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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 14:30

Il  m'arrive souvent, au fil d'une recherche, d'oublier ce que je cherchais pour m'égarer dans un site inconnu. Celui-ci avait un titre assez original, l'œil cynique. J'y découvrais un texte se voulant  érotique, assez lourd pastiche des récits libertins du XVIIIe siècle qui donnait plutôt envie de relire Thérèse Philosophe.  Mais des pages sur la Vendée bocagère et le bocain descendant du vrai vendéen, celui de l'armée catholique et royale à laquelle notre Vicomte, de puy du fou en historial, voue un culte fanatique, suscitaient la curiosité. Je passe sur un prétentieux pavé dont le « méta langage », prétendument Barthesien (pauvre Roland, il n'avait pas mérité de tels disciples) rend indigeste une description, qui eût pu être plaisante, des caractéristiques bocaines. Mais des articles plus modestes (celui sur la cave vendéenne, notamment) ne manquaient pas d'intérêt.


Un petit coup d'œil sur une rubrique intitulée « Brèves » - hélas rien à voir avec les brèves de comptoir - me fait tomber sur une critique au marteau-pilon d'un livre de Corinne Maïer, No Kid, visiblement dans la veine d'un précédent succès Bonjour Paresse. Le sous-titre, comme la 4e de couverture, montrait bien qu'il ne s'agissait pas d'un manifeste malthusiano-féministe, ni d'une thèse écologico-malthusienne.

Cependant un des deux gais lurons y va à la faux avec ses gros sabots : « Le livre entend défendre le rejet d'enfanter en arguant le désir d'hédonisme libertaire, soit une volonté de croire en l'émancipation par l'égoïsme, la jouissance dès que possible, l'an-archisme (à la lettre, ou l'utopie de croire au débarras de toute forme de pouvoir, à moins que l'anarchie ne soit que tension), la privatisation optimale de sa propre vie, l'entretien de l'individualisme comme fermeture de la vie sociale au seul commerce privé (Corinne Maier soutenant l'idée que nous ne sommes toujours pas parvenus à un individualisme plein). Dit autrement : manquer l'enfant, progressif, pour marquer une figure idéale de l'adulte, régressive (toute la barbarie du temps est dans ce mot). » Outre une construction incongrue du verbe arguer (si l'on en croit les dictionnaires on « argue de »), on s'englue dans cette utopie de croire au débarras, cette privatisation optimale, cette fermeture de la vie sociale au seul commerce privé... et ce n'est qu'un court extrait.


J'y vais donc d'un modeste commentaire : La couverture du bouquin ne cache pas son jeu : il s'agit à l'évidence d'une aimable plaisanterie et non d'une thèse d'anthropologie ou d'un manifeste féminin.

Alors y consacrer des pages d'un idéologisme pompeux, sous-tendu par un moralisme péremptoire est plus que vain, grotesque !

Que n'avais-je pas dit ! oser s'en prendre à cette prose : crime de lèse bocain (car les comiques se disent eux-mêmes originaires du bocage cher au neu-neu, il y a de l'œdipien dans leurs attaques). « Cher ancien principal, cher militant PS,
Vous avez découvert notre site, c'est bien.
De péremptoire je ne vois que votre appréciation du livre en question ainsi que la lecture critique que vous faites de notre article. C'est faible.
Si vous décidez d'émettre en pets disparates votre avis sur chacun de nos textes (je remarque combien vous laissez de traces sur de nombreux sites du net), prière de condenser le tout car avec de tels arguments, cela risque d'être usant et toute répétition se doit évidemment d'être effacée.
Restez donc sur votre petit blog à rouspéter - comme il en existe tant d'autres - et émettre une prose militante qui a trouvé ses ennemis faciles. »
Classique du genre,  jeu très cours de récréation, céc'luikildikiyé : n'ayant rien trouvé à rétorquer donc, le scripteur (comme il dit) va retourner son péremptoire à l'expéditeur.  La syntaxe est toujours aussi exotique avec ce comme il en existe tant d'autres tout à fait incongru après rouspéter. Si j'ai bien compris militante est une insulte et les ennemis faciles sont ceux auxquels nos cyniques(?) ne s'attaquent pas.

Mais le plus marrant est l'entame Cher ancien principal, cher militant PS (ça doit être les injures suprêmes) suivi d'un je remarque combien vous laissez de traces sur de nombreux sites.

En effet, ces Charpini et Brancato* du ouèbe sont non seulement de parfaits anonymes, mais revendiquent cet anonymat. « Déclarer un soupçon d'état civil, c'est immanquablement mobiliser chez l'autre une curiosité policière à la catégorie, au classement de ce nom (et cette enquête est facilitée par les trahisons fortuites de l'anonyme sur Internet, permises par l'efficacité de l'indexation des moteurs de recherche). » Comme on le voit, la curiosité policière s'est immédiatement révélée. 

