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4 septembre 2018 2 04 /09 /septembre /2018 15:38
UNE CROIX SUR L'ENFANCE en Vendée

De l’enfance à l’enfer. Vocation supposée, vocation imposée. Ainsi un gamin de 11 ans est coupé des siens, de sa mère surtout, pour l’enfermement du petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers, pas loin de Montaigu.

Un récit, sur fond de pédophilie, qui vient en résonance avec l’actualité.

Rentrée des sixièmes en 1960 (sauf erreur, Jean-Pierre Sautreau est le 1er à gauche au 1er rang).

Rentrée des sixièmes en 1960 (sauf erreur, Jean-Pierre Sautreau est le 1er à gauche au 1er rang).

Un arrachement

 

Dans mes deux derniers livres Dans le jardin de mon père et Au fil de ma mère  j’ai, à travers ces figures parentales, évoqué mon enfance, sa décennie heureuse. Leurs lecteurs attentifs ont pu, par endroits, entrevoir des allusions aux cruelles années de déchirure qui allaient la suivre. L’année de mes onze ans, j’ai été mystérieusement recruté pour devenir prêtre. Et je me suis retrouvé avec une centaine de gamins, cette année-là, en sixième au Séminaire de Chavagnes en Paillers. J’ai vécu cet exil comme un véritable arrachement, des miens, de mes copains, de mon lieu, de ma vie ordinaire. Là, n’ayant pas la vocation supposée et me trouvant pris dans des rouages implacables, j’ai paradoxalement traversé de longues années d’enfer.

UNE CROIX SUR L'ENFANCE en Vendée

D’une décennie heureuse à 6 ans d’enfermement

 

Ce récit s’attache à relater ce basculement d’une décennie heureuse dans une très longue période de six années d’enfermement physique et psychologique au Séminaire. J’y décris, en revenant particulièrement sur l’atmosphère des deux premières années de formation et fondation, sixième et cinquième, le quotidien disciplinaire, la rigide organisation interne et les rudes règles de vie inhérents à l’établissement. Avec l’idée de notamment mettre à jour les mécanismes très réfléchis mis en place par lesquels on visait à déconstruire les personnalités pour construire de parfaits soldats de l’Église. Je n’irais pas jusqu’à parler de soldats de Dieu, car Dieu dans tout ça…J’évoque aussi malheureusement les mœurs pédophiliques de certains prêtres, dont j’ai été moi-même victime.

Sous forme d’enquête, de recoupements, je me suis aussi intéressé à l’invraisemblable machinerie du recrutement sacerdotal. Car pendant des années et particulièrement dans les années 50 et 60 pour faire face à son développement et ses ambitions hégémoniques, l’Église a bâti toute une stratégie, tout un réseau d’enrôlement. Une fabrique à grande échelle de vocations avec, à sa tête, une éminence, elle aussi à la main leste, vouée entièrement au recrutement des « vocations » et qui a parcouru pendant des dizaines d’années la Vendée, allant de foyers en retraites paroissiales pour semer la bonne graine à prêtrise dans des têtes innocentes.

Dans des têtes innocentes…voilà bien l’autre scandale de cette époque et de cette triste réalité. Comment imaginer dans ces têtes d’enfants de 10 ans et de surcroît dans ces années 50 et 60 une réflexion mûrie autour d’un tel choix et une libre détermination. Le taux de renoncement en cours de parcours (autour de 90% en est une preuve). Pensons qu’aujourd’hui l’on situe à 15 ans l’âge de maturité affective et de consentement…Ainsi, beaucoup sortiront très marqués de cette épreuve, rincés psychologiquement et physiquement écartés d’une normalité de l’existence dans laquelle ils devront, à leur sortie, se réinsérer. Alors, souvent seuls, ils s’éloigneront plus ou moins des leurs, se renfermeront en gardant le silence sur ces années et s’investiront dans des situations que leur ouvriront (seul point positif) ces très exigeantes années de discipline et d’instruction.

