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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 10:33

florence cassez news624

NB Courrier International du 14/06/2018 rend compte d'un livre de Jorge Volpi sur l'affaire Cassez

Cliquer dur le lien

 

Il ne suffit pas d’avoir été victime d’une arrestation bidon, d’avoir été traînée dans la boue par la presse et surtout les télés caniveaux mexicaines, d’avoir connu un procès fabriqué, d’avoir subi 7 ans de prison, avant d’être libérée et blanchie. NON, de retour dans notre beau et cher pays, Florence Cassez doit encore subir les sous-entendus des tartuffes et les attaques des têtes d’haineux*.

 

Le grand air de la calomnie et le grand air de la bêtise se sont conjugués. A son débit, d’abord, le fameux « emballement médiatique », tarte à la crème d’un Schneidermann (son fameux « lémédias ») et de ses épigones. Dans le genre le pauvre Hondelatte est plus que consternant avec tapis rouges déroulés et réception « par dieu lui-même, c’est-à-dire par le Président », approuvé, ce qui n’étonne pas par C. Levy mais aussi, ce qui est plus surprenant, par C. Autain (dans un « yahoo débat » eh oui ! ça existe !). On peut déplorer ou pas l’accueil qui a été fait à F. Cassez, mais, sauf bêtise crasse, on ne peut en tenir rigueur à cette jeune femme, qui a su faire une remarquable conférence de presse.

 


Florence Cassez, son combat contre "l'injustice" par lemondefr

 

 

Au-delà de l’odieux

 

Mais de l’accueil à celle qui en fut l’objet, ça dérape et grave, très vite. Ainsi une pécore, Caroline Parlanti, va au-delà de l’odieux en osant écrire : « il en faut peu aujourd'hui pour être célèbre, pour être glorifié et porté aux nues. […] Parfois il faut quand même effectuer sept ans de prison et avoir fréquenté des malfrats qui tuaient et enlevaient des gens. Et être assez inconsciente – pour ne pas dire autre chose – pour ne pas s'en apercevoir » et elle ajoute, vipérine, que cet accueil serait appelé la « "boulette Cassez". Une ancienne détenue devenue superstar alors qu'on ne sait même pas si elle est innocente ou pas. » Abjection votre déshonneur.

 

Quand la dame Lévy se contente de parler de « fréquentations douteuses », cette imbécile qui n’a, pas plus que Lévy et Autain, lu une demi-ligne du dossier, surenchérit : non seulement kidnappeurs, mais tueurs, ces fréquentations douteuses. Or, son ex-compagnon, présenté comme le chef d’un gang des zodiacos, sept ans après n’a toujours pas été jugé. « Si Vallarta a avoué être un kidnappeur, une expertise de la Commission nationale des droits de l'homme du 9 décembre 2005 indique qu'il a été torturé : multiples traces de coups, brûlures sur les parties génitales, etc. Il est accusé d'être le chef et le négociateur. Mais une expertise indique que la voix enregistrée lors des négociations n'est pas celle d'Israël Vallarta. » (Léonore Mahieux, Emmanuelle Steels et Anne Vigna, Le Monde du 23/02/11, voir aussi Rue 89). Invoquer ici, la présomption d’innocence ne servirait de rien : Parlanti, Levy et même Autain pratiquent la présomption de culpabilité.

 

Un dossier vide

 

Car c’est bien de cela qu’il s’agit quand les têtes d’haineux martèlent « libérée, mais pas innocentée ». Quoiqu’on fasse dire à l’une des juges, la 1ère chambre de la cour suprême mexicaine, cette chambre avait le choix entre les conclusions du 2e rapport d’Olga Sanchez  qui préconisait un nouveau procès et celles du 1er rapport du juge Zaldivar qui prônait la libération absolue et immédiate. Le choix de la libération implique la non culpabilité de la prisonnière. Car l’arrêt n’a pas été motivé que par des raisons formelles – représentation diplomatique de l’étrangère non alertée, absence d’avocat après l’arrestation – mais aussi de fond, sur l’effet corrupteur de la mise en scène de l’arrestation et sur des témoignages tardifs et plus que douteux (les 150 pages du rapport Zaldivar reprennent toute la procédure point par point et en démontrent toutes les failles).

 

Après la décision de la Cour suprême d’annuler le jugement, le dossier de Florence Cassez est vide. Pas de flagrant délit – la libération d’otages était bidon – des témoignages jugés contradictoires et à la sincérité douteuse. Un ultime procès devenait inutile.

genaro-garcia-luna-300x350  Mais F. Cassez –comme elle l’a rappelé dans la conférence de presse – n’est pas la seule à avoir été victime de Genaro Garcia Luna, dit le scénariste. Ainsi Ouest-France (01/02/13), après le Courrier international, énumère quelques montages.

En mars 2006 une indienne Otomie était accusée à tort d’avoir séquestré six membres de l’AFI (des policiers supposés d’élite). En septembre 2009, un pasteur était capturé devant des caméras de télévision et accusé d’être un pirate de l’air, il n’était en possession d’aucun explosif et n’avait aucunement menacé les passagers. En juillet 2010, la fausse libération de journalistes du groupe multimédia Televisa et de la société Grupo Milenio était organisée avec le concours de la police fédérale.

Des dizaines d’innocents sont encore dans les prisons mexicaines. Et l’espoir nettement formulée par la « francesa » est que sa liberté recouvrée fasse jurisprudence, que tous ces innocents soient, comme elle, blanchis et libérés.

 

Florence Cassez, en droit et en fait, est innocente. Sa libération absolue l’atteste. Et les têtes d’haineux, bêtes et méchants (mais rien à voir avec feu Harakiri), qui l’accablent ne méritent que le mépris.

 

 

* "têtes d'haineux" expression empruntée à P. Dac et F. Blanche ("Tyrol'haine")

 

En complément : un échange avec Aude Baron, rédactrice en chef du Plus (une annexe du Nel Obs qui imite Le Post d'autrefois, d'avant qu'il devienne Huffington Post, mais sélectionne les contributions qu'il édite)

 

N'étant plus "édité" depuis le 15 novembre 2012, j'avais signalé à cette dame un nouvel article, en me disant "boycotté mais entêté".

 

 

Sent: Monday, February 04, 2013 10:57 AM
Subject: Re: boycotté mais entêté
Bonjour Jean-François,
Vous n'êtes pas boycotté, je vous rassure (et vous l'assure).
Toutefois vos billets sont souvent trop factuels pour que nous les sélectionnions. Vous évoquez une idée mais il manque souvent un développement, que vous poussiez le raisonnement au-delà de l'énoncé de sa conclusion.
Concernant ce dernier post, la remarque au sujet des amendements copiés-collés est intéressante : pourriez-vous m'indiquer une source relative à ces doublons ?

Le 4 février 2013 14:32, Jean-François Launay <jeanfrancois.launay@free.fr> a écrit :
 
Si ce n’est pas vraiment du boycott, ça y ressemble.
Quand je défends – et je n’ai pas attendu qu’elle soit libérée pour découvrir son affaire – Florence Cassez, attaquée de la plus infâme façon par une pécore, certes c’est comme vous dites “factuel” (ils faut bien sortir des “faits” pour contrer les véritables saloperies qu’elle ose écrire sans connaître une demie ligne du dossier) mais il y a une affirmation étayée et clairement énoncée, mais qui n’a pas droit de cité sur Le Plus : F. Cassez est innocente !
Quand j’ironise sur Civitas, je rappelle au passage à deux parlementaires qu’ils feraient bien de (re)lire les débats sur la loi de 1905 et je confronte les cagots, non homophobes, bien sûr, avec les saintes écritures d’un cardinal devenu pape.
Si vous aviez lu mon dernier article un peu moins en diagonale, vous y auriez vu le lien http://recherche2.assemblee-nationale.fr/amendements/resultats.jsp?NUM_INIT=628&LEGISLATURE=14&ECRAN=RESULTATS ; la lecture des débats est aussi instructive puisque de temps en temps Bartolone indique que l’amendement x a été déposé en 88 exemplaires... Ainsi le fameux amendement dont je citais la conclusion : “l’étude d’impact ne s’arrête nullement sur les flux d’étrangers qui pourraient vouloir venir se marier en France du fait de ces nouvelles dispositions” (portant sur l’alinéa 15 de l’article 1er) a été repris mot pour mot par Pron, Ollier, Marc, Bénisti, Guilloteau, Vitel, Gosselin-Cinieri-Foulon (là ils ont signé à 3 d’un coup), Reiss, Ginesta, Mathis, P-A Martin, Huet, Cochet, Giran,de la Raudière, Moyne-Bressand, Sordi, de Ganay, Gommerch, Door, Salenn, Dion, Gibbs... et je me suis arrêté à la page 10 des amendements...
QUI sur Le Plus ou ailleurs a dénoncé cette farce des plus de 5000 amendements ?
Mais, il vaut mieux disserter sur les fesses de Gollnish et surtout sur Star academy, Koh Lanta, The Voice, etc.
 
