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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 18:05
De la riquiquisation de la "pensée" Méluchienne

Après la reconstitution de la tête en 3D de son idole Robespierre, c’est un jeu vidéo qui provoque l’ire du grand imprécateur, Mélenchon. Cet Assassin’s Creed Unity a pour toile de fond la Révolution Française. Mais à peu près comme les Astérix ont pour toile de fond la conquête romaine de la Gaule. Et la réaction ne porte même pas sur le jeu lui-même – un jeu Français, Monsieur ! comme aurait dit Montebourg – mais sur une sorte de bande annonce pour le marché nord-américain.

 

C’est un des lieutenants de Mélenchon qui a envoyé la première salve. «À tous ceux qui vont acheter Assassin's Creed Unity, je leur souhaite un moment agréable, mais je leur dis aussi que le plaisir de jouer n'empêche pas de réfléchir. Jouer oui, mais ne vous laissez pas manipuler par ceux qui font de la propagande», écrit sur son blog Alexis Corbière. Un Alexis Corbière qui m’avait pilonné du temps où mes articles n’étaient pas censurés sur Le Plus, pour avoir critiqué Mélenchon dans un style lourd et assez fleuri. "Le Peuple de Paris est présenté pour une cohorte brutale et sanguinaire, c’est lui qui produit la violence, toujours lui qui de façon aveugle fait couler le sang, notamment du bon roi débonnaire. Comme de coutume, la caricature le plus bestiale concerne Maximilien Robespierre qui est présenté comme «bien plus dangereux que n’importe quel roi»" dénonce-t-il.

 

Mélenchon qui s’était déjà indigné de la reconstitution en 3D de la tête de Robespierre par une équipe qui pourtant avait travaillé avant pour Chavez, ne pouvait être en reste. «Le dénigrement de la grande Révolution est une sale besogne pour instiller davantage de dégoût de soi et de déclinisme aux Français», déclare-t-il au Figaro. Et il poursuit avec une phrase digne de figurer dans le débat bessonien sur l’identité française : «Si l'on continue comme ça, il ne restera plus aucune identité commune possible aux Français à part la religion et la couleur de peau». (Expliquez et commentez, est-on tenté de dire aux exégètes de la pensée méluchienne.)

Or, de son propre aveu, Corbière n’a pas réagi au jeu lui-même, mais à une bande annonce publiée en juillet 2014 et destinée au marché nord-américain. Un commentateur d’un article du Plus précise que cette bande-annonce de 5 mn a été créée par Rob Zombie (réalisateur de films d'horreur) illustrée par Tony Moore (participant au comic book The Walking Dead) qui ne représente pas le jeu sauf à travers le bref passage à l'écran d'Arno. Arno étant le héros de ce jeu. « Nous avons utilisé certains événements clés pour qu’Arno, le héros du jeu, en soit le témoin ou l’acteur, mais ce n’est pas sa révolution, ce n’est pas lui qui la fait, c’est plus subtil. L’histoire du jeu est avant tout une histoire d’amour et un dilemme cornélien. La Révolution n’est qu’une toile de fond. » expliquait, dans un entretien au Monde antérieur à cette minable polémique, un des producteurs du jeu.

 

Pour en revenir à la funeste bande-annonce, c’est visiblement du grand guignol des plus comiques. On y aperçoit même la tête du pauvre Gouverneur de la Bastille, le Marquis de Launay, trimbalée en haut d'une pique par de sanguinaires sans-culottes. A part Corbière et Mélenchon qui peut prendre ce comic au sérieux ?

 

 

Profitons-en pour réécouter Gréco :

Dans la rue des Blancs-Manteaux

Ils ont élevé des tréteaux

Et mis du son dans un seau

Et c'était un échafaud

Dans la rue des Blancs-Manteaux.

 

Dans la rue des Blancs-Manteaux

Le bourreau s'est levé tôt

C'est qu'il avait du boulot

Faut qu'il coupe des généraux

Des évêques, des amiraux,

Dans la rue des Blancs-Manteaux.

 

Dans la rue des Blancs-Manteaux

Sont v'nues des dames comme il faut

Avec de beaux affûtiaux

Mais la tête leur f'sait défaut

Elle avait roulé d'son haut

La tête avec le chapeau

Dans l'ruisseau des Blancs-Manteaux.

 

Texte de J. P. Sartre

"La nouvelle édition" 17/11/2014

En supplement gratuit des extraits d’un article de Robin Andraca,

Non, Assassin's Creed Unity n'est pas une leçon d'histoire,

Robespierre dénaturé ?  Attendez de voir Bonaparte !

