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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 18:01

ou les mensonges puérils du sortant

fukushima-NKM2

Que Sarkozy mente effrontément, il n’y a que les UMPistes chasseurs de journalistes –recrutés par Longuet l’ancien du GUD ? – pour ne pas vouloir s’en rendre compte !    


Maniant l’antiphrase avec cynisme, il proclame « Cette campagne doit être une campagne de vérité ». Et il assène aussitôt les contre-vérités les plus flagrantes.

On a eu droit bien sûr, à « Sur le territoire de la République, nous voulons dans nos piscines municipales, désolé Mme Aubry, les mêmes horaires pour les femmes et pour les hommes » ; et Copé qui ne s’en laisse pas compter dans le mensonge éhonté (et bien qu’il ait reçu une lettre de mise au point vigoureuse de Denise Cacheux), a inventé des créneaux séparés pour les hommes et les femmes en période de Ramadan !


Sur la même veine anti-immigrés, surtout quand ils sont d’apparence musulmane, le sortant martèle le même mensonge, de métinge en métinge : le programme de Hollande prévoit de régulariser tous les sans-papiers. C’est faux, il le sait, Hollande annonce une régularisation au cas par cas.

De même pour le vote des étrangers que lui et ses sbires présentent comme un droit de vote global, alors qu’il ne s’agit que de votes aux municipales pour des étrangers en situation régulière en France depuis au moins cinq ans (et sans éligibilité) ? Droit de vote qui lui semblait d’ailleurs envisageable à ces conditions mêmes, il y a quelques années.

Plus gros encore – et là la visée anti-musulmane n’est même plus cachée, faut ce qui faut pour draguer l’électeur à la Marine – il invente un appel de Tariq Ramadan et de 700 mosquées en faveur de Hollande.


Dénégation très embarrassée quand il s’est agi des relations avec Kadhafi. « Il n’a jamais été question de vendre une centrale atomique à Kadhafi… c’est grotesque » Sauf que, il l’oublie, quelle mémoire volatile, dans les fabuleux contrats qu’on devait signer avec le guide suprême – que Sarko lui-même faisait miroiter pendant la grotesque visite du bédouin - il y avait un projet  de production d’énergie nucléaire, civile faut-il le préciser. Anne Lauvergeon, présidente lourdée d’AREVA, l’a rappelé. Aucun de ces contrats n’a d’ailleurs eu le moindre commencement d’exécution, sauf la vente de matériel de surveillance et de brouillage électronique, pour fliquer les opposants, mais c’était avant 2007 !


Toujours dans sa drague effrénée, le sortant, après avoir mis le hallal au centre des préoccupations des Français, y met maintenant les « frontières ». Nouveau Déroulède, il célèbre notre tricolore drapeau. Et il clama à tous les vents que, le 1er Mai, Hollande défilera derrière les drapeaux rouges de la CGT, tout en sachant fort bien que François Hollande allait passer le 1er Mai à Nevers pour rendre hommage, sur sa tombe, à Pierre Bérégovoy. Comme il y a du Monsieur Thiers dans cet homme – et pas que par la taille, la suffisance et l’étroitesse d’esprit aussi – on comprend bien qu’il ait la hantise du drapeau rouge symbole de la Commune en 1871 !


Faut-il encore parler du mensonge du Trocadéro : « Vous êtes 200 000 ! », sauf que la place en question faisant dans les 20 000 m2, c’eût été pire que le métro japonais aux heures de pointe, à 10 au m2 !


On peut cependant trouver dans cette série non exhaustive de mensonges, l’application cynique du « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ». Mais, il arrive que le sortant pratique le mensonge pour le seul plaisir de mentir. De l’art pour l’art, en quelque sorte !


Quoi de plus puéril que cet épisode du « vrai travail ». Au 20 heures de TF1, devant un journaliste décontenancé, il affirme : « Je n’ai pas dit le « vrai travail ». Seulement le lendemain, sur France 2, Pujadas qui a dû demander conseil au Petit journal lui sort les enregistrements où il annonce son 1er Mai du « vrai travail » les 23 et 24 avril. Pris les doigts dans le pot de confiture, piteux, il juge l’expression « malheureuse ».  Ce qui est confondant c’est l’aplomb dont il fait preuve, mais aussi la conviction que les journalistes n’oseront lui mettre le nez dans sa menterie.


fukushima-sarkoMais plus spectaculaire fut Fukushima. Un chef d’œuvre de fabulation.


Ce n’était pas la première fois que nous avions droit à des souvenirs imaginaires. Rappelez-vous le mur de Berlin. Sur sa page Facebook, il écrivait : "Le 9 novembre[1989] au matin, nous nous intéressons aux informations qui arrivent de Berlin, et semblent annoncer du changement dans la capitale divisée de l'Allemagne. Nous décidons de quitter Paris avec Alain Juppé pour participer à l'événement qui se profile. Arrivés à Berlin ouest, nous filons vers la porte de Brandebourg où une foule enthousiaste s'est déjà amassée à l'annonce de l'ouverture probable du mur." (Le Monde 09/11/09) Sauf qu’il n’y était pas le 9, mais le 16 novembre !

 

 

 

Ce n’est rien, bien sûr, à côté du voyage au Japon : « Avec Nathalie Kosciusko-Morizet, nous avons été à Fukushima », annonce-t-il dans métinge Caennais le 9 avril. Pas comme ce plouc de Hollande. Il ne sait même pas que dans certaines régions la vague du Tsunami faisait 42 m de haut ! (selon les spécialistes elle faisait de 20 à 30 m de haut, mais on ne va pas chicaner). Et on voit NKM sourire béatement à ces craques. En fait, il a fait une visite éclair de 4 heures, le 31 mars 2011, à Tokyo, qui n’est, il est vrai, qu’à 250 km de Fukushima. NKM qui est restée plus longtemps n’a pas plus mis les pieds sur le site sinistré.


Pour justifier cette affabulation, si l’on en croit Le Canard Enchaîné qio lui décerne sa noix d’honneur, il ne craint pas d’asséner : « Ecoutez, parce que dans les meetings ça faisait mieux de dire “J’ai été à Fukushima” que de dire “J’ai été à Tokyo pour parler de Fukushima”. Ça passait moins bien, voilà ».


