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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 16:04
Neymar à bout !

Marre de tout ce tintamarre sur Neymar : un cauchemar !

Il n’empêche que le cher – c’est le cas de le dire - Neymar da Silva Santos Junior a déclenché une guerre idéologique de haute volée, comme on en raffole dans notre hexagone. D’un côté les #Neymarfans, de l’autre les #Neymarhaters.

Or donc, pour les quelques lecteurs – et plus sûrement lectrices – qui n’auraient pas suivi, le Neymar est un fouteux brésilien, qui jouait à Barcelone et que le PSG vient de récupérer moyennant la modique somme de 222 Millions d’euros, plus sans doute une bonne vingtaine d’autres de commissions diverses.

Ce transfert pulvérise tous les records, puisque, sauf erreur, le précédent, se situait à moitié moins avec Paul Pogba.

Dans cette foire aux bestiaux, certains clubs font leur beurre. Ainsi de Nice qui récupère des canassons caractériels – Ben Arfa, Balotelli – et les remet en état de galoper. Ainsi de Monaco, où l’excellent entraîneur débourre des yearlings, sur lesquels l’oligarque russe qui possède le club se fait des couilles en or ; ainsi d’un Anthony Martial vendu à 18 ans 100 patates comme aurait dit Tapie ; et le jeune M’Bappé risque aussi de s’envoler vers des cieux étrangers à des sommes astronomiques.

En face, les clubs britiches assis sur des droits télés colossaux, les deux grands d’Espagne Real et Barça – enfin pour le 2e, nationaliste catalan, on ne sait plus – riches de leurs ‘socios’ et de leurs dettes, plus le Bayern de Munich, vont se disputer des joueurs.

Dans cette cour des gros, seul le PSG, en France, est capable d’y aller de ses chèques. Ainsi a-t-il surpris d’entrée, quand il est passé sous la coupe du Qatar, en achetant un certain Pastore, 40 briques, joueur talentueux certes, mais d’une fragilité extrême. En principe, ces clubs sont soumis à ce qu’on appelle le fair-play financier – ne pas dépenser plus qu’ils ne gagnent, avec quand même une tolérance de 45 Millions ! On serait curieux de savoir par quelle gymnastique arithmétique le PSG va entrer dans ce cadre.

Neymar à bout !

Alleluia ont chanté les amants du PSG. Ceux qui rêvent depuis l’arrivée des princes gaziers, de voir enfin leur club accéder à la première marche européenne.

Mon préféré dans ce chœur est un certain Bruno Roger-Petit qui a une double casquette : chroniqueur politique à Challenges et sportif au Figaro.

Avec un esprit de synthèse qui l’honore, il réussit à se coiffer des deux casquettes à la fois (avec le risque que les deux visières se transforment en œillères) avec cet inoubliable article : La cravate et le costume de Neymar : une leçon pour les députés français anti-Neymar. « Ce dress code affiché ce vendredi par Neymar en dit long. (…)  Neymar et le PSG ont joué la classe. L'élégance. Le mousse et pampre qui sied à ceux qui font carrière dans l'international. On ne signe pas au PSG pour y jouer les zazous, Neymar n'est pas un député français de la France insoumise. » Il ne faudra pas moins de 3500 caractères à notre prolixe éditorialiste pour nous dire et redire… la même chose. Mais comme il ne recule devant aucune outrance, dans un autre article, tout aussi logorrhéïque, le souvenir du sacre de Reims et le récit de la fête de la Fédération sont convoqués pour célébrer l’arrivée de ce Messie, qui quitte Messi !

Et emporté par sa fougue oratoire, notre BRP lance : « Il y a plus d'optimisme et de foi en l'humain dans un stade de football que dans un meeting de Mélenchon, c'est ainsi. (…) La venue de Neymar, électrochoc de haute intensité, peut générer un cercle vertueux économique qui ne peut que profiter à tous. Neymar en France, c'est relancer l'industrie du spectacle football, et générer par effet collatéral quelques milliers d'emplois, ici ou ailleurs, y compris de ces petits emplois de proximité qui font tant défaut à la France. » On ne me soupçonnera guère de melenchonnisme aigü, mais, si j’ai souvenir d’un Mélenchon s’en prenant à un journaliste de France Info du haut de son estrade marseillaise, je ne me souviens pas de bombes dites agricoles ponctuant ses tirades, ni de bagarre générale sur ladite estrade. Quant aux emplois de proximité veut-il parler de vendeur à la sauvette de fausses reliques du joueur thaumaturge ?