Sent: Monday, February 04, 2013 4:00 PM
Subject: Re: boycotté mais entêté
Cher Jean-François
Nous ne pouvons effectivement pas dire que Florence Cassez est innocente, pour la simple et bonne raison que juridiquement, elle ne l'est pas. Il n'y a pas preuve de culpabilité. Mais dans les faits, on ne sait pas ce qu'il s'est passé.
On peut poser la question, s'interroger sur les zones d'ombre de l'affaire, sur la mise en scène médiatique au Mexique. Mais pas affirmer qu'elle est innocente, de même qu'on ne peut pas affirmer qu'elle est coupable. On peut s'interroger.
J'ai lu votre article, et pas en diagonale, en revanche je n'ai pas le temps de lire tous les liens, surtout quand il s'agit de la lecture des débats à l'Assemblée, qui sont très longs. D'où ma demande d'extraire la petite phrase-clé, comme vous le faites fort bien ci-dessous.
Cher Jean-François, si vous étiez boycotté, je ne prendrais pas la peine de répondre à vos mails et de lire vos contributions.
Nous avons déjà édité certains de vos textes, et nous sommes tout à fait disposés à le refaire. Votre plume est pour le moins vive, mais parfois elle se laisse emporté par son entrain, au point de devenir agressive. Or si nous pouvons publier des propos vifs, nous ne pouvons publier des propos agressifs.
n'hésitez pas à prendre le temps d'étayer vos arguments. ET j'espère que la prochaine fois, je vous écrirai pour vous annoncer une sélection.

 

 

 

Le 4 février 2013 19:24, Jean-François Launay <jeanfrancois.launay@free.fr> a écrit :

 

Cette histoire de “zones d’ombre” est dans le fond terrifiante. Qu’est-ce que ce statut nouveau que l’on fabrique à l’encontre de Florence Cassez : on ne peut pas dire qu’elle soit coupable mais on ne peut pas dire qu’elle soit innocente !

Combien de fois faudra-t-il répéter que la présomption d’innocence veut dire que vous êtes innocent si la justice n’a pas prononcé votre culpabilité ? et encore, cela se voit même en France, il peut y avoir erreur judiciaire !

Et il est quand même extraordinaire que ceux qui ont peut-être une connaissance un tout petit plus poussé du dossier que la pécore qui l’a insultée n’aient pas le droit de dire que Florence Cassez est INNOCENTE, que les 150 pages du rapport du juge Arturo Zaldivar ne portent évidemment pas que sur des questions de procédure non respectées, mais décortiquent toute l’affaire. Puisque vous me renvoyez vers un concurrent du Plus, puis-je vous inviter à lire un partenaire du Nel Obs, RUE 89 (http://www.rue89.com/2013/01/28/oui-tout-porte-croire-que-florence-cassez-est-innocente-239049 ) ? (L’article que vous citez est d’ailleurs très ambigu, puisqu’il dénie l’innocence alors qu’on y lit : Son procès ayant été cassé et au nom de la présomption d'innocence, Florence Cassez est bel et bien non coupable aux yeux de la justice mexicaine”. Etre “non coupable” mais ne pas être “innocente” et tout cela “au nom de la présomption d’innocence”, pour être étayé c’est étayé !

Et question arguments, il me semble que sur F. Cassez, je fais plus qu’étayer. Et au delà de ce cas je rappelle – comme elle l’a fait – que des centaines d’autres innocents croupissent en prison au Mexique et qu’on peut espérer que ce jugement de la cour suprême fera jurisprudence.

Quant à l’accusation sur mes propos agressifs elle demanderait à être étayée. Certes je me suis permis le mot “pécore”, mais il faut appeler un chat, un chat et une pécore, une pécore. Quelqu’un qui se permet d’écrire cette énormité « il en faut peu aujourd'hui pour être célèbre, pour être glorifié et porté aux nues. […] Parfois il faut quand même effectuer sept ans de prison et avoir fréquenté des malfrats qui tuaient et enlevaient des gens. Et être assez inconsciente – pour ne pas dire autre chose – pour ne pas s'en apercevoir » (avec des accusations absolument pas étayées) n’est évidemment pas agressive.

 

Pas de réponse. Si elle parvient je la rajouterais bien sûr.

 

Courriel en voyé à Clémentine Autain qui participait à un "Yahoo débat" animé par Hondelatte avec Elisabeth Levy :

 

A Clémentine Autain 04/02/13 16h50

 

Je dois avouer que je ne connaissais pas le “Yahoo débat”. Je l’ai découvert inclus dans un article, que je préfère ne pas qualifier, à propos de Florence Cassez. Hondelatte... bon ... c’est Hondelatte... Je n’avais jamais vu Mme Lévy, j’ai pu ainsi m’apercevoir qu’elle n’écrit pas que des conneries, elle en dit pas mal aussi ! Passons. Mais, la surprise –désagréable – fut de vous entendre pratiquer la présomption de culpabilité avec une formulation assez jésuitique “l’innocence de Florence Cassez ne fait pas l’unanimité”.  

Figurez-vous que, dans un état de droit, on est INNOCENT tant que l’on n’a pas été jugé coupable (et encore, les erreurs judiciaires existent et pas qu’au Mexique). Or, le jugement concernant Florence Cassez à été annulé par la Cour suprême mexicaine (et pas que sur des questions formelles). 

La Cour suprême mexicaine aurait-elle été saisie s’il n’y avait pas eu une mobilisation sur son cas en France – même si Sarkozy a fait preuve d’une terrible maladresse à au moins deux reprises (discours au Sénat mexicain, année du Mexique en France) ? s’il n’y avait pas eu au Mexique des correspondantes de presse françaises qui avaient épluché le dossier ? si Florence Cassez elle-même n’avait pas, en direct, convaincu de mensonge Genaro Garcia Luna, dit le scénariste et n’avait fait preuve d’une remarquable pugnacité durant ces plus de 7 ans de détention ? 

Que l’on juge l’accueil qui lui fut fait démesuré ou pas, on peut difficilement le lui imputer. Et elle a su faire face à la presse avec simplicité et pertinence. Souhaitant en particulier que son cas fasse jurisprudence. Car elle est loin d’être la seule victime d’une police qui fabrique des coupables au lieu de s’occuper des vrais criminels. 

Je suppose que c’est la règle du jeu de ce “Yahoo débat” : il faut débattre même si on n’a qu’une connaissance très très superficielle du fond d’une affaire.  

Quant aux “fréquentations douteuses” de Mme Lévy, elle semble ignorer que l’on peut partager la vie de bandits, sans le savoir et il arrive même que celui avec qui on partage sa vie vous assassine ainsi que les enfants que vous avez eu avec lui ; et sans qu’on se soit douté que la vie et la carrière qu’il prétendait mener était factice. Rappeler aussi – ou plutôt l’informer – que la fréquentation douteuse (en fait, elle n’était plus sa compagne depuis plusieurs mois) Israel Vallarta, n’est toujours pas jugé 7 ans après, donc est présumé innocent. Mais la présomption d’innocence a-t-elle un sens pour elle ? et pour vous ?

 

J. F. LAUNAY 

http://deblog-notes.over-blog.com/

 

Pas de réponse... de même pour un message laissé sur le site de Maître EOLAS, lui demandant s'il existait une nouvelle catégorie de "non coupable, non innocent"...

 

Pour compléter :

Florence Cassez : le mythe, le dossier, le jugement

"Même au sein d’une certaine intelligentsia sensibilisée aux pratiques abusives de la police et à l’aveuglement de la justice, il était de bon ton de proclamer la culpabilité de Florence Cassez. Vautrés dans le fantasme de la jolie criminelle étrangère qui cache bien son jeu, certains écrivains et professeurs d’université ont aussi vu dans cette affaire l’occasion de prendre le contre-pied de la France et de dénoncer son ingérence dans la justice d’un pays souverain. De ce fait, ils passaient à côté du sujet, un sujet exclusivement mexicain : l’absence de justice."

[...]

 « La violation des droits fondamentaux a vicié tant la procédure en elle-même que ses résultats », affirme la Cour.

La théorie des « simples vices de procédure » s’effondre. Les témoignages sont irrémédiablement corrompus. Ils serviront pourtant de matière première à la formation d’un tribunal médiatique, qui condamne sans procès.

Extraits

 

Ma vérité sur l’affaire Cassez

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Policiers corrompus, espionnage, tortures, falsifications, monde médiatique et politique pris en otage : on se croirait dans un polar. Pourtant, c’est une histoire vraie que nous raconte l’affaire Cassez.

 

Laisser entendre, comme le fait encore une partie de la presse française, que Florence Cassez pourrait bien être coupable de ce dont la justice l’a accusée, et qu’à tout le moins elle n’est pas innocente de la relation qu’elle avait nouée avec Israel Vallarta, criminel coupable d’enlèvements, va à l’encontre de tout ce que j’ai pu apprendre depuis sept ans. Tout d’abord, Israel Vallarta n’a pas été condamné et n’est même jamais passé en jugement – plus de sept ans après son arrestation.