De qui il parlait déjà Audiard quand il disait que « ça ose tout, c’est même à cela qu’on les reconnaît » ? Pour oser, on peut dire qu’il ose, le sortant. 

 

 

PS Quelques inexactitudes et mensonges délibérés du sortant dans le débat du 2 mai 2012 (à noter la dénégation éhontée sur le Bristol tout-à-fait au diapason des mensonges ci-dessus) :

http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/05/03/de-la-zapatera-au-bristol-petits-et-gros-mensonges-du-debat

Voir aussi le véritomètre (avec par exemple le miracle de la multiplication des éoliennes)

 

 

En bonus 

 

Durant cette campagne où tout va vite, où une information en chasse une autre, je me suis efforcé sur mon compte facebook de repérer, en complément des sites de campagne, des prises de position, des analyses intéressantes.
Afin de donner accès à ces informations à TOUS les internautes et pas seulement à ceux inscrits sur facebook, j'ai mis en place une page facebook qui est un site miroir de mon compte :
https://www.facebook.com/pages/Jean-Pierre-Letourneux/193283114045702

Dans cette dernière ligne droite, je vais m'efforcer de réaliser quelques "sommaires" facilitant la recherche des informations
Il nous faut continuer à convaincre en faisant appel à l'intelligence des gens c'est dans cet esprit que j'ai réalisé sur cette page le "sommaire" Quelques exemples de républicain(e)s sincères ayant appelé à voter François Hollande

Que chacun en fasse l'usage qu'il souhaite
Vivement le 6 mai

 


 

 


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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 07:40

DSK-figaro2.jpgCoïncidence qui ne peut être que fortuite ou, si vous préférez, le fruit du pur hasard, au moment même où le sortant et ses sbires en font des tonnes sur de peu originales prétendues déclarations de DSK Le Figaro révèle les échanges entre l'ex-patron du FMI et les magistrats Lillois qui, à l'issue de cette audition, le mettront en examen pour «proxénétisme aggravé en bande organisée».

 

« Le Figaro [qui dans le chapô de l’article évoque l’article du Guardian] a pu consulter le procès-verbal de la comparution de DSK le 26 mars dans une caserne de Lille. Une longue partie de chats et souris, instructive sur la stratégie des deux camps. Les magistrats tentent d'obtenir que l'ex-ministre reconnaisse avoir participé à un réseau organisé pour satisfaire ses «besoins sexuels» en recourant à des prostitués. Dominique Strauss-Kahn, lui, campe sur sa ligne de libertinage assumé et s'emploie à contester point par point la thèse des juges. »

 

On a droit au verbatim, le Procès verbal en direct avec vous :

- «Fabrice Paszkowski dit que vous n'étiez pas l'instigateur mais que vous étiez content (…) parce que vous aimez le sexe.»

- «Il a raison de dire que je n'étais pas l'instigateur (…) J'étais content comme je le suis généralement quand des amis m'invitent à faire quelque chose.»

- «Ne pensez-vous pas avoir mis en place ce système de complaisance dans votre entourage dans le but de satisfaire vos besoins sexuels?»

- «(…) Non, je n'ai jamais eu le sentiment d'une quelconque forme d'organisation mise en place et encore moins que cette organisation faisait appel à la prostitution.»

 

On peut supposer que notre grand journal d’investigation a tout le reste d’un long interrogatoire. Car, en effet, Le Figaro nous donne tous les détails sur l’organisation des parties fines (partouzes si vous préférez) avec des copies de SMS échangés entre DSK et ses amis libertins. Ne reculant devant rien, la Pravda UMPiste nous apprend qu’en janvier 2010, selon des échanges de SMS, l'ancien leader politique offre un «cadeau» -une prostituée, selon les soupçons des juges- à l'ex-navigateur et peintre Titouan Lamazou.

 

Les enquêteurs sont d’une pertinence incroyable : ayant employé le mot de « copines » dans un SMS, DSK a droit à cette remarque lors de sa garde à vue: « Si nous vous disons que dans le milieu du proxénétisme, “des copines” est le terme voulu par la bienséance pour désigner des prostituées ou des escort-girls, qu'avez-vous à répondre à cela ? » DSK: «Je ne connais pas le milieu des prostituées.» Plus fort encore : « La juge tente un autre biais: « Florence dit que vous étiez un élément très actif du groupe sur le plan sexuel et que vous étiez très intéressé par les “nouvelles venues”, moins par les anciennes. Qu'en dites-vous ? » - «Sur la première partie, c'est un commentaire que je lui laisse sur mon activité (…) Il est vrai que l'intérêt du libertinage repose en partie sur la nouveauté.»

 

La juge Stéphanie Ausbart de fait n’hésite pas à aller au fond des choses… Elle ne doit pas être submergée de dossiers pour, avec deux autres collègues, consacrer tant de temps à une affaire, certes très médiatique, mais qui, sur le plan judiciaire est quand même secondaire.Et si elle instruit à charge et à décharge, le 2e mot doit être pris dans son acception gaillarde plus que juridique.

 

Le Figaro nous a déjà habitué à de tels exploits : il a été ainsi capable, lors d’un interrogatoire totalement illégal, de l’ex-comptable de Mme Bettencourt de publier, soigneusement caviardé, le PV, photocopies à l’appui, de cet interrogatoire. Inutile de trop chercher la source, le procureur chargé à l’époque de l’affaire était Courroye, qui remontait directement le PV au fur et à mesure à l’étage au-dessus, les policiers faisaient de même et Mougeotte était en ligne directe avec le palais.

 

Ce qui est quand même un peu étonnant, c’est que le sortant et Mougeotte osent encore employer un procédé aussi indigne.

 

Décidément, avec Sarko, le pire est toujours sûr !

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 17:29

DSK-guardian-libe.jpg

« Je n’ai pas de leçon de morale à recevoir de DSK, du PS, etc. » Le sortant nous a déjà sorti ce genre de phrase, mais là il en fait des tonnes ! Oubliant au passage que, si les mœurs privées de l’ex Directeur du FMI peuvent paraître fort dépravées, un non lieu a été prononcé pour l’affaire du Sofitel ! Quant aux affaires lilloises, elles sont en cours d’instruction. Mais avec Sarko, la présomption d’innocence est une présomption de culpabilité.

