boulimie de certains d’entre eux pour les casquettes en tout genre semble insatiable. Ainsi, si l’on en croit wikipédia, le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, a été élu en juin 2005 président de la Commission coopération décentralisée du réseau mondial Cités et Gouvernements Locaux Unis, puis président de l'Agence mondiale de solidarité numérique en juillet 2005, il préside également la Commission des affaires européennes et internationales au sein de l'Association des maires de grandes villes de France. Élu en octobre 2006 à la présidence de l’Association des communautés urbaines de France, Gérard Collomb, a présidé également de novembre 2006 à novembre 2008 Eurocities, réseau qui fédère les 130 métropoles les plus importantes d’Europe. Faut-il ajouter qu’il préside bien sûr la communauté urbaine du grand Lyon ?

 

Bien que le sénateur, comme le député, l’élection acquise, devient l’élu de la nation, admettons ce fameux « ancrage local » des représentants des collectivités territoriales. Qu’un sénateur soit ou conseiller municipal, ou conseiller général ou régional, pourquoi pas ? Mais plus aucun cumul avec des fonctions dans des exécutifs locaux, Maire ou adjoint(e), Président(e)  ou Vice-président(e) d’un conseil général ou régional. . A la limite, Maire ou adjoint d’une commune de moins de 3500 habitants. Mais pas de cumul non plus avec Mairie d’arrondissement ou membre d’un exécutif d’une communauté de communes. En bref, sénateur à temps plein !


Pour un Sénat élu à la proportionnelle !

 

Surtout, la commission Jospin-Bachelot, puisqu’elle est chargée d’étudier le rénovation de la vie publique, pourrait se pencher sur le mode d’élection de nos sénateurs. Outre que celui-ci varie selon la taille du département, avec proportionnelle ici et scrutin uninominal là, le système des désignations des grands électeurs ne brille pas par son équité. Petit exemple du côté de l’Eure : la commune de Mercey, 53 habitants, a droit, comme toute commune à 1 délégué(e), la ville de Vernon, toute proche, 25 323 habitants, a droit à tout son conseil municipal, soit 35 délégué-e-s, autrement dit un merceyen vaut largement treize fois plus qu’un vernonnais !


Et si, pour résoudre la fameuse et sempiternelle question de la proportionnelle, on faisait de la Chambre haute, la chambre de cette représentation de tous les courants politiques ? Déjà, il faudrait changer d’échelle pour la fameuse base territoriale : la proportionnelle n’est possible que sur une élection régionale. N’ayons pas peur de la complexité : le sénat espagnol par exemple n’a pas un mode d’élection ultra-cartésien. Ce qu’il faut, c’est permettre qu’un-e citoyen-ne de Vernon soit aussi bien représenté-e que celui-celle de Mercey. Donc inventer une désignation de grands électeurs qui assurent au mieux l’équité et la représentativité des partis.

En bon cartésien, on peut préférer, une élection au suffrage universel direct, à la proportionnelle. Cela résoudrait l’éternelle question de la fraction de proportionnelle chez les députés. Le Sénat élu à une vraie proportionnelle serait donc représentatif de tous les courants politiques. L’Assemblée, qui a le dernier mot, continuerait d’assurer la stabilité d’une majorité. Mais, ne rêvons pas, c’est totalement utopique.


Contrairement à ce que l’on pourrait croire et que veut nous faire croire Rebsamen – montée du chômage, de l’inflation, de la crise finalement, sujets bien plus prégnants – ces questions ne sont pas secondaires. La fin de ces cumuls archaïques, assortie à une limitation des mandats dans le temps, pourrait peut-être rajeunir et diversifier le personnel politique. Elle n’éradiquerait pas le vieux fond poujadiste sur lequel prospèrent nos populistes, mais le réduirait. Elle marquerait surtout le respect d’un engagement du Président de la République.

