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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 20:26
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Il est des auteurs aux pseudos multiples, comme MacOrlan, des dessinateurs érotiques dont on ne découvre l'oeuvre que post mortem ou qui se cache aussi derrière des pseudos. Mais dont on connaît l'identité et au moins un bout de biographie. 

De Fameni, on ne sait quasi rien, si ce n’est qu’il est né en 1885 ou en 1888. Donc ses dessins datent de la première moitié du XXe siècle. Il semble qu’il ait illustré des ouvrages érotiques sous le manteau, en particulier du marquis de Sade, mais mes fouilles curieuses ne m’ont pas permis de découvrir mention d’un quelconque livre avec ses illustrations et l’origine des dessins glanés sur internet.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Bien que ce ne soit pas la mode alors de l’épilation complète, ses personnages femmes ou hommes ont peu ou pas de pilosité.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
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Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Il aborde les amours lesbiens aussi bien qu’hétérosexuels. Mais pas d’homosexuels, même si certaines situations de groupes sont un peu ambigües.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Pas de scènes de fouets, très prisées à l’époque, mais des scènes assez crues de viols, ainsi du mari attaché tandis que sa femme au trois quarts dénudée se fait prendre par l’un tandis que le complice la cramponne ; d’autres plus ambigües, notamment cette femme, mains liées, prise en sandwich par deux noirs et faisant une fellation à un troisième.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Seules deux images sont clairement inspirées par le Divin Marquis.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Les visages des femmes assaillies dans des coïts sauvages reflètent-ils vraiment la montée du plaisir ou l’agression, seul l’ouvrage illustré donnerait la clé.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
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Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
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Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Le voyeurisme peut se transformer en véritable gang bang plus ou moins consenti par la victime. Une série avec un personnage plus âgé et ventripotent dirigeant des jeunes aussi nus que lui devait illustrer une œuvre plus ou moins sadienne.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Plus joyeuses sont les illustrations style XVIIIe siècle. En particulier, celle dans la barque avec une utilisation inédite des manches de rames.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
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Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

A trois ou à plus et parfois en plein air, les joyeux groupes s’ébattent.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Un peu inclassables sont les deux dessins mettant en scène des personnages religieux.

Le plus classique est celui des cinq moines paillards à l’assaut d’une religieuse fort occupée à satisfaire leur lubricité. Mais ô combien plus scabreuse l'image de ce frère ou prêtre enseignant, proie d’une classe de jeunes filles – très jeunes – des plus délurées et dénudées.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Tout aussi inclassable mais dans un autre genre, ce dessin d’une salle de gym ou de danse ou des adolescentes nues, suspendues à une barre, l’une même jambes relevées par des cordes qui ouvrent ses cuisses, se font lécher ou saillir par des adolescents tout aussi nus qu’elles, mais coiffé d'un fèz*. Difficile de décider, aux visages des jeunes filles, s’il s’agit de violences subies ou d’extases souhaitées, d’agression ou de jeux érotiques. Un site italien y voit de jeunes immigrés nord-africains agresser des jeunes françaises. De quoi nourrir les fantasmes de nos souchiais. Mais légèrement anachroniques, nos italiens, puisqu’à l’époque c’était les nord-africain-e-s qui étaient colonisés !

 

* Tarbouche ou Fèz : couvre-chef en feutre (à noter que le fèz était aussi porté en Grèce)

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Publié par JFL J.-F. Launay - dans Art et érotisme Sade
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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 21:47
Thèrèse philosophe

"Cet ouvrage charmant du marquis d'Argens, le seul qui ait montré le but, sans toutefois l'atteindre réellement; l'unique qui ait agréablement lié la luxure à l'impiété." (Sade)

Thèrèse philosophe

Roman à clés, sans clés, quasiment. Puisque cette Thérèse Philosophe s’appuie sur un fait divers de 1731 : un jésuite, Jean-Baptiste Girard, directeur du séminaire des aumôniers de la marine de Toulon, avait séduit en 1729 deux jeunes Carmélites, l’une de dix-sept ans, Marie-Catherine Cadière, l’autre de quinze ans, Mademoiselle Laugier. Marie-Catherine Cadière sous l'influence du Jésuite, fut prise de visions et marquée de stigmates. Au cours de ses heures d'extase, le père Jésuite abusa d'elle et elle tomba enceinte ; après avoir avorté, elle déposa plainte pour sorcellerie, inceste spirituel, quiétisme et séduction.

 

   Girard devient Dirrag et Cadière, Eradice. Donc : « Thérèse, fille d'un bourgeois de Vencerop (Provence), est mise au couvent de Volnot (Toulon). Elle se lie avec Éradice (Cadière) et assiste en cachette aux leçons de piété que lui donne le père Dirrag (Girard). » « Oubliez et laissez-vous faire » lui dit-il en glissant entre ses cuisses « le cordon de Saint-François, qui par son intromission, doit chasser tout ce qui reste d'impur dans le corps de sa pénitente ».

