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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 22:20
Une nébuleuse d’associations pompes-à-phynances !

SOS Éducation visée par la Cour des comptes

En février 2011, j’avais commis un article sur une scandaleuse intervention du Président de l’époque dans une affaire criminelle et sur un une association intitulée Institut pour la Justice.

Une nébuleuse d’associations pompes-à-phynances !

La cour des comptes vient enfin de jeter un coup d’œil sur les comptes d’une association cousine, SOS Education. Elle pourrait étendre ses investigations à toute la nébuleuse.

Je reprends ici leur description faite en 2011.

Mais qu’est donc cet IPJ ?

  

En fait, cette officine s’inscrit dans toute une nébuleuse de prétendues associations dont l’activité première est la levée de fonds à l’étatsunienne, plus ou moins liées à une famille, la famille Laarman, dont la spécialité est le publipostage ou la location de fichiers d’adresses postales ou électroniques. Derrière la diversité apparente des buts, le même esprit (?) souffle.

- dénonciation de la charge fiscale : contribuables associés

- dénonciation de la pornographie : avenir de la culture

- dénonciation des régimes spéciaux de retraite : sauvegarde retraites

- dénonciation de l’IVG : droit de naitre

- dénonciation de prétendues dérives éducatives : SOS éducation


- dénonciation des charges des petites entreprise : le GEFI (mais il semble avoir fait long feu)

 

- dénonciation du laxisme Judiciaire : l’Institut pour la Justice.

Une nébuleuse d’associations pompes-à-phynances !

Un site, cocassement intitulé SOS justice, démonte le système de levée de fonds massive, à partir de l’exemple de SOS éducation*. Les frais de propagande et d’appels aux dons s’élevaient à 1,5 Millions d’euros en 2008 dont plus de la moitié en frais de timbres ! L’outil utilisé dans les courriers était le référendum-bidon à retourner avec un don, les pétitions sur un fait-divers provoquant l’émotion. Les cibles triées sur les fichiers de sociétés appartenant V. Laarman, impliqué dans ces associations. Le rendement serait de 2 € pour 1 € investi.

 

IPJ utilise, aussi, la méthode moins coûteuse de la « chaîne »  par courriel, puis de la relance a partir des adresses électroniques recueillies dans les pétitions ou des réponses à son « référendum ». Et il bénéficie de l’appui de « Nouveau détective », une feuille spécialisée dans les faits-divers sordides dont l’authenticité est souvent douteuse.

 

Il semble que derrière toutes ces associations pompes-à-phynances, il y ait TFP sigle qui ne met pas en avant le Travail, mais la Tradition, qui parle bien de Famille, pas de Patrie mais de Propriété. D’origine Brésilienne, elle a donné directement naissance à Droit de Naître et à Avenir de la culture. TFP pratique aussi le publipostage ciblé, avec, en prime de l’appel aux dons, une médaille miraculeuse de la vierge ! Elle fut considérée comme une secte en 1995.

Bien que l’église officielle se défie de TFP, son satellite Avenir de la culture comptait en 1997, dans son comité d’honneur, un Abbé Julien Bacon, un Mgr Guy d'Inguimbert (prélat domestique -sic- de Sa Sainteté), mais aussi Régine Pernoud, le Comte Olivier d’Ormesson, Michel Mohrt et René Huyghes de l’Académie, sans oublier quand même Raymond Gauvrit (président de Terre de Vendée).

Assez étonnamment, a priori, ce sont des « catholiques de tradition et engagés dans le combat contre la décadence » qui dénoncent ces associations au fonctionnement complètement opaque, mais aux finances considérables (SOS éducation aurait 5 M d’euros d’actifs nets, si l’on en croit SOS justice). Mais pour eux, elles pompent des fonds, qui auraient dû revenir à des associations plus orthodoxes. Ainsi Droit de naître, bien que proche de la sainte pensée du bienheureux Professeur Lejeune, leur semble se contenter d’actions symboliques et surtout se consacrer à lever des fonds pour pouvoir encore plus lancer des publipostages de levée de fonds…

Je concluais en 2011 qu’il était assez étonnant que toute cette nébuleuse, inspirée notamment par un certain Nemo, prétendument philosophe – mais l’appellation est très galvaudée qui qualifie Redecker, Maschino, Finkielkraut, Onfray, etc. – qui prônerait une pensée libertarienne, ne fasse pas l’objet d’une enquête approfondie sur l’utilisation des sommes fabuleuses qu’elle encaisse dans ses succursales.

* SOS éducation s'est distinguée, entre autres, par un appel à la délation des parents à l'encontre des instits qui n'utiliseraient pas la "méthode syllabique" d'apprentissage de la lecture.

On peut consulter ses comptes officiels : on y constate notamment qu'il est impossible de distinguer cotisations (donc membres) de dons, mais que vu la modestie de la ligne consacrée à l'achat de cartes annuelles (132€), le nombre d'adhérents doit aussi être très modeste.

