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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 14:46
BONNE ANNEE 2014

L’an foiré, a titré Libé du 31/12, en bilan de 2013 !

2014 promet d’être une rude année. La famille Hutin d'Ouest-France – père et fille – nous rappelle dans ses éditos les futurs champs de bataille des cagots anti-mariage pour tous. Les études de genre, entendez les efforts éducatifs menés pour une véritable égalité femme-homme. Encore et surtout, le droit de mourir dans la dignité. Et l’Espagne est là pour nous rappeler que quand ces cagots prennent le pouvoir, ils sont prêts à fouler au pied le droit des femmes à disposer de leur corps, en supprimant totalement ou presque l’IVG !

 

Faut-il parler aussi d’échéances électorales, comme les municipales ? Comment ne pas nous souhaiter, à nous Luçonnais, d’être débarrassés d’un petit hiérarque UMPiste qui joue son « Copé » d’évêché crotté ?

Souhaiter encore que les vagues populistes des deux bords ne noient pas la construction européenne qui, toute imparfaite qu’elle soit, a créé un espace paix, de largement plus d'un demi-siècle, dans ce bout de continent eurasiatique.

 

Que 2014 apporte à chacune et à chacun, au-delà des luttes militantes, toutes les joies personnelles possibles.

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 13:52
Propagande pré-électorale

Propagande pré-électorale

Ouest-France, 1er quotidien de France, n’est certes pas un brûlot de gauche. Mais, héritier du personnalisme chrétien, il se garde de prises de positions trop nettement partisanes. Si les localiers, soumis à la pression, font preuve parfois de complaisance à l’égard d’une majorité municipale, les journalistes professionnels affichent une certaine impartialité.

D’où surprise et colère quand arrive un supplément gratuit consacré à Luçon et intitulé “la ville se dévoile”. Pas de révélations sur la vie secrète de l’évêché ni de plongées dans de chaudes soirées bourgeoises. Non, une propagande éhontée pour le maire sortant et ses séïdes. Les participants à cette opération ne sont mentionnés qu’à la fin : aucun n’a eu le courage de signer, notamment les interviews.

Abonné par portage, j’ai eu droit à un supplément sur Luçon. Lecture faite, plutôt qu’“offert par votre journal”, il eût été plus honnête d’écrire “publi reportage pré-électoral”.

 

On ose espèrer que le très complaisant interview du maire sortant a été livré bon à tirer par le service propagande de M. Perrier. Un caméléon*, ce Maire, qui prend des accents quasi mélenchonniens : « L’humain d’abord » proclame le programme du Front de gauche, « remettre l’homme au centre de la ville » prétend P.G. Perrier. Qui oublie que 1er adjoint puis maire, il n’est pas étranger au fait que « l’homme n’a plus la place qu’il devrait avoir au centre-ville ». Qui a supprimé par exemple un passage piéton évident entre une venelle et un passage protégé sur la Place des acacias ? Qui pille sans vergogne d’ailleurs le programme de ses concurrents aux élections précédentes qui avait prévu un espace "10 km-h" avec priorité aux piétons et aux cyclistes Place Richelieu.

Trombinoscope umpiste

Trombinoscope umpiste

Mais le publi-reportage pré-électoral se poursuit, puisqu’on a droit successivement, après celle du maire à la trombine de ses adjoint-e-s, D. Gachet, D. Bonnin, Y. Thibaut et F. Parpaillon. Mmes Thibaud et Parpaillon bénéficient aussi d’un entretien, aux questions d’une étonnante pugnacité style « La maison de santé était-elle indispensable ? » ou « Un petit mot de la saison [culturelle] à venir ? »

 

Et pour faire bon poids, une page de pub sur les subventions aux assos (sic).

 

Un gigantesque projet pour faire rêver les gogos aurait manqué à cette propagande. La dernière fois c’était le séminaire miraculeusement transformé en hôtel quatre étoiles créateur d’emplois. La fois d’avant c’était la résurrection du port : Luçon port de plaisance. Eh bien ce port ressert, mais du coup pour une piscine « pour plus de 100 000 personnes ». En fait, si on lit l’article 120 000 ! L’adjoint  qui fait part de ce projet oublie de rappeler que la municipalité luçonnaise avait déjà proposé un terrain… complétement pourri. Et que, si piscine il y avait, elle serait financée et gérée par la communauté de communes du « Pays né de la mer » qui n’a, sauf erreur, encore pris aucune décision. Espérons que cette piscine ne soit pas un mirage !