Une forme de résilience

 

Cette histoire dont j’ai entamé l’écriture il y a trois ans, mon histoire, remonte à 60 ans. Jusque-là, je l’avais mise sous le boisseau par peur de réveiller des monstres en remuant tout ça. Par lâcheté et peur de devoir affronter l’incompréhension et la condamnation dans une Vendée tellement marquée par sa relation historiquement intouchable avec l’Église. Mais justement, j’arrive à un âge où j’estime que cette Histoire doit être connue, peut-être débattue. Et puis elle est l’histoire d’un tas de gamins de cette époque qui, pris dans ce système, vivent avec encore, souvent dans le silence et le déni de sa réalité. Et il y a l’actualité qui devrait gommer les éventuels doutes sur mon témoignage.

J’ai voulu aussi l’écrire pour trouver enfin une certaine forme de la résilience chère à Boris Cyrulnik. En écrivant mes deux derniers livres j’ai refait avec bonheur un bout de chemin vers mes parents, des parents dont longtemps j’ai questionné la responsabilité dans cet enrôlement. Reste à me réconcilier avec moi-même et repartir de plus belle dans l’écriture.

 

Jean-Pierre Sautreau

UNE CROIX SUR L'ENFANCE en Vendée

La fabrique du cléricalisme

 

La fabrique du cléricalisme, tel pourrait être un sous-titre du dernier livre de Jean-Pierre Sautreau.

Non pas celui des anti-cléricaux – « le cléricalisme voilà l’ennemi » - celui qui veut imposer – et qui impose souvent (Argentine par exemple) – son dogme à la société entière. Mais le cléricalisme que dénonce le pape, celui de ces prêtres, de ces religieux ou religieuses, qui, se voyant sacralisés, se croient au-dessus du troupeau des fidèles. Et ce livre décrit bien comment cette distinction sert d’appeau pour attirer des gamins de familles calotines vers l’enfermement du petit séminaire, en leur prêtant une vocation que certains n’ont même pas exprimée ! À 9, 10 ou 11 ans. Et ensuite, pour formater ce futur pasteur des pauvres pécheurs, il est soumis à un véritable lavage de cerveau, une castration mentale ; la violence physique n’est pas absente avec un surveillant ensoutané et sadique ; mais la violence est d’abord dans un reconditionnement par le silence et la prière ; reconditionnement vérifié et renforcé par le directeur de conscience qui, chaque semaine, va disséquer, dans sa chambre, les résultats scolaires, le comportement, sans oublier la classique confession avec une chasse obsessionnelle aux pensées impures.

"L'emphase portée sur l'élection divine du prêtre, dont la vocation est appelée à se développer comme un "germe" à l'abri du monde dans le milieu fermé des séminaires triomphe au XIXe siècle,"siècle des curés". Face à un peuple de fidêles sans aucun pouvoir au sein de l'institution, s'impose la figure d'un prêtre porteur de tous les attributs du sacré...

La famille devient le lieu par excellence de son [l'église] emprise normative, avec une obsession croissante pour le contrôle de la sexualité des fidêles, principalement à travers la confession."

D. Hervieu-Léger

Télérama

 

La loi du silence

 

Alors comment appeler les seize heures qui s’égouttent entre la prière du matin et celle du soir, uniquement entaillées dans l’air goulûment avalé des récréations ? Le temps de la langue arrachée. Le temps de la parole gelée. Silence est leur mot étalon qui tranche nos minutes et chaîne tous nos actes et mouvements. Silence est leur mot clef qui nous verrouille et nous séquestre. Silence est leur mot scélérat qui leur offre l’ecchymose des corps et le blanchiment des consciences. Silence est leur mot dieu pour changer en eau bénite notre jeune sang fou. Silence est leur mot silence qui referme sa gueule sur nos bêlements. Silence est le mot totem de notre abattoir à ciel ouvert.

(…)

Couper notre langue, c’est nous couper de nos arrières, c’est couper cette langue ombilicale qui nous relie encore à notre terre d’enfance, à ce terreau de nos fables.

(…)

Silence on prie ! Du matin au soir, du soir au sommeil. La nuit, on garde un œil en prière.