 

NKM qui décidément fait une concurrence effrénée à N. Morano ose dire que Hollande "vient de se trouver un nouveau témoin de moralité en la personne de Dominique Strauss-Kahn", "un témoin de moralité qui est mis en examen pour proxénétisme aggravé".

En quoi, F. Hollande, qui peut difficilement être soupçonné de financements occultes de la campagne de 2007, aurait-il besoin d’un témoin de moralité ? Depuis quand, dans un état de droit une mise en examen vaudrait condamnation ? On voit bien que toute cette indignation outrée est bidon. NKM, devenue hystérique, va même s’en prendre à Hollande parce que des membres de son équipe de campagne auraient croisé DSK dans une rencontre privée, initiée par Julien Dray, rencontre qui aurait eu lieu dans la rue Saint-Denis ! Que l’on sache, M. Strauss-Kahn n’est pas assigné à résidence et ses amis s’honorent à lui garder leur amitié, même si, eux, auraient quelque raison de lui en vouloir pour sa légèreté.

 

 

Mais quel est donc l’objet de la feinte ire du sortant et de ses sbires ?

Un article dans le Guardian britannique d’Edward Epstein, contant un entretien qu’il aurait eu avec DSK le 13 avril 2012 et un interview du même Epstein dans Libération du 25 avril.

Tout cela à quelques jours de la parution du livre de ce journaliste Three Days in May sur l'affaire du Sofitel. Comme une opération de promotion. Il faut noter que l’article du Guardian ne comporte pratiquement aucune citation entre guillemets de DSK qu’Epstein dit pourtant avoir rencontré 2 h ½. «Peut-être ai-je été politiquement naïf, mais je ne croyais tout simplement pas qu'ils iraient aussi loin. Je ne pensais pas qu'ils trouveraient quoi que ce soit qui puisse me stopper», qui fera le titre, révèle, de fait, sa totale et bien légère naïveté.

 

Epstein donc affirme "Dominique Strauss-Kahn était déjà sous surveillance depuis plusieurs semaines et était devenu la principale "cible" des services français en février ou en mars 2011. Ils surveillaient ses faits et gestes, ils savaient ce qui lui est arrivé au Sofitel parce qu'ils avaient forcément quelqu'un de l'hôtel qui les informait".

Alain Hamon, dans Police, l’envers du décor, prétend lui que "quand le directeur du FMI venait en mission en France, les hommes du renseignement intérieur (DCRI) semblaient ne pas perdre une miette de ses déplacements".

Rien de prouvé, rien d’invraisemblable non plus.

 

A l’appui de ses dires, Epstein évoque "une transcription dont disposeraient les services français relative à une conversation le 12 mai à l'hôtel W de Washington, entre DSK et le commissaire Jean-Christophe Lagarde" (commissaire mis en cause aussi dans l’affaire du Carlton de Lille). Ce commissaire a bien été entendu par la police des polices pour avoir aussi dit que DSK était sous surveillance. Un article du Nouvel Obs du 7 décembre 2011 en faisait déjà état ainsi que de confidences de Frédéric Lefebvre – alors député UMP des Hauts de Seine - aux journalistes, rapportées en 2009 dans un livre : "DSK ne tiendrait pas une semaine. On a des photos, elles existent ! On les fera circuler, ça ne plaira pas aux Français".

 

 

 

Pour le reste Epstein insiste sur ce qu’il appelle la "danse de la victoire", où l’on voit dans les sous-sols du Sofitel deux hommes se congratuler et entamer un pas de danse. L’un des deux est repéré, sur les vidéos de surveillance, observant  DSK "quand il arrive le 13 mai" au Sofitel, il "le suit encore quand il monte dans sa chambre", est "de nouveau là, à chaque instant" quand DSK part de l'hôtel le lendemain, puis "retourne dans la chambre 2806" après les révélations de Nafissatou Diallo. Mais tout cela Epstein l’avait déjà écrit.

 

Absolument rien de neuf. Mais le sortant aux abois de se jeter sur ce faux scoop, comme un chien sur un os. L’espace d’un numéro de fausse colère à la de Funès, il nous aura au moins épargné un nouveau numéro de drague de la fille Le Pen et de ses électeurs.

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 21:30

JFLsar 1terLes instituts de sondages se sont plantés, mais leurs erreurs sont à relativiser. Alors que le Front de gauche aurait pu se féliciter d’un score honorable, les rodomontades de son candidat en ont fait un perdant du 1er tour. Mauvais perdant, au demeurant. La redoutable montée du F-Haine ne se jugulera pas par quelques formules chocs.


L’agrégateur de sondages, élaboré selon des méthodes arithmético-empiriques, montre que l’échec des sondeurs est à relativiser. . Il n’y a pas eu d’erreur dans l’ordre d’arrivée. Pour les deux premiers la pondération donnait pour Hollande 27,8, le résultat est de 28,6 %, pour le sortant 27 le résultat est de 27,2 % Bayrou était surestimé de plus d’un point (10,3 prévu 9,1 obtenu). Le Pen fille devançait bien Mélenchon (prévus 15,7 pour l’une, 13,8 l’autre), mais contrairement à ce que l’on subodorait, le vote F-haine a été, comme en 2002, nettement sous-estimé, puisque Le Pen fille est à 17,9 ; en revanche Mélenchon a été très surestimé  puisqu’il n’est qu’à 11,1 %.  Comme dit le bénévole auteur de l’agrégateur : « Je ne peux (…) m’empêcher de rire gentiment des commentaires anti-sondages et basés sur l’observation du terrain qui nous prédisaient ces dernières semaines le raz-de-marée mélenchonien. » Comment ne pas me rappeler des échanges plus que musclés avec ceux que j’avais nommés les bogôs.  M’inspirant de François Mitterrand qui décrivait ainsi feu le CERES de Jean-Pierre Chévènement : « Un faux parti communiste, avec de vrais petits bourgeois », inspiré aussi par les bobos qui étaient censés former le gros des troupes du PS, j’avais donc forgé ce bogô pour désigner les petits BOurges, qui se la pètent vraie GÔche auto-proclamée, et qui colonisent ses hauts lieux de la révolte qui gronde que sont les forums d’@rrêt sur images, ou les commentaires des articles du Nel Obs ou de son annexe, le « Plus ».