 

 

 

 

 

N. B. Le Parti socialiste,  n’a pas attendu une future loi, en décidant, dès 2010, que les parlementaires socialistes ne pourraient plus exercer de mandat exécutif local :

  • de président ou vice-président d’un conseil régional ;
  • de président ou vice-président d’un conseil général ;
  • maire ou adjoint au maire ;
  • président ou vice-président d’une intercommunalité, des mandats ne figurant pas dans la loi aujourd’hui en vigueur.

Ils peuvent conserver un simple mandat de conseiller régional, général ou municipal.

 

Les seuls cas litigieux sont ceux des suppléants de membres du gouvernement qui peuvent se retrouver sans mandat en cas de remaniement ministériel. On peut cependant objecter que ces suppléants connaissaient aussi la règle du jeu, donc que rien ne les obligeait à assumer ce rôle.

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 15:30

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Julian Assange s’est vu accorder l’asile politique par l’Equateur, le 16 août 2012. Mais le Royaume Uni, qui ne reconnaît pas l’asile politique, loin d’accorder un sauf-conduit au fondateur de wikileaks, menacerait de prendre d’assaut l’ambassade équatorienne où il est réfugié. Si Assange veut se soustraire à un transfert vers la Suède, c’est qu’il craint que ce ne soit qu’une étape vers son extradition vers les Etats-Unis, où il est accusé d’espionnage après la diffusion de 250 000 télégrammes diplomatiques secrets.

L’affaire suédoise remontant à 2010, un flash back s’impose. Aussi faut-il (re)lire Affaire Assange : Viol à la suédoise

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 16:06

Poutine at the World Economic Forum Annual Meeting 2009

 

« Mission accomplie pour Nicolas Sarkozy qui est de retour mercredi matin au Cap Nègre après sa visite éclair à Moscou puis à Tbilissi. Le plan de paix, proposé par le président français au nom de l'Union européenne à la Russie et à la Géorgie, a été approuvé par les deux pays mardi dans la soirée. » (Le Monde 13/08/2008). Tel Zorro, sans même l’aide de son Bernardo (Kouchner), en deux coups de cuiller à pot, le super Président (de la France et de l’Union Européenne) imposait (selon Le Point) son plan de Paix à la Russie.

 

 

La guerre éclair déclenchée dans la nuit du 7 août 2008 prenait fin le 12 par cette paix éclair sarkozyenne. Le pacificateur, selon Le Point, avait réussi à empêcher que la Géorgie soit avalée tout cru par la Russie.

poutine-medvedev-russieEn effet, la Géorgie avait engagé, selon Moscou, une opération militaire dans deux régions séparatistes, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. Une partie de la population de ces provinces était russophone. La contre-attaque des milices locales et surtout de l’armée russe fut foudroyante. Poutine qui se trouvait aux jeux olympiques à Pékin lorsque la crise s'est déclenchée, déclarait "Qu'espériez-vous que nous eussions fait ? Riposter avec un lance-pierre ? Nous avons mis notre poing dans la gueule de l'agresseur, ainsi que tous les manuels militaires le prescrivent."

 

Or donc, Sarkozy, abandonnant la quiétude d’un séjour avec Carlita chez sa belle-mère, sauta dans l’avion, rencontra Dimitri Medvedev, président de la Russie puis Mikhaïl Saakachvili, président de Géorgie et présenta le plan de paix approuvé par les deux parties.

Certes, sa petite phrase sur le droit de la Russie à défendre les intérêts "des russophones à l'extérieur de la Russie", reconnaissant un véritable droit d’ingérence à la Russie chez beaucoup de ses voisins de l’ex-URSS, lui avait valu d’être qualifié de fourbe français, par un journal polonais. Mais ces quelques couacs ne pouvaient ternir la gloire de notre pacificateur suprême.

 

Sauf que, en octobre 2011, Sarkozy toujours martial proclama à Tbilissi : "La France ne se résigne pas au fait accompli", ce qui voulait dire que le magnifique accord de paix qu’il avait imposé n’avait jamais été respecté par les russes. L’Abkhazie et l’Ossétie du Sud ont proclamé leur indépendance que Moscou a immédiatement reconnue. Le retrait des troupes russes sur les lignes antérieures au déclenchement des hostilités que prévoyait l’accord n’a jamais eu lieu.