 —Benedicamus Domino, claironne le soutaneux.

 — Deo gratias, gémissent les voix pâteuses.

 — Ave, Maria purissima.

  — Sine peccato concepta, croasse, en se signant, le dortoir agenouillé.

Notre premier souffle est pour le Seigneur. Le dernier le sera aussi : In pace in idipsum dormiam et requiescam, in manus tuas, Domine, commando spiritum meum. Les prières dentent notre noria, battent notre temps. Elles entament et closent chaque repas. Sucres lents. (Benedicite…Benedic, Domine, nos et haec tua dona de tua largite… Amen… Agimus tibi gratias, omnipotens deus…), démarrent et bouclent chaque étude, chaque classe. Tranquillisants sécables. Elles s’écoulent sous le long péristyle d’un vase à l’autre. Notre-Dame du Sceptre est saluée d’un Sub Tuum avant chaque sortie en promenade. Il est bien vu d’abréger la récréation pour faire une visite au Saint Sacrement. Ces prières-là sont pour le rythme, pour la bonne hygiène. Elles sont les amuse-bouches, les mignardises autour des plats de résistance, des mets aux riches fumets qui tiennent à l’âme, la Sainte messe du matin, la méditation apéritive, la salivante lecture spirituelle d’avant le souper, enfin, l’office du soir, gardant le corps, au moins jusqu’à minuit, dans la sainte digestion des sucs spirituels. Le dimanche et les jours de grande fête, on noce, on banquette, messe solennelle, heures catéchistiques et vêpres reculent notre ligne d’oraison. Mal de foi.

 La prière nous ficelle. La prière nous enroule.

 

Extraits

 

Tout cela, sur fond de pédophilie.

Le recruteur-chef, affublé du titre de Monseigneur pour service rendu à la grande chasse vendéenne aux vocations, n’hésite pas à pogner, comme disent les québécois, les délicates coucougnettes des gamins qu’il recrute, des milliers, dans son bel apostolat, dans le saint but, bien sûr, de leur faire confesser ces vilaines et impures pensées. Le sadique surveillant est, pour avoir été surpris avec deux élèves, exfiltré dans une cure (et ses deux victimes virées du séminaire). Et les autres victimes de ces pédotraficants se taisent*. Car, inconsciemment sans doute, ils savent que leur parole serait inaudible, dans cette Vendée où au début du siècle suivant, un évêque fera preuve de repentance, pour cette Eglise trop présente, qui occupait l'espace social et laissait peu de place à des manières de penser et de vivre la vie humaine et la foi d'une manière différente. Poids du cléricalisme donc, omnipotent. Jusque dans leur propre foyer pour des parents si fiers de donner un prêtre à l’église.

Chers parents, j’ai un nouveau Directeur de conscience, mon professeur de mathématiques. Mon stylo se bloque là. Comment leur confier cet incident, cette bêtise comme dit la chansonnette ? Depuis vendredi, je retourne ces instants de confession. Comment mettre en mots cette scène, cette imposition de main ? Comment faire avec ces mots collés au corps ? Quels mots mettre sur cette main hors de portée des mots ? Cette main avancée dans le silence, glissée dans la prière. Comment concilier le complaisant abandon reptilien de mon confesseur et sa traque obstinée de mes mauvais désirs, de mes mauvaises pensées, de mes mauvais touchers ? Comment relier son geste moite à son cramponnement moralisant qui damne mes jeux d’été, animalise mes moindres fibres, bestialise mes pulsions ? Comment regarder ce pourfendeur hérissé par la luxure, par ailleurs s’enflammant à toutes les illuminations de la chair contenues dans ses pénitentiels et caressant dans le poil mes confidences ? Comment le nommer ? Le mot n’existe pas. Il ne fait pas partie des 73 000 articles du Petit Larousse de mon trousseau de rentrée. Je ne trouve pas mon Directeur de conscience entre pédonculé et pédum.