La grosse erreur a porté sur l’abstention. De 24 à 32 % selon les instituts, elle est à 20 % !  Certes c’est moins bon qu’en 2007, mais tout-à-fait dans les niveaux des présidentielles antérieures. Les grandes interrogations sur les incertitudes liées au changement d’avis, aux avis de dernière minute et à l’ampleur de l’abstention étaient bien vaines.


Après ce résultat qui sonne comme un cinglant camouflet, Sarkozy ne change pas une stratégie qui perd. Buisson et Peltier sont bien des sous-marins du F-Haine qui l’ont conduit tout droit à cet échec du 1er tour et mené Le Pen fille plus haut encore que le papa ! Eh bien, le sortant en a rajouté une louche reprenant toute la thématique xénophobe du Front national. Faut-il parler de son ridicule défi de petit caïd de cour de récré sur deux puis trois débats ? S’il avait vraiment voulu aboutir à deux débats, il aurait fait appel à un discret négociateur pour obtenir (ou pas) un accord. Cette grossière manœuvre de matamore ne pouvait qu’attirer un refus de François Hollande qui ne pouvait se laisser dicter les règles du jeu par son suivant !

meluche-22-04-10

Mélenchon, lui, n’aurait pas eu à rougir de sa campagne s’il n’avait pas attrapé la grosse tête en fin de parcours. Parti à 5 %, il dépasse les 11, faisant plus que doubler son score, fédérant des mouvements divers en plus du PCF, attirant les voix des candidats trostskystes. Mais ses rodomontades, amplifiées par des mélenchonistes de forums, en délire, ont   métamorphosé une campagne fort honorable, en défaite cinglante. Il est vrai qu’il a pu être trahi par ces journalistes qu’il semble exécrer qui, non sans arrière-pensée au Figaro, l’ont décrit plus beau qu’il n’était. Trahi aussi par certains sondages, qu’il prétend ne pas regarder, qui le lançaient quasiment sur orbite.


Au soir du 22 avril, ses propos furent pour le moins surprenants. Amers et parfois menaçants : « Honte à ceux qui ont préféré nous tirer dessus». Nous avons les noms, ajoutait-il en substance. J’en tremble, car, ayant eu l’audace extrême, non pas comme il prétend de « relayer les arguments calomnieux de l’extrême-droite », mais de riposter à ses incessantes attaques contre le PS en général, et F. Hollande en particulier, je risque d’être sur les tablettes ! Il a réussi, exploit inédit, à ne pas prononcer le nom du candidat de la gauche au 2e tour. Il a même osé dire « Je vous demande de vous mobiliser comme s’il s’agissait de me faire gagner moi-même » ! En toute modestie.  Il fallut que Pierre Laurent, n° 1 du PCF rectifie le tir en appelant, lui, clairement à voter Hollande le 6 mai. Mélenchon, sans doute un peu poussé par le PC, a cependant condescendu à faire amende honorable et à prononcer le nom honni de François Hollande ce lundi.


La montée du Front national s’inscrit dans celle des partis populistes dans beaucoup de pays européens, dans les pays de l’est (en Hongrie il tient le pouvoir), mais aussi dans des démocraties solides comme la Suisse et l’Autriche, les Pays-Bas, les Pays Nordiques. La « droite populaire » au sein de l’UMP, mais aussi et surtout Sarkozy lui-même ont, plus que les postures pseudos républicaines et laïques de la fille, contribué à dédiaboliser les idées xénophobes qu’il véhicule. Idées qui trouvent un terreau favorables dans toute une mouvance identitaires qui va de cathos tradis purs et durs jusqu’à  de faux laïques qui, eux aussi, contribuent  à banaliser un discours de haine. Il ne suffit donc pas de mettre en doute la santé mentale de sa candidate pour contenir un F-Haine qui a conquis de nouvelles terres notamment dans l’Ouest.


Il serait prématuré d’augurer des recompositions qui vont se faire après le 6 mai. Car rien n’est acquis. Avec Sarko le pire est toujours sûr. Boules puantes et œufs pourris risquent de pleuvoir. Une large marge d’incertitude règne quant aux reports de voix à droite : même si objectivement, Le Pen a tout intérêt à faire échouer le sortant, elle n’est pas propriétaire de ses voix du 1er tour ; Bayrou qui aurait objectivement encore intérêt à ne rien dire s’est piégé lui-même en disant qu’il se prononcerait… Il faut donc se garder de tout triomphalisme avant que n’apparaisse le visage du vainqueur le 6 mai à 20 h !

 

 

En bonus : Pierre Dac et Francis Blanche s'imposent :

 


Parti d'en rire

 

Oui
Notre parti
Parti d’en rire
Oui
C’est le parti
De tous ceux qui n’ont pas pris de parti
Notre parti
Parti d’en rire
Oui
C’est le parti
De tous ceux qui n’ont pas pris de parti

Sans parti pris nous avons pris le parti
De prendre la tête d’un parti
Qui soit un peu comme un parti
Un parti placé au dessus des partis
En bref, un parti, oui
Qui puisse protéger la patrie
De tous les autres partis
Et ceci
Jusqu’à ce qu’une bonne partie
Soit partie
Et que l’autre partie
C’est parti
Ait compris
Qu’il faut être en partie
Répartis
Tous en seul parti
Notre parti

Nous avons placé nos idéaux
Bien plus haut
Que le plus haut
Des idéaux
Et nous ferons de notre mieux
Cré vindieu de vindieu de vindieu
Pour que ce qui ne va pas aille encore mieux
Oui pour vivre heureux
Prenons le parti d’en rire
Seules la joie et la gaieté peuvent nous sauver du pire
La franche gaieté
La saine gaieté
La bonne gaieté des familles

Nos buts sont déjà fixés:
Réconcilier les oeufs brouillés
Faire que le veau d’or puisse se coucher
Apprendre aux chandelles à se moucher
Aux lampes-pigeons à roucouler
Amnistier les portes condamnées
A l’exception des portes manteaux
(tiens ça rime pas, ah oui je sais:)
C’est pour ça qu’y peuvent s’accrocher
Exiger que tous les volcans
Soient ramonés une fois par an
Simplifier les lignes d’autobus
En supprimant les terminus
Et pour prouver qu’on n’est pas chiches
Faire beurrer tous les hommes-sandwichs

Voilà quel est notre programme
Voilà le programme
Demandez le programme
On le trouve partout
Je le fais cent sous

Mais... pas d’hérésie!

