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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 08:27

 

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Chance ou malchance ? La mise en examen de Martine Aubry a été effacée des radars par la réélection d’Obama. Est-il cependant permis de s’interroger sur le rôle que s’octroient certains juges d’instruction dans des affaires médiatisées ?


Double rappel. Dans l’affaire dite Carlton qui visait un bon client, DSK, pas moins de trois juges d’instruction étaient mobilisés. Pour se partager un dossier complexe – soupçons de proxénétisme hôtelier, l’affaire Carlton proprement dite, détournement de biens sociaux, rôle de DSK - chacun son volet de l’affaire ? Et bien non, DSK convoqué, ce sont les trois, Mmes Stéphanie Ausbart, Ida Chafaï et M. Mathieu Vignau (ex-assesseur du procès d’Outreau), qui ont entendu DSK avant de lui signifier une mise en examen pour proxénétisme. Affaire Tarnac : pire encore. Le juge Fragnoli, après avoir instruit à charge pendant quatre ans s’auto-dessaisit en envoyant à des journalistes un courriel quasi-débile.


aubry-amiante jugeIci, la juge d’instruction de l’affaire de l’amiante, à la veille de recevoir Mme Aubry, se croit obligée de publier un communiqué pour dire qu’elle serait «imperméable à toute pression» en ce qui concerne l’éventuelle mise en examen de la maire de Lille. Et d’ajouter : « Un juge d'instruction doit travailler en toute objectivité et sérénité sur les seuls faits et périodes dont il est saisi et se doit d'être imperméable à toute pression principalement avant toute décision à prendre dans un dossier comme les textes de lois l'exigent ». Excusez-nous, pauvres justiciables, nous avons peine à comprendre : vous n’avez pas encore entendu Mme Aubry que vous nous faites part de « pression ». Quelle pression ? La Ministre de la Justice via un procureur aux ordres, modèle courroye de transmission ? Le conseiller juridique de la présidence de la République, via le même circuit ?


Eh bien non : cette pression elle vient de l'association des victimes de l'amiante et du secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly. On ne peut y ajouter C. Hutin, qui a présidé le groupe « Amiante » à l’Assemblée nationale. S’il ose dire : «Ceux qui ont accès au dossier (les parties civiles) reconnaissent que rien ne peut être reproché à titre personnel à Martine Aubry. Stigmatiser des fonctionnaires ou des responsables politiques qui ont fait leur travail ou leur devoir dans un contexte très difficile, n’est probablement pas la meilleure façon de rendre service aux victimes de l’amiante», il l’a fait après la mise en examen.


Ce n’est pas en tant que femme politique, mais en tant que haute fonctionnaire à la tête d’une « direction » du ministère du travail que Martine Aubry a été mise en examen par la juge d’instruction, Mme Marie-Odile Bertella-Geffroy, imperméable donc à ces pressions. Or, au-dessus d’elle – nous étions dans la 1ère cohabitation – il y avait un Ministre, Philippe Seguin et son cabinet. Elle a été entendue pendant plus de huit heures. Elle avait déjà été interrogée dans le cadre de l’enquête en 2010 par la gendarmerie.

Mais quoi qu’elle et ses avocats disent, "On a eu affaire à un juge qui était très déterminé. Sa décision était prise avant même le début de l'audition". Le communiqué le prouvait.


Et cette juge d’instruction, qui n'instruit qu'à charge, n’a sans doute que faire du témoignage de Sylvain Stanesco, conseiller régional PS du Nord et victime de l'amiante : « Je sais très bien qui était à nos côtés et qui ne l'était pas. Martine Aubry était l'une des rares à nos côtés. Quand elle était ministre, elle nous a donné la cessation anticipée d'activité des victimes de l'amiante et elle a créé le FIVA, le Fonds d'Indemnisation des Victimes de l'Amiante. Aujourd'hui, sans ces deux éléments, les salariés n'auraient rien ».


Il est plus que probable que la mise en examen de Martine Aubry soit, tôt ou tard, invalidée. Mais, petite anecdote : distribution de tracts au marché de L. juste avant le 2e tour des présidentielles, Robert, beauf de droite (celui qui déplore l’absence de bas-poitevins de souche dans l’équipe de foute locale) refuse le tract que je lui tends et me lance « Faudra nommer Fabius à la Santé » ! J’ai relevé son pessimisme : il nous voyait gagner. Mais j’ai mis du temps à réaliser : Fabius … santé … ah, oui ! l’histoire du sang contaminé… ou plutôt du sida … test américain … dont il a été totalement innocenté ! Mais pour la droite, seule la présomption de culpabilité demeure.

Aubry-amiante 01

Donc, la juge d’instruction, dans le seul but de montrer qu’elle résistait aux pressions (des victimes, qui trouvent en outre que son instruction traîne) a collé l’étiquette « amiante » sur le front de M. Aubry. Etiquette qui lui restera dans l’esprit de beaufs et qui sera perpétuellement évoquée par les cyniques.

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