 

Extrait

S’il entre si fort en résonance avec l’actualité, ce livre n’est cependant pas une œuvre de circonstance, ni un simple témoignage, ni un réquisitoire. Mis en chantier depuis trois ans, il vient en contrepoint des œuvres précédentes où papa bine et maman coud. Il conte le dernier été de l’enfance, avant l’enfermement entre les murs gris du séminaire. Il dit la foi simple de parents emberlificotés par les bonimenteurs en soutane. Il fait saisir de l’intérieur l’aveu indicible. Et cette croix sur l’enfance est aussi une croix sur le lien avec la mère.

UNE CROIX SUR L'ENFANCE en Vendée

Ce temps semblait bien fini. Celui où grâce à un système de propagande s’appuyant sur tous les réseaux – écoles confessionnelles, mouvements de jeunesse, curés et vicaires, etc. – visant les mères, qui sont la clé des prétendues vocations, avec une revue à elles réservée, puis la retraite spirituelle où le grand rhéteur Arnaud venait ferrer les gamins appâtés, des cohortes de plus de cent élèves entraient en 6e à Chavagnes. Le vent conciliaire a fait vaciller la quasi théocratie vendéenne de Cazaux. Le petit séminaire a fermé ses portes en 1972.

Mais, depuis peu, on voit réapparaître de jeunes clercs arrogants, parfois à nouveau ensoutanés, incarnant un renouveau d’un cléricalisme qu’ils revendiquent.

UNE CROIX SUR L'ENFANCE en Vendée

Une croix sur l'enfance en Vendée

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Le vendredi 16 novembre, à 20 h 15, une soirée débat sera organisée à l'Espace Plaisance (derrière le collège du Sourdy), à Luçon, en présence de Jean-Pierre Sautreau, animé par Pierre-Yves Bulteau (journaliste).

 

* Cependant un mensuel local s'était fait l'écho, en février 2012, des témoignages de victimes des prêtres du petit séminaire :

 

Victimes de prêtres pédophiles, leur souffrance est éternelle…

 

Abusés dans leur chair et dans leur âme, certains se sont reconstruits ou tentent encore de le faire, d’autres ont enfoui leur extrême souffrance au plus profond d’eux-mêmes pour se protéger ; certains survivent à coups de neuroleptiques, quelques-uns auraient en cours de route décidé d’en finir avec la vie…Tous ont un point commun, celui d’être passé par le petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers, qui se révèle pour beaucoup être une machine à broyer les êtres humains plus qu’à les éduquer sainement selon les préceptes vertueux de l’église catholique. Enfants victimes d’abus sexuels (attouchements et viols en tous genres), ces hommes âgés de 50 à 60 ans veulent aujourd’hui témoigner des souffrances qui les hantent toujours, afin qu’elles soient écoutées et reconnues. Les faits subis étant prescrits pénalement, ils ont pour cela choisi la voie médiatique, qui reste leur ultime issue pour se faire entendre de tout le monde.

 

Le Sans Culotte N° 52 (février 2012)

 

 

Ouest-France du 27/09/2018 donne un entretien avec Jean-Pierre Sautreau mais sur la page locale (Luçon), alors que le sujet même est en totale résonance avec une actualité dont témoignait Le Monde, daté du 26/09/2018, titrant sur la grande réticence de l'église de France à faire un véritable bilan des abus sexuels commis par ses clercs.

NB Finalement une note de lecture de Philippe Ecalle rend compte du récit de J. P. Sautreau, en page régionale (voir plus bas)

UNE CROIX SUR L'ENFANCE en Vendée

La page régionale d'Ouest-France accueille un "on a lu" - signé de Philippe Ecalle - le 28/09/2018.

UNE CROIX SUR L'ENFANCE en Vendée

 

Dans une pleine page (section "France") intitulée "Les abus sexuels une onde de choc dans l'église", et qui fait écho au communiqué de l'évêque de Luçon, François Verceletto revient sur le récit de Jean-Pierre Sautreau.