Ce nouvel échantillon de prose charabiatesque avec cette curiosité à la catégorie, ces trahisons fortuites est au milieu d'un fatras de phrases où l'on a l'impression d'une insurmontable logorrhée où des mots s'additionnent aux autres dans un assemblage hasardeux. Deux extraits seulement (mais cette prose s'étale sur des pages) : « L'arme discursive du pouvoir légitime, du langage de l'intimidation comme émanation des corps de pouvoirs institués, est de se situer, et donc de rappeler l'autre à sa position dans l'échelle sociale en tant qu'il ne peut être habilité à avoir le dernier mot. Sa manifestation même, comminatoire, confère à son locuteur une commodité en ce qu'elle prévient son interlocuteur du risque de réplique à son égard. Elle est une façon inquiétante de couper court aux virtualités du langage.
Par ailleurs - et le propos s'attachera particulièrement aux échanges ayant lieu sur Internet - chercher à situer un protagoniste (et, à l'occasion, tenter de l'immobiliser par superbe, en portant atteinte à son désir de discrétion par exemple), peut également prendre la forme d'une demande de position envers le locuteur anonyme et, au premier chef, le critique anonyme (sorte d'avatar intellectuel de l'alcoolique anonyme). »

Si j'ai bien compris, nos arrogants vendéens dissidents - courageux anonymes, pourfendeurs de non moins anonymes bocains, bourgeois et autres spécimens de la Vendée ou la France moisies, ennemis ô combien redoutables - ont tenté de m'immobiliser par superbe ! Mais comme ils ne sont pas tout-à-fait sûr de cette arme(?), ils bloquent (adresse IP) tout accès à leur site à ceux qui, comme moi, ont osé émettre des critiques : bornés et fiers de l'être.


Ils peuvent séduire ceux qui confondent profond et creux !

 

* Charpini, un fantaisiste aux dons vocaux exceptionnels, forme avec le pianiste et ténor Antoine Brancato un duo irrésistible, dans l'entre-deux guerres. Ils parodient les grands airs du répertoire lyrique en les ponctuant de reparties cinglantes ou cocasses. Un aperçu : http://www.youtube.com/watch?v=YUKUc5n5Vf8

 

P.S. (qui n'a rien à voir) Fillon (le larbin) et Lefebvre (le pitbull) s'en prennent à Ségolène Royal avec une spontanéité évidente : elle manque de sang-froid dit l'un, elle perd ses nerfs enchérit l'autre. Il est vrai que question sang-froid, notre Ouf 1er qui ne décolère pas contre les uns (1er ministre compris) et les autres (personnel de FR3, Carolis, etc.) est, en quelque sorte, le maître étalon de la perte quasi permanente de la maîtrise de soi. S. Royal a encore beaucoup de progrès à faire pour descendre aussi bas. A noter aussi, l'attaque d'Estrosi à propos d'une réponse faite à un journaliste (quasi mot pour mot celle de Guéant, le majordome de l'Élysée, à la télé) par la même Royal : les autorités françaises n'ont joué aucun rôle dans l'action qui a permis de libérer Ingrid Betancourt. Notre motodidacte, bac -5, comme le surnomment ses amis de l'UMP, a situé son humanité au niveau du bigorneau : un spécialiste, lui dont le QI est celui d'une méduse ! Et l'ineffable Lang aurait été bien inspiré de vérifier le contexte de la phrase avant de se livrer à une attaque aussi gratuite qu'inélégante.

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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 15:54

En guise de consolation après les déprimantes prestations de notre équipe nationale de foot (qui se concluent par la guignolesque demande en mariage du sélectionneur à son Estelle), posons-nous la grave question : les prières de Ribéry ont-elles leur place dans un stade ?

En effet, ce brave garçon, avant chaque match, implore les dieux du stade (en vain semble-t-il, puisqu'hier soir les dieux furent cruels à son égard) : « il se livre ostensiblement à une longue prière, les paumes de la main vers le ciel. » commente un laïciste vigilant.

Car figurez-vous - horresco referens -  notre international ch'ti aurait viré musulman et se ferait appeler Bilal, comme le génial dessinateur. Et il ne serait pas le seul : Abidal (oui, l'abominable défenseur qui nous coûta un penalty et d'être réduit à dix) et Anelka qui serait Hadj pour avoir péleriné à La Mecque, aussi.

Certes, reconnaît notre éminence du laïcisme, d'autres joueurs font un signe de croix en entrant sur le terrain mais de manière furtive « ce qui est déjà moins irritant par la pudeur discrète dont le geste se pare. » Oh ! qu'en termes choisis, ces choses là sont dites !

 

D'un côté donc notre beur blanc fait dans l'ostensible, pour ne pas dire l'ostentatoire. De l'autre, des collègues à la pudeur discrète. Et figurez-vous que ce geste - celui de Ribéry bien sûr - que dis-je cette gestuelle porte atteinte à l'espace public, pas moins ! Et dans un tacle glissé qui mériterait peut-être le carton jaune, l'auteur d'ostensible en gestuelle parle de prosélytisme.

Ces signes de croix, ces paumes tendues, ces baisers à un anneau sans doute béni, tous ces signes superstitieux sont justes ridicules.

 

Les néo-zélandais, qui contrairement aux australiens n'ont pas massacré pratiquement tous leurs indigènes, égaient de bras d'honneur rythmés tous les avant-matchs de rugby auxquels ils participent. Ces « hakas » ont sans doute un fond religieux dont tout le monde se bat les flancs, à commencer par les rugbymen tout en noir.

