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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 18:10

Philippe-Valbis

En panne de lecture, pour me rendre en un lieu où, dit-on, les rois vont à pied, j’ai attrapé le Télérama qui affichait la tête de Val en couverture.  Val qui n’est pas l’unique objet de mon ressentiment, mais qui a provoqué mon hostilité en virant Siné. Puis Porte et Guillon…


Une constance chez les Guéant et autres postillonneurs du Sarkozystan – leur numéro 1 en tête – quand ils ont dit une grosse connerie, ils persistent et signent. Val est de la même espèce. Il  fait plus qu’assumer son autoritarisme arbitraire, il le revendique. Ainsi, quand on évoque l’affaire Siné, il dit sans sourciller « Quand j’ai viré Siné, certains ont dit que j’avais retourné ma veste, alors que j’étais en cohérence totale avec ce que je disais depuis des années » Les journalistes oublient juste de lui rabattre la jactance*, en lui rappelant que la justice a rejeté l’accusation mensongère d’antisémitisme envers le dessinateur : '"il ne peut être prétendu que les termes de la chronique de Siné sont antisémites... ni que celui-ci a commis une faute en les écrivant..." ! Le patron de choc a coûté 40 000 € à Charlie-Hebdo.


Il l’avait entretemps déserté pour sévir à France Inter. A peine arrivé, il débarque Frédéric Pommier de la « revue de presse » matinale : « je la trouvais certes talentueuse, mais pas adaptée. Elle ne donnait pas envie de lire les journaux. » Jugement pour le moins subjectif et Pommier fut mis au placard, avant de retrouver à exercer son talent chez Colin et Mauduit. Ce dont Val ose se féliciter.


Quand la dame Morano s’en était pris avec sa hargne habituelle à l’humoriste Sophia Aram – il faut entendre la harpie monopoliser le crachoir – il n’avait rien trouvé de mieux que de lui téléphoner. « Quel directeur de France-Inter n’appellerait pas les deux parties après un accident (sic) d’antenne ? » ose-t-il demander. Et quel politique ne prendrait pas ce coup de fil incongru pour des excuses ?

 


Sarkozy : actionnaire de France Inter par franceinter


Avec une bonne foi digne d’un jésuite, il ose prétendre que quand il déclarait « La radio coûte cher à l’actionnaire, qui n’est pourtant pas très bien traité », l’actionnaire en question n’était pas Sarko, mais le public ! Faut-il rappeler qu’il proférait cette énormité juste après sa lettre d’avertissement à Porte, pour avoir mis dans la bouche de Villepin un « j’encule Sarkozy ! ».

 


Philippe-valtragiquesineEt pourquoi a-t-il viré – chez lui c’est maladif – Porte et Guillon ? Bien sûr, pas pour complaire à l’époux de son amie Carla Bruni. Mais parce qu’ils diffamaient impunément leurs dirigeants. « … il n’y a qu’à écouter ce qu’ils disaient à l’antenne sur Jean-Luc et moi.(…) Il faut un peu de respect, un peu de politesse… » Les journalistes*, aussi pugnaces que Poujadas et Chazal face à Sarko, ne lui ont pas demandé combien de fois ces irrespectueux avaient attaqué «Jean-Luc » et lui sur l’antenne. Il aura ensuite cette pensée profonde « en humour comme ailleurs, l’excellence vaut mieux que la médiocrité ». C’est ben vrai ça !


Il reste soutenu par une Pascale Clark odieuse : « Inter, radio sarkozyste (…) C’est un fantasme (…) qui est véhiculé par Stéphane Guillon parce qu’il en fait la matière première de ses spectacles »… et Thomas Legrand qui en rajoute une couche : « Nous disposons d’une liberté de ton totale. Seuls ceux qui ont décidé de détester Val ne l’admettent pas. » Et, ceux que Val a virés, comme Guillon, Mme Clark, comme Porte que vous avez été vilipender sur Canal +, M. Legrand !

Philippe-val-leotard
Nos journalistes* de télérama osent quand même rappeler « une affiche de Font et Val, dessinée par Cabu » où les deux compères sodomisaient Léotard, en bure de moinillon. « C’est vrai, elle était transgressive et impolie, mais c’était un one shot comme on dit, pas une habitude. D’ailleurs, elle a été peu affichée… » Réponse d’une tartufferie succulente : un mea culpa forcé – ne vient-il pas d’accuser ses têtes de turc d’irrespect et d’impolitesse – puis l’excuse puérile, on ne l’a fait qu’une fois (en anglais ça fait plus chic), ça n’a été qu’à peine affiché… Et la référence à Lubitsch prend tout son sel dans la bouche de l’immortel auteur et co-interprète de « On s’en branle », qu’on pourrait mettre dans la bouche des exclus.
Quand Val a dit « Vous n’passerez plus à la radio »
On a répondu à c’directeur bidon « Coco
On s’en branle, on s’en branle
On s’en branle »

 

* Une des deux journalistes - j'avais envoyé le lien au courrier de Télérama  - m'a répondu :

Notre travail de journaliste est de donner à chaque lecteur le maximum d'éléments d'informations, qui lui permettront de former son propre jugement - je constate que vous n'en manquez pas !
Comme nous l'avons écrit dans les colonnes de Télérama, l'objet de ce dossier était de dresser l'état des lieux de France Inter, deux ans et demi après l'arrivée à sa tête de Philippe Val - dont la nomination a suscité tant de polémiques, et fait naître tant de craintes. En 2010, nous avions déjà réalisé un sujet analogue, qui rendait compte du malaise qui régnait alors à Inter ; il est tout à fait normal de refaire le point aujourd'hui.
Concernant plus précisément "l'affaire Siné" (qui a eu lieu avant l'arrivée de Philippe Val à Inter), la presse - nous y compris - en a largement parlé au moment des faits.
Si nous l'avons évoquée, ce n'était donc pas sur le fond du dossier (qui ne concerne pas du tout la radio) mais parce que l'antipathie de certains  - voire, leur défiance - à l'encontre de P. Val s'est nettement accrue depuis cette date. Il n'était pas davantage question d'aborder, ni de creuser ici tous les sujets qui ont fait polémique... sinon il nous en aurait fallu, des pages supplémentaires... Qui plus est, Télérama a déjà brossé un portrait de P. Val au moment de sa nomination - nous n'allions pas faire du copié-collé.
Nous nous sommes donc concentrés sur notre angle - principe journalistique essentiel : l'état actuel de France Inter, son ambiance, son antenne, la liberté de ton - ou pas - de ses journalistes et animateurs, ses résultats d'audience, la réussite - ou pas - de ses nouvelles émissions. Et tout cela, c'est déjà beaucoup ! Une radio aussi importante qu'Inter le mérite bien...
V. Lehoux
Rédactrice en chef adjointe / Responsable du service radio

 

Dont acte, comme on dit. Et mes sincères remerciements à cette journaliste qui, au lieu de se froisser sur des termes vifs (que je laisse tels quels, sinon ce courriel perdrait de son sens), argumente sereinement.