UNE CROIX SUR L'ENFANCE en Vendée

Dans un article intitulé

Abus sexuels dans l’Eglise: en Vendée, d’anciens séminaristes brisent le silence

Mediapart fait écho au livre de J.-P. Sautreau :

"Ces derniers mois, les révélations se sont accumulées dans le diocèse de Luçon. Pour la première fois, des prêtres témoignent auprès de Mediapart d’affaires cachées pendant des décennies en Vendée, en suivant un mode opératoire classique, fait de déplacements et de silence organisé. Après deux ans de scandales au sein de l’Église catholique, la chape de plomb a enfin sauté* dans ces terres rurales et conservatrices.

Pour une grande partie des victimes, l’électrochoc s’est produit lors de la publication du livre de Jean-Pierre Sautreau, Une croix sur l’enfance en Vendée (Geste, 2018), paru à la fin août dernier. Dans cet ouvrage, l’auteur décrit un sacrifice des « agneaux » au petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers [...]

Jean-Pierre Sautreau, l'auteur du livre Une croix sur l’enfance en Vendée, se rappelle lui aussi précisément de son agresseur, son confesseur. « Il rapproche avec perfidie les aveux du prie-dieu de ses propres observations, écrit-il dans son livre. Là, l’agenouillé est sa proie. La petite bête qui monte, le petit animal immonde est dans ses griffes. Là, il touche à la tache mortelle, à la souillure qui fait du confessé un délinquant. Soudain, fébrile, il se venge ou se risque. »"

 

 

* Dans un communiqué - Pédophilie "Pour l’Eglise il n’y a pas de prescription à la souffrance" le nouvel évêque de Luçon, François Jacolin, reconnaît clairement que  "Dans la période allant de 1950 à 1979, certains prêtres ont failli gravement en commettant des abus sexuels, gestes inacceptables, sur des enfants qui leur étaient confiés dans le cadre du petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers ainsi que dans le cadre de l’institution Saint-Joseph de Fontenay-le-Comte. "

 

Le communiqué épiscopal fait réagir :

OUEST-FRANCE : Vendée. Des affaires de pédophilie secouent le diocèse

mais aussi  l'AFP et d'autres

 

GOLIAS se fait l'écho du livre de Jean-Pierre Sautreau :

Les sacrifiés de Dieu

 

"Parmi les témoignages de victimes d’abus commis par des prêtres, celui porté par Jean-Pierre Sautreau dans son livre est précieux. Il met en lumière des pratiques ecclésiales pour satisfaire le besoin de prêtres et démontre surtout que les abus dans l’Eglise ont toujours existé. L’auteur de cet ouvrage délicat, magnifiquement bien écrit, narre l’expérience vécue au début des années 1960 dans l’ancien Petit Séminaire de Chavagnes-en-Paillers, en Vendée..." Lire la suite

Article et extrait du livre

Un débat sur BFM TV

Prêtres pédophiles: la fin de l’Omerta ?

Depuis 4 jours, les plus hauts responsables de l'Église catholique sont réunis pour lutter contre la pédophilie et les abus sexuels au sein du clergé. Le scandale est mondial avec des milliers de cas d'abus sexuels sur des mineurs. Des communautés pratiquantes s'interrogent dans l'Est des Etats-Unis, en Italie ou encore en Pologne. Que fait la fille ainée de l'église pour protéger les plus jeunes fidèles en France ? - On en parle avec: Jean-Pierre Sautreau, victime d'un prêtre-enseignant en 1959 et 1962. Carole Damiani, psychologue, directrice de l'association Paris aide aux victimes. Et Antoine-Marie Izoard, directeur de la rédaction de Famille chrétienne. - Priorité au décryptage, du dimanche 24 février 2019, présenté par Patrick Sauce, sur BFMTV

 

 

Pour compléter :

Splendeur et misère d'un petit séminaire

Actes de la Recherche en Sciences Sociales

 

SOIREE DEBAT 16 novembre 2018

Au moins 200 personnes étaient présentes à cette soirée animée par le journaliste Pierre-Yves Bulteau.

Après un échange entre l'animateur et Jean-Pierre Sautreau, est venu le moment de deux témoignages particulièrement émouvant.

