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8 octobre 2020 4 08 /10 /octobre /2020 16:59

ou Règlement de comptes à OK Réa

Réa : son univers impitoyable

Tout part d’une vidéo présentée par le grand savant de Marseille, vidéo d’un certain Louis Fouché, médecin réanimateur marseillais également. Son collègue de Metz, Damien Barraud, qui a eu déjà quelques échanges musclés avec Raoult et l’IHU, l’étrille de première dans un fil (‘thread’ en franglish) de touittes. Au passage, il révèle quelques pratiques de certains de ses collègues bien émétisantes, autrement dit à gerber.

Copiés/collés, les touittes, avec juste quelques [ ] pour expliciter un sigle ou un terme et quelques liens. Des illustrations sont tirées de la vidéo du Dr Fouché.

Bon @raoult_didier. Je vais t'expliquer pourquoi ce que raconte ce cinglé de Fouché est de la bêtise. Tu peux inviter tes petits charlatans @BrouquiPhilippe 1 et  @EChabriere 2 aussi. Ils ont bcp de choses à apprendre. Et j'invite tous ceux qui ont cité ton tweet, parce que ce que j'ai lu dans ces citations est dégoulinant de bêtise. On mérite le Déluge et ce qui nous arrive je crois. Y a rien à sauver...

 

Réa : son univers impitoyable

Bon on va s'affranchir des choses avec lesquelles je suis d'accord. C'est facile il y en a peu. Et même pour cela il y a des bémols.

 1. Les conflits d'intérêts c'est mal. Ouais merci Captain Obvious. Les conflits d'intérêts c'est mal. Même les plus petits d'ailleurs. Ce qu'il oublie, en jugeant le Sir anglais, c'est que toi mon Didou tu en es perclus, de conflits, avec tes starts up. Joli mensonge devant la commission Parlementaire. Bref. C'est mal

2. La Réanimation est une épreuve pour un malade. On les a vus ici, tous les débiles venir m'expliquer mon métier, et que j'étais Mengele ou le Boucher de l'Est, si je ne prenais pas en Réa papy ou mamy que les débiles en question laissaient mourir seuls dans des EHPAD ou avaient eux mêmes contaminés en allant se placer pour l'héritage. La Réa c'est une épreuve, un marathon couru au sprint. Qu'il ne faut pas infliger de manière indûe à des gens qui n'auront pas les réserves suffisantes pour cela, et qui ne profiteront pas de nos soins.

Réa : son univers impitoyable

3. Primum non nocere. C'est vrai. Il a raison. Il faut éviter au maximum la iatrogénie. Mais il se moque de nous et n'a manifestement rien compris à cette problématique, vu les quelques minutes dans lesquelles il parle des thérapeutiques que lui et sa team ont fait subir à ses cobayes.

Et puis il y a le reste. Soit grosso modo 27 minutes de merde en barre. Avec des erreurs lourdes concernant la COVID. Sa physiopathologie. Son traitement. Avec @totomathon [pneumologue] on avait déjà assisté à ce triste (ou rigolo) spectacle dans une de ses vidéos YT de début de crise.

En fait c'est triste. Parce que des malades subissent cela. Et des étudiants aussi. Et puis, plus grave à mon sens que ces péripéties virales, ce sont des erreurs lourdes, conceptuelles plus larges. Sur la philosophie de la Réanimation, dans ses aspects de triage, de gestion. Et sur la philosophie de l'"EBM" [Evidence-Based Medicine=médecine fondée sur les faits], avec ces quelques minutes délirantes intitulées "épistémologie épidémique". Tout cela sur un fond de complotisme distillé par petites touches à plusieurs moments.

Réa : son univers impitoyable

Je jette un voile pudique sur la forme hein. Le powerpoint est très mauvais. Et la manière de déclamer le message aussi. Encore qu'à coté de ton tripotage de barbiche sans regarder la caméra, cela reste très correct hein. Ah oui, j'oubliais. Le passage sur le fait qu'il vous admire, l'@IHU_Marseille et que nous "juchés dans nos certitudes sur la méthodologie" devrions "rougir jusqu'aux oreilles", "se cacher, se taire et faire" parce que nous avions les "mains propres mais vides". Bon ben j'ai moyennement apprécié. Parce que moi, contrairement à lui, j'ai fait. De la vraie réa, avec de vrais malades, en quantité, et sans compter mes heures. On n'est pas à l'@aphm_actu [AP-HM - Hôpitaux Universitaires de Marseille] ici...