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 17:09

 


AGENDA 2012/2020, discours de clôture, réponse à... par bayrou

 

Quitte à surprendre - mais quand quelqu’un appelle un chat, un chat et Sarkozy un dangereux pêcheur de voix extrêmes comment ne pas être d’accord ? – il me semble que François Bayrou a dit clairement, nettement ce qu’il faut penser des prétendues valeurs du sortant-candidat.


L’humanisme dont il se réclame, même s’il ne suffit pas, est le socle de base d’une autre politique. « La liberté n'est pas un acquis, elle n'est pas naturelle, elle se construit et elle se construit contre un certain nombre de tendances naturelles de l'humanité. Ce qui est naturel, si on laisse faire, c'est la domination des forts sur les faibles, l'aliénation. La liberté se gagne par des conditions matérielles de dignité, de logement, de santé, de revenu, elle se protège par la loi, elle se construit par la culture et le parler droit. » Reste à savoir, ensuite, comment on met en place cette dignité de logement, de santé, de revenu, d’éducation, de justice…


« …ce que Nicolas Sarkozy présente comme valeurs, c'est à mes yeux la négation même d'un certain nombre de ces valeurs qui ont fait la France ! L'idée, pour gagner des voix, d'un référendum organisé sur le droit des chômeurs, c'est la négation de ce qu'un chef d'État doit à un pays comme la France. Ce ne sont pas les chômeurs qui sont responsables du chômage, ce sont les gouvernants ! » Dans son réquisitoire, il montre qu’un tel référendum ou un autre sur l’immigration, en attisant les passions, déchirerait la société française, alors que la fonction d’un président, en charge de tout un peuple, ne devrait pas être de le diviser, mais de l’unir. Mais Sarkozy a-t-il un jour pris la mesure de sa fonction ?

 

« Nous savons bien ce qu'il y a derrière (…) l'idée que c'est l'électorat d'extrême-droite qui constitue le grand grenier à voix de cette élection présidentielle, que c'est en jouant de cette corde : 'les chômeurs ne fichent rien, ce sont des feignants', ou bien 'les étrangers, voilà la question' (…)que l'on peut puiser dans cet électorat. (…) ces gens pensent que la fin justifie toujours les moyens. »
« Quand un homme qui exerce les fonctions de président de la République, en annonçant sa candidature dit : 'Je ferai deux référendum, un sur les chômeurs, l'autre sur les étrangers', alors il ne parle pas de lois, de règlements, d'amélioration, de changement. Ce qu'il fait, c'est qu'il donne à entendre volontairement à une société en mal d'être que le chômeur et l'étranger sont les deux responsables de la maladie du pays.
(…) nous sommes la société, nous, France, nous sommes la civilisation -puisqu'il aime tant parler de civilisation- qui (…) refuse de faire de l'étranger et du chômeur les coupables de nos maux. Nous sommes la civilisation qui refuse de faire du faible le responsable des mauvais choix des forts ! »

Pas de naïveté, bien sûr, F. Bayrou par cette condamnation de la dérive ultra-droitière du sortant-candidat, cherche aussi à rallier un électorat modéré qui se reconnaissait de moins en moins dans les outrances de la droite populaire, dans cette surenchère pratiquée par Guéant (mais aussi un Wauquiez soi-disant de droite sociale). Si cette opération réussissait, si Bayrou prenait le pas sur Sarkozy, la victoire de la Gauche de gouvernement serait plus difficile.


Pour autant, au-delà bien sûr de divergences fortes (sur l’école, par exemple), F. Bayrou a su dire ce qu’il fallait dire sur les « valeurs » affichées par le sortant

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 22:20

gluant

Copie d'écran avec légende de Bernard Bakounine

 

Guéant fait du FN comme le Bourgeois gentilhomme faisait de la prose. Pour autant, l’UMP, surjouant l’indignation le lâche Fillon en tête, a voulu faire croire qu’il avait été traité de nazi. Mensonge éhonté !


Il est de bon ton de renvoyer dos à dos Guéant et ses propos nauséabonds et Serge Letchimy et sa question au 1er ministre. Le député de la Martinique aurait traité le ministre néo-FN de nazi.

Il n’en est rien : « Nous savions que pour M. Guéant, la distance entre « immigration » et « invasion » est totalement inexistante, et qu’il peut savamment entretenir la confusion entre civilisation et régime politique.

(…)M. Guéant, vous déclarez, du fond de votre abîme, sans remords ni regrets, que «toutes les civilisations ne se valent pas ». Que certaines seraient plus « avancées » ou « supérieures » à d’autres.
Non, Monsieur Guéant, ce n’est pas du » bon sens» ! (…)Montaigne disait que « Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition ». J’y souscris.
Mais vous M. Guéant, vous privilégiez l’ombre !
Vous nous ramenez, jour après jour, à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration, au bout du long chapelet esclavagiste et colonial.
Monsieur Guéant le régime nazi, si soucieux de purification, si hostile à toutes les différences, était-ce une civilisation ? La barbarie de l’esclavage et de la colonisation, était-ce une mission civilisatrice ?
Il existe, M. le Premier Ministre, une France obscure qui cultive la nostalgie de cette époque que vous tentez de récupérer sur les terrains du front national.
C’est un jeu dangereux et une démagogie inacceptable. » (Extraits de sa question orale du 07/02/12 dont on peut voir la vidéo où il est particulièrement intéressant d’observer la réaction de Guéant).

 


Serge Letchimy s'explique. par LCP


A aucun moment le Président de la région Martinique n’accuse Guéant de nazisme : il pose une question, que le lâche Fillon, pour éviter de répondre, feint de prendre pour une accusation.

 


Il faut noter d’abord que « camp de concentration » ne veut pas dire « camp d’extermination » et que la France en a créé quelques-uns, pendant l’époque coloniale (sans parler des bagnes en Guyane où on trouve les traces de celui des annamites déportés) et à l’époque de Vichy. Ensuite, comme le note, Laurent Binet,  « Il n’y a (…)  aucune infamie à faire remarquer que le discours de Guéant en «rappelle» un autre. On le fait à longueur d’années avec le FN et ça ne choque personne, à juste titre(…). Or, la croyance en une supériorité intrinsèque de certains peuples sur d’autres (supériorité culturelle, mais on sait que de la «Kultur» allemande à la race allemande, le glissement en son temps s’est opéré naturellement) fut sans conteste l’une des plus lourdes. »

gluant2bis
Quel sens donne Guéant au mot « civilisation » ? Les conquistadores, venue d’une Espagne très catholique (et judéophobe), qui ont détruit les civilisations aztèques, mayas, incas… étaient-ils d’une civilisation supérieure, eux dont Las Casas a dénoncé, en vain, la barbarie ? Dans la « star’ac » des civilisations, dans quel ordre Guéant classe-t-il celles de l’Antiquité : les pyramides en trois, obligatoirement, mais entre Athènes et Rome ?


