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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 20:26

A Madame de Grignan-Paris (date illisible)

 

Je veux, ma très chère, vous conter ce fâcheux événement qui advint, il y a quelques jours, et dont le récit ne manquera pas de vous étonner. Vous savez combien, à la cour et à la ville, on s’est entichés d’un certain jeu de balle dont le spectacle rassemble, en de communes enceintes, les Grands, les bourgeois et le petit peuple. Chacun se passionne pour ces joutes où s’affrontent les plus galants gentilshommes, venus de toutes nos provinces et de plus lointaines contrées. Et on honore leurs exploits dans La Gazette en des odes dignes de Pindare. Or, figurez-vous, vous aurez peine à me croire, que l’un de ces tournois opposa certains barbaresques du Sultan d’Alger aux plus habiles et aux plus ardents de nos joueurs. Ces maudits mauresques, hélas, devant le Roi lui-même et les courtisans, sortirent vainqueurs  de ce formidable tournoi. Vous imaginez quelle désolation se répandit sur le Royaume. Mais, entendez, ma toute bonne, la suite extraordinaire qui fut donnée à cette affaire. Car ces insolents, qui eurent raison de nos plus vives espérances, osèrent se pavaner en un cortège épouvantable, poussant d’horribles clameurs et arborant des oriflammes de sauvages sur notre belle avenue du Palais des tuileries qui jamais ne connut pareil tumulte. Relevant l’offense ainsi faite au pays, le Duc de Zemmour, dont chacun admire les péroraisons, le Comte de Finkel qui commande nos régiments de Croates et Monsieur d’Estrosi, l’Intendant de votre vénérée Provence, ne manquèrent de s’élever avec leur coutumière véhémence contre une telle injure qui ne pouvait demeurer impunie. Pourtant, indifférent à leurs diatribes enflammées et à leurs libelles rageurs, le Roi dans sa grande sagesse choisit de pardonner à ces sujets de terres étrangères où l’on célèbre aussi sa gloire. Et, en cela, je reconnais la grande mansuétude d’un souverain habitué à voler de victoires en victoires et à pardonner à ses ennemis. Et, pour ma part, vous le savez, il n’est aucun de ces divertissements qui puissent me consoler de votre si longue et si cruelle absence et me libérer de ce chagrin dont aucune balle, si enjouée qu’elle fût, ne pourra me distraire.

Lettre inédite de Mme de Sévigné sur le jeu de balle

Note.

Tout en étant très fier d’avoir découvert ce texte encore inédit, je dois confesser ma perplexité. En effet, je n’ai, au cours de mes recherches, trouvé la moindre trace d’une confrontation entre ce qu’on appelle aujourd’hui l’Algérie et le Royaume de France qui se soit achevée par les troubles évoqués dans cette lettre. Il se peut que La Marquise ait confondu avec une rencontre entre la France et un petit terroir d’Ibérie qui serait le Portugal d’aujourd’hui. Et si celle-ci tourna à l’avantage de ces Lusitaniens, leur défilé, pour célébrer leur victoire avec leurs très chrétiennes bannières, ne fut dénoncé ni par le Duc de Zemmour, ni par le Comte de Finkel, ni par Monsieur d’Estrosi.

 

Yoland SIMON

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 16:24

 

Ce soir, comme souvent, les hommes de télévision ont déposé Finkielkraut sur l’un de leurs plateaux. Fascinant spectacle. Il s’installe avec ses certitudes et ses tics dans une surprenante agitation qui finit par nous méduser. Ses mains papillonnent au-dessus de fiches stabilotées, de livres dont il a corné quelques pages, de feuilles qu’il remplit rageusement de signes cabalistiques. Quand il n’a pas la parole et qu’il doit, le pauvre, subir les attaques de son adversaire, il roule des yeux hagards, prend des airs effarouchés, multiplie des mines incrédules, des grimaces indignées et, submergé par d’aussi intenses émotions, tout son corps est secoué par d’incoercibles trémulations. Mais qu’on se rassure, il ne tarde pas à reprendre l’initiative et, d’une voix qui tremble jusqu’aux fondements de son être profondément blessé par les monstrueuses allégations qu’il vient d’entendre, il assène ses implacables vérités. Alors, il entraîne son auditoire dans le tourbillon époustouflant d’une pensée vibrionnaire et confortée par une avalanche de citations savantes, de références incontestables, d’anecdotes signifiantes, de preuves irréfragables. Normal, pensera-t-on, notre Finkie est un universitaire, il aborde en conscience les divers aspects de son sujet et convoque, c’est de bonne guerre, les grands esprits – les plus petits aussi – qui étayent son propos et avec lesquels il entretient une confraternelle familiarité. Mais, là où l’universitaire construit patiemment son argumentaire, précise les limites de son étude et balise le champ de ses investigations, Finkielkraut virevolte comme une sorte d’abeille atrabilaire qui butine son vinaigre sur les fleurs vénéneuses de sa rhétorique endiablée.