Alors dans cette logorrhée de 28 minutes, il y a d'abord un axe sur les recommandations/dogmes/invasivité/iatrogénie... En bon Marseillais détestable, quand on est à cours d'arguments solides, on ressort la rivalité PSG-OM. Ça, quand on a rien à dire, on sait que l'on va se mettre l'amphithéatre de l'@IHU_Marseille dans la poche...Mais c'est nase. On dirait du @SamiaGhali.

Ainsi donc il stigmatise ces "recommandations venant de Paris". C'est vrai. les recommandations des sociétés savantes SFAR [Société Française d'Anesthésie et de Réanimation],  SRLF [Société de réanimation de langue française] un peu SFMU [Société française de médecine d'urgence]  éditées dans l'urgence en Avril étaient très parisiennes. Ça ne veut pas dire que c'est nul. Il y avait des gens très bien dedans. Il juge ces recommandations mauvaises. C'est vrai. Il était préconisé d'intuber très tôt les malades. C'est vrai. Dès 6 voire 4 litres. Bon ca n'était pas raisonnable, mais c'était à mon sens de l'erreur de bonne foi. L'idée en mettant un tuyau étanche dans la trachée du malade était de protéger l'environnement d'une contamination par un malade qui respire, tousse, crache, tout cela facilité par des procédures d'aérosols, ou d'oxygénothérapie qui pouvaient majorer l'aérosolisation du virus et mettre en danger les soignants. C'était con mais encore une fois bien intentionné. J'en parle dès mars dans un tweet épinglé je crois... C'était con parce que il ne faut pas sous estimer le risque d'aerosol, mais il ne faut pas le surestimer, surtout si vous avez bien mis votre équipement de protection et surtout votre masque FFP2.

Réa : son univers impitoyable

Intuber quelqu'un n'est jamais anodin. Parce qu'il faut lui faire une anesthésie générale pour l'intuber, parce que intuber en détresse est risqué, parce que la ventilation mécanique, un respirateur plusieurs jours, a des effets indésirables, parce que la sédation qui va avec a des effets indésirables... C'est marrant parce qu'il avoue qu'il a fait cela, intuber tôt. Ben pas moi. Peut être puis-je lui enseigner la réanimation et le zentensivism ?

C'est mignon. Il a découvert que 100% de ce que l'on fait en réanimation a des effets indésirables. Mettre de l'adrénaline ou apparenté a des effets indésirables. Sédater a des effets indésirables. Ventiler avec un respirateur a des effets indésirables. Faire de l'épuration extrarénale a des effets indésirables. Tout. 100 ou quasi 100%. Ça n'est pas un problème. Ça n'est jamais un problème.

- Si vous avez pesé votre indication et votre rapport bénéfice/risque correctement

- Si, une fois l'indication posée, vous appliquez la technique correctement. On pourra parler un jour de comment perfuser de la noradrénaline, ou comment intuber, ou comment ventiler. C'est comme ca. Tout médecin fait cela tout le temps, peser un rapport bénéfice/ risque. En fait si vous appliquez un traitement de manière irréfléchie, ben ça fait plus de mal que de bien. Un truc de dingue non ?

Si on avait à faire à un virus ultracontagieux genre rougeole ou varicelle, et avec une mortalité énorme, il n'aurait pas été idiot d'intuber très tôt. Là ça l'était idiot. C'est comme ça. C'est pas grave parce que l'on a su faire marche arrière dès les 1ers jours. On constate qu'il avoue avoir pris en Réa à Marseille des malades sous quelques litres d'oxygène. Alors dans le Grand Est on n’a pas eu ce loisir. Ne venaient en Réa que les plus cataclysmiques. Les malades sous 3 ou 4 litres étaient en secteur. J'en ai même laissé sous 15 litres. Mais à Marseille, comme on se tournait les pouces à cette époque, on pouvait prendre du malade pas grave. C'est sûr que là en ce moment ca doit leur faire drôle de bosser à ces mecs qui n'ont même pas eu la décence de nous défendre quand Raoult nous crachait dessus. Bref.

