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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 15:24
MITTERRAND 1978 et 1979

26 octobre 2016 centième anniversaire de la naissance de François Mitterrand

8 janvier 1996, 20 ans donc, François Mitterrand mourrait d’un cancer diagnostiqué peu après son élection en 1981.

 

Mes clichés remontent à 17 et 18 années plus tôt.

De janvier et février 1978 à Bernay et Louviers dans l’Eure.

Puis, l’année suivante, du Congrès de Metz en avril.

BERNAY (Eure) 17 janvier 1978
BERNAY (Eure) 17 janvier 1978
BERNAY (Eure) 17 janvier 1978

BERNAY (Eure) 17 janvier 1978

Mitterrand fut sans doute avec De Gaulle, le seul homme d’état de la Ve république. Ni Pompidou, ni Giscard n’ont eu cette stature. Encore moins Chirac. Ne parlons pas de Sarkozy !

BERNAY (cliquer pour agrandir)BERNAY (cliquer pour agrandir)BERNAY (cliquer pour agrandir)
BERNAY (cliquer pour agrandir)BERNAY (cliquer pour agrandir)
BERNAY (cliquer pour agrandir)BERNAY (cliquer pour agrandir)

BERNAY (cliquer pour agrandir)

Hollande s’y est hissé il y a un an, après les attentats de Charlie et de l’Hyper Casher. Lors de la manifestation géante où il avait su réunir de nombreux chefs d’état et de gouvernement, le comportement grotesque et indécent, eu égard aux circonstances, de son prédécesseur, eût dû le disqualifier à jamais.

Hélas, en septembre, Hollande n’a pas su retrouver le souffle de janvier. Il s’est enlisé dans une opération politicienne à courte vue.

LOUVIERS (Eure) 22 février 1978

LOUVIERS (Eure) 22 février 1978

LOUVIERS (cliquer pour agrandir)LOUVIERS (cliquer pour agrandir)
LOUVIERS (cliquer pour agrandir)LOUVIERS (cliquer pour agrandir)
LOUVIERS (cliquer pour agrandir)LOUVIERS (cliquer pour agrandir)
LOUVIERS (cliquer pour agrandir)LOUVIERS (cliquer pour agrandir)

LOUVIERS (cliquer pour agrandir)

Certes De Gaulle comme Mitterrand savaient aussi, en laissant faire pour l’un ou en s’y employant pour l’autre, s’adonner à de petites manœuvres politiciennes. Voire à de franches crapuleries. Le SAC, officine de basses œuvres, est apparu sous l’œil distrait de De Gaulle.  Comment excuser Mitterrand d’avoir mis sur orbite Tapie uniquement pour savonner la candidature de Rocard à des élections européennes et ainsi le disqualifier pour les présidentielles ?

 

Gageons que les roquets habituels des deux extrêmes remettront la Francisque sur le tapis. Alors que Mitterrand fut un indéniable résistant*. L’Algérie aussi reviendra sur le tapis, comme si, en 1954, beaucoup avaient pris conscience de l’enjeu des évènements.

 

En face, les thuriféraires mettront, en avant, à juste titre, l’abolition de la peine de mort. 1981 s’inscrivit aussi dans la continuation de 1936 avec la 5e semaine de congés, les 39 h, la retraite à 60 ans. Il vaut mieux oublier, en revanche, les calamiteuses nationalisations à 100 %, qu’un Bérégovoy puis un Jospin liquidèrent plus tard.

Mais homme d’état il le fut lors du fameux virage de 1983 en faisant le choix de l’Europe.

Choix qui se symbolisera dans la fameuse image de Mitterrand et Kohl à Verdun : le couple Franco-Allemand devint vraiment le moteur de la construction européenne.

Mitterrand, homme d’état, il le fut aussi lors de la crise des euromissiles. « Les pacifistes sont à l'Ouest et les euromissiles à l'Est. » ironisait-il en soutenant une réponse ferme à l’installation des SS-20 soviétiques en Europe de l’Est. Il le fut encore en appuyant la riposte états-unienne à l’annexion de Koweit par Saddam Hussein.

Congrès de METZ avril 1979 (cliquer pour agrandir)
Congrès de METZ avril 1979 (cliquer pour agrandir)Congrès de METZ avril 1979 (cliquer pour agrandir)
Congrès de METZ avril 1979 (cliquer pour agrandir)Congrès de METZ avril 1979 (cliquer pour agrandir)
Congrès de METZ avril 1979 (cliquer pour agrandir)Congrès de METZ avril 1979 (cliquer pour agrandir)

Congrès de METZ avril 1979 (cliquer pour agrandir)

Congrès de Metz : Michel Rocard et Jean-Pierre COTCongrès de Metz : Michel Rocard et Jean-Pierre COTCongrès de Metz : Michel Rocard et Jean-Pierre COT

