Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 15:58

joueurs-de-cartes

 

Le personnage clé de nos débats politiques est le chef d’entreprise. Quand il paraît, chacun retient son souffle car celui-ci n’est pas un citoyen ordinaire. Il ne donne pas une opinion personnelle, il parle au nom d’intérêts supérieurs. Il est en effet tout à la fois créateur d’emplois et pourvoyeur de richesses, et la bonne santé de nos finances dépend largement de ses initiatives. De surcroît, comme son nom l’indique, c’est un chef, investi de lourdes responsabilités qui a pris des risques dont on ne mesure pas assez l’extrême gravité et qui a prouvé son savoir-faire sur le terrain miné d’une impitoyable économie de marché. On ne saurait, dès lors, le traiter sur le même pied que les fonctionnaires, les salariés dont les fins de mois, fussent-ils modestes, sont tranquillement assurés, sans parler des assistés qui profitent sans vergogne des largesses providentielles d’un État toujours prêt à jeter nos impôts par les fenêtres.

 

On le voit, il est impératif d’écouter enfin les doléances de cet homme considérable et de suivre ses recommandations sur toutes ces grandes questions qui agitent la nation : la politique salariale, fiscale, sociale qui conditionne la survie de son entreprise et donc la nôtre. Cependant, au hasard de la joute oratoire en cours, on apprend que ce capitaine d’industrie, cet aventurier saint-simonien, ce gestionnaire hors pair et cet incomparable meneur d’hommes tient un salon de coiffure, une librairie papeterie, une boulangerie pâtisserie ou un bar-tabac et que l’on aurait pu le rencontrer dans le quartier où l’on fait habituellement ses courses. En vérité, plutôt que fréquentant les dîners en ville chez les patrons du CAC 40, on imagine davantage ces aimables figures d’une France familière tapant la manille ou la coinchée avec le facteur, l’électricien, le gazier dans un roman de Marcel Aymé. Qu’on ne s’y méprenne pas, nous ne nourrissons aucun mépris à l’encontre de ces honorables professions, exercées par "d’excellents français", eût dit Maurice Chevalier. On espère donc que les électeurs réfléchiront bien avant de voter afin que des choix irresponsables n’accablent pas ces braves gens de taxes, de charges et de tracasseries administratives qui les contraindraient à fermer boutique, voire à plier bagages.

 

Yoland Simon

Partager cet article

Repost 0
Publié par JFL J.-F. Launay - dans Contribution
commenter cet article

commentaires

Rougeaux 07/11/2012 15:19

et pour que ces gens vivent encore mieux il est grand temps que les enfants de moins de 8 ans soient remis au travail

Présentation

  • : Deblog Notes de J. F. LAUNAY
  • Deblog Notes de J. F. LAUNAY
  • : Education, laïcité, politique et humeurs personnelles, en essayant de ne pas trop se prendre au sérieux.
  • Contact

Nota Bene

Le deblog-notes, même si les articles "politiques" dominent, essaie de ne pas s'y limiter, avec aussi le reflet de lectures (rubrique MLF tenue le plus souvent par MFL), des découvertes d'artistes ou dessinateurs le plus souvent érotiques, des contributions aux tonalités diverses,etc. Pour les articles que je rédige, ils donnent un point de vue : les commentaires sont les bienvenus, mais je me donne bien sûr le droit d'y répondre.

Recherche

Nelle Formule

Overblog - hébergeur du deblog-notes - a réussi l'exploit de lancer une nouvelle formule qui fait perdre des fonctions essentielles de la version précédente. Ainsi des liens vers des sites extérieurs disparaissent (désolé pour  Koppera, cabinet de curiosités, ..). Les albums se sont transformés en diaporamas, avec des cadrages coupeurs de têtes. La gestion des abonnés et des commentaires est aussi transparente que le patrimoine de Copé. Et toutes les fonctions de suivi du deblog-notes - statistiques notamment - sont appauvries.