 

Pour compléter Luc Cedelle : L'ultra-vérité sur SOS éducation

 

 

Le rapport de la cour des comptes

 

Image empruntée à France Inter

Image empruntée à France Inter

Ce vœu émis en 2011 a donc reçu un début de réalisation avec le rapport sur SOS Education de la Cour des Comptes. Un rapport qui confirme donc qu’on a affaire à une entreprise de détournement de dons, donc d’argent public par le biais des reçus fiscaux.

Il confirme tout ce que ce SOS Justice avait pointé. Alors que l’association s’est constitué un fichier de centaines de milliers de donateurs, seuls les "membres participants" (entre trois et sept personnes), qui versent une cotisation annuelle, sont convoqués aux assemblées générales et peuvent donc siéger au conseil d’administration et au bureau de l’association.

J’avais déjà noté ce type de fonctionnement avec une Ligue de défense des conducteurs qui ne recueillait que 90 € de cotisations contre largement plus d’1 million de dons.

Une nébuleuse d’associations pompes-à-phynances !

Les nombreux appels aux dons s’appuient sur un prétendu ‘référendum national’ appelant à réformer l’école ou sur des pétitions. Mais les rapporteurs notent que le référendum n’a jamais été exploité et, plus cocasse encore, que sur les 28 pétitions lancées seules 7 ont été envoyées à leurs destinataires. Vulgairement parlant, les donateurs se sont fait couillonner.

Evidemment ces dons ne restent pas inemployés. Nombreux retraits en espèces sans justificatifs, dépenses étrangères aux missions sociales affichées par l’association (restaurants, spectacles, taxi, chauffeur privé), prestataires jamais mis en concurrence… Les magistrats financiers constatent "des défaillances dans l’engagement des dépenses" avec une "gestion des frais" qui "se limite à une validation des factures". "Les rares informations diffusées dans les rapports d’activité ne permettent pas aux donateurs de connaitre précisément l’emploi qui est fait de leurs dons".  

L'or s'évapore

L’association a 3 millions de réserve, dont 230 000 euros de lingots et de pièces d’or achetés après la crise financière de 2008. Un coffre a été loué dans une agence bancaire pour conserver ce magot. Mais l’association a été incapable de préciser aux magistrats où se trouvaient 90 000 euros d’or absents du coffre. L’association étant déficitaire, sur le papier, le nombre d'employés a diminué (passant de douze à six), mais la masse salariale a augmenté : autrement dit les salaires ont, en moyenne, doublé pour les heureux restants ! S’y ajoutent dons et bourses accordés à des associations proches et des frais d’avocats somptueux.

Soutien à FILLON et copains avec BLANQUER

Cette association prédatrice, cerise sur son gâteau putride, s’est engagée dans la primaire de la droite, avec 90 000 € au bénéfice de Fillon : le plaidoyer de la présidente de SOS Education, en faveur du sarthois, est un condensé de droite rance. On notera que Jean-Michel Blanquer, juste nommé ministre de l'Education nationale, avait accordé un entretien  à l'association SOS Education qui vise « les pédagogistes et les syndicats », où il y exposait sa vision de l'éducation et ce qu'il comptait entreprendre au ministère. Entretien qui a mystérieusement disparu du site de l’association. En revanche, dans le Figaro, une lettre ouverte extatique lui était adressé.

Dernier point, et qui concerne toutes ses associations bidons qui se font du gras sur les dons des gogos, SOS Education, délivre un reçu fiscal à ses donateurs pour qu’ils bénéficient d’une déduction d’impôt de 66 %... contre l’avis du fisc qui considère depuis 2007 qu’elle n’en a plus le droit.

Ce n’est qu’un début : il serait temps que la cour des comptes s’attaque aux autres associations de cette nébuleuse, toutes plus ou moins liées à Vincent Laarman. Et à quelques autres qui se sont inspirées de ces méthodes… Temps aussi que le fisc fasse son boulot en récupérant l’argent détourné. Temps même que la justice soit saisie, car l’escroquerie est patente.

Sur le rapport de la cour des comptes je me suis largement inspiré de la synthèse de France inter : Les étranges pratiques de SOS Éducation pour récolter des dons épinglées par la Cour des comptes

ANNEXE : présentation du rapport

Association SOS Éducation

COUR DES COMPTES 29.10.2020

 Créée en 2001, SOS Éducation se présente comme « une association militante […] œuvrant en toute indépendance pour que l’école transmette à chaque enfant les savoirs fondamentaux et le goût de l’excellence ». Elle indique « être totalement transparente sur son financement » et « financée exclusivement par la générosité de ses membres ».
A l’issue de son contrôle et dans la limite de ses investigations et des informations disponibles, la Cour déclare que les dépenses de l’association sur les exercices 2013 à 2018 n’ont pas été conformes aux objectifs poursuivis par l’appel public à la générosité.

 Sur la période 2013-2018, les dons reçus par SOS Éducation se sont élevés en moyenne à 1,38 M€ par an, représentant 88 %, soit l’essentiel de ses ressources. Après avoir compté 60 000 donateurs et reçu 3 M€ de dons en 2008, l’association a connu, entre 2013 et 2018, une forte baisse du nombre de ses donateurs et du montant de la collecte, ce qui l’a conduit à enregistrer, à partir de 2014, des résultats déficitaires. Elle conserve toutefois des réserves supérieures à 3 M€ au 31 décembre 2018.