Congrès de Metz : Michel Rocard et Jean-Pierre COT

Mitterrand en conciliabule avec Jospin, puis Chevènement enfin les deux Mitterrand en conciliabule avec Jospin, puis Chevènement enfin les deux Mitterrand en conciliabule avec Jospin, puis Chevènement enfin les deux
Mitterrand en conciliabule avec Jospin, puis Chevènement enfin les deux Mitterrand en conciliabule avec Jospin, puis Chevènement enfin les deux

Mitterrand en conciliabule avec Jospin, puis Chevènement enfin les deux

Congrès de Metz : Jean Poperen (anti rocardien convaincu)Congrès de Metz : Jean Poperen (anti rocardien convaincu)

Congrès de Metz : Jean Poperen (anti rocardien convaincu)

Congrès de Metz : intervention de Michel RocardCongrès de Metz : intervention de Michel Rocard
Congrès de Metz : intervention de Michel Rocard
Congrès de Metz : intervention de Michel RocardCongrès de Metz : intervention de Michel Rocard

Congrès de Metz : intervention de Michel Rocard

Congrès de Metz : intervention de François Mitterrand
Congrès de Metz : intervention de François Mitterrand
Congrès de Metz : intervention de François Mitterrand

Congrès de Metz : intervention de François Mitterrand

Pour en revenir à mes clichés, il est à noter qu’à Louviers Mitterrand venait soutenir un jeune loup Rad-Soc à l’époque, François Loncle – surnommé plus tard mini-tonton - qui obtiendra aussi la visite de Pierre Mauroy. Il avait de l’entregent le jeune journaliste qui devra cependant attendre la déferlante rose de juin 1981 pour conquérir l’ancienne circonscription de Pierre Mendès-France.

 

L’année suivante, le Congrès de Metz sera marqué par l’affrontement Mitterrand-Rocard. Mépris et haine réciproque marqueront leur relation.

Mitterrand saura cependant faire appel à Rocard comme 1er ministre, mais en faisant tout pour lui compliquer la tâche, avant de le démissionner pour le remplacer par la plus calamiteuse 1ère Ministre – la 1ère et unique dans la fonction – Edith Cresson.  

Panthéon 21 mai 1981

S’il faut garder une image de François Mitterrand c’est celle où, seul dans la crypte du Panthéon, ce 21 mai 1981, après Jean Moulin et avant Jean Jaurès, il va déposer une rose sur la tombe de Victor Schoelcher. Et toute cette cérémonie qui pouvait sombrer dans la pompe grandiloquente, pour tous ceux qui depuis des années œuvraient pour que cette victoire advienne**, fut un grand moment d’émotion. Comme une apothéose.

 

Même si nous savions qu’ « Enfin les difficultés commençaient pour nous ! » et que, contrairement à Marceau Pivert à qui Rocard prêtait cette citation, nous savions aussi que tout n’était pas possible.

 

* Proche il est vrai de Frenay et Bénouville dont Cordier a pu décrire le rôle nuisible qu’ils ont joué à l’encontre de Jean Moulin dont Mitterrand honorera la mémoire au Panthéon.

 

** Une pensée toute particulière pour les camarades de Mont-Saint-Aignan puis de Vernon avec qui j'ai collé des milliers et des milliers de Poing-et-la-Rose, distribué des tonnes de tracts, organisé des campagnes, etc. Sans oublier l'Avant-Seine brièvement évoquée avec Yvan Parrault.

D'un des contributeurs du site

Deux petites remarques histoire de polémiquer un peu.

Aussi sympathique soit son auteur le témoignage de Cordier n'est pas parole d'évangile et la personnalité un peu rugueuse de Frenay a conduit à instruire un peu vite son procès. (J'en conviens les communistes participèrent à ce sournois discrédit dont il fut la victime). Il râlait c'est vrai contre Jean Moulin mais il avait pour lui la connaissance du terrain intérieur, ce qui n'était pas toujours le cas des gens de Londres qui parfois se faisaient un peu tirer l'oreille pour apporter leur aide ou au moins qui sous estimaient l'ampleur des besoins.


Ton jugement très sévère sur Edith Cresson est juste sans doute mais il ne doit pas occulter la responsabilité de Bérégovoy, furieux de ne pas avoir été nommé, et qui ne cessa de lui savonner la planche (pas celle à billets). De surcroît, Edith ne disposait guère du soutien des barons du PS qui avaient, eux, leur propre écurie. Il est vrai qu'elle ne les ménageait pas et qu'elle n'avait pas, comme Rocard plus tard, l'art de passer entre les gouttes.

YS
 

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 18:46
Jean-Loup Amselle, ethnologue

Jean-Loup Amselle, ethnologue

Une fois encore, on nous ressort « les réflexions du laboratoire d’idées Terra Nova » qui, pour J.-L. Amselle (L’Obs 27/11/2014) a poursuivi un mouvement de « découpage au sein du corps social d’entités identitaires de genre et de race [entailles verticales] au détriment des identités horizontales de classe ». Le propos est un peu abscons, mais reprend une caricature lancée par de jeunes copéistes, Badat, Bedin, Fanfant, Didier tous secrétaires nationaux de l’UMP*.