 

Alors que Ribéry se mette à quatre pattes si ça le chante, qu'il fasse la danse du scalp si ça le déstresse, mais qu'au prochain coup il marque ou fasse marquer des buts ! Et que les laïcistes bornés (pléonasme) laissent les païens que nous sommes avec leurs idoles du stade qu'ils piétineront amèrement si la victoire ne suit pas. Vae Victis !

 

N.B. Le petit gif animé, tiré d'un blog intitulé Bilal-Ribery, donne la durée de cette ostentatoire prière : environ dix secondes.

 

Pour compléter, j'ai retrouvé un haka de derrière les fagots :

 

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 15:22

Le non l'emporte chez les Irlandais.

De quoi réjouir les pseudos rrrépublicains laïcistes et d'autres qui pourfendent la mondialisation ultra-libérale.
Sauf que, alors que les laïcistes voyaient du clérical partout dans le TCE comme dans le traité de Lisbonne, les nonistes  irlandais y détectaient l'irruption mécréante de l'avortement criminel sur leur île ! une bigote du coin allant même jusqu'à affirmer que la diabolique Europe allait imposer l'enfant unique, comme en Chine ! Des arguments que ne dénierait pas notre vicomte du Puy-du-Fou, mais qui agréeraient aussi à de prétendus laïcs ?

Quand aux alter-mondialistes de tout poil, vont-ils applaudir les champions européens du dumping fiscal et social, adeptes du libéralisme pur et dur (mais qui se sont cependant gavés de subventions européennes).

Le Royaume-Uni se réjouira : l'Europe, à terme, ne sera plus qu'une vaste zone de libre-échange. Sera enterrée, la plus belle idée née aux lendemains d'une seconde guerre mondiale qui déchirait et ravageait pour la deuxième fois ce continent.

La balkanisation avenir de l'Europe ?

Pour compléter par un avis plus modéré et plus autorisé : une tribune de Jacques Delors Rebondir après le non irlandais

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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 20:55
Les Corbeaux, Lavrate (fond G. B.)

Salut et fraternité,

Fils, petit-fils et arrière, je suis en possession d'une trentaine de cartes postales (le patrimoine familial) datant du début du siècle dernier, parues dans Le Corbeau, dans L'assiette au beurre et autres revues de la même eau. Je suis disposé à les mettre à ta disposition pour publication (après retouche car elles ont jauni avec les ans). A la condition qu'elles me reviennent.

Nous sommes mercredi (le jour du Canard), je pars demain matin [...]
Affaire à suivre.
Amitiés, GB.

 

Tel est le message reçu à la suite de la mise en ligne de l'article sur L'assiette au beurre.

Et dès jeudi, je recevais une bonne quarantaine de cartes postales datant du début du XXe siècle.

 


Huit d'entre elles ont été éditées par René Godfroy, venu à l'anticléricalisme au moment de l'Affaire Dreyfus. En 1905, il réimprime des dessins de Lavrate, collaborateur du Monde Plaisant, mort en 1888. Lavrate, contrairement à beaucoup de ses collègues caricaturistes, ne vise pas le Jésuite, symbole du cléricalisme, mais s'en prend à tout un clergé viveur et paillard, dans la veine rabelaisienne (souvenons-nous de Frère Jean des Entommeures qui préférait le service du vin au service divin). Il s'en prend même aux « saintes écritures » avec une Bible pour rire.

 

 

 

Mais, l'essentiel de ce fond, dû à un grand-père Franc-maçon, est formé de cartes postales éditées par Les Corbeaux, revue qui paraît en France en Avril 1905, mais qui était née en Belgique l'année précédente.

 

 

La rédaction sera formée de libres penseurs militants. Non content de publier son hebdomadaire, son fondateur, Didier Dubucq, édite aussi 150 cartes postales pendant les cinq années de parution. « A partir d'octobre 1907, les cartes postales présentées comme "les plus pétaradantes, les plus rigouillardes, les plus catapulteuses, les plus époilantes et les plus pharamineuses" sont vendues par séries de 12, 24 ou 42 voire 64 unités. » (Guillaume Doizy)

 

 

Reste deux cartes - sans aucune mention d'édition. L'une, signée lbille, intitulée Le schisme et datée de 1906 semble représenter le petit père Combes, agenouillé, pour recevoir une mitre papale (d'inspiration gauloise), Aristide Briand tenant les deux pans de la queue de pie. L'autre signée Les XX - intitulée La Religion Nouvelle en France présente aussi la séparation de l'église et de l'état comme un schisme qui substituerait au pape le Veau d'or, symbolisé par une tête de veau sur le front duquel s'inscrit RF .'., qui signifie République Française Franc-Maçonne. Elle peut être d'inspiration anarchiste (Jossot et Grandjouan, dans l'Assiette au beurre, sont assez critiques avec les Francs-maçons) ou socialiste, la lutte anti-cléricale détournant la classe ouvrière du combat contre les patrons. Mais la présence de cette carte postales chez le grand-père Franc-maçon peut surprendre.

 

NB Un des dessins fait allusion aux petits « papiers de Montagnini » : ce Montagnini était secrétaire de la nonciature à Paris ; il fut accusé par Clemenceau d'avoir inspiré les sermons séditieux de trois curés parisiens ; après sa fuite, on saisit les documents : les fameux « papiers de Montagnini ».