Lors de son contrôle, la Cour a constaté que :

  • les statuts de l’association organisent une gouvernance restreinte à un petit nombre de « membres participants » (entre trois et sept sur la période). Les donateurs et sympathisants (entre 40 000 et 80 000 selon l’association), dits « membres actifs », ne sont pas admis à participer aux assemblées générales, ni à siéger au conseil d’administration. Ils ne sont donc pas en mesure d’exercer un contrôle sur la gestion de l’association ;

  • l’activité principale de SOS Éducation consiste à diffuser de façon massive des publipostages par voie postale (près d’un million de courriers diffusés chaque année en moyenne entre 2013 et 2018) et électronique, qui incluent systématiquement un appel à don mentionnant l’avantage fiscal qui y est attaché. Or, en dehors de l’encaissement des dons, l’association donne très peu de suites opérationnelles à ses actions : plus de la moitié des publipostages envoyés sur la période contrôlée proposaient à leurs destinataires un « référendum national » pour l’école, mais aucun n’a fait l’objet d’une exploitation, de quelque nature qu’elle soit. 28 « pétitions » ont également été proposées, dont un quart seulement a été exploité. Il apparaît ainsi que, sous couvert d’une sensibilisation aux problèmes de l’école, les publipostages ont pour but principal, sinon unique, de collecter des dons ;

  • le compte d’emploi des ressources de l’association ne reflète pas la réalité de l’utilisation des dons. Les dépenses engagées pour les publipostages sont présentées dans le compte d’emploi comme relevant à hauteur de 85 % des missions sociales, alors qu’elles devraient en réalité être considérées comme des frais de collecte, représentant dès lors plus de la moitié des dons reçus ;

  • l’essentiel des opérations relatives à la diffusion des publipostages et à la collecte des dons a été délégué à des prestataires immuables, sans mise en concurrence, et dont plusieurs sont liés à SOS Éducation, ses fondateurs ou ses dirigeants ;

  • en dehors de l’envoi de publipostages, les actions conduites par SOS Éducation (rencontres avec des décideurs politiques, organisation de colloques et  conférences, ateliers de formation destinés aux enseignants, édition de livres, attributions de bourses au demeurant dans des conditions contestables) paraissent limitées ;

  • enfin, pendant la période contrôlée, une partie des moyens de l’association a été employée à des fins éloignées de ses missions sociales.

Ces constats conduisent la Cour à attester, en application des dispositions de l’article L. 143-2 du code des juridictions financières, de la non-conformité des dépenses engagées par l’association SOS Éducation au cours des exercices 2013 à 2018 aux objectifs poursuivis par l’appel public à la générosité.

 

RAPPORT COMPLET téléchargeable

Pour compléter :

 

Derrière SOS Education, le business de la santé naturelle

 

Enquête |

Après avoir lancé des associations utilisant des techniques marketing pour récolter des dons autour de l’éducation et de la justice, Vincent Laarman a créé une société spécialisée dans les conseils de santé "alternatifs". Enquête sur un parcours atypique, et des méthodes qui ne le sont pas moins.

Vincent Laarman, le fondateur de l’association SOS Éducation (dont la gestion des dons vient d’être épinglée par la Cour des comptes) et de l’Institut pour la justice est aujourd’hui à la tête d’un lucratif business autour de la santé naturelle, qui s’appuie sur une maison d’édition baptisée Santé Nature Innovation.  

"La méthode de Vincent Laarman est simple, résume la journaliste indépendante Clémence de Blasi. Il lance une association sur une cause qui émeut les gens, puis il fait signer des pétitions ouvrant ainsi la porte à d’autres sollicitations sur d’autres causes où l’on est fortement incité à faire des dons." 

 

[Il est inspiré par] son ancien professeur à l’École supérieure de commerce de Paris (ESCP) : Philippe Nemo, qui prône un système scolaire à la carte, indépendamment de l’État. Ce professeur de philosophie a publié en 1991 un ouvrage au titre choc : Pourquoi ont-ils tué Jules Ferry ? (Grasset, 1991). 

"Ce livre explique que l’objectif pensé, organisé, planifié de l’Éducation nationale depuis le départ est d’essayer de faire en sorte que les enfants soient le plus ignorants possibles, soutient Vincent Laarman à plusieurs de ses collaborateurs en juillet 2017. S’il y a des problèmes de discipline à l’école, si les enfants sont de plus en plus illettrés (…) ce n’est pas parce que l’Education nationale marche mal. C’est en fait parce qu’elle marche très bien ! Mieux elle marche plus les enfants deviennent violents et ignorants", explique Vincent Laarman qui a fait sienne cette analyse. 

Sur la justice aussi, l’homme a des idées bien arrêtées : "Le système judiciaire français est organisé pour favoriser la délinquance en France", affirme-t-il encore à ses collaborateurs lors de ce séminaire de formation. 