 

Caricature  reprise, mais du coup à l’extrême gauche par un professeur de sciences-Po qui, tout comme les jeunes copéistes, fait dire au rapport ce qu’il ne dit pas et dénote un total mépris pour les précarisés, ce lumpenprolétariat, en référence à l’anarchisme du XIXe siècle qui met ses espoirs dans les sans-métier, les sans-travail, trimardeurs, filous, prostituées, déclassés : révolutionnaires de demain.

 

On voit agir, à peine plus subtilement, la mécanique du mensonge à la Sarkozy qui de citations tronquées, en interprétations douteuses aboutit à clamer que le PS abandonne la classe ouvrière.

 

Sarkozy tellement ment, que ça en devient dément !

Sarkozy tellement ment, que ça en devient dément !

Libé a bien démonté l’hoax à la Sarko.  Il part d’une phrase  de Daniel Vaillant, en février 2002 : « Il n’y a pas de sentiment d’insécurité sans insécurité réelle, même s’il peut y avoir un sentiment d’insécurité qui dépasse l’insécurité réelle. » Cela devient pour Sarko en campagne en 2012  : « Comme en 1997 ? Comme quand Monsieur Jospin disait qu’il n’y avait pas d’insécurité mais seulement "un sentiment d’insécurité" ? » Le double mensonge est déjà éhonté puisque ce n’était pas Jospin et la phrase est tronquée pour lui faire dire l’inverse de ce qu’elle disait.  Et ça devient en 2014 : Jospin avait dit à une dame qui avait peur dans le métro : Madame, vous n’avez pas peur, vous avez l’impression d’avoir peur. Là du coup, le bobard devient un petit chef-d’œuvre puisque voilà Jospin, comme Zazi, dans le métro, et qui s’adresse à une dame en lui tenant des propos incongrus.

 

    Pour Terra Nova, c’est à peine plus subtil. D’abord, ça devient donc la position du Parti Socialiste, alors que Terra Nova est certes proche mais indépendant du PS (l’extrême-gauche lui reproche d’ailleurs son financement indépendant). Amselle, moins caricaturalement, dit que ça a inspiré la campagne de François Hollande. Sauf preuve du contraire, Olivier Ferrand n’a pas été membre de l’équipe de campagne de Hollande. Mais, de fait rechercher des pistes pour avoir une majorité a dû effleurer l’esprit du candidat socialiste.

 

  Certes,  s’agissant de recherche d’une majorité électorale en 2012, le rapport parle quartiers populaires (avec notamment la France de la diversité), qui votent à 80% à gauche en 2007, jeunes (70%) et femmes. Ce rapport, horriblement hérétique,  considère qu’il n’y a plus de vote unifié de classe  et va même jusqu’à dire que la grille de lecture pertinente n’est plus les classes sociales mais la division "outsiders"-"insiders".  C’est-à-dire d’un côté les milieux populaires déclassés, victimes du précariat, du chômage, de l’exclusion, et souvent discriminés ; de l’autre les milieux populaires intégrés, qui ont un emploi stable, en CDI, mais qui, travaillés par la crise, ont peur du déclassement et sont tentés par le repli identitaire.

 

Mais, même s’il met l’accent sur ces outsiders, ce rapport, dont l’objet est de proposer des pistes pour bâtir une majorité, ne propose évidemment pas d’abandonner  ces classes populaires intégrées, un temps, séduites par le discours de Nicolas Sarkozy, valorisant "la France qui se lève tôt" contre les "assistés" (discours toujours en vogue du côté de Sarko !). Et, bien sûr, il faut aussi maintenir voire augmenter son attractivité sur une partie des classes moyennes (les « diplômés »), car, répétons-le le rapport avait pour objet de proposer des pistes pour avoir la majorité 12 mois plus tard. Ce n'était donc pas une étude sociologique théorique sur les entités identitaires.

 

On peut certes, avec M. Amselle, considérer que la seule grille d’analyse qui compte est celle en classes sociales, même si, comme le rappelait le rapport, ce dont convenait d’ailleurs le prof de Sciences Po, « la classe ouvrière [n’est] plus ce qu’elle n’a jamais été (une classe unifiée consciente d’elle-même porteuse de progrès) ».

Il n’en restera pas moins que les ouvriers sont de moins en moins nombreux : plus du tiers des actifs en 1981, moins du quart aujourd'hui ; et que deux ouvriers sur cinq travaillent dans le secteur tertiaire, isolés, non syndiqués. Et la grille de lecture proposée par Terra Nova s’est révélée assez pertinente en ce qui concerne la victoire des présidentielles et le reste dans les défaites des municipales ou des européennes où les outsiders ont boudé les urnes.

 

Et les préconisations d’Olivier Ferrand - au plan socioéconomique, la justice sociale et la solidarité, un Etat social fort et redistributif ; au plan culturel, une société ouverte et tolérante  – sont, hélas, plus que jamais d’actualité.