En face, ceux qui tel le cher Alexis Corbière, de la France insoumise, s'offusquent de ces sommes faramineuses. « C’est un scandâle ! » aurait dit Marchais. Moins succinct Corbière affirme  "Je ne trouve pas ça sain (...), alors qu'un scientifique, un grand médecin, touche des sommes n'ayant rien à voir avec ce que touche un footballeur, même si on aime le foot. On peut avoir un point de vue moral. Est-ce que ce n'est pas la vitrine d'un monde fou ?"

Et plus ou moins humoristiquement, d’autres comparent les 220 M avec des produits divers et variés : 3 Airbus 320, 16 000 bouteilles de Romanée-Conti 2006 et je ne sais combien d’hl de bières pression…

Neymar à bout !

Mais, histoire de mettre la honte – et de se donner aussi bonne conscience – certains n’hésitent pas à exhiber le montage qui tue et asséner qu’avec 1 € par jour on peut nourrir une personne sous-nutrie, ce qui veut dire qu’avec les 222 millions du transfert on aurait pu secourir 610 000 affamés pendant un an. Et un idéologue convaincu de commenter « Si les Qataris peuvent acheter Neymar ce prix, c'est parce qu'on laisse la famine se développer dans le monde, parce que le monde repose sur un modèle politique et social tel qu'il est normal que des enfants aient faim en même temps que des Neymar existent. »

Inutile de timidement glisser que si nos princes du PSG n’avaient pas acheté Neymar, ils n’auraient pas pour autant versé leurs gazo-dollars à des œuvres caritatives. Et, je ne sache pas que le Barça, bénéficiaire du magot, ait l’intention de le faire.

Mais on atteint les sommets quand un indigné, après avoir lui calculé que Neymar avec son modeste salaire de 50 briques annuelles allait gagner 3 smics de l’heure (et comme il doit nous prendre pour des demeurés, il ajoute 1 smic toutes les 20 mn), nous balance une diatribe pas piqué des vers. « Des sommes à mettre en parallèle avec l'insuffisance des rémunérations des médecins (?), des infirmières, et plus globalement de tous ces gens qui se lèvent chaque matin pour assumer des fonctions de service public. » et comme dans son genre il ne cède rien à la logorrhée de BRP, il nous remet les PME, EDF et SNCF, les bacheliers sans fac, les collectivités locales, les APL et la CSG ! Et la lutte finale pour conclure !

Comme je manifestais, dans un commentaire osé, mon ironie, il me fut rétorqué : « Ça changera un peu les revenus des infirmières si on met 220 millions d'euros afin de commencer à payer les millions d'heures supplémentaires cumulées depuis les 35 heures de Martine Aubry, jamais perçues dans le public et dans le privé et aggravées dans le service public hospitalier par la politique à la calculette des ARS, gérées par l'épicerie Picsou de Marisol Touraine… ».

Je dois avouer ne toujours pas comprendre comment les 220 Millions des qataris, par un coup de baguette magique, viendraient payer les HS en souffrance – c’est le cas de le dire – de nos infirmières.

Tout cela est un brouet idéologique au goût habituel d’anti-socialisme aigre, dont témoigne cette « épicerie Picsou » comme si Mme Touraine, dans son ex-Ministère, dormait sur un tas d’or !

Pour conclure, rien ne vaut une Pensée de Pipin, notre nouveau Pascal !

Neymar à bout !
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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 18:05
De la riquiquisation de la "pensée" Méluchienne

Après la reconstitution de la tête en 3D de son idole Robespierre, c’est un jeu vidéo qui provoque l’ire du grand imprécateur, Mélenchon. Cet Assassin’s Creed Unity a pour toile de fond la Révolution Française. Mais à peu près comme les Astérix ont pour toile de fond la conquête romaine de la Gaule. Et la réaction ne porte même pas sur le jeu lui-même – un jeu Français, Monsieur ! comme aurait dit Montebourg – mais sur une sorte de bande annonce pour le marché nord-américain.