 

Yoland SIMON

Occasion de (re)voir Maurice et Patapon (et Finkielkraut)

et M. Finkielkraut : et s’il y avait une boucherie halal à Villers-Cotterets ?

 

 

 

Finkie dans ses essais de futur habit d'académicien !

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 17:01

Henri Cartier Bresson

Je veux dédier ce poème de Yoland Simon à Lola, amie de la fille d’un autre poète, Jean-Pierre Sautreau, abattue au Bataclan.

CHANSON

 

Ce sont petits bonheurs que toujours Paris donne

De jours de Montparnasse et de feuilles d’automne

De fêtes de Toussaint aux mémoires bretonnes

Ce sont petits bonheurs que toujours Paris donne.

 

Ce sont petits bonheurs de places retrouvées

Métro Edgar Quinet où rue de la gaieté

On boit aux crêperies le cidre à la bolée

Ce sont petits bonheurs de places retrouvées.

 

Ce sont petits bonheurs aux tables des cafés

De vieux messieurs assis regardant les années

Et des filles d’Afrique au sourire parfait

Ce sont petits bonheurs aux tables des cafés.

 

Ce sont petits bonheurs comme un vers de Prévert

Qui redit tout Paris et des livres très chers

Qu’on voit aux librairies de la rue Guynemer

Ce sont petits bonheurs comme un vers de Prévert.

 

Ce sont petits bonheurs comme un dernier parcours

Sur les poneys dans les allées du Luxembourg

Où se font les serments si graves de l’amour

Ce sont petits bonheurs comme un dernier parcours.

 

Ce sont petits bonheurs que toujours Paris donne…

 

Jardins du Luxembourg

Chanson pour Paris

Lola Salines, 1986-2015 !

"Le 6 décembre, Lola Salines allait avoir 29 ans. Vendredi soir, elle était devant le Bataclan avec des amis. Après des appels sur les réseaux sociaux de sa famille et de ses proches, son père, Georges Salines*, a tweeté samedi dans la journée : «Je viens d’avoir confirmation du décès de Lola.» Deux de ses amies présentes à la salle de concert auraient été blessées et une autre en serait sortie indemne. La jeune femme vivait dans le XXe arrondissement de Paris, elle travaillait pour la maison d’édition Gründ, spécialisée dans les livres pour enfants et installée dans le VIe arrondissement. Depuis septembre 2014, elle était membre de la Boucherie de Paris, une équipe de roller derby. Enfant, elle avait beaucoup voyagé, habitant en Egypte, puis, plus tard, au Japon. Sur les photos d’elle postées par ses amis, elle rit toujours. Sauf dans l’une, prise au McDonalds, où elle fait mine d’être triste, mais tient un ballon où est marquée la phrase : «Place à la bonne humeur.»"

Libération

 

* Georges Salines préside depuis l’association « 13 novembre : fraternité et vérité ».

 

 

 

Paname

Si tu souriais j'aurais ton charme,
Si tu pleurais j'aurais tes larmes,
Si on t' frappait j' prendrais les armes.

https://youtu.be/1wBCIqH51Pc


 

"Un automne à Paris" : un poème mis en musique en hommage aux victimes des attentats de 2015

Ecrit par Amin MAALOUF, à la demande de Najat VALLAUD-BELKACEM, ministre de l'Éducation nationale

 

A l'amie qui est tombée,
Une chanson sur les lèvres,
Ensemble nous chanterons,
Main dans la main.

Pour tous ceux qui sont tombés,
Pour tous ceux qui ont pleuré,
Ensemble nous resterons,
Main dans la main.