- Notre parti
- Parti d’en rire, oui
- Non!
- Si!
- Crétin!
- Pauvre type!
- Abruti!

Et voici... ce qu’est notre parti
Oui!

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 10:59

APeillon asi

 

Antoine Peillon à @rrêt sur images

 

Souvenez-vous des rodomontades de Nicolas Sarkozy, en septembre 2009, à la veille du G20 de Pittsburgh, quand il nous assurait lors d’une interview donnée à TF1 et France 2 : “Il n’y a plus de paradis fiscaux. Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c’est fini !” Souvenez-vous du beau discours qu’il a prononcé, le 27 janvier 2010, à Davos,  pour l’ouverture du quarantième Forum économique mondial : “Nous sauverons le capitalisme et l’économie de marché, en le [sic] refondant et, oserai-je le mot, en le moralisant.” (Introduction de "Ces 600 milliards qui manquent à la France")

 

Ce n’est pas un journaliste de l’ultra-gauche, mais Antoine Peillon (La Croix) dans un livre publié au Seuil, que même Guéant aura de la peine à faire passer pour une maison d’éditions de la mouvance anarcho-autonome qui publie cette enquête sur la colossale évasion fiscale que subit la France (pour nous consoler ses voisins aussi). 600 milliards d’euros : c’est la somme astronomique qui se cache depuis des décennies dans les paradis fiscaux, soit près de 10% du patrimoine des Français, nous dit la présentation du livre. En conséquence, chaque année, plus d’un tiers de l’impôt potentiel sur les revenus français – soit près de 30 milliards d’euros – n’est pas perçu.

 

La situation de la France et plus globalement de l’Europe, présente officiellement un déficit entre dettes et créances : il est à chercher dans l’évasion des capitaux dans les paradis fiscaux.

 

Il n’y a pas que la Grèce ou l’Italie pour frauder le fisc. Le fraudeur spolie le fisc au moins doublement : les comptes off-shore comme on dit, autrement dit les comptes clandestins, donc non déclarés par définition, échappent à l’ISF, les revenus qu’ils procurent, à l’impôt sur le revenu. Que la fraude fiscale existe, tout le monde le sait, parfois d’expérience : l’artisan, la femme de ménage (n'est-ce pas M. Lellouche ?), payés « au black », les oublis dans la déclaration de revenus, etc. où le petit fraudeur devient complice des plus gros, amateurs par exemple de travailleurs clandestins. En tout, une fraude fiscale interne évaluée à 50 milliards d’euros.

 

 


Evasion fiscale : le livre qui accuse par Challenges

 

 

Mais ce qui est étonnant, c’est qu’alors que le phénomène de l’évasion fiscale est connu, que son mécanisme même a été démonté, qu’une banque, comme la fameuse UBS a une filiale parisienne qui présente un déficit constant, anomalie totale, que des conseillers Suisses prospectent illégalement jusqu’aux gagnants du loto pour leur faire miroiter les charmes des comptes en Suisse, alors que l’impayable Woerth agitait il y a peu une liste de 3000 noms, rien ne se passe.

 

Pour A. Peillon, le Ministère des Finances est évidemment au courant. Un de ses informateurs, ex-commissaire de la DCRI, l’assure que le secteur policier chargé de contrôler la sécurité de notre économie fait preuve d’une étrange incurie, qui ressemble à une « contre-performance volontaire ». Comme qui dirait du sabotage. Et ce n’est pas tout : fin 2009, après que Sarkozy avait annoncé la fin des paradis fiscaux, une salariée de l’UBS a déposé plainte contre les pratiques de sa banque : le parquet de Paris n’a ouvert aucune instruction. Mieux – ou plutôt pire – encore, l’Autorité de contrôle prudentiel de la Banque de France a transmis une note au Parquet de Paris, encore. Une enquête a été confiée au Service national de douane judiciaire (SNDJ). "L’investigation du SNDJ n’a toujours pas conduit le parquet, en la personne du vice-procureur de Paris (…) à transformer l’enquête préliminaire en véritable instruction judiciaire."

 

La clé de ce blocage est peut-être à chercher du côté du juge Gentil à Bordeaux. L’évasion fiscale a-t-elle servi à des trafics d’influence et au financement illégal d’un parti ? Où l’on retombe sur l’affaire Bettencourt. Ce qui est sûr, c’est qu’à l’insu de son plein gré, elle possédait des comptes en Suisse. Ce qui est avéré, ce sont des mouvements de fonds de 20 millions d’euros entre 2005 et 2008. Ce sur quoi existent des témoignages concordants : des enveloppes kraft étaient distribuées généreusement par André Bettencourt, générosité qu’aurait poursuivie, après son décès, au nom de sa patronne,  son gestionnaire de fortune, de Maistre, actuellement écroué. "Les générosités de la milliardaire vis-à-vis des champions politiques expliqueraient-elles cette timidité judiciaire ?" se demande Antoine Peillon. (d’après Anne-Sophie Jacques @si).

 

D’autant que les fameuses mesures censées mettre fin au secret bancaire des paradis fiscaux sont du pipeau. Les accords bilatéraux qui devraient aboutir à lever ce fameux secret sont inopérants. Le fisc doit faire des demandes nominatives : autrement dit, ça ne peut que confirmer une enquête déjà bouclée. Un test réalisé par Bercy a abouti à un taux de réponse de 30%, les Suisses se montrant particulièrement peu coopératifs, arguant de questions de forme.  Comme le souligne Gabriel Zucman, il faudrait que l’Europe contraigne « les paradis fiscaux à échanger automatiquement les informations qu’ils détiennent. » Ainsi «  À chaque fois qu’un ménage français touche un dividende sur le compte en Suisse qu’il possède via une société-écran panaméenne, la Suisse devrait envoyer cette information à la France. »

 

Les paradis fiscaux se portent bien. Les plus riches escroquent annuellement 30 milliards au fisc, c’est-à-dire volent notre pays de cette somme. Le parquet, aux ordres du pouvoir, bloque les instructions malgré les dossiers qui s’accumulent. Cependant, cette fraude fiscale qui pulvérise – surtout si on y ajoute la fraude interne – toutes les fraudes dites sociales, n’est pas mise en relief et dénoncée avec toute la vigueur qu’elle mérite. Son éradication devrait être une priorité.

