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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 15:55
Ibrahimovic, intermittent du spectacle

Le pays de merde a suspendu Ibrahimovic pour quatre matches. Un sous-ibra de Marseille, Payet, aussi caractériel que lui, mais vingt cm en dessous, en a récolté deux. PSG et OM ont donc décidé de mesures de rétorsion à l’encontre… de leurs joueurs qu’ils vont surpayer à ne rien foutre ? Mais NON, à l’encontre de Canal + dont ils palpent joyeusement une partie des droits versés pour avoir l’honneur de les filmer !

 

Cassons le thermomètre qui a  révélé notre fièvre.

En effet, ce sont les caméras de la chaîne cryptée, comme on dit, qui ont montré le grand tatoué, Zlatan, en train de proférer des propos qui seraient indignes s’ils n’étaient débiles. Et de façon ostentatoire, sachant pertinemment qu’il était filmé tous pectoraux dehors. Pour le petit Payet, il faut être plus nuancé : s’il n’invite pas les arbitres à aller aux WC mais les traite de sodomisés (injure assez courante à Marseille où les chœurs retentissent pour clamer qu’on sodomise le PSG, ce qui n’a pas été tout à fait le cas au dernier OM-PSG), il ne plastronne pas devant la caméra.

 

Or, le PSG oublie un peu qu’il a lui-même donné à la commission de discipline le film de la caméra de vidéosurveillance des couloirs,  ayant permis de condamner Brandao, le Bastiais, coupable d’une sauvage agression, sur Thiago Motta, dit ‘le chambreur’. Et l’OM oublie que  Payet ne peut bramer son ire que parce que les caméras de Canal+ ont révélé que le ballon avait passé la ligne de but lyonnaise, ce que personne sur le terrain n’avait pu voir, ni lui, ni les arbitres.

 

Faut-il ajouter que dans les deux cas, si fautes d’arbitrage il y a, elles sont antérieures à celles qu’ils dénoncent.

A Marseille, l’arbitre eût dû siffler une faute de De Campos sur le gardien au sol (deux pieds en avant, ça ne se fait pas).  Et, à Bordeaux, l’arbitre aurait dû revenir à la faute commise par… Ibrahimovic !  Ce qui n’a pas empêché l’abruti de continuer à en faire des tonnes sur cet arbitre qui aurait commis la faute suprême en ne sifflant pas Carasco qui reprenait une passe d’un partenaire à la main. Et d’oser dire, maintenant, que ses mots ne s’adressaient pas à l’arbitre. Comme disait mon grand-père, il vaut mieux entendre cela que d’être sourd.

Et miracle, Zlatan a zlatané trois buts en coupe de France contre Saint-Etienne. Honte donc à tous les ceusses qui doutaient un peu du grand homme. Et de fait deux buts splendides. On ne mégottera pas en arguant qu’en première mi-temps, le géant au rictus pas doux n’avait rien branlé, comme souvent. Et on ne rappellera pas que, devant Chelsea, son seul exploit fut, pour une fois qu’il faisait l’effort d’essayer de récupérer un ballon perdu, de se faire expulser  pour une faute stupide. Ni qu’au ratio rémunération/buts et passes décisives confondues, Ibrahimovic doit être loin dans le classement. Il ne doit y avoir que Gourcuff, hélas, pour le battre.

 

Qu’on arrête de nous seriner sur le grand joueur qui a le droit d’être totalement caractériel à cause de son talent.

Certes Ronaldo, mais un cran au-dessus pour le talent, est parfois irritant. Suarez, dit le cannibale, est souvent cité, mais lui s’en prend aux adversaires pas aux partenaires, ni à l’arbitre. Il se peut que dans le secret du vestiaire barcelonais Messi soit invivable. Sur le terrain et dans les couloirs du Camp Nou il n’en est rien. Et il est rare, dans ce qu’on voit des matches étrangers, d’assister à cet assaut de l’arbitre dès qu’il prend une décision litigieuse.

 

Une Ligue de foute poutinienne

Le plus grotesque dans l’histoire est la décision con-certée de l’OM et du PSG de boycotter les journalistes de Canal+, avec l’appui d’une Ligue du Foute professionnel, qui a une conception  très poutinienne de la liberté de l’information. En effet, pour elle l’attributaire ne doit pas « promouvoir des scènes contraires à l’image du football (attitudes inappropriées des acteurs ou des spectateurs) ». Autrement dit, c’est d’ailleurs ce qui s’est passé, ne pas montrer les images du drame du Heyssel. Un match interrompu à cause de voyous ? on n’explique rien. Un arbitre qui expulse un joueur pour attitude inappropriée à son égard, on filme la pelouse. Un entraîneur, modèle Girard, qui s’en prend à un autre arbitre, même cause, même effet. Car , il ne faut « pas dévaloriser l’image de la Ligue 1, des clubs, de la LFP et du football professionnel » !