C’est ce que Vincent Laarman appelle "des idées contrariennes", qui vont à l’encontre du sens commun. 

Son deuxième inspirateur est son oncle François (décédé en 2009), créateur de l’association très anti impôts Contribuables associés et soutien du très libéral think tank IFRAP. François Laarman initie son neveu au concept d’"associations entreprises" organisées en réseaux et aux techniques de marketing direct utilisées par les conservateurs américains dès les années 1960. 

Son troisième "mentor" est un proche de son oncle : l’américain, Bill Bonner, fondateur de la société Agora Inc., spécialisée dans la publication de lettres financières. 

 

[En 2012], François Laarman crée une maison d’éditions : Les nouvelles publications de la santé naturelle, qu’il rebaptise ensuite Santé Nature Innovation (SNI). 

L’objectif est simple : envoyer de longues lettres par mail écrites de manière très percutante pour convaincre les lecteurs de s’abonner à des publications consacrées au bien-être, ou acheter des programmes et des produits, comme des compléments alimentaires vendus par des structures partenaires de sa société. Le succès est fulgurant : "Ça s’est passé à la puissance 100 par rapport à ce que j’avais prévu", reconnait Vincent Laarman.  

"Vous êtes dans une jungle où se cachent des serpents venimeux" 

Pour inciter ses lecteurs à s’abonner à ses publications, Vincent Laarman (qui utilise régulièrement le pseudonyme "Jean-Marc Dupuis") utilise des techniques venues des Etats-Unis. 

Parmi elles, le copywriting ("rédaction publicitaire")  : on envoie de longues lettres qui permettent d’accrocher l’attention du lecteur en lui laissant régulièrement entendre "qu’on lui cache des choses"

C’est notamment le cas dans ce message envoyé le 10 septembre 2017 par Jean-Marc Dupuis alias Vincent Laarman, à propos d’un traitement contre le cancer. Il commence par ces lignes : 

"Cher lectrice, cher lecteur, 

Ce message est clairement le plus dangereux que j’ai jamais écrit. Mon site internet pourrait être fermé. La police pourrait débarquer. Je le sais. Mais c’est si important que je prends ce risque inouï. Personne n’ose en parler ouvertement mais vous avez droit à la vérité sur la chimiothérapie. Vous avez le droit de savoir quand la chimio est bonne et quand elle fait plus de dégâts que de bienfaits. Vous avez le droit de savoir pourquoi beaucoup de médecins refuseraient pour eux-mêmes les traitements qu’ils conseillent aux patients." 

Et plus loin : 

"Vous êtes comme dans une jungle où se cachent des serpents venimeux, des fauves mêmes qui se moquent de votre santé. 

Vous ne pouvez même pas faire complètement confiance à la cancérologie "officielle" qui, elle aussi, est liée au "business" de l’industrie pharmaceutique !" 

Lors de sa discussion avec ses collaborateurs en juillet 2017, Vincent Laarman assume l’utilisation de telles techniques : 

"À ceux qui me disent : ‘C’est n’importe quoi, c’est la théorie du complot, vous exagérez, c’est du populisme.’ Je leur réponds : ‘Je vous emmerde.’ C’est notre manière de fonctionner, je l’assume parfaitement. Dire aux gens qu’il y a un complot même si c’est pas vraiment un complot, c’est de la forme ! Les gens le savent très bien. C’est comme lorsqu’ils voient dans Voici : ‘Claire Chazal : son nouveau compagnon’, et qu’ils apprennent en achetant le journal que son compagnon… c’est son nouveau cocker. Ce sont des modes de communication." 

Plusieurs frères de Vincent Laarman travaillent avec lui en Suisse. En 2017, son épouse a créé une école privée "d’esprit chrétien et de culture classique" située dans le quartier Mont-Olivet, à Lausanne. 

Baptisée Institut du Mont-Pèlerin, elle affiche la devise latine : Ad verum et bonum, "Vers le vrai et le bon." Selon nos informations, l’épouse de Vincent Laarman a bénéficié d’une avance de trésorerie de Publishing Factory liée à son mari pour créer cette école. 

Il subsiste toujours des passerelles entre SOS Education et Vincent Laarman. Ainsi l’actuel président de SOS Education, Sylvain Marbach, a travaillé à Santé Nature Innovation (de juillet 2014 à juin 2016) et à Publishing Factory (de juillet 2016 à juin 2017). Il est aujourd’hui à la tête d’une association qui dit vouloir protéger les enfants des dangers des écrans. 

