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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 18:22
Boris Vian : Ecrits pornographiques

  Oui, les vrais propagandistes d’un ordre nouveau, les vrais apôtres de la révolution future, future et dialectique, comme de bien entendu, sont les auteurs de livres dits licencieux. Lire des livres érotiques, les faire connaître, les écrire, c’est préparer le monde de demain et frayer la voie à la vrai révolution

Boris Vian Utilité d’une littérature érotique  1948

Les écrits pornographiques de Boris Vian se réduisent à peu de choses.

Car si l’on ôte sa conférence sur l’utilité d’une littérature érotique qui ne l’est guère, pornographique et une nouvelle, Drencula (voir plus bas), le recueil réuni par Noël Arnaud, se résume à quelques poèmes et chansons. Liberté est une évidente et iconoclaste parodie du poème d’Eluard - Sur mes cahiers d’écolier/Sur mon pupitre et les arbres… –sauf que le nom, il l’écrit avec du sperme.  Dans Les Gousses et Pendant le congrès on trouve l’obsession du membre viril coupé par le sexe féminin, sexe lame : « On rencontre (…) des grognasses impudentes  à qui on a greffé, en travers, une lame de rasoir » quant aux gousses elles tailladent les sexes érigés !


 

Le Transcendant Satrape BORIS VIAN

Promoteur Insigne de l’Ordre de la Grande Gidouille

Mais il donne dans la chanson de salle de gardes, la belle et franche paillarde avec La marche du concombre et La messe en Jean Mineur. Suzon a acheté un beau concombre,  Ben gros, ben long, ben vert, au marché de Nevers qui deviendra un trentaine de couplets plus tard, le marché de Nœud Vert ! Mais le chef d’œuvre, à mon sens, est La messe en Jean Mineur, par J.S. Bachique qui bénéficia, nous dit Noël Arnaud, en 1957, d’une édition clandestine, à 69 exemplaires, non signée, mais ornée d’un écu représentant un bison hilare : Bison Ravi ! Ce Jean  Mineur nous renvoie au fameux – à l’époque, on vous parle d’un temps que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaître – Jean Mineur Publicité Balzac 001 qui avait l’exclusivité de la pub cinématographique. D’où ces dents blanches et ce Colgate, allusion directe à une pub de l’époque qui promettait une haleine fraîche.  Et la musique est directement inspirée, non de Bach, mais de la pub de l’agence de pubs, Jean Mineur !

Et comme dans tout poète il y a un visionnaire, il pressent la pédophilie ecclésiastique : Un beau cardinal écarlate/Encule les enfants de chœur !

La Messe en Jean Mineur

 

AMIS je veux éjaculer

Tout le vieux foutre accumulé

Dans la boutique de mes couilles

Je sens se roidir mon andouille

Il n'est plus temps de reculer

Mâle, femelle, âne ou citrouille

Ce soir je vais tout enculer

 

C'EST à l'église que je veux

Sodomiser tous ces morveux

Enfilons nos noires soutanes

Pareils aux boules des platanes

Nos roustons noirs font les nerveux

Nous sommes nus sous nos roupanes

Passe une belle aux longs cheveux

 

DEGAINONS la trique violette

Qui hennit et rompt sa gourmette

Echappant à nos couturiers

Je lève mon noir tablier

La belle lèche ma quéquette

Attisant le feu meurtrier

D'une langue rose et proprette

 

VOICI que le corbeau croasse

Voici que mon engin bavasse

Et que déjà brament les chantres

Tantôt je sors et tantôt j'entre

Et je répands l'âcre lavasse

Issue du doigt que j'ai au ventre

Au bénitier de sa conasse

 

MON sperme a craché sur sa tombe

Et là mon braquemard retombe

Mais la belle sait mille tours

Et me tend son cul de velours

Cul de houri cul de colombe

Qui s'offre rose et sans détours

Et je m'y rue comme une bombe

 

COMME une flèche dans la cible

Comme un protestant dans la bible

Ma queue palpite de bonheur

Et la belle rit de douleur

Cul d'une courbure indicible

Plus ferme qu'un cul de facteur

De foutre il faut que je te crible

 

SE dégageant d'un coup de hanches

Elle se retourne et se penche

Sur le bâtonnet rabougri

Et dégoûté de mistigri

Elle a de grands yeux de pervenche

Et me suçotte mon grigri

MIRACLE ! AMIS, C'ETAIT DENTS BLANCHES !

 

L'APOTHEOSE alors éclate

Un beau cardinal écarlate

Encule les enfants de choeur

Qui chantent faux de tout leur coeur

Se branlant dans une tomate

Le curé décharge - vainqueur...

 

Un spectacle offert par COLGATE !