 

Cette Thérèse est une voyeuse de première qui, plus tard, ira assister aux amours de Mme C*** et de son compère l'abbé de T***. Passons sur la mort de sa mère qui la laisse à Paris sans aucune connaissance. Elle va s’y lier d'amitié avec sa voisine Madame de Bois-Laurier qui lui racontera sa vie galante.

 

Enfin, Thérèse rencontre à l'Opéra un comte, honnête homme, qui la conduira dans son château en promettant de respecter ses désirs et ses aversions. Ce récit s'achèvera sur un coïtus interruptus — Thérèse abhorre la grossesse! — sachant que « les femmes n'ont que trois choses à redouter: la peur du diable, la réputation et la grossesse ».

 

Ode à la masturbation que ce récit

Un confesseur de Thérèse lui dit : « Parlons présentement, mon enfant, de ces chatouillements excessifs que vous sentez souvent dans cette partie qui a frotté à la colonne de votre lit ; ce sont des besoins de tempérament, aussi naturels que ceux de la faim et de la soif : il ne faut ni les rechercher ni les exciter ; mais dès que vous vous en sentirez vivement pressée, il n’y a nul inconvénient à vous servir de votre main, de votre doigt, pour soulager cette partie par le frottement qui lui est alors nécessaire…  Au reste, comme ceci, je vous le répète, est un besoin que les lois immuables de la nature excitent en nous, c’est aussi des mains de la nature que nous tenons le remède que je vous indique pour soulager ce besoin. »

 

Déjà ce propos est sulfureux, mais l’auteur va plus loin qui défend les antiphysiques – entendez les homosexuels – « Nous n’avons aucune loi humaine ni divine qui nous invite, et encore moins qui nous contraigne de travailler à la multiplication du genre humain. Toutes ces lois permettent le célibat aux garçons et aux filles, à une foule de moines fainéants et de religieuses inutiles… la saine raison ne nous dicte-t-elle pas qu’il vaut mieux encore que nous jouissions d’un plaisir qui ne fait tort à personne, en matière de plaisirs, pourquoi ne pas suivre son goût ? Il n’y en a point de coupables. D’ailleurs, il est faux que l’antiphysique soit contre nature, puisque c’est cette même nature qui nous donne le penchant pour ce plaisir. »

 

Comme Mirabeau, il pourfend la jalousie. « Il y a bien de la folie à être jaloux ou envieux du bonheur de ses amis dès que leur félicité n’ôte rien à la nôtre. La jalousie n’est pas une passion que nous tenons de la nature : c’est l’éducation, c’est le préjugé du pays qui la fait naître. … une infidélité passagère qui n’est que l’ouvrage du plaisir, du tempérament, quelquefois celui de la reconnaissance ou d’un cœur tendre et sensible à la peine ou au plaisir d’autrui, quel inconvénient en résulterait-il ? »

 

Apollinaire, dans son Enfer de la Bibliothèque Nationale, indique que Thérèse fut attribué à Diderot. La paternité communément admise n’en reste pas moins celle de Jean-Baptiste de Boyer d’Argens, Marquis de son état.

Mais il y a parfois du Diderot dans les dégagements philosophiques de Thérèse. « Pourquoi, ne pas laisser tenir à chacun la conduite qu’il lui convient, pourvu qu’elle n’ait rien de contraire à l’ordre établi ? » : on retrouve, là, comme un écho des propos du prélat de Hic et Hec. Il est vrai que Mirabeau a dû lire Thérèse philosophe.

 

« Nous ne sommes pas toujours maîtres de résister à la tentation ; le bonheur et le malheur de notre vie se décident souvent par les occasions. » « L’âme n’a de volonté, n’est déterminée que par les sensations, que par la matière. La raison nous éclaire, mais elle ne nous détermine point. L’amour-propre (le plaisir à espérer ou le déplaisir à éviter) est le mobile de toutes nos déterminations. Le bonheur dépend de la conformation des organes, de l’éducation, des sensations externes, et les lois humaines sont telles que l’homme ne peut être heureux qu’en les observant, qu’en vivant en honnête homme. Il y a un Dieu, nous devons l’aimer parce que c’est un être souverainement bon et parfait. L’homme sensé, le philosophe, doit contribuer au bonheur public par la régularité de ses mœurs. Il n’y a point de culte, Dieu se suffit à lui-même : les génuflexions, les grimaces, l’imagination des hommes, ne peuvent augmenter sa gloire. Il n’y a de bien et de mal moral que par rapport aux hommes, rien par rapport à Dieu. »

 

Un dieu très laïque !