La partie débat fut en fait marquée essentiellement par d'autres témoignages.

 

UNE CROIX SUR L'ENFANCE en Vendée
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CHARLIE HEBDO du 13-02-19 rend compte du livre de Jean-Pierre SAUTREAU

Double page centrale

Article de Laure Daussy et dessins de RISS

 

UNE CROIX SUR L'ENFANCE en Vendée
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Des anciens petits séminaristes vendéens - dont J. P. Sautreau - victimes d'abus sexuels appellent toutes les autres victimes à témoigner devant la Commission Sauvé

UNE CROIX SUR L'ENFANCE en Vendée

JDD du 30 juin 2019

 

Pédophilie dans l'Eglise : les victimes des prêtres brisent le silence

 

Un retraité a raconté les attouchements au séminaire

Jean-Pierre Sautreau, 70 ans, a appelé la plateforme dès le 3 juin. Il s'est raconté lui, garçon de 11 ans, subissant les attouchements d'un prêtre au petit séminaire de ­Chavagnes-en-Paillers (Vendée). "J'ai vécu dans le silence, dans la souffrance, dans le déni, soupire-t‑il. C'était indicible, le poids de l'Église était si énorme…" De cette innocence brisée, le retraité a fait un livre, Une Croix sur l'enfance en Vendée (éditions La Geste). Depuis la parution de celui-ci en août 2018, il assure avoir reçu "une centaine de témoignages de victimes", mettant en cause une trentaine de prêtres dans son département.

Extrait

 

Jean-Pierre Sautreau a appelé la plateforme le 3 juin pour dénoncer les attouchements d'un prêtre lorsqu'il avait 11 ans. (YOHAN BONNET POUR LE JDD)

Jean-Pierre Sautreau a appelé la plateforme le 3 juin pour dénoncer les attouchements d'un prêtre lorsqu'il avait 11 ans. (YOHAN BONNET POUR LE JDD)

La visite de la commission Sauvé, à Nantes, le mardi 11/02/2020 a des répercussions en Vendée.

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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 15:01
Affaire Baupin : règlements de comptes verdâtres

Près de cinq ans après, lors d’un nouveau séjour marocain, il faut avouer que l’affaire Baupin n’a absolument pas eu l’effet de sidération qu’avait provoqué l’affaire DSK. A dire vrai, à Azrou, on l’a totalement ignorée. De retour, lecture de l’entretien de Baupin à L’OBS en diagonale. Puce à l’oreille cependant avec la protestation de Mme Massonneau. Curiosité enfin avec la contre-attaque virulente de l’avocat ! Les accusatrices étrillées : une affaire qui sent le coup fourré.

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Véronique Masseonneau à côté de Denis Baupin

« Assez de ce procès dégueulasse qui cherche à me faire passer soit pour une victime consentante, soit pour une complice de harcèlement. […] Je n’ai besoin de personne pour déterminer quand je me sens avilie et victime de comportements inconvenants. » C’est cette protestation véhémente de Véronique Massonneau contre les pressions de ces ex-camarades EELV qui m’a incité à y voir de plus près, dans cette affaire Baupin.

Plongée donc du côté de Mediapart.

L’article, en forme de réquisitoire, est impitoyable : Des femmes dénoncent les agressions et harcèlements sexuels de Denis Baupin. Mediapart et France Inter ont recueilli des témoignages sur des faits pouvant être qualifiés d’agression et de harcèlement sexuels attribués au député de Paris Denis Baupin.

Suivent les témoignages d’élues des verts.

Octobre 2011, Montreuil. Sandrine Rousseau se tient à la tribune, face aux cadres d’Europe Écologie-Les Verts venus préparer le programme pour la présidentielle et les législatives de 2012. « À un moment donné, j’ai voulu faire une pause », raconte-t-elle. Elle se lève, quitte la pièce, part aux toilettes. « Dans le couloir qui longe la salle, Denis Baupin est venu. Il m’a plaquée contre le mur en me tenant par la poitrine, et a cherché à m’embrasser. Je l’ai repoussé violemment. » Elle venait d’intégrer la direction de son parti. Denis Baupin, lui, est déjà un cadre influent du mouvement écologiste.