Réa : son univers impitoyable

2ème problématique catastrophique de son discours, qui révèle une drôle de philosophie de la Réanimation : celle du triage et de la gestion des flux...

ON. NE. DOIT. PAS. FAIRE. COMME. LUI.

Si mon assistant fait cela, je mange son foie au staff. Une phrase qui disait à peu près "on a pris un malade de 85 ans en Réa en début de COVID pour avoir l'air de servir à quelque chose car on était vide depuis 2 semaines". Quelle abomination.

En Réa on trie. Ça a bien fait hurler certains quand je leur disais cela. Mais on trie. Tous les jours on trie. Dans l'INTERET du malade et du seul malade. Pour ne pas lui infliger des soins dits "futiles", qui ne lui profiteraient pas, qui seraient même parfois de l'acharnement thérapeutique. On trie et c'est l'exercice le plus difficile Parfois c'est clair qu'il faut prendre. Parfois c'est clair qu'il ne faut pas prendre. Et parfois on doute, et le doute doit profiter au patient. Et si on prend et que quelques jours plus tard on s'est trompés, il est toujours temps et il faut faire marche arrière. Le malade est une fin en soi. Pas un moyen. Pas un moyen de "s'occuper parce qu'on est vide depuis 2 semaines". Et surtout pas un moyen comme il le dit après de "faire du chiffre", de la cotation de T2A. Et c'est manifestement ce qu'il fait. Si c'est la philosophie de sa Réa c'est une honte. Garder une Réa en permanence pleine, et sortir un malade quand un autre se présente, pour être toujours plein, et ne pas fermer de lits, est à vomir. Alors je sais que beaucoup le font. Ça permet même à certains de choisir leurs admissions. Vous êtes pleins. Si on vous propose un vieux BPCO [bronchopneumopathie chronique obstructive] de 80 ans, vous dites que vous êtes navrés mais vous êtes pleins. Et si 30 minutes après on vous propose un SDRA [syndrome de détresse respiratoire aiguë]  de 40 ans, là vous faites en lit en 1h et vous acceptez le malade.

Cette philosophie de management est détestable. Je n'ai pas été élevé ainsi et je n'élève pas mes jeunes ainsi. Un malade est admis quand on pense qu'on lui sera profitable. Et il sort à la minute où il est apte à sortir. Point. On ne stocke pas un malade pour faire du chiffre, et pour choisir "le beau malade suivant".

Je connais même des fumiers qui surcotent les séjours. On prend le postopératoire intubé. Et au lieu de l'extuber ASAP [au plus vite], on le maintient sédaté, ventilé PEEP 7 [Réglage du niveau de pression expiratoire positive] (ça rapporte plus que 6) et on l'extube le lendemain.  Comme cela il côte 2 jours de ventilation. C'est de la réa de merde...

Donc non un réa n'est pas "en tension en permanence". Pas si on travaille correctement, sur les plans philosophiques, et techniques bien sûr. Les mecs jouent les révoutionnnaires anti-complotistes alors qu'ils sont de bons toutous du système de cotation de la T2A. Priceless non ?

Autre passage bien émétisant [=à dégueuler] : pour améliorer l'amont de la réanimation, il faut "Laisser les médecins prescrire".  Ça me rappelle vaguement une association de Mengele-lovers ça...Laisser les médecins prescrire. Prescrire quoi ? "quelque chose de cost effective, pas cher, pas toxique, et qui peut rapporter gros".  Je vous le donne en mille. Il vend la potion Raoult sans la citer? Voilà que notre révolutionnaire fait du cirage de pompes au Druide.

On a les révolutionnaires que l'on mérite. Donc il vaut mieux laisser les médecins prescrire que " fermer les restaurants". Bon on s'en fout des restaurants. De manière plus large on retombe sur l'idée que prescrire la chloroquine permet d'éviter de confiner de manière plus ou moins large. Quel cinglé peut encore en octobre raconter des trucs pareils. C'est la stratégie Trump au début. Et Bolsonaro surtout. De la dinguerie.