 

* Une vraie armée mexicaine aux fonctions des plus folkloriques, le ponpon allant sans conteste au jeune G. Didier, futur complice de Peltier : Samia Badat, secrétaire nationale de l'UMP chargée des nouveaux engagements solidaires ; Camille Bedin, secrétaire nationale de l’UMP en charge de l’égalité des chances ; Pierre-Yves Bournazel, secrétaire national de l'UMP en charge des grandes métropoles ; Geoffroy Didier, secrétaire national de l’UMP en charge de la protection des riverains et de la lutte contre les nuisances aéroportuaires ; Coumba Dioukhane, secrétaire nationale en charge de la recherche ; Nathalie Fanfant, secrétaire nationale de l'UMP à la lutte contre les discriminations ; Charles Givadinovitch, secrétaire national de l'UMP à la lutte contre la précarité et la pauvreté ; Benjamin Haddad, secrétaire national de l'UMP à la vie étudiante et l’entrée dans la vie active

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 21:10
Lettre ouverte aux ‘frondeurs’

A noter, un courriel de Mme M.-N Lienemann, sénatrice, en réponse à cette lettre, en annexe.

 

Chers camarades (pour autant que vous considériez un vieux rocardien, comme tel),

 

Je ne vous ferai pas le coup du vieil adhérent de 1973 qui, question attente et déceptions, aura vécu 1973 justement, 1974 ensuite puis 1978, mais qui, avec combien d’autres, a continué à y croire. Cependant, permettez-moi de vous rappeler, à ceux d’entre vous à qui ça évoque quelque chose, qu’aux législatives de 1981, comme on disait, on aurait présenté une chèvre avec une rose en travers du museau, elle était élue !

Autrement dit, la vague rose était portée par l’élection présidentielle et non par les magnifiques talents des futurs parlementaires.

J’entends bien. Vous avez été élus sur des idées, un programme, dont vous vous sentez redevables devant vos électeurs.

Mais, vous le savez bien, soit vous avez été élus sur de vieilles terres socialistes, quasi inexpugnables (et là, sans tenir compte de ce qui adviendra des autres députés socialistes, vous pouvez jouer les frondeurs jusqu’au bout) ; soit vous avez été les élus de la majorité présidentielle, de la vaguelette rose de 2012, et quoi que vous chantiez, vous serez balayés comme les autres en cas d’élections anticipées.

 

Je ne suis pas tout-à-fait persuadé que François Hollande ait su donner, comme on dit, un cap. Je regrette que, sur des sujets de société comme le vote des étrangers non communautaires (moyennant bien sûr des conditions de présence sur le territoire) aux élections municipales, il en soit resté à des promesses. Si vous me poussez, je dirais presque que je regrette qu’il n’ait pas eu l’audace, d’entrée, de mener la réforme fiscale que préconisait Piketty. On pourrait multiplier les exemples de déceptions (droit de mourir dans la dignité, dépénalisation du cannabis, PMA et adoption pour les couples lesbiens, voire GPA, etc.).

Donc, vous le voyez, même si mes sujets de mécontentements ne sont pas obligatoirement les vôtres, je ne suis pas un parfait godillot.

 

Sauf que, dans ma modeste expression publique, je cible la droite et surtout l’extrême-droite. Et si je dis tout le mal que je pense de Mélenchon, c’est justement parce que lui oublie quel est l’adversaire dans une version, à peine modernisée, de bonnet et blanc bonnet.

Sauf que mes états d’âme n’entraîneront aucune crise.

 

Imaginez, ce n’est pas dur et c’est ce à quoi vous pousse justement Mélenchon, que dans le vote du budget, vous mettiez le gouvernement en minorité absolue ! Dissolution presque obligatoire. Combien de députés de gauche dans la future assemblée ? Un tsunami de droite et d’extrême-droite garanti. Et une gauche, toutes nuances et divergences confondues noyées pour des lustres !

 

Laissons du temps au temps ! Bien qu’il y en ait peu. Soit la politique lancée – et surtout la conjoncture économique  internationale – permet d’inverser enfin la courbe du chômage, et l’échéance 2017 ne sera pas une catastrophe. Soit…. Mais on n’est pas obligé de forcer les étapes.

 

Reste un dernier petit point : dans ma conception de la vie syndicale et politique, si, après libres débats, votes non truqués, on est minoritaire, on se plie à la décision majoritaire. Conception, je le confesse totalement archaïque !

 

Vox clamentis in deserto ! et qui n’aura, sans doute pas d’écho.

