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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 17:29

Au hasard d’une recherche sur google, je tombe, dans un site dont je préfère oublier le nom, sur un message d’une dame A-M V.

« 'Que vaut l'enseignement en France ?' est donc le titre d'un livre paru en mars 2007; Les auteurs sont 3 en couverture du livre: -Christian Forestier -Claude Thélot -avec Jean-Claude Emin (écrit en plus petit) J'ai entendu la présentation du livre par Claude Thélot en personne : ce livre ne vaut à mon humble avis pas grand chose . Souvenez-vous des rôles de Claude Thélot et Christian Forestier dans le Grand Débat : tout ce qui était contre le pédagogism en a été soigneusement éliminé, en particulier le fameux 'Delenda sunt IUFM' de notre ami A.T. et tout les débats qui allaient avec. Alain Finkielkraut avait claqué la porte, écoeuré, ainsi qu'Elizabeth Altschull (auteur de 'l'école des egos, contre les gourous du pédagogiquement correct'.) Tant Claude Thélot était insupportable et cassant. Il persiste et signe : l'école apprend essentiellement le 'vivre ensemble ', les mots 'instruction', 'instruire', ne font pas partie de son vocabulaire. D'autre part, le livre est préfacé par Jean-François Launay que je connais bien. Il participait au blog sur l'EN d'Emmanuel Davidenkoff. (Libération) ». Puis la charmante dame cite un lointain courriel où j’essayais – visiblement sans succès – de la persuader que les attaques personnelles n’étaient pas de mises entre participants aux commentaires d’un blog (celui de Davidenkoff était véritablement phagocyté par une bande hargneuse qui aurait dû trouver sa place au Figaro).

 

Mais si j’ai cité ce message tel quel c’est d’abord qu’il me flatte, puisqu’il m’attribue la préface du Livre de C. Forestier et de J.-C. Emin. Hélas, elle est de Claude Thélot, je me suis contenté d’interroger par courriel Christian Forestier (http://education.devenir.free.fr/forestier-emin.htm). Mais il est surtout révélateur de ces activistes : visiblement la dame n’a même pas feuilleté l’ouvrage. Les mots clés sont, notamment évaluations, acquis des élèves, difficultés scolaires, remèdes, réussite… Elle, sans savoir ce que peut contenir le livre, cite la sempiternelle rengaine de l’opposition entre « vivre ensemble », entendez l’école transformée en colonie de vacances et les profs en gentils animateurs modèle club med et l’instruction pure et dure telle qu’elle existait dans une école mythique d’un passé imaginé. Antoine Prost a fait justice à ce faux débat (voir La problématique des études http://deblog-notes.over-blog.com/pages/La_problematique_des_etudes-67768.html).

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31 octobre 2007 3 31 /10 /octobre /2007 11:24

 

Un récent rapport du HCE avance les chiffres 40 % d'élèves aux acquis fragiles à l’entrée en 6e dont 15 % d’élèves en grande difficulté. L’AFP titre sur les 15 %. Le Figaro sur les 40 %. Le Nouvel Obs, aussi. Les deux laissant entendre que ces 40 % sont d’un niveau très insuffisant. La journaliste du Nouvel Obs, Caroline Brizard, ajoutant même que les 60 % restant ne valent guère mieux.

L’annonce, dans la presse, d’un documentaire d’Amara et Amar, "Education nationale, un grand corps malade", sur Canal + le 3 septembre, a mis en avant un chiffre  sans doute directement tiré du dossier de presse de l’émission : 160 000 étudiants sortent de l’université sans diplôme ni qualification. Or le rapport parlementaire 2006 sur le budget de l’enseignement supérieur et la recherche notait que sur les 762 000 jeunes ayant quitté l’enseignement secondaire, la moitié avait entamé des études supérieures et que, sur cette moitié, un quart sortait sans diplôme du supérieur ; pour aller vite, disons 400 000 étudiants, le quart ne donnera donc que 100 000 (ce qui est déjà trop) ! Seule cette méthode – le suivi de cohortes – permet d’évaluer un véritable nombre d’échecs et non un chiffre brut qui cumule des entrants d’autres cohortes ayant soit traîné en vain, soit, surtout, déjà abandonné.

Les 50 % d’échecs en 1ére année d’université, mis aussi en avant, sont de la même encre. Le DEUG se fait en deux ans et non en un. Plus de la moitié des étudiants mettent trois, voire quatre ou cinq ans pour le décrocher, donc ces prétendus 50 % ne se traduisent pas par 50 % d’abandons et ne veulent pas dire abandon des études supérieures : réorientation vers une autre filière, vers un IUT, une école spécialisée… Le taux d’échecs au DEUG était d’à peine 25 % en 2001. Une analyse honnête devrait aussi porter sur les bacs d’origine : les bacs généraux, bien qu’écrémés par les classes préparatoires et colonisant les BTS (20 %) et les IUT (60 %), ont un taux de réussite bien supérieur à 50 % ! Les perdants sont les titulaires de bacs techno : devinez l’origine sociale de ces perdants…

Comme le rappelle Christian Forestier, l’école française est dans les meilleures du monde pour la moitié de ses élèves, elle est médiocre pour un bon tiers et lamentable pour 15 % (qui de toutes les façons n’encombreront pas les amphis des facs).

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