Mais à quoi bon disputer ? Guéant, son maître et les autres UMPistes se foutent des civilisations comme d’une guigne ! Le préfet Guéant ne doit, sur ce sujet, guère voir plus loin que la visière de sa casquette. Il s’agit pour lui, après avoir stigmatisé les comoriens marseillais, les immigrés de toutes provinces, les étrangers, ... de faire encore et encore concurrence au FN !

 

 

Lettre de S. Letchimy à Guéant

 

M. le Ministre,
Votre venue en Martinique dans les jours qui viennent, m’oblige à vous  rappeler que cette  terre a vu naître Aimé Césaire, Frantz Fanon, Edouard Glissant. Qu’elle a été aimée par des hommes aussi admirables que furent Victor Schœlcher, André Breton, Léopold Sedar Senghor, Claude Lévi-Strauss, et de manière plus proche encore, par Léopold Bissol, Georges Gratiant, ou Camille Darsières, pour ne citer que quelques-uns de nos grands politiques.

Ces hommes furent de grands humanistes. Leur vie et leurs combats se sont situés en face de ces crimes que furent la traite, l’esclavage, les génocides amérindiens, les immigrations inhumaines, ou la colonisation dans tous ses avatars… Tous ont combattu la pire des France : celle qui justifiait les conquêtes et les exploitations, et bien d’autres exactions dont les cicatrices sont inscrites dans nos paysages. Cependant, je n’ai jamais entendu un seul de ces hommes lister ces attentats pour décréter que la civilisation européenne, ou que la culture française, serait inférieure à n’importe quelle autre. Je ne les ai jamais entendus prétendre que le goupillon de la chrétienté (qui a sanctifié tant de dénis d’humanité) serait plus primitif que tel bout liturgique d’une religion quelconque.

Toujours, ces hommes ont établi la distinction entre cette France de l’ombre et la France des lumières. Pour combattre l’ombre qui menaçait leur humanité même, ils se sont référés à la France de Montaigne, de Montesquieu, de Pascal, de Voltaire, de Condorcet ; à celle qui s’est battue pour abolir la traite, puis l’esclavage, qui a supprimé la peine de mort  du code de ses sentences ou qui a accordé aux femmes le droit de vote et celui de disposer de leur maternités… A s’en tenir à votre logique, ils auraient eu mille raisons de condamner la civilisation occidentale, et de renvoyer aux étages inférieurs bien des cultures européennes.

Voyez-vous M Guéant, vos chasses à l’immigré (qu’il soit en règle ou non), ou la hiérarchisation que vous célébrez sans regrets ni remords entre les cultures et les civilisations, vous ont enlevé la légitimité dont a pourtant besoin votre prestigieuse fonction. Vous portez atteinte à l’honneur de ce gouvernement, et à l’image d’une France qui visiblement n’est pas la vôtre, mais que nous, ici, en Martinique, avons appris à respecter.

Toutes les civilisations ont produit, et de manière équivalente, des ombres et des lumières. Mais si les ombres n’ont jamais triomphé très longtemps, si beaucoup d’entre elles ont disparu dans les oubliettes de l‘histoire (en compagnie de régimes politiques ou religieux quelque peu lamentables), c’est simplement parce que des hommes de bon sens, pétris d’humanisme et de haute dignité, ont exalté les parts lumineuses que toutes les civilisations de l’homo-sapiens ont mises à notre disposition.

Les civilisations se sont nourries de leurs lumières mutuelles pour mieux combattre leurs propres ombres. Dans une transversale célébration et de grande foi en l’Homme, ces hommes ont honoré les lumières d’où quelles viennent ; les lumières se sont reconnues entre elles; leurs signaux réciproques ont conservé intact (de part et d’autre des lignes de partage ou de conflit) un grand espoir d’humanité pour tous. Grâce à eux, nous savons qu’il est dommageable de considérer l’ombre, ou de s’en servir à des fins qui ne grandissent personne. Ils nous ont donc appris à nous écarter de ceux qui l’utilisent, et qui, par là même, la transportent avec eux.

M. Guéant, fouler le sol martiniquais, c’est toucher une terre que des hommes comme Aimé Césaire ont fécondé de leur sang. Un sang qui s’est toujours montré soucieux de l’humanisation de l’homme, du respect des civilisations et de leurs différences.
 
Ce serait donc comme une injure à leur mémoire, à leur pensée, à leurs actions, que de vous laisser une seule minute imaginer que vous serez le bienvenu ici.
C’est par-dessus vous, et du plus haut possible, que nous renouvelons à la France des lumières toute notre considération, et confirmons notre respect pour les valeurs républicaines qui, contrairement à celles dont vous êtes le héraut, sont à jamais très opportunes chez nous.

 

Serge Letchemy

Président de la région Martinique

 

En complément, Jacques Venuleth me signale la naissance d'un site du MRAP de Lunel (ville proche de Montpellier) : le dernier article propose un extrait du "Discours sur le colonialisme" d'Aimé Césaire, à qui Serge Letchimy a succédé à la Mairie de Fort-de-France, avant de prendre la tête de la région Martinique.

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 17:47

Renault tanger

Scandâââle ! notre ami le roi, Mohammed VI inaugure avec le PDG de Renault–Nissan, Carlos Ghosn, une usine à Tanger-Med. Estrosi, Villepin, Dupont-Aignan, le FN… s’étranglent d’indignation. A croire que cette usine est tombée du ciel – brutalement ? miraculeusement ? – aux abords du nouveau port Tanger-Med.

 

"Il est dangereux et insoutenable pour notre pays que Renault, dont l'Etat est le premier actionnaire, réalise du dumping social au Maroc pour produire des voitures destinées à l'Europe et à la France", clame Estrosi, dit bac-5. Il a dû oublier qu’en 2009 il a été ministre – eh oui – de l’industrie.


Renault-Maroc-2Or, le 30 octobre 2009, la première pierre de l’usine Renault à Tanger-Med a été posée. A-t-il protesté ? Le fameux état actionnaire s’était-il élevé contre cette implantation ? Car avant cette pose symbolique, le projet avait pris forme dès 2007. Ainsi, un site boursier écrivait le 3 octobre 2007 : « Renault et son partenaire Nissan ont choisi le Maroc pour construire un complexe industriel d'une capacité de production de 400.000 véhicules avec une première étape de 200.000 unités à partir de 2010 (…) Renault et Nissan produiront au Maroc des voitures dérivées de la Logan et un nouveau véhicule utilitaire de marque Nissan. Ces véhicules seront destinés à l'exportation à 90%, (…) Les deux groupes devraient bénéficier de subventions compte tenu de la taille de leur investissement et de la création de 6.000 emplois directs au Maroc. » La date de production était optimiste, mais pour le reste tout était dit, il y a plus de quatre ans.

