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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 17:36

0_senat.jpgNe boudons pas notre plaisir, certes ce n’est pas encore le matin du « Grand soir », certes l’art de la combinazione peut réserver de mauvaises surprises dans un vote à bulletins secrets, certes, certes… Mais qu’une majorité de gauche, avec le mode de scrutin archaïque des sénatoriales, arrive enfin au Sénat, pour la 1ère fois depuis 1958, faisant sauter un frein en cas de victoire de la gauche de gouvernement en 2012, est réjouissant.


Et contrairement aux éléments de langage répétés à l’envie par la droite – une victoire absolument prévisible disent maintenant les UMPistes après les municipales, cantonales et régionales – ce n’était pas gagné d’avance. Car le grand électeur est proportionnellement beaucoup plus rural qu’urbain. Ainsi une commune de 99 habitants ou moins a 1 représentant, une ville de 20000 habitants en a 33 (le conseil municipal) : le rural pèse là au moins 6 fois plus que l’urbain et c’est pire encore pour les grandes villes. Et l’élu de la verte campagne fait le plus souvent partie des sans étiquettes, dans lesquels la partage entre droite et gauche est au mieux équivalent à la proportion de gauchers et de droitiers dans la population. La poussée de la gauche aux municipales ne garantissait pas des bataillons suffisants de grands électeurs : la Mayenne où la gauche a conquis Laval garde ses sénateurs de droite. Le Morbihan est une énorme surprise qui montre le ras-le-bol d’élus dits modérés.


Quel rapport avec la primaire socialiste ? Aucun de très évident si ce n’est que cette victoire de la gauche a suscité des commentaires au mieux ironiques des détenteurs autoproclamés de la vraie gauche. Ainsi, dans Arrêt sur images où le prolo ne doit pas proliférer, lit-on dans un commentaire, à propos de la victoire de la gauche : « Une certaine gauche, dirons-nous. Maintenant, on va vraiment voir ce qu'ils vont faire, soit bloquer de façon radicale toutes les merdres balancées par ce gouvernement, soit naviguer, procrastiner, tergiverser, s'accommoder de lois et projets liberticides, socialicides (oui, bon...), économicides (hein ?), etc. » Il ignore que le Sénat n’a pas pouvoir de « bloquer ». Et ce n’est pas le pire, dans ce style.


Primaire citoyenne : un pari démocratique.

0_primaire.JPG

 

Ce qui m’amène à ce que j’ai découvert sur un blog d’un collègue « honoraire », certes frontdegauchiste, mais aux propos jusqu’à présent mesurés. Il est vrai qu’il venait déjà de me surprendre en appelant à signer le manifeste des profs à poil et qu’il avait assez mal pris ma réponse (que j’ai développée sur le deblog-notes).


Il attaque donc ces primaires où le PS « en appelle à l’ensemble de la population pour résoudre les problèmes qu’ils n’ont pas réussi à évacuer en congrès (?). » Puis il enchaîne dans le style « Je ne l’ai pas lu, je ne l’ai pas vu, mais j’en ai entendu causer ». Là c’est « si j’en crois ce que j’ai entendu. » Et il enchaîne : « Les électeurs (PAYANTS !!!) devront signer un engagement à voter pour le candidat choisi par l’ensemble des participants au deuxième tour de la présidentielle. Et c’est bien ce qui m’interdit de participer à cette mise en scène, car si au deuxième tour  le choix est entre BAYLET et MELENCHON, je voterai (GRATUITEMENT) pour le candidat que je soutiens déjà depuis plusieurs mois. » Mais peut-être est-ce du 2éme degré, l’hypothèse du 2e tour le laisse fortement à penser.


Or donc, profitons en pour rectifier quelques menues erreurs : les citoyennes et citoyens qui participeront volontairement à cette primaire inédite devront s’acquitter d’un (1) euro (ils peuvent donner plus s’ils le veulent : mais il est peu probable que Mme Bettencourt verse 7500 € à un bureau de vote de la primaire citoyenne). Ils doivent aussi signer ce terrible engagement : « Je me reconnais dans les valeurs de la Gauche et de la République, dans le projet d’une société de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité, de justice et de progrès solidaire. »


Le réquisitoire continue : « le PS a mis en place un numéro surtaxé pour trouver son bureau de vote : il faut vraiment avoir envie de payer pour s’exprimer. »Or pour savoir où voter, il suffit de consulter le site (on tape le code postal… et pis c’est tout). Ce ne sont donc pas les problèmes financiers qui empêcheront les citoyennes et citoyens qui le désirent de voter. En revanche, les petites mesquineries de certaines municipalités UMPistes sont une gêne plus grande. Ainsi à Luçon, sud Vendée, le maire (secrétaire départemental de l’UMP), au lieu d’accorder la salle des fêtes qui a pignon sur rue et qui est un bureau de vote traditionnel, a concédé une salle (Obalsky) dans un bâtiment caché par une belle haie, dans un recoin du jardin public. Autre difficulté, l’impossibilité matérielle d’installer des bureaux de vote partout obligera les citoyen-ne-s des petites communes à se déplacer à la ville-centre.


C’est une opération casse-gueule. Si l’affluence n’est pas au rendez-vous on devine déjà les commentaires convergents de la droite et de la gauche de la gauche. On peut y préférer la méthode plus classique : un parti, un-e chef-taine, donc un-e candidat-e. Mais, le PS et ses alliés Radicaux de gauche ont décidé de faire un pari démocratique un peu fou : ne pas confiner le choix à des discussions d’appareil ou au vote des seuls adhérents, mais inviter tous ceux qui le veulent à y participer. 

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Publié par JFL J.-F. Launay - dans Mises au clair
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