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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 20:25
Le Monsignore est tout émotionné !

Le Monsignore est tout émotionné !

02/03/2017 Krzysztof Charamsa invité de 28 minutes Arte à l'occasion de la sortie de son livre La première pierre

Le synode sur la famille commence comme un film d’Almodovar, titre un journal italien, après le coming out d’un Monsignore. Le théologien, Krzysztof Charamsa, membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi, est sorti du placard : dans un long entretien à Il Corriere della Sera, il a affirmé son homosexualité. Là-dessus, un curé de Trente, lui, excuse la pédophilie !

Krzysztof Charamsa, comme son prénom l’indique, est d’origine polonaise. Mais vit à Rome depuis 17 ans. Outre son appartenance à la Congrégation pour la doctrine de la foi, il enseigne la théologie à l’université pontificale grégorienne. Et la veille de l’ouverture du synode sur la famille, il accorde donc un long entretien à Il Corriere della Sera, dans lequel il se présente sereinement comme un prêtre homosexuel, heureux et fier de son identité ! Scène touchante également quand il présente son amant, Edouard, à qui il a dédié ce qu’il appelle sa sortie du placard. Sortie à laquelle il invite les nombreux autres prêtres gays à se livrer. Il a adressé une lettre personnelle au Sandro Padre, au pape, pour lui révéler son identité sexuelle ; il l’a fait savoir également à l’université romaine où il enseigne. Et il prévoit, à sa grande douleur, qu’il ne pourra plus travailler dans une institution catholique.

Un prêtre qui excuse la pédophilie

 

D’un niveau beaucoup plus trivial est l’entretien de ce Don Gino Flaim, prêtre de la ville de Trente.

“La question de l’homosexualité dans l’Eglise, c’est un problème réel ?” demande une journaliste de La7

Je ne sais pas, répond le prêtre. La pédophilie, je peux comprendre. L’homosexualité, je ne sais pas. Je suis beaucoup allé dans les écoles, les enfants je les connais, et malheureusement il y a des enfants qui cherchent de l’affection parce qu’ils n’en reçoivent pas chez eux. Ils peuvent parfois tomber sur un prêtre qui cède, et ça je peux le comprendre.

— Donc ce seraient les enfants qui…

En bonne partie, oui.

— Donc les accusations à l’égard de la pédophilie sont injustifiées ?

Accusations… C’est un péché, et comme tous les péchés il doit être accepté.

— Et en ce qui concerne l’homosexualité ?

Je n’ai pas de connaissances directes, je ne pourrais pas me prononcer. Je ne m’étonne pas que de telles choses arrivent, puisque l’Eglise est une communauté de pécheurs. Ce n’est pas pour rien que Jésus-Christ est mort pour les péchés. Comment expliquer, d’ailleurs, que surviennent des maladies ?

— Parce que l’homosexualité est une maladie ?

Je pense vraiment… que oui.

(traduction Courrier International)

Le Don a été suspendu. Pourtant il ne faisait que reprendre ce qu’affirmait Bernardo Alvarez, évêque de Ténérife 

Les confessions du Monseigneur : coming out à la veille du synode !

Krzysztof Charamsa, lui, s’adressant au synode, affirme que toute personne, même lesbienne, gay ou transexuelle, porte dans son cœur une aspiration à l’amour et un désir de famille. Chacun a le droit d’aimer. Le christianisme est la religion de l’amour, c’est le message apporté par Jésus. Un couple d'homosexuels doit pouvoir dire à l’église son amour en accord avec leur nature.

Message inaudible. Le Vatican a immédiatement condamné le coming out, le qualifiant de "très grave et irresponsable" et a révoqué Krysztof Charamsa de ses fonctions auprès de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Et, bien que Romain depuis 17 ans, comme il dépend d’un évêché polonais, son supérieur hiérarchique local lui a demandé de faire amende honorable, faute de quoi il sera suspendu 'a divinis', c’est-à-dire viré.

Le Monsignore ne se faisait pas d’illusions. Il a prévu d’aller s’installer, avec son amant, à Barcelone. Perfidement, l’obs laisse subodorer une opération marketing de la part du futur ex-prélat :

« Que va devenir ce monseigneur gay qui revendique publiquement son homosexualité, et qui samedi soir était au bord des larmes lorsqu’il a quitté le restaurant romain siège de sa conférence de presse improvisée ?

 

Il répond :

"J’irai en Espagne, j’ai déjà mon billet, je remplirai deux valises avec mes livres, mes papiers et mes effets personnels, le reste je le laisserai aux bonnes sœurs du couvent où je vis. Et à Barcelone, je me chercherai un boulot."

