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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 21:21
Une enfant de trois ans, à qui Ledare a prêté une grande photo de sa mère, a crayonné, griffé, gommé un peu partout.

Une enfant de trois ans, à qui Ledare a prêté une grande photo de sa mère, a crayonné, griffé, gommé un peu partout.

Paradoxe que cet œdipe à l’œil rivé sur sa Mom, sa mère. Bataille est aussi convoqué pour expliquer l’œuvre de ce disciple de Larry Clark, mais qui au lieu de mettre en scène une cougar anonyme s’offrant à l’ami de son fils (Ken Park), photographie sa propre mère faisant des galipettes avec des garçons de son âge. Et c’est, Tina, la maman, qui se met le plus souvent en scène.

Leigh Ledare : œdipe photographe ?

Si l’on en croit le récit de Leigh Ledare lui-même, cette aventure quasi incestueuse a démarré, alors qu’il avait 22 ans et qu’il retournait voir sa mère, qu’il n’avait pas revue depuis 18 mois. "Elle savait que je devais venir et a ouvert la porte nue". Dans la chambre de sa mère "un jeune homme, quasiment de mon âge, était étendu, nu. Il vint me dire bonjour et retourna se coucher". « J'interprétai cela comme une manière pour ma mère de m'annoncer où elle en était dans sa vie et pour me signifier: "accepte-moi telle que je suis ou adieu bye-bye". »

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DOUBLE BIND

Rien n’est très simple avec Leigh Ledare, né à Seattle en 1976. En témoigne Double Bind (double contrainte).

Il imagine un jeu un peu masochiste avec son ex-femme, Meghan Ledare-Fedderly : elle passerait trois nuits avec lui dans une cabane isolée dans la forêt, où il la photographierait. Ensuite, il prendrait en charge les frais de cette même expérience, mais cette fois avec le nouveau mari, le photographe Adam Fedderly. Ce qui fut fait, Meghan étant mitraillée par son ex d’abord. Puis par le mari qui remit les pellicules non développées à Leigh Ledare.

Il a développés et tirés lui-même ces centaines de clichés. Outre des expositions où il présente certains d’entre elles sous vitrines et d’autres en piles à côté d’images trouvées, de magazines pornographiques, de souvenirs en piteux état et de photos de familles, il en fait une œuvre en trois volumes. Dans le premier, intitulé Husbands, il présente l’ensemble des photographies de Meghan Ledare-Fedderly prises par les deux, en miroir, sur les doubles pages successives. Le second Diptychs est composé de collages montés avec un fond blanc pour Adam Fedderly et un fond noir pour Leigh Ledare. Le troisième Ephemeras est une accumulation d’images tirées de magazines : ces images supplémentaires jouent un rôle analytique de la création de sens à partir d’un champ commun de représentation, nous dit une pédante critique.

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JOCASTE ET SON PÈRE

Pretend You're Actually Alive est donc le fruit de huit années passées à photographier cette Mom, qui l’avait mis au défi de l’accepter telle qu’elle était – l’ex-ballerine classique se produisant dans des  boîtes de strip-tease, cougar levant des jeunes de l’âge de son fils. "A travers sa sexualité, ma mère lance un défi, une façon de dire je ne suis pas dans la norme…d'une certaine manière, elle m'a poussé à faire ce travail".

Et l’appareil photo est d’abord pour lui une façon de se protéger, de se mettre à distance. "Je mets en avant le risque de confusion qui existe autour des limites sexuelles". L’œdipe ne se situe peut-être pas là où on pouvait l’imaginer. Car c’est sa mère qui souhaitait devenir son modèle, non l'inverse. "Elle comprend l'importance de se mettre en avant pour pousser les gens à réfléchir, les provoquer. J'ai compris que sa sexualité lui servait d'outil pour contrarier son propre père et rejeter les attentes qu'il avait sur la façon dont elle devait se comporter en tant que mère, mais aussi en tant que fille et enfin femme de son âge".

