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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 11:51

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"Je sollicite auprès de vous, comme je l'ai fait auprès de mes collègues ministres et auprès de nombreux acteurs, l'implication de l'archevêché de Paris pour mettre à disposition des locaux, soit à titre temporaire, soit à titre pérenne",  a écrit C. Duflot. "Il semble que l'archevêché de Paris possède des bâtiments quasi vides. Je viens de leur écrire pour voir avec eux comment utiliser ces locaux" a-t-elle dit au Parisien. Voilà les propos de la Ministre du Logement qui indignent les cagots !

A commencer par le destinataire du courrier, M. Vingt-Trois qui se garde de répondre sur les bâtiments vides, mais excipe des actions menées par des associations catholiques. L’entourage du prélat fait état de 120 personnes accueillies de 3 jours à quatre mois l’hiver dernier ! Un abbé Grosjean touitte même Je signale juste: des paroisses de Paris accueillent déjà sans le hurler chaque nuit les+ démunis que l'Etat laisse crever dehors. On notera cependant, si le chiffre avancé par Charles Gazeau, délégué épiscopal aux solidarités est juste, que l’accueil de 120 SDF dans l’ensemble des paroisses ne relève pas de l’exploit.

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congregation-37-rue-de-Picpus Sauf que ces hauts cris ne répondent pas du tout aux déclarations de Mme Duflot. Sauf erreur, elle ne met pas en cause l’action du secours catholique et d’autres associations caritatives qui s’emploient, avec d’autres organismes non confessionnels, à aider les plus démunis. Non. Reprenant des informations publiées par Le Canard Enchaîné et cartographiées par RUE 89, elle fait clairement allusion à des locaux appartenant soit directement à l’archevêché (un ancien séminaire, par exemple) soit à des congrégations religieuses, pratiquement inoccupés*.

Le cas le plus savoureux est celui des « Petites sœurs des pauvres » installées dans le XVIe arrondissement, cette « zone de pauvreté » bien connue des parisiens, elles y possèdent 1 ha, boulevard Murat avec un bâtiment vide. Si l’on en croit Le Canard, dans la rue Gay-Lussac (Ve arrondissement) quatre sœurs de l’adoration se partagent une vaste bâtisse. Des Sœurs du Bon secours – ça ne s’invente pas non plus – dans le VIIe possèdent un demi-ha. Dans le XIIe du coup, rue Picpus, deux ordres - Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie et de l'Adoration – accueillent certes une vingtaine d’étudiants et sept nonnes d’une autre congrégation, mais sur plus de deux ha, avec une large partie des bâtiments quasi à l’abandon… Quant à l’ancien séminaire Saint-Sulpice, un responsable a répondu au Canard que l’accueil de SDF ne pouvait pas se faire car il n’y avait pas d’ascenseur et peu de salles de bains.

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C’est donc de cela qu’il s’agit et non de savoir si M. Grosjean, abbé de son état, fait preuve d’une charité qui ne s’exprime guère dans ses écrits. Les réactions des cagots font d’ailleurs plus penser à Civitas qu’à Caritas. Avec une agressivité, peu compatible avec le message des évangiles, ils dénoncent une « cathophobie » et font un amalgame hardi avec le débat sur le mariage pour tous où là, la phobie de certains est plus évidente.

Au lieu d’agonir d’insultes la Ministre du Logement, l’archevêché et ses ouailles devraient plutôt lire attentivement La Croix pour fournir quelques pistes aux «Petites sœurs des pauvres » ou à celle du « Bon secours », entre autres. Non pas l’exemple des "Filles du Cœur de Marie" qui ont vendu l’hôtel de Bourbon-Condé, magnifique immeuble de la rue Monsieur, à la famille royale du Bahreïn, des infidèles, pour 66 millions d’euros ! Plutôt celui des franciscaines de Lyon qui ont cédé leurs biens à Habitat et Humanisme*, à un prix inférieur d’un tiers à la valeur du marché, pour maintenir de la mixité sociale dans un quartier huppé. Ou celui les bénédictines du monastère de Notre-Dame de Jouarre (Seine-et-Marne) qui ont cédé 1000 m2 au Secours catholique pour des logements de réinsertions.

Nom de Dieu, voilà que je me mettrais à prêcher !