 

Socialistement vôtre,

 

J.F. Launay

Les 'frondeurs' à la fête de l'Huma

Courriel de M.-N. LIENEMANN Mercredi 17/09/2014

Cher camarade, plusieurs remarques rapides. Les temps changent et hélas notre parti vote de moins en moins. Quand a-t-on voté l’alignement a la politique de l'offre? Le renoncement à la modification du tscg* (programme PS et F hollande), l'allongement cotisations pour les retraites, l'alignement à la vision de Schröder alors qu'on a tjrs dit l'inverse. Et même nous n'avons pas élu notre premier secrétaire désigné par l’Elysée. La perspective d'un congrès est repoussée sans cesse. Qui ne respecte pas les votes? Et quels votes ne sont pas respectés? Ensuite depuis 1973 les dégâts de la 5eme république se sont accrus avec l'inversion du calendrier et le quinquennat... Car si une chèvre étiquetée PS pouvait être élue en 1981ce ne fut pas le cas en 86 d'où la cohabitation ni en 1989 ou le PS ne fut pas majoritaire seul! Malgré tout les parlementaires ne procédaient pas du seul président. Mais les dérives s'aggravent et la neutralisation du Parlement par l'alignement caporalise au président est un grave danger. Redonner au Parlement son rôle central et aux forces politiques, aux représentants du peuple un vrai pouvoir face à l'homme providentiel est essentiel pour notre démocratie menacée pas un décrochage massif avec la société et le peuple. Toi qui fus rocardien, tu dois mesurer ce décalage croissant entre les appareils et les citoyens. Et ça vient de loin. Comment concevoir un parti qui hier a voté en interne oui au projet de constitution européenne quand une très grande majorité de ses électeurs et même sympathisants proches voir adhérents votent non au moment décisif. Et à force de se répéter, cette situation nous a coupé des ouvriers, maintenant des employés, désormais des jeunes et d'une large partie des fonctionnaires. Il reste les csp+ ! Ne t étonne pas de l’abandon de la réforme fiscale! Évidemment le combat contre la droite est important mais en politique surtout au pouvoir les actes comptent plus que les paroles. Combattre la droite ce n'est pas jeter des invectives contre ses leaders c'est refuser sa logique, la triangulation qui nous fait perdre notre amé et mener une toute autre politique. Voilà l’enjeu. Aucun appel à la discipline ne peut régler ces problèmes politiques que l'exécutif veut éluder quand il ne veut pas nous faire abandonner des convictions qui fondent l'idéal socialiste. On comprend qu'il veuille abandonner le nom! Hier mon programme n'est pas socialiste** nous a fait beaucoup de mal... Aujourd’hui il faudrait que notre parti ne le soit plus... Attention aux dégâts!

Amitié

Marie Noëlle Lienemann

 

*  Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dit aussi Pacte budgétaire européen ou Pacte de responsabilité

** Extrait d’une déclaration de Jospin en 2002, en tant que candidat à la présidentielle, expression malhabile certes, mais la défaite catastrophique de l’ex-premier ministre est sans doute plus due aux candidatures Taubira (qu’il avait laissé faire) et Chevènement.

Lettre ouverte aux ‘frondeurs’

A noter que Mme Lienemann fut, entre autres,  ministre déléguée au Logement et au Cadre de vie dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy, secrétaire d’État au Logement dans le gouvernement de Lionel Jospin. Elle s’y est accommodée d’une politique de reprivatisation des entreprises nationalisées, contraire aux dogmes du Congrès de Metz qui avait scellé la défaite de la 2e gauche à laquelle elle et moi, à l’époque, appartenions. Reprivatisations dont je n’ai pas un net souvenir qu’elles aient été promues par un quelconque congrès socialiste.

Autrement dit, en 1982-83, le choix de la politique prônée par Delors, plutôt que celle de Chevènement, Poperen ou Joxe, n’a pas été le fruit d’une décision du PS, mais de celles de Mitterrand et Mauroy aux manettes. Le congrès de Valence, qui avait précédé, était dans l’exultation d’une victoire tant attendue, pas dans l'optique d'un virage. Beregovoy a amorcé un nouveau virage que les contempteurs habituels ou nouveaux du PS qualifient de libéral. Les mêmes accusent Jospin d’avoir été plus privatisateur que les gouvernements Balladur et Juppé.

 

Donc, quand, au pouvoir, il faut se colleter avec la dure réalité des choses, promesses et programmes peuvent subir de nets infléchissements.

 

Mme la sénatrice ne craint pas le paradoxe quand d’une part elle déplore que le PS soit hors course et d'autre part elle rappelle le vote des instances du PS en faveur du oui qui s’est soldé par la victoire du non au referendum sur la constitution européenne. Je ne dirais pas que cette victoire est en partie due à la pusillanimité du 1er secrétaire de l’époque – je reste néanmoins persuadé que, s’il avait constaté d’emblée que Dolez et Mélenchon s’étaient mis en dehors du parti, le camarade Fabius ne se serait pas livré à je ne sais quelle subtile manœuvre en appelant au non donnant du poids à ceux qui, à l’époque, n’en avaient guère – pour ne pas tomber sous l’accusation de vouloir refaire l’histoire. Mais sa conception est bien que les décisions de son parti ne l’engagent que si elles sont conformes à ce qu'elle prône.

 

Ma lettre ne portait pas, d’ailleurs, là-dessus.

Mélenchon a cruellement ironisé sur ces frondeurs à la mie de pain, à la fête de l’Huma. Son but est bien la complète déroute du PS et le plus tôt possible. Il escompte rebâtir une vraie gauche sur les ruines de la sociale démocratie. On peut croire à cette chimère. Mais si on n’a pas le goût du suicide, il faut cesser de jouer aux rebelles d’opérette !