 

 « Si un chrétien de bonne foi ne veut pas examiner sa religion, pourquoi voudra-t-il (ainsi qu’il l’exige) qu’un mahométan de bonne foi examine la sienne ? Ils croient, l’un et l’autre, que leur religion leur a été révélée de la part de Dieu, l’une par Jésus-Christ, l’autre par Mahomet.

Tous les changements de religion, depuis Adam, faits par Moïse, par Salomon, par Jésus-Christ et ensuite par les Pères, démontrent que toutes ces religions ne sont que l’ouvrage des hommes.

La raison me dit que Dieu n’est sujet à aucune passion ; cependant, dans la Genèse, chapitre VI, on y fait dire à Dieu qu’il se repent d’avoir créé l’homme ; …. Dieu paraît si faible dans la religion chrétienne qu’il ne peut réduire l’homme au point où il le voudrait : il le punit par l’eau, ensuite par le feu ; l’homme est toujours le même : il envoie des prophètes, les hommes sont encore les mêmes ; il n’a qu’un fils unique, il l’envoie, il le sacrifie ; cependant les hommes ne changent en rien : que de ridicules la religion chrétienne donne à Dieu ! On suppose à Dieu, qui est tout-puissant, un rival dangereux dans le diable

Y a-t-il rien de si misérable que de dire que Dieu est vindicatif, jaloux, colère ; de voir que les catholiques adressent leurs prières aux saints ; comme si ces saints étaient partout, ainsi que Dieu...

Comment des hommes ont-ils pu s’imaginer que la Divinité se trouvait plus honorée, plus satisfaite de leur voir manger un hareng qu’une mauviette ; une soupe à l’oignon qu’une soupe au lard ; une sole qu’une perdrix, et que cette même Divinité les damnerait éternellement si, dans certains jours, ils donnaient la préférence à la soupe au lard !

Pour être parfait chrétien, il faut être ignorant, croire aveuglément, renoncer à tous les plaisirs, aux honneurs, aux richesses, abandonner ses parents, ses amis, garder sa virginité ; en un mot, faire tout ce qui est contre nature.

Toutes les religions, sans en excepter aucune, sont les ouvrages des hommes. »

 

Derrière l’apparent libertinage une vision quasi calviniste

 

« Pour admettre que l’homme fût libre, il faudrait supposer qu’il se déterminât par lui-même ; mais s’il est déterminé par les degrés de passions dont la nature et les sensations l’affectent, il n’est pas libre ; un degré de désir plus ou moins vif le décide aussi invinciblement qu’un poids de quatre livres en entraîne un de trois. L’arrangement des organes, les dispositions des fibres, un certain mouvement des liqueurs donnent le genre des passions ; les degrés de force dont elles nous agitent contraignent la raison, déterminent la volonté dans les plus grandes actions de notre vie. C’est ce qui fait l’homme passionné, l’homme sage, l’homme fou. Le fou n’est pas moins libre que les deux premiers, puisqu’il agit par les mêmes principes ; la nature est uniforme. »

 

La facture en est assez classique : récit dans lequel s’enchâsse un autre récit. Dom Bougre ou Le portier des Chartreux – objet d’une future Lecture libertine – est, à cet égard, bien plus complexe.

 

Historien du XVIIIe siècle français, Robert Darnton, dans un article de 2012 sur l'enfer de la BNF concacre un long passage à Thérèse Philosophe

EXTRAITS

Thèrèse philosophe

Ma mère, (…) me fit coucher avec elle. Quelle fut sa surprise, lorsqu’une nuit, me voyant endormie, elle s’aperçut que j’avais la main sur la partie qui nous distingue des hommes, où par un frottement bénin je me procurais des plaisirs peu connus d’une fille de sept ans et très communs parmi celles de quinze. Ma mère pouvait à peine croire ce qu’elle voyait. Elle apporte une lampe qui était allumée dans la chambre, et, en femme prudente et connaisseuse, elle attend constamment le dénouement de mon action. Il fut tel qu’il devait être : je m’agitai, je tressaillis, et le plaisir m’éveilla.

 

Ma mère, dans le premier mouvement, me gronda de la bonne sorte ; elle me demanda de qui j’avais appris les horreurs dont elle venait d’être témoin. Je lui répondis en pleurant que j’ignorais en quoi j’avais pu la fâcher ; que je ne savais ce qu’elle voulait me dire par les termes d’attouchements déshonnêtes, d’impudicité et de péché mortel, dont elle se servait. La naïveté de mes réponses la convainquit de mon innocence, et je me rendormis ; nouveaux chatouillements de ma part, nouvelles plaintes de celle de ma mère. Enfin, après quelques nuits d’observation attentive, on ne douta plus que ce ne fût la force de mon tempérament qui me faisait faire en dormant ce qui sert à soulager tant de pauvres religieuses en veillant. On prit le parti de me lier les mains, de manière qu’il me fut impossible de continuer mes amusements nocturnes.