 

Reste que malgré l’onction et la componction ministérielle d’un Frédéric Mitterrand à Arles, devant deux photos de Tina Peterson, la voir poser en légers dessous, nue ou avec ses amants, y’a comme un malaise. Le dessin gribouillé par la petite Alma masque une pose des plus hardies, elle s’exhibe dans son plus simple appareil, jouant des scènes cocasses ou se caressant, quand elle ne se fait pas surprendre (?) avec un jeune amant.

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Mom’s Profile in Seventeen Magazine (1966)

...Être un écrivain comme Marguerite Duras ou Anaïs Nin, une actrice comme Jeanne Moreau  pas Valerie Vixen,[...] une danseuse de tango (avec un partenaire qui ne meurt pas)...

Leigh Ledare : œdipe photographe ?Leigh Ledare : œdipe photographe ?Leigh Ledare : œdipe photographe ?
Leigh Ledare : œdipe photographe ?

"Ce travail se cantonne-t-il à illustrer les fantasmes oedipiens les plus patriarcaux, ou à jouer les briseurs du tabou de l'inceste? Fait-il le récit visuel de l'écriture de Georges Bataille ("Ma Mère") opérant "comme un homme regardant une femme se faire jouir et le disant, ou comme une femme prenant le relais de la main d'un homme pour dire sa propre jouissance" (B.Sichère, in Tel Quel, 1982). Fait-il retour sur le diarisme photographique (et filmique cf. Caouette) des années 90 ? L'autofiction ? Voire même la relationalité ? Puisque Ledare affirme qu'il ne s'agit que de "relationships" et qu'avec Elena Filipovic, la commissaire de l'exposition du Wiels, il a choisi un titre-- celui de Ledare, et al-- collectif."

Le Beau Vice

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Mais la gêne est presqu’aussi grande, quand, après un accident de voiture, son fils nous la montre s’exhibant avec sa minerve. Les photos deviennent plus pathétiques quand les effets de l’accident se font sentir et que la cougar prend dix ans d’un coup.

Leigh Ledare : œdipe photographe ?
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Leigh Ledare : œdipe photographe ?Leigh Ledare : œdipe photographe ?

Avant de se consacrer entièrement à la photographie, Ledare s'est intéressé à la psychologie, la sociologie, littérature et cinéma. Interrogé sur les liens entre son travail et la notion freudienne du complexe d’Œdipe, il a répondu qu’il ne pensait pas que son œuvre en soit l’illustration. Pour lui, l’analyse de Freud n’est qu’une grande fiction.

Leigh Ledare : œdipe photographe ?
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Leigh Ledare : œdipe photographe ?

PERSONNAL COMMISSIONS

Pour autant il y a quelques relents œdipiens, dans les œuvres de la série Personnal commissions, qui le mettent, lui-même en scène dans des cadres et scénographies diverses. Sa mère avait l’habitude de mettre dans le Seattle Weekly, des petites annonces proposant une compagnie érotique en échange d’une aide financière, il répond lui-même à ce type d’annonces, mais en proposant aux annonceuses de venir se faire photographier chez elles dans la tenue et mise en scène de leur choix. Ainsi se met-il dans une position semblable à celle que s’était assignée sa mère il devient le sujet de la photographie et l’objet consentant du désir d’autrui.

Leigh Ledare : œdipe photographe ?
Leigh Ledare : œdipe photographe ?
Leigh Ledare : œdipe photographe ?
Leigh Ledare : œdipe photographe ?
Leigh Ledare : œdipe photographe ?

AN INVITATION

C’est directement les photos de sa mère qui provoquent An invitation, invitation d’une anonyme femme de la high society à venir la photographier nue. Mais images strictement privées. Ledare, dans un premier temps refuse. Il veut pouvoir user de son œuvre. Il arrive cependant à un contrat où il garde l’usage de ces images, mais il garantit à sa commanditaire qu’il masquerait son visage pour préserver son anonymat.