Isabelle Attard est députée du Calvados depuis juin 2012. Élue sous l’étiquette EELV, elle a quitté son parti en décembre 2013 en raison de désaccords politiques. Elle se présente désormais comme « députée citoyenne » mais reste rattachée au groupe écologiste de l’Assemblée nationale. De juin 2012 jusqu’à son départ d’EELV, un an et demi plus tard, elle raconte avoir reçu des dizaines de SMS de Denis Baupin. « C’était du harcèlement quasi quotidien de SMS provocateurs, salaces…. »

Elen Debost, adjointe à la jeunesse EELV de la mairie du Mans depuis deux ans, raconte avoir été victime du même procédé. C’était en 2011. À l’époque, elle n’est qu’une « jeune militante qui monte » « Au total, j’ai reçu une centaine de messages. Du type “Je suis dans un train et j’aimerais te sodomiser en cuissarde”.

Annie Lahmer est conseillère régionale d’Île-de-France EELV. Adhérente des Verts depuis une vingtaine d’années, elle a un temps été salariée par son parti. « Un soir, j’étais dans le bureau de Jean-Luc Bennahmias, qui n’était pas là… J’étais seule avec Denis. Il s’est mis à me courir après autour du bureau… »

Sur toutes ces femmes qui ont accepté de témoigner, sur une période allant de 1998 à 2014, aucune ne l’avait dit publiquement jusque-là. Et aucune n’avait porté plainte, ajoute la journaliste.

La cause est donc entendue : ce Baupin est un harceleur convulsif, d’autant qu'un témoin anonyme nous assure qu’il pince les fesses des salariées dans les ascenseurs. Et le vilain veut imposer des conditions insupportables aux deux journalistes accusateurs pour les rencontrer.

C’était sans compter sur l’avocat dont la contre-attaque est cinglante. Et l’accusation risque de se retrouver éparpillée façon puzzle.

Dans Huffington Post, il pointe d’abord une singulière question des journalistes peu avant la parution des accusations :« "Plusieurs témoignages évoquent des contacts physiques délibérés. M. Denis Baupin s'est-il rendu compte que ces gestes pouvaient être assimilés à une agression sexuelle?" Quel honnête citoyen répondrait autrement que : (...) je ne sais pas de quoi, de qui, de quand vous me parlez. »

Une autre question, toujours aussi vague : "Plusieurs témoignages évoquent notamment l'envoi de nombreux SMS sur le registre de la séduction, ou invitant à une relation sexuelle ou à caractère pornographique. M. Denis Baupin s'est-il rendu compte que ces envois répétés pouvaient être assimilés à du harcèlement sexuel?"

L’avocat a beau jeu d’observer qu’aucun SMS litigieux n’appuie l’accusation explicite. Et le "s'est-il rendu compte" rend de fait bien compte du ton assez arrogant employé : nos journalistes sont là pour lui faire la leçon au Baupin.

Et, lui, cite les SMS échangés qui éclairent d’un tout autre jour les accusations de certaines des personnes citées.

« Deux des quatre premières accusatrices répondent ainsi à mon client, sans ambiguïté (et dans une graphie et des coquilles propres aux SMS):

- l'une assène: "tu as affaire à une (...) amoureuse et comblée par ses amants c'est mal barré", suivi d'un sourire en smiley. Puis la drague s'arrête et on continue de parler politique: "si je fais l'inauguration de ma (...) le lundi 1er octobre, seras-tu dispo? j'attends ta réponse avant de bloquer"

- une deuxième, au lendemain d'une supposée agression sexuelle narrée comme traumatisante, discute ainsi sans souci aucun. Lui propose: "on se prend un café ou un dej quand tu viens à Paris?" et elle de répondre "ouais sans problème vendredi par ex". Lui: "Quel enthousiasme! (avec smiley)". Et elle: "Ben ouiiiiiii !!!!! Avec plaisir". Et ainsi de suite...