Au Sénat, ce n’est pas grave, mais à l’Assemblée Nationale à jouer à voir jusqu’où on peut aller trop loin, ça peut aboutir à une dissolution. La gauche de gouvernement serait balayée. Et la gauche tribunicienne aussi !

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 18:10

Le « courrier des lecteurs » du Monde (2-3 juillet 2011), normalement très sélectif, a cependant accueilli la lettre d’un-e certain-e Claude Bourse d’une malhonnêteté intellectuelle égale à son indigence.

 

retropenseur.jpgLe bon ou le mauvais œil ?

Mettre l'élève au centre du système éducatif, invention des pédagogistes, est une négation de l'instruction. Ces novateurs le disent clairement et l'explicitent de la sorte : « On n 'a rien à apprendre magistralement à un élève, à lui de se former sous l'œil de son enseignant.» En 1989, la loi d'orientation de Lionel Jospin, ministre de l'éducation nationale, allait déjà dans ce sens en stipulant : «L'enfant peut, par sa propre activité, ludique si possible, reconstruire seul les savoirs accumulés par l'humanité depuis des millénaires. » {Bulletin officiel du 4 août 1989). Aujourd'hui, le résultat de pareilles aberrations est le suivant : Alain Bentolila, professeur en linguistique, dans une tribune « Le supérieur malade de l'école » (Le Monde du 27 juin 2007) écrivait : « Certains de mes étudiants en licence restent de médiocres lecteurs et de piètres scripteurs. » Ces étudiants à bac +3 ont sans doute été victimes de professeurs « ayant le mauvais œil ». En langage cher aux pédagogistes, on dirait : « L'œil était dans un lieu de vie et regardait l'apprenant. » Ce que Victor Hugo aurait sans doute intitulé : « L'inconscience ».

Claude Bourse, Montpellier

 

 

 

Sur le fond du sous-Brighelli, sur la forme un puéril jeu sur le mot œil à partir d’une citation bidon. Le septimaniaque reprend un procédé finkielkrautien, qui consiste à attribuer à d’anonymes auteurs, ici « les novateurs », des positions caricaturales. Sans user de guillemets, toutefois, comme ce ou cette septimaniaque.

 

Or cette phrase a bien été écrite, mais par un rétropenseur de son espèce qui, dans le blog de L. Cedelle, en avril 2009, attaquait le nouveau programme de maths en seconde. Un certain Michel Delord* qui prêtait à de néfastes constructivistes ce on n’a rien a apprendre magistralement à un élève, à lui de se former sous l’œil de son enseignant et il ajoutait sans vergogne (c’est fou comme ces élitistes ont le souci des élèves défavorisés à qui ils flanquent une moyenne morbide tout au long de l’année) tant pis si son environnement personnel ne lui permettra pas de progresser dans sa solitude : vivent les riches ! Le nommé Delord serait bien incapable de dire quel constructiviste a produit la phrase, pas plus que le-la nommée Bourse pourra nous dire quel novateur l’a dite ou écrite.

 

Non content de cela, ce Claude Bourse, nous assène une deuxième citation sur l’enfant qui peut en jouant reconstruire seul les savoirs accumulés par l’humanité, en se référant à un BOEN du 4 août 1989. Or elle est tirée de la prose insane de Mme Fanny Capel  qui ose assurer : « Ce sont les termes mêmes de la loi d'orientation de 1989 de Lionel Jospin (BO numéro spécial du 4 août 1989). ». Référence fausse puisque le BO spécial n° 4 sur la loi d’orientation est sorti le 31 août. Et la délirante dame a purement et simplement inventé cette citation absurde !

 

Seule authentique citation, celle de Bentollila qui reprend la vieille antienne du niveau qui ne cesse pas de baisser sans jamais atteindre l’étiage.

 

Ce courrier est donc une véritable imposture, mais qui témoigne de la mahonnêteté et de l’indigence intellectuelle de ces rétropenseurs**.

 

 

* Deux éminents journalistes m'assurent, l'un que M. Delord, "quoi qu’on puisse penser de ses positions et de son goût pour les postures radicales, ne peut être qualifié d’élitiste" ; l'autre qu'il "a des opinions tranchées, mais  est un honnête homme, pour autant que j'en puisse juger"....

 

 

** Ce mot-valise a été fabriqué par R. Mallerin, membre fondateur d'Education & Devenir

 

 

N.B. Un des deux journalistes cités à propos de M. Delord, Pascal BOUCHARD (ToutEduc) ajoute :

"ton papier, Jean-François, pose deux problèmes de fond, sur lesquels j'ai pas mal travaillé, mais que je n'ai pas résolus
- comment un mensonge devient une vérité à force d'être répété? 
(je pense aux "150 000 jeunes qui sortent sans qualification du système éducatif, alors qu'ils ne sont "que" 50 000, ce qui est beaucoup trop, mais qui ne suffit pas à disqualifier notre système scolaire)
- pourquoi les pédagos se contentent-ils de parler aux pédagos? Je sais que la prose qu'on leur oppose est indigente, mais il faut essayer de comprendre pourquoi des arguments nuls ont un tel impact.".
 