Certes, Florence Cassez n’est pas Nelson Mandela et elle n’a jamais voulu l’être. Mais elle est à coup sûr, aujourd’hui, une personne plus attentive au monde qui l’entoure, façonnée par sept années de bataille incessante pour sauver sa vie.

 

Extraits

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« Les arrestations sans fondement, les témoignages peu cohérents et les preuves fabriquées sont légion », dénonce le politologue Virgilio Bravo (Institut technologique de Monterrey), qui compare le cas Patishtan à l'affaire Florence Cassez. Après sept ans d'emprisonnement pour complicité d'enlèvements, cette Française a été libérée, le 23 janvier, par la Cour suprême, en regard du non-respect de ses droits fondamentaux.

 

Le souhait de Florence Cassez de voir sa libération être le prélude de celles de beaucoup d'autres victimes d'une justice qui ne mérite pas ce nom vient de se traduire par une grâce présidentielle en faveur d'Alberto Patishtàn.

 

 

 

Courrier International du 14 juin 2018 rend compte du livre de Jorge Volpi "Una novela criminal" [“Un roman criminel”, inédit en français], inspiré par «El teatro del engaño» : dénonciation d'une mise en scène judiciaire par la journaliste Emmanuelle Steels ; il reprend l"affaire Florence Cassez sous la forme d'un 'roman non fictionnel'.

 
Florence Cassez face aux têtes d’haineux
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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 11:55

christiane-taubira-600x360 

Echange avec Philippe Gosselin, député UMP de la Manche

 

Est français l'enfant, légitime ou naturel, dont l'un des parents au moins est français. (art. 18 du Code civil)

 

Le 30 janv. 2013 à 22:50, Jean-François Launay <jf.launay> a écrit :

Monsieur le député,

 

Je vous ai entendu sur une chaîne télé dénoncer une circulaire de Mme Taubira, Garde des sceaux, ayant pour but d’unifier les réponses des tribunaux quant à l’attribution de la nationalité française aux enfants issus d’une Gestation pour autrui. Vos protestations indignées – invoquant l’illégalité au regard de la législation française vous jugez que cette attribution constituerait une reconnaissance de fait de la GPA – peuvent amener à poser une question simple : que fait-on de ces enfants nés de la GPA ? fabriquera-t-on, par dogmatisme, des “apatrides” ?

 

Dans un cas concret qui m’est assez proche – mais ici les liens de parenté n’ont pas d’importance – un jeune homme et son compagnon ont décidé de faire un enfant grâce à une mère porteuse états-unienne (il ne s’agit pas contrairement à ce que vous et l’UMP clamez de la manifestation d’un “droit à l’enfant” mais de l’expression d’un “désir d’enfant”). L’un des deux est le père “biologique” – artificiellement certes, mais indéniablement un de ses spermatozoïdes a été féconder un ovule anonyme, si j’ai bien compris, et l’embryon a été implanté dans le ventre de la mère porteuse – mère porteuse qui a confié, comme convenu, l’enfant à ses “pères”. Si cette action est illégale en droit français, il vous est peut-être possible d’admettre que le père biologique reconnaisse son enfant. Il peut même dire, sans mentir, qu’il a été abandonné par une mère qui n’est même pas biologique, la donneuse de gamètes étant anonyme.  

Donc cette mignonne petite fille – en l’occurrence – née d’un père français et d’une mère inconnue, ne serait pas française, pour vous ? Et, tests de paternité à l’appui, son père ne serait pas son père ?

 

Certes, ce recours à une mère porteuse est illégal, mais pratiquement quelle sanction préconisez-vous qui ne frappe pas l’enfant ? ou, comme dans un passé pas si lointain où le “batard” et les “filles mères” étaient mis au ban de la société, faut-il stigmatiser cet enfant, voire le charteriser comme immigré clandestin ?

 

En tout cas je vous conseille de vous raser électriquement, vous risqueriez de vous blesser avec un rasoir mécanique, en vous regardant dans la glace. 

Je vous prie de croire, M. le Député, en l’expression des plus vifs sentiments que vous m’inspirez,

 

J. F. Launay 

Principal honoraire 

 

From: Gosselin  

Sent: Thursday, January 31, 2013 9:34 AM

To: Jean-François Launay

Cc: Ph Gosselin

Subject: Re: Enfants de la GPA : on les noie ?

 

Gosselin

Bonjour

 

Je comprends votre réaction parce que c est souvent celle la : ne pas pénaliser les enfants ! C est humain et piégeant à la fois !

 

En gros : des couples vont , délibérément et ils le savent parfaitement , à l étranger se mettre hors la loi et , selon la théorie du fait accompli , le droit devrait ensuite couvrir leurs actes ! Facile , non ?!

 

Les enfants ne sont pas apatrides : ils peuvent parfaitement avoir une nationalité : celle de leur mère biologique !

 

Cet espèce de chantage aux enfants me laisse bien songeur . Quelle est cette société ou la location d un ventre serait possible et semble ne même plus choquer certains ? Quelle société qui. , ainsi , permettrait le contrat sur un enfant à naître ? C est une marchandise ? Quel est ce droit à l enfant ?!À l enfant à tout prix tt à tous prix !!!

 

Permettre la reconnaissance comme le fait la circulaire donne un signal : allez ailleurs , c est illégal chez nous , cachez cette GPA que je ne saurais voir , mais quand vous revenez , on vous légalise ! Cela conduit au tourisme reproductif !!

 

Alors , non et , définitivement non !!!

 

Avec tous mes regrets , mais trop facile de vouloir légiférer uniquement avec de l empathie . Il en faut , mais le droit ne saurait se réduire à cela . Pour notre dignité collective .

 

Bien cordialement

Philippe Gosselin , député de la Manche
Envoyé de mon iPhone

 

 

From: Jean-François Launay  

Sent: Thursday, January 31, 2013 10:18 AM

To: Gosselin

Subject: Re Re: Enfants de la GPA : on les noie ?

 

Monsieur le Député, 

Je me permets de vous conseiller de lire Ouest-France de ce jour, Ouest-France que, vu les positions de son patron, on ne soupçonnera pas de complaisance coupable pour le diabolique "mariage pour tous" (http://deblog-notes.over-blog.com/article-j-appelle-cela-la-charia-114318062.html ).

 

Il met les choses au point concernant la circulaire Taubira : "Elle rappelle la loi" : un enfant né à l'étranger d'un parent français a la nationalité française. Il ne s'agit donc pas d'attribuer la nationalité française, mais de l'attester. La circulaire se contente donc de rappeler à des procureurs ou greffiers que cette attestation est de droit. En effet, certains, soupçonnant une GPA, la refusaient, en violation de la LOI qu'ils sont censés servir*.

 

Il s’agit non pas du “droit à l’enfant” mais bien du droit de l’enfant à sa nationalité. Si GPA illégale il y a, pourriez-vous convenir que celui qu’il faut sanctionner est le parent biologique ? Même chose d’ailleurs pour la PMA puisque son usage est très encadré et réservé aux couples hétérosexuels. Le recours à la GPA et à la PMA ne date pas du 6 mai 2012 : quelles actions ont été menées par les gardes des sceaux des gouvernements Fillon ?

 

Et cette circulaire n’est absolument pas – et vous le savez comme Copé, Wauquez et les autres – une ouverture vers la légalisation de la GPA, mais un rappel indispensable, hélas, à l’application de la loi.

 

Je ne sais si cette orchestration cynique d’un mensonge délibéré – il suffit comme nous y invite Ouest-France de lire le texte – est comme on dit de “bonne guerre”. De mon humble point de vue, elle est indigne.

 

J. F. Launay 

Principal honoraire 

 

PS Si j’en crois le Huffington Post, cette fausse indignation relève bien d’une mise en scène du plus mauvais aloi : "Fausse surprise. La 'circulaire GPA' de Christiane Taubira est connue depuis deux semaines au moins (…) Christiane Taubira a bel et bien présenté cette circulaire devant la Commission des lois de l'Assemblée le 16 janvier. Une information qui n'a pas pu échapper à l'UMP : le procès-verbal de la Commission recense en effet 38 députés de ce parti présents ce jour-là." 



 

* Habitude bien française, chez certains qui ayant une parcelle d'autorité en abuse, que d'interpréter arbitrairement des textes clairs et dont certains, nés à l'étranger, ont eu à souffir pour renouveler un passeport : http://deblog-notes.over-blog.com/article-besson-pourrait-t-il-faire-renouveler-son-passeport--42780182.html (Note non envoyée à M. Gosselin)

 

 

Je note d’abord que M. Gosselin a l’obligeance de répondre aux courriels qu’on lui envoie, ce qui est tout à son honneur et je l’en remercie.