 

La presse écrite est en difficulté. Ce publi-reportage est sans doute un moyen de faire rentrer de l’argent. Mais par son côté outrageusement propagandiste, il risque de ternir l’image d’Ouest-France.

 

* Le personnage, secrétaire départemental de l’UMP, ne craint pas de jouer le maire quasi apolitique en osant accuser le porte-parole de l’opposition, non encarté, de manœuvres politiciennes. Est-il copéiste ? en tout cas il en a le cynisme.

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 19:13

begaudeau -featured 2singes rock

 

"Ce qui m’intéresse c’est la passion politique en tant que passion viriliste, phallocratique, coercitive. Et comment on s’en déprend. Ce qui m’intéresse c’est la vie du corps. C’est la psychologie."

 

Comment ne pas parler d’un individu né à Luçon, et dont la prime enfance a eu lieu à St Michel-en-L’Herm quand, bien que natif de l’Anjou, on a élu domicile dans l’évêché le plus crotté de France ? Surtout que dans les premières pages, il évoque entre autres un Gérard Mercier dont j’ai tout lieu de croire qu’il n’est autre qu’un collègue chef d’établissement  (à qui je voue un éternel – enfin n’exagérons pas, disons un profond – ressentiment pour avoir rejeté méchamment mes courriels annonçant les magnifiques articles de mon deblog-notes).  D’autant que ledit individu, devenu Nantais fut un soutien indéfectible d’un club dont le fameux jeu – à la nantaise – est la matrice du jeu à la Barça. Et, j’allais l’oublier, il a fait ses premières armes avec un tuteur maoïste au Lycée Chevrollier (Angers) où je fus pion.

 

begaudeau portrait libre 2Mais de quoi est-il question ? De deux singes ou ma vie politique, de François Begaudeau (eh oui ! rappelez-vous l’auteur et acteur de « Entre les murs »).

Introspection – Begaudeau devenu Chouchou se dit le détective de lui-même -  se transformant en quasi-flagellation de soi-même, tout cela dans un bouquin de plus de 400 pages, a priori pas de quoi m’intéresser, moi qui me suis toujours défié de la contemplation de mon nombril, de peur sans doute de n’y voir que du vide.

 

Tout part d’un singe – Boubou – ramené clandestinement par un oncle africaniste et logé au fond du jardin vendéen pour se terminer sur un autre – le même ? – confié au narrateur par une voisine. « Narrateur » car, bien que l’ouvrage ait tous les traits d’une autobiographie avec un récit à la première personne, rien ne prouve qu’il ne soit pas « fictionnel » (et que mon Mercier ne soit pas le collègue dont j’ai dit tout le mal que je persiste à penser).

 

Entre les deux macaques un itinéraire certes, mais aussi son commentaire par le narrateur à l’auto-flagellation assez complaisante. Fils de profs – le père deviendra chef d’établissement – il participe avec fougue aux épreuves trimestrielles que propose le maître de CM1 : « je me souviens moins du contenu des exercices que de leur verdict, et encore moins des apprentissages qu’ils évaluaient […] Un champion de l’école de la République ne gâche pas son énergie à s’intéresser à ce qu’on lui enseigne. » Le bon élève, s’il échoue à l’oral de Normale sup. pour ne pas avoir voulu déchoir de son rôle de leader de son groupe en faisant la fiesta la veille, sera reçu à l’agrég !  

 

Parents profs mais aussi parents communistes. En 1981, à dix ans, il parie sur Giscard. Il avoue même un racisme dû au caillassage par des ados locaux de la DS familiale au Maroc en 1980 (lapidation qu’on peut supposer rifaine, car Meknès, où ils font étape, et sa région sont fort pacifiques). Mais ces errements seront de courte durée « un goût pour les mots en tant que tels », insufflé par son père, le mène aux plaisirs phrastiques que recèle la politique, à l’orgasme performatif où nomination vaut argument, il accède à « une logocratie où le mot tient lieu de jugement, et de réel » (les pages 82 et 83 forment un remarquable morceau de bravoure).