Le petit montage ci-dessous (accompagné par soeur Sourire) donne un échantillon de ce fond. Son intégralité est sur l'
album
 

 

 

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19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 20:17

 

L'ASSIETTE AU BEURRE (1901-1912), parfois qualifiée de "brûlot anarchiste", anti sabre et anti goupillon, mais aussi anticolonialiste, illustre ici la fin du concordat, c'est-à-dire la séparation de l'église et de l'état (loi de 1905) dans un esprit très bouffeurs de curés, puis les difficultés des "inventaires" où aristocrates et clergé mobilisent un paysannat soumis pour faire échec aux représentants de la République.

 

Le concordat - qui survit en Alsace et Moselle - faisait des ministres des cultes (catholique, protestant et juif) des salariés de l'état. Pour l'Assiette au beurre sa rupture devait aboutir à priver le clergé de ressources. Ainsi l'évêque qui sent le tapis glisser sous ses pieds s'écrie « Je voudrais bien être sénateur inamovible » ; les curés se heurtent à un guichet fermé où le fonctionnaire ironique leur dit « Désormais c'est au ciel qu'il faudra vous adresser, messieurs les curés » ; dorénavant « chacun paiera son culte ». Les envoyés à Rome reviennent déconfits et sac vide : Le Saint-Père leur a dit textuellement : « Mon cher fils, je reçois de l'argent, mais je n'en donne pas. Payez-vous sur la bête ... c'est-à-dire sur les fidèles. »

 

 « L'eau bénite est hors de prix » confie une paroissienne à sa voisine. Deux amoureux, surpris dans les champs par le curé, se voient proposer « au rabais » « deux absolutions et un baptême » pour 15 francs. Un évêque sollicite une place de « sous inspecteur des monuments historiques ». Un curé ouvre une agence matrimoniale où il essaie de placer un « ancien enfant de cœur (sic) ». Un autre « régénéré par le travail » se voit accueilli par une bienveillante républicaine, symbolisant la République, qui lui dit « entre, maintenant que tu es devenu un homme ».  Les habitants des villes et des villages s'approprient les églises « bien de la nation ». Enfin un défilé de « croyants » de toute espèce (y compris francs maçons) illustre cette pensée : « Hors des églises, point de salauds » (pensée, au demeurant, bien optimiste, hélas). L'Assiette au beurre se situe là, dans l'optique de ceux, qui contrairement à Aristide Briand, voyait dans la loi de 1905 une étape dans l'éradication de tous les cultes.

 

La deuxième partie est beaucoup moins optimiste, mais décrit assez bien le climat des inventaires des biens des églises en 1906. « Poussez ma sœur, c'est pour la bonne cause », encourage le curé qui fait bloquer la porte de l'église. Quand, d'aventure, l'inventaire est fait, on s'aperçoit qu'en vil plomb l'or s'est transformé. Le curé en chair et en chaire fait croire à ses paroissiens que leurs biens sont menacés. Une troupe de paysans armés de fourches monte la garde nuitamment, tandis qu'une femme se glisse dans l'église pour « consoler » le curé. Une matrone imposante au milieu d'un groupe peu amène proclame : «Pour toucher au Bon Dieu, il faudra nous passer sur le corps ! ». Un marquis, en jugement entre deux gendarmes, se voit apporter une chemise propre par son valet de chambre. Quant à l'officier qui commande la troupe chargée de faire ouvrir l'église, il déclare : « Je ne veux pas enfoncer le portail d'une église où se trouve le Saint Sacrement. Je n'ai jamais enfoncé que les portes de la Bourse du Travail ! ».  Un gras évêque lit une protestation à un préfet à terre qu'il tient sous son pied. Mais la planche qui décrit sans doute le mieux le climat de ces inventaires est celle intitulée «Un nouveau sport » où l'on voit des aristocrates observer de loin leurs paysans, avec cette légende : « Avec les paysans comme rabatteurs chacun peut s'offrir avec des invités une jolie chasse au sous-préfet ! ».

La plupart de ces planches ont été mises en ligne par Mme Tiphaine Le Yoncourt, professeur à l'Université de Rennes 1, mais on peut trouver un très large échantillon des productions de l'Assiette au beurre sur http://www.assietteaubeurre.org/.

A la même époque on trouve "A bas la calotte" ou "Les Corbeaux" plus spécialisés, comme leurs titres l'indiquent (on trouvera un petit montage de leurs planches à la fin de l'article sur Aristide Briand).

 

Le petit montage qui suit est une introduction à la page de planches de l'Assiette au beurre (cf sur la colonne de droite "Albums photos" où vous trouverez  les planches et leurs légendes)

 

Ce montage reprend quelques dessins de Jossot*, un anarchiste qui moque les Francs-Maçons...