 

J’en profite pour déplorer la pusillanimité de certains députés PS, geignant sur la non opportunité de la circulaire, alors qu’ils ne pouvaient ignorer ce que révèle l’Huffinton Post, et bien sûr le panurgisme de la plupart des médias qui ont embrayé sur cette non opportunité...

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 21:37

mariage-pour-tous 03

Frigide Barjot, égérie canularesque des cagots gogos

 

La prise de position sans nuance du patron d’Ouest-France F. R. Hutin (« Mariage homosexuel ? » 13/01/13) est des plus surprenantes. Contrairement à son habitude, ce démocrate-chrétien ne donne guère dans la modération. C’est au contraire un véritable appel pour la manif des antis mariage pour tous ! Or, Ouest-France est le 1er quotidien de France.

Dans un pays qui a eu un président qui, en cours de mandat, divorce pour la 2e fois et se remarie, pays qui vient d’en choisir un autre « concubin notoire » comme on disait autrefois (et récidiviste puisqu’il a eu quatre enfants avec une concubine précédente) affirmer que « le mariage structure fondamentalement la société » est pour le moins osé.

mariage-pour-tous 02

Prétendre avec un Rabbin, fut-il Grand que le mariage « c’est l’institution d’une famille, c’est-à-dire qui crée une relation de filiation directe entre ses membres » relève de l’idéologie hors sol, totalement coupée de la réalité de la société. Prétendre que « le mariage structure fondamentalement la société dans son présent, son passé, son avenir » c’est énoncer des contre-vérités historique et sociologique et une improbable prévision sur l’avenir. Et si le mariage est « un des fondements de notre société », notre base est bien fragile. Toutes ces péremptoires affirmations ont dû avoir cours au moment de la réinstauration du divorce en 1884.

mariage-pour-tous fachos

Sans remonter à Sparte, dans le passé ou faire appel aux ethnologues pour décrire des configurations « familiales » diverses, il faut d’abord rappeler à l’église catholique que l’invention du sacrement du mariage est tardive (1215). La seule mention d’un mariage dans les évangiles est un miracle (à faire bondir les viticulteurs), l’eau changée en vin aux noces de Cana. Sans parler des rois, princes et seigneurs, le mariage fut longtemps une opération patrimoniale, pour ceux qui avaient du bien. Quant à l’enfant, fruit bénit du mariage chrétien, dans les nobles familles du Grand siècle, il était confié à des nourrices lointaines (cf E. Badinter). Dans les grandes familles bourgeoises du XIXe et de la 1ère moitié du XXe, les bonnes prirent le relai et les enfants, vers 10-11 ans, débarrassaient le plancher familial pour des pensions qui ne les libéraient qu’aux vacances (voir l’excellent film « Les femmes du sixième étage »). Donc l’idyllique représentation d’une famille toute tournée vers le bien de l’enfant est quelque peu controuvée. Quant aux classes populaires, relisez Zola et songez à l’opprobre qui s’abattait sur les filles-mères et les enfants dits « naturels ».

mariage-pour-tous 01

Pour le présent, plus de la moitié des naissances ont lieu hors mariage. Pour cent mariages il y a cinquante divorces. Familles dé et re-composées se multiplient. Un quart des enfants est élevé dans des familles monoparentales. Ne parlons pas, s’agissant de « filiation » des naissances sous X, ni de la procréation médicalement assistée où, à la limite, un enfant peut naître de deux gamètes anonymes ! Voilà qui peut « brouiller la chaîne des générations » chère à Gilles Bernheim, le Grand Rabbin.

mariage-pour-tous 06

Le futur immédiat, après la manif de la crispation réactionnaire, verra s’instaurer « un droit nouveau pour les uns, les homosexuels, sans en retirer aucun aux autres », comme dit Franck Riester, député UMP. L’enfant est assez impudemment mis en avant par les contempteurs de cette avancée. « Il y a de 30 000 à 40 000 enfants élevés dans des familles homoparentales. Ces enfants sont-ils malheureux, maltraités ou dépravés ? Non. Dont acte. »  écrivent, dans une tribune du Monde (08/01/13), J-P Mignard et B. Stéphan,  co-directeurs de Témoignage Chrétien. Et le mariage pour tous peut permettre de traiter du problème de parentalité qui se pose aussi dans les couples hétérosexuels. Droits du beau-père ou de la belle-mère dans les familles recomposées ne sont pas éloignés de ceux de la compagne qui a co-élevé l’enfant de son amie.

 

L’union sacrée des religions qui jouent les expertes en anthropologie en faisant d’une approche scientifique une « vérité » normative, n’empêche pas le constat que le mariage homosexuel n’a provoqué aucun cataclysme dans les pays où il existe. Contraception, IVG, PACS… comme d’habitude l’église catholique essaye de bloquer une évolution sociétale. Une fois encore, « en se prononçant contre le mariage pour tous, l’Eglise veut imposer la loi religieuse sur la loi civile » constate J. P. Cluzel, proche d’A. Juppé (Le Monde 12/01/13 supplément culture & idées). Il ajoute « J’appelle cela la charia… »

 

 

En complément, une lettre parue dans le même Ouest-France du 12/01/13, mais page « Vendée »

 

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  En complément :

 

 

 

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 10:56

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 22:44

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Montage emprunté à Arrêt sur images (cliquer sur l'image, vous aurez en prime un peu de Nel Obs)

 

La presse en général et les hebdos en particulier font une culture intensive des marronniers. Certains ne fleurissent qu’à une certaine saison – ainsi la parution des indicateurs du bac par le ministère, fait fleurir les « palmarès » et les éternelles interrogations sur la mort du bac – mais d’autres sont d’une espèce robuste qui peut naître et renaître à n’importe quel moment de l’année. « Dites les gâs, nos lecteurs en ont peut-être marre du Hollande bashing et si on leur resservait à la sauce franc-maçonne ? » a dû dire le patron du Figaro. On a donc eu droit à une « Hollande : un président très entouré de francs-maçons » avec une belle infographie et un article de fond du fond « Le nouveau pouvoir des francs-maçons ».

 

Les titres sont un peu décevants. Bien loin d’un Léo Taxil, fustigeant la franc-maçonnerie luciférienne et décrivant un culte de Baphomet dans les loges et dont le chef suprême, Albert Pike, rencontrait Lucifer tous les vendredi à trois heures. Même pas à la hauteur de FOG qui dans Le Point titre sur « La main invisible » ou « Les infiltrés », voire L’Express qui nous révélait, il y a peu, comment la Franc-maçonnerie « manipulait les candidats à la présidentielle ». Eh oui, même Bayrou ?

 

francmac3.jpg  Les francs-maçons ? Ils sont partout, jusqu’au cœur de l’Etat.Ainsi démarrait un article du Point sur « Les francs-maçons de Sarkozy » où l’on apprenait que Xavier Bertrand est membre du Grand Orient, ce qui suscitera, dit-on, ce bon mot de François Fillon : « Je ne suis pas étonné de le découvrir maçon ; mais franc, cela m’en bouche un coin... ». Et, Raffarin aurait avoué : « Jamais je n’aurais pensé que les francs-maçons étaient aussi puissants ! ».  

En vedette bien sûr, Alain Bauer, ex-Grand Maître du Grand Orient passé à droite (ce qui est rare, mais le père de F. Baroin, qui fut aussi Grand Maître du GO était de droite).

Les francs-maçons, d’après Le Point, auraient des sortes de fiefs. Ainsi auraient-ils fait échouer la nomination de Francis Mer à EDF un de leurs « bastions ». Sauf qu’on nous conte ensuite la nomination comme Président de la cour de cassation - « Etat maçonnique miniature » - d’un magistrat non seulement non maçon, mais un des rares, dans ce microcosme, à détester ouvertement les francs-maçons. Mieux encore, Augustin de Romanet, nommé à la tête de la Caisse des dépôts en 2007, énarque catholique tout en rondeur, vire Dominique Marcel, le numéro deux et ex-dir cab de Martine Aubry, et supposé initié. Cette exclusion provoque un tollé écrit sans rire Le Point, mettant les protestations sur le compte de la fameuse solidarité maçonnique, alors que l’opération relève assez clairement de la chasse à la gauche. Et les deux exemples démontrent exactement le contraire de ce qu’ils sont censés illustrer : la forte influence de la maçonnerie, ou plutôt celle du GO. Car le personnel politique de droite peut compter sur des frères d’autres obédiences dites spiritualistes (et dans certains cas, notamment dans le Sud-Est, plutôt affairistes).

hollande-francs-macons.jpg

Pour Le Figaro – qui n’a pas dû lire Le Point en 2009 – « Le retour aux affaires des socialistes, après dix ans d'absence, est une excellente nouvelle pour les obédiences maçonniques, au premier rang desquelles le Grand Orient de France… ». L’infographie ne démontre pas cependant un raz-de-marée de frères alain-bauer.jpgou sœurs trois points au sommet de l’état. Mais l’insubmersible Alain Bauer y apparaît, comme ami de Valls. Des noms sont lancés de présumés francs-maçons. Des ministres démentent, Valls ne cache pas qu’il a été initié, mais a quitté le GO en 1996, faute de temps et d’intérêt. D’autres bottent en touche, ce qui est évidemment mis sur le compte du secret maçonnique. Le prix du démenti revient à Aquilino Morelle, conseiller de l’Elysée, prétendument initié au GO : «Je n'ai jamais été initié, si ce n'est par quelques jeunes femmes, il y a déjà malheureusement trop longtemps...».