Extraits

FRANCE CULTURE 30/10/2020

 

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 16:24

scolaria-excellence-vue-avionMon nom est D…. B……. Je suis né en Normandie, au sein d’une famille telle qu’il en existait encore beaucoup au milieu des années 1960 en France. Ainsi commence une mini auto-biographie d’un prof d’Histoire-géo. Il nous apprend que son papa été artisan tailleur et que sa maman ayant repris ses études a été prof d’Anglais. Que ses parents [lui] ont transmis un certain nombre de valeurs simples mais profondes. L’honnêteté, le sens du travail, et un certain nombre de règles de politesse et de vie commune, que l’on dispensait encore en ces temps d’avant 1968. Mais surtout qu’il a eu la chance de commencer [ses] études secondaires l’année précédant la mise en place de la terrible réforme Haby [1975]instituant le collège unique. [Il put] ainsi disposer d’un enseignement de qualité, exigeant et solide.

Pourquoi donc s’intéresser à ce personnage caricatural qui veut faire croire que l’honnêteté et le sens du travail (encore faut-il savoir ce qu’il met là-dessous) se sont envolés après 1968 ? Et qui ignore que le diabolique collège unique d’Haby avait gardé une filière de relégation (« Transition-Pratique » puis CPPN-CPA) et un palier d’orientation 5e qui évitaient aux fils de petits bourgeois de son genre de côtoyer des enfants des milieux populaires ?  

 Le hasard d’un nettoyage de messagerie.

 

En effet ladite messagerie commençait à faire preuve de langueur. Il me fallut donc l’alléger de tous les messages reçus ou expédiés qui s’y accumulaient. Et ainsi suis-je retombé sur un message d’un camarade sguénard qui m’envoyait l’autobiographie express de ce D. B. ; puis remontant dans le temps (jusqu’en janvier 2010 !), je relus un courriel me transférant un appel à pétitionner, délicieusement intitulé « Pour qu’enseigner redevienne un plaisir » et signé du même.

 

Si l’on ajoute que ce D. B. était prof à Gisors, qu’il a suivi son « enseignement de qualité » au collège de Saint-Marcel, puis au lycée polyvalent de Vernon, donc dans un coin de l’Eure que j’ai connu pendant une dizaine d’années, je me suis donc penché sur ce cas que je serais tenté de qualifier de pathologique.

 

Le plaisir d’enseigner, pour lui, semblait être surtout le plaisir de … sévir ! Sa pétition commençait dans la classique dénonciation de l’hétérogénéité des classes, du laxisme de la hiérarchie et  de la démission des parents.

Et les revendications étaient à la hauteur des dénonciations. Ainsi pour restaurer le prestige et l'autorité des professeurs, préconise-t-il de leur donner le dernier mot sur les redoublements, le pouvoir d'exclure les élèves de leurs cours sans avoir à se justifier, et un pouvoir décisif lors des exclusions définitives scrongneugneu ! Plus de surveillants-étudiants mais de vrais surveillants professionnels dans chaque établissement, pour surveiller les élèves entre les cours et s'assurer que les colles et punitions données par les professeurs soient effectuées . Il n’hésite pas à inventer un examen d’entrée en 6e en … Finlande ! Il va jusqu’à demander l’abolition des lois Ferry (1881 et 82) en demandant de supprimer le principe du « droit à l'éducation gratuit et sans condition ». Et il n’hésite pas à exiger pour les professeurs la liberté de choisir l'établissement dans lequel ils souhaitent enseigner, pour un noble motif de cohérence.*

Brighelli, Le Bris et les autres peuvent se rhabiller. Ils ont trouvé plus crétin qu’eux dans la « fabrique ».

 

Un autre épisode est révélateur du personnage. En 2009, un Maître de conf. de Montpellier est agressé à son domicile par un individu masqué, armé, et qui l’arrose, ainsi que sa femme et son fils, d’essence. Dans un sursaut désespéré, il arrive à maîtriser l’agresseur, qui meurt. Le prof subit 22 heures de garde à vue. Peu après La dépêche du Midi écrivait : Les premières constatations médico-légales ont démontré que le jeune homme n'était pas mort étranglé comme on avait pu le penser mais d'un arrêt cardiaque […] L'enseignant a été mis en examen pour homicide volontaire, placé sous contrôle judiciaire et remis en liberté. L'hypothèse de la légitime défense est privilégiée. Garde à vue intempestive, certes.  Et notre DB de pétitionner une fois encore. Et où trouve-t-on cette pétition ? Sur SOS éducation. Un SOS qui me rappelait de pas si lointains souvenirs d’une sorte de nébuleuse d’associations très habiles en appels à dons. Et un de leurs moyens est de lancer des pétitions en rebondissant sur l’émotion déclenchée par un fait-divers : les adresses recueillies alimentant le fichier d’appel aux dons.

L’agresseur se prénommant Ali, on retrouvera la pétition dans tous les sites identitaires (y compris, bien sûr, Riposte se disant laïque), dénonçant le « racisme anti-blanc » (de la police ?). Comme l’avait prévu La Dépêche, l’affaire s’est conclue sur un non-lieu.

 

L’autobiographie du pétitiomane continuait par une caricature de la vulgate des rétropenseurs (quoique…) : Nos enfants n’apprennent plus rien de l’instruction solide que nous avons pu acquérir dans notre enfance. Le savoir ? C’est de l’enfant seul que doit procéder la curiosité de s’informer à travers les nouveaux médias tels Internet. […] L’école ne donne plus le goût d'apprendre, ne transmet plus le plaisir de découvrir mathématiques et sciences. Calcul mental et curiosité ont disparu. L’école enfin, n’aime plus l’histoire. Notamment celle de la France et celle de l’Europe ; elle lui préfère l’histoire des empires africains, de l’Inde ancienne.