 

Thèrèse philosophe

Nous nous assemblions souvent, de jeunes filles et garçons de mon âge, dans un grenier ou dans quelque chambre écartée. Là, nous jouions à de petits jeux : un d’entre nous était élu le maître d’école, la moindre faute était punie par le fouet. Les garçons défaisaient leurs culottes, les filles troussaient jupes et chemises, on se regardait attentivement ; vous eussiez vu cinq ou six petits culs admirés, caressés et fouettés tour à tour. Ce que nous appelions la guigui des garçons nous servait de jouet ; nous passions et repassions cent fois la main dessus, nous la pressions à pleine main, nous en faisions des poupées, nous baisions ce petit instrument, dont nous étions bien éloignées de connaître l’usage et le prix ; nos petites fesses étaient baisées à leur tour : il n’y avait que le centre des plaisirs qui était négligé ; pourquoi cet oubli ? je l’ignore ; mais tels étaient nos jeux ; la simple Nature les dirigeait, une exacte vérité me les dicte.

Thèrèse philosophe

[L'abbé Dirrag] imagina donc l’introduction d’un morceau de cordon de saint François, relique qui, par son intromission, devait chasser tout ce qui restait d’impur et de charnel dans sa pénitente, et la conduire à l’extase.

Il lui montra enfin ce prétendu cordon, qui n’était autre chose qu’un assez gros morceau de corde, de 8 pouces de longueur, enduit d’un mastic qui le rendait dur et uni. Il était recouvert proprement d’un étui de velours cramoisi, qui lui servait de fourreau ; en un mot, c’était un de ces meubles de religieuse que l’on nomme godemiché.

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« Mettez-vous à genoux, mon enfant, et découvrez ces parties de la chair qui sont les motifs de la colère de Dieu : la mortification qu’elles éprouveront unira intimement votre esprit à lui. Je vous le répète, oubliez-vous et laissez-vous faire. »

 

Mlle Éradice obéit aussitôt sans répliquer. Elle se mit à genoux sur un prie-Dieu, un livre devant elle ; puis, levant ses jupes et sa chemise jusqu’à la ceinture, elle laissa voir des fesses blanches comme la neige et d’un ovale parfait, soutenues de deux cuisses d’une proportion admirable. Alors le Père approcha…  sous sa robe, qu’il releva et qu’il passa dans sa ceinture, était une grosse et longue poignée de verges, qu’il présenta à baiser à sa pénitente.

 

[…] Il récita encore quelques prières, et la cérémonie commença par trois coups de verges qu’il lui appliqua assez légèrement sur le derrière. Ces trois coups furent suivis d’un verset qu’il récita, et succcessivement de trois autres coups de verges, un peu plus forts que les premiers.

 

Après cinq ou six versets récités et interrompus par cette sorte de diversion, quelle fut ma surprise, lorsque je vis le Père Dirrag, déboutonnant sa culotte, donner l’essor à un trait enflammé …! Ce monstre avait acquis la longueur, la grosseur et la fermeté prédites par le capucin ; il me faisait frissonner. Sa tête rubiconde paraissait menacer les fesses d’Éradice, qui étaient devenues du plus bel incarnat ; le visage du Père était tout en feu. …

 

Dans ce moment, ce bourreau fit tomber une grêle de coups sur toutes les parties du corps d’Éradice qui étaient à découvert. …  « Je suis content de vous, lui dit-il après un quart d’heure de cette cruelle discipline ; il est temps que vous commenciez à jouir du fruit de vos saints travaux ; ne m’écoutez pas, ma chère fille, mais laissez-vous conduire : prosternez votre face contre terre : je vais, avec le vénérable cordon de saint François, chasser tout ce qui reste d’impur au dedans de vous. »

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Le bon Père la plaça, en effet, dans une attitude humiliante à la vérité, mais aussi la plus commode à ses desseins. Jamais on ne l’a présenté plus beau : ses fesses étaient entr’ouvertes, et on découvrait en entier la double route des plaisirs.

 

Après un instant de contemplation de la part du cafard, il humecta de salive ce qu’il appelait le cordon, et en proférant quelques paroles, d’un ton qui sentait l’exorcisme d’un prêtre qui travaille à chasser le diable du corps d’un démoniaque, Sa Révérence commença son intromission.

 

… Éradice venait d’être placée à genoux sur le plancher, les bras croisés sur le marchepied de son prie-Dieu, et la tête appuyée sur ses bras ; sa chemise, soigneusement relevée jusqu’à la ceinture, me laissait voir, à demi-profil, des fesses et une chute de reins admirables. Cette luxurieuse perspective fixait l’attention du très révérend Père, qui s’était mis lui-même à genoux, les jambes de sa pénitente placée entre les siennes, ses culottes basses, son terrible cordon à la main, marmottant quelques mots mal articulés.

