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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 17:58

 

1-metis01

Je relaie avec détermination cette pétition, lancée par Jean Baubérot, pour ne pas assister passivement à la capture de la France par ceux qui la défigurent.

 

Son titre, qui se veut un retournement de la formule stigmatisante « La France tu l’aimes ou tu la quittes », n’est pas très heureux, La France que nous aimons, vous la sabotez serait sans doute plus juste !

 

À la défense de la HALDE, il faudrait joindre celle de la défenseure des enfants, victime d’une lamentable palinodie au Sénat, celle aussi de la C.N.D.S. (Commission nationale de déontologie de la sécurité) qui dénonce notamment les bavures policières, qui devraient être remplacés par un défenseur des droits, nommé par M. Sarkozy (avec un contre-pouvoir-bidon des commissions parlementaires puisqu’il faudrait que les 3/5e des membres s’opposent à la nomination présidentielle).

 

Mais si, comme J. Baubérot, vous dites : « Je n’accepte pas la façon dont ce pays, mon pays, est traité par ceux qui en sont temporairement responsables. Je n’accepte pas l’invocation de ses valeurs par des discours trompeurs. Je n’accepte pas la poudre aux yeux.

Je sens monter en moi de la colère. Je crois ne pas être le seul dans ce cas », vous pouvez manifester cette colère en envoyant votre signature à

declarationlaicite@hotmail.fr.

 

Il faut bien sûr indiquer ses Nom et Prénom, son activité militante associative et/ou professionnelle, son lieu de résidence. Vous pouvez accompagner cette signature de remarques et suggestions.

 

 

 

LA FRANCE QUE NOUS AIMONS, VOUS LA QUITTEZ

 

Citoyens, responsables associatifs, journalistes, universitaires, élus locaux, députés, sénateurs, étudiants, syndicalistes, médecins, artistes, libraires, retraités, etc, tous se lèvent pour dire :

 

La France que nous aimons, c’est celle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 affirmant : « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.» (Article 1er)

 

La France que nous aimons, c’est celle d’Olympe de Gouges, qui a complété cette Déclaration en l’écrivant au féminin : « La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. » (Article 1er de la Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne, 1791)

 

La France que nous aimons, c’est celle de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat (1905), qui instaure la laïcité en supprimant les « cultes reconnus » (Article 2), et en proclamant : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes » (Article 1er).

 

Cette France là, nous sommes ses « citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion » (Article 1er de la Constitution).

 

 

Cette France que nous aimons, vous la quittez, hier par le calamiteux débat sur l’identité nationale, aujourd’hui par trois mesures dont la cohérence profonde ne nous échappe pas :

 

- La suppression de la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) qui, depuis cinq ans, a largement démontré son utilité et a acquis une notoriété dans la population française - et au niveau international - grâce à son expertise rigoureuse, à ses actions auprès des tribunaux, des entreprises, des administrations et à ses prises de position  juridiquement fondées et souvent courageuses. Son indépendance, son autorité, son efficacité, son identification auprès des victimes  se trouvent gravement menacées par son absorption dans un  organisme généraliste de Défense des droits, où « qui trop embrasse, mal étreint », et dont l’autonomie à l’égard du pouvoir n’est nullement assurée.

 

- Un projet de loi contreproductif d’interdiction du voile intégral dans l’espace public, élaboré au mépris des avis de juristes de toutes tendances, de l’opposition du Conseil d’Etat et contre les conclusions de la Mission d’Information Parlementaire elle-même. Ce projet de loi, insidieusement, change complètement la notion d’ordre public et constitue, à ce titre, un acte « attentatoire aux libertés individuelles et démocratiques » comme l’indique le  représentant de la Fédération nationale de la Libre pensée (auditionné par la Mission d’Information Parlementaire sur le Voile intégral, 16 septembre 2009). Il poursuit : « Cela s’inscrirait dans la logique actuelle tendant à restreindre toujours plus la liberté de comportement, la population se trouvant davantage surveillée, contrôlée, fichée. »

 

- Un changement du mode de désignation des élus des collectivités territoriales qui, au mépris de l’Article 1er de la Constitution  (« la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives »),  va produire une régression sans précédent de la parité femme-homme dans les Assemblées de ces collectivités. Cette future loi montre très clairement votre hypocrisie et le peu de cas que vous faites de « l’égalité entre les hommes et les femmes », en contraste flagrant avec ce que vous affirmez par ailleurs[1].

 

Citoyennes et citoyens de convictions très diverses, nous vous retournons  votre formule stigmatisante (« la France on l’aime ou on la quitte ») en vous affirmant : la France que nous aimons, vous la quittez. Cette France là, nous comptons bien la défendre pour pouvoir continuer à l’aimer et à ne pas nous retrouver mentalement étrangers dans notre propre pays.

 

[1] L'élection, comme plusieurs médias l’ont expliqué, se faisait jusqu'alors à la proportionnelle avec des listes où figuraient, obligatoirement, alternativement des hommes et des femmes. Là, ce sera le scrutin uninominal, ce qui jusqu'à présent a toujours été très défavorable aux femmes, certains partis préférant payer une amende plutôt que d'appliquer la loi sur la parité.

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Publié par JFL J.-F. Launay - dans Mises au clair
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