 


De fait, le Maroc, par le biais de sa Caisse de dépôts et de gestion (CDG) entrait dans le capital de Renault Tanger-Med à hauteur de 48%, en juillet 2009, peu avant donc la pose de la 1ère pierre dont Estrosi a dû entendre parler.

 


Renault-Maroc-3Le même site boursier, il y a un an, annonçait ce que l’on feint de découvrir aujourd’hui. Renault a rappelé ce mercredi (02/02/11) qu'il compte faire du Maroc une de ses grandes plateformes de production de la gamme "Entry" qui regroupe la gamme Dacia : Logan berline, break, pick-up et fourgonnette, Sandero et Duster. L'usine marocaine de Tanger, commencera son activité en 2012 avec une production de 30 véhicules par heure. Cette capacité de production sera doublée en 2013 et devrait atteindre 400.000 véhicules par an.
Sur les zones émergentes, Renault affirme que produire localement est "indispensable pour être compétitif, réactif et pouvoir vendre au bon prix nos produits". Renault va donc continuer d'investir, en particulier au Brésil, en Inde et en Russie.

Parler de délocalisation serait, en l’occurrence, abusif. Ou ce serait aux roumains de le dire. Sauf erreur, la Logan et ses dérivées de la marque Dacia n’ont jamais été montées dans l’hexagone. La CGT peut certes exprimer ses craintes d’auto-concurrence, c’est le cas de le dire, entre une future monospace en face de la grande Scénic ou un petit utilitaire en face de la Kangoo. Mais que ces modèles soient montés en Roumanie ou au Maroc ne change rien au problème.

Et, pour de seules raisons électoralistes, UBUprésident laisse ses séïdes gâcher une occasion en or de renforcer nos liens avec le Maroc – et pas seulement avec son roi si hospitalier pour celui qui fait président. Au contraire, cette complainte des faux-culs de la majorité ruine cette chance manifeste d’amener – volens nolens – l’ensemble des forces politiques marocaines à célébrer cette contribution d’une grande marque française au développement économique de leur pays.
Faut-il ajouter que si l’on ne favorise pas le développement de la rive Sud, – n’était-ce pas l’ambition de la moribonde Union pour la Méditerranée – la pression migratoire ne pourra que s’accroître ?

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 11:55

Sarko-figurants

Où va-t-on, si Europe 1, du groupe de l’ami fidèle d’UBUprésident, le sémillant  Arnaud Lagardère (plus qu’un ami, un frère !), révèle que des figurants  ont été appelés en renfort sur un chantier de construction visité par le sortant-candidat.

"Plusieurs dizaines de personnes, n'appartenant pas au chantier, seraient ainsi venues en plus de la soixantaine d'ouvriers présents quotidiennement, pour garantir une présence importante sur le site".


Chantier-Potemkine au demeurant, puisque la température ne permettant pas de couler le béton, on a fait semblant…

"Les ouvriers et les faux ouvriers auraient été même priés de faire semblant de travailler devant la presse. Une consigne donnée, alors qu'à cause de la température glaciale ce jour, il leur était pourtant interdit de travailler. Aucun n'aurait dû se rendre sur le chantier. D'ailleurs, dès la fin de la visite, tous les ouvriers sont rentrés chez eux."

 

Et c’est à la demande de l’Elysée que le patron a rameuté des troupes pour faire nombre.

"«Nous avons simplement voulu donner la possibilité d'être présents, à tous ceux qui ont, par le passé, ou auraient à l'avenir à travailler sur ce chantier», a expliqué le service communication de la présidence à Europe 1."


 

 


Le "Petit journal" a suivi le candidat sur ce chantier de construction de 140 logements, en chômage technique faute de béton (c'est le premier sujet, après la présentation)

 

 

En cadeau BONUS le clip de campagne de Sarkozy :

 

 

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 17:34
Sciences-Po sur la sellette !

Collision dans l’actualité : on apprenait  que Richard Descoings, charismatique patron de l’IEP, dit Sciences-Po, s’offre un confortable salaire et que la sacro-sainte épreuve de culture générale est supprimée aux épreuves écrites d’entrée.

L’ineffable Pierre Bénichou, à l’organe puissant mais qui sonne creux, en a fait des tonnes sur l’inculture des étudiants. « Ils ne savent rien »* dit-il de 15 (selon la version papier du Nel Obs du 12/01) ou 16 étudiants (dans la version  orale chez Ruquier). Etudiants qui ne sont pas touchés par une réforme qui va se mettre en place en 2013. Ceux-là d’ailleurs ont été recrutés à bac+2 selon une autre procédure que le concours d’entrée en 1ère année. Ils ont tous eu au moins la mention bien au bac. Mais « ils ne savent rien ». Le ton méprisant de cette outre gonflée de son importante bêtise qu’est devenu Bénichou suffit à expliquer le mutisme des malheureux qui l’ont subi.

Bénichou à Science-Po c’est Morano au collège de France.


Il a en revanche parfaitement raison de s’étonner qu’un certain Jean-François Fogel et qu’une certaine Agnès Chauveau, responsables du secteur journalisme de l’IEP, aient pu penser à un bouffon comme lui, tombé non de Charybde en Scylla, mais de Bouvard en Ruquier, en tant qu’intervenant. Ils leur suffisaient de lire, ce qui est présenté comme ses meilleures répliques pour être édifié. Comme il dit : « il vise bas ».

 

Echantillons :


Berlusconi a été entendu par le parquet, mais quand sera-t-il entendu par la moquette ?
Si j’avais le cul comme t’as la gueule, j’aurais honte de chier. ça, c’est des injures d’homme.
Un mec qu’est pas pédé, j’sais pas s’il peut rentrer au parti socialiste. Ou alors il est mal vu.
Le clitoris, je connais bien. J’en ai toute une collection. Faut dire que dans ma famille, les femmes sont toutes excisées.
Le Jamel Comedy Club, j’irai quand ça s’appelera le Dupont Comedy Club ! (copiés-collés)


Du x ième degré, on suppose ?

Mais ça ne l’empêche pas de prendre des positions ô combien sérieuses : « Moi je ne crois pas qu’on puisse rire de tout. Personne n’ose rire avec les fours crématoires (…) La religion musulmane dit : ‘moi, il ne faut pas toucher mon Mahomet et si vous touchez mon Mahomet, vous verrez’. Qui est le grand responsable ? C’est l’Eglise catholique ! L’Eglise catholique a été tellement tellement vilipendée et n’a rien dit. On peut montrer le Christ dans des positions épouvantables ! Elle a donné l’exemple : on peut tout dire des catholiques. Mais moi, si j’étais catholique, mais je deviendrais fou ! » Le pitre est capable de dire demain tout le contraire, il ne fait que résonner !