Begaudeau.-Deux-singes-ou-ma-vie-politique int carrousel ne

L’ouvrage est singulier, aussi l’auteur, incidemment, se place sous le patronage de Montaigne. Cette clarification de soi-même est parsemée de formules ciselées, sortes de pensées de Begaudeau. « Je suis d’extrême-gauche parce que je suis extrêmement juste » Mais avec une lucidité tout aussi extrême, le héros avoue que c’est surtout parce qu’il aime l’ouvrir, sa grande gueule. « Le lexique de la déploration est ma première option linguistique (…) Parler et pester sont des quasi-synonymes. » Parmi ses belles formules, celle-ci que je dédie à Clémentine Autain : « On décrète le peuple révolutionnaire sans le consulter puis on lui reproche son manquement au rôle historique qu’on a eu la paternelle libéralité de lui confier. »

 

begaudeau groupe1On ne déflorera pas cette belle enquête psychologique d’autant que si on partage avec l’auteur l’amour du jeu à la nantaise – Ah Coco Suaudeau tu n’as plus d’héritier ! – le punkrock est terre inconnue. L’auteur tisse son livre avec des citations de morceaux du parolier du groupe Zabriskie Point, qui en était aussi le chanteur, lui-même.

Dans ce qu’il a appelé une « postface » à son livre il évoque « Le gout du rock, ou plutôt la délimitation mentale d’un périmètre nommé rock conjuguée à la conscience que son exploration méthodique serait source de joie et d’émancipation, m’est venue en fin de collège, en même temps que le goût de la littérature, ou plutôt la délimitation mentale d’un périmètre nommé littérature conjuguée à la conscience que son exploration méthodique serait source de joie et d’émancipation. » Rock, pourquoi pas, mais « punk » c’est trop demander à quelqu’un qui appartient à la génération de ses parents, pour lesquels il déploie une tendresse assez vache.

 

11 septembre, le ressentiment part de bêtise de la gauche (« il n’y a rien à attendre d’une révolte qui s’origine dans le ressentiment », philosophe-t-il à coups de rosé), Le Pen 2002, « La gauche ne déçoit jamais le désir de déception » car « La gauche est la nostalgie anticipée de ce qui ne sera jamais (…) sans cesse la gauche appelle et échoue à sa refondation » « la passion politique est jouissive aussi longtemps qu’elle demeure incantatoire », version pessimiste de ma vision sisyphienne de la gauche « Il faut imaginer Sisyphe heureux » (Camus).

 

Cet itinéraire du petit vendéen-nantais, passé à la moulinette d’une lucidité un peu masochiste, ne se lit certes pas comme un roman. Il irrite, énerve, provoque ! Mais aussi et surtout il interroge et, sur des événements vécus par tous, offre des points de vue, des éclairages qui ne peuvent qu’intéresser les citoyens conscients que nous croyons être.

 

Et les deux singes ? Le premier Boubou, en cage, au fond du jardin de St Michel-en-L’Herm, échangeait des grimaces avec «Chouchou », grimaces annonciatrices du factice de son communisme verbal. L’improbable second Boubou, parisien, sauvé de l’ingestion de sa gamelle en plastique, symbolise la vie. Boubou ou la vraie vie !

 

begaudeau couv2singes-petitFrançois Bégaudeau

Deux singes ou Ma vie politique

Collection Verticales, Gallimard 22 €

 

4e de Couverture

«La France des années 70 est un banquet gaulois où l'on boit et mange en parlant fort sous le regard magnanime de nos hommpolitiques punaisés au mur comme on place un patriarche en bout de table.
Moi je suis à l'autre bout, disposé à imiter ce qui passe, à devenir un adulte comme ceux qui me nourrissent, me servent des grenadines, me reprennent si je jure, me déposent à l'école publique. Bientôt je prendrai leur place, puis celle du patriarche. Une vie se sera passée et dedans il y aura eu de la politique, dès le début et jusqu'à la fin.
Elle ne s'est pas passée comme ça.»

Ni manuel de conduite, ni texte prosélyte, ni justification complaisante, ni examen de conscience, ni autoportrait générationnel, Deux singes ou ma vie politique emprunte à l'ensemble de ces registres, tout en les détournant de leurs lieux communs.
 

 

A lire : Pourquoi je ne suis pas devenu un intello de gauche

 

 

 

...et le chanteur ègrène le nom de groupes contemporains avec puta en anaphore (...) ce puta n'est pas une insulte mais un hommage, un salut amical...