 

C’est un des lieutenants de Mélenchon qui a envoyé la première salve. «À tous ceux qui vont acheter Assassin's Creed Unity, je leur souhaite un moment agréable, mais je leur dis aussi que le plaisir de jouer n'empêche pas de réfléchir. Jouer oui, mais ne vous laissez pas manipuler par ceux qui font de la propagande», écrit sur son blog Alexis Corbière. Un Alexis Corbière qui m’avait pilonné du temps où mes articles n’étaient pas censurés sur Le Plus, pour avoir critiqué Mélenchon dans un style lourd et assez fleuri. "Le Peuple de Paris est présenté pour une cohorte brutale et sanguinaire, c’est lui qui produit la violence, toujours lui qui de façon aveugle fait couler le sang, notamment du bon roi débonnaire. Comme de coutume, la caricature le plus bestiale concerne Maximilien Robespierre qui est présenté comme «bien plus dangereux que n’importe quel roi»" dénonce-t-il.

 

Mélenchon qui s’était déjà indigné de la reconstitution en 3D de la tête de Robespierre par une équipe qui pourtant avait travaillé avant pour Chavez, ne pouvait être en reste. «Le dénigrement de la grande Révolution est une sale besogne pour instiller davantage de dégoût de soi et de déclinisme aux Français», déclare-t-il au Figaro. Et il poursuit avec une phrase digne de figurer dans le débat bessonien sur l’identité française : «Si l'on continue comme ça, il ne restera plus aucune identité commune possible aux Français à part la religion et la couleur de peau». (Expliquez et commentez, est-on tenté de dire aux exégètes de la pensée méluchienne.)

Or, de son propre aveu, Corbière n’a pas réagi au jeu lui-même, mais à une bande annonce publiée en juillet 2014 et destinée au marché nord-américain. Un commentateur d’un article du Plus précise que cette bande-annonce de 5 mn a été créée par Rob Zombie (réalisateur de films d'horreur) illustrée par Tony Moore (participant au comic book The Walking Dead) qui ne représente pas le jeu sauf à travers le bref passage à l'écran d'Arno. Arno étant le héros de ce jeu. « Nous avons utilisé certains événements clés pour qu’Arno, le héros du jeu, en soit le témoin ou l’acteur, mais ce n’est pas sa révolution, ce n’est pas lui qui la fait, c’est plus subtil. L’histoire du jeu est avant tout une histoire d’amour et un dilemme cornélien. La Révolution n’est qu’une toile de fond. » expliquait, dans un entretien au Monde antérieur à cette minable polémique, un des producteurs du jeu.

 

Pour en revenir à la funeste bande-annonce, c’est visiblement du grand guignol des plus comiques. On y aperçoit même la tête du pauvre Gouverneur de la Bastille, le Marquis de Launay, trimbalée en haut d'une pique par de sanguinaires sans-culottes. A part Corbière et Mélenchon qui peut prendre ce comic au sérieux ?

 

 

Profitons-en pour réécouter Gréco :

Dans la rue des Blancs-Manteaux

Ils ont élevé des tréteaux

Et mis du son dans un seau

Et c'était un échafaud

Dans la rue des Blancs-Manteaux.

 

Dans la rue des Blancs-Manteaux

Le bourreau s'est levé tôt

C'est qu'il avait du boulot

Faut qu'il coupe des généraux

Des évêques, des amiraux,

Dans la rue des Blancs-Manteaux.

 

Dans la rue des Blancs-Manteaux

Sont v'nues des dames comme il faut

Avec de beaux affûtiaux

Mais la tête leur f'sait défaut

Elle avait roulé d'son haut

La tête avec le chapeau

Dans l'ruisseau des Blancs-Manteaux.

 

Texte de J. P. Sartre

"La nouvelle édition" 17/11/2014

En supplement gratuit des extraits d’un article de Robin Andraca,

Non, Assassin's Creed Unity n'est pas une leçon d'histoire,

Robespierre dénaturé ?  Attendez de voir Bonaparte !

