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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 16:30

Roubaix25

Les colloques d’Education & Devenir nous baladent de ville en ville , année après année. Et même pour celles où je suis déjà allé, chaque ville offre des découvertes. Quant aux quasi inconnues (pour moi), Toulouse ou Grenoble, par exemple, c’est, chacune dans leur genre, un émerveillement (Ô cette magnifique église des Jacobins à Toulouse). Jusqu’à Nevers, ville que je ne connaissais que par le suicide de son Maire, Pierre Bérégovoy, qui nous fit découvrir ses trésors.  

Roubaix20Quant à Roubaix, à la veille du colloque, l’actualité se focalisait sur le fameux Quick Hallal (dont plus personne ne parle maintenant sauf bien sûr les identitaires souchiais).

 

C’est un truisme que de dire que toutes ces villes ont une épaisseur historique que révèlent, partiellement au moins, leur urbanisme, leur architecture. Rien de tel à Roubaix. Bien que Pierre de Roubaix, au XVe siècle, ait rebâti un château, côtoyant une église, aux abords de la Grand Place, plus de château médiéval et l’église, si elle date du IXe siècle, remplacée par une autre au XVe (sa tour-clocher date de cette époque) est surtout un bâtiment néo-gothique du XIXe siècle.

Donc, ici une ville de briques qui semble ne dater que du XIXe siècle. Une ville-champignon, en quelque sorte, passant de 8000 habitants en 1800 roubaix-rueà plus de 120 000 en 1900. Une ville-usines aussi. Une ville riche naguère, aux maisons bourgeoises parfois somptueuses. En revanche, le misérable habitat ouvrier, les courées, a largement disparu, laissant place à des HBM (Habitat Bon Marché dans la 1ère moitié du XXe siècle). Comme ont disparu la plupart des usines. Mais celles qui subsistent ont connu des réhabilitations particulièrement réussies à commencer par le lieu du colloque où s’imbriquent harmonieusement une des plus anciennes usines de la ville avec une extension de verre et d’acier. Et Roubaix a fait reconnaître ce « patrimoine industriel » par l’UNESCO.

Roubaix-piscine

Mais Roubaix c’est d’abord le monumental Hôtel de ville de style victorien, et surtout La Piscine, extraordinaire, au sens propre, musée. L’Hôtel de ville est l’œuvre d’un riche industriel, Eugène Motte, La Piscine, celle, d’un fils d’ouvrier, Jean-Baptiste Lebas, qui succède au premier dans un hôtel de ville tout neuf. Et ce Lebas, futur Ministre du travail du gouvernement Blum, fera donc construire piscine et bains-douches, dans un modern style maîtrisé, qui a été récemment transformé en un musée original.

Roubaix32Ai-je bien récité ma leçon, Mademoiselle notre guide ?

 

Bon, revenons au colloque.

 

A cause d’un TGV capricieux (départ avec une demi-heure de retard, remplacé « à Le Mans », comme on dit à la SNCF, par un autre TGV), j’ai raté la 1ère conférence, de Françoise Clerc. Je laisse au futur cahier (avec peut-être de premiers échos dans un courrier) le soin de rendre compte des interventions. Mais comment ne pas être marqué par l’intervention d’un représentant des « jeunes dirigeants » ? Une approche socio-économique promettait le programme. A la place un jeune homme, aux raclements de gorge en guise de ponctuation, expliquant qu’il fut un très mauvais élève redoublant 3e, 2de et 1ère mais que pour réussir professionnellement il faut avoir réussi ses études, souhaitant un rapprochement entreprises-école, mais ignorant qu’ils existent, comme lui rappelle une représentante de la chambre de commerce et d’industrie locale. Une prestation si médiocre qu’elle faisait pitié.