Il en a tiré des montages où le nu du jour, en noir et blanc, orné d’un rectangle noir se superpose à la une du jour du New-York Times, avec commentaires en bas de page.

   Leigh Ledare brouille sinon l’écoute, du moins les cartes. La transgression de l’inceste, mais aussi le jeu sur l’œuvre elle-même, puisqu’il expose ou publie et ses propres images et celles d’autres où il peut être lui-même le modèle, tout en y rajoutant foultitude de documents annexes, troublent plus qu’ils ne convainquent. Mais malgré cette accumulation, un peu foutraque, qui, on l’a vu, nourrit de pédantesques critiques, son œuvre ne se contente pas de choquer, elle dérange.

Pour les anglicistes

Pour aller plus loin :

Une intéressante présentation d'une exposition

An Interview with Leigh Ledare (en anglais, donc)

Leigh Ledare : « Il n’y a pas d’authenticité en photographie » (entretien, en français)

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 19:08

rodgers terryTerry Rodgers, né en 1947, a été formée par une des plus vieilles écoles des beaux-arts des Etats-Unis, l'Amherst College, dans le Massachusetts où il continue de vivre et de travailler. Il se dit inspiré par Velasquez.

 

crobars

Ses œuvres hyperréalistes, souvent gigantesques, reposent d’abord sur des crobars, croquis de mise en scène à peine esquissés, puis des photos, avec deux ou trois personnages, enfin la toile aux décors très kitsch et à l’espace sur saturé d’objets et de corps.

 

 

 

Ses personnages sont comme des ainés des kids que capturait Larry Clark. Mais des ainés autrement plus aisés, ultras bling-bling et qui ne se piquent pas aux amphétamines, mais sniffent sans doute de la belle poudre et sirotent leur champagne.

 

Rodgers met aussi en scène la génération plus âgée.

tr-plagesPlages populaires semi nudistes.

 

TR ainesOu coktails BCBG où les distingués hôtes s’ennuient avec distinction.

 

TR-familles

Jusqu’à des scènes familiales à l’ambiance décalée, quasi inquiètante.

 

alina-reyesAlina Reyes, poête et romancière, qui a connu un immense succès avec Le boucher, décrit ce que lui inspirent ces toiles.

 

 

 

Les Absents

Alina Reyes

Terry Rodgers 01

Comment sont-ils arrivés là ? Sur quelle invitation ? De quel beau monde viennent-ils ?

Ils ne sont pas arrivés. Ils ne sont pas là.

TRodgers speedinglight
Il y eut des flyers, des e-mails, des appels téléphoniques, des sms, des cartes postées ? Ce sont ailes d’oiseaux cassées. Leur hôte a disparu. Épars ils s’agitaient dans des villes immenses, des immeubles de glace pilée, qui les a propulsés là ? Sont-ils là ? Les uns sur les autres. Combien sont-ils ? Où sommes-nous ? Nous croyons reconnaître de vastes salons, des plages, des terrasses, luxe, calme ? Insensibilité.

Terry-Rodgers-The-Variable-Frequencies-of-Restraint-2009Seins de sang-froid, durs tétons, strings, sexes nus en repos, jeunesses jetées comme des dollars dans l’espace bondé.
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Silence. Quelle musique ? Musiques sans cesse et incessant silence, musiques assourdissantes qui coupent le son des voix et qu’on ne peut entendre. Histoires sans paroles. Non-parlé sans histoire.
TRODGERS arcofinevitability
Qui les a rassemblés ? Sont-ils ensemble ? L’hôte s’est dissous. Où çà ? Où suis-je ? Hors du tableau ? Je veux entrer dedans. Boire ce champagne, porter ces lourds bijoux, ces bouts de tissus accrochés çà et là sur mon corps, ces fanions. Qui me rejette ? La toile me rejette. Il n’y a pas de place. Suis-je arrivée trop tard ? Non, trop tôt. D’un temps où les corps encombrent. Comment ont-ils fait pour se déshabiller de leur chair ? Mais non, tu ne vois pas ? Ils n’y sont jamais entrés, ils n’y sont pas.