 

Et tout ça pour aboutir à ce : "J'ai donc décidé de créer une école entièrement indépendante, avec des collègues, et j'invite toutes les personnes de bonne volonté à me rejoindre :

·          les professeurs qui souhaitent faire leur métier, qui est d'instruire les enfants ;

·          les parents qui souhaitent que leurs enfants s'instruisent et développent leur esprit ;

·          les personnes généreuses qui comprennent l'importance des enjeux d'un tel projet, et qui sont prêtes à nous soutenir en nous envoyant des dons".

 

Le vernonnais veut recréer un lycée à l’ancienne avec école primaire, collège et lycée. Etablissement hors contrat. Il semble déjà pouvoir disposer d’un château, dans la vallée de la Seine, en amont de Rouen. Prêt ? don ? achat ?** Le financement est mystérieux. Mais les ambitions sont grandes d’une public school modèle british (uniforme, sports), mais tourné vers la Chine et les Etats-Unis, avec échanges, et forgeant ses propres programmes (avec cependant l’astreinte des examens officiels, brevet et bac). Le primaire aurait débuté à la rentrée. Le secondaire devrait le faire en septembre 2012.

 

Sauf si ce prof a gagné au Loto, on voit mal comment il pourrait lancer un tel projet qui n’atteindra l’équilibre financier, s’il l’atteint, que quand il aura fait le plein. Derrière il y a donc SOS éducation : "Il s'agit d'un projet d'école indépendante avec internat (primaire, collège et lycée) entre Paris et Rouen, créé par un professeur de l'Éducation nationale que les sympathisants de SOS Éducation connaissent bien.

C'est un grand plaisir pour nous qu'émergent de telles initiatives, exclusivement guidées par la volonté de mieux éduquer les enfants". Et c’est signé Vincent Laarman Délégué général de SOS Éducation. Vincent Laarman que l’on retrouve aussi dans toute la nébuleuse d’associations aux activités mystérieuses mais aux ressources fabuleuses, découverte, pour ma part, lors de l’affaire Læticia de Pornic.

 

* Comme par hasard, la pétition, toujours en ligne, s’est allégée de toutes les revendications trop délirantes pour aspirer des signatures en nombre.

 

** D’après un article de l’Impartial en 2010 (hebdo de l'Eure qui sauf changement de ligne ne mérite guère son titre), le château, ancienne maison de retraite, appartiendrait à un ostéopathe.

 

 

 

NB Il semble que la belle public school dominant la Seine ait fait long feu, puisque l'on retrouve son initiateur dirigeant une "Scolaria excellence" à Ernée en Mayenne. Mais si le lieu a changé, c'est bien la même vision passéiste qui anime ce Cours Privé laïque.

Mais, SOS Education a dû laisser tomber cette Scolaria, puisqu'elle a mis la clé sous la porte !

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 22:14

nebuleuse IPJ

 

"Cette fronde [des magistrats] est stupéfiante" commente M. Bébin. "Alors qu'on a un meurtre atroce, commis dans des conditions très particulières (...) plutôt que de réfléchir collectivement à ce qui s'est mal passé et à la façon dont on pourrait réussir à améliorer le fonctionnement d'un système (...) on a des magistrats qui se mettent en grève alors qu'ils n'en n'ont pas le droit constitutionnellement, qui contestent un certain nombre de lois qu'ils sont censés appliquer et qui axent tout sur la question des moyens".
"On a un individu condamné 15 fois par la justice, dont deux fois pour des crimes. Il a une dangerosité très importante relevée par des expertises psychiatriques. Que fait-il en liberté à 31 ans ? On peut quand même se poser la question ?"

Ce Bébin, qui dans Mots croisés (FR2) le 07/02/11,  renchérissait sur Sarkozy et était présenté comme criminologue, appartient à une association intitulée Institut pour la Justice.

 

Il s’agissait bien sûr du meurtre de la jeune Laëtitia Perrais, à côté de Pornic.

 

Dès le lendemain de sa disparition, à Saint-Nazaire, surfant cyniquement comme à son habitude sur l’émotion, celui qui fait président disait : « Qu'il me soit possible d'exprimer la très grande émotion et la compassion a l'égard de la famille de Laëtitia Perrais. Un tel drame ne peut rester sans suite. Je souhaite que la justice puisse travailler vite et efficacement. La récidive criminelle n'est en rien une fatalité. Si l'enquête vient a confirmer nos craintes de l'indicible, il faudra des décisions. C'est un drame qui me bouleverse. Ce n'est tout simplement plus possible. Ce n'est pas acceptable. » (Ouest-France)

Avant même son arrivée à Saint-Nazaire, Nicolas Sarkozy avait demandé au  gouvernement et aux parlementaires UMP de "prendre des initiatives très vite" sur le suivi des délinquants sexuels (Sarkozy a déjà fait voter cinq lois sur ces problèmes). (France 2)

Peu après, à Orléans, il en remettait une couche «Quand on laisse sortir de prison un individu comme le présumé coupable sans s’assurer qu’il sera suivi par un conseiller d’insertion, c’est une faute. Ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute seront sanctionnés, c’est la règle.»

