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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 16:03

Á la tête de l’art, Ménard !

Alleluia ! La rapporteure du conseil d’état, vendredi 21 octobre 2016, recommande à la section du contentieux d’autoriser l’installation des crèches de Noël dans les bâtiments publics.

Mais avec une subtilité digne des plus grands casuistes, elle met comme condition première que cette installation n’ait pas une « intention religieuse ». Ces crèches temporaires, qui naissent au XVIe siècle, sont censées représenter la naissance du « fils de dieu », pour les chrétiens ; mais on pourrait donc les installer sans intention religieuse ! Et dans quelle intention donc ? La rapporteure de répondre : que cette manifestation revête un  «caractère d’une manifestation culturelle ou au moins festive ». Pour le côté festif, on pourrait penser que le sapin de Noël avec ses boules et ses lumières clignotantes pourrait suffire au bonheur des petits et des grands.

Pour ce qui est du culturel – si l’on met de côté les santons provençaux authentiques qui témoignent d’un art populaire – l’horrible crèche ménardesque relève d’une courageuse initiative pour réhabiliter la statuaire saint-sulpicienne, avec une audace de mise en scène avec ce bout d’auvent en toile mal tendue, en guise de crèche. Mais après tout, cet avant-gardiste peut invoquer les ready made de Duchamp à la suite de son célébrissime urinoir signé R. Mutt 1917 (Fountain).

 Les conclusions de la rapporteure, si elles sont adoptées par le conseil d’état, loin d’éteindre tout contentieux, vont au contraire les attiser. Car, à l’évidence, pour Ménard, pour Retailleau, pour l’extrême-droite et la droite-extrême, l’invocation des fameuses "racines chrétiennes" est, avec ces horreurs, plus qu’ostentatoire !

Crèches de Noël : provocations de droite extrême

Ouest-France 04/12/2015

Le petit jésus entre le boeuf Retailleau et l'âne Ménard

Le petit jésus entre le boeuf Retailleau et l'âne Ménard

Les crèches : une coutume, une tradition culturelle que dis-je un héritage culturel comme le clame l’héritier de Retailleau à la tête de la Vendée !

 

Cette tradition était-elle donc menacée par une horde de libre-penseurs marteau au poing et faucille entre les dents, dévastant les crèches de nos églises et cathédrales, comme des intégristes cathos en Avignon vandalisant les œuvres de Serrano ? Que nenni, ces horribles laïcards, comme osent dire les cagots, se sont contentés de demander l’application de la loi du 9 décembre 1905,  Article 28 « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. ». Que se contente aussi de rappeler un vademecum de la Laïcité de l'Association des Maires de France (p. 16).

Non sans cynisme, un plumitif de l’Opinion (confidentiel journal de droite extrême) ose écrire : « A l’approche de décembre, la polémique sur les crèches dans les mairies resurgit. » Faut-il rappeler que si polémique il y a, elle est née de la provocation de quelques élus d’extrême droite ou de droite extrême ?

La crèche-Retailleau dans le hall de l'hôtel du département de la Vendée !

Car que l’on sache, cette fameuse tradition culturelle, cette coutume ancestrale voyait des crèches plus ou moins monumentales s’ériger dans les églises. Et les foyers plus ou moins catholiques sortaient les figurines du papier de soie, chiffonnaient du papier kraft imitation montagne, et installaient leur crèche familiale où le petit jésus n’apparaissait entre le bœuf et l’âne gris que le 24 décembre après la messe de minuit !

Mais à quand remonte la présence d’une crèche dans la Mairie de Béziers (d’une laideur extrême d’ailleurs) ? A la décision du Maire FHaineux, Ménard, l’an passé. A quand remonte la présence d’une crèche dans le hall de l’Hôtel du département de la Vendée ? Non pas au Vicomte Le Jolis de Villiers de Saintignon, le seigneur et maître de longues année, mais à son fils spirituel qui l’a évincé, le Brutus-du-bocage, Retailleau, l’an passé. Qui donc a lancé cette polémique stérile sinon ces personnages par leurs provocs puériles !

 

Après tout, pourquoi pas ? Il y a bien des pères Noël qui peuvent distribuer des cadeaux aux petits nenfants dans des salles municipales.  

La crèche à Ménard qui prouve qu'en Galilée, juste au début du 1er siècle de notre ère, on pratiquait le camping (un peu venteux).