Lisons un dernier échange, où une troisième accusatrice écrit, alors que Denis Baupin, au fil de leur jeu érotique à distance, lui suggère une scène: "Continue sur le registre Coderlos de Laclos (smiley)". Elle continue: "Poufffffffff chaleur... Humide". Elle dit encore: "Content de toi? mais change pas ma position". Et aussi: "Tu veux quoi que je te fzasse monté la tension à ne plus pouvoir te retenir; Te dire que lionne n'est pas qu'une image, que j'aime le sexe sans limite libre, et un peu extrome que que je n'aime rien tant que faire monter jusqu'à ses limites. Que j'en ai peu...". Et enfin "Comme si tu avais besoin de ça... Et les bottes oui ça a l'avantage d'afficher la couleur les cuissardes: Suis pas une sainte nitouche ni un ange".

L’avocat justifie que son client ait demandé aux deux journalistes qu’une partie de l’entretien soit en off, pour répondre à des accusations précises, en citant ces échanges. « Ils lui ont répondu avec arrogance: on enregistre tout, laissant la responsabilité à Denis Baupin d'être bel et bien poursuivi pour atteinte à la vie privée de ces femmes... ».

Présumé coupable

Et il constate qu’il est « impossible de prouver qu'un fait - comme une agression sexuelle dans le bureau d'une fonctionnaire, aussi invraisemblable soit-elle - n'a pas eu lieu. »

Que Baupin soit un dragueur invétéré, même son avocat en convient ; qu’il ait eu le SMS libertin facile est indéniable. Mais que les accusations, savamment orchestrées par Mediapart et France Inter, surgissent au moment où EELV éclate, où Baupin reste dans la majorité présidentielle, où son épouse Emmanuelle Cosse est entrée au gouvernement, donne à l’affaire un relent assez nauséabond de règlements de comptes !

Baupin, en tout état de cause, est touché, coulé. Ses accusatrices risquent, elles– si les SMS produits par l’avocat sont bien les leurs – de perdre toute crédibilité, mais entre temps, les accusations auront fait mouche.

Et les journalistes-procureurs auraient été mieux inspirés de ne pas se lancer imp(r)udemment dans cette manip douteuse de vertes peu scrupuleuses.

PS La qualification de DSK des Verts a été lancée par une universitaire qui, sans l’identifier, parlait d’un élu "sorte de «DSK des Verts» [qui] semble bénéficier d’une forme de bienveillance, qui n’est pas sans rappeler celle dont [a  bénéficié] Dominique Strauss-Kahn". Or, n’en déplaise aux cagots, faut-il rappeler que, dans l’affaire dite du Sofitel, le procureur étatsunien a abandonné toute poursuite pénale et que dans celle dite du Carlton de Lille, le procureur français a démonté le dossier de l’instruction et DSK a été relaxé. Que DSK soit un queutard voire un partouzard, que cela fut connu ou pas, relevait de sa vie privée.

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Nota Bene

Le deblog-notes, même si les articles "politiques" dominent, essaie de ne pas s'y limiter, avec aussi le reflet de lectures (rubrique MLF tenue le plus souvent par MFL), des découvertes d'artistes ou dessinateurs le plus souvent érotiques, des contributions aux tonalités diverses,etc. Pour les articles que je rédige, ils donnent un point de vue : les commentaires sont les bienvenus, mais je me donne bien sûr le droit d'y répondre.

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Nelle Formule

Overblog - hébergeur du deblog-notes - a réussi l'exploit de lancer une nouvelle formule qui fait perdre des fonctions essentielles de la version précédente. Ainsi des liens vers des sites extérieurs disparaissent (désolé pour  Koppera, cabinet de curiosités, ..). Les albums se sont transformés en diaporamas, avec des cadrages coupeurs de têtes. La gestion des abonnés et des commentaires est aussi transparente que le patrimoine de Copé. Et toutes les fonctions de suivi du deblog-notes - statistiques notamment - sont appauvries.