Revenons à ces réactions – au double sens du mot – dénotant une dérive politicienne de certains membres de l’église qui avec Boutin se prêtent au jeu de la cathophobie. Le soutien de Jacob, Président de ce qui reste du groupe UMP à l’Assemblée, celui de l’ineffable Lefebvre, qui avait disparu des écrans radars, ramènent les feintes protestations de l’épiscopat à une opération de diversion. Pour Jacob tenter de faire oublier la guignolade Copé/Fillon. Pour Vingt-Trois vouloir faire croire que la demande raisonnable de la Ministre serait une sombre manœuvre pour contrer son cléricalisme indécent et celui de son complice Barbarin.

 

* " Et que dire des ensembles immobiliers des communautés religieuses, plus d’une centaine à Paris et pour la plupart sous-occupés ? Si certaines de ces communautés ont fait le choix de vivre à l’étroit dans des quartiers populaires, la plupart résident dans des bâtiments qui dépassent parfois 1 hectare. Rien qu’à Paris la liste est révélatrice. Avenue Denfert-Rochereau, les Visitandines vivent dans une immense bâtisse devenue bien trop grande, au cœur d’une propriété de 2,2 hectares. Non loin de là, les quinze capucins de la rue Boissonade et les dix-huit franciscains de la rue Marie-Rose se « contentent » d’immeubles dont l’importance et la superficie sont un défi à la raison même. Toujours dans les quartiers haut de gamme, près du Panthéon, les sœurs de l’Adoration ne sont plus que quatre et pas franchement à l’étroit dans une vaste bâtisse qui ferait le bonheur de nombreuses familles, comme les locaux de l’ancien séminaire Saint-Sulpice, entre le jardin du Luxembourg et Saint-Germain-des-Prés, qui hébergent une vingtaine d’étudiants, des curés et des prélats de passage. Les quelques sœurs du Bon Secours de la rue Notre-Dame-des-Champs, dans le VIe arrondissement, ne sont pas non plus mal loties avec un demi-hectare à leur disposition. Le monastère des sœurs de Saint-Joseph de la rue Méchain dans le XIVe arrondissement, 1,6 hectare « seulement » et des milliers de mètres carrés disponibles, accueille trente religieuses. Dans le XIIe arrondissement, à la limite de Vincennes, quelques sœurs et pères des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie et de l’Adoration se retrouvent dans un espace de 2,3 hectares avec sept religieuses de l’Enfant-Jésus du Puy. Et au sein de la propriété, les imposants bâtiments qui bordent la rue Picpus sont inemployés. Rive droite, après une petite traversée de la Seine, encore 1,1 hectare pour la dizaine de religieuses de l’Assomption (...) Les Petites Sœurs des pauvres possèdent une propriété de 1 hectare boulevard Murat, à proximité du Parc des Princes, et souhaitent s’en défaire depuis une dizaine d’années. Il y a six ans, la vente avait failli se faire avec le promoteur Cogedim et la Mairie de Paris qui voulait construire des HLM, une maison de retraite, quelques appartements privés et ouvrir un jardin public. Du logement social ! Hérésie dans le très chic XVIe arrondissement de la capitale. Les paroissiens ont mis le holà en multipliant les recours en justice." Golias

 

En complément "Le Canard enchaîné" 5 décembre 2012

canard 05-12-12 duflot

 

* Un bénévole d'Habitat et Humanisme m'a fait parvenir le texte ci-dessous :

 

"A propos de l’opération RecyClés,

  La vraie nature d’Habitat et Humanisme  Rhône

 

  

Habitat et Humanisme  acquiert ou reçoit en don une résidence déclarée insalubre   Rue de Séze à Lyon (6éme)  en 2009.

 

Les objectifs sont  d’insérer dans le quartier 19 femmes seules, ce quartier ne connaissant pas la mixité sociale du fait du prix du métre carré très élevé.

 L’intention semble  louable, sauf que ces femmes n’habiteront jamais dans ce quartier.

 Habitat et Humanisme Rhône se définissant comme une association de bénévoles voulant faire de la mixité en s’appuyant pour l’accompagnement par  les bénévoles du quartier.

 Les financements pour l’accompagnement de ces femmes  sont  intéressants pour Habitat et Humanisme Rhône engagé dans une réduction de la masse salariale des travailleurs sociaux rémunérés sur la convention d’une entreprise du bâtiment. !

 

L’accompagnement est assuré par des bénévoles qui n’ont pas les compétences pour ce genre de travail social, mais il ne coûte rien à Habitat et Humanisme pour qui l’accompagnement est « un acte de charité, d’écoute » en direction de ces femmes, la formation à l’accompagnement stigmatise les résidents comme étant parfois des profiteurs.