Sans avoir la réponse, il me semble que l'épisode GUEANT, sur, justement, les sorties du système scolaire sans qualification avec 2/3 d'enfants immigrés a été repris dans de nombreux médias ; un seul journal a dénoncé le mensonge délibéré et quand l'INSSE s'est enfin décidée à démentir Guéant, l'impact de ce démenti a été quasi-nul.
Les propos des rétropenseurs sont au diapason des préjugés populaires (ils sont d'ailleurs, parfois, au niveau de propos de bistrot), ils n'offrent prise à aucune argumentation puisqu'ils n'utilisent que l'argument d'autorité, l'anathème et l'insulte. Et certains de leurs porte-paroles ont une audience médiatique dont aucun "pédago" ne bénéficie.
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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 14:19

plantu-melenchonLa Gauche est grande et Mélenchon est son prophète !


Par « Gauche » entendez, Ô sociaux-traîtres, celle du Front, pas évidemment la fausse gauche du PS, ni la bouillie verte des écolos. Une gauche de gauche, pour tout dire.


Pour le Mélenchonlâtre, le postulat de base – véritable acte de foi –est simple : leur lider maximo a le droit, le devoir même, de jeter l’anathème (sur le PS, lémédias, etc.) insulter, vitupérer, donner dans l’imprécation perpétuelle ! L’insulté (mettons le socialo de base), l’anathèmisé, s’ils protestent, c’est qu’ils veulent porter atteinte à la liberté d’expression du Chavez de l’Essonne.


Le Mélenchonnien manie « pensée unique » ou « politiquement correct » aussi bien que le zemmourien (autre espèce imprécative, mais de Droite).

 

Cependant parler de populisme à propos de l’immortel auteur de « Qu’ils s’en aillent tous ! », Plantu l’a oublié, est un crime de lèse Imprecator.

Certes des hyènes de blogs (ou deblog), des laquais du grand capital, essaient de calomnier le prophète. Georges Marchais, dont le style tribunicien l’inspire, fut au moins ouvrier pendant une dizaine d’années (même si son séjour allemand pendant la guerre fut objet de controverses) avant de devenir un apparatchik d’un PCF ayant encore une vraie base ouvrière. L’ex-sénateur de l’Essonne, malgré (ou grâce à) un passé trotskyste (dans la secte la plus fermée, d’où vient aussi Jospin) a su mener sa barque au sein du PS pour devenir sénateur à 35 ans avant de lancer un « faux parti communiste avec de vrais petits bourgeois », comme disait Mitterrand, à propos du CERES ; prétendre, comme il l’affirme, qu’il est au diapason des volontés du peuple, relève plus de l’art de faire tourner les tables, que d’un fait avéré. Voilà quelques unes des médisances que distillent des langues de vipères (lubriques) ! Certaines ajoutent même – voyez leur infamie – que, comme Sarko, il croit faire peuple en « causant » vulgaire.


meluche-plantuPlantu s’est donc planté en osant comparer SuperMéchanlon avec la fille Le Pen, quant au populisme ! Avec ce sens de l’humour et de la nuance, qui fait tout son charme, Mélenchon s’indigne : "hélas Jean Plantu ne fait plus réfléchir, il aveugle" , "il contribue à la confusion politique qui, sous prétexte de lutte contre le populisme, prêche le maintien de l'ordre établi" ; un vrai DSKiste ce Plantu ! Et Pierre Laurent (qui c’est ? mais si, le lointain successeur de Marchais à la tête des restes du PCF) dénonce l’odieux amalgame.

 

 

PS1 André Gérin, qui a décidé disputer à Maxime Gremetz, dit le bête de Somme, la palme du communiste le plus archaïque, récuse Mélenchon car il le soupçonne d'être un sous-marin du PS : le çonar de l'ex-Iman rouge, doit être ultra performant pour discerner dans l'ex-taupe de l'OCI un sous-marin du PS !

 

PS2 "Ne laissons pas croire qu'il y aurait à gauche, d'un côté un chevallier blanc (le Front de Gauche), porteur de la pureté révolutionnaire, et de l'autre un chevallier noir (le PS et ses alliés) vendu au capitalisme" André Chassaigne député PCF

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 16:04

clairobscur

Qu’un Valls ou un Hollande mettent en cause un document élaboré par Hamon, et la presse de titrer sur les divisions du PS. Mais qu’un Rocard et un Jospin taillent en pièces un travail sur un sujet ô combien passionnel, la gestation par autrui (GPA), autrement dit « les mères porteuses » ne provoque aucun écho. La bioéthique ça ne buzze pas. Et pourtant le scénario a tout pour plaire : de vieux éléphants gardiens des valeurs face à des personnalités du monde bioéthique ayant produit un rapport qui a inspiré celui du PS sur ce thème. En caricaturant : dogmatisme vs pragmatisme.