Dans la foulée du tonitruant on a eu droit à une double page d’opinions dans Le Monde. Le Figaro avait été en pointe avec Natacha Polony, la « Eric Zemmour » de Ruquier, quelle surprise. La malhonnêteté intellectuelle est le dénominateur commun de Zemmour et de Polony.

Ainsi, à Canal +, dans « La nouvelle édition », non contente de couper la parole, sur un ton très professoral, au jeune étudiant de l’IEP (19 ans), elle arguait que la proportion d’enfants d’ouvriers avait diminué dans les « grandes écoles » (signe pour elle que l’école d’autrefois –années 50 ? – était plus « démocratique ») feignant d’oublier que Sciences-Po avait, avec les conventions « Education prioritaire » (CEP) qu’elle doit honnir, ouvert ses portes aux enfants des quartiers dits défavorisés.

Ces CEP, qui ont dix ans d’âge, avaient connu le même tollé à leur création. Elles sont d’ailleurs toujours attaquées dans un article de Wikipédia sur R. Descoings. Elles modifiaient le mode de recrutement (qui ne se limitait déjà pas au concours d’entrée de 1ère année). L’IEP, sous la direction du discuté Descoings, a abandonné la politique malthusienne des grandes écoles.  10 000 étudiants, dont 4000 étrangers ; sept collèges universitaires dont six en province, avec trois années d’études dont une à l’étranger + master en deux ans. Et non seulement la culture « générale » a été abandonnée à l’écrit du concours, mais c’est l’écrit lui-même qui a disparu dans les six « campus » à vocation internationale (campus européen franco-allemand de Nancy, par exemple) : examen du dossier et entretien.

« Ce barnum est-il si grave ? », se demande F. Reynaerts. En lui-même, non. L’exercice de culture générale relevait du grand flou à peine artistique. Les épreuves restantes – histoire, langue et au choix philo, lettres ou maths – doivent déjà permettre de cerner les connaissances acquises ; l’étude du dossier et l’entretien doivent permettre de déceler des aptitudes telles que la curiosité intellectuelle, la capacité d’adaptation, le sens du jugement… toutes qualités qui permettent justement de se « cultiver » et non pas d’afficher ce vernis culturel cher aux lecteurs du Figaro.

 

Ce barnum est cependant symptomatique du mépris de ces prétendues élites à l’encontre des jeunes dont, c’est bien connu, le bac est bradé. Ils ne montrent, à travers leur mépris de caste, que leur ignorance crasse. Si le nombre des bacheliers augmente, c’est dû aux bacs technos et surtout aux bacs pro. La proportion des bacs généraux stagne depuis de nombreuses années. Et le niveau d’exigences des bacs S ou L est au moins équivalent à celui des bacs Philo ou Math-élem d’autrefois.

 

* « Nous sommes ici dans l'identitaire de droite de base : les-jeunes-ne-savent-plus-rien, ça ne fait jamais que 2 000 ans qu'ils le pensent, ça ne nous rajeunit pas. » François Reynaert

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 21:13

Secret de l’instruction bafoué, PV truqués, fausse signature d’un rapport, affaire de corruption étouffée, méthodes dignes de la Stasi… c’est l’IGS, surnommée police des polices ! Il serait temps de mettre un grand coup de balai dans cette pétaudière.

 

yannick-blanc-devant-le-prefecture-de-paris-enYannick Blanc

 

Quand, dans l’évêché crotté du bas-Poitou, on remonte la rue neuve des Capucins, on tombe, au coin de la rue de l’hôtel de ville, sur une ancienne maison bourgeoise en ruine. Naguère un ventrachoux anar local y avait inscrit « Police pourrite » ! Après tout les bénitiers proches de la cathédrale contenaient bien de l’eau bénite et la cathédrale, elle-même, des culs-bénits. Pourquoi pas ce « pourrite », fruit(?) de la pourriture ?


Peu d’échos toutefois sur cette prétendue police des polices qui mériterait bien ce qualificatif de pourrite. Jusqu’à l’os. Jusqu’à la moelle.


Une polémique bidon a bouzzé sur un « sale mec » dont Copérano a feint de faire un casus belli. On nous a rebattu les oreilles de flics ripoux dont le tort premier fut d’avoir frayé avec DSK (au fait, le fameux « Dodo la saumure » aurait été relâché de sa mise en détention sans aucune inculpation, par les belges). Un « grand policier à l’ancienne » de Lyon qui était accusé lui de frayer d’un peu trop près avec des bandits que l’on suppose aussi « à l’ancienne », modèle Audiard, a fait la une des JT. En revanche, ce scandale des scandales que constitue la révélation d’accusations truquées par la police des polices n’a eu qu’un faible écho dans les médias.


L’Inspection générale des services (IGS) a donc monté un « chantier » pour faire la peau de Yannick Blanc et de Christian Massard, avec pour victimes collatérales trois collaborateurs du premier.


Y. Blanc était directeur de la police générale à la préfecture de Paris (PP). Son grand tort était d’être réputé proche de la gauche (il avait notamment fait partie du cabinet de Chévènement). C. Massard, lui, était l’officier de sécurité de Daniel Vaillant, ex-ministre de l’intérieur du gouvernement Jospin. Blanc, ainsi que son adjoint, Bruno Triquenaux, et deux femmes travaillant à la PP depuis des années, Dominique Nicot et Zohra Medjkoune, furent accusés de trafic de cartes de séjour. "L'analyse des 123 dossiers saisis à la police générale fait apparaître que de nombreuses régularisations ont été opérées avec son aval, sinon sur ses instructions, en détournant la législation en vigueur ou pour la convenance personnelle de ses collaborateurs." pouvait-on lire dans une note de synthèse signée de J. P. Delcher, commandant de police. Christian Massard va faire l’objet d’accusations semblables.


Quant aux méthodes, voilà ce qu’en dit D. Nicot :  "Les policiers de l'IGS ont agi comme la Stasi. Je les revois faire irruption dans mon service, jouant les cow-boys, comme dans un mauvais film". "Les policiers voulaient que je dise des choses n'ayant jamais existé, témoigne Z.Medjkoune (…) ils ont déboulé dans le bureau en donnant des coups de pied dans la porte, criant devant les collègues qu'on était une bande d'escrocs. …" Les enquêteurs auraient insulté la mémoire de son père, un harki. Ils ont été jusqu'à lui amener son fils, alors qu'elle était en garde à vue. "Je n'ai même pas eu le droit de l'embrasser…"


Comme le rappelle Y. Blanc "Des moyens procéduraux considérables ont été employés, dont des écoutes téléphoniques. (…)  Le juge d'instruction, Michèle Ganascia, a instruit uniquement à charge."