 

Cela voudrait dire que cette histoire de petit jésus relève de ce folklore, qu’elle est aussi crédible que le père Noël. Autrement dit, que cette histoire de Vierge donnant naissance à un fils de dieu dans une étable, c’est du pipeau. Et n'a pas plus de signification religieuse que le sapin ne renvoie à de vieux rites païens. Et alors que des Maires un peu gâtifiants, en ornent les mairies, que des présidents de conseils généraux assez bornés en décorent leurs somptueux hôtels de département, ça sera au même titre que le sapin de noël enguirlandé et clignotant. Peut-être avec des figurines et un décor de meilleur goût que celui des pionniers Retailleau et surtout Ménard. Quoique, sait-on jamais, peut-être que, snobisme aidant, la statuaire saint-sulpicienne va être le nec plus ultra sur le marché de l’art ?

Mais que curés et évêques virent toutes les crèches de leurs lieux de culte : imagine-t-on le monseigneur Castet dire la messe de minuit déguisé en père Noël au pied d’un sapin orné d’hosties pour faire joli !

 

En arrière-plan cependant, bien exprimée par la Présidente des maires de Vendée, A-M Coulon, on trouve l’idéologie rance des cagots de la manif anti-mariage pour tous qui ont noyauté la liste de Retailleau. Non M. Auvinet, l’héritage culturel dont vous vous réclamez, n’a toujours vu installer des créches que dans les lieux de culte catholiques ou chez les particuliers, pas dans les mairies. Non, Madame Coulon, vos valeurs intégristes ne sont pas celles de la République.

 

 

PS Au marché d'Hayange, avec les félicitations du Maire FHaine, une délicate charcutière a réalisé une charmante crèche comestible à base de cochonnailles. Une idée pleine de subtilité ! Tout-à-fait au diapason de la folklorisation des crèches de Noël !

 

En complément

 

Grande offensive d'Ouest-France du 21/12/2015 sur les crèches dans les bâtiments publics :

un article sur un vademecum à l'usage des élus de l'AMF (Assemblée des Maires de France présidée par Baroin) avec deux opinions l'une pour et l'autre contre (équilibré donc, même si l'article lui-même est un peu faux cul)

un point de vue, signé d'un député dont on oublie de donner l'étiquette et d'un historien dont on oublie de donner la spécialité et lui franchement hostile au vademecum

Article d'Ouest-France 21/12/2015

Réactions à l'article

"Point de vu"

Quand les cagots salissent la laïcité !

 

Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage dit un vieux proverbe. Qui veut salir la laïcité, la baptise laïcisme. Et quand en plus ça rime avec fondamentalisme le tour est joué. Et ils se sont mis à deux pour livrer ce point de vue* totalement impartial : un député de l’Isère LR (« Les Républicains ») et un historien orthodoxe qui œuvre pour l’œcuménisme au sein d’une institution catholique. Tous deux garants on le voit d’une parfaite objectivité. On le sent bien quand ils évoquent les pauvres élus de base en prise « à la radicalisation à l’école, dans les cantines, à la piscine, etc. »

La caution d’un historien slave, spécialiste de l’orthodoxie et des uniates, est d’un grand poids pour nous asséner que les crèches de Noël dans les lieux publics « avant toute pratique cultuelle, elles font partie de la culture française ».

Bizarre, bizarre cette pratique culturelle qui date de l’an passé. Car qui a vu une crèche dans la Mairie de Béziers avant que Ménard, par pure provocation, décide d’en ériger une. Et qui à l’hôtel du département de la Vendée, avant que Retailleau ne l’imite ? D’où sort donc cette tradition que même le grand pourfendeur du mariage pour tous – P. Gosselin, député LR de la Manche – nie : « dans la Manche il n’y a pas de crèche dans les lieux publics, ce n’est pas notre tradition ». Et ce n’est pas plus la tradition dans l’Hérault ou la Vendée. Ce qui n’empêche pas évidement Gosselin de s’adonner ensuite à un grotesque amalgame où il mêle les calvaires, le père Noël et les sapins.

La loi de 1905, dont on vient de fêter le 110e anniversaire, mais que les Ménard, Retailleau appuyés par les cagots à la mode manif anti mariage pour tous veulent bafouer au nom de leurs prétendus racines, est claire. Son article 28 proscrit tout signe ou emblème religieux sur et dans les monuments publics. Sauf à dénier tout caractère cultuel aux crèches, sauf en faire des équivalents des sapins de Noël sans aucune référence religieuse, elles n’ont donc pas leur place dans une mairie. Un croyant digne de ce nom devrait être le premier à en interdire cette profanation !

 

Réaction à ce 'point de vue' envoyé à Ouest-France (non publiée)

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