 

 

APeillon 600milliards

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces 600 milliards qui manquent à la France. Enquête au coeur de l'évasion fiscale, par Antoine Peillon Le Seuil, 2012.

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 17:46

Florence-Cassez portada-gente

Sur l’Affaire Cassez, je n’ai pas attendu le dernier (faux) rebondissement pour exprimer tous les doutes qu’elle peut susciter. La présomption d’innocence a été plus que violée : arrestation bidon, violation des règles d’alerte du consulat français, témoignages plus que suspects, aucune preuve matérielle – l’inverse en fait – une justice au rabais. Faut-il rappeler à D. Schneidermann par exemple, que la présomption d’innocence veut dire que ce n’est pas à l’inculpé-e de prouver son innocence, mais à la justice de prouver sa culpabilité. Cette preuve, en l’occurrence, est inexistante. C’est ce qu’a dit clairement le rapport du juge Arturo Zaldivar, à la Cour suprême, cour qui a rendu un arrêt ambigu, sans libération de Florence Cassez.


L’action de celui qui fait président sur ce cas ne fut pas, pour le moins, couronnée de succès. Lors d’un voyage officiel au Mexique (précédé d’un mystérieux voyage privé au financement aussi opaque que l’achat d’un duplex à Neuilly), Sarkozy laissait entendre, le 9 mars 2009, que dans les trois semaines on trouverait « une solution qui permette de préserver les intérêts de la justice mexicaine, de la justice française, les intérêts des victimes et le droit de chacun, même s'il a été condamné, à se voir respecter dans l'application des droits qui sont les siens » ; ce qui, traduit en langue normale laissait espérer un transfert de Florence Cassez en France. Echec total. Soit Calderon – le président Mexicain – l’a roulé dans la farine. Soit il a pris ses désirs pour des réalités. La suite ne fut pas plus heureuse, puisque  La ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie, ayant parlé « véritable déni de justice », l’année culturelle du Mexique en France fut annulée, une crise diplomatique s’en suivit. On voit que pour donner des leçons de traitement plus discret de cette affaire, l’Elysée, le quai d’Orsay, NKM parlent d’expérience.


Florence-Cassez avocat2Qu’il y ait eu une légère ambiguïté dans le premier communiqué du PS annonçant la visite de Michel Vauzelle au Mexique, soit (quoique on peut se demander ce qu’aurait dit NKM si l’affaire Cassez n’avait pas été évoquée ?). On peut, cependant s’étonner de la réaction de l’avocat et de la famille. L’écho donné à cette prétendue maladresse, écho d’autant plus fort qu’il a été immédiatement orchestré par la porte-parole du sortant et Alain Juppé, ne va-t-il pas se répercuter au Mexique ? N’eût-il pas été plus judicieux de prendre contact avec Michel Vauzelle – ancien Ministre, ex-Président de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée Nationale, il n’est pas totalement inexpérimenté  - pour accorder les violons. Car, le Mexique est aussi en période électorale  et Vauzelle va sans doute rencontrer les dirigeants des partis d’opposition qui n’ont pas les mêmes raisons de faire d’indécentes pressions sur la Justice que le sortant Calderon.


Et la récupération de ce qui fut, dans la pire hypothèse, une maladresse, par l’équipe du sortant montre, une fois encore, à quelles bassesses ils en sont réduits.

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 10:41

JFLsar 1terLes jeux sont faits, rien ne va plus ! Bayrou, à sa 3e tentative ne sera même pas le 3e homme.  Il semble glisser inéluctablement vers le score de ses listes aux européennes (8,5 %).


Bayrou, personnage par beaucoup d’aspects pathétique !

BAYROU-2012

En 2007, sollicité par S. Royal – quasi scène de comédie à l’italienne, la candidate, entre les deux tours, au pied de son immeuble et lui qui n’ose même pas la rencontrer – son électorat a traduit son indécision en se partageant également entre les deux finalistes. N’ayant influé en rien sur la victoire, il est immédiatement trahi par les siens : Morin, Santini et les autres, attirés par l’odeur du brouet sarkozyen. Aux municipales de 2008, un Philippe Meyer qui se réclamait de lui, permettra à Tiberi de garder la Mairie du Ve arrondissement de Paris ! Les européennes furent marquées par un calamiteux débat où il s’en prit à Cohn-Bendit. Et surtout, dans une élection à la proportionnelle, par un score qui montrait que le MODEM ne perçait pas.


bayrou-comicA l’approche des présidentielles, s’il est rejoint par un Douste-Blazy, Corinne Lepage, qui lui doit son poste de députée européenne, le quitte, pour un faux tour de piste, au bout duquel elle ne lui revient pas. Victime des « arrêts sur images » du « Petit journal », il est obligé de plaider l’"ictus" pour justifier des dénégations imbéciles sur une de ses phrases, prononcée au Congrès du modem  :  "Les partis se tiennent par les noyaux durs".


Cependant, il avait en quelque sorte une cote de popularité « hors sol ». Le béarnais, agrégé agriculteur, éleveur de chevaux, bénéficie d’une cote de sympathie élevée. De fait, si on ne creuse pas trop, il cumule l’attrait pour la simplicité rustique du fils d’agriculteur, la compassion pour une victime de trahisons, voire le rejet du système et de ses artisans. « Qu’ils s’en aillent tous ! » écrivait poujadistement un autre concurrent. Lui n’apparaissait pas, eût-il était ministre antérieurement, comme faisant partie des « tous ».

Il eut même droit à un sondage surréaliste où il triomphait allègrement au 2e tour du sortant ou du candidat des primaires citoyennes. Quasi épectase chez ses rares fidêles.


bayrou-caricMais lui, qui n’est quand même plus un perdreau de l’année, comment a-t-il pu ignorer que faute de troupes, faute de définir sur quelle majorité crédible il pourrait s’appuyer en cas de victoire, son accession au 2e tour était un mirage. La discussion sur la fiabilité de son discours relève du byzantinisme. Il est peut-être le plus lucide, ses propositions sont peut-être excellentes (quoique sur l’école son nègre Brighelli lui a livré une bien réactionnaire copie) : qu’importe, il est incapable de définir les moyens de sa politique.