ClaudeBrard IGSEn toute illégalité, Claude Brard, à l’époque n° 3 de l’IGS, fait état de prétendus aveux de C. Massard, pendant une garde à vue de 48 H (donc dans le cadre d’une instruction judiciaire, garde à vue où il est traité de façon particulièrement indigne) : "M. Massard a reconnu avoir été sollicité par une personne défavorablement connue (…) être intervenu et avoir reçu des cadeaux (…) [avoir fait] réalisé des travaux non déclarés à son domicile…" Mensonges délibérés : Massard a nié ces faits lors de son audition. L’accusation de travaux non déclarés sera étoffée, par un commissaire principal de l’IGS : effectués par "un ressortissant étranger" dont l’épouse aurait obtenu un titre de séjour par son intervention. Et c’est sur ces bases que l’officier sera traduit devant un conseil de discipline (avec l’aval du directeur de cabinet de Péchenard, l’ami d’enfance que Sarko a placé à la tête de la police). (Le Monde 17/01/12)


"Un non-lieu a été prononcé collectivement en janvier 2011 par la chambre d'instruction [de la cour d'appel de Paris], qui a dessaisi le juge d'instruction. Une telle décision est très rare" .(Y. Blanc)


La "police des polices", a donc sciemment fabriqué, en 2007, toute cette fausse  procédure : le secret de l’instruction a été violé, plusieurs procès-verbaux ont été truqués, des retranscriptions d'écoutes téléphoniques caviardées, des déclarations déformées, sans parler des pressions sur des témoins.


Le comble du cynisme est atteint quand on s’aperçoit que des beaufs, pardon des boeuf-carottes ont falsifié la signature de la synthèse-bidon des PV et écoutes truquées. Du faux puissance 2 ! Elle est signée de Jean-Paul Delcher : il est donc mis en examen (le seul d’ailleurs) pour ce texte. "Je ne suis ni l'auteur ni le signataire de ce papier (…) ce n'est pas mon style. Quand j'étais commandant, je ne rédigeais pas de façon aussi incisive. Pour moi, ça, c'est un acte d'accusation. Les accusations portées sont extrêmement graves." "Si je vous ai bien entendu, s'est étonné le juge, le document du 19 décembre 2007 est un faux. Donc, on fait des faux à l'IGS?" "Oui, c'est un faux. (…) Ma confiance a été trahie". "Par qui?", a demandé le magistrat. "Par la hiérarchie. Au-dessus de moi, il y a un commissaire et un coordonnateur des services judiciaires. C'est l'un ou l'autre." Ce coordinateur n’est autre que Claude Brard, devenu patron de l’IGS !


« Les policiers de l’IGS conservent tout mon soutien »

Michel-Gaudin


Si le commandant Massard a finalement été réintégré, si Yannick Blanc a lui rejoint la région Île de France (Dr adjoint du cabinet de J. P. Huchon), ni Dominique Nicot, ni Zohra Medjkoune n’ont été réintégrées. Pas plus que Bruno Triquenaux : ce gaulliste historique fréquentait Henri Guaino  : "Je l'ai eu téléphone, récemment, je lui ai demandé de m'aider. Il m'a dit qu'il fallait d'abord que je retire mes plaintes". Eh oui ! Guaino, ce paragon de vertus républicaines fait pression sur une victime.


Michel Gaudin*, Préfet de police, qui a notamment sanctionné B. Triquehaux n’est au courant de rien. Il respecte scrupuleusement le secret de l’instruction et la présomption d’innocence. Donc, il clame : "Les policiers de l’IGS conservent tout mon soutien".


Claude Guéant, qui était, au moment du départ de la manip, encore directeur du cabinet de Sarkozy à l’intérieur et dont un ex-collaborateur, Eric Meillan (ancien de la DST), avait été mis à la tête de l’IGS, dit vouloir poursuivre B. Le Roux, député PS, pour avoir dit qu’il ne pouvait pas ne pas avoir été informé. Meillan lui-même prétend : "falsifier un PV ce n’est pas le genre de la maison". Prière de ne pas rire !


Présomption d’innocence ou pas, il est avéré que cinq fonctionnaires ont été injustement soupçonnés et pour quatre d’entre eux virés. Ce ne sont ni eux, ni les vilains socialistes qui disent que des PV, écoutes, etc. ont été truqués, mais la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris. M. Gaudin ne peut l’ignorer.


Il est plus que temps de s’interroger sur cet IGS et sa jumelle l’IGPN, prétendues police des polices, mais qui ne jouent, en temps ordinaire que le rôle de gomme à bavures.
Il est plus que temps de supprimer ces services discrédités et de mettre en place une instance indépendante, sous la direction de magistrats du siège, avec de véritables services d’enquêtes indépendants du ministère de l’intérieur.

Pour que la police redevienne un vrai service public !

 

* Gaudin argumente que le pouvoir n'avait pas besoin d'entamer une procédure contre Y. Blanc, puisqu'il était sur un poste à la discrétion de l'exécutif. Mais "Sarko m'a tuer" montre bien cette volonté perverse de Sarko d'ajouter l'humiliation à l'arbitraire ! 

 

Sources :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/01/11/la-police-des-polices-au-c-ur-d-un-scandale-judiciaire_1628115_3224.html 


http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/01/11/comment-le-chantier-monte-par-l-igs-s-est-retourne-contre-les-policiers_1628113_3224.html  

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/01/11/quatre-fonctionnaires-brises-par-l-affaire_1628133_3224.html#ens_id=1628126  

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120112.OBS8628/scandale-a-l-igs-l-ex-directeur-de-la-police-accuse.html

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/01/14/affaire-de-l-igs-un-policier-accuse-ses-superieurs-de-faux_1629696_3224.html#ens_id=1628126  

 

 

Enquête réalisée par les auteurs de « sarko m’a tuer »


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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 21:34

AnneSinclair02

Le Huffington Post, longtemps annoncé, va débarquer incessamment sous peu, sous l’égide du Monde. Anne Sinclair, qui doit en prendre la direction éditoriale est prise pour cible. Cette « femme de » ose proposer à des experts de contribuer bénévolement à ce site d’informations.