Pour Paris, ses quais, sa brume,
La plage sous ses pavés,
La brise qui fait danser
Ses feuilles mortes.

Paris, ses flâneurs, ses ombres,
Ses amoureux qui roucoulent,
Ses bancs publics, ses platanes,
Ses feuilles mortes.

Paris qui s'éveille à l'aube,
Deux cafés noirs en terrasse,
Un jardinier qui moissonne
Ses feuilles mortes.

A l'amie qui est tombée,
Une chanson sur les lèvres,
Ensemble nous chanterons,
Main dans la main.

A ceux qui se sont battus
Pour que Paris reste libre,
Que Paris reste Paris,
La tête haute.

Aux hommes qui sont venus
Des quatre coins de la terre,
Dans l'unique espoir de vivre
La tête haute.

Aux femmes qui ont subi,
Humiliations et violences,
Pour avoir osé garder
La tête haute.

Pour tous ceux qui sont tombés,
Pour tous ceux qui ont pleuré,
Ensemble nous resterons,
Main dans la main.

Nous reprendrons les accents
Des aînés qui ne sont plus.
Leurs mots au milieu des nôtres,
Nous chanterons.

J'ai deux amours", "Douce France",
"Non, je ne regrette rien",
"Ami, entends-tu", "Paname" -
Nous chanterons.

Dans la langue de Racine,
De Senghor, d'Apollinaire,
De Proust, de Kateb Yacine,
Nous chanterons.

A l'amie qui est tombée,
Une chanson sur les lèvres,
Ensemble nous chanterons,
Main dans la main.

A vous tous qui gardez foi
En la dignité de l'homme,
Dans tous les pays du monde,
Et pour toujours.

L'avenir vous appartient,
Il vous donnera raison,
Il sera à votre image,
Et pour toujours.

Vous pourrez voir refluer
Le fanatisme, la haine,
L'aveuglement, l'ignorance,
Et pour toujours.

A l'amie qui est tombée,
Une chanson sur les lèvres,
Ensemble nous chanterons,
Main dans la main.

Pour tous ceux qui sont tombés,
Pour tous ceux qui ont pleuré,
Ensemble nous resterons,
Main dans la main.

Que jamais plus la terreur
Ne vienne souiller nos villes,
Ni jamais jamais la haine
Souiller nos cœurs.

Que la musique demeure,
Dans nos rues comme en nos âmes,
Pour toujours un témoignage
De liberté.

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 20:27
L’ENTREPRENEUR

Le personnage clé de nos débats politiques est le chef d’entreprise. Quand il paraît, chacun retient son souffle car celui-ci n’est pas un citoyen ordinaire. Il ne donne pas une opinion personnelle, il parle au nom d’intérêts supérieurs. Il est en effet tout à la fois créateur d’emplois et pourvoyeur de richesses, et la bonne santé de notre économie dépend largement de ses initiatives. De surcroît, comme son nom l’indique, c’est un chef, investi de lourdes responsabilités et qui a prouvé son savoir-faire sur le terrain. Comment, dès lors, ne pas écouter ses doléances et suivre ses recommandations sur toutes ces grandes questions qui agitent la nation : la politique salariale, fiscale, sociale qui conditionne la survie de son entreprise et donc de la nôtre ? Cependant, au hasard de la joute oratoire en cours, on apprend que ce capitaine d’industrie, cet aventurier saint-simonien, ce gestionnaire hors pair et cet incomparable meneur d’hommes tient un salon de coiffure, une librairie-papeterie, une boulangerie- pâtisserie ou un bar-tabac et que l’on aurait pu le rencontrer dans le quartier où l’on fait habituellement ses courses. En vérité, plutôt que fréquentant les dîners en ville chez les patrons du CAC 40, on imagine davantage ces aimables figures d’une France familière tapant la manille ou la coinchée avec le facteur, l’électricien, le gazier dans un roman de Marcel Aymé. Qu’on ne s’y méprenne pas, nous ne nourrissons aucun mépris à l’encontre de ces honorables professions, exercées par "d’excellents français", eût dit Maurice Chevalier. On espère donc que les électeurs réfléchiront bien avant de voter, afin que des choix irresponsables n’accablent pas ces braves gens d’impôts, de charges et de tracasseries administratives qui les contraindraient à fermer boutique, voire à plier bagages.