 

Une conception qui, transposée sur d’autres plans, donne un peu froid dans le dos. Ce qui compte donc pour cette LFP, c’est non pas de lutter contre les « attitudes inappropriées », mais de ne pas les montrer !

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 21:27

supporters PSGC’était… quand déjà ? en 1985 peut-être : mon regretté ami Paulo m’avait convaincu de l’accompagner au Parc-des-Princes. Le PSG, en matchs d’avant-saison, organisait un petit tournoi avec des équipes européennes. Nous nous étions retrouvés dans une tribune aux trois quarts vides, mais avec, tout en haut, une centaine d’individus habillés de cuir noir. Le premier match du tournoi allait s’achever, des joueurs s’échauffaient pour le suivant.  Alors que quelques-uns d’entre eux, dans une série de petits sprints, arrivaient au pied de notre tribune, la clique se mit à dévaler les gradins jusqu’au bord en gueulant des injures contre un joueur noir du… PSG. Cette bande de nazillards était censée faire partie des supporters du… PSG !

 

 

Ça me changeait du stade Bessonneau où on allait encourager le SCO : les spectateurs angevins étaient capables d’applaudir un beau geste de l’équipe adverse ; ça a dû leur passer.

 

 

supporters PSG3  Car depuis, à cause de prétendus groupes de supporters dont les nazillons du « kop de Boulogne » sont les prototypes, mais par la faute aussi de la lâcheté des dirigeants des clubs qui les ont laissé prospérer aux dépens des clubs (ainsi à Marseille, ont-ils le quasi monopole des abonnements populaires, d’où des luttes entre eux pour augmenter leur part de marché), la situation ne cesse de se dégrader. A de rares exceptions près – peut-être encore les Lensois – les prétendus supporters ne supportent plus leur propre équipe ; ils insultent leurs joueurs, caillassent leurs voitures. Et, quand ils n’ont pas les abrutis du camp d’en face pour une belle baston, et bien ils se battent entre eux ! Chaque match ou presque mobilise autant de CRS ou gendarmes mobiles qu’un voyage en province de celui qui fait président.

 

supporters PSG4  Le dernier « classico » - pure invention journalistique, les rencontres OM-PSG n’ayant aucun rapport avec celles opposant Real et Barça, ni pour la qualité de jeu, ni pour l’ambiance – a vu les marseillais refuser de monter à Paris. Donc les parisiens ont dû se contenter de se cogner entre eux. Une centaine des plus abrutis du « kop » de Boulogne sont venus provoquer ceux d’en face, la tribune d’Auteuil. Bêtise suprême, car le rapport de forces était en leur défaveur et ils ont piteusement battu en retraite, laissant l’un des leurs à demi-mort.

 

supporters PSG7  Ce kop, entre autre exploit, s’était distingué, lors d’une finale de la coupe de la Ligue, opposant PSG à Lens en 2008, en déployant, sous les yeux de 35 000 Nordistes, qui avait fait le voyage jusqu’à Saint-Denis, une banderole haineuse : “Pédophiles, chômeurs, con-sanguins : bienvenue chez les Ch’tis”. Ce genre de gentilles agaceries n’était pas inédit : Lyon et Saint-Etienne font un concours dans le style « plus ignoble, je meurs ». Et les Marseillais font aussi preuve d’imagination quand ils accueillent le PSG, ponctuant la rencontre de sonores « Paris, on t’enc… ».

supporters PSG8  Ce qui fit dire à un journaliste de Libé que l’indignation était peut-être surjouée. « Que s’est-il passé de plus grave samedi soir à l’occasion ou en marge de la finale de la Coupe de la Ligue entre le Paris Saint-Germain et Lens, au Stade de France ? La désormais fameuse banderole : «Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch’tis» ? Ou les agressions racistes et les jets de bière dont ont été victimes, à la station Saint-Michel, des passagers noirs du RER de la part de supporteurs du PSG qui poussaient des cris de singe ? »

 