 

Faut-il préciser que la face punk de l'auteur échappe totalement à ma comprenette de jazzophile qui ne jure que par "My favorite things" de John Coltrane ?

 

A voir aussi :

"Entre les murs" : réactions

Finkielkraut et "Entre les murs"

"Entre les murs", F. Bégaudeau et le Nel Obs

Entre les murs et les "pédagogues"

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 14:08

Petite plongée à Luçon, l'évêché crotté du Bas-Poitou, comme le qualifiait son plus célèbre évêque.

Ce Bas-Poitou avait pour capitale Fontenay-le-Comte, qui deviendra à la Révolution Fontenay-le-Peuple. Seule circonscription de la Vendée à envoyer un député de gauche en 1981 et en 1986. Le canton de Luçon a longtemps eu un conseiller général de gauche et la ville même fut longtemps dirigée par un radical socialiste, modèle Crépeau (La Rochelle est très proche).

Mais en 1995, un parachuté villièriste, idéologue cachant à peine son sectarisme et sa haine de la gauche, l'emporta sur une gauche un peu à bout de souffle. Le MPF, pour cause de cumul de mandat, a laissé la place à un UMP qui ne lui cède en rien en sectarisme. En 13 ans cette majorité UMPF a eu droit à deux rapports gratinés de la chambre régionale des comptes. Le 2e vient d'être présenté au conseil municipal.   

 

Monsieur le Maire,

Assistant pour la première fois à un conseil municipal à Luçon, je ne parlerai pas  du sort fait au public, et, tenant compte de l'état dans lequel vous avez mis les finances de la ville, je me garderai bien de suggérer quoique ce soit pour assurer un accueil décent des citoyen(ne)s de la commune. Je n'ironiserai pas non plus sur la lecture enregistrée de la réponse, d'une voix susurrante, sur un ton mielleux, accompagnée de diapositives sans intérêt et qui prouve une fois de plus que le ridicule ne tue pas. Je ne dirai rien, non plus, sur le rappel préventif à un règlement intérieur dit, lui, sur un ton d'adjudant de quartier.

 

Je ne mentionnerai que pour mémoire les interventions de vos colistiers : la bêtise des uns le disputait à la hargne des autres. Une mention cependant au 1er adjoint qui affirmait que Luçon avait fait un bond en avant, outre que l'on ne s'attendait guère dans la bouche de votre compagnon UMP à cette affirmation quasi maoïste (« le grand bond en avant »), cela faisait irrésistiblement penser à la fameuse phrase, prêtée à Aït Ahmed : « Nous étions au bord du gouffre, mais nous avons fait un grand bond en avant ».

 

Je m'étendrai, en revanche, sur votre réponse, parfaite synthèse des prises de parole de vos amis, puisqu'elle unissait la hargne à la bêtise.

« Plus c'est gros, mieux ça passe » telle doit être votre devise.

Vieille ficelle d'abord, jouer les victimes outragées. Rebondir sur une question de forme, pour ne pas répondre sur le fond. Accuser le représentant de l'opposition de mensonge, en commençant d'abord par un mensonge.  En effet, agitant le rapport, vous avez prétendu ne l'avoir reçu que le 24 juillet, alors qu'il avait été envoyé le 18 juin 2008. Mais il aura fallu plus d'un mois à votre "nègre" pour rédiger une réponse et la Chambre régionale des comptes, l'ayant enregistrée le 22 juillet, vous a presque immédiatement retourné rapport et réponse à mettre à l'ordre du jour du prochain Conseil Municipal. Le hasard faisant bien les choses, il y en avait un programmé le 08/08/08 avec un menu pratiquement vide : des créations de postes qui auraient pu se faire dès juillet, puisque l'échéance des CDD était connue, de même d'ailleurs que des augmentations de tarifs. A qui, voudrez-vous faire croire que cette date totalement incongrue s'imposait pour de telles décisions ?

 

Je ne parlerai pas de l'attaque ad hominem à laquelle vous vous êtes livré, appuyée par quelques excités de votre camp, si ce n'est qu'elle dénote le mépris, pour ne pas dire la haine, à l'encontre de l'opposition municipale.