 

"Assassin's Creed Unity est un jeu vidéo grand public, pas une leçon d'histoire". La réplique est signée Ubisoft, en réponse à la polémique lancée la semaine dernière par Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de Gauche et Jean-Luc Mélenchon, qui reprochaient au jeu de véhiculer une propagande réactionnaire sur la Révolution Française.  (…)

 

Robespierre, symbole de la Terreur ou champion de la justice sociale ? Voilà que ce débat, qui divise les historiens depuis deux siècles, trouve un prolongement inédit dans l’univers virtuel de la dernière super-production d’Ubisoft, qui raconte l'histoire d'une guerre séculaire de l'ombre entre deux sociétés secrètes, les Templiers et les Assassins (le principe est le même pour tous les épisodes de la série). Contacté par Le Figaro le jour de la publication du post de Corbière, Jean-Luc Mélenchon dénonce à son tour “la propagande d’Assassin’s Creed” avant d’en remettre une couche le lendemain sur France Info.

Le 17 novembre, sur son blog, le député européen revient (longuement) sur l'affaire : "Il suffit de voir le « trailer », écrit par un débile américain, pour comprendre le mal que fait ce genre de scénario à l’image de la France populaire et historique ! Que la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, et donc de l’égalité en droit de tout être humain, soit présentée comme l’œuvre de brutes sanguinaires et absurdes ne peut-être un hasard ludique". (…)  

“N’en déplaise à Mélenchon, Assassin’s Creed Unity n’est pas un jeu historique ! titre le site de TF1. “Assassin’s Creed : comment Mélenchon s’est fait prendre au jeu” renchérit celui de Marianne, tandis que Rue89 fait jouer un historien au jeu.

Dans cette séquence, Danton roule vers l'échafaud. "La seule erreur de Danton a été de se mettre à dos Robespierre, le père de la terreur. Les amis de Danton ont fait publier un article décrivant Robespierre comme un dictateur assoiffé de sang", précise la voix off (...)

 

Idéologiquement, donc, c'est discutable. Historiquement aussi. Danton, ce jour-là, est effectivement passé devant la maison de Robespierre et lui a crié : "Robespierre, tu me suis ! Ta maison sera rasée ! On y sèmera du sel !". (...) nulle part, en revanche, d'une quelconque visite de Robespierre en prison, agitant sous le nez de Danton plusieurs lettres issues de sa correspondance et menaçant directement la vie de ses amis.

Dans cet extrait, les deux protagonistes du jeu sont ici à la recherche de Germain, chef des templiers et grand méchant du jeu. Sur leur route se dresse Robespierre, bien décidé à ne pas vendre la mèche. Elise prend alors les choses en main et lui tire dessus pour en savoir plus. Totalement surréaliste ? Pas totalement ! Cette scène, inventée de toutes pièces par les créateurs du jeu, reprend un détail bien réel de l'histoire de Robespierre : deux jours avant son exécution, retranché avec ses partisans dans l'hôtel de ville, Robespierre est blessé à la mâchoire dans des circonstances incertaines. Et oui, de la fiction à la réalité, il n'y a parfois qu'un pas.

(...) Napoléon Bonaparte n'a jamais été chargé de la protection de Louis XVI. Son seul fait d'arme, pendant la Révolution, a même été de repousser une insurrection menée par... les royalistes à Paris en octobre 1795. L'armoire de fer dont il est question, dans ce passage, a en revanche bien existé. Et ce coffre-fort, aménagé dans un mur du bureau, conçu pour planquer la correspondance de Louis XVI, contenait bien des secrets embarassants pour le Roi. Parmi eux, plusieurs documents attestant l'existence d'un vaste réseau visant à corrompre plusieurs meneurs de la Révolution. Napoléon Bonaparte a-t-il essayé, d'une façon ou d'une autre, de mettre la main sur ces documents ? Pas à notre connaissance...

 

Disons les choses clairement : historiquement, beaucoup de choses ne sont pas vraies, et parfois même aberrantes, dans Assassin's Creed. L'histoire qui intéresse le plus les scénaristes du jeu n'est pas celle de la Révolution Française mais l'histoire d'amour entre Arno et Elise, engagés dans une guerre sans merci contre les Templiers !

 

Autrement dit, IMPRECATOR a perdu, une fois de plus, une bonne occasion de se taire.

 

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