 

Cette phrase allait déclencher la première grève des magistrats – du siège et du parquet – appuyée par les avocats et les syndicats majoritaires de police (FO et UNSA et non pas Alliance et Synergie bizarrement toujours sollicités par les médias). 

Elle illustrait parfaitement le propos du Procureur Nadal le 8 janvier : «Afficher pour la justice, dit-il, une forme de mépris, inspirer à l'opinion des sentiments bas en instillant de manière extravagante la confusion entre la responsabilité du criminel et celle du juge, tout cela avilit l'institution et en définitive blesse la République ».

 

Quand Bébin ou Sarkozy, à propos du présumé coupable comme dit le président, parlent de crimes, ils jouent sur les mots. Si le suspect a bien été condamné pour des actes relevant d’une cour d’assises (crimes au sens juridique), il n’a jamais commis de meurtres. Il n’est inculpé, pour le moment, que d’homicide volontaire et non de viol. Il a été jugé et condamné pour acte de barbarie à l’encontre d’un autre prisonnier : 16 ans, lui et deux autres jeunes prisonniers ont sodomisé avec un manche à balai un quatrième condamné pour une affaire de mœurs. Il faut noter que ce genre de sévices est malheureusement très courant dans nos prisons ce qui pose le problème du pourquoi met-on un pointeur avec des voyous violents ? et du comment se fait-il que les gardiens n’interviennent pas quand ces violences ont lieu ?

Meilhon a été condamné d’abord pour vols, conduite sans permis, puis pour braquages. d’une poste, d’une station-service et d’un bureau de tabac pour un butin dérisoire ce qui lui vaudra une condamnation à 6 ans de prison. Pour le reste, il s’agit d’insultes à policiers et refus d’obtempérer. La dernière condamnation était due à outrage à magistrat (12 mois, dont 6 avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve de deux ans). Il a été libéré après avoir purgé toute sa peine.

 

nebuleuse courriel

Bizarrement, le 17/02 je recevais le transfert du transfert, du etc. d’un courriel de cet Institut pour la justice (IPJ), avec pour objet « à transférer d'urgence à tout votre carnet d'adresse ». Mais contrairement à ce style de message, comme par exemple celui sur le frère Sarkozy et biogaran, le courriel était signé et renvoyait à une pétition haineuse et bourrée de contre-vérités, dont les propos du sieur Bébin donnent une idée.

 

Mais qu’est donc cet IPJ ?

 

 

En fait, cette officine s’inscrit dans toute une nébuleuse de prétendues associations dont l’activité première est la levée de fonds à l’étatsunienne, plus ou moins liées à un personnage, V. Laarman, dont la spécialité est le publipostage ou la location de fichiers d’adresses postales ou électroniques. Derrière la diversité apparente des buts, le même esprit (?) souffle :

nebuleuse contrassocies

- dénonciation de la charge fiscale : contribuables associés

 

- dénonciation de la pornographie : avenir de la culture


nebuleuse sauvretraites

- dénonciation des régimes spéciaux de retraite : sauvegarde retraites


nebuleuse droitdenaitre

- dénonciation de l’IVG : droit de naitre


- dénonciation de prétendues dérives éducatives : SOS éducation


- dénonciation des charges des petites entreprise : le GEFI (mais il semble avoir fait long feu)

 

- dénonciation du laxisme Judiciaire : l’Institut pour la Justice.

 

 

 

 

nebuleuse SOSeduc 

Un site, bizarrement intitulé SOS justice, démonte le système de levée de fonds massive, à partir de l’exemple de SOS éducation*. Les frais de propagande et d’appels aux dons s’élevaient à 1,5 Millions d’euros en 2008 dont plus de la moitié en frais de timbres ! L’outil utilisé dans les courriers était le référendum-bidon à retourner avec un don, les pétitions sur un fait-divers provoquant l’émotion. Les cibles triées sur les fichiers de sociétés appartenant V. Laarman, impliqué dans ces associations. Le rendement serait de 2 € pour 1 € investi.

 

IPJ utilise, aussi, la méthode moins coûteuse de la « chaîne »  par courriel, puis de la relance a partir des adresses électroniques recueillies dans les pétitions ou des réponses à son « référendum ». Et il bénéficie de l’appui de « Nouveau détective », une feuille spécialisée dans les faits-divers sordides dont l’authenticité est souvent douteuse.