 

… Il osa diriger plusieurs fois la tête de son instrument sur la porte favorite à laquelle il heurtait légèrement ; mais enfin la prudence l’emporta sur le goût, je lui dois cette justice. Je vis distinctement le rubicond priape de Sa Révérence enfiler la route canonique, après avoir entr’ouvert délicatement les lèvres vermeilles avec le pouce et l’index de chaque main.

 

Ce travail fut d’abord entamé par trois vigoureuses secousses qui en firent entrer près de la moitié ; alors, tout à coup, la tranquillité apparente du Père se changea en une espèce de fureur. …

 

… Les mouvements du Père s’accélérèrent ; il avait peine à garder l’équilibre. Sa posture était telle qu’il formait à peu près, de la tête aux genoux, un S, dont le ventre allait et venait horizontalement aux fesses d’Éradice. La partie de celle-ci, qui servait de canal à la cheville ouvrière, dirigeait tout le travail ; et deux énormes verrues qui pendaient entre les cuisses de Sa Révérence semblaient en être comme les témoins. « Votre esprit est-il content, ma petite sainte ? dit-il en poussant une sorte de soupir. Pour moi, je vois les cieux ouverts ; la grâce suffisante me transporte ; je… »

 

« Ah ! mon Père, s’écria Éradice, quel plaisir m’aiguillonne ! Oui, je jouis du bonheur céleste ; je sens que mon esprit est entièrement détaché de la matière : chassez, mon Père, chassez tout ce qui reste d’impur dans moi. Je vois… les… an…ges ; poussez plus avant… poussez donc… Ah !… ah !… bon… saint François !… ne m’abandonnez pas ; je sens le cor… le cor… le cordon… Je n’en puis plus… je me meurs!…»

Thèrèse philosophe

L’entrée de ce membre rubicond dans la partie de Mlle Éradice ne pouvait sortir de mon imagination…

 

Machinalement, je me plaçai dans la même attitude que celle où j’avais vu Éradice, et machinalement encore, dans l’agitation qui me faisait mouvoir, je me coulai sur le ventre jusqu’à la colonne du pied du lit, laquelle, se trouvant passée entre mes jambes et mes cuisses, m’arrêta et servit de point d’appui à la partie où je sentais une démangeaison inconcevable. … La position où j’étais exigeait que je levasse mon derrière pour tâcher d’en sortir ; de ce mouvement que je fis en remontant et coulant ma moniche le long de la colonne, il résulta un frottement qui me causa un chatouillement extraordinaire. Je fis un second mouvement, puis un troisième, etc., qui eurent une augmentation de succès : tout à coup j’entrai dans un redoublement de fureur ; sans quitter ma situation, sans faire aucune espèce de réflexion, je me mis à remuer le derrière avec une agilité incroyable, glissant toujours le long de la salutaire colonne. Bientôt un excès de plaisir me transporta, je perdis connaissance, je me pâmai et m’endormis d’un profond sommeil.

Thèrèse philosophe

...je me troussai ; et m’étant assise sur le bord de mon lit, j’écartai les cuisses de mon mieux et m’attachai à examiner attentivement cette partie qui nous fait femmes ; j’en entr’ouvais les lèvres, et cherchant avec le doigt l’ouverture par laquelle le Père Dirrag avait pu enfiler Éradice avec un si gros instrument, je la découvris, sans pouvoir me persuader que ce fût elle : sa petitesse me tenait dans l’incertitude, et je tentais d’y introduire le doigt, … Une petite éminence que j’y rencontrai me causa un tressaillement ; je m’y arrêtai, je frottai, et bientôt j’arrivai au comble du plaisir. Quelle heureuse découverte pour une fille qui avait dans elle une source abondante de la liqueur qui en est le principe !

Thèrèse philosophe

… regarde dans quel état de triomphe est mon drôle : tu le tiens. — Oui ! — Serre-le bien dans ta main ; tu vois qu’il te demande grâce, et je…

 

« — Non pas, s’il vous plaît, mon cher abbé, répliqua à l’instant Mme C… ; il n’en sera rien, je vous jure ; … je vais mettre ce petit effronté à la raison. Eh bien ! poursuivit-elle, es-tu content de mes tétons et de mes cuisses ? les as-tu assez baisés, assez maniés ? Pourquoi trousser ainsi mes manchettes au-dessus du coude ? Monsieur aime sans doute à voir les mouvements d’un bras nu ? Fais-je bien ? Tu ne dis mot ! Ah ! le coquin ! qu’il a de plaisir ! »

 

Il se fit un instant de silence. Puis tout à coup j’entendis l’abbé qui s’écria : « Ma chère maman, je n’en puis plus : un peu plus vite ; donne-moi donc la petite langue, je t’en prie. Ah ! il cou…le ! »

Thèrèse philosophe

« Baise-moi comme il faut, mon cher ami, disait Mme C… en se laissant tomber sur son lit de repos. La lecture de ton vilain Portier des Chartreux m’a mise toute en feu ; ses portraits sont frappants ; ils ont un air de vérité qui charme ; s’il était moins ordurier, ce serait un livre inimitable dans son genre. Mets-le-moi aujourd’hui, abbé, je t’en conjure, ajouta-t-elle ; j’en meurs d’envie, et je consens à en risquer l’événement.