 

Comment ne pas me réjouir de retrouver mon « maître ès IPES », Jean-Claude Emin, qui, ironiquement, soulignera que le disciple, contrairement au maître, n’avait pas su prendre ses distances avec ces fameux Indicateurs ? Sa conférence, qui clôt le colloque, rappellera d’ailleurs que les épreuves standardisées qui mesurent des éléments objectivables ne peuvent totalement rendre compte de l’état du système éducatif (mais, sans jamais en épuiser toute l’étendue, il est possible aussi de « mesurer le qualitatif » par des méthodes autres que la pifométrie).

 

Roubaixcoll06Un colloque c’est aussi l’occasion de retrouver des têtes connues avec qui, de rencontres en rencontres, ont pu se tisser des liens amicaux (et, très rarement, inverses). La maîtresse des lieux, la grande ordonnatrice du colloque, la blonde Odile, d’abord, qui m’avait sollicité pour quelques menus travaux informatiques (revus et corrigés, par les experts locaux).  Hélas, beaucoup manquait à l’appel. L’oisif parasitaire que je suis était le seul de l’académie de Nantes. Paris ou Créteil, avec des membres ô combien éminentes du bureau (FS) ou du CA (MR), n’avaient aucun(e)s représentant(e)s. La Picardie voisine non plus… Elections Régionales du 14 (et peut-être au dernier moment grève du 12) expliquent partiellement ces absences.

 

Le colloque comporte traditionnellement une soirée festive. Occasion parfois de hauts moments artistiques comme cette « Fanfare à mains nues » en 2005 à Lyon. A Roubaix, ce fut un haut (très haut) moment de gastronomie avec « Les chefs en Nord » : un dîner* remarquable élaboré par des chefs de cuisine de collectivités (le chef de cuisine du Lycée qui nous accueillait était l’initiateur de cette équipe), pour montrer que la cuisine locale ne se réduisait pas aux moules et aux frites ! Il me manque la compétence et le talent d’un critique gastronomique pour décrire ce plus que délicieux repas. La municipalité, invoquant un bizarre devoir de réserve lié aux élections régionales, avait supprimé la partie artistique qu’elle devait prendre en charge, ce fut donc Henri qui, avec l’aide d’un bon tiers des présents, nous offrit un « Me Nez Là Va Chaud Tôt Rot » (si vous préférez : Mener la vache au taureau) avec les gestes ad hoc, d’excellente facture. Puis, oubliant son arthrose, il fit rocker l’infatigable, gracieuse et élégante Odile, sous nos regards éblouis.

 

 

Quelques images de Roubaix et du colloque : http://deblog-notes.over-blog.com/album-1594555.html (plutôt que le diaporama, je conseille de cliquer sur la 1ère image, si vous voulez les voir toutes, ou sur celle qui débute la série que vous voulez voir, et de les faire défiler en cliquant sur la flèche au dessus ; les participants du colloque peuvent bien sûr copier celles qui démontreront à leur compagne ou compagnon qu’ils étaient bien au colloque et non à courir la gueuse ou le gueux).

 

 

*

MENU

 

Kir du nord

(Cidre fermier de l'avesnois, genièvre de houlle, crème de cassis)

 

 

Crème à l’ail d’Arleux aux escargots en vapeur de bière de garde

 

 

La tarte fine de saumon à l’endive confite

 

 

Confident de poulet aux langoustines en habit de lard, jus aux airelles, beignet d’oignons au curry et ratte du Touquet en infusion d’herbes

 

 

Assiette de fromages de notre région

 

 

Chti’ramisu au spéculoos et pommes flambées au genièvre

 

 

 

Vin blanc

 

Vin rouge St-Nicolas de Bourgueil

 

Bière « Page 24 »

 

Café

 

 

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commentaires

Bernardoc 20/03/2010 16:14


J'ai vu un amphi qui me paraissait fort peu occupé. Enfin, si j'ai bien compris les colloques sont morts, comme les journées du sénat (qui m'attiraient davantage). Mais je doute que j'aille
participer aux nouvelles rencontres de Lyon, vraiment peu pratique pour les Girondins.


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