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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 18:01

 

 

Edward Weston - Tina Modotti lying on the Azotea

 

Ouvrière, mannequin, actrice et modèle, photographe, militante ; immigrée, extradée, clandestine ; amie de Frida Kahlo, de Neruda et combien d'autres célébrités, mais le plus fidêle sera Manuel Alvarez Bravo, le seul qui l'accompagnera quant elle fut expulsée du Mexique.

 

ModottiNée à Udine en Italie en 1896, elle débute sa scolarité en Autriche, avant de revenir à Udine en 1905 et reprendre le primaire… en italien. Le père migre aux Etats-Unis avec la fille aînée, en 1908. Avec sa mère, c’est elle qui fait vivre le reste de la famille (4 frères et sœurs) en travaillant dès 14 ans dans le textile.

 

En 1913, elle rejoint son père à San Francisco. La petite couturière du magasin de mode, en devient vite le mannequin. De mannequin elle devient actrice : opérettes puis cinéma, petits rôles, puis premiers rôles. Elle épouse, en 1917, un peintre au nom impossible, Roubaix de l’Abrie Richey (dit « Robo »), qui va introduire la petite immigrée dans le monde l’art et de l'amour libre.

A Los Angeles, le couple rencontre un photographe déjà célèbre, Edward Weston dont elle devient modèle puis maîtresse.

Robo, parti dans un Mexico bouillonnant de fièvre révolutionnaire y attrape  la variole. Tina arrive à Mexico en 1922 deux jours après son décès.

Le faux mariage de Tina Modotti et Edward Weston à Mexico en août 1924

Elle y revient avec Weston en 1923. C’est elle, dit-on, qui présenta Frida Kahlo à Diego Rivera. A Mexico elle croisera aussi D.H. Lawrence et Vladimir Maïakovski. De modèle elle devient, elle-même photographe, formée par son amant avec qui elle va rompre en 1926. Elle sympathisera avec Manuel Alvarez Bravo qui deviendra son plus fidèle ami.

tinamodotti el machete

Elle s’engage dans le Parti communiste, collaborant avec El Machete, le journal du parti communiste mexicain, tout en menant une activité photographique plus formelle, mais aussi, dans le studio que Weston lui a laissé, des travaux alimentaires.

 

Le roman de sa vie prend une tournure tragique avec l’assassinat, en 1929, de son jeune compagnon, Julio Antonio Mella, communiste Cubain et rédacteur en chef d’El Machete, en pleine rue, à ses côtés. L’enquête policière va la salir. Le pouvoir mexicain se lance dans une répression anti-communiste : en 1930, elle est arrêtée puis extradée.

 

Berlin d’abord puis Moscou. Elle abandonne la photo pour se muer en agent du Secours Rouge International.

En 1936, elle est à Madrid, aux côtés de son compatriote Vidali, agent du Komintern : défense de Madrid, organisation de l’aide internationale, voire même garde du corps de Dolores Ibárurri, La Pasionaria ! Mais elle se consacre surtout au Secours rouge.

La chute de Barcelone en 1939, la fait fuir en France toujours avec Vitali. Elle va finalement se retrouver à Mexico sous une fausse identité ; Vidali va la rejoindre. Elle rompt avec le PC après le pacte germano-soviétique. En 1940, son ordre d’extradition est levé, elle peut reprendre son identité et renouer avec ses amis. Mais, nouveau coup de théâtre son compagnon Vidali est arrêté car soupçonné d’avoir trempé dans l’assassinat de Trotsky*. Un de ses derniers réveillons se passera chez un jeune poète chilien, Pablo Neruda.

 

Elle n’avait que 45 ans – mais elle avait vécu mille vies – quand elle meurt d’une crise cardiaque le 6 janvier 1942.

 

* Sur l'assassinat de Trotsky (et la guerre d'Espagne) voir L'homme qui aimait les chiens de Léonardo Padura

 

Pour compléter cette brève évocation : « Une vie solarisée » (trois articles richement illustrés)

 

 

Quelques nus de Weston

Tina Modotti : Une vie comme un roman.
Tina Modotti : Une vie comme un roman.
Tina Modotti : Une vie comme un roman.
Tina Modotti : Une vie comme un roman.
Tina Modotti : Une vie comme un roman.
Tina Modotti : Une vie comme un roman.
Tina Modotti : Une vie comme un roman.

Quelques photographies de Tina Modotti

Lee Miller

Lee Miller

Tina Modotti : Une vie comme un roman.

Frida Kahlo et Diego Rivera en tête du défilé du 1er mai

Tina Modotti : Une vie comme un roman.
Tina Modotti : Une vie comme un roman.
Tina Modotti : Une vie comme un roman.
Tina Modotti : Une vie comme un roman.
Tina Modotti : Une vie comme un roman.
Tina Modotti : Une vie comme un roman.
Tina Modotti : Une vie comme un roman.
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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 17:17
Man Ray
Man Ray

Après Brassaï, un autre maître du noir et blanc, son contemporain, Man Ray.