*L'anarchiste va virer musulman pendant une bonne quinzaine d'années

 

 

 

 

 

 

 

Musique de Mozart (La flûte enchantée)

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L'Assiette au beurre
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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 15:39

 

 Pour ceux qui n’auraient pas encore compris où je me situe, cette citation issue d’un torche-cul virtuel intitulé « Riposte laïque » : « Faudrait-il aller jusqu’à applaudir l’ineffable pape de la laïcité ouverte, Baubérot*, qui, dans « Le Monde » gémit que Sarkozy va trop loin, et remet en cause la laïcité ? Pourtant, Baubérot fut le seul membre de la commission Stasi à avoir voté contre une loi contre les signes religieux à l’école. Il a condamné les dessinateurs danois, et ceux qui, en France, soutenaient les caricatures du prophète, au nom de la liberté d’expression.

Ce sont pourtant les Baubérot et consorts qui ont préparé la « laïcité positive » de Nicolas Sarkozy. Elle n’est que le prolongement de la laïcité « ouverte », « dynamique », « moderne » « apaisée », « rénovée », que plein d’associations dites de gauche, comme le Mrap, la LDH, la Ligue de l’Enseignement, la FCPE, les Verts, la LCR, le PCF, de nombreux élus socialistes et bien d’autres ont mise en avant, depuis plus de vingt ans ».

 

Tout y est ou presque : attaque ad hominem, d’abord. Il faut défendre farouchement la liberté d’expression, sauf pour Baubérot qui n’a d’ailleurs pas voté contre (non pas la loi, c’est le parlement qui la vote, mais la proposition de faire une loi de la commission Stasi) mais s’est abstenu (lâchement commenteront les amis de ces forcenés). Il n’a pas, sauf preuves contraires, condamné quoi que ce soit, mais il lui fut reproché, à propos de Redecker (au fait qui a encore entendu parler de ce faux martyr) d’avoir appliqué le précepte attribué à Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » Ce qu’il a écrit dans Le Monde est-il juste ou pas, nul ne le saura : il gémit

 

La suite est encore plus croustillante : « ce sont les Baubérot et consorts » qui sont finalement complices de notre chanoine du Latran. Suivent quelques adjectifs dont on ignore qui les a émis. Et la liste des consorts est finalement flatteuse pour l’horrible Baubérot puisque on y trouve la Ligue des Droits de l’Homme** (née en 1898 avec l’affaire Dreyfus) et la Ligue de l’enseignement créée en 1866 et qui se battait pour une école gratuite, obligatoire et laïque !

 

S’il fallait choisir, on aura compris que je me trouve infiniment mieux du côté de ces consorts que de celui de ces soi-disant laïcs qui, par leurs outrances délibérées, font le jeu de ceux qu’ils feignent de combattre (les grands Républicains plumes du nabot : Guaino et Gallo).

Non, cette prétendue laïcité n’a rien à voir avec celle d’un Aristide Briand, le maître d’œuvre de la loi de 1905.

 

* Dans une discussion un peu tendue avec un ami de presque 40 ans, celui-ci n’hésita pas à qualifier Baubérot d’intégriste : provocation peut-être, mais quand même indice d’une certaine incapacité à passer de l’anathème à l’argumentation : je fréquente le blog de « l’intégriste » et n’hésite pas à y mettre quelques commentaires, que je crois, à tort ou à raison, argumentés.  J’ai reçu (et fait suivre) les commentaires de la LDH sur le discours du chanoine de Latran : j’attends que l’on m’explique en quoi ils sont complaisants. Sur ce blog, j’ai exprimé tout le mal que je pensais des propos de notre Ouf 1er, pour autant je n’adhère pas à la nouvelle « croisade » anti-voile que certain(e)s faux(sses) laïques sont en train de fomenter (voir Sus à la Halde).

**
En ce début d’année 2008, c’est d’abord aux instituteurs de la République que la Ligue des droits de l’Homme tient à adresser ses vœux les plus solidaires. A ces instituteurs que le Président de la République, inconscient des devoirs de sa charge, a insultés dans l’homélie qu’il a prononcée le 20 décembre dernier comme « chanoine du Latran ».

Selon Nicolas Sarkozy, « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance ».

Le monde est plein de « fous de Dieu » qui, portés par une « espérance » délirante, poussent leur « engagement » jusqu’à « la radicalité du sacrifice de leur vie »… et de centaines d’autres vies innocentes. Le tout au nom de « la différence entre le bien et le mal » et de la purification des âmes.

Qu’en tant qu’individu Monsieur Sarkozy mette ces valeurs au pinacle n’est qu’un signe de plus de son ancrage, derrière l’agitation d’une communication « décomplexée », dans les valeurs les plus traditionalistes de la société française.

Mais qu’en tant que Président de la République française il mette le curé au-dessus de l’instituteur comme responsable de « la transmission des valeurs », qu’il ignore à ce point ce que sont précisément les valeurs de la République qu’il est censé représenter, témoigne de l’ampleur de la crise politique et morale qu’aggrave son exercice de la fonction présidentielle.

L’article 1er de la Constitution définit la République française comme « laïque, démocratique et sociale ».

« Laïque », elle refuse le mélange entre convictions religieuses et exercice des responsabilités politiques.

« Démocratique », elle refuse la concentration des pouvoirs entre les mains d’un « Président-Soleil » entouré de « collaborateurs » et de courtisans.

« Sociale », elle refuse la juxtaposition d’un « bouclier fiscal » pour les plus riches et de la régression du « bouclier social » pour les plus pauvres.