… il troussa sa robe et sa chemise jusqu’au-dessus du nombril, puis il lui ouvrit les cuisses en élevant tant soit peu ses genoux, de manière que ses talons, qui se rapprochaient quelque peu de ses fesses, étaient joints l’un à l’autre appuyés sur les pieds du lit.

« Ah ! je me meurs ! s’écria-t-elle tout à coup ; enfonce-le, mon cher abbé ; oui… bien avant… je t’en conjure ; pousse fort, pousse, mon petit… Ah ! quel plaisir !… je fonds !… je… me… pâ…me… ! »

Thèrèse philosophe

« — Je ne sais, en vérité, lui répondis-je, ce que vous voulez me dire avec votre bidet. » — « Comment, dit-elle, point de bidet ? Garde-toi bien de te vanter jamais d’avoir manqué d’un meuble aussi nécessaire à une fille du bon air que sa propre chemise. Pour aujourd’hui, je veux bien te prêter le mien ; mais demain, sans plus tarder, songe à l’emplette d’un bidet. » Celui de la Bois-Laurier fut donc apporté ; elle me campa dessus, et, malgré tout ce que je pus dire et faire, cette femme officieuse, tout en riant comme une folle, lava elle-même abondamment ce qu’elle nommait mon minon. L’eau de lavande ne lui fut pas épargnée. Que je soupçonnais peu la fête qui lui était préparée, et le motif de cet exact lavabo !

Thèrèse philosophe

Dans ce mouvement, je m’aperçus que M. B… et sa nièce sortaient de l’appartement ; je voulus me relever pour les suivre ; mais l’entreprenant R…, me disant en quatre mots qu’il m’aimait à la folie et qu’il voulait faire ma fortune, avait troussé d’une main ma chemise jusqu’à la ceinture, et de l’autre sortait de sa culotte un membre roide et nerveux ; son genou était passé entre mes cuisses, qu’il ouvrait le plus qu’il lui était possible, et il se disposait à assouvir sa brutalité lorsque, portant les yeux sur le monstre dont j’étais menacée, je reconnus qu’il avait à peu prés la même physionomie que le goupillon dont le Père Dirrag se servait pour chasser l’esprit immonde du corps de ses pénitentes.

Tome 2 Avec l'histoire de Mme Bois-Laurier, vierge et libertine.Tome 2 Avec l'histoire de Mme Bois-Laurier, vierge et libertine.

Tome 2 Avec l'histoire de Mme Bois-Laurier, vierge et libertine.

Thèrèse philosophe

M. le président de M***, mon protecteur et mon voisin, est amoureux de vous.

À quatre heures après midi, nous fûmes introduites chez M. le président. C’était un homme grand, sec, dont le visage jaune et ridé était enfoui dans une très longue et très ample perruque carrée.

Ma digne mère me troussa dans cette attitude jusqu’aux hanches, et M. le président s’étant approché, je sentis qu’elle ouvrait les lèvres de mon…, entre lesquelles monseigneur tentait d’introduire le doigt, en tâchant, mais inutilement de pénétrer. « Cela est fort bien, dit-il à ma mère, et je suis content : je vois qu’elle est sûrement pucelle. Présentement, faites-la tenir ferme dans l’attitude où elle est : occupez-vous à lui donner quelques petits coups de votre main sur les fesses. » Cet arrêt fut exécuté. Un profond silence succéda. Ma mère soutenait de la main gauche mes jupes et ma chemise levées, tandis qu’elle me fessait légèrement de la droite. Curieuse de voir ce qui se passait de la part du président, je tournai tant soit peu la tête : je l’aperçus posté à deux pas de mon derrière, un genou à terre, tenant d’une main sa lorgnette braquée sur mon postérieur, et, de l’autre, secouant entre ses cuisses quelque chose de noir et de flasque que tous ses efforts ne pouvaient arriver à faire guinder.

Thèrèse philosophe

Ces vingt athlètes furent suivis de plus de cinq cents autres, pendant l’espace de cinq ans. Le Clergé, l’Épée, la Robe et la Finance me placèrent tour à tour dans les attitudes les plus recherchées : soins inutiles ! Le sacrifice se faisait à la porte du temple, ou bien la pointe du couteau s’émoussait : la victime ne pouvait être immolée.