Petit passage complotiste. Où il reparle de la T2A. Et du codage des patients COVID. En insinuant comme d'autres qu'en gros cette épidémie est fausse et surévaluée, que l'on code COVID des malades qui ne sont pas COVID (des faux positifs de la faute des biologistes qui font n'importe quoi) ou qui sont COVID mais pour lesquels le COVID n'y est pour rien. Il y en a. Rarissime. En réa je n'en ai vu qu'un ou 2. J'ai souvenir d'une acidocétose [élévation de l'acidité du sang] inaugurale chez une asymptomatique COVID +. C'est rarissime. Et pas un problème car il est prévu plusieurs codes, en gros selon que le malade est infecté ou pas en situation d'infection mais COVID+. Tout est prévu. Il suffit juste de coder loyalement. Mais on ne fait pas exprès de coder COVID pour gagner un magot caché. C'est détestable de faire croire cela.

Bon je passerai sur sa vision de la physiopathologie de la COVID, en particulier pulmonaire. C'est de la physiologie de comptoir. Niveau externe. Et externe qui essaie d'expliquer un truc qu'il n'a pas compris. Peut être @MarcGozlan [Médecin de formation, journaliste médico-scientifique par vocation] pourrait remettre le lien de son papier où on avait débunké cela avec @totomathon. Le coup du remplissage qui fuite je n'en suis pas encore remis. Il dit que ce n'est pas un SDRA...mais décrit l'œdème pulmonaire lésionnel...donc un SDRA. C'est un merdier dans sa tête.

Il y a un passage sur la thérapeutique. Hallucinant. Donc le Monsieur qui nous dit au début primum non nocere fait en fait après tout ce qu'il ne faut pas faire sur le plan thérapeutique, ni philosophiquement, ni en pratique. Il recherche les complications : embolie pulmonaire, oedème pulmonaire, et surinfection...et il "traite tout" comme il dit. - Des antibiotiques à large spectre (?!?).  Spoiler : faut pas faire. Et puis si le malade a "39°, une atteinte lobaire, et une augmentation de la PCT" on  "élargit" encore l'antibiothérapie [thérapeutique par les antibiotiques]. Il ne faut SURTOUT pas faire. Sauf cas extrêmes, on n'élargit JAMAIS à l'aveugle et surtout pas sur une PCT. Les Danois ont essayé il ya quelques années de faire cela : surmortalité. Verboten. Et ca ce sont des stratégies dans un CHU Francais en 2020. Hallucinant. Il met des anticoagulants à fortes doses, curatives, pour une "éventuelle embolie pulmonaire ou pas qu'elle arrive".  Attitude totalement hors des clous de l'EBM. De la physiopathologie de comptoir dangereuse.  

Je passe sur le chapitre antithrombine délirant et sa réanimation des années 90. -On "continue les antiviraux". Bon là,  j'imagine qu'il parle de l'HCQ hein, pas de Remdesivir. Et puis ca finit avec l'immunomodulation. Et la tout y passe. Donc un gros CHU Français, en 2020, comme des lapins de 3 semaines, on avoue pépouze balancer de l'antiIL1, du Tocilizumab, des antiJAK [traitements des polyarthrite rhumatoïde]. C'est du délire absolu.

Je passe aussi sur le délire du ‘’le malade n'est plus virifère et il est en orage inflammatoire". C'est faux pour la 1ère partie. Le malade est virifère (?!?) en Réa. Et l'orage inflammatoire on en a déjà parlé. C'est de l'immunologie du sepsis niveau CM2.

Réa : son univers impitoyable

Mais le meilleur est la fin. L'épistémologie épidémique. Où, rebelote, il cire les pompes du charlatan en chef, avec un discours totalement antiméthode et antiEBM, qui ne seraient pas adaptée à la pandémie. C'est faux. Et en opposant expérience du mandarin, et preuves de la littérature, il montre qu'il ne maitrise pas du tout la définition princeps de l'EBM de Sackett. Un petit coup pour taper sur les bigs datas d'un monde monétarisé avec des entreprises qui "feraient un monde tel qu'ils ont décidé qu'il serait". Du bon gros complotisme à 2 balles. "Il faut mettre de l'humain et pas de l'IA". Mandieu que c'est plat. Bigdatas et IA ne sont pas les réponses à tout. Ce sont des outils. Point. Les refuser serait comme refuser la roue ou l'imprimerie. C'est idiot. Il faut juste les apprivoiser car l'IA en réa fera toujours mieux que ces branques.