 

"Assassin's Creed Unity est un jeu vidéo grand public, pas une leçon d'histoire". La réplique est signée Ubisoft, en réponse à la polémique lancée la semaine dernière par Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de Gauche et Jean-Luc Mélenchon, qui reprochaient au jeu de véhiculer une propagande réactionnaire sur la Révolution Française.  (…)

 

Robespierre, symbole de la Terreur ou champion de la justice sociale ? Voilà que ce débat, qui divise les historiens depuis deux siècles, trouve un prolongement inédit dans l’univers virtuel de la dernière super-production d’Ubisoft, qui raconte l'histoire d'une guerre séculaire de l'ombre entre deux sociétés secrètes, les Templiers et les Assassins (le principe est le même pour tous les épisodes de la série). Contacté par Le Figaro le jour de la publication du post de Corbière, Jean-Luc Mélenchon dénonce à son tour “la propagande d’Assassin’s Creed” avant d’en remettre une couche le lendemain sur France Info.

Le 17 novembre, sur son blog, le député européen revient (longuement) sur l'affaire : "Il suffit de voir le « trailer », écrit par un débile américain, pour comprendre le mal que fait ce genre de scénario à l’image de la France populaire et historique ! Que la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, et donc de l’égalité en droit de tout être humain, soit présentée comme l’œuvre de brutes sanguinaires et absurdes ne peut-être un hasard ludique". (…)  

“N’en déplaise à Mélenchon, Assassin’s Creed Unity n’est pas un jeu historique ! titre le site de TF1. “Assassin’s Creed : comment Mélenchon s’est fait prendre au jeu” renchérit celui de Marianne, tandis que Rue89 fait jouer un historien au jeu.

Dans cette séquence, Danton roule vers l'échafaud. "La seule erreur de Danton a été de se mettre à dos Robespierre, le père de la terreur. Les amis de Danton ont fait publier un article décrivant Robespierre comme un dictateur assoiffé de sang", précise la voix off (...)

 

Idéologiquement, donc, c'est discutable. Historiquement aussi. Danton, ce jour-là, est effectivement passé devant la maison de Robespierre et lui a crié : "Robespierre, tu me suis ! Ta maison sera rasée ! On y sèmera du sel !". (...) nulle part, en revanche, d'une quelconque visite de Robespierre en prison, agitant sous le nez de Danton plusieurs lettres issues de sa correspondance et menaçant directement la vie de ses amis.

Dans cet extrait, les deux protagonistes du jeu sont ici à la recherche de Germain, chef des templiers et grand méchant du jeu. Sur leur route se dresse Robespierre, bien décidé à ne pas vendre la mèche. Elise prend alors les choses en main et lui tire dessus pour en savoir plus. Totalement surréaliste ? Pas totalement ! Cette scène, inventée de toutes pièces par les créateurs du jeu, reprend un détail bien réel de l'histoire de Robespierre : deux jours avant son exécution, retranché avec ses partisans dans l'hôtel de ville, Robespierre est blessé à la mâchoire dans des circonstances incertaines. Et oui, de la fiction à la réalité, il n'y a parfois qu'un pas.

(...) Napoléon Bonaparte n'a jamais été chargé de la protection de Louis XVI. Son seul fait d'arme, pendant la Révolution, a même été de repousser une insurrection menée par... les royalistes à Paris en octobre 1795. L'armoire de fer dont il est question, dans ce passage, a en revanche bien existé. Et ce coffre-fort, aménagé dans un mur du bureau, conçu pour planquer la correspondance de Louis XVI, contenait bien des secrets embarassants pour le Roi. Parmi eux, plusieurs documents attestant l'existence d'un vaste réseau visant à corrompre plusieurs meneurs de la Révolution. Napoléon Bonaparte a-t-il essayé, d'une façon ou d'une autre, de mettre la main sur ces documents ? Pas à notre connaissance...

 

Disons les choses clairement : historiquement, beaucoup de choses ne sont pas vraies, et parfois même aberrantes, dans Assassin's Creed. L'histoire qui intéresse le plus les scénaristes du jeu n'est pas celle de la Révolution Française mais l'histoire d'amour entre Arno et Elise, engagés dans une guerre sans merci contre les Templiers !

 

Autrement dit, IMPRECATOR a perdu, une fois de plus, une bonne occasion de se taire.

 

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