 

poutine 1804437bSauf que, surtout, Poutine a cyniquement avoué qu’il avait roulé Sarkozy dans la farine. «Il y avait un plan, ce n'est pas un secret… C'est dans le cadre de ce plan qu'a agi la Russie. Il a été préparé par l'état-major général, fin 2006 ou début 2007. Il a été approuvé par moi et convenu avec moi» «Dans le cadre de ce plan, un entraînement de miliciens d'Ossétie du sud a été effectué (…) Nos spécialistes militaires pensaient initialement que ces milices ne pourraient pas aider dans une confrontation entre armées régulières, mais en fait, elles nous ont été fort utiles.» (Le Figaro). Autrement dit, l’agression de la Géorgie était préméditée et Poutine (Medvedev n’étant que l’homme de paille) a feint d’accepter un accord de paix, qu’une fois ses objectifs atteints et sans avoir l’intention d’en respecter les clauses.

Ce que l’UMP essaie de vendre comme une grande victoire diplomatique n’était en fait qu’un marché de dupes.

poutine bachar

C’est à cette aune qu’il faut mesurer les conseils de Fillon. Tel Sarkozy s’arrachant aux délices du Cap Nègre pour sauver la Géorgie, l’Europe voire le monde, F. Hollande devrait s’arracher des bras de Valérie au Fort de Brégançon pour, d’un coup d’aile, imposer à Poutine de lever son veto sur la Syrie. Comme si le KGBiste sans scrupule allait par miracle être touché par des sentiments humanitaires !

François Hollande doit évidemment éviter une humiliation qui ne ferait rien avancer en Syrie et ne ferait qu’abaisser la place de la France au niveau international.

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 16:06

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Dernier hoax – du style boule puante – circulant sur la toile : les rémunérations fabuleuses des membres de la commission Jospin-Bachelot*.

« M. Jospin serait rémunéré à hauteur de 122 000 € pour ce travail difficile. Madame Bachelot 92 000 € et les autres auront 80 000 € (…) [Les consultants] toucheront une indemnité de 35 000 € » et qui trouverait-on parmi ces consultants ? Mme S. Agacinski et M. P. Bachelot. En tout cette commission coûterait « 2 444 000 € sans compter les frais annexes de ces personnes ». La conclusion caractérisait l’hoax : "Le président normal fait travailler les copains et copines. Et vous, vous allez gagner des taxes, taxes, taxes et IMPÔTS. Faites passer le message, il faut faire le travail que la presse gauchiste refuse de faire…" !

commission-Jospun hoax

 

Ce n’est pas le premier hoax post-électoral. Ainsi circule à bas-bruit, de courriel en courriel, une rumeur tout aussi grotesque sur la transformation des fauteuils des Falcons 900 présidentiels pour y loger des bouteilles de champagne, les cendriers étant transformé, eux, en emplacement réfrigéré pour loger le caviar.

 

Ce genre de calomnies, il faut le dire aussi, a circulé après 2007, visant Sarkozy. Ainsi du fameux « La direction des services fiscaux vient de le confirmer : Sarkozy ne paye aucun impôt depuis plus de douze ans. », message parfaitement mensonger. Ou  un autre sur un frère de Sarkozy, prétendument PDG de Biogaran, filiale générique du groupe Servier.

Mais a aussi longuement traîné – et repris pendant la campagne par Sarko lui-même – l’accusation à l’encontre de Martine Aubry, Maire de Lille, de réserver des créneaux horaires, pour les femmes musulmanes, dans les piscines de Lille. C’est faux. Il ne pouvait l’ignorer, car Denise Cacheux avait envoyé une vigoureuse lettre de démenti à ce cacoglotte de Copé qui répandait la même rumeur à fort relents identitaires.

 

Bien sûr, la campagne présidentielle vit s’épanouir, après avoir germé dans le fumier d’un cabinet noir, ces fleurs vénéneuses et contondantes.