TRodgers_arodger02.jpgSont-ils beaux ? Jouissent-ils ? Tu ne vois pas que non ? Si. Peut-être vont-ils jouir ? Que se prépare-t-il ? Rien. Rien ne va se passer ? Rien se passe, Rien ne passera pas, tu vois bien que les chiens n’aboient pas. Je ne vois pas de chiens. Qui dit je ? À qui dis-tu tu ?
19 10 2009 adam
Pendules molles les sexes des garçons circoncis, seins bilboquets des filles à pubis épilé, peaux hâlées lisses, minces, déliés, parfaits, plus grands que nature, demi-dieux ? D’yeux ils n’en ont pas, seulement des billes figées sur le vide, lequel, laquelle d’entre elles et eux regarde l’autre ?

TRODGERS_cryptographyofsingularvision.jpgNul ne regarde nul, nul nulle, nulle nul, nulle nulle. Seulement.
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Il y a quelqu’un ? Nul ne répond. Oseras-tu frapper à la porte de leur corps ? Sonne toujours, le loft est vide, le loft qu’est chacun de leurs corps. Où sont parties leurs âmes ? Leurs quoi ? Leurs âmes, tu sais bien ce que je veux dire. Qui es-tu, je ? Pourquoi m’appelles-tu tu ? À qui parla Zarathoustra ? Sont-ce là les surhommes ? Ils sont si beaux et hauts de taille. Où sont leurs animaux ? Où le jardin, où la montagne, où la tombe de Dieu ? Tais-toi, ceci n’a jamais existé. Où l’océan ? Où le début du monde, où la fin, où le livre ? Silence, ne prononce pas d’obscénités.
TRodgers_apostasyoftheheart-copie-2.jpgJ’ai envie de toucher ce garçon, cette fille aussi, et celui-ci. Je suis la femme invisible, entrée sans effraction dans le temps arrêté.
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Personne ne se regarde. Le silence hurle. L’espace entre eux cousu de lames de rasoir. Aucun ne me regarde aux yeux, mes yeux pour eux sont crevés, excavés, aucun ne sait que face à eux se tient un être humain, le peintre, le spectateur, moi. Qui ça, moi ?
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Comment peux-tu dire moi, toi que nul ici ne voit, toi lavé par la toile de toute existence, toi vidé de ton âme par tes orbites creuses, creusées par le non-regard de ceux-ci qui n’ont pas d’yeux, qui n’ont d’yeux pour toi ni pour personne ? Toi sidéré par ce néant bondé, bondé comme on dit gavés les transports publics aux heures d’affluence, comme on dit bondée la femme ficelée par le désir sadique. Toi entravé par ton envie entravée d’entrer dans la toile, déambuler dans ce chaos soigné de faux corps immobiles. La chair est pourtant là, non ?
TR-peignant
Dans ton regard, elle n’y est pas ? Dans ma chair elle y est, ma chair qui mate la peinture, la matière qu’à coups de pinceaux l’homme-peintre n’a pas cherché à cacher ni lisser, matière, sperme de l’homme-peintre jetant là le désabus de son regard plus grand que lui, la couleur irisée, l’iris-sperme de son désir anéanti par ses fantômes trop grands pour lui, ses fantasmes imposés à sa main d’artiste, imposants. Des hommes et des femmes de chair ont-ils posé ? Ces scènes furent-elles réelles, y eut-il un atelier rempli de modèles figés dans un désenchantement calculé, une connivence froide, une excitation rentrée ? Ont-ils baisé ?
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Oui, c’est ça, à la fin : ONT-ILS BAISÉ ? Vont-ils le faire ? Sont-ils en train, et que je ne verrais rien ? Laissez-moi voir ! Laissez-moi voir, au moins ! Pourquoi ne me regardent-ils pas ? Il n’y a donc rien ? Tout est sans fin ? Quand l’abandon, quand la satisfaction, quand la douce joie d’après ? Mon peintre, pourquoi m’as-tu abandonnée ?