 

En France, actuellement, la situation est claire : l'article 16-7 du Code civil dispose que  « Toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d'autrui est nulle ». Sauf que, les gestations par autrui qui ont donné lieu à un acte de naissance aux Etats-Unis sont parfois reconnus par l’état-civil conformément d'ailleurs au même code civil.

contrejour

Le rapport de Terra Nova, controversé jusque dans ses rangs, inscrit sa démarche dans un « droit à la parentalité ». Il prend en compte toutes les techniques d’assistance médicale à la procréation (AMP) ainsi que l’accès à la parenté des couples homosexuels, les dons de gamètes anonymes ou pas… Il montre aussi que la frontière entre filiation charnelle et filiation adoptive est caduque avec l’AMP.

 

Mais la piste la plus sujette à controverse était celle qui proposait la reconnaissance – limitée et encadrée – de la gestation par autrui (GPA). Autrement dit des « mères porteuses ». Mères porteuses qui acceptent donc de recevoir, s’agissant de couples hétérosexuels, l’embryon fruit de la fécondation in vitro des gamètes des futurs parents.

 

epanouie

Les auteurs du rapport avait pleine conscience du caractère audacieux de la proposition : « Les réticences collectives autour de la GPA sont intenses. Elles dénoncent une technique de confort pour 'career women' qui n’ont plus de temps à consacrer à la grossesse, ou pour stars qui veulent garder le ventre plat. Une commercialisation du corps humain, un nouvel asservissement des pauvres qui louent leur ventre pour l’enfantement des enfants des riches. Une aliénation du corps de la femme, dont l’utérus est instrumentalisé et ravalé au rang de couveuse. La négation de la grossesse et du lien fondamental créé entre la femme et l’enfant à naître qu’elle porte. Enfin, au plan moral, la violation de l’ordre naturel et la manipulation de la vie. Les dérives constatées aux Etats-Unis montrent que ces réticences sont légitimes. »

 

Mais la proposition était très cadrée : insuffisance utérine de la mère d’intention, interdiction bien sûr de la commercialisation, sécurisation de la mère porteuse. « Ces femmes peuvent être heureuses de leur grossesse : elles aident des couples en détresse, souvent des amis ou des parents, dont elles sont le dernier espoir, là où la médecine a échoué, et elles en tirent une forte valorisation personnelle. »

 

Un réquisitoire implacable

 

Le contre-rapport est un réquisitoire implacable. Il inscrit sa lutte contre les « mères porteuses » dans un combat multi-séculaire,  « pour la cause des femmes et la défense des acquis progressistes.

 La disparition du servage et l’abolition de la domesticité au XVIIIème siècle, l’abolition définitive de l’esclavage au XIXème siècle, la fin de l’infériorité juridique de la femme au XXème siècle sont autant d’étapes essentielles dans la marche vers le progrès de la société française. L’inaliénabilité de la personne humaine doit être consacrée au XXIème siècle. »

 

enceinte26

« Partout où elle a été légalisée dans le monde, la pratique des mères porteuses se traduit concrètement par une nouvelle exploitation, radicale, au sens où il s’agit de la prise de contrôle sur la vie d’une femme pendant neuf mois, et généralement d’un rapport inégalitaire et d’aliénation, entre commanditaires aisés et mères porteuses défavorisées souvent recrutées par des sociétés aux pratiques marchandes plus ou moins attentatoires à la dignité humaine.

Sa légalisation ouvrirait la voie à d’autres remises en cause : en donnant pouvoir à autrui sur la grossesse d’une femme, elle pourrait menacer le droit à l’avortement ; en reconnaissant le droit par contrat d’aliéner son corps à autrui, elle faciliterait l’émergence d’un cadre légal que ne manqueraient pas d’utiliser les promoteurs de la prostitution. »

 

La conclusion est donc nette : « Les mères porteuses, loin d’être un progrès, sont une cause régressive et un mauvais combat pour la gauche, la plus récente et peut-être la plus choquante des extensions du domaine contemporain de l’aliénation.»

 

Ici, comme souvent, affirmation vaut argumentation !

 

Un débat de société

 

Ce débat est finalement plus important que celui qui opposerait les réalistes (Valls, Hollande) au gauchisant Hamon : chacun sait que si la gauche revenait au pouvoir, il faudrait hiérarchiser les mesures à prendre pour une égalité réelle, en fonction des urgences et des moyens.

 

A priori, la thèse du refus adossée à des principes qui se veulent intangibles est beaucoup plus solide que celle, reprise par les rapporteurs du PS – Najat Vallaud-Belkacem et Bertrand Monthubert – qui, estimant que « la gestation pour autrui peut constituer un véritable don »,  préconisent une pratique très encadrée.

 

Mais les contempteurs de cette légalisation des mères porteuses (légalisation porteuse, elle, selon ces adversaires, de valeurs réactionnaires et ultralibérales) mettent aussi en cause une proposition de loi, déposée par des sénateurs socialistes, dont Michèle André et Robert Badinter (qu’on ne soupçonnerait pas de défendre de telles valeurs), tendant à légaliser et encadrer la gestation pour autrui.

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