Bon le problème c'est que ces outils vont faire du deep learning...à partir de la prise en charge des branques de la Réa de la Conception. Donc on n'est pas sauvés. Bref. Y a rien qui va. Et même sur des concepts plutôt louables il se plante. Ça se passe comme cela dans une des réas d'un des plus gros hôpitaux de France. Avec des vrais malades dedans. Et des étudiants à former. On mérite tous de mourir de la COVID.

Philippe Brouqui

Infectiologue, il est le chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital de La Timone à Marseille, mais aussi le «coordinateur de l'ensemble du pôle». Selon Didier Raoult, Philippe Brouqui est également «en relation directe avec le ministère» pour tout ce qui concerne les «essais et stratégies thérapeutiques».

 

 

Eric Chabrière.

Ce spécialiste en Biologie structurale, proche collaborateur de Didier Raoult, est le responsable de la valorisation de la recherche. Il est un peu le chef de l’incubateur qui accueille aujourd’hui neuf jeunes entreprises issues pour la plupart des travaux de l’établissement.

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 16:39

Encore un «fil» de touittes, d’un Docteur certes, mais de physique nucléaire. Suivant le précepte du Dr Raoult – DUBITO ERGO SUM - il décortique une prétendue étude portant sur 6000 médecins et censée conclure aux bienfaits de la chloroquine. Sans se prononcer sur ces bienfaits, il constate que c’est un sondage et que, au bout du compte, ils ne sont qu’un peu plus de 2000 à donner un avis sur ce traitement. Et ce n’est qu’une majorité relative qui place la chloroquine en tête des traitements.

"Vous avez probablement entendu parler de cette fameuse étude des 6000 médecins qui montre que la chloroquine est THE traitement contre le Covid-19 et que cette étude montre que la position de la France est criminelle.

 

En tout cas, si vous n'en avez pas entendu parler, certains oui. Je pense en France à un sénateur (et médecin), un docteur en économie, l'hyperdocteur et une journaliste, par ailleurs ancienne conseillère de Ségolène Royal.

Pour preuve, voici pour le sénateur médecin :

 

Le docteur en économie :

 

L'hyperdocteur (terme qu'il utilise lui-même dans sa bio twitter) :

 

La journaliste :

 

Puisque cette dernière parle de bon sens, je vais en faire preuve : ils citent tous un article du Washington Times ( le docteur en économie renvoie après vers la source primaire), journal fondé et détenu par la secte Moon. Et visiblement aucune de ces 4 personnes n'a lu l'étude.

Moi si. Et au lieu d'étude, il faudrait plutôt parler de sondage. Il est disponible ici : https://public-cdn.sermo.com/covid19/c8/be4

(…) La science ne se confond ni avec la déclinaison en roue libre de l’intuition, qu’elle prend souvent à contre-pied, ni avec le fameux « bon sens », qu’elle contredit presque toujours.Or, à l’occasion de cette épidémie de Covid-19, nous voyons se propager, notamment sur les réseaux sociaux, une forme très intense et très contagieuse de « démagogisme cognitif », c’est-à-dire d’un type de discours qui promeut des points de vue intuitifs et souvent erronés sur toutes sortes de sujets. Par exemple, à propos de tel ou tel traitement dont l’efficacité éventuelle n’est pas encore formellement établie – et pour cause, cela demande du temps et réclame un gros travail de recherche ! –, on a pu lire sous la plume de certains responsables politiques (qui, heureusement, ne sont pas – ou plus – aux affaires...) de courtes déclarations commençant par : « Je ne suis pas médecin, mais je pense que... » Etienne KLEIN

D'abord, comment s'est fait le sondage ?