Ce n’est pas seulement dans les jets privés, les yachts et au « Fouquet’s » que s’étale le mépris des privilégiés pour cette fameuse « France qui se lève tôt ». C’est aussi dans le cynisme avec lequel sont foulées aux pieds, jour après jour, les valeurs républicaines.

La LDH salue donc d’abord, aujourd’hui, ces instituteurs qui, à ses yeux, restent les mieux à même de transmettre le respect des valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité et de solidarité. Et elle souhaite que 2008 donne à tous les Français plus d’occasions qu’en 2007 de retrouver, face au spectacle que donne la représentation politique, confiance en l’avenir de la République.

Paris, le 3 janvier

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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 18:04

Une amie me dit qu’Henri Pena Ruiz, le philosophe attitré de la laïcité, allait sortir une Lettre ouverte à Sarko sur ses latraneries soit dans Le Monde, soit dans Le Figaro. Pas de Pena Ruiz ! Mais des lectures édifiantes.

Sphères publique et privée : Sarkozy abolit la distinction, tel était le titre d’un article du Figaro. Son rédacteur allait-il dénoncer cette pipolisation dégradante de la fonction présidentielle où le nabot s’affiche avec sa favorite à Dysneyland, embarque le comique ( ?) le plus vulgaire à Rome avant, tout neuf chanoine, de prononcer le pitoyable discours de Latran ! Mais non, justement, c’était à la gloire du dit discours qui mettait fin à « Cette distinction française sphère publique/sphère privée » et pour se féliciter de «  La reconnaissance que la mise en œuvre de la laïcité avait provoqué des «souffrances» est un tournant majeur dans la relecture de l'histoire de la République ».

Le Figaro

Il ne s'agit pas de "relecture" mais de réécriture. Je l’ai dit, plus bas, la loi de 1905 a été voulu par son maître d'oeuvre, Aristide Briand, comme une loi d'apaisement. C'est Rome, contre l'avis de beaucoup de prélats français, qui va se lancer dans un conflit avec la République.

La distinction entre public et privé est uniquement juridique, avec la Loi de 1905, les églises relèvent du droit privé et non plus du droit public. La réserve, laïque celle-là, demandée aux représentants de l’état, ne s'applique pas aux citoyens de base qui peuvent exprimer leurs convictions à condition de ne pas nuire à l'ordre public. Cette réserve marque que l'état est garant de la liberté de conscience de ceux qui croient au ciel et de ceux qui n'y croient pas. C'est cela que M. Sarkozy vient de bafouer.

 

Puis je tombe sur une opinion de François Bayrou : « Sarkozy remet en cause la laïcité républicaine » dont voici quelques extraits.

Quand on a besoin d'un adjectif, c'est qu'on veut changer le sens du mot.

S'exprimant comme président de la République, il [Sarkozy] introduit la notion de «racines essentiellement chrétiennes» de la France, oubliant le grand mouvement d'émancipation des Lumières. Il affirme que la République a «intérêt» à compter beaucoup de croyants. Il demande aux religions, toujours dans «l'intérêt» de la République, de fonder la morale du pays. C'est le retour, qu'on croyait impossible en France, du mélange des genres entre l'État et la religion.

La République n'a pas à sous-traiter l'espérance aux religions. La République est en charge de réaliser un monde meilleur, et pas d'inviter à l'attendre. Cette conception sociologique de la religion, fournissant «l'espérance» qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies, on croyait qu'elle était loin derrière nous ! Ce n'est pas autre chose que «l'opium du peuple» que dénonçait Marx. C'est un leitmotiv chez Nicolas Sarkozy, notamment quand il a parlé des bienfaits de la présence de l'islam pour pacifier les banlieues.

Quand Nicolas Sarkozy dit que «jamais l'instituteur ne pourra remplacer le pasteur ou le curé» dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, parce qu'il lui «manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance», il exprime exactement le contraire du message de Jules Ferry. La morale de l'instituteur n'est pas inférieure à celle du prêtre.

C'est un paradoxe troublant que celui d'un pouvoir qui affiche chaque fois qu'il le peut sa complaisance avec le matérialisme financier et, en même temps, souhaite faire de la religion une autorité dans l'espace public.

Le Figaro 26/12/07

 

 

Et c’est l’ineffable Raffarin qui tente, dans son style si particulier (que celui qui comprend ce qu’il a voulu dire par cette laïcité partagée qui doit servir de grammaire entre les religions m’envoie vite l’explication) de lui répondre.

Aujourd'hui, nous avons besoin de la laïcité partagée pour régler les relations entre religions et politique, mais aussi pour servir de grammaire entre les différentes religions, pour leur permettre de se parler dans l'espace public. Défendre la spécificité française en reprochant à Nicolas Sarkozy ses références aux racines chrétiennes de la France, comme le fait François Bayrou, c'est nier la réalité. En cette période de Noël, que voit-on ? Des Français qui, partout, célèbrent une fête religieuse, familiale et sociale. Au débat passéiste entre «la morale laïque» et «la religion civile», telle que la définissait Rousseau, je préfère le concept d'«éthique antérieure» de Paul Ricœur, car les religions sont, en amont, des sources pour les normes de la morale publique.

Je pense que l'apostasie n'est pas une force de progrès dans nos sociétés.