 

Ainsi des revenus fabuleux de François Hollande ou de Jean-Luc Mélenchon (hoax recyclés, puisque le 1er était dit encore Maire de Tulle alors qu’il présidait le conseil général de Corrèze et le second sénateur, alors qu’il était devenu député européen).

 

Et les boules puantes post électorales peuvent aussi venir de la soi-disant « gauche de la gauche ». Ainsi a circulé un long message sur la candidature de Robien à la Direction générale du Bureau international du travail (BIT). Avec ce commentaire « Ci-dessous, un message transmis par notre camarade Simone F. Ces socialistes !! Ils ne changeront vraiment jamais. Non, non, jamais. Fraternellement. JC C. » Le message prétendait que Hollande aurait soutenu cette candidature en vue de la conquête de la mairie d’Amiens. Or de Robien avait été battu aux municipales en … 2008. Il était membre du conseil d’administration du BIT depuis août 2007 et sa candidature au poste de directeur général du BIT datait de 2011 !

 

Un hoax signé Copé ?

 

C’est une journaliste du « gauchiste » Figaro qui, sur son blog, dans un article intitulé « Commission Jospin : halte à la rumeur », affirme  :    « Eh bien tout ceci est faux, totalement faux, archi-faux Les 14 membres de la Commission sont tous bénévoles. Ils travailleront dans des locaux de la République mais leur tâche ne donnera lieu à aucune rémunération ni remboursement de frais.

Il y a eu assez d’ « affaires » politiques pour ne pas ajouter de la calomnie là où il n’y a simplement (et quoi qu’on pense du principe de ces Commissions) que des personnalités qui ont eu envie de répondre à la demande de François Hollande. » Ce qui ne peut convaincre un certain Jean-Patrick Grumberg de « Dreuz info » (site "pro-américain, pro-israélien et néo-conservateur" dont le maître à penser est Pierre-André Taguieff) : "Il n’est plus possible de les croire, ces journalistes putains du pouvoir, puisqu’ils votent à gauche et que personne n’imaginent qu’ils critiqueront leurs maîtres."

 

commission-Jospin bachelot  Il faut au moins reconnaître à ce Grumberg l’audace de signer une telle niaiserie. Car l’hoax, lui, est anonyme (ou attribué mensongèrement à un auteur ou institution qui n’y sont pour rien). Sauf qu’en l’occurrence, si on en croit le Canard enchaîné, l’une des victimes, Roselyne Bachelot, n’a aucun doute sur son origine. « En dépit de nos démentis, ceux de Jospin, de moi et de l’Elysée, cette rumeur continue de se propager sur Internet et les réseaux sociaux, y compris avec des insultes et des propos malveillants à mon égard. Je suis sûre que cela vient de l’UMP. » "Curiosité : cette méchante rumeur a été relayée sur les réseaux sociaux par des proches de Copé", ajoute le Canard.

 

Mais pour une calomnie comme celle-ci qui apparaît au grand jour, combien Piano, piano, piano, piano, piano vont s'enfler, s'enfler en grandissant dans les égouts d’Internet ? De listes de diffusion en listes de diffusion, la rumeur va crescendo et pollue les cervelles, et pas que des bacs – 5, modèle Estrosi, qui la relaient, avec parfois un soupçon de restriction mentale (C’est peut-être un hoax, mais…). Elle conforte le vieux fond poujadiste et xénophobe des identitaires. Bouillonnement fétide qu’alimentent sciemment des cyniques comme ceux que dénonce Mme Bachelot.

 

 

Sources :

Le Canard enchaîne du 1er août 2012 

Arrêt sur images, vite dit, 27 juillet 2012

L’air de la Calomnie de Rossini (livret de Sterbini d'après la pièce de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais) 

 

* Commission pour "la rénovation et la déontologie de la vie publique"

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 16:12

Marijuana

Si le Brésil et l’Argentine captent quelques rares fois notre attention hexagonale, aucun média ne fait grand cas du discret voisin, l’Uruguay. Et pourtant, les Uruguayens ont toujours été les plus sensés et les plus avancés du monde hispanique. Ainsi furent-ils les premiers à instaurer le vote des femmes et l’éducation laïque et gratuite. Leur législation sur le divorce a 70 ans d’avance sur celle de l’Espagne*. Et maintenant, ils vont légaliser la marihuana !