 

Yoland Simon

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 08:16

Depuis quelque temps déjà, les experts de tous bords se demandaient pourquoi notre pays déclinait à la vitesse d’un astre solaire s’abîmant avec délices dans les flots céruléens de Lacanau-Océan. L’explication nous vint de C’est dans l’air grâce à Marc Fiorentino, et elle est si simple que l’on peut se demander pourquoi on n’y avait pas songé plus tôt. Car le chômage, ce mal qui répand la terreur, que la finance en sa fureur envoya pour punir un pays qui avait inventé les trente-cinq heures, le chômage, donc, ne pouvait être efficacement combattu par un Président qui jamais ne dirigea une entreprise, ni ne créa, tragique corollaire, le moindre emploi. On voit bien là, l’inconséquence de ce peuple, accordant ses suffrages à un imposteur incapable de rédiger un bulletin de salaire, de remplir une déclaration d’Urssaf, de faire le Père Noël pour les enfants du Comité d’entreprise ou de déjouer les perfidies d’un contrôle fiscal inopiné. Cette inexplicable aberration est d’autant plus impardonnable que depuis toujours les Français avaient choisi des Présidents qui furent d’extraordinaires chefs d’entreprise, à l’égal de Ford l’inventeur du fordisme, des Rockefeller père, fils et petits fils ou de Robert Poujade, le fougueux papetier de Saint-Céré. Ainsi, Charles de Gaulle installa, non loin de Soho, une distillerie du meilleur Whisky s’assurant, par là, le soutien de Winston Churchill dans son combat contre un sinistre trafiquant de schnaps. Pompidou, qui lui succéda, monta de toutes pièces un atelier de tuyauterie dont on peut admirer sur le site de Beaubourg les plus belles réalisations. Faut-il rappeler que Giscard fit merveille dans la conception d’accordéons que l’on peut encore entendre dans les bals musette où guinchent des marlous à casquette et d’ensorcelantes gigolettes, du côté de Nogent. Quant à Mitterrand, il fut tour à tour libraire dans le VIème arrondissement, responsable d’une équipe de gemmeurs du côté de Latche, puis tenancier d’une boutique de souvenirs sur la Roche de Solutré. En digne héritier du gaullisme, Jacques Chirac, après la distillerie du Général, couvrit le territoire de moult brasseries, avant de se reconvertir dans  l’organisation de rencontres de sumos. Et Nicolas Sarkozy fit merveille dans la promotion de la talonnette française auprès des pays émergents qui aspiraient à s’élever au niveau des plus grands. Devant les magnifiques carrières de ces illustres prédécesseurs, on se demande ce que fait à son poste l’actuel hôte de l’Élysée. Et on ose suggérer que Marc Fiorentino, qui a usé ses escarpins dans les couloirs de Wall-Street ou de la City, daigne enfin diriger le pays. Si ce n’est pas trop lui demander.

 

Yoland SIMON

 

 

 

 

 

 

 

 

PS Dernier ouvrage de Y. Simon

 

Page à Page

 

Les éditions de l’Aiguille sont une nouvelle maison d’éditions créée à Etretat.

Elles se proposent de publier des ouvrages de type littéraire comprenant tous les genres : poésie, essais, récits et romans, théâtre…

 

Pour leur nouvelle publication, elles ont choisi le Recueil Page à Page, Chroniques littéraires tenues par Yoland Simon sur Radio Albatros.

 

L’auteur a rassemblé ici des chroniques littéraires données depuis une dizaine d’années, au Havre, sur Radio Albatros. Il nous offre ainsi un ouvrage à la fois éclectique et subjectif et qui nous entraîne avec grand plaisir sur les chemins de traverse de la littérature comme sur les routes les plus fréquentées.

 

Yoland Simon vit aujourd’hui au Havre. Il a écrit une vingtaine de pièces de théâtre publiées notamment Chez Actes Sud, l’Avant-Scène, L’œil du Prince. Il a encore publié le roman Un Désordre ordinaire au Mercure de France, reçu le prix Jean Follain pour le recueil Fichue météo, chez HB éditions, et a récemment publié aux éditions de l’Aiguille, les Récits de Normandie.