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Leurs peaux luisent, leurs lèvres sont sévères. Quelle sorte de beauté m’est ici dite ? Rien ne t’est dit, tu n’entends pas ? Le silence hurle, celui des lames de rasoir qu’on ne voit pas, celui des larmes, de la salive, des jus d’hommes et de femmes qui ne coulent pas, celui de ma langue qui ne peut pas s’insinuer sous les strings, de mes trous auxquels nul sexe n’adresse de promesse, celui de la politesse à laquelle leur distante indécence me contraint, nul mot trivial n’a droit de cité ici, regarde et tais-toi.
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Je veux y être, m’inviter dans la conversation. Quelle conversation ? Nul ne dit rien, leurs lèvres fuient comme leurs regards. Eux si légers, lèvres paupières épaules soumis à la loi de la gravité. Où est le ciel, où sont les hauts plafonds ? Où les gorges renversées dans la joie ? Quelle sorte de fête est-ce là ? Ni fête ni beauté si tu appelles fête l’ivresse et beauté l’âme vivante du divin manifestée.
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Ce que tu vois ici c’est ton propre nerf blanchi au feu de ton angoisse jusqu’à paralysie, ces rasoirs entres les corps invisibles et pourtant reflétés dans le luisant des peaux et des cheveux, le silence des visages, la satiété des nudités irrassasiées, le mutisme des muscles.
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Voici un peintre, Terry Rodgers, qui peint le désert en multipliant les corps. Désert d’un désir exténué à force d’absence, désespoir qui s’ignore comme ici tous s’ignorent. Buvez ceci est ma coupe de champagne, mangez ceci ne mange pas de pain, ceci vous laissera sur votre soif et votre faim, ceci, ermite te tentera au-delà de toute tentation, te tentera jusqu’à te faire céder à la tentation d’oublier toute tentation, ceci te mentira, te tentera, sans pour autant t’inciter à résister ni à céder, ceux-ci ne sont pas les chimères diaboliques que le désert enfante, ceux-ci ne sont pas nombreux, ceux-ci ne sont pas même un seul, ceux-ci sont zéro, ceux-ci sont le désert en soi.
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Ne sens-tu pas que le sol s’est dérobé sous toi, que le ciel te manque et que de tout cela tu ne souffres même pas ? Tu as peur de l’amour, peur de l’autre ? Voici enfin venu le temps de la radieuse indifférence, de la non-différence idéalement réalisée. Le ciel vient à manquer mais il ne manque pas puisque nul ne le sait, ont-ils renoncé à comprendre ce qu’est l’appel du ciel ?
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Qui ça, ils ? De qui parles-tu ? Ceci n’est pas une assemblée d’hommes et de femmes à demi-nus, ceci est la peinture projetée d’un cerveau d’homme sur une toile, ceci est une excrétion cervicale.
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C’est lui le maître de ces lieux, lui qui ouvre au pinceau son vaste château, l’homme-peintre aux hôtes amoncelés comme s’amoncellent et grandissent les ombres par les nuits solitaires où le désir frappe aux fenêtres des chambres. Beautés offertes et refusées ! Une matière grise, étrange chair humaine, vous a mises en couleurs. Vous, leurres du néant qui m’obligez, de tout votre dédain, à regarder en moi ce que vous m’y montrez : ma mort spirituelle et loin, très loin caché dans mon propre palais, le bouton de vie qui veut crever la toile du monde pour éclore au plein jour.

 

Alina Reyes

 

Terry-Rodgers_web2.jpg

 

 

Pour compléter : http://artnuderot.blogspot.fr/search/label/*Rodgers%20Terry

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