 

Après avoir agité le rapport, vous avez agité une feuille de papier censée être l'avant-avant-dernier rapport de la cour des comptes, celui de 1995 ! Aviez-vous oublié que vous aviez été partie prenante d'une précédente municipalité de 1995 à 2001, puis que vous avez fait Maire de 2001 à 2007 et qu'entre temps, il y avait eu un autre rapport de la cour des comptes pointant une insincérité des comptes (entre autres plaisanteries une inscription de subvention que le Maire de l'époque et son équipe - en l'occurrence on serait tenté d'écrire ses complices - savaient avoir été refusée). Si le sous-préfet avait fait son boulot, la ville eût du être mise en tutelle (mais, est-ce par distraction qu'il a fermé les yeux ?).

 

Mais revenons, puisque vous y tenez, à ce rapport d'il ya treize (13) ans. Vous avez lancé quelques chiffres, mais à l'époque en francs. Bien sûr, comme cela 9641 F de dette par habitant, ça fait lourd. Sauf que, les 1470 € que ça aurait représentés, même accrus de l'inflation des 13 dernières années, paraissent bien modestes par rapport aux 1907 € que vous atteignez ! Sur l'encours de la dette qui culminait à presque 78 MF, on est loin des 18,386 M€ de 2007, soit plus de 120 MF !

 

Sans vergogne, vous avez affirmé, ne craignant pas d'insulter la mémoire de M. de Mouzon, que ces lointains prédécesseurs n'avaient pas investi. Affirmation mensongère, puisque si vous ne vous étiez pas contenté de jeter quelques chiffres sur une feuille, vous auriez pu lire, dès la sixième ligne « la ville de Luçon a beaucoup investi* ».

 

Le candidat de la liste APLE, quand il évoquait M. de Mouzon, ce grand maire de Luçon, se référait à son sens du dialogue, à son respect des adversaires, en bref à son comportement de parfait démocrate,  De ce point de vue, vous en êtes le parfait négatif.

 

Vous vous êtes dit « fier d'être Luçonnais ». Il n'est pas sûr que les Luçonnais soient fiers d'un Maire qui les a cyniquement dupés en prétendant début 2008 : « les finances sont saines ».

 

* Investissements productifs, puisque les ateliers-relais (bradés ensuite par M. Souchet qui devait y voir, dans son idéologie sectaire, l'ombre du collectivisme) permettaient de rembourser les emprunts.

 

Carte postale ancienne non datée

Image tirée du site d'Agir pour Luçon ensemble (APLE)

 

 

 

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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 11:44

Qui élit-on aux cantonales ? Les cantonniers. (perle de cancre)

Me voilà donc candidat cantonnier suppléant. Car j’ai découvert qu’il y avait maintenant un(e) suppléant(e) au (à la) candidat(e) aux élections cantonales (du sexe opposé : si le candidat est un homme, le suppléant est une suppléante et inversement ; en principe c’est pour favoriser la féminisation des conseils généraux : pour ce faire, il suffisait d’adopter dans les départements le même système que pour les municipales ou les régionales, mais non c’eût été trop simple).

 

D’abord candidat putatif sur une liste municipale et alors même que j’avais généreusement laissé ma place toute virtuelle pour éviter une élimination toujours délicate, je me suis donc retrouvé suppléant d’une candidate de la gauche unie (bien sûr) mais verte (même si elle est rousse).

 

Hasard et nécessité.

Quand, il s’agissait, aux élections précédentes, de recueillir l’héritage d’un conseiller sortant en principe PS (mais fortement teinté de « chasse, pêche, nature et tradition »), pas de problème pour trouver un volontaire (mâle, bien sûr). Mais le canton ayant été gagné haut-la-main par un Villiériste grand teint, Villiériste qui se représente, ça s’est si peu bousculé au portillon, que la candidature a été généreusement cédée aux Verts. Un suppléant était pressenti, mais il était lui présent et incontournable sur la liste municipale. Pour ne pas mélanger les deux élections qui, pour se dérouler le même jour, n’en sont pas moins de nature différente, on s’est retourné vers celui qui… (voir plus haut).