 

Enfin la solidité de mon pucelage fit trop de bruit et parvint aux oreilles de la police, qui parut vouloir faire cesser les progrès des épreuves. J’en fus avertie à temps...

Thèrèse philosophe

Mon nouvel amant d’outre-mer avait fait vœu de se borner aux plaisirs de la petite oie ; mais il mêlait dans l’exécution un tic singulier. Son goût était de me placer assise à côté de lui sur un sopha, découverte jusqu’au-dessus du nombril ; et tandis que j’empoignais et que je donnais de légères secousses au rejeton du genre humain, il fallait que j’eusse la complaisance de souffrir qu’une femme de chambre, qu’il m’avait donnée, s’occupât à couper quelques poils de ma toison.

Thèrèse philosophe

Les deux amants me couchent sur le ventre, sous lequel ils mettent trois ou quatre coussins qui tiennent mes fesses élevées ; puis ils me troussent jusqu’au-dessous des hanches, la tête appuyée sur le chevet du lit. Minette s’étend sur le dos, place sa tête entre mes cuisses, ma toison jointe à son front, auquel elle sert comme de toupet. Bibi lève les jupes et la chemise de Minette, se couche sur elle et se soutient sur les bras. Remarque, ma chère Thérèse, que dans cette attitude M. Bibi avait pour perspective, à quatre doigts de son nez, le visage de son amante, ma toison, mes fesses et le reste. Pour cette fois il se passa de musique : il baisait indistinctement tout ce qui se présentait devant lui, visage, cul, bouche, et nulle préférence marquée : tout lui était égal ; son dard, guidé par la main de Minette, reprit bientôt son élasticité et rentra dans son premier gîte. Ce fut alors que les grands coups se donnèrent : l’amant poussait, Minette jurait, mordait, remuait la charnière avec une agilité sans égale ; pour moi, je continuais de rire aux larmes, en regardant de tous mes yeux la besogne qui se faisait derrière moi ; enfin, après un assez long travail, les deux amants se pâmèrent et nagèrent dans une mer de délices.

Thèrèse philosophe

Quelque temps après, je fus introduite chez un évêque dont la manie était plus bruyante, plus dangereuse pour le scandale et pour le tympan de l’oreille le mieux organisé. Imagine-toi que, soit par un goût de prédilection, soit par un défaut d’organisation, dès que Sa Grandeur sentait les approches du plaisir, elle mugissait et criait à haute voix : Haï ! haï ! haï ! en forçant le ton à proportion de la vivacité du plaisir dont elle était affectée ; … Tapage qui, lors de la décharge de monseigneur, aurait pu être entendu à mille pas à la ronde, sans la précaution que son valet de chambre prenait de matelasser les portes et les fenêtres de l’appartement épiscopal.

Thèrèse philosophe

Un jour je fus introduite, par une petite porte de derrière, chez un homme de nom et fort riche, à qui, depuis cinquante ans, tous les matins une fille nouvelle pour lui rendait pareille visite. Il m’ouvrit lui-même la porte de son appartement. Prévenue de l’étiquette qui s’observait chez ce paillard d’habitude, dès que je fus entrée, je quittai robe et chemise. Ainsi nue, j’allai lui présenter mes fesses à baiser dans un fauteuil où il était gravement assis.

 

« Cours donc vite, ma fille », me dit-il, tenant d’une main son paquet, qu’il secouait de toute sa force, et de l’autre une poignée de verges, dont mes fesses étaient simplement menacées. Je me mets à courir, il me suit ; nous faisons cinq à six tours de chambre, lui criant comme un diable : « Cours donc, coquine, cours donc ! » Enfin il tombe pâmé dans son fauteuil ; je me rhabille, il me donne deux louis, et je sors.

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Un autre me plaçait assise sur le bord d’une chaise, découverte jusqu’à la ceinture. Dans cette posture, il fallait que, par complaisance, quelquefois aussi par goût, je me servisse du frottement de la tête d’un godemiché, pour me provoquer au plaisir. Lui, posté dans la même attitude vis-à-vis de moi, à l’autre extrémité de la chambre, travaillait de la main à la même besogne, ayant les yeux fixés sur mes mouvements, et singulièrement attentif à ne terminer son opération que lorsqu’il apercevait que ma langueur annonçait le comble de la volupté.

Thèrèse philosophe
Thèrèse philosophe

Un troisième (c’était un vieux médecin) ne donnait aucun signe de virilité qu’au moyen de cent coups de fouet que je lui appliquais sur les fesses, tandis qu’une de mes compagnes, à genoux devant lui, la gorge nue, travaillait avec ses mains à disposer le nerf érecteur de cet Esculape moderne, d’où exhalaient enfin les esprits qui, mis en mouvement par la fustigation, avaient été forcés de se porter dans la région inférieure.