Boris Vian : Ecrits pornographiques
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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 17:17
Man Ray
Man Ray

Après Brassaï, un autre maître du noir et blanc, son contemporain, Man Ray.

 

Emmanuel Rudnitsky (dit Man Ray) est né en  1890 à  Philadelphie (États-Unis).  Sa rencontre, avec Marcel Duchamp et Francis Picabia, va lui faire découvrir le mouvement Dada. Ils forment tous les trois le futur New-York Dada (même si la fondation officielle viendra plus tard et après le départ de Picabia). Mouvement qui se caractérise surtout par sa pratique de la dérision provocatrice.

Un des épisodes les plus fameux est la tentative d'exposer un urinoir signé R. Mutt 1917 (Fountain) que refuse la Society of independant artists, dont Duchamp, l'auteur de ce splendide canular, était membre. L'avant-garde se déchaîne et se déchire pour ou contre ce ready made qui connaît encore un sort glorieux et qui annonce les compressions dites de César ou, pire encore, les installations grotesques de prétendus artistes qui veulent nous faire prendre leur merde pour des œuvres, voire des chefs d'œuvre. Man Ray donnera aussi dans les ready made avec un fer à repasser portant des clous sur sa semelle.

Les deux complices vont encore plus loin dans la mystification quand Duchamp, photographié par Man Ray, se métamorphose en Rrose Sélavy ambassadrice du parfum Belle Haleine. « Plus dada que le dadaïsme lui-même, la branche new-yorkaise du mouvement incarnera jusqu'au bout dérision et nihilisme au point de réfuter son propre fondement à coups d'éclats de rire, s'achevant définitivement avec le départ de sa forte tête pensante, R. Mutt alias Rrose ».*

 

Man Ray débarque au Havre le 14 juillet 1921 ! A Paris, il s'installe dans le quartier de Montparnasse : pressentait-il qu'il allait devenir l'amant de Kiki de Montparnasse (modèle et égérie de nombreux artistes) et que plus d'un demi-siècle plus tard il aurait sa concession au cimetière du Montparnasse » , avec comme épithaphe « Détaché, mais pas indifférent ».

 

En attendant, il fréquente tout ce qui compte dans le surréalisme naissant Breton, Aragon, Eluard et Gala, Soupault. Il participe à la première exposition surréaliste où son œuvre côtoie celles de Jean Arp, Max Ernst, Joan Miró, Pablo Picasso. Il sympathisera aussi avec Dali et c'est avec Dali et Gala (et aussi René Clair) que, fuyant l'occupation nazie, il repartira en 1940 de Lisbonne vers les Etats-Unis.

Revenu en France, il deviendra en 1963 Satrape du collège de pataphysique. Il meurt en 1976.

 

Avec Lee Miller, modèle devenue son assistante, il découvre la technique de la solarisation. Mais ce fut également un peintre (Je photographie ce que je ne désire pas peindre, et je peins ce que je ne peux pas photographier) et un cinéaste.

 

* DUCHAMP, MAN RAY, PICABIA New York, dada et autres pitreries

 voir aussi Duchamp, Man Ray, Picabia

 

 

 

 

 

 

 

 

Man Ray

Fer à repasser portant des clous sur sa semelle

 

 

 

 

 

 

Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray

Solarisation

Man RayMan Ray
Man RayMan Ray
Man RayMan Ray
Man RayMan Ray

Breton, Balthus, Hemingway,Erik Satie, Frida Kahlo, Cocteau, Bunuel, Le Corbusier

Man Ray

Dora Maar

Man Ray

Adrienne Fidelin dite Ady

Man Ray

Nusch Eluard

Man RayMan RayMan Ray
Man RayMan RayMan Ray
Man RayMan RayMan Ray

Lee Miller, Lise Deharme, Dali, Max Ernst, Nush Eluard, Picasso et Dora Maar, Dali, Marcel Duchamp, Miro

Man Ray
Man Ray
Man Ray

Kiki de Montparnasse

 

 

 

Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man RayMan Ray
Man RayMan Ray

 

 

 

 

Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray

Meret Oppenheimer

Man Ray
Man Ray

 

Pique-Nique à Mougins

Ce pique-nique réunissait Nusch et Paul Eluard, Lee Miller, Roland Penrose, Man Ray et Adrienne Fidelin dite Ady.

Les photos ne sont pas de Man Ray, puisqu'il est constamment sur les clichés. Pour une part de Lee Miller et pour une autre de Roland Penrose. La localisation exacte de ce pique-nique serait l'île de Sainte Marguerite (une des deux îles de Lérins).

Sur la 1ère photo, on voit apparaître, faisant le service, un homme avec une casquette de marin, qui, apparemment ne fait pas partie du groupe (Lee Miller porte un chapeau sur cette photo).