 

 

nebuleuse TFP 

Il semble que derrière toutes ces associations pompes-à-phynances, il y ait TFP sigle qui ne met pas en avant le Travail, mais la Tradition, qui parle bien de Famille, pas de Patrie mais de Propriété. D’origine Brésilienne, elle a donné directement naissance à Droit de Naître et à Avenir de la culture. TFP pratique aussi le publipostage ciblé, avec, en prime de l’appel aux dons, une médaille miraculeuse de la vierge ! Elle fut considérée comme une secte en 1995.

 

nebuleuse avenircult

Bien que l’église officielle se défie de TFP, son satellite Avenir de la culture comptait en 1997, dans son comité d’honneur, un Abbé Julien Bacon, un Mgr Guy d'Inguimbert (prélat domestique -sic- de Sa Sainteté), mais aussi Régine Pernoud, le Comte Olivier d’Ormesson, Michel Mohrt et René Huyghes de l’Académie, sans oublier quand même Raymond Gauvrit (président de Terre de Vendée).

 

Assez étonnamment, a priori, ce sont des « catholiques de tradition et engagés dans le combat contre la décadence » qui dénoncent ces associations au fonctionnement complètement opaque, mais aux finances considérables (SOS éducation aurait 5 M d’euros d’actifs nets, si l’on en croit SOS justice). Mais pour eux, elles pompent des fonds, qui auraient dû revenir à des associations plus orthodoxes. Ainsi Droit de naître, bien que proche de la sainte pensée du bienheureux Professeur Lejeune, leur semble se contenter d’actions symboliques et surtout se consacrer à lever des fonds pour pouvoir encore plus lancer des publipostages de levée de fonds…

 

Il est aussi étonnant que toute cette nébuleuse, inspirée notamment par un certain Nemo, prétendument philosophe – mais l’appellation est très galvaudée qui qualifie Redecker, Maschino, Finkielkraut, etc. – qui prônerait une pensée libertarienne, ne fasse pas l’objet d’une enquête approfondie sur l’utilisation des sommes fabuleuses qu’elle encaisse dans ses succursales.

 

* SOS éducation s'est distinguée, entre autres, par un appel à la délation des parents à l'encontre des instits qui n'utilseraient pas la "méthode syllabique" d'apprentissage de la lecture.

On peut consulter ses comptes officiels : on y constate notamment qu'il est impossible de distinguer cotisations (donc membres) de dons, mais que vu la modestie de la ligne consacrée à l'achat de cartes annuelles (132€), le nombre d'adhérents doit aussi être très modeste.

 

PS P. Frackowiak (voir son commentaire)  signale cinq articles de Luc Cedelle sur L'ultra-vérité sur SOS éducation

 

Sur le prévenu et les rapports sur les "dysfonctionnements" voir http://www.maitre-eolas.fr/post/2011/02/17/Les-rapports-dans-l-affaire-Meilhon

 

 

 

logo_ligue.JPG

 

A l'opposé de ces associations affairistes, une des plus anciennes d'entre elles, La ligue de l'Enseignement qui, elle, appuie, les magistrats :

 

"Nous, membres élus du Conseil d’administration de la Ligue de l’enseignement d’Ille et Vilaine, réunis ce jour, 10 février 2011, entendons manifester notre vive préoccupation et notre indignation face aux attaques répétées dont font l’objet les services publics de la République.

 

Attachés aux ambitions que portait le programme du Conseil National de la résistance, aux conquêtes sociales, à la diffusion de la culture, à une justice indépendante et à l’exercice plein et entier des droits du citoyens ; porteurs des ambitions du manifeste de la Ligue « Pour faire société » et aux objectifs de « l’appel de Bobigny », nous entendons jouer pleinement notre rôle de  militants de l’éducation populaire en agissant aux côtés de ceux qui manifestent leur refus du populisme et du dénigrement, fondé sur l’événementiel, des hommes et des femmes qui agissent au quotidien pour un service public de qualité attentif aux citoyens.

 

C’est pourquoi nous apportons notre entier soutien aux mouvements de protestation des magistrats, des personnels des tribunaux et de l’administration pénitentiaire, des personnels des SPIP et aux fonctionnaires de police jetés en pâture à la vindicte publique par celui-là même qui est le garant des institutions de la République.

 

Ce soutien va également à tous ceux, personnels de l’éducation nationale, des services de santé… qui aujourd’hui protestent contre le démantèlement systématique et prémédité des services publics.

 

Trop c’est trop ! Nous voulons une justice indépendante et disposant des moyens indispensables à son bon fonctionnement ;

 Nous voulons une Education nationale qui assure à tous les enfants de ce pays une formation de qualité, un épanouissement personnel et une émancipation citoyenne, ce qui implique une formation professionnelle des personnels à la hauteur de ces ambitions ;

 Nous voulons que notre service de santé demeure efficace et performant  et dispose lui aussi des moyens qui lui sont nécessaires.

 

Nous entendons que les personnels de L’Etat, acteurs des services publics et garants de leur bon fonctionnement au service des citoyens, soient écoutés, respectés, reconnus et considérés par leur ministre et par les représentants de la Nation et non vilipendés de façon démagogique par les mêmes pour des raisons idéologiques. 

 

                        Voté à Rennes le 10 février 2011 à l’unanimité."

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