 

supporters PSG6 C’est encore Libé qui, en 2005, analysait ce qu’il appelait « Guerre en tribunes ». Car au point de départ, il s’agit déjà d’une bagarre entre parisiens en déplacement au Mans : « "Une embrouille sans queue ni tête entre deux types bourrés", tous les deux supporters du PSG, selon un témoin. Un des «Boulogne Boys» (de la tribune dite «Boulogne») contre un membre des «Tigris Mystics», un des groupes du «virage Auteuil», la tribune opposée. Le différend se réglera à 2 heures du matin, après le retour en bus, à coups de lance-fusée, de bouteilles et de barres de fer, devant le siège du club parisien. »

Ce 1er affontement allait être suivi d’autres : « Le 1er octobre 2005, jour du match contre Nantes, dès 11 heures, "150 indépendants chargés, bourrés, organisés, attendent dans les rues autour du stade pour faire la chasse aux Tigris", rapporte un témoin. Ces derniers ne viendront pas, refoulés par mesure de sécurité. Autour du Parc, l'ordre règne : bras levés, chants natios, jeunes Noirs et Arabes ratonnés. Pas moins de 85 hooligans sont interpellés, pour la plupart relâchés quelques instants plus tard. »

 

Le ministre de l'Intérieur, de l’époque, promettait de «débarrasser nos stades des voyous».

 

Mais encore mieux le 30 octobre, «cinq heures avant le match, 100 hooligans fichés, hors catégorie, sont là. Des fous. Et l'AJ Auxerre, qui veut faire du chiffre, leur a vendu des places à 6 euros. Juste pour remplir les tribunes.» En plein match, les «hools» traversent sans encombre le stade champêtre de l'Abbé-Deschamps pour bombarder la tribune visiteurs, où siègent les Tigris : sièges, boulons, et même des cuvettes et carreaux en faïence arrachés dans les toilettes du stade, retrouvées atomisées. Sous l'oeil de Canal + et de TF1. «Quand il n'y avait plus de Tigris, ils ont cherché les Beurs dans le stade. Après, ils ont chargé les CRS avec des barrières en métal. On n'a pas eu de mort, mais on n'en est pas loin.» Une aimable soirée de football, qui se conclut sur le score de zéro interpellation. »

 

 

Libé, toujours en 2005, décrit les deux tribunes : « A droite : le Kop de Boulogne, fief historique des supporters parisiens. En haut de la tribune, les associations officielles avec, au premier rang, les Boulogne Boys. A l'étage d'en dessous, la section «R2», celle des fachos pur jus, pratiquants assidus du salut nazi et du cri de singe. A divers endroits de la tribune, les «indépendants» et hooligans rompus à la guérilla des stades. Des tribus distinctes, mais une tribune «nationaliste». […] Noirs et Arabes n'y sont pas les bienvenus, orientés vers d'autres tribunes par les stewards du club eux-mêmes. Mesure de sécurité. «[…] Quand on vient des cités, on va à Auteuil..

supporters PSG9  De l'autre côté de la pelouse, et aux antipodes : le virage Auteuil, ses vapeurs de shit et ses groupes ultras plus «cosmopolites et racailleux», dit un habitué. […] En première ligne : les Tigris Mystics, 500 encartés, considérés comme un «bon groupe» par ses voisins d'Auteuil. Mais un peu trop «hégémonique» et remuant. «Chez les Tigris, il y a des mecs extrêmement violents, aussi cons que ceux d'en face, estime un proche du club. A Boulogne, il y avait des "sales Noirs", des "sales Arabes". Maintenant, on entend aussi des "sales Français".»

 

Et l’article décrit bien aussi la lâcheté des dirigeants qui cèdent devant le lobby des ultras en limogeant un responsable de la sécurité trop zélé ! « Les différentes directions du PSG ont toujours plus ou moins toléré la présence de groupes extrémistes et violents à Boulogne, allant parfois jusqu'à employer certains de leurs membres. »

 

supporters PSG4.JPG5  Après le dernier épisode gageons que le kop boulogne avec ses "Crânes rasés, autocollants lepénistes placardés sur les murs, Marseillaise ponctuée par des «Bleu Blanc Rouge, la France au français», et pourtant non je ne vous décris pas là un meeting du Front National mais bel et bien l’ambiance du Kop le plus controversé de France. Bienvenue à Boulogne, la seule tribune garantie 100% blanche en France.", comme le décrit Sportvox, va, non seulement pouvoir continuer de sévir, mais jouer les martyrs.

 

Et, gageons que ces nazillons vont continuer de sévir en toute impunité, soutenus non pas seulement par les souchiais, mais aussi par les pseudos-laïques !

 

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