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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 16:26
Irlande : 800 bébés dans une fosse commune d’un couvent

Que sont devenus les bébés fantômes ? s’interrogeait L’Obs en 2014. Près de 800 cadavres viennent d'être découverts dans un couvent de religieuses en Irlande. Il y avait des fœtus, bébés et enfants enterrés dans une fosse commune.

La commission, qui enquête en Irlande sur les Maisons d’accueil dirigées par des ordres religieux au XXe siècle, a informé vendredi 3 mars de la découverte d’un grand nombre de squelettes humains dans des cavités souterraines dans un centre tenu par des religieuses dans la commune de Tuam, à l’ouest du Pays.

The commission is shocked by this discovery and is continuing its investigation into who was responsible for the disposal of human remains in this way. ”

Irish examiner

En présentant quelques-unes de ses conclusions, la Commission sur les mères et les bébés a déclaré être choquée par cette découverte d’un grand nombre de restes humains dans 17 au moins d’une vingtaine de cavités souterraines mises à jour par les experts légistes ces dernières semaines.

Parmi ces dépouilles il y a un grand nombre d’individus dont l’âge est compris entre la 35e semaine de gestation et deux ou trois ans, a expliqué le porte-parole de la commission au sujet de ce centre de Tuam, qui fonctionnait comme maison d’accueil des mères célibataires entre 1925 et 1961.

Le gouvernement de Dublin avait mis en place cette commission en 2014 pour éclaircir cette question, depuis qu’avait été avancée la possible existence de près de 800 squelettes d’enfants dans une fosse commune dans l’enceinte d’un centre religieux des Sœurs du Bon Secours.

Irlande : 800 bébés dans une fosse commune d’un couvent

Centre d’accueil et de mort

En fait, ses investigations ont permis de mettre en lumière la surmortalité infantile enregistrées dans ces institutions durant le siècle dernier, les pratiques d’enterrements des défunts, les politiques d’adoption et même certains programmes de vaccination expérimentale.

Le gouvernement a estimé qu’environ 35 000 mères célibataires sont passées par un des dix centres d’accueil gérés par les ordres de religieuses catholiques depuis la création de l’état irlandais en 1922 jusqu’aux années 70.

En 2013, une autre enquête officielle avait révélé le comportement de ces religieuses catholiques dans ce qui était baptisé Magdalene Laundries (Blanchisseries ‘Madeleine’), où, entre 1922 et 1996, des milliers de femmes, enfermées, travaillèrent dans un régime de semi-esclavage et de maltraitances.

Irlande : 800 bébés dans une fosse commune d’un couvent

Parmi les motifs qui amenaient à cette réclusion de femmes, l’enquête cite les maltraitances familiales, une attitude immorale dont, bien sûr, les grossesses hors mariage.

Ces ‘immorales’ filles-mères, comme disait la société de l’époque, se sont donc retrouvées dans ces maisons d’accueil comme celle dirigée, entre 1926 et 1961, par les Sœurs du Bon secours à Tuam. Elles y accouchaient dans les pires conditions, restaient avec le bébé, s’il ne décédait pas, pendant un an, avant d’être envoyées dans ces blanchisseries sans leur enfant.

Le Refuge macabre !

Le scandale de Tuam avait éclaté quand Catherine Corless, femme d'agriculteur, passionnée d'histoire locale et de généalogie, avait découvert des certificats de décès sans sépultures. Elle en avait déduit que presque 800 bébés et enfants gisaient dans l’espace qu’occupait une fosse septique de ce couvent connu sous le nom du Refuge !

Cette hypothèse, contestée par des médias catholiques, a donc été confirmée.

Selon une experte, la mortalité infantile dans ces lieux se situait entre trente et cinquante pour cent (30 à 50%) durant la décade 1930-1940 du fait des dures conditions de vie et de la négligence des religieuses.

Irlande : 800 bébés dans une fosse commune d’un couvent

On soupçonne qu’il y ait d’autres cas comme celui de Tuam ; les enquêtes de la commission se sont donc étendues à d’autres institutions de religieuses dans le pays. En plus de la fosse de Tuam, il existait trois autres centres, tenus eux par les Sœurs du Sacré-Cœur de Jesus, maintenant fermés, qui possédaient ce qu’elles appelaient la parcelle des anges, où l’on pense que pourraient être enterrés près de 3200 enfants.