 

La mesure a pour partie une cause économique. Dans ce pays, la marihuana rapporte près de 75 millions de dollars par an qui vont intégralement dans les poches des mafias. Na vaudrait-il pas mieux que cette somme profite aux paysans qui cultiveraient légalement le cannabis et paieraient des impôts ?

Scandaleux ? L’alcoolisme sévit aussi. Mais personne n’envisage d’arracher nos beaux vignobles en France ou de fermer les distilleries de whisky en Ecosse ! D’ailleurs tous les buveurs ne sont pas alcooliques. Et la prohibition aux Etats-Unis a eu des effets si désastreux qu’il a fallu revenir sur cette mesure.

 

Mais l’objectif principal de la légalisation est d’améliorer la sécurité. A l’instar de la Cosa Nostra étasunienne, les trafiquants de drogue ont de l’argent et des armes ; ils corrompent tout ce qu’ils approchent et déclenchent autour d’eux un grand nombre d’actions illégales. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la région pour juger des dégâts du trafic : une guérilla endémique en Colombie, des gangs d’adolescents sauvages en Amérique centrale (maras), une guerre avec 50 000 morts au Mexique.

 

La guerre contre la drogue : un échec retentissant !

L’échec de la guerre contre la drogue est si retentissant qu’un ex-président du Mexique, Vincente Fox, des présidents en exercice comme Juan Manuel Santos en Colombie ou le guatémaltèque Otto Pérez Molina, un éminent intellectuel comme Mario Vargas Llosa, peu suspects d’être des hippies attardés, se sont prononcés pour la dépénalisation. L’argument de toutes ces personnalités est purement pragmatique : il est absurde que meurent des dizaines de milliers de personnes parce que des dizaines de milliers d’autres cherchent des paradis artificiels. Sans aucun doute le remède de la prohibition est pire que le mal. Et il est logique de commencer par la marihuana pour explorer de nouvelles stratégies face à la drogue.

 

En Espagne, initiative catalane, des associations de fumeurs se sont formées qui apprennent comment produire du cannabis pour son autoconsommation dans le cadre de la tolérance légale de 72 g par mois. Ainsi leurs membres cessent de financer les trafiquants. Et à Barcelone s’est ouvert un musée du cannabis où l’on prétend que Shakespeare fumait des joints et que la bible recommandait la marihuana !

 

Le but de ces initiatives n’est pas de promouvoir les addictions. L’objectif est de séparer la drogue des armes (il faut noter que le pays le plus gros consommateur du monde, les Etats-unis, est celui où les armes sont totalement légales). La consommation de drogues peut être un problème grave, mais un problème qui relève de la santé publique, pas de la police et encore moins de l’armée.

 

Les uruguayens ont toujours été à l’avant-garde**, tôt ou tard de nombreux pays lui emboîteront le pas.

 

 

roncagliolo  D’après Santiago Roncagliolo  Hora de legalizar

 

* L’instauration de l’enseignement laïque et gratuit, de la séparation de l’église et de l’état en Uruguay datent de la présidence démocratique de José Batlle y Ordoňez (1903-1915) ; le divorce n’a été légalisé en Espagne qu’en 1981. 

** L’écrivain péruvien a une vision un peu édénique de l’histoire de l’Uruguay qui a connu dans les années 70 des escadrons de la mort et une dictature militaire.

 

NB  Cet article ne se veut pas une traduction de celui se S. Roncagliolo, mais une interprétation avec l'espoir qu'elle soit fidèle à l'esprit du texte. Les hispanistes se reporteront au texte original, paru aussi dans El Pais (supplément semanal) du 15/07/12.

 

Cannabis en vente libre : une première mondiale

http://www.courrierinternational.com/une/uruguay-cannabis-en-vente-libre-une-premiere-mondiale?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter

 

 

Sur le même sujet : Légalisation du cannabis, sujet tabou ? et Cécile, fais tourner le oinge !

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