 

francmac_tabliers.jpg Ce secret maçonnique autorise toutes les insinuations. «L'influence des maçons se développe de manière diffuse, par capillarité, parce qu'on retrouve beaucoup de frères dans les cabinets ministériels, les administrations et les milieux politiques», fait-on dire à Emmanuel Pierrat, un avocat initié au GO (traître à la cause ?). Et tous les poncifs ressortent : connivences nées dans les loges + solidarité obligée + secret = copinage invisible et échanges de petits services.

Sauf que si Christian Forestier, ancien recteur, directeur du cabinet de Jack Lang de 2000 à 2002, Président du Haut conseil de l'évaluation de l'école de 2003 à 2005, est resté membre du Haut Conseil à l’Education, et a accédé à la tête du Conservatoire national des arts et métiers, entre autres, il le doit certainement plus à sa compétence et à son indéniable charisme, qu’à son appartenance supposée à une obédience maçonnique.

 

Et une fois encore, la thèse d’une toute puissance maçonnique souterraine est démontée par l’article lui-même puisque la constitutionnalisation de la loi de 1905 dont le Grand Orient se voudrait le champion (d’après Le Figaro) risque de passer aux oubliettes, car elle reviendrait soit à officialiser le maintien du Concordat en Alsace-Moselle soit à déclencher les protestations des électeurs locaux. Les élections municipales de 2014 seront déjà assez compliquées comme cela pense-t-on au gouvernement.

 

Dernière image d’Epinal, le franc-maçon, bouffeur de curés. José Gulino riposte-t-il aux déclarations de M. Vingt-Trois, traitant le mariage pour tous de supercherie, en dénonçant «les positions arriérées et obscurantistes» et «les amalgames violents et haineux» du président de la Conférence des évêques de France, son communiqué est taxé d’anticlérical. Ce qui, au sens propre est juste – il dénonce la tentation constante des églises à tomber dans le cléricalisme, c’est-à-dire à vouloir imposer leurs dogmes à l’ensemble de la société – mais prend ici un ton péjoratif.

 

franc-maconnerie-symbole.gifPour le reste, on aura appris une surprenante nouvelle : la « fraternelle » parlementaire qui est censée regrouper tous les maçons du Parlement de quelque obédience qu’ils soient, comme il y a plus de députés et sénateurs de gauche, va être dirigée par un député PS du GO qui succède à un sénateur UMP de la GLNF. Est-ce que le vilain GO va poursuivre la politique d’auditions transpartisanes lancée par la gentille GLNF qui a « réveillé la fraternelle », telle est la question implicite du Figaro.

 

 

Bien que moins prolifique que L’Express et Le Point, ce n’est pas la 1ère fois que Le Figaro cultive ce marronnier. Pour meubler le magazine estival, il avait fait quelques articles didactiques en commençant par « Les secrets des francs-maçons », secrets bien éventés depuis le temps qu’on y consacre des dossiers. Là, il grille sans doute Le Point mais dans le même style de pseudos informations en partie contradictoires, de fausses révélations et de vraies insinuations.

 

 

PS Précisons que je ne suis pas initié et même, pour avoir quelque peu ironisé sur les problèmes de mixité au Grand Orient, accusé d’anti-maçonnisme pétainiste (dans ce domaine aussi le point Godwin est vite atteint).

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 21:52

pere-noel-ecoleSous couvert de laïcité sont mis en relief, de manière subliminalement xénophobe, des faits divers mineurs voire des contre-vérités. Le père noël devient le symbole de la laïcité en marche (et non pas marchande), les pots de mousse au chocolats sont gaspillés et les vacances de Toussaint seraient devenues congés d’Automne.

 

Ainsi G. Malaurie, responsable du courrier des lecteurs, fait état, dans le dernier n° du Nel Obs (« Joyeux Nivôse » 6/12/12) du courriel de M. Vacqué relevant(sic) que “le congé de Toussaint devient congé d’Automne, que celui de Noël devient congé d’hiver et que celui de Pâques devient Printemps”. Le prétendu relevé est faux. Les vacances d’hiver désignent non celles de fin d’année, mais celles qui s’étalent du 16 février au 18 mars 2013 selon les zones. Pâques ne sera, sauf erreur, inclus dans aucune des zones de vacances baptisées donc à juste titre de Printemps ! Et si l’on en croit le calendrier officiel des vacances, mis en ligne par le Ministère de l’Education nationale, le congé de Toussaint (rallongé) se nomme toujours “vacances de Toussaint” et celui de fin et début d’année “vacances de Noël”. La prétendue “laïcisation” d’une “terminologie” judéo-chrétienne relève, pour le moment du fantasme. Notons au passage que si les mois révolutionnaires n’ont plus d’existence qu’historique, les noms de saison sont toujours en usage et parler de vacances d’automne, d’hiver, de printemps ou d’été ne serait une innovation que dans le 1er cas.

Ces erreurs factuelles pourraient n’être qu’anecdotiques si elles ne révélaient pas une singulière obsession à pointer une supposée volonté de ne pas imposer cette fameuse terminologie aux “musulmans”. Dans une comparaison hardie – et totalement “absurde” – on compare Avicenne, dont le nom a certes été attribué à un ancien hôpital franco-musulman, mais non en tant que religionnaire, comme grand médecin de son époque, avec des noms de “saints”, qu’il n’a jamais été d’ailleurs question de remplacer. On serait ici plutôt dans la dénonciation d’un laïcisme exagéré.

 

mousse-au-chocolatC’est tout à l’inverse, qu’un élu PRG du Havre s’indigne que la nouvelle ligne de Tramway de sa ville comporte justement trois noms de saints (Saint Roch, Sacré Cœur, Saint Pierre). Mais l’objet principal de son ire est le gâchis que représente la mise à la poubelle de 8500 pots de mousse au chocolat, par le service des cantines scolaire de la ville. « Il y avait donc, paraît-il, un ingrédient supplémentaire dans la préparation de la mousse au chocolat, un dérivé de gélatine de porc*. Un certain nombre des responsables administratifs de la ville ont considéré qu'il fallait retirer ces mousses au chocolat pour ne pas déplaire aux personnes d’une certaine confession religieuse. » Oh qu’en termes choisis ces choses-là sont dites : une certaine confession religieuse ! Elle commencerait par un i et se terminerait par un m, qu’on ne serait qu’à peine surpris. Sauf qu’elle pourrait aussi commencer par un j (la religion juive proscrit aussi le porc). Sauf surtout que l’élu PRG ne fait état d’aucune protestation de membres de cette confession. Une décision imbécile, certes, mais baptisée « d’atteinte à la laïcité », alors que c’est une atteinte au bon sens (et aux finances de la ville).

 

pere-noel-00096Mais pire encore ! Un déçu du Modem assène « Une visite du Père Noël dans une école annulée? La directrice n'aurait pas dû reculer ». Qu’on retrouve cette histoire controuvée sur Novopress, Nationspresse ou encore le Midi Libre ne peut surprendre. Qu’elle le soit – non seulement “éditée”, mais mise en tête de gondole dans la Newsletter du Plus – dans le Nel Obs devient inquiétant, pour rester dans l’euphémisme. 

En résumé, une directrice d’école maternelle avait décidé de ne pas accueillir ledit père Noël. Cette décision –sans qu’aucun élément de preuve n’ait été apporté – a été mise sur le compte de pressions de “mères musulmanes”. Le Maire UMP du coin a décidé de faire venir son père Noël dans l’école. 

Or, si l’on écoute la défense – en l’occurrence “Saphirnews” un affreux site tenu par des barbus aux cimeterres entre les dents bien sûr -  la directrice qui refusait ce père Noël, symbole de nos valeurs laïques (!), « pour respecter les croyances de tous» expliquait : « Certains enfants croient au Père Noël, d'autres non », se défendant de parler de convictions religieuses. « Si j'avais voulu parler de religion, j'aurais écrit "religion" ». Mais, une mère de famille a accusé des familles musulmanes d’être à l’origine de cette décision. Alors que le Maire-adjoint, chargé des écoles, si l’on en croit Europe 1, a minimisé l’incident (une maladresse, la directrice aurait dû écrire que cette manifestation n’entrait pas dans le projet pédagogique de l’école au lieu de parler de croyances), le maire UMP lui, décomplexé, s’est saisi à fond de l’affaire. Et ne parlons pas des commentaires franchement xénophobes des identitaires “gaulois”, froissés dans leurs racines païennes ! Par Toutatis, ces barbares infidèles qui viennent jusque dans nos bras arracher le pain au chocolat de la bouche de nos chères petites têtes blondes, ne vont pas, en plus, les priver du déguisé de service avec sa houppelande rouge trop courte et sa barbe en coton hydrophile...