 

 

 

Page à page 200 pages

Éditions de l’aiguille

21 rue Notre Dame 76 790 Etretat

 

Souscription 15 € (port compris)

Groupe Jeu Thèmes 9 rue de l’aviation 76600 Le Havre.

(Chèque à libeller à Groupe Jeu Thèmes)

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 15:23

Lettre persane de Montesquieu, difficile à dater mais d'une parfaite authenticité qui traite déjà de l'ouverture dominicale des échoppes.
 

Comment peut-on être persan ?

Comment peut-on être persan ?

Usbek à Rica.

 

Tu ne saurais imaginer, mon cher Rica, comme ce peuple de France est prompt à s’indigner et à clamer de sempiternelles récriminations. À la moindre occasion, on le voit descendre dans la rue et battre le pavé, quand il ne le jette pas  à la tête des alguazils qui peinent à contenir sa fureur. Me croiras-tu si je te dis que depuis un mois que je suis à Paris, il ne s’est pas passé une journée sans que je n’aie croisé quelque cortège de ces mécontents qui causent aussi de grands embarras dans des avenues déjà fort encombrées ? Les plus récents furent provoqués par un de ces édits multipliés à plaisir par leurs cours de justice ou leurs grands Vizirs. Il s’agissait d’interdire aux chalands l’accès à certaines grandes échoppes, le jour consacré jadis à la prière et au recueillement. Chacun pouvait acquérir en ces lieux les outils nécessaires au confort de sa demeure dont il faisait apparemment plus de cas que du salut de son âme. Et ce sont là, gens si occupés qu’ils ne trouvaient d’autre moment dans la semaine pour acquérir les instruments utiles à ce qu’ils appellent le bricolage et où ils s’emploient à améliorer sans cesse les commodités de leur logis. L’affaire fit tant de bruit dans les gazettes sonores et les boîtes à images répandues dans toutes les maisons que l’on aurait dit que le pays n’était habité que par ces bricoleurs. Mais le plus grave était sans doute les extravagantes conséquences de ce misérable édit. Car la vente sans limites des mailloches, des pinces ou des clous était, aux dires d’une kyrielle de savants, de la plus haute importance pour la prospérité de tous. Enfin voilà, cher Rica, la dernière querelle qui agite ici les esprits et alimente une sainte colère. Et, sans doute, tous ces Français, si épris de liberté, doivent rêver de flâner, comme nous le faisions si plaisamment, dans notre cher bazar d’Ispahan sans craindre les caprices d’un Sultan.

Montesquieu. Les Nouvelles Lettres Persanes.

 

P.C.C. Yoland Simon

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 18:42

Boutin pacs

Christine Boutin, du bon temps du PACS et derrière elle ce cher LioNNel Luca

 

Elle avait le profil de l’emploi. Elle en avait l’expérience. Son parcours pouvait s’honorer d’incontestables faits d’armes. On n’en retiendra que cet épique combat à l’Assemblée Nationale où elle brandit la Sainte Bible, comme une gousse d’ail contre les vampires, pour éloigner un PACS diabolique et qui sentait le soufre jusque dans les travées du Palais Bourbon. Quant à la personne, rien à redire non plus. Avec ses airs de bigote contrite, son allure de chaisière confite en dévotion et sa tête de confiture bonne maman, vieillie en sacristie, elle avait sans contexte le physique du job. Dans les débats encore elle faisait merveille. On admirait ses manières doucereuses, ses gestes patelins, une componction de bon aloi dans la voix et des insinuations papelardes propres aux troublantes inquisitions du confessionnal. Oui, cette mielleuse pasionaria de bénitier avait tout pour décrocher le poste proposé : Organiser le déplacement de myriades de paroissiens conviés par une curaillerie sournoise à s’opposer au mariage gay.


frigide-barjot-seins2Las, quelle ingratitude ! On lui préféra une viveuse sur le retour, plutôt fanée, mais toujours vivace du croupion, qui entraîna sur des rythmes disco des cohortes de Lequesnoy flanqués de leurs tripotées de marmots.


Tant d’injustice ne peut laisser indifférent. Mes amis, je vous en conjure, dans toutes les églises, les chapelles, les monastères de France prions tous ensemble pour le retour parmi nous de l’infortunée Christine.

Ainsi soit-il !