6227 médecins de 30 pays et de toutes les spécialités ont été contactés, et ils ont pu répondre au questionnaire via une plateforme sécurisée dédiée. La répartition géographique des médecins, c'est ça :

 

Le sondage s'est déroulé entre le 25 et le 28 mars, et portait sur 4 thèmes : l'état de la pandémie, le besoin en ressources, les traitement et l'impact. Pour l'état de la situation au 25 mars, je vous laisse aller vérifier : https://who.int/docs/default-s

Bref, on remarque que ce sont principalement des médecins des Etats-Unis qui ont été interrogés, puis de l'Italie, de l'Espagne, de l'Allemagne, du Royaume-Uni de la France et de la Chine, par ordre décroissant.

On a quand même pas mal de pays bien touchés, même si au 25 mars, les Etats-Unis, le plus représenté, ne comptaient "que" 673 morts et 51914 cas confirmés. Dans le rapport OMS du 7 avril, c'était 9559 morts et 333811 cas confirmés.

Les résultats

 

Dans la première partie, on apprend qu'à part en Chine, les médecins interrogés pensent que le pic épidémique est devant nous, et que les restrictions devraient durer encore au moins 6 semaines.

D'ailleurs, les européens privilégient 6 semaines, là où les américains partent plutôt sur 8, ce qui est logique vu que la pandémie est arrivée chez eux après.

 

On apprend ensuite que dans la plupart des pays, à l'exception du Mexique et du Brésil, les décisions semblent bien pesées entre l'activité économique et la santé publique.

 

On apprend aussi que les médecins interrogés trouvent les mesures gouvernementales plutôt efficaces, sauf les chinois qui les trouvent très efficaces.

Sur les besoins, sans surprises, les médecins demandent des équipements de protection individuels (masques, blouses, …) en premier lieu. Par contre, ensuite, on voit des différences en fonction des lieux, et c'est je crois assez représentatif de l'état de la pandémie.

A New-York, ce sont plutôt des respirateurs. En Europe, plutôt des tests et dans une moindre mesure des respirateurs. En Chine, ce sont des chambres d'isolation. Dans le reste du monde, moins touché, ce sont des kits de test.

 

La question suivante porte sur le sujet sur lequel les médecins veulent le plus d'infos. Sans surprise, c'est sur les traitements existant, puis sur les nouveaux traitements, et enfin sur la disponibilité des tests.

C'est intéressant concernant la HCQ car justement il s'agit d'un traitement (pour d'autres maladies certes) qui existe déjà. Ainsi toute info sur ce médicament répond au besoin premier des médecins interrogés.

On apprend ensuite que les 6227 médecins interrogés, près de la moitié n'ont PAS suivi de patient atteints de Covid19 ni même ordonné de test sur un de leurs patients.

A l'exception de la Chine, les médecins considèrent tous (environ 90% des non chinois), que les tests ne sont pas en nombre suffisant.

 

On arrive maintenant à la partie tant attendue des traitements.

"Quel traitement avez-vous prescrit ou vu prescrire pour combattre le covid-19? "Dans la majorité des cas, à l'exception notable du Japon, ce sont des analgésiques. A noter d'ailleurs que vu que les scores sont supérieurs à 100%, il y a clairement plusieurs stratégies.

 

Maintenant arrive la fameuse question. Jusqu'ici tous les médecins, soit 6227 avaient répondu, mais là, il n'y en a que 2171. La question : "Sur les traitements que vous avez prescrit ou vu prescrire, indiquez celui qui est le plus efficace".

 

Sur les 2171 répondants, voici la nouvelle répartition (ils séparent NY du reste des Etats-Unis).

 

Et pour l'Europe, il y a aussi un chiffre Espagne & Italie, mais on va revenir dessus.

Dans le tableau de résultats, il y a en effet une colonne Europe et une colonne Italie&Espagne. En additionnant les chiffres, j'arrive à 2171 en considérant que l'Espagne fait partie de l'Europe.

Voici le tableau brut :

 

Comme il n'y a que des pourcentages et que les catégories ont des poids différents, j'ai préféré recalculer les chiffres bruts, et voici le résultat. Et là vous devriez voir un loup.

 

En effet, le nombre de médecins italiens et espagnols privilégiant la chloroquine est supérieur au chiffre européen. Donc soit l'Espagne et l'Italie sont comptées à part, et alors nous avons 2842 répondants et pas 2171, ou alors il y a une couille dans les chiffres latins.