 

badinter.1300193379On est loin, bien sûr, des outrances xénophobes de Riposte soi-disant laïque qui est plus identitaire que les identitaires. Mais c’est peut-être plus dangereux, puisque c’est insidieux. La laïcité sert de pavillon de complaisance à des insinuations non étayées, voire carrément fausses. Sous le noble prétexte de ne pas céder aux dérives communautaristes, on stigmatise une certaine confession religieuse. Faut-il rappeler avec Robert Badinter : « Les musulmans ont le droit de vivre comme les autres ».

 

* Un embrouillamini total quand on se donne la peine – ce que pouvait faire l’auteur – de consulter la presse locale : « Quant à la fameuse gélatine incriminée, vérifications faites, « c'est un produit extrêmement traité, qui ne présente plus de caractéristiques animales », indique le directeur général adjoint. « Elle aura d'ailleurs vocation à être utilisée à nouveau. » » 

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 20:45

cahuzac woerth

 

 

Coup de massue, bien sûr, après les aveux de l'ex-ministre du budget.

 

Même si, comme le remarquait un commentateur, sa démarche d'aveux et d'excuses à l'états-unienne contraste avec les mensonges sempiternels des TIBERI qui, après des fraudes électorales massives et avérées, des années plus tard ne sont condamnés qu'à des peines bénines et pas définitivement, cette nouvelle est un coup rude pour la gauche de gouvernement. Même si la défaillance est individuelle, elle ne fait que conforter les néo-poujadistes de tout bord. (03/04/13)

 

 

 

 

 

 

A la manœuvre dans les deux cas, Mediapart, chevalier blanc, pourchassant le ministre coupable forcément coupable. Mais, pour l’instant, des éléments avérés pour Woerth, des accusations non (encore ?) étayées pour le Ministre du budget.


L’histoire, dit-on, ne se répète pas elle bégaie.

Flash-back sur l’affaire Woerth. Ce sont Sarkozy et Courroye qui ont créé l’affaire Woerth. Au départ, une histoire de famille : la fille, lasse de voir sa mère se faire plumer par un gigolo platonique, veut faire reconnaître que la maman yoyotte un peu de la touffe. Dans cette querelle, une partie du personnel, lasse du comportement du gigolo, se range du côté de la fille. Dont le majordome qui, armé d’un vieux dictaphone, enregistre les conversations de sa patronne avec son homme d’affaires, gestionnaire de sa fortune. Illégal, certes. Non destiné à une quelconque publicité. Mais pas inutile pour la défense de la fille pour plaider l’abus de faiblesse contre Banier.

Le procureur Courroye a laissé entendre à l'avocat de Françoise Meyers-Bettencourt, maître Olivier Metzner, que le Parquet resterait neutre. Aussi, quand le bouillant avocat apprend que le procureur courtisan essaie d’enterrer l’affaire (car Sarkozy semble avoir pris le parti de la mère), comme par hasard l’enregistrement du majordome se retrouve à Mediapart, mais aussi au Point. L’authenticité de ces 21 heures d’enregistrement, pour clandestines qu’il fut, n’a jamais été mise en cause.


S’agissant de celui qui vise Cahuzac, les conditions d’enregistrement sont encore plus rocambolesques. Une fausse manœuvre qui ferait que vous pourriez parler à l’un tout en étant enregistré sur le répondeur d’un autre. Et là les causes de la soudaine publicité faite à cette médiocre et courte bande sont mystérieuses. Eh quoi ! la conversation daterait de 2000 et jaillit en 2012 ! Le propriétaire du répondeur – « honorablement connu » selon Sud-Ouest – aurait "fait extraire [la conversation] de son répondeur par un expert, [puis l’]aurait fait déposer chez un notaire". Entre temps, Cahuzac, déjà député, est devenu Maire de Villeneuve-sur-Lot. En 2010, époque où il est censé avoir clos un compte en Suisse, il devient Président de la commission des finances et depuis un peu plus de 6 mois il est Ministre du Budget. On notera d’abord que Cahuzac qui, dans la conversation téléphonique de 2000, est censé se préoccuper de fermer ce compte clandestin mettrait dix ans pour le faire. Ensuite que le détenteur de la bande-son a, lui, mis 12 ans à la rendre publique.


Seul point commun, le caractère clandestin des enregistrements. Sinon, rien à voir. Action volontaire, d’assez longue haleine, mais dans un but explicite et dont la parution a des causes explicables, dans le 1er cas. Tout l’inverse dans le second : captation fortuite, quelques minutes, apparition inexplicable sans mobile apparent.


Rappelons aussi, que dans l’affaire Bettencourt, Woerth n’a cessé de s’emmêler dans des contre-vérités puériles, toutes démontées les unes après les autres. Alors qu’ici, le second élément à « charge », l’achat d’un appartement parisien a été démonté par l’accusé. Mediapart - reprenant les Cahuzac-remy-garnieraccusations d’un agent du fisc parlant de l’"appartement parisien situé avenue de Breteuil [acquis] pour le prix de six millions et demi de francs, financé comptant, en début de carrière, à hauteur de quatre millions dont l’origine reste douteuse" – avance donc ces 4 000 000 de francs d’apport personnel. Cahuzac donne le détail (prêt familial, fonds de son épouse, vente d’un appartement) qui fait passer cet apport a à peine 1 000 000 de francs.

Reste donc cet agent du fisc, aujourd’hui retraité, comme témoin à charge. Il prétendait dans un mémoire "daté du 11 juin 2008, qui dort actuellement dans les archives du tribunal administratif de Bordeaux" tenir des informations "de plusieurs sources extérieures à l’administration fiscale", qui "convergent vers les mêmes conclusions" : "Alors que [Cahuzac] exerce des activités au cabinet de Claude Évin, ministre de la santé, il ouvre un compte bancaire à numéro en Suisse",soit entre 1988 et 1990.

Comme ce fameux mémoire contient d’autres accusations plus que sujettes à cahuzac Arficaution – des biens à La Baule et à Marrakech – l’avocat du ministre ironise pourquoi pas une hacienda au Mexique ? Cette contre-attaque, comme celle de Cahuzac lui-même, est qualifiée de défense tapis de bombes par F. Arfi, le journaliste de Mediapart.


Journaliste qui se défend de « feuilletonner », tout en prétendant tenir de preuves… qu’il ne publie pas.


Donc, en attendant lesdites preuves, il faut rappeler à ceux qui somment l’accusé de prouver son innocence – et comment prouver que l’on n’a pas fermé un compte, en Suisse ou ailleurs, si on n’en pas eu ? –que c’est aux accusateurs de prouver la culpabilité.   

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 17:46

 

Fiorentino mittal OF 30-11-12

Ouest-France du 30/11/12 met à la Une un commentaire d’un certain Pierre Cavret qui soutient les propos outrés de Mme Parisot, Présidente du MEDEF, contre le projet de nationalisation-relai d’A. Montebourg. "S'il s'agit par de tels propos, tout simplement d'exercer une pression, de faire du chantage, dans le cadre d'une négociation, c'est inadmissible." Dénonçant sur RTL "une expropriation", la patronne des patrons a appuyé la position du prédateur Mittal.

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Marc Fiorentino, éditorialiste de La Tribune qui peut difficilement passer pour un économiste marxiste, a tenu, lui, des propos, sans doute inattendus, dans La Nouvelle Edition du 27/11/2012, sur la nationalisation de Florange.

Fiorentino mittal 01

Il a rappelé qu’en 2006*, le Groupe Arcelor, pépite européenne a été victime d’un hold-up financier où on a confondu libéralisme et laissez-faire. Les 150 milliards que l’état avait mis dans la restructuration sont partis à la casse. Cette OPA hostile a été réglée pour un tiers en cash et deux tiers en actions Mittal. Ceux qui parlaient de monnaie de singe ont été traités de racistes, disons donc que ça a été réglé en billets de monopoly, car les actions ont perdu de 40 à 80 % de leur valeur. Les engagements pris – maintien de l’activité et de l’emploi – n’ont pas été respectés.

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Pour Fiorentino, cette nationalisation serait un avertissement clair aux nouveaux investisseurs étrangers : il y a des règles à respecter.

 

Il faut relativiser d’ailleurs. Il ne s’agit bien sûr pas d’une nationalisation style 1981. Ni même de la nationalisation de fait de General Motors par Obama. Mais d’une opération temporaire pour lever le blocage de Mittal qui empêche en fait les possibilités de reprise en refusant de vendre la « filière froide », alors qu’il s’agit d’un site intégré.

Le « jusqu’auboutisme » est le fait de l’affairiste Mittal et non du Ministre Montebourg.  Pour Fiorentino, il n’y a aucun risque pour l’état qui achètera pour revendre. Des repreneurs sont sur les rangs.