Cette petite séquence montre qu'on n'a pas attendu Mai 68 pour une grande liberté de moeurs, avec un brin de libertinage et d'amours lesbiennes.

Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray

Dans les rochers

Séquence encore plus libertine, dans un creux de rochers où les trois protagonistes semblent être Nusch et Lee Miller nues, et Paul Eluard. Les photos seraient de Man Ray.

Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray

Ady et Nusch

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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 16:38

« Picasso est peintre, moi aussi ; Picasso est Espagnol, moi aussi ; Picasso est communiste, moi non plus ». Le seul avec qui il daignait se comparer était donc son compatriote. Il disait pis que pendre de Matisse.

 

Né à Figueres en 1904, mort à Figueres en 1989, entre temps, dans l'entre deux guerres, il avait été l'ami de Federico Garcia Lorca et de Bunuel, avec qui il collabora pour Le chien andalou et L'âge d'or, films surréalistes. Il fut l'ami du photographe Man Ray. Il a bien sûr côtoyé le pape du surréalisme, André Breton, et bien que celui-ci l'ait excommunié, car trop « avide à dollar », il se proclamera le seul peintre surréaliste.

Rencontres encore avec les poètes Crevel et surtout Eluard, qui lors d'un séjour à Cadaques verra son épouse Gala rester aux côtés de Dali dont l'état nerveux était plus qu'inquiétant.  Aussi peu sympathique qu'elle ait pu paraître (âpre au gain, dévoreuse de jeunes amants, revêche, etc.), c'est elle qui sut canaliser cette hyper-nervosité vers une création intense, en étant son « manager », en assurant relations publiques, commandes et ventes et en le condamnant parfois aux travaux forcés.

 

Dali, bien avant de prétendus artistes contemporains, fut adepte de performances. Une série de photos d'Halsman en témoigne. C'est lui aussi qui invite la Chunga à danser son flamenco sur une toile, ses pieds piétinant les peintures étalées pour en faire une oeuvre (donc anticipant sur les anthropométries de KLein).  La plupart de ses apparitions publiques furent de véritables happening.

 

Il eut sa période rhinocérentique où la corne de rhinocéros était pour lui le symbole suprême, phallique à l'évidence. Et grâce à lui, la gare de Perpignan acquit une réputation mondiale quand il décréta qu'elle était le centre cosmique du monde.

 

La méthode paranoïaque critique fut à la base de son œuvre :

« L'activité paranoïa-critique est en fait une méthode spontanée de connaissance irrationnelle basée sur l'association interprétative-critique des phénomènes délirants. La présence des éléments actifs et systématiques propres à la paranoïa garantit le caractère évolutif et productif propre à l'activité paranoïa-critique. Cela ne suppose pas l'idée de pensée dirigée volontairement, ni de compromis intellectuel quelconque. L'activité critique intervient uniquement comme liquide révélateur des images, associations cohérentes systématiques. L'activité paranoïa-critique est une force organisatrice et productrice de hasard objectif. C'est l'organisation systématique-interprétative du sensationnel matériel, expérimental, surréaliste, épars et narcissique.»
« Matérialiser avec la plus impérialiste rage de précision les images de l'irrationalité concrète, qui provisoirement ne sont pas explicables ni réductibles par les systèmes de l'intuition logique, ni par les mécanismes rationnels. »

 

Quelques sites :

Et surtout

Catálogo Razonado de Salvador Dalí

 

 

 

Le petit montage qui suit (sélection tout à fait arbitraire et qui ne donne qu'un petit aperçu de l'œuvre du maître) illustre un entretien de Dali (piqué sur la toile) où l'on retrouve son incomparable phrasé.

 


 

 

 

La vidéo - transcrite dans un format plus léger par kizoa est de qualité très médiocre - elle est disponible dans son format d'origine (7,3MO) téléchargeable ci-dessous.

A télécharger (7,3 MO)

Photographies de Philippe Halsman
Photographies de Philippe Halsman
Photographies de Philippe Halsman
Photographies de Philippe Halsman
Photographies de Philippe Halsman
Photographies de Philippe Halsman
Photographies de Philippe Halsman
Photographies de Philippe Halsman
Photographies de Philippe Halsman
Photographies de Philippe Halsman
Photographies de Philippe Halsman

Photographies de Philippe Halsman

In Voluptate Mors 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI

PLAYBOY

 

En 1973, Salvador Dalí accepte de diriger une série de photos pour la revue Playboy. Il avait 69 ans et son amour pour l'argent était insatiable. Il ne cacha donc pas que sa motivation pour ce travail était que Playboy payait bien (el pago estuvo a la altura de la ocasión).

Photographe : Pompeo Posar.

 

Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI

PORT LLIGAT

Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
Salvador DALI
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