Et bien allons regarder les chiffres "monde" et additionnons. Si on ne tient pas compte des chiffres Esp&It, on arrive à un résultat de 814. Si non, c'est 1230. Donc, les chiffres de l'Italie et de l'Espagne ne sont pas fiables ... On va donc raisonner sans.

Mis en graphe, ça donne ça. On est quand même bien loin des 6000 médecins qui disent que la chloroquine est le traitement le plus efficace. Dans les faits, il n'y en a que 800…

Au passage, on voit que la chloroquine est en tête surtout grâce à l'Europe et au reste du monde. Ce dernier groupe est composé du Canada, de pays d'Amérique du Sud, du Mexique, Turquie, Taïwan, Japon, Corée du Sud, Inde, Hong-Kong et Australie.

Sinon, on remarque que Rien ou un analgésique, c'est le traitement numéro 1 pour 63% des médecins interrogés. Ça aussi, ça aurait pu, et même aurait dû être une info. Si on rajoute les antitussifs et expectorants, on fait péter le score.

Bref, on est TRES loin d'une étude de 6000 médecins disant que la choloroquine est le traitement le plus efficace.

Dernier point, vous savez comment dans le monde est prescrit la chloroquine selon ce sondage : majoritairement sur des patients atteints avec symptômes sévères, pas au début de la maladie. Et pourtant il n'y a pas de complot anti-Raoult mis en place par le mari de A Buzyn...

 

Mais ce n'est pas ce qui me dérange le plus.

Ce qui me dérange le plus, c'est que cette fake news soit relayée, et qui plus est par des personnes titulaires d'un doctorat, et donc qui normalement sont formées à l'analyse critique.

Il y a clairement des failles dans le système éducatif, même à plus haut niveau. Car pour des raisons que j'ai du mal à voir autrement que militantes, des personnes très diplômées partagent des infos sur un sondage qu'ils n'ont même pas lu."

Dr. Alexis Q @AStrochnis

 

NB Copié-collé de la série de touittes, avec juste un changement dans l'ordre des trois derniers (et quelques menues corrections). Si les graphiques ou tableaux vous semblent peu lisibles vous pouvez vous reporter au compte-rendu complet du sondage.

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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 21:07
COVID-19 et CHLOROQUINE : une étude chinoise

Le Docteur David Malka a publié sur touitteur un fil sur  une étude chinoise dont il donne la traduction du résumé ci-dessous.

Je me suis contenté de copier/coller et de mettre en forme d'article.

 

 

David Malka @malkadav

Bon. Je ne suis pas virologue. Mais je suis médecin. Que penser de l’étude hydroxychloroquine (HCQ) de Raoult quand on n’est pas expert ? Eh bien, on garde les bons réflexes devant une étude à problèmes : on cherche ailleurs. Thread.

En d’autres termes, existe-t-il d’autres études évaluant l’HCQ dans le traitement du #COVID-19 ?

Eh bien oui. Au moins une, chinoise, publiée le 6 mars 2020 : http://zjujournals.com/med/EN/10.3785

Au contraire de l’étude marseillaise, il s’agit d’une étude randomisée : les 30 patients ont été répartis par tirage au sort entre un groupe HCQ et un groupe contrôle.

Les patients du groupe HCQ ont reçu 400 mg de HCQ par jour pendant 5 jours en plus des traitements conventionnels, tandis que ceux du groupe contrôle n'ont reçu qu'un traitement conventionnel.

Le critère principal d'évaluation était le taux de négativation pour le coronavirus du prélèvement pharyngé au 7e jour après la randomisation. Comme dans l'étude marseillaise donc.

Cette étude a été approuvée par le comité d'éthique du centre clinique de santé publique de Shanghai.

Résultats

 

1) Un seul patient sur les 30 a développé une forme sévère de COVID-19 pendant le traitement. Il était dans le groupe… HCQ.

 

2) Au jour 7, le prélèvement de gorge était négatif pour le coronavirus chez 13 des 15 patients du groupe HCQ, soit 86,7% des cas… Et 14 des 15 patients du groupe contrôle, soit 93,3% des cas.

 

3) La durée médiane entre l'hospitalisation et la négativation du prélèvement pharyngé était de 4 jours dans le groupe HCQ (extrêmes : 1 à 9 jours), contre 2 jours (extrêmes : 1 à 4 jours) dans le groupe contrôle.