 


 

moine.gifFrère Simon de la Désolation

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 10:00

mariage-pour-tous anti 07

On a été à la manif papa maman la bonne et moi. C’était très chouette. Il y en avait plein de papas et de mamans. Des bonnes, je ne sais pas. Mais des enfants plein, avec des pancartes, des jolis tricots de peau et des poussettes pour le plus petits. Là, j’ai demandé à papa « est-ce que je peux me marier avec la bonne ? » « Je ne sais pas, il a dit, demande à maman. » « Tu n’y penses pas, elle a dit maman, c’est la bonne ! » « Mais c’est une femme, j’ai répondu. » « Ça oui ! » il a dit papa. Et maman, elle l’a regardé drôlement. Et puis elle a dit : « si tu veux, tu peux te marier avec Marie Adélaïde, elle a pris le car avec nous pour aller à la manif. » « Marie Adélaïde, j’ai dit, je l’aime pas, elle est bigleuse et elle est plate comme un garçon. » « Comme un garçon ! Veux-tu te taire vilain galopin », s’est écriée maman. « Moi, j’aime mieux la bonne », j’ai répété. Alors maman était très en colère. « Qu’est-ce qui vous arrive, petite Madame ? » Les gens, ils ont demandé. « C’est mon fils, il veut épouser la bonne ! » « Ah bon, ils ont dit dans le cortège, et votre bonne, c’est une fille ? » « Ça oui ! » il a dit papa. Et maman elle l’a reregardé drôlement. « Alors si c’est une fille… Évidemment une bonne, c’est embêtant, mais enfin… » Alors Maman elle a crié que c’était une misère tout de même qu’elle était venue en car de Saint Aubin-Les-Fenouillets avec le bedeau, le vicaire et les parents de Marie Adélaide pour s’entendre dire que son fils unique (le fils unique, c’est moi) devrait épouser une bonniche au seul motif que c’était pas un garçon. « Ça non ! » il a redit papa. Et là, je sais pas pourquoi, maman elle a pris sa pancarte et elle a tapé sur papa.

 

Robert Lamoureux

 

pcc Yoland Simon

 

 

 

 

 

En BONUS quelques extraits de beaux cantiques

 sacre-coeur image

Pitié, mon Dieu
Entonné lors du pèlerinage de Paray le 20 juin 1873
sacre-coeur cantique
R./    Dieu de clémence,
O Dieu vainqueur !
Sauvez, sauvez la France,    } bis
Au nom du Sacré-Cœur.
    }


1.    Pitié, mon Dieu ! c'est pour notre Patrie
Que nous prions au pied de cet autel ;
Les bras liés et la face meurtrie,
Elle a porté ses regards vers le Ciel.

2.    Pitié, mon Dieu ! la Vierge immaculée
N'a pas en vain fait entendre sa voix ;
Sur notre terre ingrate et désolée
Les fleurs du ciel croîtront comme autrefois.



 

La Bannière du Sacré-Cœur
sacre-coeur drapeau
R./    Cœur de Jésus, toujours sous ta bannière
Nous marcherons fiers, triomphants ;
Rougir de toi, non, non, jamais, bon Père,
Ecoute, écoute nos serments.

Nous le jurons, sous ta sainte bannière
Nous marcherons fiers, triomphants ;
O Cœur Sacré, jusqu'à l'heure dernière,
Veille toujours sur tes enfants.


1.    Jésus a dit : Que mon peuple de France
De l'ennemi s'il veut rester vainqueur,
Et voir sonner l'heure de la délivrance,
Sur son drapeau mette mon Sacré-Cœur.

2.    Sourde à la voix de cet aimable Maître,
La France encor n'avait pas répondu,
Mais aujourd'hui, nous le voyons paraître,
Ce saint drapeau si longtemps attendu.

 

Cœur de Jésus, doux espoir

sacre-coeur image2
R./    Cœur de Jésus, doux espoir de la France,
Entendez-vous jusqu'aux cieux retentir
Son cri d'alarme et son chant d'espérance ?
Voyez son cœur s'ouvrir au repentir.
Pardon, pardon ! Cœur toujours tendre et bon.
Pardon, pardon ! Cœur de Jésus, pardon !


1.    Cœur de Jésus, océan de souffrance,
Foyer brûlant de votre amour pour nous,
Que de douleurs abreuvent en silence
Ce divin Cœur qui s'est livré pour nous !
 

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