Il n’est pas besoin d’espérer, pour résister. Même si les chances de faire échec au sortant sont très faibles, il ne pouvait être question de le laisser sans adversaire de gauche.

peintpol23.jpgCet ex-diplomate se présente comme le meilleur « ambassadeur » du canton : cela reflète bien la réalité du fonctionnement d’un conseil général aux ordres. Le candidat MPF l’avoue cyniquement : ce sud Vendée qui n’a pas appartenu à la Vendée militaire*, la Vendée bocagère, qui d’ailleurs a son cœur en Anjou dans les Mauges, est étranger donc aux préoccupations de not bon maîtr Philippe : il lui faut un ambassadeur !

 

Principal à Montaigu, le canton où le Vicomte Le Jollis de Villiers de Saintignon se fait élire par les manants, j’ai assisté pendant trois ans, lors de l’inauguration de la foire-exposition annuelle au ballet des maires du canton venant quémander quelques subventions, tandis que le hobereau écoutait leurs requêtes avec condescendance.

Au bout de trois ans, non sans discussion opiniâtre (le service des collèges s’appuyait sur des textes techniques qui dataient des années 70 : j’ai pu le contourner pour discuter avec le directeur de cabinet du tout puissant président), j’ai pu obtenir une rénovation complète avec notamment un CDI digne de ce nom.

 

Passant à Luçon, il m’a bien fallu mes sept années de direction pour obtenir une rénovation extérieure d’un bâtiment béton (mais les pignons ont été oubliés) et si le principe de la remise en état intérieure était, en principe, acquis, plus de quatre ans après rien n’est fait ! Et là plus question de m’adresser au cabinet ni même d’obtenir un rendez-vous, quant au courrier, sans réponse. Jusqu’au jour où, à l’occasion d’une réunion du conseil général décentralisé (un gadget qui a fait long feu), dans son discours d’ouverture, du haut de son estrade, not bon maîtr apprit à la plèbe, dont j’étais, que le collège que je dirigeais allait être rénové de fond en comble. Et un peu après, le Directeur adjoint des services, un fonctionnaire donc, pas un politique, de m’interpeler avec morgue : « Vous voyez bien, ça ne servait à rien de nous envoyer vos courriers inouïs ! » Le rappel au minimum de politesse, consistant à répondre au courrier, n’en fit pas un ami.    

 

Eh oui, avec le Vicomte, on est loin de l’élégance aristocratique : ce sont plutôt des mœurs de spadassins dans ce régime quasi-féodal.

Mœurs qui s’étalent presque au grand jour dans notre tranquille « évêché crotté du bas Poitou ». Notre ex-diplomate, bien que totalement parachuté, avait réussi à conquérir la municipalité de Luçon, ville longtemps dirigée par un radsoc modèle Crépeau (le Maire voisin de La Rochelle, à l’époque). Devenu député européen sur la liste de Villers et visant donc le conseil général, il avait cédé, aux dernières municipales, la tête de liste à un premier adjoint qui jouait les benêts avec un tel naturel qu’il lui semblait un successeur inoffensif et manipulable à l’envi. Mais le benêt s’est libéré de la tutelle ; certes son accès à la tête d’une UMP départementale squelettique s’est traduit par une grande docilité envers le seigneur de Vendée, mais lorsqu’il a fallu construire une liste, il n’a pas cédé au diktat pas du tout diplomatique de son prédécesseur. L’heure est donc aux menaces des plus violentes, le raffiné président des actions culturelles est prêt pour la baston contre le traître à qui il avait trop généreusement cédé le fauteuil de maire !

Les luttes fratricides sont les plus féroces !

Les chances de voir la gauche reprendre sa place dans le sud-Vendée sont évidemment faibles. Mais les électeurs seront peut-être tentés d’envoyer les frères ennemis continuer à se battre comme des chiffonniers, mais sur la touche. Le candidat MPF a tout à perdre. La candidate de gauche pourra témoigner d’une conception de l’élue digne et non courtisane.

Bon, j’arrête de vous lasser avec mes petites histoires bas-poitevines…

 

* Lors de l’inauguration d’un collège ex-Pailleron complétement rénové, dans son discours, le Vicomte se tourne vers un élu local en lui dit en substance : « Vous voyez que, malgré l’histoire, le pays des Olonnes n’est pas oublié » ; esprit de l’escalier, ce n’est qu’après coup que j’ai compris qu’il faisait allusion à la résistance républicaine des Sables-d’Olonne qui n’étaient pas tombés aux mains des « vendéens » !

 
 
 
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