Une de ces maisons d’accueil a fourni l’argument du film Philomena, qui reçut, entre autres, quatre citations aux oscars de 2014, et qui conte les efforts d’une mère irlandaise pour retrouver son enfant, donné en adoption à une famille étasunienne, sans son autorisation.

Selon le film et le livre sur lequel il est basé, Philomena Lee s’est heurtée aux tentatives des religieuses d’entraver sa recherche. Tout permet de penser que si tous les registres de l’institution, où son fils lui a été ôté, ont brûlé, c’est qu’ils auraient fait apparaître que ces bonnes soeurs avaient retiré des bénéfices financiers de ces adoptions !

Terrible rapprochement avec les enfants volés de l’église franquiste.

Bien qu’elle soit sérieusement déconsidérée après de nombreux scandales, l’église catholique garde son emprise morale sur l’Irlande : l’IVG y est toujours interdite !

 

Voir aussi, ci-dessous, la réaction du Bureau Européen de Coordination de la Libre Pensée

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 21:28
Droits de l’enfant : un réquisitoire de l’ONU envers le Vatican

Très peu d’échos au rapport du Comité des Droits de l'Enfant, publié le 5 février qui pointe les infractions, par le Vatican, à la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). Le Saint-Siège a cependant réagi avec une vigueur extrême. Pas tant sur les problèmes de pédophilies. Elle est pourtant accusée d’avoir violé la Convention dans les affaires de sévices sexuels. Mais sur ses positions discriminantes envers les homosexuels, sa vision stéréotypée du rôle des femmes, son attitude négative dans la prévention du SIDA… Ce que le Vatican a considéré comme une attaque de sa doctrine.

Droits de l’enfant : un réquisitoire de l’ONU envers le Vatican

La réponse sans concession (sic) du porte-parole du Vatican esquive la question de la pédophilie ou de maltraitance d’enfants : "les observations du Comité (…) interfèrent avec les positions doctrinales et morales de l’Eglise catholique" concernant "la contraception ou l’avortement, l’éducation dans les familles ou la vision de la sexualité humaine."

En effet, les rares articles consacrés à ce rapport ont mis en relief les constats sans indulgence sur l’attitude du Vatican dans les affaires de pédophilie. Le Saint-Siège a systématiquement placé la réputation de l'Église et des auteurs mis en cause au-dessus de la protection des victimes. Mais d’autres constats, tout aussi sévères quant au respect de la CIDE mériteraient d’être soulignés.

Droits de l’enfant : un réquisitoire de l’ONU envers le Vatican

Ainsi, peut-on encore lire dans le Droit Canon, l’expression discriminatoire et grotesque d’enfants illégitimes ; malgré des déclarations du pape François, le saint-siège continue de stigmatiser les homosexuels, transgenres et même les enfants de couple de même sexe. Le rapport déplore aussi que les manuels utilisés dans les écoles catholiques continuent de véhiculer des stéréotypes sur les rôles féminins et masculins alors que ce point avait été soulevé dès 1995. Pire encore, il ose parler des enfants de prêtres, souvent privés de l’identité de leur géniteur et dont les mères, quand elles obtiennent une aide financière de l’église, doivent s’engager au silence.

 

Rien n’est épargné à la pauvre église, puisque le rapport évoque les « Magdalene laundries » en Irlande, tenues par des congrégations de religieuses. Les jeunes filles, placées dans ces institutions, étaient forcées de travailler comme des esclaves dans ces blanchisseries ; elles subissaient un traitement inhumain, cruel et dégradant ; elles furent privées d’identité, d’éducation et souvent sous alimentées,  privées de soins médicaux, coupées du monde extérieur.  Les jeunes mères célibataires ont été privées de leurs enfants. Bien que ces congrégations soient sous l’autorité du Saint-siège, aucune investigation n’a été menée sur les responsabilités en leur sein ni pour savoir à qui profitait ce travail gratuit.