 

Ce ne devrait pas être trop difficile, vue la clameur suscitée dans les médias du monde entier par son geste, et par l’annonce qu’il a faite hier soir d’avoir déjà écrit un livre en italien, avec traduction polonaise, "prêt à être publié". Les éditeurs intéressés ne manqueront pas. »

En envoyant son gros caillou dans la mare synodale, il n’est pas sûr que ce sémillant et jeune – pour un évêque, au moins, 43 balais – ait rendu un fier service à François, le pape. Il est peu probable que, de toutes façons, l’église bouge quelque peu sur le fond. Tout au plus, à propos des homosexuels, des divorcés, arrivera-t-elle à se souvenir de ce message que le catholique zombie* que je suis dans la nomenclature toddienne a encore en mémoire : « Que celui qui n’a pas péché jette la première pierre ».

Mais c’est son problème, à l’église, pas celui d’une société laïque.

Autrement dit, et il faut le répéter ad libitum, les confessions peuvent imposer leurs dogmes à leurs religionnaires, dans le respect quand même des lois en vigueur, comme l’interdiction de la contraception, a fortiori de l’IVG, du mariage entre personnes du même sexe, etc., sous réserve de ne pas chercher à imposer ces dogmes, ces interdits, à l’ensemble de la société civile !

 

* "Grâce à dieu, je suis athée" comme disait malicieusement Luis Bunuel.

ARTE 28 minutes

La première pierre

 

Entretien de 28 Minutes fait à l'occasion de la sortie du livre

 

La première pierre
Moi, prêtre gay, face à l'hypocrisie de l'église

Krzysztof CHARAMSA

La pierre angulaire est la première à être posée quand on construit un édifice. C’est la plus importante, celle qui doit tout soutenir. Pour Krzysztof Charamsa, cette première pierre a été son coming out du 3 octobre 2015. Alors qu’il exerçait depuis de nombreuses années de hautes fonctions au sein du Vatican, ce prêtre polonais a annoncé publiquement son homosexualité à la veille du synode sur la famille, afin de dénoncer l’hypocrisie de l’Église catholique. Une institution qui, depuis des siècles, instrumentalise les questions sexuelles pour imposer son propre pouvoir.
À travers ses préceptes et doctrines, l’Église conditionne ses fidèles à ne pas vivre sereinement leur sexualité. Ainsi, et alors même qu’elle parvient à dissimuler parfaitement les crimes de pédophilie, elle alimente, dans le secret du confessionnal, le sentiment de soumission des femmes à leurs époux, la culpabilisation de l’amour, la stigmatisation des homosexuels et des transsexuels, qu’elle considère comme des pestiférés. Or, selon K. Charamsa, le clergé catholique est lui-même composé en très grande partie de prêtres homosexuels. Qui se trouvent réprimés et contraints à la clandestinité.
Démis de ses fonctions par le Vatican, K. Charamsa souhaite avec ce livre secouer les consciences et poser les bases d’un nécessaire renouveau de l’Église. Une institution en laquelle il veut toujours croire, mais qui, si elle veut continuer à exister comme guide spirituel, doit commencer par respecter chaque personne.
 
Présentation de l'éditeur La découverte
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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 21:28
Droits de l’enfant : un réquisitoire de l’ONU envers le Vatican

Très peu d’échos au rapport du Comité des Droits de l'Enfant, publié le 5 février qui pointe les infractions, par le Vatican, à la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). Le Saint-Siège a cependant réagi avec une vigueur extrême. Pas tant sur les problèmes de pédophilies. Elle est pourtant accusée d’avoir violé la Convention dans les affaires de sévices sexuels. Mais sur ses positions discriminantes envers les homosexuels, sa vision stéréotypée du rôle des femmes, son attitude négative dans la prévention du SIDA… Ce que le Vatican a considéré comme une attaque de sa doctrine.

Droits de l’enfant : un réquisitoire de l’ONU envers le Vatican

La réponse sans concession (sic) du porte-parole du Vatican esquive la question de la pédophilie ou de maltraitance d’enfants : "les observations du Comité (…) interfèrent avec les positions doctrinales et morales de l’Eglise catholique" concernant "la contraception ou l’avortement, l’éducation dans les familles ou la vision de la sexualité humaine."

En effet, les rares articles consacrés à ce rapport ont mis en relief les constats sans indulgence sur l’attitude du Vatican dans les affaires de pédophilie. Le Saint-Siège a systématiquement placé la réputation de l'Église et des auteurs mis en cause au-dessus de la protection des victimes. Mais d’autres constats, tout aussi sévères quant au respect de la CIDE mériteraient d’être soulignés.