Comme les nombreux contributeurs du Post, j’ai reçu le 13/01/12, ce message :
« Bonjour,
Dans quelques jours, Le Post vivra une nouvelle aventure en s'associant au Huffington Post, le site américain dont l'exemple inspira les fondateurs du Post.
Cette association conduira à ouvrir un nouveau site (Le Huffington Post) toujours construit autour du principe contributif et du journalisme de liens, avec une équipe éditoriale renforcée et plusieurs centaines de nouveaux contributeurs qui rejoindront certains d'entre vous. Cette nouvelle aventure, fidèle à notre promesse de départ, sera aussi la vôtre. Nous veillerons dès les premiers jours à ce que vous puissiez toutes et tous y participer.
Vous recevrez dans les prochains jours toutes les informations pratiques, notamment les modalités d'ouverture de votre compte sur Le Huffington Post ou encore la procédure si vous souhaitiez récupérer les contenus que vous avez publiés sur Le Post.fr.
Et pour plus d'informations, vous pouvez nous joindre à lamarianne@lepost.fr
A très vite,
Louis Dreyfus
Président du directoire du groupe Le Monde »

Aussi, ai-je été quelque peu surpris de lire, via un vite dit d’@si que des journalistes du Monde, selon un blog de L’Express, s’inquiètent de « l’utilisation de l’image et du nom du journal à des fins personnelles: ainsi, la conférence de presse de lancement du HP est prévue devant le logo Le Monde, des photos d’Anne Sinclair ont été prises dans le hall du quotidien, et c’est au nom du Monde que l’ex-journaliste a pris contact avec de nombreuses personnalités… ». Or, Mme Sinclair, qui a certes la tare ultime d’être l’épouse d’un certain DSK, a été désignée pour diriger la version française de cet Huffington Post dont Le Monde est en fait le maître d’œuvre. On voit mal quelles « fins personnelles » sont visées par ces anonymes journalistes.
En revanche, on voit bien que c’est la personne même d’Anne Sinclair qui est ciblée.

Bref rappel. Cet Huffington Post a été fondé aux Etats-unis par une dame Huffington (née Arianna Stassinopoulos) en 2005. Ce site d’informations au spectre très large (politique et religion, médias et vie quotidienne, affaires et loisirs…) a été vendu en février 2011 à AOL pour plus de 300 millions de dollars. Comme "Le Post" du Monde (qu’il va remplacer) ou « Le Plus » du Nel Obs, voire Rue 89, il fonctionne avec un petit noyau de journalistes et un grand nombre de contributeurs bénévoles. Certains d’entre eux auraient demandé rétributions après la vente à AOL.

Anne Sinclair, directrice éditoriale présumée, s’est attirée une volée de bois vert pour vouloir reprendre ce modèle. Dans un courriel destiné à faire venir des plumes bénévoles, elle a écrit :  "Ces contributions ne seront pas rémunérées et seront l’équivalent de colonnes publiées dans d’autres médias. Mais nous leur donnerons la plus grande visibilité possible, grâce je l’espère, à la force de frappe du Huffington Post." Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça a le mérite d’être clair. Personne ne pourra plaider l’ignorance.

Arrêt sur images, pour qui tout ce qui est anti-socialiste en général et anti-DSK en particulier est pain bénit, a relayé un article d’un « Observatoire des médias » où Anne Sinclair est réduite à l’état de femme de en l’occurrence « d’un socialiste emblématique », Matthieu Pigasse, co-actionnaire du Monde et patron des Inrocks, est étiqueté "soutien du PS". Et la gauche est accusée de soutenir la non-rémunération des "blogueurs".  Rien ne vient étayer cette accusation en France. Mais au Québec, honte et scandale, Amir Khadi, député de Québec solidaire, Françoise David, porte-parole de ce parti et Steven Guibeaut, fondateur d’une organisation écologique ont accepté d’être des contributeurs bénévoles ! Ce Québec solitaire est un petit parti de gauche qui ne compte qu’un député. On voit bien d’ailleurs le vice de cette attaque qui est réversible : le député QS se ferait-il payer qu’il serait accusé de voler le pain des journalistes.

Certes, les futurs contributeurs contribueront – peut-être, car la rentabilité des sites québécois ou français n’est pas assurée, la maison mère n’a dégagé des bénéfices qu’au bout de plusieurs années – à enrichir bénévolement AOL. Ils le feront en toute connaissance de cause. Nul ne sera obligé de le faire. Et les critiques portées par d’aucuns relèvent plus de l’attaque ad hominem à l’encontre d’une journaliste réduite au statut de "femme de" que de la dénonciation du type de fonctionnement d’un futur site d’informations.

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 18:02

melenchon mittal 

Dans un entretien à Libération (07/01/12), le candidat du Front de gauche ne dit pratiquement rien sur la politique de Sarkozy et consacre l’essentiel de son intervention à attaquer Hollande et le PS.


L’ex- secrétaire mitterrandiste de la fédération PS de l’Essonne, l’ex plus jeune sénateur en son temps du PS, se prétend l’héritier de Mitterrand en émettant cette pure idiotie : « Parce que je suis le candidat unique de plusieurs forces de gauche, avec les communistes. Et aucun candidat de gauche n’a été élu sans l’aide des communistes. Jamais ! » Si Mitterrand a bien été le candidat unique de la gauche ce fut en 1965 et 1974 et il l’était d’une alliance qui allait des radicaux au PCF (un PC qui pesait encore plus de 20 %), en passant par les socialistes. Et en 1981, le PC a présenté Georges Marchais (un peu plus de 15 % au 1er tour) et ne s’est donc rallié qu’au 2e tour. En 1988, même topo avec un Lajoinie faisant à peine 7% au 1er tour. Se comparer à Mitterrand, il n’a pas peur du ridicule, le tribun !


Sarkozy n’est cité que trois fois : l’une pour se défendre d’être membre de son cabinet noir, les deux autres pour dire qu’il n’est « pas battu d’avance ». Et pis c’est tout ! Si Bayrou est cité, c’est pour dénoncer Hollande qui, tenez-vous bien, « a fait le choix de creuser un fossé avec le Front de gauche pour justifier l’alliance avec M. Bayrou. » Sauf preuve du contraire, c’est bien Mélenchon qui a creusé le fossé en insultant Hollande et non l’inverse. Sa haine anti-PS va jusqu’à l’amener à affirmer que la « primaire PS (…) était censée m’exterminer(sic). » La dame Le Pen est quand même attaquée, mais juste pour dire qu’ « elle ne représente pas les ouvriers ».


La dialectique mélenchonienne est quelque peu surprenante.  Pourquoi sa candidature ne décolle pas ? C’est la faute au PS qui, « à lâcher prise de tous les marqueurs de gauche [crée] un trouble immense ! ». En bonne logique, si son affirmation était juste, elle devrait lui offrir un boulevard puisqu’il n’aurait qu’à reprendre ces fameux marqueurs (un nouveau mot à la mode) laissés en déshérence par les socio-traîtres ; d’autant qu’il se vante d’avoir, « le premier réseau de terrain au contact de la classe ouvrière ». Mais, de fait, malgré ses imprécations, si, comme il s’en targue, il est « le candidat de gauche, hors PS, avec le niveau d’intentions de vote le plus élevé », il le doit plus à l’écroulement des deux candidats trotskystes qu’à une irrésistible poussée de la gauche non socialiste.