 

Ne lui reste que le pouvoir – de plus en plus relatif, à mesure que sa position s’effrite – de, comme disent les journalistes,  « faire le roi ».

 

On ne lui fera pas l’injure de le croire assez naïf pour mordre à l’hameçon grossier de Sarko qui fait fuiter l’hypothèse d’en faire un premier ministre. Et, il n’est pas sûr que, quoiqu’il dise au lendemain du 22 avril, son électorat n’en fasse pas qu’à sa tête. Alors, s’il n’a pas encore compris la capacité de nuisance du sortant, qu’il se retire dans son Béarn, dignement.

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 21:07

Descoings1.jpg

« Que les choses soient claires : il présentait toutes les caractéristiques de la pédale planquée. Il était gay avec ses amis proches (ceux qui méritaient de savoir), il s’amusait à faire la folle avec ses étudiants, les soi-disant futures élites de la République, mais il n’était pas gay pour le « gros du peuple » (ceux dont il n’avait rien à foutre en fait).

Comme beaucoup de pédés blancs, friqués, haut placés dans l’ascenseur social, Descoings semblait parfaitement à l’aise avec la notion de coming-out à deux vitesses : « homo for those who know, hétéro for those who don’t need to know » (« homo pour ceux qui savent, hétéro pour ceux qui n’ont pas besoin de savoir »). Gay à la cour des puissants parmi ceux qui décident, straight dans le monde réel, au milieu de ceux qui subissent. »


Tout le papier de ce minable terroriste verbal n’aurait pas mérité autre chose que la chasse d’eau, s’il n’avait été repris par RUE 89 et cité par @rrêt sur images.


« Qu’importe si le bilan de Descoings à la tête de Science-Po est plutôt positif et si ses anciens élèves la larme à l’œil tiennent mordicus à lui rendre hommage ».

 

En effet pour cet obsédé de l’orientation sexuelle de son prochain – et qui visiblement a beaucoup de problèmes avec la sienne – l’œuvre de Descoings à la tête de Sciences Po ne compte pas, ce qui seul compte est que Descoings n’ait pas clamé au « gros du peuple » (?) sa prétendue homosexualité.

descoings-au-lycee-andre-maurois-de-elbeuf_510.jpg

Totalement obnubilé, il écrit : "Le plus fascinant (…) c’est que (…) les homos eux-mêmes prirent le parti de défendre le droit de Descoings à cacher sa sexualité. Ce qui, pour un homme à la tête d’une institution censée former les élites de demain, et payé avec nos impôts, a de quoi faire peur." Que répondre ? Peut-il même comprendre ce nombriliste que, comme le chantaient Font et Val – du temps où Val était fréquentable – de l’orientation sexuelle de X ou Y, « on s’en branle ! ». Que ce n’est pas parce que les gendarmes sont payés avec nos impôts que l’on doit leur demander d’afficher leurs orientations sexuelles. Oser parler de cette notion bâtarde de vie privée traduit une conception inquiétante de la vie en société dans une démocratie. Le droit d’afficher, de revendiquer même son homosexualité ne peut aboutir, sauf chez des esprits totalitaires, à l’obligation de le faire.


descoings-sylveGautier.JPGLa citation finale d’une certaine Amélie Couture vaut son pesant de cacahuètes : « Finalement l’attitude de Descoings équivaut à dire au monde, à la société, que les histoires homosexuelles ne comptent pas, que son couple ne comptait pas, que l’amour ne compte pas. » Comment faire entendre à ces mal comprenants que, sans diriger un grand établissement comme l’IEP Paris, mais un plus petit comme un collège ou un lycée, que de fait ce genre d’histoires, pour les parents, pour les élèves, pour les personnels ne comptent pas. Non pas que ces parents, ces élèves, ces personnels soient totalement indifférents aux petits ragots et encore moins aux épisodes devenus publics de la vie d’un couple, comme le divorce, mais, en France, au moins, et jusqu’à présent, ils savent faire le partage entre vie publique et vie privée.


Ce qui compte vraiment, c’est le bilan de Richard Descoings à la tête de Sciences Po. Cette ouverture vers les lycées de ZEP, avec un recrutement différencié. Ce qui lui a valu les hauts cris de soi-disant « républicains » à la Descoings2.pngchasse à ce qu’ils appellent la « discrimination positive » (traduction maladroite de « affirmative action »). Ce développement et cette ouverture de « son » grand établissement, dont il a plus que doublé l’effectif, qu’il a fait rayonner en province avec des collèges à dominante linguistique (comme Nancy pour l’Allemand) qu’il a surtout doublement ouvert vers l’étranger avec 40% d’étudiants étrangers dans l’effectif et une année d’études à l’étranger dans la scolarité de l’école.


Comme l’ouverture aux lycéens de ZEP, la suppression de l’épreuve de culture générale à l’écrit a suscité la polémique. Parfois comique avec l’ « Adieu, Sciences-Po ! » de Pierre Bénichou (Nel Obs 12/01/12), mais globalement très à droite (voir Ivan Rioufol, Zemmour et les autres).


Richard Descoings fut un grand directeur de Sciences-Po. Espérons que la succession soit bien assurée. Et bannissons des sites d’information dignes de ce nom les sanies de ces intégristes de l’outing.

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 06:49

UPM-montage

 

13 juillet 2008, le triomphe diplomatique de Nicolas Sarkozy, le couronnement de sa présidence de l’Union Européenne, le sommet de l’Union pour la Méditerranée. Un aéropage de chefs d’état : Hosni Moubarrak qui allait devenir le co-président de l’UPM, Ben Ali, Bouteflika et Bachar-el-Assad, seul Khadafi boudait car Israël –miracle diplomatique – faisait partie de l’union. On avait mis les petits plats dans les grands, puisque les deux repas du sommet auront coûter la bagatelle de 2,3 millions d’euros et le sommet au total 16,6 !

 

Rien n’aura été négligé donc, et le président lui-même, si l’on en croit A. Leparmentier, quittant prématurément un G8 au Japon, a réglé les moindres détails du diner. « Le menu, c’est quoi ? » « La finlandaise, je n’en ai rien à foutre. » « Ne mettez pas Berlusconi avec Carla » « Un homme qu’il me plairait qu’on invite, c’est Enrico Macias, c’est un homme des deux cultures » !