Droits de l’enfant : un réquisitoire de l’ONU envers le Vatican

Ainsi, peut-on encore lire dans le Droit Canon, l’expression discriminatoire et grotesque d’enfants illégitimes ; malgré des déclarations du pape François, le saint-siège continue de stigmatiser les homosexuels, transgenres et même les enfants de couple de même sexe. Le rapport déplore aussi que les manuels utilisés dans les écoles catholiques continuent de véhiculer des stéréotypes sur les rôles féminins et masculins alors que ce point avait été soulevé dès 1995. Pire encore, il ose parler des enfants de prêtres, souvent privés de l’identité de leur géniteur et dont les mères, quand elles obtiennent une aide financière de l’église, doivent s’engager au silence.

 

Rien n’est épargné à la pauvre église, puisque le rapport évoque les « Magdalene laundries » en Irlande, tenues par des congrégations de religieuses. Les jeunes filles, placées dans ces institutions, étaient forcées de travailler comme des esclaves dans ces blanchisseries ; elles subissaient un traitement inhumain, cruel et dégradant ; elles furent privées d’identité, d’éducation et souvent sous alimentées,  privées de soins médicaux, coupées du monde extérieur.  Les jeunes mères célibataires ont été privées de leurs enfants. Bien que ces congrégations soient sous l’autorité du Saint-siège, aucune investigation n’a été menée sur les responsabilités en leur sein ni pour savoir à qui profitait ce travail gratuit.

Les enfants volés par l’église franquiste sont aussi rappelés, ces milliers de nourrissons qui ont été enlevés de force à leurs mères par des membres de congrégations catholiques. Or, le Vatican n’a conduit aucune enquête interne et donc rien fait à l’encontre des responsables. Pas plus qu’il n’a pris de mesures pour tenter de retrouver ces enfants et les rapprocher de leurs mères biologiques.

 

   Rappel aussi de l'affaire d'une petite fille de neuf ans, au Brésil, qui a subi une interruption de grossesse en 2009 dans le cadre d'une urgence vitale, après avoir été violée par son beau-père. L'archevêque de Pernambuco avait excommunié la mère de la fillette ainsi que le médecin qui avait pratiqué l'interruption de grossesse, condamnation par la suite approuvée par le préfet de la Congrégation pour les Évêques. Le Comité rappelle au Saint-Siège les dangers des grossesses précoces et non désirées, et des avortements clandestins, qui donnent lieu à une importante mortalité chez les adolescentes, ainsi que les risques particuliers pour les adolescents et les adolescentes de contracter des maladies sexuellement transmissibles, dont le SIDA. Les recommandations sont bien sûr inacceptables pour une église engoncée dans ses certitudes rétrogrades (condamnations de la contraception, de l’IVG).

Droits de l’enfant : un réquisitoire de l’ONU envers le Vatican
Droits de l’enfant : un réquisitoire de l’ONU envers le Vatican
Droits de l’enfant : un réquisitoire de l’ONU envers le Vatican

Sur les actes de pédophilies, le comité dénonce de la part du Saint-siège une politique et des pratiques de protection des ecclésiastiques prédateurs. De nombreuses enquêtes ont montré que des prêtres coupables d’abus sexuels sur des enfants n’ont été que déplacés de paroisse en paroisse, voire dans d’autres pays, sans même les éloigner de tout contact avec des enfants.

 

Droits de l’enfant : un réquisitoire de l’ONU envers le Vatican

La loi du silence a été  imposée au clergé sous peine d’excommunication. Tandis que des religieuses ou prêtres qui avaient collaboré avec les autorités judiciaires de leur pays ont été ostracisés, le Cardinal Castrillon Hojos félicitait l’évêque de Bayeux, Pierre Pican, de n'avoir pas dénoncé un prêtre pédophile*.

Droits de l’enfant : un réquisitoire de l’ONU envers le Vatican

Le comité réclame que la nouvelle commission sur les agressions sexuelles, dont la création a été annoncée en décembre par le pape François, mène une véritable enquête sur tous les cas d’agressions commises par des prêtres et sur la réaction de la hiérarchie catholique au fil du temps. Il demande au Saint-Siège d’adopter des règles claires imposant la dénonciation obligatoire des agressions à la police et à la justice pénale de chaque pays.