Le Figaro

J’ai alors glissé ce petit commentaire : "Que M. Raffarin, citant Paul Ricœur, veuille placer les religions en amont d'une "morale publique" est une conception historico-philosophique qui demanderait à être étayée. Qu'il nous resserve les "racines chrétiennes" (plantées sans doute dans une "terre qui ne ment pas"), pourquoi pas, sauf qu'il n'a pas lu Bayrou qui rappelle que le siècle des lumières fait aussi parti de notre histoire. Quant au carcan historique où serait enfermée la laïcité, cela relève de l'affirmation pas de l'argumentation.
Mais qu'a-t-il bien voulu dire avec cette phrase : "Je pense que l'apostasie n'est pas une force de progrès dans nos sociétés." ? L'apostasie, au sens large, si j'en crois le Trésor de la Langue Française, voulant dire "Trahison, reniement, abandon d'une doctrine, d'un parti, etc." veut-il par cette phrase sibylline condamner Kouchner, Bockel, Jouyet et les autres ? peu probable... Considèrerait-il agnostiques ou athées affirmés comme des apostats ? c'est à craindre."

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22 décembre 2007 6 22 /12 /décembre /2007 22:53

Jour après jour, trait après trait – bien sûr l’épisode Mickey conforte ce point de vue – l’impression que le président qu’a élu une majorité de français n’est qu’un gosse capricieux (menteur, m’as-tu-vu, sans gêne, vulgaire etc.) se conforte.

Yasmina Reda (à ne pas confondre avec la girouette qui attaque la venue du pitre libyen un jour, pour la justifier le lendemain), l’écrivaine qui a suivi le nabot tout au long de sa campagne, nous rappelait :

 «N’avait-il pas dit, je partirai en retraite quelques jours, me reposer, méditer. Il faut du calme et de la sérénité pour prendre la distance nécessaire. Si proche des moines et des cathédrales, ne s’était-il pas enorgueilli de quelque subite transfiguration ? N’avait-il pas dit, j’irai dans une abbaye, ou dans la solitude d’une maison amie, réfléchir à l’ampleur de la tâche ? C’est dévorant des langoustes en famille sur un yacht de soixante mètres, au large de Malte, qu’on le trouvera » au lendemain de son élection.

Yasmina Reda

 

Le gamin capricieux  dans toute sa splendeur se révèle lors d’un conseil des ministres-gadget en Corse :

 

Langouste.jpg

Caprices, ce n'est pas fini

Sarkozy n’a jamais été un gastronome, mais il a des caprices. La veille du conseil des ministres qu’il a récemment délocalisé le 31 octobre dernier à Ajaccio, il est pris d’une envie de langouste digne d’une femme prégnante. Il lui faut des langoustes, beaucoup de langoustes pour lui, pour ses ministres et pour ses grands vassaux corses. Les services de la présidence sont chargés de mettre en œuvre ce grand dessin. Ils choisissent un restaurant, Chez Jeanjean, près du port. Mais Jeanjean a pris des vacances et se trouve à Paris. On lui enjoint de renter dare-dare. Très vite, une difficulté apparaît. Elle est de taille : la pêche à la langouste est interdite en Méditerranée en cette saison. Le président balaie cette objection d’un revers de main : il trépigne, il veut des langoustes, point barre. Les affaires maritimes accordent alors une dérogation à quelques pêcheurs pour leur permettre d’enfreindre la réglementation en toute sécurité. Mais le monde est plein de jaloux. On ne sait pas exactement qui a balancé, peut-être un notable furieux de n’avoir pas été invité à cette langouste-party, mais l’affaire s’ébruite. Elle menace de virer au scandale écolo. L’Elysée prend les devants. Sans se démonter, il publie une mise au point affirmant que les langoustes venaient de Brest!

François Caviglioli  (confidentielles Nel Obs)

 

On atteint les sommets du ridicule égocentré dans cette déclaration à Rome du tout neuf « chanoine du Latran » devant un parterre de cardinaux et séminaristes ; bientôt nous allons apprendre que sa vocation présidentielle répondait à un appel divin :


Moi-même

"On n'est pas prêtre à moitié. Croyez bien qu'on n'est pas non plus président à moitié. Je comprends les sacrifices que vous faites pour répondre à votre vocation parce que moi-même, je sais ceux que j'ai faits pour réaliser la mienne!"

 papesarko.jpg

Ce discours du Latran est, plus gravement, un exemple de contre-vérités soufflées par des faussaires de l’histoire, Guaino et Gallo. Ainsi apprend-on que les « racines » (ça sent déjà un « la terre ne ment pas ») de la France sont essentiellement chrétiennes – un christianisme d’ailleurs confondu avec le catholicisme – oubliant Voltaire, Diderot, et quelques autres, en bref tout ce qui a été baptisé « siècle des lumières » qui n’a pas beaucoup éclairé ni lui-même, ni ses nègres.