Thèrèse philosophe

Un quatrième (c’était un voluptueux courtisan usé de débauche) me fit venir chez lui avec une de mes compagnes…. il fit entrer son valet de chambre qui parut en petite veste courte de satin, couleur de chair, en habit de combat. Ma camarade fut couchée sur le lit de repos, bien et dûment troussée par le valet de chambre, qui m’aida ensuite à me déshabiller nue, de la ceinture en haut…. Le maître parcourt des yeux les miroirs, qui lui rendent des tableaux diversifiés, selon le côté dont les objets sont réfléchis. Il vient à bout de faire roidir son instrument qu’il secoue avec vigueur…

Thèrèse philosophe

Un instant après entrèrent nos trois capucins, qui, peu accoutumés à goûter d’un morceau aussi friand que je paraissais l’être, se jettent sur moi comme trois dogues affamés. J’étais dans ce moment debout, un pied élevé sur une chaise, nouant une de mes jarretières.

Thèrèse philosophe

Pendant le combat, Père Hilaire ne s’amusait point à la moutarde. Comme je m’étais renversée sur le lit, pâmée de rire et sans force, il fourrageait mes appas et cherchait à manger l’huître disputée à belles gourmades par ses deux compagnons. Surpris de la résistance qu’il rencontre, il s’arrête pour examiner de près les débouchés ; il entr’ouvre la coquille, point d’issues. Que faire ? Il cherche de nouveau à percer : soins perdus, peines inutiles. Son instrument, après des efforts redoublés, est réduit à l’humiliante ressource de cracher au nez de l’huître qu’il ne peut gober.

Thèrèse philosophe

Il arrive à neuf heures du soir ; m’ayant fait coucher à plat ventre sur le bord du lit, puis, après avoir exactement levé mes jupes et ma chemise, il va, selon sa louable coutume, s’armer d’une bougie, dans le dessein de venir examiner l’objet de son culte. C’est où je l’attendais. Il mit un genou à terre et, approchant la lumière et son nez, je lui lâchai, à brûle-pourpoint, un vent moelleux que je retenais avec peine depuis deux heures ; le prisonnier, en s’échappant, fit un bruit enragé et éteignit la bougie.

Thèrèse philosophe

J’ai dit que deux messieurs nous avaient été annoncés ; ils entrèrent ; nous fîmes un quadrille, nous soupâmes gaîment. La Bois-Laurier, qui était d’une humeur charmante, et qui peut-être était bien aise de ne pas me laisser seule livrée aux réflexions de mon aventure du matin, m’entraîna dans son lit. Il fallut coucher avec elle ; on hurle avec les loups : nous dîmes et nous fîmes toutes sortes de folies.

Thèrèse philosophe

Quelle lasciveté dans l’attitude de Vénus ! Comme elle, je m’étendis mollement ; les cuisses un peu éloignées, les bras voluptueusement ouverts, j’admirais l’attitude brillante du dieu Mars. Le feu dont ses yeux, et surtout sa lance, paraissaient être animés passa dans mon cœur. Je me coulais sur mes draps, mes fesses s’agitaient voluptueusement, comme pour porter en avant la couronne destinée au vainqueur.

Thèrèse philosophe

À l’instant, vous tombâtes entre mes bras ; je saisis, sans hésiter, la flèche qui jusques alors m’avait paru si redoutable, et je la plaçai moi-même à l’embouchure qu’elle menaçait ; vous l’enfonçâtes, sans que vos coups redoublés m’arrachassent le moindre cri : mon attention, fixée sur l’idée du plaisir, ne me laissa pas apercevoir le sentiment de la douleur

Déjà l’emportement semblait avoir banni la philosophie de l’homme maître de lui-même, lorsque vous me dites avec des sons mal articulés : Je n’userai pas, Thérèse, de tout le droit qui m’est acquis : tu crains de devenir mère, je vais te ménager ; le grand plaisir s’approche ; porte de nouveau ta main sur ton vainqueur, dès que je le retirerai, et aide-le, par quelques secousses, à… Il est temps, ma fille ; je… dé… plaisir… — Ah ! je meurs aussi, m’écriai-je ; je ne me sens plus, je… me… pâ…me !… »

Thèrèse philosophe

 

 

NB

1°) Le texte des extraits est tiré d'une version en ligne (parfois fautive) ; mais on peut aussi télécharger Thérèse philosophe en version *.pdf.

2°) La présentation doit beaucoup à Anne Richardot (Therese philosophe: les charmes de l'impenetrable), au "bazar organisé d'Urgonthe" ainsi qu'à La lubriothèque

3°) Les illustrations sont pour beaucoup tirées d'un fac-similé d'une édition de Paris vers 1780 (rééditée donc par les Editions Slatkine, 1980) : elles sont attribuées à un certain Delcroche, artiste hollandais, parfaitement inconnu.. Les connaisseurs reconnaîtront Antoine Borel pour trois autres....

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