 

Emmanuel Rudnitsky (dit Man Ray) est né en  1890 à  Philadelphie (États-Unis).  Sa rencontre, avec Marcel Duchamp et Francis Picabia, va lui faire découvrir le mouvement Dada. Ils forment tous les trois le futur New-York Dada (même si la fondation officielle viendra plus tard et après le départ de Picabia). Mouvement qui se caractérise surtout par sa pratique de la dérision provocatrice.

Un des épisodes les plus fameux est la tentative d'exposer un urinoir signé R. Mutt 1917 (Fountain) que refuse la Society of independant artists, dont Duchamp, l'auteur de ce splendide canular, était membre. L'avant-garde se déchaîne et se déchire pour ou contre ce ready made qui connaît encore un sort glorieux et qui annonce les compressions dites de César ou, pire encore, les installations grotesques de prétendus artistes qui veulent nous faire prendre leur merde pour des œuvres, voire des chefs d'œuvre. Man Ray donnera aussi dans les ready made avec un fer à repasser portant des clous sur sa semelle.

Les deux complices vont encore plus loin dans la mystification quand Duchamp, photographié par Man Ray, se métamorphose en Rrose Sélavy ambassadrice du parfum Belle Haleine. « Plus dada que le dadaïsme lui-même, la branche new-yorkaise du mouvement incarnera jusqu'au bout dérision et nihilisme au point de réfuter son propre fondement à coups d'éclats de rire, s'achevant définitivement avec le départ de sa forte tête pensante, R. Mutt alias Rrose ».*

 

Man Ray débarque au Havre le 14 juillet 1921 ! A Paris, il s'installe dans le quartier de Montparnasse : pressentait-il qu'il allait devenir l'amant de Kiki de Montparnasse (modèle et égérie de nombreux artistes) et que plus d'un demi-siècle plus tard il aurait sa concession au cimetière du Montparnasse » , avec comme épithaphe « Détaché, mais pas indifférent ».

 

En attendant, il fréquente tout ce qui compte dans le surréalisme naissant Breton, Aragon, Eluard et Gala, Soupault. Il participe à la première exposition surréaliste où son œuvre côtoie celles de Jean Arp, Max Ernst, Joan Miró, Pablo Picasso. Il sympathisera aussi avec Dali et c'est avec Dali et Gala (et aussi René Clair) que, fuyant l'occupation nazie, il repartira en 1940 de Lisbonne vers les Etats-Unis.

Revenu en France, il deviendra en 1963 Satrape du collège de pataphysique. Il meurt en 1976.

 

Avec Lee Miller, modèle devenue son assistante, il découvre la technique de la solarisation. Mais ce fut également un peintre (Je photographie ce que je ne désire pas peindre, et je peins ce que je ne peux pas photographier) et un cinéaste.

 

* DUCHAMP, MAN RAY, PICABIA New York, dada et autres pitreries

 voir aussi Duchamp, Man Ray, Picabia

 

 

 

 

 

 

 

 

Man Ray

Fer à repasser portant des clous sur sa semelle

 

 

 

 

 

 

Man Ray
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Man Ray

Solarisation

Man RayMan Ray
Man RayMan Ray
Man RayMan Ray
Man RayMan Ray

Breton, Balthus, Hemingway,Erik Satie, Frida Kahlo, Cocteau, Bunuel, Le Corbusier

Man Ray

Dora Maar

Man Ray

Adrienne Fidelin dite Ady

Man Ray

Nusch Eluard

Man RayMan RayMan Ray
Man RayMan RayMan Ray
Man RayMan RayMan Ray

Lee Miller, Lise Deharme, Dali, Max Ernst, Nush Eluard, Picasso et Dora Maar, Dali, Marcel Duchamp, Miro

Man Ray
Man Ray
Man Ray

Kiki de Montparnasse

 

 

 

Man Ray
Man Ray
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Man RayMan Ray
Man RayMan Ray

 

 

 

 

Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray

Meret Oppenheimer

Man Ray
Man Ray

 

Pique-Nique à Mougins

Ce pique-nique réunissait Nusch et Paul Eluard, Lee Miller, Roland Penrose, Man Ray et Adrienne Fidelin dite Ady.

Les photos ne sont pas de Man Ray, puisqu'il est constamment sur les clichés. Pour une part de Lee Miller et pour une autre de Roland Penrose. La localisation exacte de ce pique-nique serait l'île de Sainte Marguerite (une des deux îles de Lérins).

Sur la 1ère photo, on voit apparaître, faisant le service, un homme avec une casquette de marin, qui, apparemment ne fait pas partie du groupe (Lee Miller porte un chapeau sur cette photo).

Cette petite séquence montre qu'on n'a pas attendu Mai 68 pour une grande liberté de moeurs, avec un brin de libertinage et d'amours lesbiennes.

Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray

Dans les rochers

Séquence encore plus libertine, dans un creux de rochers où les trois protagonistes semblent être Nusch et Lee Miller nues, et Paul Eluard. Les photos seraient de Man Ray.

Man Ray
Man Ray
Man Ray
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Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray
Man Ray

Ady et Nusch

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