 

Plus fort encore, la loi de 1905, dont le maître d’œuvre, Aristide Briand, a voulu faire (et a fait) une loi de concorde a été violemment rejetée par le pape de l’époque, l’ineffable Pie X, sauf erreur, dont vous pouvez lire et relire des extraits de son catéchisme plus bas, appuyé par le brûlot qu’était La Croix de l’époque qui suintait l’antisémitisme. Gallo – ex Chevénementiste forcené et logorrhéïque écrivain, pseudo historien -  lui fait évoquer les « souffrances de l’église », alors que Clemenceau, surnommé pourtant le 1er flic de France, avait clairement indiqué que l’inventaire des biens des églises ne valait pas mort d’homme ! Rappelons aussi que la loi de 1905 fut complétée par la loi du 2 janvier 1907, dont le but était, selon Briand son rapporteur, « de faire une législation telle que, quoi que fasse Rome, il lui soit impossible de sortir de la légalité », de « mettre l’Eglise catholique dans l’impossibilité, même quand elle le désirerait d’une volonté tenace, de sortir de la légalité ». De quel côté est la volonté d’apaisement ?

Cela tourne au délire calotin – dans lequel d’ailleurs beaucoup de catholiques ne se retouveront pas – quand notre chanoine affirme, avec tout l’aplomb qui le caractérise : « La désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparition des patronages, la pénurie de prêtres, n’ont pas rendu les Français plus heureux.» (Qu’en a pensé Bigard, au fait l’anneau papal n’était pas trop gras après qu’il l’a eu baisé ?)

Quant à sa conception de la laïcité – soufflée par des plumes Républicaines -  une « laïcité positive » placée sur le même plan que le « baptême de Clovis », avec une « morale laïque » soupçonnée de dérive fanatique, elle est totalement étrangère à la laïcité qui n’a pas besoin d’adjectifs (voir les passages quasi délirants comparant le prête et le pasteur à l’instituteur, voir aussi plus haut Moi-même).

  Sur le même sujet voir : http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/archive/2007/12/22/le-chanoine-sarkozy-et-la-religion-civile-a-la-francaise.html

Pour compléter :

Nicolas Sarkozy a montré qu'il voulait sortir des protocoles. Il est en train de désacraliser la fonction présidentielle. Je ne suis pas sûr que les Français en aient vraiment envie et je ne suis pas sûr qu'il puisse revenir en arrière. Sa communication risque d'avoir des limites quand il va tomber sur des sujets qui ne relèvent plus d'un livre d'images François Jost

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-992628@51-984702,0.html

 

 

C’est un homme intelligent qui réfléchit peu. L’idée est de se montrer beaucoup : «Regardez-moi, je travaille pour vous et je fais énormement de choses pour vous.» On a été légèrement imprudent en l’élisant mais en France on a toujours le sentiment qu’on peut à un moment opposer un refus brutal. Pour l’instant, il distrait les soirées d’hiver. Claude Chabrol

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/298974.FR.php

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14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 22:23

moinesnonnesabbes.gifEssai de synthèse hardie entre le dernier article (catéchismes) et  l'hommage à l'exposition sur l'enfer de la bibliothèque nationale.

Les dessins et gravures mettant en scène les membres du clergé (abbés, nonnes, moines) circulent en abondance dès le XVIIIe siècle : abbés lbertins, moines paillards, nonnes luxurieuses...


Un montage vidéo - avec musique de Haendel - donne quelques spécimens de cette production artistique qui se poursuivra au XIX e et XXe siècles.

 

 

 

 

 

 

 

 

  C'est  « dans l'épectase de l'Apôtre que le Cardinal Daniélou est allé à la rencontre du Dieu Vivant ».
Mai 1974 communiqué officiel de L'église catholique


  

   

 

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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 18:35

Lu dans une des « newsletter » prétendument laïque : « le viol de la laïcité que constituait le voile à l’école ». Cet hyperbolique viol interroge. Si le voil(e) appelle le viol par inversion de lettres, il n’en est pas moins incongru de faire d’un voile l’agent d’un viol. Surtout, ce vocabulaire sexuel trahit chez l’anonyme auteur quelque perturbation psychologique.

 

Dans cette même « newsletter », j’ai été intrigué par un titre : « Une nouvelle astuce pour faire remonter la note des élèves ». Vérification faite, il s’agit d’une prof de lettres modernes qui s’en prend à la note dite de « vie scolaire ». Beaucoup de chefs d’établissement (et certainement le sien) mettent un 20 systématique. Mais, horreur !, ce faisant, ils remontent la moyenne au Brevet (pour les débiles qui n’auraient pas compris, elle donne 4 exemples, un seul suffit : avec 6 en français, 7 en histoire-géo et 7 en maths,  et ce 20, le potache se tape 10 de moyenne, c’est un scandââââle !).  Elle prête donc à l’instaurateur de cette note – ô combien absurde, mais pour de tout autres raisons – Fillon, je crois, la volonté perverse de remonter une fantasmatique moyenne trimestrielle. Tout cela dans un style très SNALC : Quand […] vous entendrez que de plus en plus de jeunes –de milieux défavorisés, bien sûr car, et heureusement, il y a encore des parents qui savent distinguer les vessies des lanternes ! […] - sont à la dérive, qu’ « ils ne respectent plus rien », qu’ils n’ont « aucune notion de l’effort et du travail »… et avec ce qu’il faut d’amalgames pour faire bon poids. Nouvelle démonstration des connivences profondes entre laïcistes soi-disant républicains et anti-pédagos.

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