S’il ne décolle pas c’est, peut-être, parce qu’il feint de croire qu’il suffit de dire fautquon ou yaka. Qui n’est pas indigné par le rôle joué par de prétendues agences de notation qui ont brillé par leur totale incompétence au moment de la crise dite des « subprimes » ? Mais chacun sait qu’il ne suffit pas de mobiliser une poignée de partisans armés d’andouillettes AAAAA pour mettre fin à leurs méfaits. Vouloir « mettre en place des visas environnementaux et sociaux aux frontières de l’Union européenne », ça ne se décrète pas, cela suppose de créer un rapport de forces au sein de l’Europe. Même chose pour la banque centrale européenne… On peut émettre l’hypothèse que beaucoup de citoyens de gauche sont évidemment demandeurs d’objectifs de gauche mais aussi et surtout des moyens d’y parvenir.


melenchonlidermaximoEt qu’ils ne peuvent se satisfaire d’affirmation grandiloquente telle que « Le capitalisme agonise. » quand ils constatent qu’un capitaliste Indien rachète nos derniers hauts-fourneaux pour les fermer et que le libéralisme le plus sauvage fait des ravages, sous une dictature prétendument communiste, en Chine. Sans oublier Cuba, la « non dictature » selon Mélenchon, le pays de la non espérance comme le définissait Maspéro, qui s’ouvre aussi au libéralisme… L’agonie risque d’être longue, d’autant qu’en Amérique latine, le Brésil, la plus grande puissance économique, est plus proche de la social-démocratie que de la « révolution bolivarienne » à la Chavez.


Jean-Luc Mélenchon ferait bien de relire Mélenchon Jean-Luc qui écrivait en décembre 2006 : « la centralité de la candidature socialiste à gauche est désormais totale, que cela plaise ou pas, parce qu'elle paraît la seule efficace pour atteindre le programme commun le plus élémentaire : être présent au deuxième tour et battre la droite »

 

 

En "bonus"

 

Mélenchon, jamais en peine d'une polémique, s'en prend maintenant à la compagne de F. Hollande, Valérie Trierweiler, pour une émission "Portraits de campagne", où on le  voit papotant gentiment avec Marine Le Pen, puis échangeant avec Rachida Dati dans les couloirs du Parlement européen. Et cela se sachant filmer (on voit même la réalisatrice sur un plan, quand il discute avec Dati).

Comme on lui ressort la séquence dans "Des paroles et des actes" (FR 2, 12/01/12), avec son sens de la retenue et de la mesure qui le caractérise, il diffame la journaliste "J'estime que du point de vue de l'éthique, elle n'a pas fait son travail". Répétons-le, ce n'était pas une séquence en caméra cachée, il se savait filmé. 

 

 

 

 

PS Mon article, paru aussi dans Le Plus m'a valu une attaque au marteau-pilon d'Alexis Corbière au nom du Front de gauche : "une tribune publiée dans le Plus du "Nouvel Observateur" a critiqué Jean-Luc Mélenchon dans un style très lourd et assez fleuri ("pure idiotie", "ridicule", etc.) dans laquelle les attaques superficielles tiennent lieu d’arguments de fonds."

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 21:49

Pretres pedo00 

 

"Stupéfaction face au nombre d'abus sexuels" titre l'article à la Une deTrouw.journal néerlandais, après la publication d’un rapport sur les actes pédophiles perpétrés au sein de l’église catholique. Entre 10 000 et 20 000 enfants* ont été abusés sexuellement. Peu d’échos dans la presse : information trop banale ? Silence de Civitas devant ce rapport "christianophobe" !

Suite à la révélation de plusieurs affaires, la conférence épiscopale et celle des instituts religieux aux Pays-Bas avaient demandé, en août 2010, une enquête  «large, externe et indépendante». «  Sur la base de près de 1800 plaintes adressées à l’Eglise, la commission a identifié près de 800 agresseurs, dont une centaine encore en vie. Les faits décrits vont de l’attouchement au viol et se sont généralement déroulés dans des institutions catholiques recevant des enfants, notamment dans des internats scolaires.

Dans ce pays dont 29% des 16 millions d’habitants se déclarent catholiques, ce rapport terrifiant donne une idée de l’ampleur inédite des affaires de pédophilie touchant l’Eglise. » (Tribune de Genève)

 

Pretres pedo03L'église néerlandaise était au courant pendant toutes ces années mais n'a pas bougé. Ou, comme le dit le rapporteur, « L’Eglise savait ce qui se passait et a tenté en vain de résoudre le problème », problème dont elle s’est saisie dès 1940 ! Les évêques ont d’ailleurs reconnu : «Il n'y a pas que les auteurs qui sont à blâmer, les autorités religieuses n'ont pas réagi de façon adéquate et n'ont pas privilégié les intérêts des victimes». La commission explique la passivité des autorités religieuses notamment par le «tabou» que représentait la sexualité dans la société jusque dans les années 1960 ainsi par une structure administrative et une culture «fermées» au sein de l'Église catholique. «Et puis, les gens ne pouvaient tout simplement pas croire qu'un religieux puisse commettre de tels actes», a relevé M. Deetman, rapporteur. (Le Devoir)

 

Ce scandale vient s’ajouter aux précédents, dans la Belgique voisine où un évêque avouait sans vergogne ses pratiques envers un neveu, en Irlande, au Canada, en Allemagne, aux Etats-Unis… Et en Italie, la presse « berlusconi » nous affirme qu’il y a des prêtres gays, style « la cage aux folles »…

 

La « loi du silence » qui régnait – y compris sous le « bienheureux » Jean-Paul Deux, fort indulgent avec Marcial Maciel – a pris fin. Non sans quelque bavures, comme celle du Cardinal Bertone, n° 2 du Vatican, qui lie pédophilie et homosexualité. Mais la pédophilie n’est qu’une des formes de maltraitances dont ont été victimes des milliers et des milliers d’enfants et d’adolescents confiés à des institutions religieuses.

 

Gerard-languedeputeEt pendant ce temps, Civitas, avec son cagot chef qui fait irrésistiblement penser à Gérard Languedeputte**, chroniqueur à « Bien pensant hebdo », manifeste contre exposition et pièces de théâtre, prétendument christianophobes, que personne ne les oblige à voir. Que n’ont-ils manifesté leur sainte colère contre les actes pédophiles des ministres du cultes, ces tartuffes incultes ?

 

 

* A partir d’une large enquête, la commission a estimé que les faits commis par des religieux ne représentaient que 4 % des actes pédophiles, ce qui voudraient dire qu’il y en aurait eu de 250 000 à 500 000 depuis 1945, dans un pays qui compte actuellement 16 millions d’habitants.

 

** Un des nombreux personnages d’Antoine de Caunes, dans « Nulle part ailleurs » sur Canal +, personnage chafouin et médisant.

 

Unes des journaux néerlandais empruntées à un « Vite dit » d’@si

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