Droits de l’enfant : un réquisitoire de l’ONU envers le Vatican

Il est probable que le Vatican va enfin s’attaquer au scandale de la pédophilie au sein de l’église. Mais les croisades qu’elle a lancées sur l’IVG, le mariage pour tous, la prétendue théorie du genre ne laissent rien augurer quant à sa possibilité de faire un nouvel aggiornamento. Vatican II est enterré, depuis Jean-Paul II. Il ne risque pas de ressusciter !

 

 

* « Vous avez bien agi et je me réjouis d'avoir un confrère dans l'épiscopat qui, aux yeux de l'histoire et de tous les autres évêques du monde, aura préféré la prison plutôt que de dénoncer son fils-prêtre », explique le cardinal qui justifie ainsi sa position : « en effet, la relation entre les prêtres et leur évêque n'est pas professionnelle, c'est une relation sacramentelle, qui créé des liens très spéciaux de paternité spirituelle ». (La Croix)

 

NB Les dessins maladroitement francisés sont pompés dans Saltimbanqui (El Circo)

“Puede haber menores que sí lo consientan -refiriéndose a los abusos- y, de hecho, los hay. Hay adolescentes de 13 años que son menores y están perfectamente de acuerdo y, además, deseándolo. Incluso si te descuidas te provocan”.

“Puede haber menores que sí lo consientan -refiriéndose a los abusos- y, de hecho, los hay. Hay adolescentes de 13 años que son menores y están perfectamente de acuerdo y, además, deseándolo. Incluso si te descuidas te provocan”.

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 17:03
HARAKIRI

A quelque chose malheur est bon : au moment du désastreux changement de format d’overblog j'avais cru qu'une page entière (http://deblog-notes.over-blog.com/pages/HARAKIRI_journal_bete_et_mechant-179081.html ) avait disparu du deblog-notes... Donc j'avais refait un article consacré au mensuel.

Et bien NON, la page n'avait pas disparu mais overblog avait inventé des adresses de "pages" qui se sont substituées aux vraies rendant les liens inopérants : la page HARAKIRI, journal bête et méchant est toujours là.

Mais peu de doublons entre les deux versions.

 

Rien d’original – et on trouvera sur le net de nombreux sites beaucoup plus exhaustifs sur le mensuel – mais avec un gif animé qui faisait défiler quelques images de la grande veine anti-calottine.

Les images mettent quelques secondes à défiler.

Les images mettent quelques secondes à défiler.

En y regardant de plus près, on voit combien Harakiri était en avance sur son temps, en témoignent cette réconciliation entre étudiant et CRS en 1968, ce baiser de lesbiennes et surtout ce mariage homo.

HARAKIRI
HARAKIRI
HARAKIRI

Mais il défendait aussi des valeurs chères aux prélats, comme le mariage d’un monsieur avec une dame et la fécondation in vivo et non in vitro !

HARAKIRI
HARAKIRI
HARAKIRI
HARAKIRI

Les problèmes de société posés par « Laissez-les vivre » ne lui étaient pas non plus étrangers. Ainsi que le danger de la pédophilie qui sévit d’abord au sein de la famille.

HARAKIRI
HARAKIRI
HARAKIRI

Méfaits de la victoire des socialistes, climat social et problème du chômage étaient déjà abordés. Ainsi que la dure condition des balayeurs d’origine immigrée et la grave question du racisme !

HARAKIRI
HARAKIRI
HARAKIRI
HARAKIRI
HARAKIRI

Et en cette période de vacances pensez à ceux qui restent ou qui sont déjà rentrés.

HARAKIRI
HARAKIRI

Et qu'est-ce qu'on dit ?

M

ERCI HARAKIRI

En complément :

Rencontres Photographiques d'Arles 2016

 

HARA KIRI PHOTO

En 1983, l'équipe d'Harakiri a testé le concorde (photo Chenz)

 

Vingt-cinq ans d’une histoire orgiaque et chaotique : de 1960 à 1985, "Hara Kiri", journal « bête et méchant » a attaqué la société française à la grenade de l’humour, de la provocation et du détournement. Pourtant, si Hara Kiri a révélé trois générations de dessinateurs, on occulte trop souvent la place remarquable de la photographie dans son succès et sa postérité. De cette épopée bruyante et grandiose, nous avons retrouvé de nombreux intervenants : les photographes encore vivants, celles et ceux qui ont posé devant l’objectif, des photos originales retouchées (à la gouache puis à l’aérographe), des tirages pour la photogravure, des cartes postales et objets promotionnels... Au-delà du « bête et méchant » un peu réducteur, de la scatologie, de la brutalité graphique et de la dérision totale, ces images, sorties de leur environnement éditorial, évoquent un surréalisme quotidien, une poésie saugrenue proche de la performance, dans une société française en pleine mutation.

 

 

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