Les enfants volés par l’église franquiste sont aussi rappelés, ces milliers de nourrissons qui ont été enlevés de force à leurs mères par des membres de congrégations catholiques. Or, le Vatican n’a conduit aucune enquête interne et donc rien fait à l’encontre des responsables. Pas plus qu’il n’a pris de mesures pour tenter de retrouver ces enfants et les rapprocher de leurs mères biologiques.

 

   Rappel aussi de l'affaire d'une petite fille de neuf ans, au Brésil, qui a subi une interruption de grossesse en 2009 dans le cadre d'une urgence vitale, après avoir été violée par son beau-père. L'archevêque de Pernambuco avait excommunié la mère de la fillette ainsi que le médecin qui avait pratiqué l'interruption de grossesse, condamnation par la suite approuvée par le préfet de la Congrégation pour les Évêques. Le Comité rappelle au Saint-Siège les dangers des grossesses précoces et non désirées, et des avortements clandestins, qui donnent lieu à une importante mortalité chez les adolescentes, ainsi que les risques particuliers pour les adolescents et les adolescentes de contracter des maladies sexuellement transmissibles, dont le SIDA. Les recommandations sont bien sûr inacceptables pour une église engoncée dans ses certitudes rétrogrades (condamnations de la contraception, de l’IVG).

Droits de l’enfant : un réquisitoire de l’ONU envers le Vatican
Droits de l’enfant : un réquisitoire de l’ONU envers le Vatican
Droits de l’enfant : un réquisitoire de l’ONU envers le Vatican

Sur les actes de pédophilies, le comité dénonce de la part du Saint-siège une politique et des pratiques de protection des ecclésiastiques prédateurs. De nombreuses enquêtes ont montré que des prêtres coupables d’abus sexuels sur des enfants n’ont été que déplacés de paroisse en paroisse, voire dans d’autres pays, sans même les éloigner de tout contact avec des enfants.

 

Droits de l’enfant : un réquisitoire de l’ONU envers le Vatican

La loi du silence a été  imposée au clergé sous peine d’excommunication. Tandis que des religieuses ou prêtres qui avaient collaboré avec les autorités judiciaires de leur pays ont été ostracisés, le Cardinal Castrillon Hojos félicitait l’évêque de Bayeux, Pierre Pican, de n'avoir pas dénoncé un prêtre pédophile*.

Droits de l’enfant : un réquisitoire de l’ONU envers le Vatican

Le comité réclame que la nouvelle commission sur les agressions sexuelles, dont la création a été annoncée en décembre par le pape François, mène une véritable enquête sur tous les cas d’agressions commises par des prêtres et sur la réaction de la hiérarchie catholique au fil du temps. Il demande au Saint-Siège d’adopter des règles claires imposant la dénonciation obligatoire des agressions à la police et à la justice pénale de chaque pays.

Droits de l’enfant : un réquisitoire de l’ONU envers le Vatican

Il est probable que le Vatican va enfin s’attaquer au scandale de la pédophilie au sein de l’église. Mais les croisades qu’elle a lancées sur l’IVG, le mariage pour tous, la prétendue théorie du genre ne laissent rien augurer quant à sa possibilité de faire un nouvel aggiornamento. Vatican II est enterré, depuis Jean-Paul II. Il ne risque pas de ressusciter !

 

 

* « Vous avez bien agi et je me réjouis d'avoir un confrère dans l'épiscopat qui, aux yeux de l'histoire et de tous les autres évêques du monde, aura préféré la prison plutôt que de dénoncer son fils-prêtre », explique le cardinal qui justifie ainsi sa position : « en effet, la relation entre les prêtres et leur évêque n'est pas professionnelle, c'est une relation sacramentelle, qui créé des liens très spéciaux de paternité spirituelle ». (La Croix)

 

NB Les dessins maladroitement francisés sont pompés dans Saltimbanqui (El Circo)

“Puede haber menores que sí lo consientan -refiriéndose a los abusos- y, de hecho, los hay. Hay adolescentes de 13 años que son menores y están perfectamente de acuerdo y, además, deseándolo. Incluso si te descuidas te provocan”.

“Puede haber menores que sí lo consientan -refiriéndose a los abusos- y, de hecho, los hay. Hay adolescentes de 13 años que son menores y están perfectamente de acuerdo y, además, deseándolo. Incluso si te descuidas te provocan”.

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