 Habitat et Humanisme veut modifier le bail de ces locataires pour en améliorer le turn over et tente de demander à l’entrée le loyer intégral, les aides aux logements venant en déduction au moment de leur versement par la caisse d’allocations familiales, ce qui pour des résidents aux minimums sociaux est un bel acte d’accueil.

 

Entre le catéchisme, l’animation paroissiale, le diaconat, on trouvera un peu de temps pour ces pauvres femmes de la Rue de Séze, cela est d’autant plus « pratique,  qu’il n’y a pas besoin de se déplacer »

 

La gestion de la dite maison est assurée par un salarié qui n’a pas les qualifications requises et un travailleur social y est détaché sur cette maison pour quelques heures.  Sur l’ensemble de Habitat et Humanisme 69, la réduction de la masse salariale des travailleurs sociaux est à son comble, on leur demande de plus en plus. Ils sont remplacés par ces bénévoles et les financements détournés.  Lors d’un départ d’une assistante sociale, sur un poste financé par le conseil général, on le réduit de moitié !

 

Cette maison qui avait été déclarée insalubre et qui ne le serait plus (à voir) puisqu’elle accueille ces femmes nécessiterait des travaux importants que les anciens propriétaires  avaient budgétisé à hauteur de plusieurs centaines de millions d’euros, elle a obtenu le statut de foyer de jeunes travailleurs, ce qui lui garantit d’autres  subventions.

 

Pour financer les travaux , une opération de communication a été lancée qui est à la limite de la propagande et qui est éthiquement douteuse pour une association présidée nationalement par un prêtre et qui localement est composée en son bureau et en son conseil d’administration de personnes clairement catholiques. .

 

Cette campagne récolte en partenariat avec les banques des vieilles clefs qui seront transformés en œuvre d’art vendues  aux enchères dans le hall de la maison de Séze qu’un coup de peinture rendra plus accueillant.

 Chabal le joueur de Rugby apporte son parrainage à cette opération, cela ne semble pas fonctionner, les recettes ne rentrent pas, on pensait pouvoir  exploiter quelques phantasmes en ce moment d’homophobie ! C’est le bide

 

Les conditions d’hébergement de ces femmes devenant périlleuses et d’autres opérations (Chorus) ne trouvant pas de locataires, certaines quittent la résidence de Séze et sont remplacés dans le cadre du plan froid par des sans abris. L’état finance de maniéré conséquente et voilà, en regard des services rendus réellement pour l’insertion, voilà de quoi mettre du beurre dans les épinards.

 

 En tant que citoyen, on peut s’étonner qu’une association puisse recevoir des financements qui ne soient pas intégralement affectés à leur destination. .

 

 En tant qu’humaniste, prétendre  faire  de l’insertion alors que l’on ne fait qu’un vague accompagnement. Utiliser ces arguments pour récolter de l’argent est  de la propagande ! 

 

Mais personne ne dit rien, ni les services de l’État, ni le Conseil Général, ni le Conseil Régional, ni  les Foyer de Jeunes Travailleurs    les travailleurs sociaux sont au bout du rouleau, ils ont désignés quatre délégués du personnel issus de Sud, et le cinquième est à la CFDT.

 

Tout est verrouillé : Queyranne et Collomb louent l’œuvre entreprise par Bernard Devert.

 

L’ancien directeur des services du conseil général a été recruté par Habitat et Humanisme 69, le préfet se laisse enfumer par la communication d’Habitat et Humanisme  tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ……

 

Les crédits d’État sont considérés comme des dons et n’ont aucun contrôle.

 

Déjà de nombreux résidents n’auront pas eu le moindre début d’entretien sur leur projet. Dans les logements du diffus, on frise la non assistance de personnes en danger … au bout de deux ans et bientôt avant (proposition du cadre stratégique !) car les baux vont être réduits.  Dans le cadre de propriétaires solidaires, des propriétaires flairant la bonne aubaine (loyers assurés, réduction d’impôt) ont proposé à la location des taudis dont certains sont devenus des squats (comme rue Paul Bert !) Leurs occupants n’auront aucun accompagnement, ni par un bénévole (mais cela vaut peut être mieux !) encore moins par un travailleur social en sous nombre et dont l’ancien président disait qu’ils ne faisaient rien."

 

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