« Angela ne peut pas ne pas être à ma table. Sinon, elle va se vexer. » Eh oui, déjà Mme Merkel dictait sa loi au « flamboyant » hyperprésident s’occupant du plan de table. Car cette union pour la Méditerranée qui ne devait, en toute logique géographique, ne réunir que les pays riverains, elle avait imposé que les 27 pays de l’union européenne, avec la commission y participent.

 

Ce projet avait été initié par … Jacques Chirac en 1995. Le processus de Barcelone établissait un partenariat euro-méditerranéen dans le domaine de la sécurité, du développement et de la culture entre l'Union européenne et dix autres États riverains de la mer Méditerranée : l'Algérie, l'Égypte, Israël, la Jordanie, le Liban, le Maroc, la Syrie, la Tunisie, la Turquie et l'Autorité palestinienne.

UPM Elysee  Mais l’idée de Guano adoptée par son patron était de limiter l’union aux pays riverains, à l’exception du Portugal, de la Jordanie et de la Mauritanie. Aucune concertation avec les partenaires bien sûr. Inutile de dire que commission et parlement européens le prenaient mal. Mais ce fut la chancelière qui dit Nein. Sarkozy tente bien de faire passer son projet pour un décalque du Conseil des États de la mer Baltique. Mais le matamore doit se plier à l’intransigeante Mme Merkel. Une « affaire mal ficelée, mal préparée, mal vendue » pour Jean Quatremer. Un échec diplomatique cinglant que les fastes du sommet devaient effacer.

 

UPM-tribune2  Sauf que, presque quatre ans après, cette UPM (à ne pas confondre avec l’UMP) est bien malade. Son co-président Hosni Moubarak est jugé sur un brancard et son pays entre domination militaire et islamiste. Ben Ali s’est réfugié chez les Saoudiens. Bachar-el-Assad massacre son peuple. La Lybie est dans l’anarchie. Bouteflika n’y a jamais vraiment cru… Et l’Europe pèse toujours aussi peu dans la solution du problème israëlo-palestinien.

Seule consolation (?), le Qatar, pays ô combien méditerranéen, représenté à ce sommet par son chef d’état, l’Emir Sheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani, a racheté le PSG !

 

Après avoir cédé, comme ça deviendra l’habitude, au diktat allemand, Sarkozy a essayé de faire passer, à grands frais, cette capitulation pour un triomphe diplomatique. Et ça se termine en jus de boudin.

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 17:35

Tarnac-police2

Le journaliste du Monde, L. Borredon, qui annonce que le juge Fragnoli a demandé, lui-même, son dessaisisement, nous attendrirait presque sur le sort du juge d’instruction. Après ses derniers exploits, il "n'imaginait pas que les attaques allaient reprendre à ce point-là", après plusieurs mois d'accalmie. "Nous ne sommes pas des hommes politiques, nous ne sommes pas paramétrés pour ça, rappelle un juge d'instruction. Et nous ne sommes pas payés pour ça."  Tarnac-Fragnoli-courriel

 

Pensez donc, plus de trois ans après, il avait fait mettre en examen un ferronnier de la région rouennaise qui connaissait les présumés terroristes à la mode MAM (il avait déjà été interrogé précédemment) ; les policiers avaient perquisitionné l’atelier du père lui aussi ferronnier et, miracle, y auraient trouvé des fers à béton ! Ils avaient surtout oublié une sacoche contenant des pièces sur l’enquête et les n° de téléphone des enquêteurs. Le Canard Enchaîné ayant été averti de cette négligence (au diapason de toute l’enquête), ce brave juge avait cru bon d’envoyer un courriel cocasse à ses "amis de la presse libre", c'est-à dire "celle qui n'est pas affiliée à Coupat/Assous". Julien Coupat le leader du "groupe de Tarnac" est sa bête noire, et Jérémie Assous, un de ses avocats, particulièrement pugnace.

 

Comme pour les branquignols « Cavaliers de la fierté », on avait eu droit, le  11 novembre 2008, à une arrestation à grand spectacle- télés convoquées, flics encagoulés, sur le plateau de Millevaches - du « comité invisible », dirigé par un certain Julien Coupat. Ce Coupat était soupçonné d’avoir posé des crochets en fer sur les caténaires d’une voie de chemin de fer. Michèle Alliot-Marie, Ministre de l’Intérieur, avait publiquement dénoncé ces présumés coupables membre de « l'ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome ». La nuit du sabotage, du 7 au 8 novembre, la vieille Mercedes de Coupat était pistée par dix véhicules et 20 « fonctionnaires » de police. Ils n’en réussirent pas moins à en perdre la piste. Le PV de cette filature loupée était bourré d’invraisemblances. Les traces de pneus relevés près de la voie de chemin de fer ne correspondaient pas à ceux de la Mercedes. Coupat et sa compagne, présumés coupables – ça se passe comme cela en Sarkozie – n’en furent pas moins mis en détention provisoire pendant des mois (13 pour l’une, 17 pour l’autre).

 

Tarnac-Fragnoli  De novembre 2008 à mars 2012, le juge Fragnoli n’a réussi à réunir aucun élément nouveau dans un dossier qui compte quand même 32 tomes. Il savait que sa boulette finale – ce courriel inouï – allait provoquer son dessaisissement. Les avocats ont eu beau jeu de dénoncer "une animosité personnelle de M. Fragnoli à l'égard de l'un des mis en examen et de l'un de ses avocats, mais également un mépris total du magistrat des obligations de sa fonction ainsi qu'un parti pris en faveur de la culpabilité". Il a donc préféré devancer l’opprobre.

 

En fait pas moins de trois juges du pôle anti-terroriste suivaient cette affaire qui n’avait de terroriste que le nom : les crochets en fer ne risquaient que de détériorer les pantographes des motrices et non mettre en jeu des vies humaines.

 

Cette affaire Tarnac est emblématique des méthodes policiéro-judiciaires de la période : derrière les opérations poudre aux yeux, une incompétence à la hauteur de moyens mobilisés, une instrumentalisation politique outrancière, un viol de la présomption d’innocence et, in fine, un fiasco total ! 

 

 

Pour compléter :

Tarnac : quel rôle a vraiment joué le mystérieux espion anglais ?

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