 

4) Pas de différence non plus dans le temps médian de normalisation de la température corporelle (1 jour après l'hospitalisation dans les deux groupes),

 

5) ni dans le taux de progression au scanner (5 cas (33,3%) du groupe HCQ et 7 cas (46,7%) du groupe contrôle), tous les patients ayant montré une amélioration lors de l'examen de suivi.

 

6) Quatre cas (26,7%) du groupe HCQ et 3 cas (20%) du groupe contrôle ont eu une diarrhée transitoire et une perturbation des enzymes hépatiques.

Qui croire alors ? Marseille ou Shanghai ?

 

Qui croire ? Personne formellement pour l’instant, les deux études étant de petite taille. Mais l’étude chinoise est (bien) mieux faite, avec, elle, des résultats cliniques. Et les résultats chinois ne sont pour l’instant guère encourageants pour l’HCQ. On ne peut cependant exclure qu’un (petit ?) effet puisse être décelé dans des études menées sur des effectifs plus larges, ou bien dans des populations de patients plus graves.

Mais alors il faudrait vérifier un bien curieux adage, rarement vérifié en pratique médicale : « qui peut le moins, peut le plus »…

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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 15:49

Comment parler du con finement ?

Juste donc une petite anthologie des effets des ravages d'une autre pandémie : celle du "conarovirus".

 

LA PALICE me voilà

CONAROVIRUS
TROUBLES DE LA MÈMOIRE ou MAUVAISE FOI ?
 
Touitte de Mélenchon le 27 mars, à propos de l'élection municipale
 
Jean-Luc Mélenchon @JLMelenchon
#Castaner est un minable menteur car il meurt de peur. Il sait qu'il sera jugé : il a organisé ces élections sans notre avis, alors qu'il savait le danger. #vousavezlaparole
CONAROVIRUS

Je ne sais si Castaner (ou Philippe) a bien consulté Mélenchon avant l'élection, mais le soir du 15 mars il se félicitait de la tenue des élections (la copie d'écran est tirée de la vidéo et le texte copié/collé de celui qui accompagnait la vidéo avec cette précision "seul le prononcé fait foi" et le prononcé correspondait au texte).

 

 

 

 

Autre contaminé au CONAROVIRUS semblant souffrir de troubles de la mémoire et frappé, lui aussi, de la variante " vychinskiste*" du conarovirus, le guignol chef.

 

* Vychinski  fut le procureur des procès de Moscou organisé par Staline.

CONAROVIRUS

Dans la série faux-culs, on a pu entendre les LR critiquer - mais mezza voce - la tenue du 1er tour, or trois jours avant ils faisaient diffuser par leurs 'cadres' locaux - ici un djeun élu départemental de la Vendée - des appels au maintien du 1er tour.

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Le COMPLOTISME - variante du conarovirus - fait des ravages.

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Aussi bornée que ses troupes, Marine LE PEN vient évidemment en renfort des thèses complotistes.

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"Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir." Pierre DAC

Donc il est plus sûr de les faire a posteriori et de jouer les prophètes de l'avant-veille.

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Sur grand fond bleu, une citation de l'ex-ministre de la santé, avec le traditionnel "Faites circuler" ! J'ai encadré en rouge le message initial et juste ajouté quelques faits et citations de grands professeurs".

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Le grand druide de Marseille et son traitement miracle - c'est fou le nombre de virologues que compte notre beau pays, sans le savoir, et qui, pour la plupart n'avait jamais entendu parler de chloroquine mais qui en sont les fans absolus, ne souffrant aucune critique - méritait cet hommage.

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Un spécimen de groupie, André Bercoff, qui se faisant piéger par un compte parodique qui fait dire des énormités à son idole, trouve ça bien !  Un exemple de cas critique ! à chloroquiner d'urgence !

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Un autre fan de la chloroquine mérite d'être cité.

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Vue la faillite de Macron, Philippe et les autres, un gouvernement de SALUT PUBLIC s'impose.

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LAPSUS RÉVÉLATEUR

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SIMPLET PREFET DE POLICE

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Cette page ne peut que grossir, les victimes du conarovirus étant encore plus nombreuses que celles du coronavirus...

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