La déclaration de Mme Parisot est donc une réaction purement idéologique et bornée.


 

* Le ministre du budget de l’époque était un certain Jean-François Copé qui a laissé commettre ce hold up.


NB Pour l’essentiel, je reprends sinon la lettre même, du moins le sens du propos de Fiorentino ; on peut le vérifier avec un extrait de l'émission.

 

 

En complément
Le 24 février 2012, en pleine campagne présidentielle, le candidat François Hollande effectuait une visite surprise à Florange et déclarait être "prêt à déposer une proposition de loi" obligeant à céder des unités de production à des repreneurs.

"Quand une grande firme ne veut plus d'une unité de production et ne veut pas non plus la céder", il faut qu'elle en ait "l’obligation pour que les repreneurs viennent et puissent donner de l'activité supplémentaire", a-t-il déclaré.

Aujourd'hui, les salariés et leurs familles attendent la nationalisation du site de Florange afin de pouvoir maintenir leurs emplois.
Ils ont besoin de votre aide! Signez cette pétition en cliquant sur ce lien, et diffusez-la le plus largement possible:
"Je viens devant vous prendre des engagements (...) Je ne veux pas me retrouver dans la situation d'être élu un jour sur une promesse et ensuite de ne pas revenir parce qu'elle n'aurait pas été tenue" a déclaré François Hollande. Or, neuf mois plus tard, la promesse n’est pas encore honorée. De plus, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, alors conseiller spécial de François Hollande, s'est engagé mardi 24 avril 2012 à faire voter par "la future majorité parlementaire de gauche" une loi obligeant les groupes industriels à céder les usines "rentables" qu'elles voudraient fermer en France sans pour autant accepter de les vendre.

Il y a urgence. Après 18 mois de lutte nous attendons que Monsieur le Président tienne sa promesse et qu’il nationalise le site afin de permettre à un repreneur d’investir. Nous appelons tous les citoyens à soutenir notre démarche en signant cette pétition :
Parlez-en autour de vous ! Faites connaître notre combat !

Édouard Martin, Salarié et Représentant syndical, Arcelor MITTAL.
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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 19:07

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« Sommes-nous donc définitivement, irrémédiablement, incurablement, la droite la plus bête du monde » se demandait déjà avec son incomparable accent d’ex-représentant des produits Ricard, Charles Pasqua, à la fin du siècle dernier.

Où est-il le temps où p’tit Louis lançait un « Bonne chance mon papa », bien avant de lancer ses billes sur les gendarmettes de l’Elysée, à son géniteur à talonnettes, le phare lumineux et guide suprême de l’UMP (élu bien sûr par acclamations à l’unanimité*). Huit ans plus tard – car, à part un court intérim de l’ineffable Gaudin en 2007, il n’y a pas eu de Président mais seulement des secrétaires généraux à la tête de l’UMP, désignés par… le président – c’est la chienlit !


Quand Fillon rime avec couillon

 

Fillon se prenait pour un grand pilote de Ferrari, il s’est viandé en Vespa !

 

Fort de son frais passé d’avaleurs de couleuvres, pardon de Premier ministre du président vibrionnaire, il se voyait une carrure d’homme d’état le sombre sarthois. Il n’allait faire qu’une bouchée du meldois Copé. Conforté qu’il était par des sondages, non pas faux en eux-mêmes comme le disait Laure Daussy, mais ciblant un public trop large, les sympathisants, dont les deux tiers plébiscitaient Fillon. Sauf que l’hypothèse sous-jacente – les encartés sont à un demi-ton près au diapason des sympathisants – était fausse (ou faussée ?).

 

Donc le néo-député parisien n’a pas cru bon d’exiger que le Maire de Meaux se mette, comme on dit, en congé de secrétariat général. Oubliant que Copé, tenant l’appareil, le mettait au service de sa candidature. Oubliant que les résultats des urnes sont au bout du fichier. Ainsi, en Secrétaire général à la petit père des peuples, il n’a pas hésité à purger l’appareil en virant un certain David Birostre, directeur des affaires juridiques, qui jouait les neutres, pour le remplacer dans la fameuse cocoe par un homme-lige. Coup double, car le Birostre était aussi secrétaire juridique de la non moins fameuse conare (COmission NAtionale des REcours). Et cela sans que le concurrent, ni ses affidés, ne bronchent.

 

Et le fichier « électoralement modifié » comme écrit Le Canard Enchaîné (28/11/12) a permis de fabriquer des milliers de procurations ; dans l’Oise et en Corse-du-Sud près de 40 % de procurations. Les bricolages de dernière minute du côté de Nice par les frères de la côte, Ciotti et Estrosi – nombre de bulletins largement supérieur à celui des émargements – n’auront permis que de servir à la conare de décupler l’avance présumée de Copé dans son verdict ô combien impartial.


Copé a pris son adversaire pour une couille molle

 

Copé-le-cynique a fait preuve d’une égale présomption en escomptant que son adversaire allait se coucher après son passage en force sans vergogne. Il est vrai qu’une longue fréquentation des bénédictins de l’abbaye de Solesmes, proche de sa gentilhommière sarthoise, et le port de chaussettes cardinalices, donnent à l’ex-Maire de Sablé des allures ecclésiales, plus proches de l’onctuosité de Ballamou que de la tonitruance de son ex mentor Seguin.

Mais Copé aurait dû écouter Yves Jego qui, à propos de ce 1er ministre furtif, transparent, indétectable, comme disait un humoriste, affirmait : « C’est un pitbull avec la tête de Snoopy ». Son cynisme l’a aveuglé, lui qui croyait qu’une fois proclamé gagnant le perdant allait sportivement s’incliner, lui serrer la main et ruminer sa défaite. Sauf que le premier moment de stupeur passé, comprenant qu’il s’était fait avoir jusqu’au trognon, le prétendu perdant a contesté la défaite.

 

cope-fillon_03.jpgEt Copé qui, en Sarkozy-bis, ne connaît qu’une seule méthode, la passage en force, a accumulé les erreurs tactiques : feignant d’accepter une médiation Juppé tout en la récusant dans les faits, lançant l’idée d’un référendum grotesque – voter pour savoir si on va revoter – pour la retirer en lançant un ultimatum, toujours en croyant que le Fillon allait, après un baroud d’honneur, se coucher.

Lui et ses séïdes n’avaient même pas eu l’intelligence élémentaire de ne pas accabler leurs adversaires. Morano et surtout Dati en furent les exemples caricaturaux. Sauf que les crocs du pitbull ont mordu là où ça ferait mal, les finances. La scission parlementaire coûterait à l’UMP 42000 € par an et par scissioniste : le RUMP peut être saignant pour un parti en découvert de plus de 50 millions d’euros.


Sarkozy l’arroseur arrosé

 

Fiston en tête, mais avec aussi les fidêles Hortefeux et Guaino, sans oublier les âmes damnées Buisson et Peltier qui ont poussé Copé à maintenir sa ligne ultra-droitière, les sarkozystes ont tout fait pour pousser Copé. Sarkozy s’est réjoui de l’échec du représentant d’une droite molle, bourgeoise et provinciale. Lui aussi a cru que Fillon allait baisser son… pavillon. La détermination de celui qu’il appelait, avec mépris, son collaborateur l’a désarçonné. Et il est impuissant à proposer quelque solution que ce soit.

 

Une confusion « idéologique » totale

 

Les grands analystes ont oublié, souvent, dans le tableau que l’UMP a connu un vote parallèle, celui des motions. Résultats à prendre avec des pincettes, puisque soumis aux mêmes doutes que celui sur la Présidence. Mais la motion arrivée en tête (28 %), menée par G. Peltier, ancien du F-Haine, puis du MPF du vendéen de Villiers, pourrait être signée de Marine Le Pen ; elle préconise, entre autres joyeusetés, la fin du droit de grève pour les enseignants, une « charte des musulmans de France » et la reconnaissance constitutionnelle des racines chrétiennes. Si l’on ajoute le score de la Droite populaire fort proche elle aussi du F-Haine, on arrive à 39 % d’UMPistes LePenocompatibles.


A noter que Raffarin et Chatel, les « humanistes » sont alliés avec les premiers derrière Copé, bien qu’ayant dénoncé la droitisation de la campagne de Sarkozy : le chemin est tortueux et la pente est glissante, pour parodier une raffarinade ! Confusion aussi chez Fillon, puisque son lieutenant Ciotti fut un ultra-sécuritaire, toujours prêt à en rajouter dans l’accumulation des lois de circonstance – un fait-divers=une loi – de Sarkozy.


Les non-alignés, NKM en tête, essaient de jouer les casques bleus avec un total insuccès. Mais, en menaçant, au nom de l’unité bien sûr, de créer un 3e groupe parlementaire, ils ajoutent un brin de brouillamini dans le bordel ambiant.

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Le grand jeu UMP : perdant/perdant

 

Quelle que soit l’issue de cet abracadabrantesque capharnaüm, les deux concurrents à la présidence de l’UMP ont réussi à se déconsidérer aux yeux mêmes des sympathisants UMPistes. Le prétendu vainqueur a perdu toute légitimité. Sauf à plomber son avenir politique, Fillon ne peut que maintenir son seul moyen de pression, le groupe-croupion, en pariant sur une intelligence tactique dont son ennemi est visiblement dépourvu. En marge de l’affrontement, la dérive droitière de l’UMP s’est accentuée. Buisson et Peltier ont bien œuvré en sous-marins à peine cachés du F-Haine.


Et ce feuilleton, assez grotesque au demeurant, contribue à renforcer un poujadisme de plus en plus virulent. C’est aussi la démocratie qui est perdante.

 


* Un tout petit peu exagéré, en fait il a été élu président de l'UMP par les militants avec 85,09 % des voix contre 9,10 % à Nicolas Dupont-Aignan et 5,82 % à Christine Boutin.

 

 

En BONUS, le "Petit journal" de canal + (c'est le 2e sujet)

 

 

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 18:53

affaire-tarnac3 

 

De brèves en articles, la Sous-direction antiterroriste (SDAT) semble avoir trouvé une courroie de transmission au Nel Obs, dans l’affaire Tarnac, avec O. Toscer. Affaire, faut-il le rappeler, qui concernait un acte de vandalisme sur les caténaires d’une ligne de TGV dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008.

 

Ainsi le 25 octobre 2012 pouvait-on découvrir cette “INFO OBS. Tarnac : la dernière cartouche de Julien Coupat. On y lisait “Julien Coupat et son épouse Yldune Lévy, n’en finissent pas de clamer leur innocence. Après déjà quatre ans d’instruction, ils s’apprêtent à abattre leur dernière carte.” A croire que l’auteur, comme MAM qui, au moment de l’arrestation du fameux groupe de Tarnac dénonçait l'ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome, prône la présomption de culpabilité. Sauf qu’en droit, en principe, les inculpés sont présumés innocents. Donc ce passage est grotesque : depuis quatre ans la police et le juge d’instruction n’ont pas cessé de proclamer la culpabilité de J. Coupat et d’Y. Lévy, ils sont jusqu’à maintenant incapables de le prouver, voilà ce qu’on aurait dû lire.

 

Quelle était donc cette dernière cartouche ? un relevé de retrait par carte bancaire de 40 € qui apparaissait bizarrement dans le dossier, quatre ans après. Et pas à l’initiative des « présumés coupables » : une négligence policière de plus ! Relevé qui indiquait que la carte bancaire de Yldune Lévy avait donc servi à un retrait à Pigalle vers 2 h 40 du matin, la fameuse nuit de novembre 2008. Y. Lévy ne s’en était pas servi comme alibi, « s’amuse un policier » ! Et notre journaliste d’ajouter sans rire cet ultime rebondissement ne semble pas empêcher les enquêteurs de dormir.

 

 

Toujours plus fort, O. Toscer remettait le couvert, le 8/11/12 : INFO OBS. Tarnac : l'alibi du couple fragilisé. On y retrouve la présomption de culpabilité puisqu’il écrit que les inculpés pensaient même pouvoir apporter enfin la preuve de leur non-implication. Et visiblement reprenant un tuyau policier, il nous assène qu’elle n’avait pas [sa carte bancaire] dans ses affaires lorsqu'elle a été arrêtée trois jours plus tard. Ce qui, dans la logique policière voudrait dire qu’elle aurait passé carte et mot de passe à un complice pour se fabriquer un alibi… qu’elle n’a jamais excipé.

 

 

Tuyau crevé

Mais encore plus fort, le 22/11/12, « Tarnac dans l’œil du FBI » nous apprend une note confidentielle que ‘le Nouvel Observateur’ s’est procuré en exclusivité. Entendez qu’un policier a transmis au journaliste. Le FBI nous révèle, par cette note du 19 mars 2012, que le couple Coupat-Lévy a participé à une réunion d’anarchistes, à New-York entre 11 et 13 janvier 2008.

affaire-tarnac-mark-kennedy-lg  Ce tuyau est bien crevé puisqu’il émane d’un infiltré britiche, Mark Kennedy, dont les infos à son service, le National Public Order Intelligence Unit, un organisme britannique chargé de lutter contre le terrorisme intérieur - dissous, pour cause de scandales - sont pour le moins douteuses.

D’autant plus crevé, et le journaliste qui le répercute complaisamment ne pouvait l’ignorer, que ce fameux service britannique avait déjà fait part au juge d’instruction Fragnoli d’informations sur la présence de Coupat à cette réunion.

La SDAT avait dû en être avertie officieusement en 2008, puisque l’épicerie de Tarnac avait été mise sur écoutes illégales bien avant que les caténaires soient vandalisés. Ecoutes qui n’ont pas dû donner grand-chose car O. Toscer ne nous en livre aucun écho. Mais pour faire bon poids il nous donne un extrait de notes manuscrites de Coupat, sans photocopie cependant, où on lirait : "Gants 25.000 V, scotch, pince, Barbour-caban, tubes + ficelles, 2e paire de gants, frontales, essai, livres, acétone-dégraissant-graissant ". Et il ajoute : Les policiers y voient un mode d’emploi pour des actions suspectes(sic), comme la pose de crochet sur les caténaires d’une ligne TGV.

 

Aucune preuve tangible

Sauf que, lesdits policiers, généreux fournisseurs de documents exclusifs, ne sont pas foutus capables de prouver quoi que ce soit. Car, en 2008, “la police, qui affirme avoir suivi le couple Coupat cette nuit-là” (7 au 8/11/08), malgré 10 véhicules et 20 fonctionnaires mobilisés l’a perdu de vue ! Les PV ne manquaient pas non plus de cocasseries, puisque la Mercedes de l’affreux terroriste réussissait, comme le rappelle Le Canard enchaîné, à rouler à près de 160 km/h de moyenne sur une départementale ! Mais des policiers firent mieux encore puisqu’ils réussirent à se déplacer à plus de 300 km/h ! Ils ont été incapables de prendre le couple en flagrant délit ni de copulation ni de vandalisme. Mieux, les traces de pneus relevés près de la voie ferrée ne correspondaient pas à ceux de la Mercedes, etc.

 

Certes, bien longtemps après, ont été repêchés dans la Marne, à plusieurs km, des tubes plastiques qui auraient pu servir à Coupat (ou à d’autres) pour accrocher un fer à béton sur les caténaires. Mais là encore, les rois de la filoche n’ont pas vu Coupat balancer ces tubes.

Plus fort encore, le juge d’instruction, décide en février 2012 d’une perquisition dans l’atelier de ferronnerie d’un prétendu proche du groupe de Tarnac. 7 heures de fouilles où ils ont fait cette extraordinaire découverte qu’il y a du fer chez un ferronnier. Surtout nos fin limiers ont réussi à oublier sur les lieux une serviette contenant des documents et surtout leurs n° de portables. Sachant que la bourde allait être révélée par Le Canard, le juge Fragnoli balançait un courriel des plus grotesques adressé à ses "amis de la presse libre (je veux dire celle qui n'est affilée à Coupat/Assous)", faisant référence à Julien Coupat et à son avocat Jérémie Assous. Dessaisissement obligatoire, qu’il eut encore le culot de feindre de demander. Depuis, la chambre d’accusation de Versailles a autorisé l’audition de 18 policiers impliqués dans la filature des suspects.

 

Ces confidences et fuites exclusives, dont O. Toscer se fait le relai, sont d’assez minables contre-feux de la SDAT pour retarder le quasi-inéluctable non-lieu. Certes, comme on ne fait pas de bonne police sans de bons indics, on ne fait pas de journalisme judiciaire sans de bonnes fuites de la police, du parquet ou d’avocats. Encore faut-il ne pas se faire, avec servilité, la voix ou la plume de la source.  

 

Que des accusés clament ou pas leur innocence, ils n’ont pas à la prouver.

Que dans une liste à la Prévert, la poésie en moins, l’un d’eux note « gants 25000 V », que les policiers perdent un signal GPS d’un émetteur illégalement posé sous une voiture à proximité d’un Bricorama où l’on vend des tubes plastiques, que des tubes plastiques de deux mètres de long soient retrouvés plus d’un an après, etc. peuvent permettre d’échafauder un scénario, mais pas de prouver une culpabilité. Et la défense est tout-à-fait dans son rôle en utilisant un élément matériel mystérieusement occulté jusqu’alors dans l’enquête ; ou en soulignant les incohérences flagrantes des PV policiers ; ou en s’interrogeant sur une instruction menée, par Fragnoli, uniquement à charge…

 

Et tout cela est une énorme gabegie. Qui plus est, elle aura mis en vedette le couple Coupat/Lévy dont l’activité épicière, louable, et les élucubrations idéologiques, fumeuses, ne méritaient peut-être pas un tel coup de projecteur.

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